00:00On a eu l'impression d'être des délinquants.
00:02Nous avons dû traverser en pleine nuit.
00:04Là, ça fait 48 heures que je n'ai pas dormi,
00:05donc vous m'excusez des fois, parfois, de chercher mes mots,
00:08parce que nous avons pris des chemins de vélo.
00:11Nous avons traversé des champs.
00:14Nous nous sommes cachés dans des fermes, comme des malpropres.
00:17Et franchement, c'était le jeu du chat et de la souris,
00:21alors que nous ne sommes pas des délinquants.
00:23Nous sommes juste des agriculteurs qui ne pouvons plus vivre de notre métier
00:27et qui sont pris pour des imbéciles.
00:30par un État qui est obsolète,
00:33parce que cet État n'est plus capable de nourrir la France,
00:37puisque la souveraineté alimentaire, aujourd'hui, il n'y en a plus.
00:40Natacha, pourquoi ?
00:42J'ai répété trois, quatre fois au début de l'émission,
00:44pourquoi cette nouvelle poussée de colère aujourd'hui même ?
00:47Parce que vous voyez bien qu'on est rendu au bout du système.
00:50On n'a plus de souveraineté alimentaire.
00:53Que ce soit du céréalier, de l'éleveur,
00:55toutes les productions confondues, il n'y a plus rien.
00:58Il y a ce Mercosur, on a l'impression qu'on se fout de nous, vraiment, réellement.
01:01Emmanuel Macron dit ce soir, on votera contre.
01:03La France votera contre.
01:03Oui, un coup, il vote contre.
01:05Mais nous, ce qu'on veut qu'il vote contre,
01:07on veut que l'agriculture sorte de ses accords de libre-échange.
01:11Parce qu'à un moment donné, cette agriculture ne doit plus être la barrière d'ajustement.
01:15C'est terminé.
01:15On n'est pas en train de nourrir la France et puis de jouer avec notre métier.
01:20Parce que derrière notre métier, il y a aussi un stock de professions que l'on détruit.
01:25On détruit aussi les boulangers, les bouchers,
01:27tous ceux qui travaillent dans les interprofessions.
01:30Et on détruit aussi la santé des Français.
01:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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