00:00Ils ont les boucliers au sol, ils ont bien compris qu'en face d'eux, il y a des agriculteurs en colère, mais pas en colère contre eux.
00:07Ils ne veulent pas en découdre, comme on dit. Ils sont en colère par rapport à tout ce qui se passe aujourd'hui, les concernant.
00:11Et moi, ça m'a ému tout à l'heure le témoignage que vous avez eu de ce jeune agriculteur de 22 ans,
00:16avec sa superbe combinaison de jeunes d'hier, qui est là et qui exprime quoi ? Qui exprime une passion.
00:23Et moi, c'est pour ça que je voulais absolument témoigner aujourd'hui, c'est de voir des gens passionnés.
00:26Ils sont passionnés par leur métier, alors que leur métier est en train de se détruire aujourd'hui, petit à petit.
00:32On parle aujourd'hui d'un métier qui est agressé depuis des années.
00:35Moi, depuis que je suis petit, je me rappelle, quand on parlait de la politique agricole commune,
00:38en fait, j'ai l'impression qu'on suicide l'agriculture française au profit d'autres pays qui n'ont pas évidemment les mêmes potentiels que nous.
00:45Et je ne comprends pas, parce qu'in fine, c'est toujours contre l'agriculture, contre les agriculteurs.
00:50Et de voir un môme de 22 ans, il a dit un slogan magnifique, sur mon tracteur, c'est le bonheur,
00:57franchement, ça peut être un slogan très positif, ça monte à quel point ?
00:59Il y a peut-être un espoir, mais cet espoir, il risque de se fracasser, pourquoi ?
01:03Quand on voit la réaction aujourd'hui du gouvernement, ok, on parle d'un rassemblement illégal, illégal mais légitime.
01:09C'est légitime que les agriculteurs soient là.
01:11Et en plus, ils ont quasiment tous les Français derrière eux.
01:14Qui peut être contre une volonté des agriculteurs de nourrir finalement les Français ?
01:19Mais il y a un autre mot qui ne me va pas, vous savez, c'est mon métier, la communication, c'est d'analyser les mots.
01:25Donc ce mot illégal, il ne me va pas.
01:26Mais après, le mot dialogue, c'est facile de dire, on est dans le dialogue.
01:29Mais si le dialogue, c'est un dialogue de sourds et qu'in fine, on n'écoute pas, ce n'est pas un dialogue.
01:33C'est-à-dire qu'on est en face des gens, on a un homme comme ça,
01:37et in fine, on va signer le Mercosur, in fine, ils ont l'impression de perdre.
01:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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