00:00Hier au grand rendez-vous Europe 1 CNews Les Echos avec Sébastien Chenu, nous évoquions l'affaire Bilingo,
00:06l'affaire de cet enregistrement, cette émission de deux heures, la librairie africaine où le député Insoumis
00:13dit plusieurs choses qui lui valent d'ailleurs un article 40 qui a été saisi par Mathias Renaud, député LFI,
00:22député RN pardon, qui saisit donc cet article 40 contre le député LFI Carlos Martins Bilingo
00:28quand il dit notamment que les gens du Nord sont illettrés et racistes,
00:34quand il dit que les personnes de couleur noire sont plus endurants et que c'est comme ça,
00:38que les personnes blanches devaient, s'ils n'ont pas fait suffisamment de gosses, c'est tant pis pour eux.
00:44Je vous passe la panoplie quand même de choses assez stupéfiantes et effrayantes que dit Carlos Martins Bilingo.
00:51Eh bien nous avons cette fois-ci une autre affaire qui est révélée, c'est Daniel Obono,
00:56une autre députée LFI de Paris, elle dit qu'un des problèmes de la fête de l'Huma,
01:03c'est que c'est une fête blanche. Écoutez Daniel Obono lors de la dernière fête de l'Huma,
01:08c'était en septembre dernier.
01:10Un des problèmes de la fête de l'Huma, c'est que ça a été longtemps, en fait c'est toujours encore aujourd'hui,
01:14la fête de la gauche blanche en fait. Quand tu regardes même encore aujourd'hui,
01:18là il y avait l'agora et les forces de gauche, il y avait une noce, c'est un peu toujours la même.
01:25Il aurait pu y avoir Matine Panot pour faire deux, mais en vrai, il n'y a que des Blancs.
01:30Et en fait, ça me fait honte, je parle de la fête de l'Huma, mais j'aurais pu parler des amphis de la droite insoumise,
01:36et où ça me fait honte en fait. Ça me fait honte que du coup, parce que ce qu'on renvoie de la gauche,
01:43c'est ça, et c'est ça que voient des millions de gens.
01:47Victor Hérault.
01:48Bon déjà, je passe sur l'évidence qui est de dire que moi j'ai honte plutôt qu'on compte les Blancs et les Noirs
01:53dans une salle, quel que soit son bord politique. Ça c'est dit, c'est l'évidence.
01:57Mais le fait politique marquant, c'est que c'est la continuité logique de ce mouvement politique.
02:01C'est-à-dire que ça allait arriver, d'ailleurs la droite alerte, la France insoumise, paradoxalement,
02:05depuis un bon moment, et la France insoumise ne voulait pas l'entendre, les cadres de la France insoumise,
02:09ça allait finir par se passer. Moi je me souviens de Rima Hassan qui face à Mathilde Panot
02:15disait lors d'une fête populaire, qui prenait le micro en disant
02:18notre mouvement a besoin, l'antiracisme a besoin de visages incarnés, pas de porte-parole éloignée de ces réalités.
02:24Sous-entendu, Mathilde Panot, porte-parole de la France insoumise, est blanche, moi je ne le suis pas,
02:29je ne suis plus à même de parler d'antiracisme que Mathilde Panot.
02:32Et vous parliez de l'affaire de Carlos Martins-Bilongo, dans le même entretien,
02:37à la toute fin de l'entretien, au bout des deux heures,
02:39Carlos Martins-Bilongo, faites une blague sur les fiches S, etc.
02:42Puis il se dit, mais d'ailleurs, moi j'ai un collègue, Raphaël Arnaud,
02:45qui est fiché S et qui pourtant est député.
02:46Et son interlocuteur en face lui dit, oui, mais lui il est blanc.
02:49Et Carlos Martins-Bilongo acquiesce.
02:50C'est-à-dire que même au sein d'un même courant politique...
02:53– Acquiesce en mode parce qu'il est protégé.
02:55– Oui, c'est vrai qu'il est protégé parce qu'il est blanc, donc lui il veut l'être alors qu'il est fiché S.
02:58– Alors que si j'avais été moins fiché S, je n'aurais pas pu être député.
03:02– C'est-à-dire que là on se retrouve dans un mouvement politique qui est face à ses propres contradictions.
03:07C'est-à-dire que les personnes, je déteste ce mot, entre guillemets racisées,
03:10pour les cas non blanches, se mettent à bouffer les créateurs de ses propres pensées
03:14qui sont les blancs dans le mouvement.
03:15Donc c'est le racialisme poussé au paroxysme jusqu'à ce que la France insoumise
03:19finisse par s'entretuer.
03:21Puisque les racisés vont considérer, encore une fois je n'aime pas ce mot,
03:24vont considérer qu'ils sont plus à leur place dans ce mouvement que les blancs.
03:26– Et c'est une, comment dirais-je, une illustration de plus,
03:29comme quoi le racisme anti-blanc n'est pas une légende.
03:33– Non ?
03:33– Le racisme anti-blanc, comme le disait Sophie Prima,
03:36qui à l'époque était porte-parole du gouvernement, disait « oui, ça existe ».
03:40– Mais le pire c'est que vous direz…
03:41– Et sa fille en était d'ailleurs victime.
03:44– Mais le pire c'est que vous verrez que les cadres blancs de la France insoumise,
03:47eux-mêmes, ils ne se rendront même pas compte qu'ils sont victimes de racisme,
03:50mais ils disont « mais non, mais finalement elle a peut-être raison,
03:52peut-être qu'on devrait se mettre à l'écart, peut-être qu'on n'est pas légitime ».
03:55– Ils seront prêts à endosser, moi je suis certain que ce sera le cas.
03:58– On verra, Joseph Massescaron, votre point de vue là-dessus.
04:00– Il y a une phrase très célèbre de Nietzsche qui dit
04:03« les idées qui mènent le monde arrivent sur des pattes de colombe ».
04:05C'est-à-dire que des idées qui peuvent paraître extrêmement ouvertes,
04:10pacifistes, sympathiques, peuvent se révéler extrêmement redoutables et mortifères.
04:16En fait, si on faisait la généalogie mais on n'a pas le temps,
04:19la première fois en France dans les années 80-90 où on a entendu ce type de discours,
04:23c'était la tribu K, qui était une tribu qui a été d'ailleurs dissoute
04:26par le ministre de l'Intérieur.
04:28Qu'est-ce qu'il s'agit ? Il s'agit non pas au-delà du racisme,
04:31il s'agit d'affirmer un suprémacisme black,
04:35et de le faire avec force en effet.
04:38Les Noirs sont, vous entendez évidemment, sont de par les gens qui parlent.
04:42Ils sont plus intelligents, ils sont plus endurants,
04:46ils sont plus ceci, ils sont plus cela.
04:47C'est-à-dire, imaginez, inversons une seconde,
04:50imaginons que des Blancs puissent tenir ce discours,
04:52évidemment, on parlerait, totalement légitimement d'ailleurs,
04:55de suprémacisme blanc.
04:56Là, il s'agit du suprémacisme black.
04:58Et moi, ce qui me frappe là-dedans dans cette histoire,
05:00c'est que l'idéologie, elle a totalement disparu.
05:03Il n'y a plus d'idéologie.
05:04Aujourd'hui, la seule idéologie, c'est sur la couleur de la peau.
05:07C'est le premier point qui me frappe.
05:09Le deuxième point qui est important, à mon sens,
05:12c'est lorsque Mélenchon parle de créolisation.
05:15Il ment, il ment d'une manière éhontée.
05:17Pourquoi ?
05:17Dans quel sens ?
05:18Parce que la créolisation, c'est la mixité raciale.
05:21Or, ces gens-là ne veulent pas du tout de la mixité raciale.
05:24Ils veulent justement que les Noirs soient de plus en plus nombreux,
05:27et ils ne veulent surtout pas.
05:28D'ailleurs, la meilleure preuve, pardonnez-moi,
05:30c'est que la France, il y a encore cinq ou six ans,
05:33était le premier pays d'Europe des mariages interraciaux.
05:37Et ça ne cesse d'année en année de reculer.
05:40Voilà.
05:41Donc, lorsqu'il parle de créolisation,
05:43là, ce qui est en train d'arriver,
05:45mais d'une manière,
05:47enfin, totalement, il faut arrêter de prendre des pincettes,
05:51c'est l'affirmation tranquille, assurée,
05:54d'être dans son bon droit, comme Victor l'a rappelé,
05:56d'un suprémacisme black.
05:57Comment vous voulez, après ce qu'a dit Eleanor Carrois tout à l'heure,
06:01elle dit, il faut aussi qu'on commence par nous,
06:03il faut qu'on commence par un budget,
06:05alors, certes un budget,
06:06mais il faut qu'on commence par une cohésion nationale.
06:08Comment est-ce que vous voulez construire une cohésion nationale
06:10et, in fine, ensuite, une souveraineté nationale
06:13avec ce genre de polémique ?
06:15Comme vous l'avez dit, Victor Hérault,
06:17comment est-ce qu'on peut, en 2026, en France,
06:20dans un pays où la démocratie,
06:22et je rappelle la phrase de Churchill,
06:23que la démocratie est le pire des régimes,
06:26à l'exception de ceux qu'on n'a pas encore approuvés
06:29ou qu'on n'a pas encore utilisés,
06:31à l'exception de tous les autres,
06:33comment est-ce qu'aujourd'hui,
06:35en comptant les noirs et les blancs,
06:37on ne saura pas combien on en est,
06:40mais comment est-ce qu'on peut arriver à quelque chose ?
06:42C'est impossible.
06:42C'est impossible.
06:43À partir du moment où vous rentrez dans la logique raciale,
06:45il est impossible de faire société
06:47avec un type qui n'est pas de la même ethnie, race, que vous.
06:50C'est impossible,
06:51puisque vous établissez une barrière ontologique
06:53entre vous, votre communauté,
06:56qui, en plus, ne se reconnaît que par sa couleur de peau,
06:59c'est-à-dire le degré absolument zéro de la communauté,
07:01et vous en sortez absolument tous les autres,
07:04et vous antagonisez en plus,
07:05parce que ce n'est même pas comme en Angleterre
07:07où on peut considérer que c'est une mosaïque
07:08et que chacun peut vivre paisiblement les uns avec les autres
07:10et que ce sont des communautés qui s'entraident.
07:11Là, non.
07:12Elle considère qu'il n'y a pas assez de noirs et trop de blancs.
07:15Je note d'ailleurs qu'elle insulte la plupart de ses électeurs.
07:17Parce qu'en fait, la plupart des électeurs de la France insoumise
07:19sont probablement, je n'ai pas fait les comptes,
07:20enfin, il doit y avoir tout un tas de blancs
07:22dans les électeurs de la France insoumise,
07:24et elle considère qu'il y a trop de blancs à la fête de l'humanité,
07:31elle dit « ça me fait honte qu'il y ait trop de blancs et pas assez de noirs ».
07:33Parce que lorsque vous dites, et ça, il ne faut jamais le perdre de vue,
07:36lorsque vous dites « il n'y a pas assez d'eux »,
07:38mathématiquement, ça implique qu'il y a trop d'eux en face.
07:42Si vous dites « il n'y a pas assez de noirs »,
07:43c'est qu'il y a trop de blancs.
07:44Donc là, je trouve ça absolument lunaire.
07:47Mais ce que je trouve encore plus marquant politiquement,
07:49c'est que là, il n'y a plus de masque.
07:50Comme le dit Joseph, il n'y a même plus un semblant d'idéologie
07:54pour essayer de masquer, de maquiller la chose.
07:57Là, c'est purement et simplement affirmé
07:58« je suis noir, je préfère les noirs, il n'y a pas assez de noirs, il n'y a trop de blancs ».
08:01Il n'y a plus d'idéologie, il n'y a plus de calcul électoraux alors ?
08:05Parce que comme vous l'avez dit, effectivement,
08:07on allait effectivement au haut des comptes.
08:10Non, je ne crois pas.
08:12Totalement, Pierre a dix mille fois raison.
08:13Mais ça, c'est ce que je pense depuis longtemps.
08:14Il n'y a pas de calcul électoraux.
08:16Ce qu'ils veulent, c'est la prise de pouvoir.
08:18Ce n'est pas de calcul électoraux.
08:19Mais vous êtes obligés de prendre le pouvoir avec des voix ?
08:21Par la force.
08:22Ben oui, alors par la force comment ?
08:23C'est-à-dire qu'on va avoir un Nicolas Maduro de façon mélangeante ?
08:26Ben oui, justement, pourquoi ?
08:29Moi, ce qui me frappe, c'est que tout ça, c'est une insulte à la France.
08:35C'est une insulte à la mixité raciale en France.
08:40Je rappelle quand même que le grand opposant au général de Gaulle,
08:45à de Gaulle, c'était le président du Sénat qui s'appelait Gaston Bonnerville,
08:48qui était noir.
08:49Il faut le rappeler à tous ces incultes qui sont là.
08:51On n'a pas le temps de l'écouter, mais nous avions également un sonore de Manuel Bompard
08:55qui, ce matin, chez nos confrères d'RTL, disait que dans la 7 semaines décisives pour le budget,
09:00le but pour eux, pour la France insoumise, c'était de faire tomber le gouvernement.
09:05Donc ça rejoint exactement votre hypothèse.
09:07On fait le chaos, on fait le chaos, et on n'avance pas.
09:10On n'avance pas.
09:11Ben si, on a le temps de l'écouter.
09:12Tiens, écoutons Manuel Bompard ce matin.
09:14Le gouvernement, il peut appeler les autres à mettre de la souplesse,
09:17mais il propose de mettre quelle souplesse, lui ?
09:19Il doit faire quel compromis ?
09:20La vérité, c'est que le budget...
09:22On nous a fait déjà le coup l'année dernière.
09:24On nous a dit, il faut un budget, il faut un budget.
09:25Le budget de l'année dernière, il s'est traduit par la pire croissance de ce pays depuis 10 ans,
09:30par une augmentation du chômage et une baisse du nombre d'achats.
09:32Donc l'objectif, ça reste de faire tomber le gouvernement ?
09:33Évidemment, et l'objectif, mais pas pour faire tomber le gouvernement par principe,
09:36mais pour obtenir un changement de politique,
09:38parce que la France a besoin d'une autre politique que celle que les macronistes veulent continuer à lui imposer.
09:42Voilà, changer de politique, faire tomber le gouvernement, compromis pas compromis.
09:46Que dit Manuel Bompard ?
09:47De toute façon, on sait très bien qu'on ne peut plus faire de compromis.
09:50Ce que vous dites, Pierre, lorsque vous dites qu'on n'avance pas,
09:52mais parce que vous êtes quelqu'un de constructif, qui a envie de bâtir quelque chose.
09:55Là, on est dans une pensée politique.
09:56Dans la déconstruction, c'est vrai, j'ai oublié.
09:59Je ne suis pas assez déconstruit, Victor.
10:01On est d'une part dans la déconstruction, mais on est surtout dans un mouvement qu'on retrouve aussi dans l'extrême droite,
10:05et j'emploie ce mot ici en la vraie extrême droite,
10:07c'est-à-dire les gens qui considèrent que la politique ne passe pas par l'urne, mais par la rue ou par le bâton.
10:12Les gens qui sont accélérationnistes, qui considèrent que comme on va vers une pente descendante,
10:15il faut accélérer les choses, il faut aller le plus vite possible vers le chaos,
10:18parce que celui qui l'emportera dans ce chaos pourra rebâtir par-dessus les cendres.
10:21Pardonnez-moi de ne pas être assez déconstruit, les amis.
10:24Merci, Joseph Massescaron.
10:26Merci à vous, Victor et à vous.
10:27Dans un instant, le journal de 20h, et juste après, Nicolas Baverez,
10:31qui signe ce papier, j'allais dire, à la fois effrayant et clairvoyant,
10:35l'an 1 du nouvel âge des empires.
10:37C'est cette année 2026.
10:38A tout de suite sur Robin.