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  • il y a 2 mois
En juin, le Xizang entre dans la saison estivale, période où le climat est le plus agréable. Le réalisateur français Jacques Malaterre se rend à Xigaze, la deuxième plus grande ville de la région. Au troisième collège du district de Sangzhuzi, il visite le campus avec deux élèves, Baima et Dawa, et assiste à des cours de tibétain et de chinois. Ils déjeunent ensemble à la cantine scolaire. Il prend ensuite le bus scolaire avec les élèves, échangeant en chemin à propos de leurs rêves et leurs projets pour l’avenir. À l’approche de la fête du Linka, il part en voiture avec la famille de Baima pour pique-niquer et se promener en banlieue, découvrant en profondeur le mode de vie local.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Mon métier de réalisateur me conduit aux quatre coins du monde pour découvrir les choses par moi-même,
00:06y forger mes propres idées par l'expérience, l'échange et le partage d'existence.
00:12Grâce à ces bouts de vie, mes films sont alors au plus proche de la réalité.
00:17Aujourd'hui, je pars à la rencontre de la Chine, ou plus exactement du Cisang.
00:21Cette région, que l'on appelle aussi le toit du monde,
00:24est une véritable réserve naturelle de plus de 1,2 millions de kilomètres carrés.
00:28Terre de contrastes, mais aussi terre de fantasmes pour un trop grand nombre d'Occidentaux.
00:34Alors pour connaître ce qu'il en est vraiment,
00:36je vivrai le quotidien de ces jeunes d'aujourd'hui qui feront le 6 ans de demain.
00:41Une fille et un garçon encore collégien.
00:43Ils vont me servir de guide, comme ma sœur et mon frère le temps d'un film.
00:48C'est avec eux que je rédigerai ce carnet de voyage.
00:51Ils m'attendent.
00:58Dawa a 15 ans.
01:01Je l'ai déjà rencontré.
01:02Il vit dans un petit village tout proche de la ville de Shigatse.
01:06Forte de 800 000 habitants et inscrite au cœur même des montagnes tibétaines,
01:10à pas moins de 3850 mètres d'altitude.
01:15Dawa m'a donné rendez-vous au terrain de foot de son village.
01:18Mais à mon arrivée,
01:19qu'elle n'est pas ma surprise de découvrir l'architecture du stade.
01:22En Chine, on ne fait pas les choses à moitié.
01:29Guéri d'une maladie du poumon qu'il a eue pendant son enfance,
01:32Dawa croque désormais la vie à pleines dents.
01:39Dawa, ce stade magnifique,
01:42vous avez le droit de venir y jouer quand vous voulez ?
01:47Oui, nous venons jouer quand nous avons du temps.
01:49Les portes sont toujours ouvertes.
01:51À quelques kilomètres de là,
01:53nous nous rendons à l'atelier de son père qui fabrique des draniennes.
01:57C'est un des meilleurs artisans de la région.
01:59Le dranien est un instrument de musique emblématique de la culture tibétaine.
02:03Il est de la famille des luttes.
02:07Est-ce qu'il peut m'expliquer comment,
02:10simplement, parce que je ne suis pas un spécialiste,
02:12comment on fait un dranien ?
02:15Il est essentiel d'avoir du bon bois.
02:17Le motif sculpté dessus représente un tsipa,
02:22une créature légendaire qui vit dans l'eau.
02:24Oui, c'est un animal de la mer.
02:25Ah oui, c'est oui.
02:26Il est très très beau.
02:30Ce qui est sculpté dessus, c'est un autre motif bouddhiste,
02:33appelé manipa.
02:33Ce petit morceau de bois est indispensable aux draniennes.
02:41D'accord, d'accord.
02:43Ça améliore l'acoustique de l'instrument, en fait.
02:47C'est ça.
02:48Ce que vous mettez là, c'est de la peau de serpent ?
02:51Oui, de piton d'Asie.
02:53Asiatique, oui, c'est ça, oui.
02:55La peau de piton.
02:56Le moins cher, il est où ?
02:59Le moins cher coûte 1500 yuans.
03:03Et le plus cher, il est où ?
03:06Et le plus cher ?
03:07Ça, c'est le plus cher.
03:11Celui-ci est fait en bois noyé.
03:14Le bois de noyé est le plus cher,
03:17mais aussi le meilleur parmi tous les bois.
03:21Ce type de bois n'est pas vendu librement.
03:23On ne peut l'acheter ken ying chi
03:26et avec une autorisation officielle.
03:34Et le prix ?
03:37Plus de 12 000 yuans.
03:40Depuis l'enfance, j'ai toujours adoré le dranien.
03:45Chaque fois que j'entends le son du dranien,
03:48mes pieds se mettent en mouvement malgré moi,
03:51me portant avec légèreté vers cette mélodie.
03:53C'est magnifique à entendre jouer,
04:02mais c'est aussi beau à regarder.
04:09Je dois maintenant rejoindre le village de Baima.
04:12Elle a 13 ans, l'âge de mon fils.
04:15Très vite, une grande affection s'est installée entre nous.
04:17Héritière comme tous les Tibétains
04:24de la pensée confucéenne
04:25qui structure son pays, la Chine,
04:27quand elle marche à côté de moi,
04:29elle veut toujours que ce soit main dans la main.
04:32Un geste puissant,
04:33un geste prouvant mon appartenance à son groupe
04:35et le respect qu'elle me porte.
04:36Je suis accueilli par sa mère
04:52et la cérémonie du laché
04:53en hommage à la nature.
04:57Puis son grand-père m'offre une kata.
04:59C'est un porte-bonheur,
05:01symbole de la pureté de leur cœur
05:02et de la sincérité de leur intention.
05:07Les grands-parents et les parents de Baima
05:09n'ont pas pu profiter de l'enseignement gratuit
05:11dispensé aujourd'hui dans tout le pays.
05:13Ils connaissent la valeur des études
05:15et le temps qu'il faut leur accorder.
05:17Je vais le faire, non ?
05:19Mais on a de raison.
05:20Non.
05:21On n'a qu'à pas comme ça.
05:23J'ai mis la ponctuation, non ?
05:24Sois sérieuse.
05:25Je m'ennuie.
05:25Je pense que mon papa fait cela pour mon bien
05:31car les études peuvent me donner
05:33un avenir meilleur.
05:37À quelques kilomètres de là,
05:40Dawa, entouré de son père et de son frère,
05:43répète le spectacle musical
05:44qu'ils vont bientôt offrir
05:45à leur famille et à leurs amis.
05:48Ici, la maison n'est que musique.
05:51J'ose pas sage.
05:52Il y a un petit problème.
05:58Rejoue pour voir.
06:02Lors de la respiration,
06:03c'est ici que tu dois mettre de la force.
06:11Bravo, c'est très bien.
06:13À toi, grand frère, joue.
06:22Je joue d'un instrument
06:30quand je suis seul, ennuyé ou triste.
06:35Jouer du dranienne ou de la flûte
06:36change immédiatement mon humeur
06:38et je me sens particulièrement heureux.
06:43Demain, c'est la fin des vacances
06:44et pour Baimal,
06:46retour à l'internat du collège.
06:48Aussi, sa famille a tenu
06:50à ce que nous dînions ensemble.
06:51C'est très bon.
06:53Servez-vous, ne vous gênez pas.
06:56Qu'est-ce qu'elle aime
06:57pour sa fille
06:58dans son futur ?
07:01Nous l'avons toujours
07:02encouragée à bien étudier.
07:04C'est d'ailleurs
07:04mon plus grand espoir pour elle.
07:07Sinon, plus tard,
07:08elle ne pourra rien faire.
07:14Il ne sait pas bien utiliser le couteau.
07:16La grand-mère est allée
07:28à l'école ou pas ?
07:30A l'époque,
07:30il n'y avait pas de chaise.
07:31On s'asseyait donc essentiellement
07:33au sol.
07:36Pour l'écriture,
07:37il fallait d'abord étaler
07:38de l'encre grasse sur la planche,
07:41puis tirer une ligne blanche
07:42pour servir de repère
07:43et seulement ensuite,
07:44on pouvait écrire.
07:47Pour écrire,
07:47on utilisait un pinceau en bambou.
07:49L'encre était faite
07:50d'orges grillées
07:51mélangées à de l'eau
07:52ainsi que de la suie
07:53accumulée dans la cuisine.
07:57Six ou sept élèves
07:58partageaient un seul livre.
08:00« Depuis que tu viens au collège,
08:09tu prends ce bus ? »
08:11« Si mes parents sortent en voiture,
08:12je pars avec eux.
08:15S'ils ne sortent pas,
08:16je prends le bus scolaire
08:17pour aller à l'école. »
08:20« Donc ça fait combien d'années
08:21que tu prends ce bus ? »
08:23« Depuis la première année
08:25de l'école primaire. »
08:26« Ah oui,
08:27donc ça fait beaucoup d'années, oui. »
08:29Le troisième collège
08:33du district de Shang-Utse
08:34est situé au cœur
08:36de la ville de Shigatse.
08:38Il reçoit 2026 élèves
08:39répartis en 36 classes
08:41et dont la majorité
08:42sont inter.
08:44« Là, on va aller dans
08:45l'endroit où tu dors. »
08:47« Oui. »
08:48« Et les filles qui dorment avec toi,
08:50vous vous êtes choisies
08:51entre vous ? »
08:53« Oui. »
08:53« Oui ? »
08:54« Ah, c'est bien. »
08:56« De Zion Yi. »
08:58« Ça, c'est ton lit. »
08:59« Le lit supérieur. »
09:00« Et à qui il est le... »
09:02« Celui-là ? »
09:05« À qui il est ? »
09:07« C'est à Dengzuma. »
09:09« Ah, c'est... »
09:12« C'est ce que tu veux
09:12devenir plus tard,
09:13un soldat ? »
09:16« Oui. »
09:16« Oui, un officier, oui. »
09:18« Allons-y. »
09:20« Je vais explorer chaque pays. »
09:24« Et mon rêve,
09:25c'est de devenir militaire. »
09:27« Parce qu'un militaire
09:29doit se rendre
09:29dans de nombreux endroits. »
09:31« La classe d'anglais. »
09:36Ici, comme dans celle
09:37de chinois ou de tibétains,
09:39la pédagogie
09:40des applaudissements
09:40rythme les cours.
09:42Ils harmonisent le groupe,
09:44renforcent les valeurs
09:45collectives
09:45et prolongent
09:46les exercices
09:47de répétition
09:48chers à Confucius,
09:50pour qui il ne peut
09:50y avoir
09:51de pensée profonde
09:51sans que la connaissance
09:53soit devenue
09:54une seconde nature.
09:54« C'est le monde. »
09:57« C'est le monde. »
09:58« C'est le monde. »
09:59« C'est le monde. »
10:00« Je n'ai jamais vu
10:10de girafe. »
10:13« Je n'ai jamais vu
10:13de vrai lion non plus. »
10:15« Je n'ai jamais vu
10:19ces animaux. »
10:20« Mais j'ai déjà vu
10:21un aigle. »
10:22« Un aigle, oui.
10:23Il y en a ici,
10:24on a des aigles. »
10:25« Oui. »
10:27« Deux. »
10:29Délaissant pour un moment
10:30Daoua et Baima
10:31à leurs études,
10:32je suis revenu
10:33au village
10:33de cette dernière
10:34pour partager
10:35avec sa mère
10:36une pratique
10:37aussi surprenante
10:38qu'écologique.
10:39La transformation
10:40de bousses de vaches
10:41en briques de chauffage.
10:44« Et ça sert à quoi ? »
10:46« Nous ramassons
10:47les bousses de yak
10:48et les utilisons
10:48comme combustibles
10:49une fois sèches.
10:51Pour les agriculteurs,
10:52on a besoin
10:53de bousses de yak
10:53en été
10:54comme en hiver.
10:55Alors, nous nous aidons
10:58mutuellement.
10:59Un jour,
11:00ils viennent m'aider
11:00et le lendemain,
11:01c'est moi qui les aide.
11:06Oui.
11:17Quand les bousses
11:18de yak
11:18auront séché,
11:19que je les retournerai,
11:20je penserai à toi.
11:21Et quand je les utiliserai
11:22pour faire du feu,
11:23je penserai encore à toi.
11:24Non, je suis heureux
11:27d'avoir partagé
11:29ce moment avec elle.
11:34Maintenant,
11:34les conditions sont bonnes
11:36et tant qu'on travaille dur,
11:38tout ira bien
11:38sur tous les plans.
11:40J'aime la vie
11:41et je suis pleine
11:42de confiance.
11:45À Shigatse,
11:47en semaine
11:47comme le dimanche,
11:49on trouve toujours
11:49dans leur boutique
11:50le père et l'oncle
11:51de Baima
11:52concentrés
11:53sur leur machine
11:54à coudre.
11:55Conscients de ce que
11:56la valeur travail
11:57apporte à leur famille,
11:58ils passent des heures
11:59à fabriquer des chapgours.
12:01Les chapgours
12:02sont des tentes tibétaines
12:03héritées du nomadisme
12:04et qui servent aujourd'hui
12:06au festival de l'Inka.
12:08Celui-ci va débuter
12:09dans quelques jours.
12:10C'est la célébration
12:11de la fin de l'hiver.
12:13Alors,
12:13on s'y retrouve ensemble
12:15dans le partage
12:15au sein de ces tentes
12:17décorées de multiples
12:18symboles tibétains
12:19et multicolores,
12:20pareil au Lumta
12:21qui orne les arbres
12:22et les toits des maisons
12:22dans la région.
12:27Pour Baima,
12:28qui doit rester
12:29à son collège
12:29les week-ends,
12:30le dimanche
12:31reste un moment important
12:32pour passer au moins
12:33un peu de temps
12:33avec sa famille.
12:35Et Baima,
12:36tous les dimanches,
12:37c'est soit ton oncle,
12:38soit ton père,
12:39soit ta mère
12:39qui viennent te voir ?
12:40Oui.
12:41Oui ?
12:42Ils sont là ?
12:43Ah ben voilà.
12:44Ah ben ils sont là.
12:48Pas de cours aujourd'hui ?
12:50Non.
12:52Aïe aïe.
12:53Tashi dele.
12:54Tashi dele.
12:57Aux 6 ans,
12:58comme dans toute la Chine,
13:00le week-end,
13:00les centres commerciaux
13:01restent des lieux privilégiés
13:03pour aller s'y divertir.
13:06En Chine,
13:07le concept de queche
13:08est central.
13:08il est important
13:10pour chacun
13:11d'inviter l'autre.
13:12C'est un échange social
13:13qui renforce
13:14l'amitié et la confiance.
13:16Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
13:19Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
13:23Voilà.
13:23Ah !
13:24Ah !
13:25Wouah !
13:37J'ai attrapé une peluche !
13:42Plus loin d'Anzigatse, Dawa et son père m'attendent.
13:50Désireux de transmettre la tradition musicale du 6 ans au plus jeune,
13:54ce dernier a ouvert une école de musique.
13:57Pendant les vacances, il y a qu'à eu pas moins de 50 élèves.
14:00Car loin d'être un simple divertissement,
14:03cet art est un pilier de l'identité de la région.
14:05Un livre d'histoire.
14:19Attention à l'expressivité de votre visage.
14:22On met un peu plus de voix.
14:29Allez, ton Sidawa, viens danser.
14:35Garde une expression naturelle.
14:38Souris, voilà, comme d'habitude.
14:39Sous-titrage Société Radio-Canada
14:42Sous-titrage Société Radio-Canada
15:12Quand je vois un enfant, j'ai toujours envie de lui dire
15:15« Je vais t'apprendre » ou « Je vais t'offrir un drap nienne ».
15:17J'y pense automatiquement.
15:20Intime avec leur environnement,
15:22les Tibétains aiment à reproduire la nature dans leur symbole,
15:26leur dessin.
15:26« Tu as bien dessiné, Baïma ? »
15:33« Oui, beaucoup. »
15:35« Tu peux faire dessiner quoi ? Des objets ou des gens ? »
15:39« Des objets. »
15:44« Ça représente quoi pour toi, ce que tu as dessiné ? »
15:53« Pour moi, c'est comme une partie de moi qui est ouverte et pleine de joie. »
16:01« Ah, c'est toi, c'est ce qui se passe à l'intérieur de toi, en fait. »
16:07« Comme une fleur qui s'ouvre. »
16:09« Oui. »
16:11« C'est une très belle idée. »
16:13« Entre le tien aussi, entre le tien. »
16:17« Voilà, tous les deux, hop. »
16:19« Photo. »
16:23« Chez elle, il n'est pas un jour où la mère de Daouan
16:25ne s'adonne à sa passion profonde, le tissage. »
16:29« Cet art ancestral plonge ses racines dans des traditions millénaires. »
16:33« Plus qu'un savoir-faire, c'est un héritage. »
16:35« C'est magnifique aussi. »
16:36« C'est un coussin. C'est moi qui l'ai tissé. »
16:39« C'est quoi ? »
16:40« Lors des rassemblements, il est destiné aux invités qui jouent au dé. »
16:44« L'amitié et l'intimité qui munissent maintenant à la famille de Daouan
16:48me permettent de les interroger avec franchise
16:50sur la tradition des mariages arrangés.
16:53Et avec maman, ils se sont rencontrés où ?
16:56C'est les parents qui les ont présentés ?
16:59Ou ils vivaient dans le même village ?
17:01« C'est quelque chose que nos parents avaient décidé ensemble. »
17:05« À l'époque, tout le monde faisait comme ça. »
17:08« D'accord. »
17:09« Est-ce que ce ne sont plus tout de suite ou il a fallu un peu de temps ? »
17:12« Environ trois mois. »
17:14« Maman pour papa, qu'est-ce qui les a amenés à choisir cette dame ? »
17:18« Pourquoi ils ont choisi maman ? »
17:21« Nos parents ont organisé le mariage. »
17:24« Et puis on a appris à mieux se connaître. »
17:27« Ce n'était pas sa volonté, mais une décision prise par ses parents. »
17:31« Mon père n'avait pas ce pouvoir. »
17:32« Oui, je sais bien, mais pourquoi les parents ont choisi... »
17:35« Une fois le mariage convenu entre les deux familles, les parents de Dawah se sont rencontrés une fois, puis ils se sont mariés. »
17:47« D'accord, d'accord. »
17:51« Et Dawah, il aura le droit de choisir ? Il aura le droit de choisir sa femme ? »
17:56« Il doit d'abord devenir autonome. »
17:58« Maintenant, c'est encore trop tôt pour moi. »
18:00« C'est seulement après avoir eu mon diplôme que je serai libre de choisir. »
18:05« Mais c'est le nouveau Cizang, ça. »
18:09« Un Cizang heureux et magnifique, oui. »
18:11« Mais je veux aussi que mes parents soient heureux. »
18:15« Aujourd'hui, la nouvelle génération peut choisir librement son mariage. »
18:21« Je n'interviendrai pas. »
18:24« Ce sera son choix. »
18:28« Au petit matin, dans de nombreux foyers du Cizang, des gestes ancestraux rythment le début de la journée. »
18:41« La grand-mère de Baima m'a accordé le privilège d'y assister. »
18:45« Offrir de l'eau, allumer des lampes, diffuser de l'encens comme autant de pratiques transmises de génération en génération. »
18:54« Elles incarnent l'âme culturelle de cette région autonome chinoise, où tradition séculaire et modernité coexistent harmonieusement. »
19:04« Le moment attendu est enfin arrivé. Aujourd'hui, c'est le temps du festival Linka. »
19:32« On dirait qu'on part pour deux mois et c'est juste pour une journée. »
19:39Une célébration à la nature, à la communauté et à la vie en plein air après des longs mois d'hiver.
19:45La tradition du Linka émerge de la vie quotidienne des Tibétains, qui ont toujours chéri les moments passés dans la nature.
20:00Les hivers sont longs et les étés sont courts et précieux.
20:04Alors on en profite.
20:06Le Linka est une activité très populaire, chère aux Cizang et où tous aiment être ensemble, entre gens connus et inconnus.
20:13« En y allant une fois par an, je grandis un peu à chaque visite.
20:31Pendant le festival de Linka, je laisse s'envoler tout ce qui est négatif en moi.
20:35Et je me sens très heureuse. »
20:38« Je suis très heureuse, je suis très heureuse. »
20:42« Tu veux le faire ? »
20:43« Oui. »
20:45« Oui ? Avec ta petite soeur ? »
20:47« Oui. »
20:48« Oui, je suis très heureuse. »
21:11Le Linka existe depuis longtemps, mais avant, nos conditions de vie ne nous permettaient pas d'en profiter.
21:32C'est un temps où chacun se reconnecte à la nature et ses plaisirs simples.
21:41Ce qu'il y a de bien, ce qu'on voit, c'est qu'avec le tout petit bétain, ils ne sont pas sur le téléphone.
21:49Une fois de plus, ils sont en contact direct avec la nature et leur loisir, leur manière de jouer, c'est des loisirs tout simples,
21:57comme on faisait en France au début du XXe siècle, c'est aller à l'Economie-Puisette, attraper des micro-poissons.
22:04Voilà, ils sont heureux de ça. C'est génial.
22:07C'est un merveilleux moment où chaque enfant respectueux de la vie rendra la liberté à ses trophées capturés.
22:16Demande à ta maman qu'elle m'explique bien la signification de ce bout de beurre qu'on met sur les principiants d'alcool.
22:25Le beurre sur le dessus symbolise le bonheur.
22:28D'accord, c'est un port de monheur.
22:32Le sens de cette chanson, je ne sais pas trop comment l'expliquer.
23:01C'est pour accueillir Jacques, venu de loin.
23:06Il est devenu un membre de notre famille.
23:11Et dans mon cœur, il fait désormais partie des nôtres.
23:15Chez Dawah, c'est le jour du concert.
23:29Famille et amis sont au rendez-vous.
23:31En tibétain, on dit « Quand on ne peut pas chanter, c'est comme si on était mort ».
23:43En tibétain, on dit « Quand on ne peut pas danser, c'est comme si on était paralysé ».
24:08Le moment où je devrais bientôt partir approche.
24:33Maïma le sait.
24:37Alors, comme un cadeau, comme un secret partagé, elle me conduit dans son jardin intime.
24:43Sa montagne est sacrée.
24:45Cet endroit où elle aime venir seule pour s'y retrouver et peut-être mieux comprendre le monde.
24:50Tous les lundis, ma grand-mère y va pour apporter de la nourriture et faire la prière.
24:58C'est magnifique.
25:07Il est tellement calme.
25:10Est-ce importante cette montagne pour toi ?
25:13Oui.
25:14Pourquoi ?
25:16Parce que depuis mon enfance, je viens ici chaque année, entre 10 et 20 fois.
25:23C'est les forces de la nature, hein ?
25:30Oui.
25:34Quand j'avais 3 ans, j'ai planté un arbre ici.
25:39Mais j'ai oublié où il s'est trouvé.
25:50Ah !
25:51Mais il vit toujours.
25:54Oui, il continue de pousser.
25:57Écoute, merci pour ce cadeau.
26:01C'est normal.
26:02Et merci à la nature.
26:06Oui.
26:09Toute la famille de Dawas s'est réunie pour nous souhaiter bonne route.
26:13L'émotion est palpable.
26:16Alors l'amour qui est né pendant ce temps partagé, on le matérialise par des katas, des cadeaux.
26:23Selon la tradition, il prouve l'affection que l'on porte aux voyageurs.
26:27Un acte de reconnaissance mutuelle qui dit, tu fais partie de nous, aujourd'hui, comme demain.
26:40Mon rêve, c'est de devenir quelqu'un qui contribue à la force de son pays.
26:47Devant autant de générosité, devant autant d'affection, les mots me manquent.
27:12Mais je vous emporte avec moi.
27:13Chez Baïma, l'ambiance est triste, pesante.
27:20Et pourtant, elle retient ses larmes.
27:22Et c'est une belle personne.
27:27Et je suis sûr que tu vas réussir ta vie.
27:30Je te souhaite une vie longue et heureuse.
27:34Jusqu'à 100 ans.
27:35Baïma est surprenante.
27:40La pudeur de ses émotions est la forme la plus pure et la plus altruiste de l'affection.
27:46C'est un cadeau de mon père.
27:48De mon père et de mon oncle.
27:52Ah, mais c'est très beau, tu leur diras merci.
27:55C'est super.
27:56Je peux aller à Pékin ou ailleurs, mais je n'y resterai pas toute ma vie.
28:02Je reviendrai au Sizang.
28:04J'estime que le Sizang est comme une fille, particulièrement joyeuse et ouverte.
28:11Ma mère dit que tu es un membre de notre famille.
28:13En Chine, il faut savoir retenir sa peine pour ne pas alourdir le cœur de celui qu'on aime.
28:29Et l'accompagner vers son futur avec les plus belles énergies.
28:31Baïma, Daoua, vous êtes désormais dans mon cœur.
28:56Grâce à vous, ma famille s'est agrandie.
28:58Alors oui, je reviendrai, c'est promis.
29:02Je sais maintenant que le Sizang m'attend.
29:39...
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