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  • il y a 9 mois
Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une «attaque de grande envergure» contre le pays sud-américain. «Les Etats-Unis considèrent que tout ce qui touche à l’Amérique latine les concerne», décrypte André Kaspi, spécialiste de l’histoire des Etats-Unis.

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Transcription
00:00Alors c'est un coup de force inédit mais je suis obligé de faire un retour en arrière. En 1823, c'est loin, très loin. En 1823, le président des Etats-Unis de l'époque, James Monroe, a déclaré que l'Amérique latine c'est l'affaire des Etats-Unis, ce n'est pas l'affaire des Européens.
00:19A l'époque, les Européens jouaient un rôle capital dans le monde. Donc ça veut dire que les Etats-Unis considèrent que tout ce qui touche à l'Amérique latine les concerne.
00:31Et en ce qui concerne en particulier Donald Trump, il a deux motivations principales pour défendre les intérêts américains, mais je reviendrai tout à l'heure sur les aspects internationaux.
00:43Premièrement, il s'agit de combattre la drogue et depuis déjà...
00:49Donald Trump estime que Nicolas Maduro est le parrain sud-américain du narcotrafic.
00:54Et depuis déjà plusieurs mois, il y a des offensives de la part de la marine américaine pour interrompre le trafic des drogues dans cette partie du monde.
01:06Et puis il y a un deuxième aspect qui est très important, c'est l'arrivée massive des immigrants latino-américains sur le territoire des Etats-Unis.
01:16Et bien entendu, Donald Trump considère qu'il faut arrêter cette invasion et qu'il faut essayer en somme de rétablir la fermeture des frontières comme c'est naturel.
01:29Ça c'est le premier point. Mais le deuxième point, c'est qu'on apprend, ou on réapprend aujourd'hui, que le Venezuela est un énorme producteur de pétrole.
01:39Le premier. La première réserve de pétrole mondiale.
01:42Ce sont des réserves qui ne sont pas exploitées, mais ce sont quand même des réserves mondialement importantes.
01:49Ça veut dire qu'il y avait, et il y a peut-être encore, une délégation chinoise qui est présente à Caracas et qui est venue négocier avec le Venezuela pour des accords pétroliers.
02:03Alors la question qui se pose, c'est évidemment comment les Chinois peuvent-ils importer du pétrole vénézuélien ?
02:11C'est en passant ou bien par le canal de Panama, ou bien, c'est ce qu'il y a de plus fréquent, en faisant le détour par l'Afrique du Sud.
02:24C'est-à-dire en contournant le continent africain.
02:27Donc ça c'est le premier, c'est un deuxième point.
02:29Et il y a bien évidemment la Russie, mais la Russie d'aujourd'hui, ça n'est plus la Russie du temps de John Kennedy, c'est plus la bataille de Cuba.
02:42La Russie d'aujourd'hui, elle est occupée par l'Ukraine.
02:44Par conséquent, elle peut protester, mais elle n'a pas les moyens d'agir sur ce terrain.
02:51Vous n'y voyez pas d'éventuelles escalades impériales ?
02:54Comment peut-on imaginer la Russie qui est impliquée dans la guerre d'Ukraine,
02:59et qui viendrait en somme se mêler directement, de façon militaire, dans les problèmes concernant l'Amérique latine ?
03:08Je crois que la Russie est contrainte en somme de protester.
03:14Bon, elle le fait, mais ces protestations ne vont pas plus loin.
03:18On va voir les réactions des éventuels alliés vénézuéliens et de l'impact géopolitique qui pourrait en découler.
03:25J'ajouterais une chose, si vous le permettez, c'est qu'actuellement, la délégation chinoise, on ne sait pas où elle est.
03:31Et on ne sait pas si elle a été impactée par les explosions et les bombardements de la nuit dernière.
03:34Et on ne sait pas si elle a été caracasse ou si elle y est encore.
03:35Et on ne sait pas si elle a été impactée par les explosions et les bombardements de la nuit dernière.

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