00:00C'est plus compliqué de se remettre à 16 ou 17 ou 18 ans d'un événement pareil ou, à contrario, il y a peut-être plus d'espoir parce qu'ils ont l'échelle de leur vie pour tenter de retrouver un semblant de vie ?
00:12La réponse, elle est multifactorielle. Ça dépend de vos ressources internes et on n'est clairement pas égaux les uns et les autres vis-à-vis de cela.
00:19Ça dépend des premiers gestes qui ont été adoptés en urgence parce que la résilience se déclenche dès les premières secondes.
00:25C'est pour ça qu'on est tellement motivés à enseigner la méthode israélienne parce que c'est dès les premières secondes qu'il faut absolument réduire l'impact du choc.
00:36Elle est multifactorielle. Donc on a le contexte, la prise en charge, les ressources internes de la personne.
00:43On a remarqué, nous, en tout cas sur l'expérience israélienne, que les jeunes en particulier sont une leçon d'humilité pour chaque adulte que nous sommes
00:52parce qu'ils ont des ressources absolument fabuleuses pour rebondir. Je ne sais pas si ça a à voir avec l'échelle de leur vie.
00:59Je crois plutôt que ça a à voir avec leur perception, puisqu'en général, l'impact d'un trauma est lié à la perception qu'on a de l'événement
01:06et que s'ils sont entourés, que s'il y a une cohésion sociale autour d'eux, qu'ils sont activés de façon efficace,
01:13que s'ils ont les ressources internes et la prise en charge. On a bien identifié les facteurs de résilience. On les connaît bien maintenant.
01:21On disait aussi qu'ils ne sont pas tout à fait égaux face au déclenchement du trauma.
01:26Si trauma il y a, c'est-à-dire que ça peut prendre quelques semaines pour certains, jusqu'à trois ans, nous disait un médecin.
01:32Ça vous paraît long, trois ans ?
01:34Ce qu'il faudrait peut-être psychoéduquer à peu près, les gens de Grand-Montana, c'est de leur expliquer que face à l'urgence,
01:44ces survivants-là, parce que s'ils sont là, c'est qu'ils ont survécu, ils ne sont pas que victimes,
01:49ont eu probablement trois types de réactions différentes qu'on connaît bien.
01:53Être sidéré, fuir, ou bien faire face.
01:56Certains ont fait face, ils ont donné des coups de main.
01:58Certains ont fait face en fuyant et en aidant personne.
02:01Chacun fait comme il a pu à ce moment-là.
02:03Et certains ont sidéré et probablement sont morts, puisqu'il n'existait pas quelqu'un, j'imagine, dans la salle,
02:09de former pour pouvoir déchoquer en quelques secondes.
02:11Donc, face à ça, ils vont développer, quand je dis ils, ce sont les survivants, les familles,
02:18les gens qui vivent à Grand-Montana, les gens qui observent en boucle les reportages à la télé,
02:23un certain nombre de réactions qui sont juste normales, qu'on a après l'urgence,
02:27qui sont des réactions d'anxiété, de panique, d'hypervigilance, de flashback,
02:33de reviviscence, d'évitement de l'endroit.
02:37Tout ça, c'est normal.
02:39C'est un mécanisme d'adaptation, c'est normal.
02:41C'est normal pendant un mois.
02:43Au-delà d'un mois, si effectivement ça persiste,
02:46alors on va considérer que les gens entrent dans une phase liée au développement d'un PTSD,
02:51c'est-à-dire d'un trouble de stress post-trauma,
02:53qui est une pathologie de la mémoire,
02:56puisque justement ça vient activer tous ces souvenirs-là,
02:58avec toutes les émotions qui sont liées avec,
03:01et ils auront besoin d'une prise en charge.
03:03Mais quand Michel Chevalet évoquait la personne gravement blessée,
03:09dont témoignait une jeune fille, c'est ça ?
03:12Avec son visage ?
03:13Moi, je pense tout de suite, non pas à celui qui est victime,
03:16parce que très souvent ce n'est pas lui qui va développer un trouble de stress post-trauma,
03:20mais c'est cette jeune fille dont on peut imaginer,
03:23le témoin, parce que les témoins sont passifs,
03:26et qu'on sait que le trauma est lié à la posture de passivité.
03:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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