Sur CNEWS, la journaliste politologue suisse Laetitia Guinand est revenue sur l'impact qu'a eu le drame de Crans-Montana sur son pays : «L'émotion est maximale... C'est un petit peu comme le Bataclan de Paris».
00:00Alors, cinq jours, oui, c'est les drapeaux qui sont en berne. C'est vrai que c'est assez exceptionnel. Je ne me souviens pas quand la dernière fois ça a pu être fait.
00:09C'est vrai que c'est un choc immense et il y a une différence de culture. C'est vrai que ce matin, sur le plateau de votre collègue, ce qui frappait beaucoup l'Assemblée de Français,
00:22c'était qu'effectivement il y avait peu de communication, peu de communication politique, peu de communication de la part des autorités judiciaires.
00:28Là, en fait, la Suisse communique beaucoup par rapport à sa culture. C'est vrai que là, il y aura une communication maintenant.
00:35Il y en a eu une hier. Le président de la Confédération s'est rendu sur place. Pour les Suisses, c'est déjà beaucoup, beaucoup.
00:41Ça veut dire beaucoup de prise en considération de l'horreur absolue que constitue ce drame.
00:48On est vraiment sur deux cultures extrêmement différentes. La Suisse va à son pas. Les Suisses n'apprécient pas vraiment l'agitation.
00:58On n'est pas obligé, effectivement, de communiquer toutes les deux minutes pour rassurer la population.
01:00En fait, de fait, il a parlé quand même un peu sous la pression.
01:03Il a parlé et c'est vrai que c'est assez exceptionnel. La dernière fois, c'était quand il y a eu une catastrophe.
01:10Il y a quelques mois, à Blaten, où le glacier s'est effondré. Et c'est vrai que là, les conseillers fédéraux étaient aussi allés sur place.
01:18Évidemment, là, ce n'est pas une catastrophe naturelle. C'est une catastrophe dont on ne sait pas exactement...
01:23Exactement, où sont les responsabilités humaines dans cette affaire ?
01:26Et puis, ce sont des jeunes. Ce sont pratiquement 200 jeunes, en fait, qui ont été brûlés.
01:31Et donc, évidemment, l'émotion, elle est maximale.
01:34Elle est maximale parce qu'en plus, la Suisse, c'est un petit village.
01:37C'est-à-dire que tout le monde connaît des jeunes qui auraient pu, qui sont, qui ont été ou qui ne...
01:42Voilà, à Cromontana.
01:43Donc, c'est comme si vous étiez sur le Bataclan-Paris.
01:47C'est la même chose, en fait. La Suisse, c'est à peu près Paris.
01:49Et donc, enfin, la Suisse romande, en tout cas, même un peu plus petite.
01:52Et donc, voilà, il y a cette émotion-là, évidemment, qui est très forte.
01:55Il y a cette émotion aussi, à rebond, qui est de se dire, ça ne peut pas arriver chez nous.
02:00Ça ne peut pas arriver en Suisse.
02:01Ça ne peut pas arriver en Cromontana.
02:03Oui, mais il y a cette incrédulité qui participe de tout ça.
02:04Et la prise de conscience aussi doit être que, effectivement, le monde entier observe cela,
02:09que les voisins français, italiens, britanniques, etc., observent cela.
02:14Et qu'effectivement, il faut adapter aussi la communication politique,
02:17la communication judiciaire, pourquoi pas,
02:20aussi pour rassurer, selon la culture des autres pays qui sont concernés,
02:24qui ont des enfants qui sont peut-être blessés ou morts dans cette...
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