- il y a 1 semaine
DB - 01-01-2026
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00:00Au Cairole, dans l'Aubrac, Louis et Camille Maisonnier mènent la vie laborieuse des instituteurs du village.
00:20Non loin de là, à Soulargues, Maria, la mère de Louis, et Paulin Labarthe, qui est pour lui plus qu'un père, vieillissent doucement, unis par un même amour.
00:50Sous-titrage MFP.
01:20La reine d'Angleterre, Victoria, est décédée naturellement il y a quelques mois, vous le savez.
01:34Tandis que le roi Imbert Ier d'Italie était assassiné par un anarchiste l'an passé.
01:42Et tout récemment, également par un anarchiste, le président des Etats-Unis, William McKinley.
01:48Eh bien, il vaut mieux faire le facteur, eh.
01:55À maintenant, toujours grâce à l'obligence de M. Labarthe, qui nous a apporté les dernières vues de sa collection personnelle,
02:02quelques monuments de l'exposition universelle, le pont Alexandre III,
02:08la tour Eiffel,
02:11la plus haute construction élaborée de main d'homme, mais probablement inégalable.
02:22Vous voyez aussi, tout au fond, à droite, la grande roue,
02:29le pavillon de l'Algérie,
02:32et le bazar tunisien.
02:37Bonjour, Françoise.
02:51Oh, bonjour, madame Messonnier. Je ne vous avais pas vues. Vous m'avez fait peur.
02:56Oh, bonjour, madame Messonnier. Je ne vous avais pas vues. Vous m'avez fait peur.
02:59Je vous avais dit que d'atteindre la pièce de 140 km à l'heure, on y droit.
03:03Arrêtez-vous.
03:04Ah, c'est bon, c'est bon, c'est bon, c'est bon.
03:09Je peux vous aider ?
03:10Non, non, c'est très bien.
03:12Je peux rester un peu ? Il fait tellement chaud à côté.
03:14Vous n'aurez pas froid non plus ici, mais vous pouvez rester.
03:17Je pense que c'est l'oeuf, là.
03:27Alors, le mois prochain, nous aurons la conférence du musée pédagogique.
03:32J'ai demandé un sujet agricole,
03:34et on m'a promis aussi une série de dessins très amusants, paraît-il,
03:37et le matériel pour la campagne anti-alcoolique.
03:41Ah oui, ceux qui voudraient s'inscrire pour le paiement de la lanterne seront les bienvenus.
03:44Il nous manque 24 francs, soit 8 participations à 3 francs l'une.
03:48Toutefois, je n'oblige personne.
03:52Enfin, vous pourrez aussi bien payer par 50 centimes aux prochaines séances,
03:55mais vous verrez tout ça avec Mme Pujol, qui assure la trésorerie de l'association.
04:06C'était bien joli, hein ?
04:08Trop aimable.
04:09Si, si, vraiment, joli, hein ?
04:11Et plein de curiosité, comment dire, insoupçonnable, voilà.
04:17Dans nos trous à fumier, on aurait du mal à soupçonner le monde comme il est.
04:22Maintenant, pour ce qui nous occupe, vous savez bien.
04:26Ah, le mariage de votre fille ?
04:27Voilà.
04:28Mais c'est entendu, je voudrais photographier la noce.
04:30Oui, mais combien est-ce que ça va nous coûter ?
04:33Qu'est-ce que ça vaut un cochon ?
04:36Ah, c'est-à-dire, la grosseur compte beaucoup, hein ?
04:40Ah bon ?
04:41Puis, il n'y a pas que la grosseur, hein ?
04:43Nouris comme un, voilà.
04:45Vous en aurez qui n'ont pas vu les patates, puis d'autres...
04:47Écoutez, moi, on me vend le lard 30 sous le kilo, disons, 100 kilos et 30 sous, 150 francs, non ?
04:54150.
04:56Mais vous voilà foilier.
04:58Vous savez combien ça me coûte, moi ?
04:59La robe, déjà ?
05:00Et le plancher pour danser ?
05:02Vous le savez ?
05:02Et ce que je gagne, moi ?
05:03Vous savez ce que je gagne ?
05:05Voilà, c'est trop ché.
05:06Il me faut marcher, hein ?
05:12Et moi, que le bon couillon qui marche, qui marche comme un facteur, tiens.
05:16Croyez-moi, monsieur Souk, ce serait un crime de ne pas l'envoyer au lycée.
05:19Un crime, peut-être, mais dites, les deux aînés, ils ont à parler.
05:23Il faut être juste, hein ?
05:25Je les ai eus, vos aînés, certes, ils n'étaient pas sots non plus, mais votre Christophe, il est exceptionnel.
05:30Parlez-en, madame Souk.
05:31Madame Souk, madame Souk, elle pense comme moi, madame Souk.
05:34La ferme est dure, il lui faut de jeûne à moi.
05:36Et vous avez lucier ?
05:38Et que non, je ne l'ai plus, le lucier.
05:40Il attendait la sortie de Christophe dans vos études pour monter à Paris, rejoindre l'autre, le grand.
05:45Les arrangements étaient déjà pris.
05:48À deux, ils peuvent réussir aussi bien que de rentrer dans le charbon.
05:52C'est décourageux, vous savez.
05:55Nous avons un cousin qui prêtera les sous.
05:57Mais Christophe s'épuisera à la ferme.
06:00Mais quelle folie, mon Dieu, quelle folie !
06:01Les choses sont déjà réglées, voyez-vous.
06:04Nous avons besoin de ce petit et...
06:06Je ne serais pas équitable de lui sacrifier l'un ou l'autre de ses aînés.
06:11Mais il est de taille à se faire une situation qui vous élève tous avec lui.
06:15Professeur, ingénieur, médecin.
06:17Je passerai un soir, M. Souk.
06:24Nous parlerons clairement avec votre femme et Lucien.
06:29Comprendrons-le.
06:31Et puis, j'essaierai de vous obtenir pour lui une bourse intéressante.
06:35Ne réfléchissez bien, croyez-moi, c'est important.
06:37Pour lui.
06:39Pour vous.
06:40Et qui c'est pour la nation, peut-être.
06:45Allez, dormez bien.
06:47La nuit porte conseil.
06:55Dormir.
06:56Avec tout ce qui m'a foutu sur le chapeau.
06:59C'est mon fils, merde.
07:01Je l'ai rélevé, quoi.
07:02Vous ne m'attendez pas.
07:18Vous lui avez parlé de Christophe ?
07:22Ah, le bon petit, s'il voulait être prêtre.
07:26Vous l'avez sondé ?
07:27Il n'a pas la fibre.
07:32La conférence vous a plu ?
07:34Justement, beaucoup d'intérêt.
07:37Certes, ces manifestations ouvrent l'esprit de nos gens
07:40à tout ce qu'ils ignorent.
07:43Ou plutôt non, pas à tout.
07:46Je ne comprends pas.
07:48Eh bien, cette première partie sur la conquête coloniale
07:52et rien, je dis bien rien, sur l'oeuvre de l'église là-bas.
07:55Nos missionnaires, nos martyrs,
07:58c'est de l'occultation volontaire.
07:59M. le curé, si l'association y consent,
08:03je vous prêterai la lanterne un jeudi
08:04et vous montrerai tout ce qui vous plaira.
08:09Oui, oui, M. le maire, oui.
08:11Je n'oublie pas la réunion du conseil.
08:13Et mes réunions, à moi.
08:16Certes, vous êtes des rares instituteurs
08:17qui aient encore le courage d'assister à la messe,
08:19mais ni veupre, ni veillée, ni chorale.
08:23Voulez-vous que je vous dise mon emploi du temps, M. le curé ?
08:26Celui de ma femme.
08:26Et puis, un chantre comme moi.
08:33Bien sûr, bien sûr.
08:36Tout de même, un petit mot sur l'émission
08:38et la mort du souverain pontife.
08:41Rien.
08:41Et l'élection de l'admirable Pidis.
08:43Rien.
08:46Nous allons vers de grandes crises.
08:48Ceux qui ont la foi devront la montrer.
08:51Vous verrez.
08:52Vous verrez.
08:53Il se prépare des choses terribles.
08:54Ils sont tous épatés, mais il leur en faut si peu.
09:01J'ai choisi, sinon.
09:02Si je leur avais montré certaines images,
09:05c'est pas roc.
09:06Les Chinois qu'on décapitre ?
09:08Non, non, ils vont me couper l'appétit avec ces horreurs.
09:11On voit les têtes à côté des corps agenouillés.
09:13C'est plus la littérature, ça.
09:15Il n'y a plus besoin de 50 lignes.
09:16Qu'est-ce que je dis 50 lignes ?
09:17Trois pages.
09:18En deux images, la mort est passée.
09:20Un Chinois à genoux, la tête sur les épaules.
09:22Crick.
09:23Un Chinois à genoux, la tête sur le sable.
09:25Enveillable.
09:27Mais qu'est-ce qu'il raconte, celui-là ?
09:29Qu'est-ce qu'il raconte ?
09:31Devenue femme dans son état.
09:32Poulaine, la barbe, mon dieu.
09:34Non, non, ça va, ça va.
09:37C'est la lessive, puis c'est d'escalier à l'heure de journée.
09:40Ne m'en veuillez pas, je suis...
09:42Je suis désolé.
09:44Les cinématographes, vous avez acheté l'appareil ?
09:52Presque.
09:53Je croyais que vous aviez tout placé dans l'ombré russe.
09:58J'ai vendu un certain nombre de mes parts à mes frères.
10:00L'imprimerie révolue, il faut changer avec le monde.
10:04L'image va remplacer le mot.
10:07Si vous reparlez de la Chine, je me lève.
10:09On me propose de prendre des intérêts dans un studio cinématographique.
10:15Si ça ne marche pas sur la ruine, mais si ça ne marche plus de toute façon.
10:18J'aurais eu le plus dur.
10:25Et vous, les enfants ?
10:28Louis m'a dit la dernière fois que vous étiez un peu gêné.
10:32Mais ça s'est arrangé.
10:33Il a eu son avancement.
10:35Avec les suppléments ici et là, nous joignions les deux bouts.
10:38Vous joignez les deux bouts.
10:41Ça, ça vous suffit, ça vous convient.
10:45Nous sommes gouvernés par des ventres et la République laisse les meilleurs que ses fils crever de faim.
10:49Mais ne croyez pas cela, c'est beaucoup mieux à présent.
10:51Louis est à 1800 francs, moi à 1200.
10:54Avec le secrétariat de la mairie, l'arpentage, et maintenant il démarche pour une assurance.
10:59Bon, c'est vrai que ça ne donne guère, mais...
11:01L'assurance en plus ?
11:03Boudic et travail.
11:05C'est un idiot.
11:05Mais croyez-moi, c'est bien.
11:09Nous faisons attention, voilà tout.
11:11Nous allons au bout des chaussures, des vêtements.
11:13Mais...
11:15Il n'y a pas été question d'une bicyclette ?
11:17Ah oui, mais ça...
11:18Avec le bébé, il attendra le prochain tableau, je crois.
11:23C'est si cher ?
11:25Tiens, 250.
11:25Il va manger froid.
11:42Il a l'habitude.
11:44Une ulcère, oui.
11:45C'est ça l'habitude.
11:46Quand on mange du tout froid, évite.
11:48L'ordre du jour est un peu copieux.
11:50Il rentrera dans peu à longtemps, je pense.
11:53Au total, à vous deux, moins de 4000 francs par an.
11:58Les typographes de mes frères gagnent le double.
12:00Un garçon comme lui.
12:01Et c'est moi qui l'ai voulu.
12:02Non.
12:03Ce que vous avez voulu, c'est son bonheur.
12:05Louis est très heureux.
12:06Je vous le jure.
12:07C'est à cause de vous.
12:08Ça peut attendre, mais puisque la question se pose, on va voter.
12:13Tu dors, Antoine ?
12:14Antoine, c'est l'or.
12:16On vote sur le prêt du matériel pour le 14 juillet à l'école et la fête du haut curé.
12:22Le même ?
12:23Oui, le même.
12:24Le plateau, l'estrade, les fils, les guirlandes, le matériel, quoi.
12:28Bon, ceux qui sont pour ?
12:30Le prêt à l'école ou le prêt au curé ?
12:33Mais les deux, comme tous les âmes.
12:35Bon, ceux qui sont d'accord.
12:36Un, deux, trois, quatre, cinq, six.
12:39Et tu ne votes pas, toi ?
12:40Je compte d'abord.
12:42Bon, sept pour.
12:44Contre.
12:45Oh, ben, toi, tu n'auras aussi même plus resté à dormir, hein ?
12:47Contre, hein ?
12:50Bon, abstention de deux.
12:52Bon, c'est bon.
12:53La séance est levée.
12:54Non, non, encore une petite chose, tout de même.
13:09Je l'ai oublié.
13:11Peut-être parce que c'est bien désagréable.
13:15Mais moi, je suis franc.
13:16Ça vous concerne, monsieur l'instituteur ?
13:18Enfin, pas vous, directement.
13:21Quoi que si.
13:24Il s'agit de détournements de biens communaux.
13:27Nous serons probablement obligés d'écrire à l'inspection d'académie.
13:32Enfin, je vous en prie, expliquez-vous.
13:34La salle de classe de madame Messonnier n'est pas une bianderie.
13:41Le bois que les élèves apportent pour leur chauffage
13:43n'est pas destiné à faire bouillir ses lessives.
13:45Les murs, le poêle est propriété de la commune.
13:48J'ai encore eu une plainte ce matin.
13:50Monsieur le maire,
13:52il y a onze ans, ces mêmes murs étaient propriétés de la commune.
13:54Et vous en aviez fait un dépôt pour votre propre compte.
13:58Je vous ai contraint de le rendre à sa destination première.
14:00Vous ne me l'avez jamais pardonné.
14:04Alors faites votre rapport, mais de toute manière,
14:07mon épouse et moi quitteront la commune à la fin de l'année scolaire.
14:09Mais monsieur Louis !
14:10C'est une décision irrévocable.
14:13Le pauvre monsieur Pagès gémissait sur les onze années perdues ici.
14:16Je suis resté parmi vous également onze ans,
14:18mais moi je ne les regrette pas.
14:19J'espère avoir formé une génération différente,
14:21sans mesquinerie ni rancune,
14:23une génération consciente et moralement forte.
14:25Mais monsieur Messonnier !
14:27Non !
14:28J'ai mis deux ans à obtenir 40 francs d'augmentation d'indemnité de résidence.
14:32Vous m'avez refusé le charbon du logement
14:33et ma femme est tombée malade.
14:35Nous sommes misérablement logés,
14:37l'eau coule du toit dans la chambre de ma petite fille.
14:39J'ai payé de mille deniers le curage du puits.
14:44Je ne vous en veux pas.
14:49Je ne vous en veux pas, mais je m'en vais.
14:55Considérez que je suis également démissionnaire du secrétariat de la mairie.
14:57pour une malheureuse nocive.
15:06Il fallait y penser avant de faire le couillon.
15:08En tout cas,
15:10s'il s'en va ce jeune maître,
15:12tu peux lui dire adieu à ta mairie.
15:20Mange la soupe tant qu'elle est chaude.
15:22Pour fin.
15:26Il a raison.
15:27Tu as raison.
15:28Tu as appris ton métier chez des gens qui ne te méritaient pas.
15:31Maintenant, tu vas pouvoir choisir.
15:32Mais ce n'est pas si simple.
15:34Il n'y a pas des mutations tous les ans.
15:36Je veux dire intéressantes.
15:37Puis celles qui pourraient l'être sont convoitées.
15:40Il y a des protections.
15:43Il méritera des insanités à l'inspection.
15:45Mais s'il n'y a pas de postes qui nous conviennent,
15:48je démissionnerai.
15:49Bravo.
15:52Démissionner ?
15:52Toutes ces études pour rien.
15:55Mais je t'aiderai,
15:56quelle que soit ta décision,
15:57s'ils font assez bête pour te perdre,
15:58moi je t'aiderai.
15:59Ne vous inquiétez pas,
16:00il y aura des postes.
16:02J'ai des amis, moi aussi.
16:08Tu ne m'en veux pas trop ?
16:10Pourquoi tu en voudrais-je ?
16:12Toute cette histoire pour m'éviter un peu de fatigue.
16:17Je t'en prie.
16:19J'aurais pu monter mon linge et faire ma lessive ici.
16:22Mais ce qui est fait est fait.
16:23Tu vois que tu m'en veux.
16:25Mais non.
16:28Il ne nous a jamais ratés.
16:32C'est curieux.
16:36Un brave homme et un salaud dans la même carcasse.
16:39C'est la grande Nérole qui nous a dénoncés.
16:42Françoise ?
16:43Oui, oui.
16:45Elle a passé tout l'après-midi avec moi.
16:48Elle non plus, elle n'a pas pardonné.
16:51Elle est peut-être encore amoureuse de toi.
16:54Ecoute vraiment, elle est mariée, elle a deux enfants.
16:56Mais justement, c'est ça qu'elle ne pardonne pas.
16:58D'être mariée à un autre et en plus d'avoir deux enfants.
17:00Bon, tu es fatiguée, moi aussi nous dirons que des bêtises.
17:02De toute façon, dans quelques mois, nous serons loin.
17:19Je vais réfléchir, je vais écrire à l'inspecteur.
17:21Je vais lui demander de fixer ici la prochaine réunion pédagogique.
17:27Mais ici, au Kérol ?
17:28Comment veux-tu que nous recevions pour 15 personnes ?
17:30Justement, il se rendra mieux compte.
17:33Je pourrais lui parler à cœur ouvert.
17:34Mais je ne peux pas préparer tout ce repas.
17:36Mais nous irons au café.
17:37Je vais écrire aux collègues, c'est presque tous des amis, comprendre.
17:44Ils nous aideront.
17:51C'est une conspiration, mon cher Meçonnier.
17:55Et comme je l'ai fomenté, je vous en livre la clé.
17:59Je n'avais pas le temps d'écrire à chacun de vous
18:00et ma qualité d'inspecteur vous eut peut-être fait suspecter
18:03la pureté de mes intentions.
18:05Elles sont ce pendant limpides.
18:08Adrien.
18:10Adrien me fiche.
18:13Je te savais dans un trou, mes bons seins.
18:14Je te croyais aux sorties de l'enseignement.
18:16Comment se fait-il que...
18:17Nous ne tiendrons pas une véritable conférence pédagogique.
18:21Et bonjour.
18:22Bonjour, monsieur.
18:23Vous n'êtes pas le seul, mon ami, à vous morfondre dans votre village.
18:27L'isolement est la règle de nos départements.
18:31Je suis donc personnellement très favorable
18:33à la création des amicales et mutuelles d'instituteurs.
18:38Et j'ai pensé que les gens de votre brillante promotion
18:42pourraient, autour de leur major,
18:46constituer le noyau de cette association.
18:49Non, c'est-à-dire, monsieur l'inspecteur ?
18:53Ah non, non, là, non.
18:54Vous allez avoir toute la journée pour discuter du projet
18:57et lui donner éventuellement la forme qui vous conviendra.
19:01Hors de ma présence, d'ailleurs.
19:02Oh, monsieur l'Ivagie.
19:04Oh, les hypocrites.
19:07Allons, jeunes gens, j'ai moi aussi naguère
19:08aspiré à voir disparaître mon inspecteur.
19:11Je sais ce qu'il en est de votre déception.
19:13Je vous dispense des travaux de conférence.
19:16Ce que vous avez préparé n'est pas perdu.
19:18Nous le discuterons la prochaine fois.
19:20Aujourd'hui,
19:22j'ai de vieux parents à la Madeleine.
19:24Je m'accorde la permission de leur faire visite.
19:26et à vous, la liberté de vous exprimer tout à l'aise.
19:31Je regrette simplement de devoir vous quitter
19:33avant l'arrivée de...
19:56Monsieur Blanc,
20:07Camille Meysenier, ma femme.
20:09Mais c'est Samuel Esquen.
20:10Samuel.
20:13Samuel.
20:15Adrien Fijac.
20:16N'êtes-vous pas devenu journaliste ?
20:18Depuis deux ans.
20:20Le... le...
20:21Le radical.
20:22C'est ça, le radical.
20:23Vous écrivez dans le radical,
20:24mais vous ne signez pas dans votre nom.
20:26à Ulysse, personne.
20:27C'est bien discret.
20:29Mais bien corrosif.
20:31Monsieur l'inspecteur, mes amitiés,
20:32je ne vous avais pas vus.
20:34Je vous en prie, je repartais.
20:36Ils vous expliqueront.
20:38Mesdames,
20:40messieurs,
20:41bonne journée.
20:43Bonne réflexion.
20:44C'est rigolo.
20:45Au revoir, monsieur l'inspecteur.
20:46C'est un homme épatant.
20:48Le frère au revoir de l'Otta.
20:52Ils ne sont pas nombreux de son espèce à l'inspection.
20:54Ah, Biara,
20:56toujours un peu exigeant.
20:57Demande d'aller à mon épouse.
20:59Il semble qu'il est eu de bon maître.
21:00Madame,
21:01Anselme Pera,
21:02mais vous, je vous ai revu,
21:03je n'ai pas de mérite.
21:04Vous ne connaissez pas ma femme,
21:06Marceline.
21:07Elle enseigne également.
21:08Madame.
21:08Tu es le temps de lui parler.
21:13Un jeune collègue de l'Hérault,
21:14invité par monsieur de Vivaldi.
21:16Le réponse,
21:17secrétaire de l'amicale Montpellier.
21:18Très bien.
21:20Régis.
21:21Régis.
21:21Régis Poulet.
21:24Suzanne Poulet,
21:26professeur de musique.
21:27Toujours aussi impressionnable.
21:29Le 624,
21:30je me trompe.
21:32Ah non.
21:3324e sur 150.
21:34Il se souvient.
21:36Il n'a jamais pu retenir 30 verres à la file,
21:38mais il se souvient de mes bêtises.
21:39Ah, le Grombosque.
21:44Quel plaisir pour moi, mes enfants.
21:46Quel incroyable bonheur de vous revoir tous.
21:50Personnellement,
21:51n'étant plus membre de la sacrée confrérie enseignante,
21:55je vois les choses avec plus de lucidité que vous.
21:57Ce que tu voudrais dire ?
21:59L'amicale, c'est du temps perdu,
22:00de l'encre gaspillée.
22:01Je m'étonne qu'un républicain de ton acabit.
22:03Tu peux dire un socialiste.
22:05J'ai ma carte.
22:06Eh bien, je le dis.
22:07Un socialiste de ton acabit.
22:09Je m'étonne qu'il s'oppose
22:11à la création d'une société
22:12à but philanthropique et culturel.
22:15Il manque un troisième qualificatif.
22:17Le plus fâcheux.
22:18Corporatiste.
22:19On vit entre soi.
22:20On ne voit que soi.
22:22Sans un regard pour les vraies luttes
22:23qui font tout progresser à l'entour.
22:25Quand la vague est passée,
22:26on se retrouve en arrière du progrès.
22:28Isolé.
22:29Oublié.
22:30C'est un discours politique.
22:31Bien vu, jeune homme.
22:33Je ne rate pas une occasion d'en faire.
22:34Mais pour en arriver où ?
22:36Proposer quoi ?
22:37Un syndicat.
22:38Le mot sur la poudre ?
22:41Il en faut.
22:42Pour faire sauter la citadelle bourgeoise.
22:44Non mais amical ou syndical,
22:46le principe est de rassembler
22:47et de défendre.
22:49Bien des deux médecines,
22:50je préfère la plus douce.
22:51Le fameux côtaire sur une jambe de bois.
22:55Prenons ton cas, mes saignés.
22:57Imaginons l'amical créé.
22:58Tu en es membre.
22:59Et même, tu la présides.
23:00Ton idiot de mer te pousse à bout.
23:02Tu as un coup de tête.
23:03Que j'approuve.
23:04Que j'approuve.
23:05Quelle aide vont-ils t'apporter ?
23:06Les amicalistes protesteront,
23:08crois-le bien.
23:09Chez nous, le cas s'est produit.
23:11À peu près le même.
23:12Une mutation imposée.
23:14Eh bien, nous en avons fait l'article de fond de notre bulletin
23:17et il y a eu pétition.
23:19Mais le muté d'office, il est resté chez vous ?
23:22C'est-à-dire que...
23:22Oui ou non a-t-il conservé son poste
23:24ou la tombelle est bien mutée malgré la pétition et le reste ?
23:26En tout cas, la solidarité a joué.
23:28C'est-à-dire que vous avez tous reçu la gifle.
23:31Solidairement.
23:32Un syndicat a changé tout.
23:33Tiens donc.
23:36Mais par quel miracle ?
23:37Pas un miracle.
23:38Un moyen.
23:39Celui de tous les travailleurs.
23:40Et vous êtes des travailleurs.
23:42Je crois comprendre.
23:44Je ne voulais pas dire la...
23:46La grève.
23:49Jamais je n'aurais accepté qu'on en fît l'usage pour la seule défense.
23:51La défense de tous.
23:54Tout ce que l'administration déplace comme des veaux d'un près à l'autre.
23:57Pas seulement dans l'instruction publique,
23:59mais dans les postes,
24:00les chemins de fer,
24:01les finances,
24:03nos journaux,
24:04autre chose qu'un bulletin,
24:06monde de l'affaire.
24:07Il avoue.
24:08Et comment ?
24:09Excite l'opinion,
24:10font un tintouin du diable.
24:12Et la grosse bête administrative
24:13beugle,
24:15mais recule.
24:16Et sinon, cette fois, la suivante.
24:18Mais tu n'es pas dans le sujet, je veux partir.
24:20À cause d'un imbécile,
24:21et sans point de chute.
24:22Et ça, c'est mon affaire.
24:25Je comprends votre attitude.
24:27Vous êtes un internationaliste.
24:30Donc, le désordre national est dans votre plan d'action.
24:34Mais qu'est-ce qu'il raconte, ce petit monsieur ?
24:36Mais vous...
24:38Moi ?
24:39Oui, vous.
24:40Vous semblez l'approuver.
24:43En tout cas, je le comprends.
24:45Je vois.
24:47L'autre international.
24:49Vous vous appelez bien Samuel.
24:52Samuel Esquen,
24:54de la grande famille.
24:55Vous n'aurait jamais cru que l'un d'entre nous...
25:00Il a raison.
25:01Je ne me sens pas lié aux opinions de ce monsieur.
25:03Malgré les années d'école normale et l'ancienne amitié...
25:05Ancienne ?
25:06Je me sens plus proche de quiconque défend l'idée patriotique
25:08que les suppôts de l'international...
25:10Vive l'armée !
25:11Vive l'armée !
25:11Oui, mes amis, je vous en supplie.
25:14Je vous en supplie !
25:15C'est de l'histoire au ciel !
25:21Cette histoire est complètement dépassée.
25:24Mais...
25:24J'ai pas eu de fromage, au moins ?
25:40Allez, vous l'avez, jeune homme.
25:48Et si vous promettez de tenir votre langue,
25:50venez vous asseoir lorsque vous aurez recouvré figure humaine.
25:54Transmettez nos compliments en cuisine.
25:56Mes enfants, mes chers enfants,
25:58ce jeune homme n'a jamais connu votre belle amitié.
26:01Lorsqu'il reparaîtra, oubliez son écart.
26:02Spécialement vous, Samuel Esquen.
26:04Il nous reste quelques heures à passer ensemble.
26:06Ne les gâchons pas.
26:07Je voudrais tout donner...
26:07Non, non, non, monsieur Piara, vous avez déjà beaucoup parlé.
26:09Oui, trop peut-être.
26:11Mais, il n'est pas coupé, ce gâteau.
26:14Ah, c'est la coutume de la maison.
26:15Chacun son son appétit.
26:16Ah, vous n'aurez rien.
26:19J'ai plaisanté.
26:20Qui fera les parts ?
26:23Vous, mes sauniers.
26:30Mais, c'est ton couteau.
26:39C'est le couteau.
26:43Aurais-tu aussi la montre ?
26:44Comment vous voyez-vous, chère André et petit Jacques,
26:54que les gaillards dotés de tel esprit conservateur
27:09ne penchent vers le corporatisme défenseur de nos traditions ?
27:12Hélas, trop peu, hélas.
27:15Sans parler de vos salaires, qui sont indignes.
27:18Oh, indignes.
27:21Peux-tu te permettre de satisfaire ton goût pour le tabac, par exemple ?
27:25On peut vivre sans fumer.
27:28Combien de fois par mois es-tu allé au café ?
27:30Il est fou.
27:31Je crois que la politique te rend fou.
27:33Voilà que nous devrions tourner à l'ivrognerie par esprit de société.
27:36Ce n'est pas du tout ce que je veux dire, et tu le sais parfaitement.
27:39Je veux dire que vous n'avez pas le droit de vous exclure des lieux où le peuple s'exprime.
27:44Et le café en est un.
27:45Ce qui vous en écarte est le manque d'argent.
27:47Savez-vous ce que je viens d'apprendre ?
27:49Le pauvre Émile Renaudard...
27:51Bon, enfin.
27:52Mais si, mais si, voyons.
27:55Il serait mort.
27:56Il a été compromis dans l'affaire de Panama.
27:58Il s'était mis à la bourse et il ne s'est pas mis de son emprisonnement.
28:02Vous en êtes sûre ?
28:03J'étais très liée avec la plus jeune des filles, Babette, avec laquelle j'ai fait l'école.
28:08Nous continuons de nous écrire.
28:09Il y aurait donc une justice.
28:11Je vous en prie.
28:13J'ai connu cet homme avant son mariage et il avait de grandes qualités.
28:16Et Augustin.
28:19Eh oui, c'est vrai, Augustin.
28:21Elle fait du théâtre à Paris.
28:24Du théâtre, tiens, non.
28:26Augustine Renaud.
28:28Augustine Renaud ?
28:29Augustine Renaud, oui.
28:30Le loup a retrouvé la piste.
28:33Vous avez l'esprit mal tourné, tous.
28:35Je vous laisse à vos turpitudes.
28:38Non.
28:39Pour ton affaire, j'ai peut-être une possibilité.
28:43J'ai un oncle très, très bien placé.
28:46Il a été directeur au ministère.
28:48Ses positions, Dreyfusard...
28:50Oui, il est aussi juif que moi, n'en doutez pas.
28:53Jacob Esken.
28:55Lui ont valu d'être écarté.
28:57Enfin, aujourd'hui, ça va bien.
28:58Seulement, ce serait le poitou.
29:01Mais c'est formidable.
29:02Toute ma famille est près de Vines.
29:04En fait, oui.
29:06Eh bien, c'est un signe du ciel.
29:07Mes enfants, Yahvé est avec nous.
29:10Non, sérieusement, crois-moi.
29:12Passe le concours, le directeur.
29:14Tu le peux, tu as les nôtres, Quise.
29:16Oui, elle fait.
29:17Drummond, passe le concours.
29:18Crois-moi.
29:22Quelle magnifique journée.
29:25Vous ne voulez pas rester ?
29:26Comment feriez-vous, chère petite madame ?
29:29Où dormiriez-vous ?
29:31Croyez-vous que je n'ai pas compris vos difficultés ?
29:33J'affirerai votre demande de mes soignés.
29:36Vivaldi me doit quelque chose.
29:37Merci.
29:39Serait-il incorrect que je vous embrasse ?
29:42Tu peux compter sur moi.
29:47Je sais.
29:49Tu es sûr que tu ne regrettes rien.
29:52Le poitou, c'est le pays chouant.
29:54Et l'Église n'aime guère l'école de la République.
29:58Je suis décidé.
29:59Alors, tu y es, mon fils.
30:17Tout le monde a réglé sa part.
30:20Je ne vous ai pas demandé à M. Blanc.
30:22Tu es raison.
30:24Cinq francs, c'est cher, mais c'était vraiment bien.
30:28Tu crois qu'il fera quelque chose, Samuel ?
30:31Je suis certain.
30:32Il est plus sérieux qui n'y paraît.
30:34Je n'y croirai que le jour où nos quelques meubles
30:36seront arrimés sur le chariot du roulier devant la grille.
30:43Tu es prête ?
30:45Nous aurons à peine le temps de nous arrêter à Soularg
30:47avant de filer à la gare.
30:49Les enfants me font peine.
30:52Dans huit jours, ils nous auront oubliés.
30:54Je ne pense pas.
30:58Je n'ai jamais oublié Mlle Clémentin qui m'a appris à lire.
31:02Nos remplaçants sont certainement très capables.
31:05Et puis, d'autres enfants nous attendent ailleurs.
31:08Il ne te fait pas le matin mort, Louis.
31:10Tu sais très bien qu'au fond...
31:12Louis...
31:14C'est un échec.
31:19Je n'ai jamais oublié Mlle Clémentin qui m'a appris à lire.
31:22Je n'ai jamais oublié Mlle Clémentin.
31:23Je n'ai jamais oublié Mlle Clémentin qui m'a appris à lire.
31:24Les enfants, c'est une pince réconcente.
31:26Je n'ai pas oublié Mlle Clémentin.
31:27Je ne veux pas te dire, je n'ai jamais oublié Mlle Clémentin.
31:29Je n'ai jamais oublié Mlle Clémentin.
31:31Je n'ai jamais oublié Mlle Clémentin.
31:33Je n'ai pas oublié Mlle Clémentin.
31:34Ils sont différents des autres.
31:39J'aurais dû tout accepter pour...
31:44Compte sur moi, je t'en prie.
31:48Je ne veux pas que tu nous regardes comme ça.
31:53Tiens.
31:53Allez, allez, appréciez-vous, appréciez-vous.
32:23Je vous souhaite...
32:53Ça ira très bien.
32:59Soyez gentils avec eux.
33:03La vie est rude pour ces jeunes.
33:06Ils ont besoin.
33:14Allez !
33:15Allez !
33:18Allez !
33:21Allez !
33:22Allez !
33:23Allez !
33:24Allez !
33:27Allez !
33:28...
33:29...
33:30...
33:36...
33:38...
33:39...
33:40...
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34:06...
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34:11...
34:27...
34:28...
34:29c'est cette classe là que je préfère la première qui sait ce qui va trouver là bas
34:45ce chemin de fer il paraît qu'il vous secoue le ventre à vomir même ceux qui vont bien tombe
34:57malade alors celles qui attendent de le bébé ils ont eu raison de coucher à limoges la journée
35:04leur sera moins dur demain l'hôtel ou l'argent que ça va leur coûter lorsqu'ils seront installés
35:12nous irons je lui apporterai la bicyclette commandé malheureusement je ne l'aurai que dans un mois
35:27on peut dire que tu es bon pollen la barthe on peut le dire si seulement j'étais avec eux si seulement je
35:39savais ce qu'ils vont trouver là bas et leur vie maria ou qu'on aille on retrouve jamais rien d'autre que
35:45sa propre vie approchez monsieur messenier venez voir votre futur domaine
36:15mais c'est immense immense vous n'étiez pas averti vous ne rendez pas vraiment compte combien de
36:26classes vite plus le cours complémentaire nous approchons des 200 élèves j'ai convoqué les
36:33jeunes maîtres pour la récréation est temps d'y aller
36:35très bien monsieur nivole toujours le plus exact ce niveau qui fait le cours des moyens
36:45il est parfait d'ailleurs vous entrerez avec tout le monde quand vos collègues sont arrivés
36:53voilà votre futur bureau mon cher successeur je sais ce que je dis on ne vous aurait pas
37:05muté deux mois avant la fin de l'exercice si on n'avait pas voulu permettre le passage de
37:10témoins en douceur madame messenier elle va mieux je remercie la fatigue du voyage s'estompe et
37:17l'heureux événements c'est pour quand les vacances d'ici là elle gardera la chambre de sorte que
37:23vous célibataire célibataire
37:27madame petit tout mon épouse tient une excellente table d'hôtes je vous y convie mais c'est à dire
37:39je vous n'aurez pas à vous en plaindre croyez moi vous pourrez ainsi établir votre autorité sous la
37:46mienne si j'ose dire tous ces jeunes maîtres sont bien jeunes ça vous coûtera 85 francs le
37:54mois sans le vin je n'y suis pas porté je vous comprends min sana in corpore salaud mais ça va
38:05bien bien à l'instant je vous appellerai monsieur petit taux est un petit cul j'ai noté ici un certain
38:23nombre de principes d'administration à l'intention de celui qui prendrait ma suite je vous invite à
38:28le consulter tout est noté le système des rotations le système des fournitures le système des punitions
38:34des récompenses et les cantines très important les cantines bien sûr vous enfin votre guise
38:40mais il y à la quelques indications je remercie toutefois tant que ma nomination n'est pas on sait
38:48ce qu'on sait vous avez l'oreille de jacob esken et si vous avez l'oreille de jacob esken le poste est à
38:55vous à cet égard et si la possibilité vous en est offerte je ne demande aucune faveur aucun passe
39:03droit une simple information où en sont mes palmes oui je sais vous ferez ce que vous pourrez
39:13alors messieurs entrer allons mais ne traînons pas monsieur hectare je vous ai déjà dit de ne pas
39:25fumer dans les locaux allons parce que non monsieur allez éteindre votre cigarette dans la cour le saut des
39:35incendies est fait pour ça le sable oui le terreau non je vous présente mon successeur mon probable successeur
39:47je ne vois ni durand ni monsieur patin durand sauré les cours et monsieur patin a gardé sa classe en
39:55en punition générale très bien et bien vous leur direz que nous allons ou plus ou non je les verrai
40:01personnelle vous connaissez déjà monsieur niveau le monsieur bien plein monsieur patente et monsieur
40:10collinet qui est mon adjoint pour la préparatoire au certif j'ai eu trois fois le meilleur du canton et
40:18cette année nous avons deux candidats exceptionnels sabin et le jeune carpentier à monsieur l'hectare
40:25monsieur l'hectare notre excellent maître de cours complémentaires
40:31alors il m'a présenté tout son petit monde il est gentil oh tu sais premier contact plutôt oui mais
40:42assez verbeux suffisant il me croit très certainement franc maçon en tout cas très pistonné et les
40:53confrères tous très jeunes sauf sauf une espèce d'ivrogue mais comment tu peux le savoir
40:59oh bah il empêche le rhum à monsieur petit homme a collé pensionnaire d'office à 85 francs par mois mais
41:08qu'est ce qu'il vous donne des ortholans mon contraire il paraît que l'honorable monsieur
41:12petit eau et son épouse sont de goins que les meilleurs morceaux leur échoua et que tous les
41:18maîtres demandent leur mutation dans le trimestre qui suit leur arrivée c'est ce qui explique d'ailleurs
41:22que je n'ai guère que très jeune confrère qu'est ce que tu vas faire non pas voulu discuter le
41:28premier jour mais dînerai pas avec mais tu ne peux pas rentrer tous les soirs mais nous verrons
41:34et toi ça va nous logeurs sont adorables la femme est aux petits soins pour moi et tu sais le vieux
41:41monsieur ressemble à l'oncle pierre sont très impressionnés à la pensée d'héberger un futur
41:46directeur d'école mais c'est égal j'ai hâte d'être debout et de visiter notre futur logement
41:51et moi j'ai hâte d'être à lundi et de voir les choses d'un peu plus près
41:56qui c'est celui-là je suis de nouveau maître depuis quand la semaine dernière
42:25monsieur bessonnier appartient au personnel enseignant
42:29et enfin que se passe-t-il une attaque surprise
42:54une attaque la préfecture s'est durcie il a été décidé d'enlever les crucifix dans toutes les classes
43:00mais enfin mais les circulaires sur ce sujet sont très anciennes plus de vingt ans ah oui non mais
43:05ici tout le pays prend feu quand on évoque ces questions et comme la situation devient de
43:08plus en plus tendu et le directeur il est allé chercher des instructions il vous a chargé de
43:14l'intérim moi et où est il allé chercher c'est à poitiers quand je pense qu'il reviendra dès que
43:25dès que la fièvre sera tombée comment sera-t-il prévenu comment quel téléphone
43:33monsieur le martini seriez vous le successeur désigné de ce pauvre petit tour si cela est monsieur
43:43intervenait n'est que temps
43:45le seul curé mesdames messieurs messieurs les représentants de la force publique
44:09je vous remercie en qualité de représentant du directeur de cette école je déclare que personne
44:21ne franchira cette porte j'aurais donc le regret de recourir à la force encore conviendrait-il monsieur
44:27le commissaire que nous connaissions l'objet précis de votre démarche laissez-moi entrer
44:30d'abord l'espace scolaire est assimilable à l'espace universitaire il est inviolable
44:34j'ai des ordres écrit oui écrit puis j'ai dit
44:40vos ordres n'exigent pas votre présence dans les locaux scolaires et vous êtes seulement requis
44:58pour faire procéder à l'enlèvement des symboles religieux qui sont encore en place dans les locaux
45:03scolaires de votre subdivision administrative malgré les lois des 28 mars 1882 30 octobre 1886
45:09et ainsi de suite enlèvement soit mais par qui l'ouvrier est avec moi qu'il passe
45:15les lois sont les lois monsieur le curé j'enseigne leur respect aux enfants je m'y conforme
45:36scrupuleusement moi même et puis je ne pense pas que les certitudes religieuses et leur place ailleurs
45:43que dans le coeur des hommes personne ici ne peut souhaiter un acte de violence au nom du crucifié
45:56j'aimerais savoir de quel camp vous êtes monsieur le nouveau maître êtes vous chasseurs
46:13ainsi vous ne tirez pas je vous avais prévenu que je ne suis pas chasseur et sans votre insistance
46:20de toute manière je vous remercie d'être venu c'est un signe de paix l'école publique en offre peu
46:26d'exemples mais l'école publique subit la guerre monsieur le marquis elle ne la provoque pas
46:30posez vous dire là alors on prétend que vous autres hussards noirs de la république comme vous
46:38désigne pompeusement je ne sais quel imbécile de polémices avait le culte de la vérité et bien la
46:44vérité est que depuis toujours l'église enseigne elle enseigne les enfants pauvres comme les autres
46:51en leur inculquant les principes qui permettent la vie sociale respect de l'autre et de son bien
46:59soumission aux lois exaltation de la conscience recherche du bien et du beau et crainte de dieu
47:07sans négliger l'orthographe le calcul et les sciences mais avec le latin et le grec dont vos grands esprits
47:12militaires attendez vous avez retiré l'enseignement à l'église vous chassez la religion de vos classes
47:22depuis trois ans les congrégations devaient être autorisées vous les avez dissoutes ça ne suffisait
47:30pas encore on les expulse bientôt on les rançonnera je sais ce que je dis je ne le sais que trop
47:38et vous me déclarez tout tranquillement que l'école publique subit la guerre
47:51et ne la provoque pas vous ne pouvez pas penser sérieusement une telle énormité sur le marquis
47:58si vous m'autorisez je suis très curieux de vous entendre merci l'église enseignaient même les
48:07pauvres c'est vrai mais encore les choisissait elle allons mon bon vous parlez déjà en secteur mais
48:13avez vous jamais été un petit paysan pauvre monsieur le marquis moi si eh bien je vous félicite de votre
48:19ascension dans l'échelle sociale eh bien l'église n'y a aucune part enfin oublions mon cas personnel
48:26qu'enseigne est elle la résignation la soumission oui oui non pas soumission aux lois mais soumission
48:33à l'argent résignation à la pauvreté respect du bien dont il n'aurait jamais une miette la république a
48:40décidé que tous les enfants passerait par la même école les endoctriner par souci d'égalité pour ne pas
48:48perpétuer la fabrication de deux espèces de français irréductiblement opposés l'une à l'autre
48:54et sur tous les sujets mes renseignements mais oui monsieur nous avons aussi notre maçonnerie
49:01mes renseignements vous donner pour un modéré pour un sympathisant au catholicisme j'ai même lu
49:08quelque part que vous assistiez régulièrement aux offices vous avez bien lu alors je ne peux que vous
49:17répéter ma question de l'autre jour monsieur le nouveau maître de quel camp êtes-vous je crois que
49:27je suis du camp des enfants sur marquis le camp des enfants s'il est ça n'a aucun sens pour moi si
49:36s'agit bien de vous le bras du parti va jusqu'à paris figurez vous vous êtes tout bonnement griez les
49:43ailes il fallait être là monsieur le directeur c'est bien mon sentiment hélas qu'elle sottise
49:48j'ai fait en vous déléguant tous mes pouvoirs même l'hectare est mieux fait et les crises se
49:53fait encore là mais les traces qu'ils ont laissé sont plus visibles que les crucifix eux mêmes
49:56s'agit bien des crises des crucifiés tout bataclan vous compromettez toute ma diplomatie
50:02des années et des années de délicate équilibre vos palmes ne sont pas en cause vous croyez
50:09j'interviendrai au besoin je connais monsieur tout rêve d'une manière ou d'une autre il se
50:19vengera il était parfaitement renseigné je vous avais prévenu prévenu dans la cour avant
50:27entière de téléphone vous doutez bien que c'était pas l'école qui en dispose allez
50:32rentrer les enfants là rentrer ça le château le marquis lui dicte toute sa conduite je suis sûr
50:44qu'il était prévenu aussitôt par le téléphone du château dans ma face est incompréhensible
50:48il prétend craindre une vengeance de monsieur de coudrelle je crois qu'il n'a pas tort je crois
50:53même savoir laquelle sabin et carpentier sont absents ce matin absent sabin et carpentier absent ce matin
51:08et cet après-midi également on n'a pas averti je vous ai fait chercher j'étais souffrant je t'allais
51:16consulter à la ville mon épouse m'accompagnait merci très cher c'est ton renseigné je suis passé chez
51:26les sabins après l'étude ce soir et alors le père m'a semblé bien évasif et même bien sournois
51:33nom de dieu nom de dieu excusez moi collinez vous m'accompagnez pour sabin il est sans doute trop tard
51:38mais je suis carpentier c'est la vengeance du marquis et monsieur carpentier c'est impossible
51:56pas à quelques semaines du certificat c'est plus près de chez nous c'est à 100 m et puis c'est une école
52:04on dit moins de gros mots vous n'êtes que des salons des salicots de salons mais c'est monsieur le
52:15marquis qui nous a donné le conseil de mettre le petit à saint joseph les deux enfants ludovic sabin
52:26et marcelin carpentier ont été reçus respectivement premier et second certificat d'études pour la plus
52:31grande satisfaction de monsieur de coutrelles qui se croient vengé et la plus grande gloire de
52:36l'école saint joseph ce qui est une infamie dont les frères ont bien tort de tirer l'orgueil impudent
52:41qu'ils affichent puisque les résultats globaux sont de 72% de succès pour l'ensemble des écoles laïques
52:47de notre département compte 48% aux écoles confessionnelles tout de même ils ont peut-être
52:54la quantité seulement la qualité mais rien vous n'avez pas compris les deux premiers ont été formés à
53:02l'école laïque et débauché au dernier moment les sabins et les carpentiers sont débiteurs du
53:07gouttrelles lisez lisez paulaine la barthe je connais vos idées vous êtes brave mais la politique vous changez
53:13un brigand dès que vous vous en mêlez c'est un monde qui va faire mon petit je te jure que bon
53:22petit tôt a reçu ses palmes académiques et j'ai eu le même jour la confirmation de ma nomination à
53:32son poste nous avons fêté les deux événements en une seule réunion amicale dont j'ai supporté tous
53:38les frais c'est du moins ce que je crois camille s'est bien remise laurent m'a paru avoir beaucoup
53:44de peine mais marie pauline trop jeune pour avoir compris qu'elle avait perdu sa petite soeur pour
53:50elle le bébé est venu puis il est reparti une simple visite un peu trop brève le sujet est trop
53:57pénible pour que je m'y attarde plus longtemps laurent a décidé absolument seul oui a souligné qui serait
54:07maître d'école et nous en sommes bêtement tout heureux grâce à votre bicyclette je connais de
54:12mieux en mieux le secteur et les parents d'élèves ne sont probablement pas meilleurs que ceux du
54:18quai rôle mais seuls les enfants me préoccupe quel monde leur fabriquons nous la république triomphe tous
54:24les 14 juillet la superstition l'emporte à toutes les fêtes du pourquoi il dit la superstition ses yeux
54:32s'ouvrent probablement pourtant beaucoup de nos élèves sont des deux cortèges il n'y en effet qu'une
54:39seule france et je déteste ces conflits intérieurs alors que toutes nos forces devraient être associées
54:46pour la revanche dont notre patrie a tant besoin rester plutôt pour vous l'an prochain j'irai lui
54:57photographié son 14 juillet et pas seulement l'an prochain d'ailleurs
55:01en tant qu'une école publique
55:05les groupes à laïcité
55:09punissons nos proches pour chanter pour chanter la ligne à notre république
55:17le maître des écrits à l'envie
55:23qu'on reliait au rythme charme
55:27l'amour de l'âge et au maîtrise
55:32fera de nouvelles affrontes
55:36fera de nouvelles affrontes
55:41au maire
55:43au maire mes sapos
55:45j'entends sonner des colles
55:48malgré le vent
55:50il faut
55:52que j'y sois bientôt
55:55ce que je sais
55:58comment
55:59je pense
56:01je le dois à la date
56:05douce
56:07douce rousse et
56:08vent
56:09le son du
56:10maître
56:11qui guidait
56:12ma main
56:14ma mère
56:15m'écaillée
56:17j'entends sonner
56:19l'école
56:20malgré l'orage
56:23il faut
56:24que j'y sois bientôt
56:27ce que je sais
56:29ce que je sais
56:31comment
56:32je pense
56:34je le dois à la date
56:38douce rousse et vent
56:41le son du
56:42maître
56:43qui guidait
56:44ma main
56:45la main
57:04Mère
57:05au montablier
57:07j'entends sonner
57:09l'école
57:11malgré la neige
57:13La neige, il faut que j'y sois bientôt.
57:20Mais un jour je serai maîtresse de l'épaule
57:26pour à d'autres donner ce qu'elle m'a donné.
57:33Pour à d'autres donner ce qu'elle m'a donné.
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