00:00Le gouvernement annonce un plan choc de lutte contre l'absentéisme dans le secteur public.
00:06L'objectif est clair, c'est d'aligner les fonctionnaires sur le régime du secteur privé,
00:12c'est-à-dire allonger le nombre de jours de carence, on passe de 1 à 3, ce qui n'a pas été fait,
00:18et puis faire passer le remboursement des arrêts maladie de 100% à 90%, ce qui est actuellement en vigueur.
00:26Un chiffre, selon l'Inspection générale des finances, en 2022, l'absentéisme dans la fonction publique a coûté la coquette somme de 15 milliards d'euros à l'État.
00:39Chiffre colossal.
00:42Et il se trouve que, pas plus tard qu'hier, dans un article du Figaro de Louise Darbon, je tiens à la citer,
00:49on nous propose une première étape, un premier bilan de cette réforme.
00:55Et force est de constater que les comptes n'y sont pas.
00:59La fréquence des arrêts maladie en 2025 est similaire à celle de l'année précédente,
01:04et on observe en fait des stratégies de contournement.
01:07C'est-à-dire qu'on utilise des petites méthodes pour tenter finalement d'échapper à cette réforme.
01:14Les arrêts maladie plus longs, l'augmentation des arrêts des accidents de travail et des mittens thérapeutiques.
01:20Ces deux arrêts-là ne sont pas concernés par le passage à 90%.
01:24Tout cela, on va être clair, peut se faire avec la complaisance des médecins qui de toute façon sont payés à la consultation.
01:31Ils se mettent en mittens thérapeutiques pour ne pas poser d'arrêt maladie.
01:34En fait, c'est une forme d'arrêt maladie, le mittens thérapeutique, mais vous restez à 100%, vous ne passez pas à 90%.
01:40Même chose pour l'accident du travail, vous êtes sur le régime de 100%.
01:44Et on observe une augmentation de ces formes-là.
01:48Alors, que faire face à ce mal, cet absentéisme aigu qui touche bon nombre d'agents de la fonction publique territoriale ?
01:56Et qui coûte 15 milliards, en tout cas c'était les chiffres de 2022.
01:59Et bien, alors, outre le lever de l'indemnisation dont on peut parler,
02:03chez les voisins, chez les pays voisins, certains sont passés depuis bien longtemps au contrôle, au contrôle à domicile.
02:09Alors, soit il est pris en charge par l'organisme social, par l'État, soit par l'employeur.
02:15Donc, plus de contrôles pour vérifier ?
02:18Des contrôles, et j'en parle en connaissance de cause parce que je l'ai vécu.
02:21Je l'ai vécu, il fut tant de temps, j'ai travaillé aux Pays-Bas, à Amsterdam plus précisément.
02:28Et il se trouve qu'un jour, j'ai été malade une journée, je suis restée chez moi, je savais que je ne serais pas payée.
02:34Et bien, j'ai eu le droit à...
02:36Quelqu'un qui est venu vérifier ?
02:37À quelqu'un qui est venu vérifier.
02:38Si vous étiez bien malade ?
02:39Si j'étais bien malade, c'est un personnel de santé, si j'étais bien malade, et surtout si j'étais chez moi.
02:44Si j'étais bien à domicile et pas en vacances.
02:47Alors...
02:48Il faut faire ça ?
02:49Aux Pays-Bas, en tout cas.
02:50Et au Royaume-Uni, ces contrôles sont à charge de l'employeur.
02:54Sont à charge de l'employeur.
02:56Et je peux vous dire que les arrêts dits abusifs ont considérablement baissé.
03:00Parce que vous réfléchissez à deux fois.
03:02J'ai même vu, pour tout vous dire, un collègue perdre son emploi pour ça.
03:05Il se trouve que lors du contrôle, il n'était pas chez lui.
03:08Et donc, on a mis terme à son contrat.
03:12Alors, certes, vous me direz, c'est un coût.
03:14C'est un coût, forcément.
03:15Il est certainement moins élevé, ce coût, que les arrêts abusifs.
03:20Mais ce qui est sûr aussi, c'est qu'il contribue à faire changer les mentalités.
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