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  • il y a 1 semaine

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00:00C'est vrai que vous êtes complètement fan de Clot-Clo, c'est vrai ça ?
00:12Oui, je l'ai été surtout, très très jeune et ma maman m'avait offert des places à l'Olympia
00:20et elle ne comprenait pas pourquoi je gesticulais comme ça sur les poutailles.
00:24Et donc c'était un rythme fou, c'était quelqu'un d'incroyable, moi j'adore tellement danser et chanter en même temps
00:33et il faisait tout ça très très bien et puis c'est vrai que ça reste quand même, on met ça le soir à une soirée, ça parie même en 2024.
00:43Et oui, même mes enfants, même les jeunes aiment ça, c'est un truc de fou.
00:47Mais alors vous allez chanter ça aussi, écoutez.
00:54Ça signifie, ça signifie, la rue est à nous, que la joie vienne, mais oui, mais oui, l'école est finie.
01:04À l'âge de 8 ans, vous entrez dans une école privée pour filles, dans le 16e arrondissement de Paris,
01:09il paraît que vous faites des danses et des tours de chant sur du chéla dans la cour.
01:12C'est vrai ça ?
01:13L'école n'était pas privée, elle était publique, mais bon, c'est pas grave.
01:18Non mais je me suis fait punir pour ça surtout, je chantais chéla dans la cour et la directrice n'aimait pas ça du tout,
01:25donc j'étais collée tout le temps à cause de ça.
01:28Donc j'en ai parlé avec chéla.
01:30C'est là qu'on voit que c'était vraiment une autre époque, parce qu'aujourd'hui un enfant qui chanterait chéla à l'école,
01:33je pense que ça ne poserait pas énormément de problèmes.
01:36Il a une mention, je pense.
01:37Mais surtout il y en aurait peu, je pense, je pense qu'il serait très très peu nombreux.
01:40Et en même temps, vous dites que vous étiez un petit peu à part à l'école,
01:44qu'on se méfiait de vous, notamment parce que vous ne portez pas le nom de famille de votre père.
01:48J'étais très étonné de ça.
01:49Oui, ce n'était pas très à la mode à l'époque.
01:52En fait, mes parents ne se sont jamais mariés.
01:55Et la loi française disait que celui qui déclarait l'enfant
02:00était considéré comme le père de l'enfant ou la mère de l'enfant,
02:03et donc avait l'autorité seule.
02:05Donc à ma naissance, mon père a dit
02:09« C'est ta mère qui va te déclarer. »
02:12Et puis moi, tant pis, quoi.
02:15Autrement, j'étais un peu née de père inconnu,
02:18alors que je connaissais très bien mon père.
02:19Vous le connaissez bien.
02:19Et ma mère le connaissait aussi très bien.
02:23Ce qui fait que j'ai vécu, effectivement, pendant à peu près une dizaine,
02:27dix, douze ans, je portais le nom de ma mère.
02:30Et puis la loi a changé.
02:31Et donc, c'était possible d'avoir deux parents
02:36qui n'étaient pas mariés et d'être reconnus par les deux.
02:40Donc, en 72, je crois que j'ai été reconnue par mon père.
02:44Je me suis appelée Bernier à ce moment-là.
02:45Mais en attendant, à l'école, ça n'a pas toujours été ça.
02:48Ben non, parce que ça ne se faisait pas trop.
02:50J'étais un peu la fille du diable, déjà.
02:52Professeur Choron, Raguiri, tout ça.
02:54Bon, c'était pas non plus...
02:55Oui, c'est ça aussi qui jouait.
02:56Ben, ça jouait aussi.
02:57D'avoir des parents pas mariés,
02:59enfin, d'être un petit peu comme ça.
03:01Déjà, une fille un peu dans, je dirais, dans l'originalité,
03:04c'était pas très très bien vu.
03:06Je l'aurais voulu longtemps, d'ailleurs,
03:08parce que ça m'a donné l'idée de dire
03:11pourquoi est-ce qu'on est toujours puni de ses parents, en fait.
03:16Même s'ils n'ont rien fait de mal, en fait.
03:18Mais c'est la réputation où...
03:20J'imagine que pour tous les enfants
03:22qui ne comprennent pas pourquoi on n'aime pas leurs parents
03:24pour telle ou telle raison,
03:26se disent, mais pourquoi c'est moi qui morfle aussi, quoi.
03:29Voilà.
03:29Est-ce qu'il est vrai qu'un jour,
03:30la directrice de l'école a même dit à votre mère
03:32il faudra penser à un métier pour votre fille,
03:34elle est idiote.
03:35Oui.
03:35Vraiment.
03:36Vraiment.
03:37Cette phrase a été dite.
03:38Oui, cette phrase a été dite.
03:40Vous savez, madame, votre fille est bête.
03:41Donc, voilà, repenser à faire quelque chose.
03:44Ma mère a changé d'école, déjà.
03:46Déjà, on a changé d'école.
03:48Et puis, je suis peut-être bête, mais bon, c'est pas grave.
03:50Mais disons que cette espèce de phrase
03:52où ma mère a été tellement choquée
03:56et qu'on parle de sa fille comme ça,
03:59j'ai bien compris qu'on puisse dire
04:02une chose aussi horrible à un parent, quoi.
04:04Donc, voilà, comme quoi,
04:06ils ont bien fait de penser que j'étais pas si bête que ça.
04:07C'est ça.
04:08Et puis, ce métier, finalement, vous l'avez trouvé.
04:11Générique du Petit Théâtre de Bouvard.
04:21Comment vous êtes arrivée là, d'ailleurs ?
04:22Eh bien, à l'époque, j'étais au Café Théâtre.
04:26Je jouais une pièce qui s'appelait
04:27L'amour, c'est quand même un bateau blanc.
04:28D'extrait d'une chanson du groupe Odeur, de l'époque.
04:32D'ailleurs, il y avait Antoine Decaun ce matin
04:34et son très, très copain avec Ramon Pippin.
04:37Enfin, toute cette bande.
04:38Et puis, on trouvait que c'était un peu rigolo.
04:40L'amour, c'est quand même un bateau blanc.
04:42Ça faisait un peu cul-cul, guimauve.
04:44Alors qu'on ne racontait pas des choses du tout comme ça sur scène.
04:47Et donc, à l'époque, traînait comme ça
04:51dans tous les Café Théâtre de Paris
04:52l'idée que Philippe Bouvard cherchait des jeunes comédiens
04:56pour faire des improvisations pour son émission de télévision.
05:01Donc, on était quelques-uns comme ça à se dire
05:03« Bon, on va aller voir ce que c'est. »
05:06Et puis, en fait, Philippe était assis sur sa chaise
05:12devant une petite table dans l'entrée du petit pavillon Gabriel
05:15là où enregistre Michel Drucker, depuis toujours.
05:19Et il avait son assistante et puis son réalisateur
05:22et il le montre à côté de lui.
05:24Et quand on est tous arrivés, il a dit
05:26« Bon, j'ai une demi-heure, donc c'est qui commence ? »
05:32« L'ambiance, l'ambiance. »
05:34Et en plus, on ne savait vraiment pas ce qui nous attendait.
05:40La télévision, ce n'était pas encore ce que c'est aujourd'hui.
05:44Donc, on est arrivés, on s'est dit
05:46« Bon, on va essayer un ské. »
05:47Moi, j'en ai fait deux ou trois, je crois.
05:49Le troisième, il a pris.
05:51Mais voilà, quoi.
05:53Après, je suis restée deux ans et demi.
05:55Ah oui.
05:55Et puis, vous êtes devenue une star dans la rue.
05:58On vous reconnaissait.
05:59Nous, on n'en revenait pas.
06:01Parce qu'en plus, les émissions étaient enregistrées.
06:02Donc, les gens, c'était 19h30, je crois, à l'époque.
06:06Quand on était à 19h30 dans la rue,
06:08j'ai dit « Mais ce que vous faites là ? »
06:09« Dépêchez-vous. »
06:11« Allez, vite, vite, vite, vite. »
06:13Et bien, ce qui était fou, c'est qu'on a atteint des scores,
06:15parce qu'on était dans le livre des records,
06:17des audiences.
06:18À l'époque, on avait fait quasiment 17 millions de téléspectateurs.
06:22Parce que les gens, de tous les bords, de tous les styles,
06:26tout le monde regardait l'émission.
06:27Parce qu'il y avait un côté, effectivement, instantané, improvisé,
06:31qui ne l'était pas.
06:32On était obligé de travailler.
06:33D'essayant énormément.
06:35Et donc, cette espèce de truc,
06:37on prenait une tasse, ça nous faisait un chapeau,
06:39on prenait des cuillères en bois, on faisait des majorettes.
06:41Enfin, je veux dire, c'était comme ça.
06:43Et on ne refaisait jamais les sketchs.
06:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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