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Michèle Bernier
Europe 1
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il y a 1 semaine
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00:00
C'est vrai que vous êtes complètement fan de Clot-Clo, c'est vrai ça ?
00:12
Oui, je l'ai été surtout, très très jeune et ma maman m'avait offert des places à l'Olympia
00:20
et elle ne comprenait pas pourquoi je gesticulais comme ça sur les poutailles.
00:24
Et donc c'était un rythme fou, c'était quelqu'un d'incroyable, moi j'adore tellement danser et chanter en même temps
00:33
et il faisait tout ça très très bien et puis c'est vrai que ça reste quand même, on met ça le soir à une soirée, ça parie même en 2024.
00:43
Et oui, même mes enfants, même les jeunes aiment ça, c'est un truc de fou.
00:47
Mais alors vous allez chanter ça aussi, écoutez.
00:54
Ça signifie, ça signifie, la rue est à nous, que la joie vienne, mais oui, mais oui, l'école est finie.
01:04
À l'âge de 8 ans, vous entrez dans une école privée pour filles, dans le 16e arrondissement de Paris,
01:09
il paraît que vous faites des danses et des tours de chant sur du chéla dans la cour.
01:12
C'est vrai ça ?
01:13
L'école n'était pas privée, elle était publique, mais bon, c'est pas grave.
01:18
Non mais je me suis fait punir pour ça surtout, je chantais chéla dans la cour et la directrice n'aimait pas ça du tout,
01:25
donc j'étais collée tout le temps à cause de ça.
01:28
Donc j'en ai parlé avec chéla.
01:30
C'est là qu'on voit que c'était vraiment une autre époque, parce qu'aujourd'hui un enfant qui chanterait chéla à l'école,
01:33
je pense que ça ne poserait pas énormément de problèmes.
01:36
Il a une mention, je pense.
01:37
Mais surtout il y en aurait peu, je pense, je pense qu'il serait très très peu nombreux.
01:40
Et en même temps, vous dites que vous étiez un petit peu à part à l'école,
01:44
qu'on se méfiait de vous, notamment parce que vous ne portez pas le nom de famille de votre père.
01:48
J'étais très étonné de ça.
01:49
Oui, ce n'était pas très à la mode à l'époque.
01:52
En fait, mes parents ne se sont jamais mariés.
01:55
Et la loi française disait que celui qui déclarait l'enfant
02:00
était considéré comme le père de l'enfant ou la mère de l'enfant,
02:03
et donc avait l'autorité seule.
02:05
Donc à ma naissance, mon père a dit
02:09
« C'est ta mère qui va te déclarer. »
02:12
Et puis moi, tant pis, quoi.
02:15
Autrement, j'étais un peu née de père inconnu,
02:18
alors que je connaissais très bien mon père.
02:19
Vous le connaissez bien.
02:19
Et ma mère le connaissait aussi très bien.
02:23
Ce qui fait que j'ai vécu, effectivement, pendant à peu près une dizaine,
02:27
dix, douze ans, je portais le nom de ma mère.
02:30
Et puis la loi a changé.
02:31
Et donc, c'était possible d'avoir deux parents
02:36
qui n'étaient pas mariés et d'être reconnus par les deux.
02:40
Donc, en 72, je crois que j'ai été reconnue par mon père.
02:44
Je me suis appelée Bernier à ce moment-là.
02:45
Mais en attendant, à l'école, ça n'a pas toujours été ça.
02:48
Ben non, parce que ça ne se faisait pas trop.
02:50
J'étais un peu la fille du diable, déjà.
02:52
Professeur Choron, Raguiri, tout ça.
02:54
Bon, c'était pas non plus...
02:55
Oui, c'est ça aussi qui jouait.
02:56
Ben, ça jouait aussi.
02:57
D'avoir des parents pas mariés,
02:59
enfin, d'être un petit peu comme ça.
03:01
Déjà, une fille un peu dans, je dirais, dans l'originalité,
03:04
c'était pas très très bien vu.
03:06
Je l'aurais voulu longtemps, d'ailleurs,
03:08
parce que ça m'a donné l'idée de dire
03:11
pourquoi est-ce qu'on est toujours puni de ses parents, en fait.
03:16
Même s'ils n'ont rien fait de mal, en fait.
03:18
Mais c'est la réputation où...
03:20
J'imagine que pour tous les enfants
03:22
qui ne comprennent pas pourquoi on n'aime pas leurs parents
03:24
pour telle ou telle raison,
03:26
se disent, mais pourquoi c'est moi qui morfle aussi, quoi.
03:29
Voilà.
03:29
Est-ce qu'il est vrai qu'un jour,
03:30
la directrice de l'école a même dit à votre mère
03:32
il faudra penser à un métier pour votre fille,
03:34
elle est idiote.
03:35
Oui.
03:35
Vraiment.
03:36
Vraiment.
03:37
Cette phrase a été dite.
03:38
Oui, cette phrase a été dite.
03:40
Vous savez, madame, votre fille est bête.
03:41
Donc, voilà, repenser à faire quelque chose.
03:44
Ma mère a changé d'école, déjà.
03:46
Déjà, on a changé d'école.
03:48
Et puis, je suis peut-être bête, mais bon, c'est pas grave.
03:50
Mais disons que cette espèce de phrase
03:52
où ma mère a été tellement choquée
03:56
et qu'on parle de sa fille comme ça,
03:59
j'ai bien compris qu'on puisse dire
04:02
une chose aussi horrible à un parent, quoi.
04:04
Donc, voilà, comme quoi,
04:06
ils ont bien fait de penser que j'étais pas si bête que ça.
04:07
C'est ça.
04:08
Et puis, ce métier, finalement, vous l'avez trouvé.
04:11
Générique du Petit Théâtre de Bouvard.
04:21
Comment vous êtes arrivée là, d'ailleurs ?
04:22
Eh bien, à l'époque, j'étais au Café Théâtre.
04:26
Je jouais une pièce qui s'appelait
04:27
L'amour, c'est quand même un bateau blanc.
04:28
D'extrait d'une chanson du groupe Odeur, de l'époque.
04:32
D'ailleurs, il y avait Antoine Decaun ce matin
04:34
et son très, très copain avec Ramon Pippin.
04:37
Enfin, toute cette bande.
04:38
Et puis, on trouvait que c'était un peu rigolo.
04:40
L'amour, c'est quand même un bateau blanc.
04:42
Ça faisait un peu cul-cul, guimauve.
04:44
Alors qu'on ne racontait pas des choses du tout comme ça sur scène.
04:47
Et donc, à l'époque, traînait comme ça
04:51
dans tous les Café Théâtre de Paris
04:52
l'idée que Philippe Bouvard cherchait des jeunes comédiens
04:56
pour faire des improvisations pour son émission de télévision.
05:01
Donc, on était quelques-uns comme ça à se dire
05:03
« Bon, on va aller voir ce que c'est. »
05:06
Et puis, en fait, Philippe était assis sur sa chaise
05:12
devant une petite table dans l'entrée du petit pavillon Gabriel
05:15
là où enregistre Michel Drucker, depuis toujours.
05:19
Et il avait son assistante et puis son réalisateur
05:22
et il le montre à côté de lui.
05:24
Et quand on est tous arrivés, il a dit
05:26
« Bon, j'ai une demi-heure, donc c'est qui commence ? »
05:32
« L'ambiance, l'ambiance. »
05:34
Et en plus, on ne savait vraiment pas ce qui nous attendait.
05:40
La télévision, ce n'était pas encore ce que c'est aujourd'hui.
05:44
Donc, on est arrivés, on s'est dit
05:46
« Bon, on va essayer un ské. »
05:47
Moi, j'en ai fait deux ou trois, je crois.
05:49
Le troisième, il a pris.
05:51
Mais voilà, quoi.
05:53
Après, je suis restée deux ans et demi.
05:55
Ah oui.
05:55
Et puis, vous êtes devenue une star dans la rue.
05:58
On vous reconnaissait.
05:59
Nous, on n'en revenait pas.
06:01
Parce qu'en plus, les émissions étaient enregistrées.
06:02
Donc, les gens, c'était 19h30, je crois, à l'époque.
06:06
Quand on était à 19h30 dans la rue,
06:08
j'ai dit « Mais ce que vous faites là ? »
06:09
« Dépêchez-vous. »
06:11
« Allez, vite, vite, vite, vite. »
06:13
Et bien, ce qui était fou, c'est qu'on a atteint des scores,
06:15
parce qu'on était dans le livre des records,
06:17
des audiences.
06:18
À l'époque, on avait fait quasiment 17 millions de téléspectateurs.
06:22
Parce que les gens, de tous les bords, de tous les styles,
06:26
tout le monde regardait l'émission.
06:27
Parce qu'il y avait un côté, effectivement, instantané, improvisé,
06:31
qui ne l'était pas.
06:32
On était obligé de travailler.
06:33
D'essayant énormément.
06:35
Et donc, cette espèce de truc,
06:37
on prenait une tasse, ça nous faisait un chapeau,
06:39
on prenait des cuillères en bois, on faisait des majorettes.
06:41
Enfin, je veux dire, c'était comme ça.
06:43
Et on ne refaisait jamais les sketchs.
06:45
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