- il y a 6 semaines
Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie, était l’invité du “Face à Face" de BFMTV/RMC ce lundi 29 décembre.
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00:00Mon invité ce matin, c'est Sébastien Martin. Bonjour Monsieur le Ministre, vous êtes ministre chargé de l'Industrie.
00:05On voulait vous recevoir ce matin parce qu'il y a beaucoup de sujets.
00:07Et fin décembre, c'est le temps des bilans pour l'année qui s'achève, mais aussi le temps des inquiétudes pour celles qui commencent.
00:12On parlera du bilan de l'industrie française pour cette année, de la concurrence féroce de la Chine,
00:17et de cette décision aussi très politique de l'administration Trump de bannir des États-Unis l'ancien commissaire européen français Thierry Breton.
00:23Mais je voudrais d'abord commencer par eux, les 700 salariés de Brandt.
00:27Ces salariés vous regardent sans doute ce matin et attendent des réponses du ministre de l'Industrie.
00:31700 salariés qui ont perdu leur emploi après la liquidation judiciaire de cette marque d'électroménager que tous les Français connaissent.
00:38Un projet de reprise a été annoncé la semaine dernière à un industriel français.
00:42Thomson Computing propose de reprendre 150 emplois sur les 350 salariés de ce site près d'Orléans.
00:49On va aller droit au but ce matin Monsieur le Ministre. Est-ce que l'État soutient cette offre de reprise ?
00:54Alors moi j'ai dit dès le 11 décembre, le jour où le tribunal de Nanterre a décidé de la liquidation de Brandt,
01:01que je ne laissais pas tomber Brandt.
01:04Et vous avez parlé des 700 salariés, moi j'ai une pensée pour effectivement le site d'Orléans,
01:08mais il y a aussi Vendôme, mais il y a aussi Sergy, mais il y a aussi Royer-Malmaison,
01:13où il y a le siège de Brandt. Et donc, ce qui est une bonne nouvelle aujourd'hui,
01:18c'est qu'il y a effectivement des industriels qui s'intéressent à la reprise de Brandt.
01:23Il y a des industriels qui s'intéressent à la reprise de Brandt, notamment une marque d'intérêt
01:27qui a été signifiée pour le site d'Orléans.
01:31Et ça c'est une bonne nouvelle.
01:32Stéphane Français, c'est le patron de Thomson Computing, il dit avoir un schéma qui peut réussir.
01:36Commencer par 150 salariés et sur 5 ans, 250.
01:39Moi je souhaite la réussite de la reprise de Brandt.
01:43Je souhaite absolument qu'on arrive à trouver les bonnes personnes,
01:47là ou les bonnes personnes, qui seront prêtes à investir
01:50et qui auront la solidité financière notamment, pour porter la reprise de Brandt.
01:57Maintenant il y a une procédure.
01:58Il ne faut pas oublier que tout ça s'inscrit dans un cadre légal,
02:01puisque l'entreprise a été liquidée, il y a eu une liquidation judiciaire.
02:06Et aujourd'hui, l'entreprise est administrée par un administrateur judiciaire.
02:11Donc il y a une procédure à suivre.
02:13L'administrateur judiciaire va lancer ce qu'on appelle un appel d'offres,
02:15tout début janvier.
02:16Quand ? Quelle date ?
02:17Tout début janvier, dans les premiers jours de janvier,
02:19je pense que la semaine du 4 ou 5 janvier,
02:21enfin il est indépendant cet administrateur,
02:24ce n'est pas moi qui lui donne l'ordre de lancer cet appel d'offres.
02:27Parce que quand il y a possibilité d'avoir une reprise d'entreprise,
02:31on doit lancer un appel d'offres pour avoir les offres les meilleures possibles.
02:34C'est qu'à la fin, le tribunal, et à la fin, c'est le tribunal,
02:37mais normalement tout ça va assez vite,
02:39ça doit aller d'ici la fin du mois de janvier,
02:41à la fin, c'est le tribunal qui statue sur l'offre.
02:43Ce n'est pas le ministre, ce n'est pas l'entrepreneur,
02:46c'est le tribunal qui statue.
02:47À vous entendre, ce n'est pas encore la bonne personne.
02:49Vous êtes prudent quand même sur cet offre de reprise.
02:52Je ne sais pas.
02:53Moi, j'ai eu l'occasion de rencontrer cette personne
02:56qui m'a présenté dans les grandes lignes son projet.
02:59Maintenant, il faut qu'il l'affine.
03:01Ça vous a semblé viable, crédible ?
03:02Un des sujets qui est important pour moi,
03:06c'est que dans ce projet de reprise,
03:08d'abord, un, il faut qu'il y ait un projet industriel solide,
03:12et ça, c'est à l'entrepreneur d'en faire la démonstration,
03:15et également que celui-ci soit accompagné par des fonds privés.
03:19Je pense que ce qui a fait sans doute un peu la force
03:22et la faiblesse, si vous voulez, dans le projet de Scope,
03:24c'est qu'effectivement, avec les élus locaux,
03:27projet de coopérative, qui a échoué le 11 décembre.
03:31Et il manquait quelques millions d'euros,
03:34dit le maire d'Orléans, 4 ou 5 ?
03:35Ce n'est pas aussi simple que ça,
03:37parce que finalement, on avait réussi à avoir à peu près 30 millions d'euros.
03:41Mais il y avait plus d'argent public que d'argent privé dans cette opération.
03:46Les banques ?
03:46Non, je ne sais pas, je pense que ce qui a manqué,
03:49c'était sans doute d'avoir du temps.
03:50Et j'ai dit dès le 11 décembre,
03:53qu'il s'agissait cette fois-ci de prendre le temps de monter le dossier le meilleur,
03:57pour que la justice, parce qu'à la fin, une fois encore,
04:00c'est la justice qui tranche,
04:01qu'à la fin, la justice, au regard d'un dossier qui est solide,
04:05d'un dossier qui a un projet industriel,
04:07d'un dossier aussi qui reprend des personnels,
04:10et je pense à tous les sites,
04:12parce qu'on ne peut pas abandonner les sites,
04:13moi, j'ai une pensée pour tous les sites,
04:15qu'on ait le meilleur projet,
04:17avec la plus grande pérennité,
04:19et avec un apport en capital,
04:21au capital de l'entreprise,
04:22il soit un apport essentiellement privé,
04:24parce que s'il n'y a que du public, ça ne fonctionnera pas.
04:26Est-ce que l'État peut garantir aujourd'hui qu'aucun emploi ne sera perdu ?
04:29On parle de 700 salariés.
04:31Non, l'État ne peut pas...
04:32Moi, je ne suis pas là pour vendre du rêve.
04:34Je pense que s'il y a un projet qui redémarre,
04:38il redémarrera,
04:39et d'ailleurs le projet de Scope
04:40était un projet qui prévoyait de redémarrer
04:43à peu près avec la moitié des effectifs.
04:44Donc, s'il y a un projet qui redémarre,
04:47je ne pense pas qu'il redémarrera
04:48avec les 700 salariés.
04:50Mais une fois encore,
04:51prenons juste les quelques jours de début janvier
04:54pour pouvoir analyser les offres,
04:56que le mandataire judiciaire analyse les offres,
04:58que le tribunal ensuite tranche.
04:59Mais le maire d'Orléans dit
05:00soit on relance très vite,
05:01soit on n'y arrivera pas.
05:02Et les salariés aussi disent ça.
05:04Est-ce que vous êtes du même avis ?
05:05Écoutez, très vite, ça veut dire quoi ?
05:07Est-ce que, très honnêtement...
05:08Pour ne pas perdre des clients,
05:10pour ne pas perdre le cœur de l'emploi ?
05:11Prendre les quelques jours de début janvier...
05:13D'abord, c'est la loi.
05:15La loi dit que le mandataire,
05:18afin d'avoir un dialogue
05:21avec des offres les plus compétitives
05:23et surtout les plus solides,
05:25lance un appel d'offres.
05:26Donc, il faut laisser le mandataire
05:27lancer cet appel d'offres.
05:29Ça va être fait début janvier.
05:31Et dans les jours qui suivront,
05:33elles seront analysées, ces offres.
05:34Et ensuite, la meilleure sera retenue.
05:36Et si c'est celle qui est proposée
05:38par M. Français, c'est parfait.
05:40Moi, je veux juste que...
05:41Mais c'est acceptable, une offre
05:42qui supprime plus d'emplois qu'il n'en sauve ?
05:45Moi, un, je pense qu'il y a la question
05:46effectivement de l'emploi.
05:47Donc, ce n'est pas acceptable ?
05:48Non, je n'ai pas dit que ce n'était pas acceptable.
05:51J'ai dit que les offres seront analysées
05:52au regard de l'emploi,
05:54de la pérennité industrielle
05:56et de la solidité financière.
05:57Mais ce travail, ce n'est pas le ministre
05:58qui le fait, une fois encore.
06:00Mais l'État peut impulser, orienter.
06:02L'État pourra soutenir les projets.
06:04Et ça, j'ai toujours dit que l'État
06:05serait aux côtés des projets.
06:07Mais c'est aux mandataires d'analyser
06:09et à la justice de trancher.
06:10Je crois à l'État de droit.
06:12Et dans notre pays, il faut qu'il soit respecté.
06:13Quel horizon vous fixez
06:14pour une reprise finalisée ?
06:16Pour donner un peu de visibilité
06:17aux salariés qui attendent une réponse ?
06:19Très honnêtement, je vous le dis,
06:21cet appel d'offres va être lancé début janvier.
06:23Et dans les semaines qui vont suivre,
06:24je pense fin janvier ou plus tard
06:27ou début février,
06:28le tribunal se prononcera.
06:29Mais le tribunal est souverain.
06:30Ce n'est pas moi qui lui donne des ordres.
06:31On est dans un pays où il y a séparation des pouvoirs.
06:34Donc, laissons à la justice faire son travail.
06:36D'un mot, est-ce que vous allez réunir
06:37tous les acteurs locaux prochainement
06:39au début du mois de janvier, par exemple ?
06:41Je passe mon temps à ça.
06:41Je n'ai pas attendu de nouvelles offres
06:44pour avoir des échanges avec l'ensemble
06:46des élus locaux,
06:47le président de la région,
06:48les présidents des intercommunalités
06:49de Vendôme ou d'Orléans,
06:52des parlementaires.
06:53Je passe mon temps à ça.
06:54C'est un sujet extrêmement important pour moi
06:57parce que je me suis rendu sur place à Orléans.
06:59J'ai discuté avec les gens.
07:00Je crois qu'il y a un savoir-faire là-bas chez Brandt.
07:03Maintenant, il faut que la justice puisse analyser
07:05les dossiers le plus sereinement possible.
07:08Sébastien Martin,
07:08nombre de vos collègues du gouvernement
07:10ont alerté ces derniers jours
07:11des conséquences sur leur secteur
07:13de l'absence du budget pour 2026.
07:15Une loi spéciale, d'ailleurs,
07:16a été promulguée ces derniers jours.
07:18Quelles conséquences très concrètes
07:20sur l'industrie
07:21posent l'absence de budget pour l'instant ?
07:23On vient de parler de Brandt à l'instant.
07:25Pour pouvoir accompagner le projet Brandt
07:29par un soutien public,
07:32par exemple, il faut qu'il y ait un budget.
07:34S'il n'y a pas de budget,
07:35je ne peux pas engager des fonds nouveaux
07:38en 2026 pour accompagner
07:40un projet de reprise comme celui-là.
07:43Je peux en prendre un autre.
07:44J'étais il n'y a pas longtemps
07:45à côté de Grenoble,
07:47Vancorex, vous savez,
07:48cette très grande plateforme chimique
07:49qui a été liquidée il y a un peu plus d'un an.
07:53Et aujourd'hui, il y a un vrai projet sérieux
07:55de reprise sur Vancorex,
07:57de remise en route d'activité sur Vancorex.
08:00Donc, pas de budget, on n'avance pas.
08:01Pas de budget, ça veut dire quoi ?
08:03Ça veut dire que,
08:04quand on est sous le régime de la loi spéciale,
08:05ce sont les dépenses courantes
08:06et pas des nouvelles dépenses à engager.
08:09Je ne peux pas engager de nouvelles dépenses.
08:12Je peux payer les salaires,
08:13je peux avoir des aides d'urgence
08:14pour les agriculteurs,
08:16mais je ne peux pas engager de nouvelles dépenses.
08:18Ça, c'est une conséquence directe
08:20de l'absence de budget voté avant la fin de l'année.
08:22Et ça met combien d'usines, par exemple,
08:24ou combien de chantiers industriels en danger ?
08:26Non, mais ne disons pas que ça met en danger.
08:29Il ne faut pas non plus,
08:30vous savez, les prophéties autoréalisatrices,
08:32il faut faire attention à ça.
08:33Par contre, ça crée un climat d'instabilité,
08:36de doute dans les investissements.
08:39Lorsque vous n'avez pas de budget,
08:40lorsque vous ne savez pas
08:41quelles sont les règles
08:42qui vont être fixées pour l'année à venir,
08:44eh bien, quand vous allez décider ou non
08:46de faire un investissement dans votre industrie,
08:49dans votre usine,
08:50vous vous dites,
08:51je vais peut-être entendre encore un petit peu
08:52pour connaître les règles exactes
08:54avant de le faire.
08:55Et tout ça, à chaque fois,
08:56ce sont des petits points de croissance.
08:57Vous avez vu,
08:58le gouverneur de la Banque de France
08:59a indiqué que cette situation
09:02faisait perdre 0,2 points de croissance à la France.
09:06Ça a été le cas l'an dernier.
09:07Ça peut être encore le cas cette année.
09:09Si les parlementaires ne se mettent pas d'accord
09:10très rapidement,
09:11et je crois que c'est le souhait du gouvernement
09:12que les parlementaires se mettent d'accord
09:13très rapidement.
09:14Sébastien Martin-Brandt,
09:15c'est aussi pour beaucoup un symbole de plus
09:17de la désindustrialisation.
09:19Au premier semestre 2025,
09:20les fermetures d'usines
09:22ont été deux fois plus nombreuses
09:23que les ouvertures.
09:25Est-ce que cette tendance
09:26s'est confirmée sur toute l'année 2025 ?
09:28Alors, sur toute l'année 2025,
09:30je ne peux pas vous donner les chiffres
09:31puisqu'ils seront établis
09:32une fois que l'année 2025 sera terminée.
09:35Et autour du printemps 2026,
09:38nous aurons ces chiffres.
09:39Par contre,
09:40ce qui serait intéressant,
09:41c'est d'avoir des chiffres assez exhaustifs
09:43dans ce que vous venez de dire.
09:44Vous parlez évidemment des extensions d'usines.
09:46Ah oui, mais c'est très important.
09:47Vous savez pourquoi je vous donne cet exemple-là ?
09:49Pourquoi c'est important ?
09:50Quand vous avez une entreprise,
09:51chez moi, à Châlons-sur-Saône,
09:52j'ai une belle entreprise qui s'appelle Framatome.
09:54Parce qu'on parle souvent des entreprises
09:55qui ne vont pas bien,
09:56mais il y a aussi des entreprises qui vont bien.
09:58Framatome, aujourd'hui,
10:00double la taille de son usine,
10:03construit plus de 20 000 m² de bâtiments
10:05et recrute 200 personnes.
10:07Est-ce que vous ne croyez pas
10:09que ça compte autant, éventuellement,
10:12qu'une ou deux ou trois entreprises ?
10:14Il y a évidemment des bonnes nouvelles,
10:14évidemment.
10:15Mais la tendance est quand même dans le rouge.
10:17Je vous ressors juste les chiffres,
10:19M. le ministre.
10:19que fait le gouvernement
10:20à travers son baromètre,
10:22parce que le baromètre
10:23est le seul outil
10:24qui soit autonome et exhaustif.
10:27Nous avons toujours compté
10:28aussi les ouvertures de sites.
10:29Et je crois que c'est important
10:30au regard de l'exemple
10:31que je viens de vous donner.
10:32Maintenant,
10:32je ne suis pas là pour me voiler la face.
10:34La réindustrialisation,
10:35c'est aussi des ouvertures nettes.
10:38Vous avez raison.
10:39C'est ça, la réindustrialisation.
10:40Et c'était l'obsession,
10:41d'ailleurs, d'Emmanuel Macron
10:41qui, lorsqu'il vantait aussi son bilan,
10:44parlait surtout des ouvertures nettes
10:46et du solde positif.
10:47Il y a eu une dynamique
10:47qui était bonne entre 2017 et 2024.
10:50Ça, c'est assez.
10:51Elle est cassée, cette dynamique.
10:53Je pense que,
10:53si on veut être un petit peu objectif,
10:55qu'est-ce qui s'est passé
10:55entre 2018 et 2024 ?
10:57Entre 2018 et 2024,
10:59on a recréé un peu plus
11:00de 180 000 emplois industriels.
11:02Ce n'était pas arrivé
11:03depuis les chocs pétroliers
11:05des années 70.
11:07Dans la décennie précédente,
11:09on avait détruit
11:09plus d'un million
11:11d'emplois industriels.
11:12On a arrêté ça.
11:14Et ça, je crois qu'il faut le reconnaître.
11:15Il faut le mettre sur la table.
11:17On a arrêté ce phénomène
11:18de désindustrialisation.
11:19Maintenant,
11:19qu'est-ce qui se passe
11:20depuis un an et demi ?
11:21Parce qu'on ne vit pas
11:22dans un monde à part
11:24où la France serait isolée.
11:25Je vous rappelle que l'Allemagne
11:26connaît de grosses difficultés économiques.
11:29L'Allemagne,
11:30depuis le Covid,
11:31n'a pratiquement jamais eu
11:33une année de croissance.
11:34Là, on va finir 2025
11:35avec 0,1 ou 0,2.
11:38Précédé de deux années
11:40de récession économique.
11:41Nous, nous n'avons jamais eu
11:42de récession économique.
11:44L'Allemagne,
11:45c'est plus de 200 000 emplois industriels
11:47détruits ces dernières années.
11:49Donc, on est dans un monde,
11:50aujourd'hui,
11:51qui est en mouvement.
11:52Et particulièrement depuis 2024.
11:54Qu'est-ce qui s'est passé ?
11:55Parce que je pense
11:56qu'il faut prendre deux minutes.
11:57la Chine a construit
11:59ces dernières années
12:00un outil industriel énorme.
12:02Je ne parle pas de Chine,
12:03je parle de la Chine,
12:03mais c'est Chine aussi.
12:04Énorme, gros comme ça.
12:06Son marché intérieur s'est réduit.
12:08On n'a plus que ça.
12:09Et les États-Unis,
12:10depuis l'arrivée de M. Trump,
12:11se sont fermés.
12:12On n'a plus que ça.
12:14Résultat,
12:14la Chine a des surcapacités industrielles
12:16qui, aujourd'hui,
12:17arrivent en Europe.
12:18Et c'est pour ça
12:18que la France défend aujourd'hui
12:19l'idée de préférence européenne
12:20et de mesures
12:21pour protéger notre industrie.
12:22Je vais vous citer
12:23ce que dit notamment
12:23le patron de la BPI,
12:24la Banque Publique d'Investissement.
12:26Il dit ceci.
12:27Le tsunami chinois
12:28détruira
12:29toutes les PME industrielles
12:31de la Pologne
12:31à la Bretagne.
12:33Est-ce qu'il a raison
12:33sur ce constat ?
12:35Il pose un constat
12:37que je partage
12:38qui est l'idée de dire
12:40que,
12:40et je l'ai dit à l'instant,
12:42depuis un an et demi,
12:44le monde a vraiment changé.
12:46La croissance chinoise
12:48est au ralenti.
12:49Donc,
12:49leur marché intérieur
12:50n'aspire plus
12:52une grosse partie
12:52de leur production.
12:54Les Etats-Unis
12:54se sont refermés.
12:56Donc,
12:56les Etats-Unis,
12:57pareil,
12:58n'aspire plus
12:58une partie
12:59de la production chinoise.
13:00Donc,
13:01vous avez aujourd'hui,
13:01par exemple,
13:02sur l'acier,
13:03l'équivalent de 5 fois
13:04le marché européen
13:06d'acier
13:06qui est produit
13:08en surcapacité asiatique
13:10et qui se déverse
13:11chez nous.
13:11Il y a des mesures
13:12qui vont être prises
13:13puisque l'Europe
13:14a annoncé
13:14des clauses de sauvegarde,
13:15c'est-à-dire
13:15des taxes douanières
13:17beaucoup plus importantes
13:19à l'entrée d'acier
13:19sur le marché européen.
13:20Est-ce qu'il faut
13:21encore les augmenter ?
13:22Oui,
13:22elles seront suffisantes
13:23tout simplement
13:23parce qu'elles vont
13:24ramener l'acier chinois
13:25au prix de l'acier
13:26qui est produit en Europe.
13:27Donc,
13:27il faut plus de mesures
13:28de protection.
13:30Il faut des règles d'équité.
13:32Mais face à des prédateurs,
13:33est-ce que des règles d'équité
13:34suffisent ?
13:35Il ne faut pas montrer les crocs.
13:36Des règles d'équité,
13:37c'est quand vous mettez
13:38en place à l'entrée
13:39sur le pays
13:40des règles et des taxes
13:42qui vous ramènent
13:42au même prix
13:43que ce que vous êtes capable
13:44de produire en Europe.
13:46Et peut-être
13:46qu'il faudra aller plus loin.
13:47Je pense qu'on va parler
13:48de Chine,
13:49par exemple.
13:50Eh bien,
13:51aujourd'hui,
13:51vous avez vu,
13:52il y a ces taxes
13:52sur les petits colis.
13:54Mais déjà,
13:54Chine veut les contourner
13:55en construisant
13:56un hub en Pologne.
13:59Il faut qu'on aille plus loin
14:00sur la responsabilité
14:02du producteur.
14:02Mais il y a des solutions
14:03pour essayer ?
14:03Oui,
14:03il y a des solutions.
14:04Il y a des solutions.
14:06Vous savez qu'au Parlement,
14:08en ce moment,
14:08il y a la discussion
14:09d'une proposition de loi
14:11sur la fast fashion
14:13qui a été déposée
14:14par la députée
14:15Anne-Cécile Violent
14:16et par Antoine Vermorel
14:19qui a rajouté
14:19un amendement
14:20sur le sujet
14:20pour accroître
14:21la participation
14:22de ces entreprises
14:23de la fast fashion.
14:24C'est très simple.
14:25En fait,
14:25ça veut dire quoi ?
14:26Vous ne respectez pas
14:26nos règles.
14:27Vous ne respectez pas
14:28nos règles,
14:28notamment environnementales.
14:30Vous avez des produits
14:31qui sont utilisés
14:32quelques semaines,
14:33quelques jours
14:33et qui ensuite
14:34partent à la poubelle.
14:35Eh bien,
14:35vous avez une contribution
14:37au fait que vous ne respectez
14:40pas nos règles.
14:41Cette loi,
14:41elle est au débat ou pas ?
14:42Ah bah écoutez,
14:43je ne sais pas
14:43si ça va faire peur
14:44à la Chine.
14:45Mais en tout cas,
14:45ça va poser
14:46de sacrés problèmes
14:47au modèle économique
14:48Chine du tout jetable.
14:50Parce que moi,
14:51vous savez,
14:51quand on parle de ça,
14:52je me balade,
14:53je vais dans des villes
14:54en France
14:55et qu'est-ce qu'on voit ?
14:56On voit des vitrines
14:57de commerce qui souffrent.
14:59C'est ça la réalité
15:00aujourd'hui
15:00par une concurrence déloyale
15:02venant de la Chine
15:03et donc moi,
15:03je suis là aussi
15:04en tant que membre
15:05du gouvernement
15:05pour penser à l'aménagement
15:06de notre territoire
15:07et à se dire
15:08que les centres-villes,
15:09c'est quand même mieux
15:09avec des commerces
15:10qu'avec des casiers
15:11pour récupérer
15:12des produits Chine.
15:12Sébastien Martin,
15:13le rapport de force
15:14avec la Chine,
15:15on en parlait,
15:15il en est aussi question
15:16directement avec les Etats-Unis.
15:18Les Etats-Unis ont décidé
15:19d'interdire l'entrée
15:21sur leur territoire
15:22à Thierry Breton,
15:22ancien commissaire européen,
15:23par ailleurs ancien ministre
15:24de l'économie
15:25et de l'industrie.
15:26Les Etats-Unis ont justifié
15:27notamment son bannissement
15:28en l'accusant de censure
15:30pour son engagement
15:31dans les efforts
15:32de régulation
15:32des plateformes numériques
15:33américaines.
15:34Emmanuel Macron
15:35a condamné fermement,
15:36Ursula von der Leyen
15:37a condamné fermement,
15:38Jean-Noël Barrault
15:39a condamné,
15:39vous avez condamné,
15:40à part condamné,
15:41on fait quoi ?
15:42D'abord,
15:43c'est tout simplement
15:43inacceptable
15:44parce que ce n'est pas
15:44depuis Washington
15:45que l'on décide
15:46des réglementations
15:47que l'on met en place
15:47en Europe.
15:48Mais au-delà
15:48des protestations diplomatiques.
15:49Et puis,
15:50écoutez certains
15:51qui choisissent
15:51les journalistes
15:52dans leurs conférences
15:53de presse
15:53nous parler de censure,
15:54excusez-moi,
15:55mais ça fait quand même
15:55un petit peu rigoler.
15:58Comment réagir ?
15:59D'abord,
15:59il y a eu une première réaction
16:01qui a été de la part de...
16:02Vous savez,
16:03la diplomatie,
16:04c'est en général
16:04assez gradué.
16:06Donc,
16:06il y a eu une première réaction
16:06qui a été de demander
16:07des explications précises
16:09aux Etats-Unis
16:11sur les raisons
16:11qui les emmènent
16:12à prendre ces décisions.
16:13Il faut des mesures
16:14de réciprocité.
16:15Nathalie Oiseau dit
16:16qu'il faut interdire
16:17l'entrée du territoire européen
16:18au secrétaire d'État
16:20de la santé, par exemple.
16:20Il peut y avoir
16:21des mesures de réciprocité.
16:22De la même manière,
16:24certains pays
16:24peuvent décider
16:25que nous ne donnerons plus
16:27de visa
16:28à certaines personnalités
16:29américaines,
16:31par exemple.
16:31Aux géants de la tech,
16:32par exemple.
16:32Vous savez,
16:32je pense qu'on est
16:33dans ce cas-là.
16:35Sur l'illustration
16:36de ce qui s'apparente
16:38certes peut-être
16:39à une forme
16:39de combat économique
16:41parce que quelque part
16:42derrière,
16:43c'est pour maintenir
16:44pour les GAFAM
16:45leur possibilité
16:46de faire absolument
16:47ce qu'ils veulent.
16:47Mais je crois qu'il y a aussi
16:48un combat un peu idéologique
16:49de la part d'une partie
16:50de la classe politique américaine.
16:51Mais cette absence de réaction,
16:52ça ne montre pas
16:53la faiblesse de l'Europe ?
16:54Il n'y a pas d'absence
16:54de réaction
16:55puisqu'il y a déjà
16:56le premier niveau
16:57de réaction.
16:58Mais après,
16:58on peut aller très loin.
16:59Ça peut aller jusqu'aux
17:00mesures anti-coercition
17:01qui, là,
17:02permettent de prendre
17:02des mesures extrêmement rudes
17:03et extrêmement difficiles
17:05face à certaines productions
17:06notamment américaines.
17:09Donc, je pense
17:09qu'il n'y a pas d'absence
17:10de réaction.
17:11Mais demandez
17:12à ces plateformes
17:13tout simplement
17:13qu'elles respectent
17:14les mêmes règles que vous.
17:15Parce que vous,
17:16qu'est-ce qui se passe ?
17:16Si moi, sur votre antenne,
17:18je dis des choses
17:18absolument illégales,
17:19vous serez condamné.
17:20Eh bien, ces plateformes,
17:22elles doivent aussi
17:22respecter des règles.
17:23Et on suivra évidemment
17:24la réaction de l'Europe
17:25qui se fait attendre.
17:26Merci beaucoup,
17:27monsieur le ministre.
17:27Merci.
17:27Merci.
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