00:00En direct avec Marguerite Dorvillien.
00:03Merci d'être avec nous, chère Marguerite.
00:05Si les auditeurs ne se souviennent pas de votre prénom,
00:10je suis certain qu'ils se souviennent de votre acte de bravoure.
00:13C'était il y a quelques semaines, dans un RER.
00:16Une jeune femme touriste brésilienne est agressée sexuellement
00:21par un individu en situation irrégulière.
00:25Et vous avez eu le courage d'intervenir
00:27et vous avez sauvé cette jeune femme.
00:31Vous l'avez sauvée du pire, même si elle était bien évidemment traumatisée.
00:35Vous avez été décorée par la région, si mes souvenirs sont bons.
00:39Je crois que vous avez reçu également l'ordre du mérite.
00:43Marguerite, bonjour, merci d'être en direct avec nous.
00:46Bonjour, merci d'avoir convié à ce moment.
00:49Alors Marguerite, pardonnez-moi de vous déranger,
00:51mais malheureusement la connexion est très complexe.
00:54On va essayer de vous rappeler.
00:56Vous m'entendez ou pas, Marguerite ?
00:58Moi, je vous entends très bien.
00:59Ah là, je vous entends un tout petit peu mieux.
01:01Merci.
01:02D'accord.
01:02Comment allez-vous, chère Marguerite ?
01:04Ben, ça va.
01:06Je suis triste des nouvelles, parce que je suivis aussi l'actualité.
01:09Donc, j'ai l'impression que les choses ne s'arrangent pas du tout.
01:12Et cette tristesse, on la partage, si vous voulez, c'est une histoire sans fin.
01:20Effectivement, les semaines passent et les faits de société se ressemblent.
01:26C'est-à-dire que vous, vous avez permis et vous avez sauvé une jeune femme dans le RER,
01:33sauvé du pire et d'une agression sexuelle.
01:36Là, ce sont trois femmes, trois innocentes qui ont été attaquées au couteau
01:40par un individu qui est suspecté d'avoir commis ces faits-là,
01:45qui est présumé innocent, mais qui avait été condamné pour agression sexuelle.
01:48L'insécurité dans les transports en commun, chère Marguerite,
01:53aujourd'hui, vous avez l'impression que c'est un sujet qui a été complètement balayé
01:57par certains responsables politiques.
02:00Ben, c'est surtout qu'on en parle, mais il n'y a pas beaucoup d'action.
02:04Je pense qu'il y a des sujets où il faut agir rapidement.
02:07Et malheureusement, c'est souvent les mêmes cas des personnes déjà arrêtées,
02:13qui sont déjà connues de la police, du système judiciaire,
02:20qui sont relâchées.
02:21Et à chaque fois qu'ils sont relâchées, ils vont de mal en pire.
02:25Donc là, je pense qu'il faut vraiment trouver une solution rapidement
02:29parce que là, je pense que les discours ou les promesses,
02:34je pense que la France est vraiment dans une période de crise
02:39et l'action doit être menée rapidement
02:42parce qu'à partir du moment que quelqu'un met le pied dehors,
02:45il devient une cible potentielle pour toutes ces personnes
02:49qui n'ont rien à faire, justement, en liberté.
02:54Marguerite, si mes souvenirs sont bons, vous êtes directrice d'école ?
02:58Oui, c'est ça. Je suis directrice de quatre établissements,
03:01de la maternelle jusqu'au lycée.
03:03Et cette insécurité, d'ailleurs, est-ce que parfois les enfants vous en parlent ?
03:07Est-ce qu'ils disent « Marguerite, j'ai peur » ?
03:11Ou les parents, peut-être, échangent avec vous ?
03:14Les collégiens, les lycéens, ils rentrent souvent seuls.
03:19Chez eux, il n'y a pas les parents qui viennent les chercher.
03:21Est-ce que c'est des sujets que vous abordez à l'école ?
03:25En fait, je pense que c'est les parents qui ont plus peur aujourd'hui que les élèves,
03:30parce que les élèves, j'ai l'impression qu'ils vivent dans un monde de violence perpétuelle.
03:35Donc, ils minimisent énormément la souffrance, la mort.
03:39Ils ont plus ce même lien que l'on avait avec les agressions,
03:45parce que c'est un petit peu les quotidiens.
03:47Aujourd'hui, on voit dans les films que c'est les braqueurs de banque, les héros.
03:51On voit souvent que c'est les criminels qui sont les héros.
03:56Dès qu'il se passe quelque chose, on appelle à la vengeance.
04:00C'est celui qui se venge, qui tue beaucoup plus de personnes.
04:03C'est lui le héros du film.
04:04Donc, ils baignent dans une violence constante,
04:09qui fait qu'ils ont du mal à faire la différence entre la réalité et les films,
04:16voire même les dessins animés, dans le même rythme de ces violences.
04:20Donc, les parents, eux, sont inquiets.
04:22Mais je ne sens pas cette inquiétude envers les collégiens.
04:26Parce que pour eux, des fois, ils rigolent et c'est triste.
04:31Parce que j'ai l'impression qu'ils sont vraiment dans un monde virtuel.
04:35Et on a du mal, des fois, à leur faire comprendre que c'est la réalité.
04:39En fait, la mort n'est pas un jeu.
04:41Et c'est important de retrouver, justement, cette part de rationalité.
04:45Et quand on parle de la transmission, de l'éducation, de l'enseignement,
04:49là aussi, c'est par l'école qu'on peut retrouver certains principes.
04:53L'éducation, elle se fait à la maison.
04:56Et l'enseignement, l'instruction se fait, bien sûr, à l'école.
04:59Et l'enseignement, elle se fait à la maison.