- il y a 2 semaines
Cette semaine, Stéphanie Gicquel est l'invitée de La victoire est en elles. L'athlète française, ultrafondeuse reconnue mondialement, continue de repousser ses limites. En 2025, elle a notamment explosé son record de 19 minutes sur le 100km de Millau. Elle a également amélioré son record de France des 24H sur piste, en Arizona. Désormais, elle espère battre le record du monde des 24H sur route.
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SportTranscription
00:00Bonjour, bienvenue dans la Victoire est en aile, l'émission consacrée au sport féminin.
00:22Aujourd'hui, je reçois une femme qui repousse les limites aussi bien physiques que mentales.
00:26Elle est aventurière, ultra-marathonienne, conférencière et ancienne avocate d'affaires.
00:32J'ai la chance d'être avec Stéphanie Gickel.
00:35Salut Stéphanie.
00:35Bonjour.
00:36Alors franchement, je pense que s'il y avait une personne à choisir qui représente au mieux cette émission, ce serait toi.
00:43Tu es une femme de défi, une femme de record.
00:45Alors avant de revenir un peu en détail sur tout ton parcours qui est absolument incroyable,
00:50moi j'ai quand même une question, comment est-ce que tu fais pour rester motivée ?
00:53Qu'est-ce qui t'anime pour continuer ?
00:55Je suis passionnée par la vie, donc je continue parce que j'ai écouté cette petite voix intérieure
01:01qui me disait qu'en ce moment c'est l'endurance que j'aime.
01:04Et donc je suis allée vers ce qui me fait vibrer, les courses sur ultra-distance, les expéditions.
01:10Et je crois que c'est ce qui permet de durer parce que quand on aime ce que l'on fait au quotidien,
01:13même si parfois c'est difficile, on a envie de continuer.
01:17Quand les obstacles sont là, on a quand même envie de les contourner pour continuer.
01:20Alors pour ceux qui ne te connaîtraient pas, tu as 43 ans, tu es une ancienne avocate d'affaires
01:26et tu es depuis plusieurs années spécialiste de course d'ultra-fonds mais aussi de défis en tout genre.
01:32D'ailleurs on va jeter un petit coup d'œil à ton palmarès pour se rendre compte tout de suite de toutes tes performances.
01:37Quand tu regardes ce que tu as accompli déjà, tu dois avoir un sentiment de fierté immense.
01:44Je ressens un sentiment de plénitude surtout, d'accomplissement, parce que je suis en chemin vers ce qui me fait vibrer.
01:52Après je reconnais effectivement que j'ai accompli pas mal de choses, j'ai atteint beaucoup d'objectifs que je m'étais fixé.
02:00Il y a eu aussi beaucoup d'échecs, mais c'est justement parce qu'il y a eu ces échecs aussi que je ressens beaucoup de plénitude,
02:05parce que le chemin n'a pas toujours été évident.
02:07Mais c'est vrai qu'après avoir parcouru l'Antarctique sur 2045 kilomètres ou bien amélioré deux records de France d'athlétisme,
02:15alors que j'avais été accidentée puisque j'avais eu une fracture de la rotule après avoir été renversée par une trottinette,
02:23j'ai quand même continué et j'ai amélioré deux records de France d'athlétisme dans ma discipline.
02:27Et c'est vrai que du coup, me dire que j'ai continué alors que parfois tout allait mal, je suis évidemment contente d'avoir continué et d'avoir poursuivi.
02:35Quand tu parles d'échecs, par exemple, cet accident, ça fait un peu partie de ça, des choses qui t'ont permis de revenir encore plus forte ?
02:41Clairement, en fait, ce que j'ai ressenti, c'était une forme de rage intérieure, vraiment de très grande niaque.
02:46Et je pense que ce sont des choses que l'on peut ressentir que quand le point de départ est vraiment loin du point d'arrivée.
02:52C'est-à-dire que j'ai la sensation que quand tout est facilement accessible, au final, on se lasse et on a envie de partir ailleurs.
03:00Mais quand le chemin est très long, il y a beaucoup de choses qui vous résistent, en fait, vous avez envie d'y rester parce que vous n'avez pas envie,
03:05que l'obstacle gagne et vous avez choisi ce destin, vous avez choisi ce chemin.
03:10Donc, coûte que coûte, vous irez et vous surmonterez les obstacles.
03:14Et c'est vrai que, oui, la fracture de la rotule, les chirurgiens me disaient que je ne pourrais plus jamais recourir,
03:19que c'était terminé, surtout en ultra-distance, en particulier si le cartilage est touché.
03:26J'ai eu plusieurs mois d'immobilisation, plusieurs mois de rééducation.
03:30Et après cet accident, dans l'année qui a suivi, j'ai couru cinq courses de 100 km et d'ultra à niveau international.
03:39Donc, cinq courses en onze mois, ce qui n'avait jamais été fait dans l'athlétisme français.
03:45Est-ce qu'il y a un moment clé, justement, dans ta carrière qui t'a poussé à arrêter ta carrière professionnelle d'avocate d'affaires
03:50pour devenir et te concentrer, du coup, sur le fond et dans le domaine sportif ?
03:56En fait, j'ai toujours voulu voyager, j'ai toujours voulu faire des activités physiques.
04:03Et c'est vrai que j'ai choisi le métier d'avocate, à un moment donné, pour financer mes emprunts d'étudiante,
04:09mais aussi pour découvrir le monde économique, parce que je sentais bien que j'avais besoin aussi
04:13de comprendre le fonctionnement de la société, le fonctionnement aussi du monde économique
04:18pour pouvoir financer mes propres projets et devenir entrepreneur.
04:22Et aussi parce que j'ai aimé le droit, en fait, dès que je rencontre une activité,
04:27en général, je suis très curieuse et j'ai envie d'en faire quelques années de ma vie.
04:31Et c'est vraiment ce qui s'est passé dans le milieu des avocats.
04:35Et puis après, quand j'avais répondu à toutes les questions que je me posais
04:38et que je me sentais capable de voler de mes propres ailes et puis de devenir entrepreneur,
04:42je suis partie vers les expéditions et le sport de haut niveau.
04:45Est-ce qu'on peut dire que tu es absolument accro à cette adrénaline, à cette drogue que ça procure ?
04:50En fait, je ne suis pas accro au running, je suis, on va dire, addict à la quête.
04:58C'est-à-dire que pour un sportif de haut niveau, il y a une forme de quête, en fait, de sublime,
05:04une quête de Graal, une quête du beau.
05:06Et c'est ça qui me plaît énormément, c'est-à-dire que le chemin, il est bien plus intéressant que le résultat.
05:12Même si la quête te semble inaccessible ?
05:14Parce que parfois, ça semble inaccessible, c'est-à-dire qu'il faut une rencontre entre un potentiel,
05:20une entraînabilité, des entraînements et les conditions de la performance.
05:25C'est-à-dire que parfois, la course se déroule dans des mauvaises conditions.
05:28Si on prend l'exemple de Phoenix, donc j'ai amélioré le record de France d'athlétisme
05:33en courant 623 tours de piste en 24 heures non-stop.
05:38Il y avait une très grande amplitude thermique entre le jour et la nuit.
05:41J'ai fait une très belle performance, parce que j'ai amélioré le record de France.
05:43Mais dans les jambes, je sentais ce jour-là que j'avais plus.
05:46Mais l'amplitude thermique a fait que je n'ai pas pu aller chercher la performance
05:51que peut-être mes jambes auraient pu réaliser ce jour-là.
05:54Et je pense que parfois, on peut passer toute une carrière à faire en sorte d'attendre
05:59cette rencontre entre le potentiel et les conditions de la performance.
06:03Et en même temps, je trouve que c'est ça qui apporte quelque chose.
06:09Ça donne du sens.
06:11Et c'est quelque chose qui est extrêmement fort.
06:13Et je ne pourrais pas vivre, je pense, sans ce type de quête.
06:17La saison 2025, pour toi, elle a été justement sous le signe de la performance et des exploits.
06:24Donc, ça a commencé il y a un an, en décembre 2024, en Arizona.
06:26Tu as remporté le Desert Solstice Invitational Track, une course de 24 heures sur piste
06:33en parcourant 249,3 kilomètres.
06:36Record de France battu.
06:38Tu as donc avalé ces 623 tours.
06:40Tu en parlais tout à l'heure de pistes de 400 mètres.
06:42Est-ce que c'est une performance qu'on peut dire hors norme ?
06:45Alors, c'est une grosse performance parce que déjà, on est sur piste.
06:48Il faut savoir que sur piste, les courses de 24 heures sont plus compliquées que sur route.
06:52C'est compliqué aussi parce qu'on est en dehors d'un championnat international,
06:56en dehors d'un championnat d'Europe ou un championnat du monde.
06:58Donc, forcément, on n'a pas le titre en jeu.
07:01Donc, il faut quand même trouver la motivation de continuer à courir.
07:04Et puis, on a 25 concurrents parce que c'est une piste.
07:07Donc, c'est sur invitation.
07:09C'est que du niveau international.
07:11Donc, c'est que des élites qui sont invitées.
07:13Mais il n'y a que 25 personnes.
07:15Donc, quand certaines personnes, à un moment donné, abandonnent parce que ce n'est pas le bon jour,
07:19il reste peu de personnes sur la piste.
07:20Et donc, peu de personnes pour tracter.
07:23Parce qu'il faut aussi des motivations à aller doubler d'autres concurrents.
07:29Et là, en l'occurrence, j'ai gagné cette course au scratch,
07:33comme l'avait fait il y a quelques années Courtney DeWalter qui avait parcouru 237 kilomètres.
07:38Donc, c'est une piste mythique parce que les grands athlètes sont venus à Desert Solstice.
07:44Et moi, j'avais très envie de faire cette course à Phoenix.
07:47Et puis, en plus, l'ambiance était extraordinaire parce que j'ai rencontré beaucoup d'Américains
07:51qui étaient vraiment extraordinaires et très sympathiques avec nous.
07:55Donc, moi et puis mon équipe.
07:57Comment est-ce que tu te prépares pour une course comme ça, qui est ultra difficile,
08:01que ce soit mentalement, pour lutter contre le sommeil, la faim, tout ça sans t'arrêter ?
08:06Alors, c'est beaucoup d'entraînement.
08:07Déjà, on entraîne les jambes pour durer 24 heures.
08:11Donc, beaucoup de sorties longues.
08:13Pour comparer avec le marathon ou le 100 kilomètres,
08:16le marathon et les 100 kilomètres, c'est une sortie longue par semaine.
08:19Le 100 kilomètres, c'est très proche du marathon.
08:21C'est un marathon plus-plus.
08:22Quand on part sur un ultra, c'est-à-dire une distance qui oblige à courir le jour et la nuit,
08:28en général, on enchaîne les sorties longues.
08:30Donc, c'est vraiment la particularité.
08:31Donc, dans la semaine, la spécificité, c'est enchaîner les sorties longues.
08:34Donc, des sorties de 4 heures, 5 heures, parfois plus.
08:38Après, ce qui est compliqué dans l'ultra, c'est qu'on ne peut pas adapter son corps
08:42à tous les paramètres que l'on rencontre durant la course.
08:45En particulier, le système digestif, c'est assez compliqué
08:48parce qu'en entraînement, sur 5 heures, 6 heures de course,
08:52on n'a pas de difficulté à absorber les glucides.
08:55Mais quand on dépasse ce nombre d'heures, qu'on arrive à 12 heures, 14 heures, 16 heures,
08:59le corps peut refuser l'absorption de glucides.
09:01Or, on en a besoin pour tenir le coup et avoir le carburant nécessaire.
09:06Et là, on est confronté à des difficultés avec les chercheurs avec qui je travaille.
09:10C'est qu'on ne peut pas vraiment adapter son corps à cela
09:12parce qu'on ne peut pas répéter.
09:13Il faut savoir que des courses de 24 heures, on en fait une ou deux par an et pas plus.
09:18Donc, on n'a pas cette répétition qui permet l'adaptation.
09:21C'est ça qui rend les choses...
09:22Surtout l'imprévu. Tu ne sais pas comment tu vas gérer ça.
09:24Donc, il y a beaucoup d'imprévus.
09:26L'imprévu, il est lié aussi au fait que c'est une discipline relativement récente,
09:30même si le running est en train de se développer.
09:32On voit que beaucoup de personnes vont vers l'ultra-running pour la déconnexion.
09:37On le voit sur les images.
09:38C'est vraiment agréable de courir à l'extérieur, dans la nature, pendant de longues heures.
09:43Malgré ça, on a encore peu de retours de la science sur la discipline,
09:47beaucoup moins que sur marathon, par exemple.
09:49Donc, forcément, quand on prend le départ, il faut accepter de rester agile
09:52parce qu'il y a beaucoup d'aléas.
09:53Il faut savoir s'adapter.
09:54Je crois que tu as aussi dans ton viseur le record du monde de l'américaine, Camille Ayron.
09:59Est-ce que c'est vrai ?
10:01Alors, oui, j'ai le record du monde dans le viseur.
10:03Aujourd'hui, il a été amélioré.
10:04C'est Sarah Webster qui a ce record du monde.
10:07Et je l'ai évidemment en tête.
10:10Et je travaille pour cela.
10:11Donc, je travaille à la fois sur des distances plus courtes.
10:14Cette année, j'ai enchaîné cinq marathons à l'entraînement
10:17pour garder toujours un peu de vitesse.
10:20J'aime bien alterner entre marathon et ultradistance.
10:24Et j'ai toujours en tête ce projet-là.
10:26Et c'est sur route alors que l'autre record, c'est sur piste.
10:29Voilà, exactement.
10:30J'ai pour objectif de le faire sur route.
10:33Sachant que j'ai aussi le record de France d'athlétisme sur route.
10:36J'ai couru 253,6 km en 24 heures.
10:39Et là, il y a un peu plus longtemps, c'était juste après ma fracture de la rotule.
10:44C'était en 2022 lors des championnats d'Europe.
10:46Alors, dans l'ultra fond, il y a aussi une autre grande discipline.
10:51Tu en parlais tout à l'heure, c'est le 100 km.
10:53Là encore, c'est l'une de tes spécialités.
10:56Explique-nous un peu le principe de cette course.
10:58Comment est-ce que ça se passe ?
10:59Alors, le 100 km, du coup, c'est du grand fond.
11:02L'ultra, c'est vraiment les disciplines qui imposent de courir le jour et la nuit.
11:06Donc, le 100 km, on est plutôt sur du grand fond.
11:09Là, pour le coup, on est, à mon sens, plutôt dans du marathon plus-plus.
11:12C'est-à-dire que les entraînements sont très proches du marathon, avec en général une séance de VMA courte toutes les semaines,
11:18une séance de VMA longue et puis une sortie longue le week-end.
11:21Et l'objectif, c'est courir 100 km, donc le plus vite possible.
11:24Donc là, on voit sur ces images, je suis à Millau et j'ai remporté la course du 100 km de Millau.
11:30C'était la 53e édition.
11:32C'est une course que j'adore.
11:34C'est magnifique.
11:34Déjà, la région est vraiment splendide.
11:35Et la particularité de cette course, c'est qu'elle est très pentue.
11:43En général, les 100 km, c'est comme pour le marathon, on recherche du plat.
11:47Vraiment plat, très plat.
11:49Donc, on ne fait pas de chrono sur Millau.
11:52C'est-à-dire que l'objectif, ce n'est pas d'aller chercher sa meilleure performance sur Millau
11:55parce qu'on a 1200 mètres de D+.
11:58Là, je m'étais entraînée à Font-Romeu, donc au Centre National d'Entraînement en Altitude.
12:01Donc, j'avais pas mal de dénivelé pour préparer cette course au mois de septembre dernier.
12:05Et raconte-nous un peu les coulisses parce que là aussi, tu as tout explosé sur cette course.
12:09Alors, j'avais le précédent record puisque j'avais couru en 8h21 en 2023.
12:14Et donc là, j'ai couru en 8h02.
12:17J'ai changé pas mal de choses dans mon entraînement.
12:20J'ai beaucoup plus de sérénité aujourd'hui.
12:21J'ai changé aussi d'entraîneur.
12:24Et puis voilà, beaucoup de choses ont changé.
12:26C'est beaucoup d'entraînement sur Font-Romeu.
12:29Puis après, j'ai passé aussi du temps sur Millau pour m'acclimater à la chaleur.
12:33Je m'entraîne souvent en chambre thermique quand je suis sur Paris à l'INSEP.
12:38C'est-à-dire que je fais des entraînements dans une chambre qui est réglée entre 39 à 43 degrés.
12:43Ces entraînements, ils durent en général une heure, soit sur vélo, soit sur tapis.
12:47Et ça se passe vraiment juste avant la compétition.
12:50L'objectif, c'est de déclencher des adaptations à la chaleur, notamment une diminution de la fréquence cardiaque.
12:55Là, pour le coup, je n'avais pas la possibilité de rentrer à l'INSEP.
12:58Donc, je me suis entraînée directement sur place.
13:00Et au final, les conditions météo n'étaient pas très chaudes ce jour-là.
13:03Et au contraire, il a même fait froid parce que j'avais des gants jusqu'à la moitié de course.
13:07On le voit sur les images.
13:09Après, je sais que je peux encore améliorer.
13:12Mais comme toutes les courses, c'est pas la victoire qui m'importe.
13:18C'est pas le record.
13:20C'est en fait le fait d'aller chercher la meilleure version de moi-même.
13:23Et là, pour le coup, sur Mio, même sur le 24 heures, je sens que je ne suis pas encore allée chercher tout le potentiel.
13:28Ah ouais ?
13:29Et donc, ça me titille.
13:30Et du coup, j'ai envie d'y revenir.
13:31Pour toi, à chaque fois, c'est incroyable.
13:33Vous me verrez à nouveau sur Mio.
13:34Avec plaisir.
13:35C'était trop bien.
13:36Tu parlais que justement, tu avais changé d'entraîneur.
13:38Quand on est à ton niveau, est-ce que quelqu'un peut t'apporter encore plus de connaissances de toi-même ?
13:44Peut t'apporter d'autres conseils ?
13:45J'ai du mal à imaginer qu'on puisse t'aider plus que ce que tu fais là.
13:49Tu bats des records.
13:50Enfin, même toi, tu as maillure tes propres records de 19 minutes.
13:53C'est pas rien.
13:53Enfin, c'est énorme.
13:54Alors, en fait, je connais très, très bien mon corps.
13:56Ça, c'est une évidence.
13:57C'est-à-dire que quand je ressens quelque chose, j'ai l'intuition des causes.
14:02Je sais d'où ça vient, en fait.
14:04Et en général, je ne me trompe pas.
14:06Donc, j'ai appris à me connaître.
14:09Après, j'ai toujours énormément de questions.
14:10Donc, je les pose à mon nutritionniste, Didier Chaud, aux chercheurs qui travaillent avec moi, notamment à l'INSEP.
14:16Franck Brocherie, le laboratoire Sport Expertise Performance, mon entraîneur.
14:22Souvent, il n'y a pas de réponse parce qu'on est dans une discipline qui est récente, qui est extrêmement complexe.
14:28On fait encore beaucoup, beaucoup de recherches.
14:30Il faut savoir aussi que le sport féminin n'est pas très étudié.
14:33On a quand même des caractéristiques en tant que féminine.
14:36Et donc là, on me voit sur Millau, c'était le jour des règles.
14:39Donc, c'était vraiment pas évident.
14:41Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas encore étudiées et qui pourraient nous apporter énormément.
14:45Donc, oui, j'ai encore beaucoup, beaucoup de questions et il m'apporte vraiment beaucoup.
14:50Alors, tu as parlé tout à l'heure de l'INSEP.
14:52Explique-nous un peu ce que tu fais là-bas.
14:54En quoi ça t'aide aussi dans tes performances ?
14:56À quoi tu as accès ?
14:58Alors, je travaille avec le laboratoire Sport Expertise et Performance, donc Gaël Guilhem, Franck Brocherie.
15:03L'objectif pour moi, le premier objectif, c'est d'améliorer la performance.
15:08Par exemple, quand je pars dans une course dans la chaleur, comme je l'ai fait quand j'ai couru sept marathons en sept jours consécutifs en Antarctique,
15:15mais aussi à Cap Town, à Dubaï, où la température était très élevée, ils m'ont aidée.
15:21C'est-à-dire qu'on a fait un protocole d'acclimatation à la chaleur.
15:25J'ai couru, j'ai pédalé en chambre thermique.
15:28On a vu au fur et à mesure de la mise en place du protocole que je rejetais beaucoup moins d'électrolytes.
15:34Donc, c'est bien de conserver les électrolytes.
15:36Et puis, j'avais une température centrale aussi qui ne montait pas trop,
15:39ce qui me permettait de faire en milieu tempéré une performance, en milieu chaud,
15:43une performance que je pourrais réaliser en milieu tempéré.
15:46Donc, ne pas être trop impactée par la chaleur.
15:49Donc, ça, c'est le genre de choses que je fais avec Franck.
15:53Après, l'objectif aussi, c'est d'aider le grand public, de mieux connaître la vie humaine,
15:58de mieux connaître le corps humain et notamment le concept d'adaptation.
16:01Par exemple, on est capable, en tant que sportif de haut niveau,
16:04de s'adapter à la chaleur et de courir dans des milieux très chauds,
16:07par 35 degrés, 40 degrés.
16:09On est convaincus qu'il est possible, probablement,
16:13avec les vagues de chaleur qui sont de plus en plus fortes, de plus en plus fréquentes,
16:16de faire en sorte que le grand public puisse s'adapter à la chaleur.
16:20Dans une mesure, évidemment, raisonnable.
16:23Il faut voir comment on peut le faire.
16:24Mais l'objectif, ce serait de réduire les entrées aux urgences dans les étés caniculaires,
16:28puisqu'il y en a aujourd'hui vraiment beaucoup.
16:29Clairement, étudier le corps humain de l'aventurier ou du sportif qui repousse ses limites,
16:37et notamment dans l'ultra-endurance, sachant que l'homme est un être endurant,
16:40ça apporte beaucoup.
16:42Là, j'ai parlé de la chaleur, mais il y a énormément d'aspects.
16:44En tant que femme aussi ?
16:45En tant que féminine, oui, totalement.
16:48Toi, tu sens une différence quand tu es dans cette période-là ?
16:51Tu sens vraiment sur tes performances, surtout en entraînement ?
16:52Oui, complètement, que ce soit en entraînement ou bien durant les compétitions.
16:57Ça m'a beaucoup, beaucoup gênée, souvent, durant ma carrière.
17:01Et c'est très embêtant parce que quand on fait de l'ultra,
17:03on ne peut pas courir des ultras toutes les semaines
17:05si on veut performer à très haut niveau et que l'on veut garder un peu de vitesse.
17:09Donc forcément, quand les dates des championnats du monde
17:12ou des championnats d'Europe, ce qui m'est déjà arrivé, tombent mal,
17:15on est un petit peu obligé d'attendre le prochain championnat
17:18pour vraiment donner le meilleur de soi-même.
17:20Donc oui, ça a beaucoup de conséquences
17:23et j'aimerais bien qu'on puisse creuser un peu plus la question
17:25au point de vue de la recherche pour voir comment faire en sorte
17:28d'accompagner au mieux les sportives sur tous ces sujets.
17:31Oui, parce que je pense que là, toi, dans ton sport,
17:33mais dans tous les sports en général, ça pourrait apporter beaucoup de réponses.
17:37Alors on va revenir, tu parlais des ultras au mois de juin.
17:40Tu as également remporté pour la quatrième fois l'ultramarin,
17:44un grand raid de 175 kilomètres, dixième au général, première femme.
17:48Mais je crois qu'il y avait une petite pointe de déception quand même pour toi.
17:52Alors c'est vrai que j'ai le record de l'épreuve.
17:55En 2024, j'ai couru en 16h33.
17:58Et là, cette année, j'ai couru en 17h02,
18:01sachant que l'épreuve était un peu plus longue.
18:02Donc au final, c'est la même allure.
18:04Mais j'avais pour objectif de courir à une allure plus soutenue cette année.
18:08J'ai été accidentée, puisque je suis tombée trois semaines avant le départ sur des racines,
18:13lorsque je m'entraînais justement dans le Morbihan.
18:18Et ça a eu pas mal de conséquences, notamment au niveau du haut du corps,
18:21puisque je me suis déchirée le biceps, j'ai une fracture du poignet.
18:24Et donc ça a mis à mal tous les entraînements qui ont suivi,
18:26notamment au mois de juin, alors qu'on devait faire les plus gros blocs.
18:29Et jusqu'à quelques jours avant la course, je ne savais pas si je participerais.
18:32J'avais vraiment très envie de donner le meilleur de moi-même
18:36et j'avais l'impression d'être diminuée
18:38et de ne pas pouvoir vraiment donner le meilleur de moi-même sur cette compétition.
18:42Et au final, j'ai couru.
18:43J'ai couru à la même allure que l'année d'avant.
18:45Et j'ai toujours pris beaucoup de plaisir,
18:47comme chacune des années où j'ai pris le départ de cette compétition.
18:50Donc ça fait déjà dix ans.
18:52J'aime vraiment le golfe du Morbihan.
18:54Je la trouve extraordinaire.
18:56Et là, cette année était particulière.
18:58Il y a de plus en plus de jeunes aussi qui participent aux courses d'Ultra Trail.
19:02et vraiment, c'est une très, très belle ambiance.
19:05Tu penses que tu vas la refaire avec l'objectif de passer sous les 15 heures ?
19:08Oui, c'est mon objectif parce que je sens que je l'ai dans les jambes.
19:11Donc j'ai envie d'y aller, clairement.
19:13Après, il faut que les planètes s'alignent.
19:14Et comme je le disais au début de l'émission,
19:17ne pas chuter.
19:18Et puis aussi mettre suffisamment d'entraînement
19:20dans les conditions réelles.
19:23Puisque ma spécificité, c'est de passer de la route
19:25à la piste au trail.
19:27Donc il y a une forme de complétude,
19:29mais c'est aussi une quête.
19:30C'est-à-dire que j'ai envie d'être complète.
19:33Mais le passage de l'un à l'autre
19:34fait que parfois, je perds certains automatismes.
19:37Il me faut un certain temps pour les retrouver.
19:39Notamment l'utilisation de la frontale
19:41ou le circuit, le parcours.
19:45Parce qu'on est vraiment dans du trail
19:46sur le Grand Ré du Morbihan.
19:48On est très loin de la route.
19:49Donc voilà, il faut à chaque fois se réadapter.
19:52Et dans tes défis fous,
19:54tu as aussi participé en 2019
19:56au World Marathon Challenge.
19:58Tu as fait 7 marathons sur 7 jours,
20:00sur 7 continents.
20:02Quels souvenirs tu gardes de ce challenge ?
20:03Et est-ce que tu vas le recommencer un jour ?
20:06Alors j'ai vraiment beaucoup de beaux souvenirs.
20:09Déjà parce que l'ambiance était extraordinaire
20:10entre les athlètes.
20:12Et puis j'aime aussi beaucoup l'Antarctique.
20:15Donc en tant qu'aventurière,
20:16j'ai eu l'occasion d'y aller à plusieurs reprises.
20:17et notamment de réaliser des expéditions
20:19et une très longue expédition de 2045 kilomètres
20:22en 74 jours.
20:24La première compétition de ce World Marathon Challenge
20:26était en Antarctique.
20:28Donc évidemment pour moi,
20:29c'était un moment qui était extrêmement fort.
20:31Et puis on a participé aussi
20:32à beaucoup de protocoles avec les chercheurs.
20:34On voulait savoir s'il était possible
20:35de s'acclimater à la chaleur
20:36sachant qu'il y a des entraînements dans le froid.
20:39Et là en l'occurrence,
20:40je m'entraînais en chambre de cryothérapie
20:41et puis en chambre rigorifique
20:44pour préparer le marathon en Antarctique.
20:46Et on voulait savoir
20:46si ces entraînements dans le froid
20:47n'auraient pas un impact
20:49sur l'acclimatation à la chaleur
20:51lorsque je suis en chambre thermique.
20:52Donc on a eu une réponse plutôt positive dans mon cas.
20:55Et il faut savoir qu'il n'y avait pas d'autres recherches
20:57hormis une vieille recherche
20:58qui avait été faite en 1960 aux Etats-Unis.
21:01Donc ça a intéressé tout particulièrement les chercheurs.
21:02Donc j'ai pris beaucoup de plaisir.
21:04Donc j'avais sur les marathons énormément de capteurs.
21:06Donc on n'est pas du tout dans le marathon entraînement
21:08comme je l'ai fait cette année
21:09sur les cinq marathons que j'ai courus.
21:12Ni marathon performance évidemment.
21:14Mais là on était plutôt en mode de recherche.
21:16Désormais il y a la saison 2026
21:18qui va bientôt commencer.
21:19Quels sont tes objectifs,
21:21les prochains défis fous que tu vas réaliser ?
21:23Alors là je vais commencer par
21:24reprendre un petit peu de vitesse
21:26puisque je suis restée sur ces cinq marathons cette année.
21:30Alors vitesse entre guillemets,
21:31je les ai courus en 2h54.
21:33Mais comme on parle peu des chronos féminins au final.
21:36C'est-à-dire que 2h54,
21:38si on prend le barème FFA de l'athlétisme,
21:42ça correspond à 2h23 chez un homme.
21:45Donc c'est comme si un homme avait couru
21:46cinq marathons en 2h23 sur la même année.
21:50Donc c'était quand même un entraînement certes,
21:53mais on a essayé un petit peu de donner.
21:55Mais là on va essayer de faire des choses
21:56un tout petit peu plus abouties en début d'année
21:59dans cette optique-là.
22:01Et puis il y aura probablement à nouveau
22:03l'ultramarin, peut-être les 100 km de Millau,
22:06et puis cette tentative de record du monde.
22:09Est-ce qu'il y a un petit peu de repos aussi, non ?
22:10Alors c'est vrai que je ne prends pas beaucoup de vacances.
22:14Enfin même parfois, pas du tout.
22:18Après j'essaye de jongler entre toutes mes activités.
22:20C'est-à-dire qu'en général après les compétitions,
22:22là je viens de rentrer d'Espagne,
22:25je travaille sur mes activités en entreprise,
22:27les conférences, les formations.
22:29J'écris aussi des livres.
22:31Et ça me permet de m'aérer aussi l'esprit
22:33par rapport au sport.
22:33Donc ce n'est pas vraiment des vacances
22:35au sens classique du terme,
22:36mais c'est aussi un moyen de penser à autre chose
22:38et d'être sur d'autres activités.
22:40Oui, bien sûr.
22:41Et alors quand même, là on a parlé de tous tes défis, etc.
22:44Mais on n'a pas du tout parlé du marathon olympique.
22:46Ça ne t'a jamais tenté de faire les Jeux ?
22:49Alors pourquoi pas ?
22:51En fait le marathon me donne envie.
22:53C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
22:54je n'ai jamais couru un marathon en mode marathon.
22:57C'est-à-dire qu'en général,
22:58je ne suis pas fatiguée à la fin d'un marathon
22:59parce que je suis une ultra-fondeuse.
23:01Alors ça peut paraître étonnant,
23:02mais en réalité c'est lié à mon adaptation.
23:05J'ai des fibres lentes
23:06et je me suis adaptée pour économiser l'énergie en fait.
23:10Donc je n'ai jamais couru un marathon
23:12comme on doit le courir.
23:13Et ça, ça me donne envie
23:14parce que j'ai un entraîneur
23:15qui s'appelle Jérémy Cabadet
23:17qui est l'entraîneur des meilleurs marathoniens français
23:20qui ont fait donc les Jeux à Paris.
23:23Et c'est vrai que ça me donne envie
23:24parce que la façon dont ils décrivent le marathon,
23:27je comprends un peu ce dont ils parlent
23:29et j'aimerais bien le vivre moi aussi.
23:31Mais comme là, je suis sur ma quête
23:33pour le record de monde d'Ultra,
23:37pour l'instant, je mets ça en sommeil.
23:39Il est possible qu'à la fin de ma carrière de running,
23:42j'aille vers le marathon.
23:44Et tu n'as pas peur que ce soit trop tard ?
23:45Enfin, tu vises quel jeu ?
23:47Alors, ce n'est pas pour les Jeux olympiques,
23:49c'est déjà pour aller chercher
23:50la meilleure version de moi-même
23:50et comme il est possible que ce soit un peu tard,
23:53probablement ça ne sera pas suffisant pour les Jeux.
23:55Oh non !
23:55Moi, je voulais te voir sur Los Angeles 2028.
23:58Ça peut être un objectif, non ?
24:00Oui, mais si je...
24:01Alors, ça serait très intéressant,
24:02mais si je poursuis cet objectif-là,
24:04je dois laisser tomber ma quête de record du monde
24:08et j'ai aussi ça qui me fait vraiment vibrer.
24:11Donc, oui, c'est vrai,
24:12il reste quand même du temps, c'est sûr.
24:14Surtout que les adaptations,
24:15il faut du temps pour les mettre en place,
24:17mais je n'ai jamais passé plusieurs mois
24:19sur des distances courtes,
24:21donc on ne sait pas vraiment ce que ça donnerait.
24:24Imagine, si ça se trouve,
24:24tu vas survoler la compétition,
24:27avoir une médaille d'or hyper facilement.
24:28Alors non, il faudrait plus de temps peut-être
24:30pour la médaille d'or quand même.
24:34En tout cas, Stéphanie,
24:35on voit que tu es vraiment une sportive passionnante
24:39et on va en découvrir une autre maintenant
24:41puisque c'est l'heure de Sacrée Championne
24:43avec Julie Caron.
24:49Salut Julie, de quoi tu vas nous parler aujourd'hui ?
24:51Salut Virginie et enchantée Stéphanie.
24:54Alors, pour commencer ma chronique,
24:55aujourd'hui, j'ai une question à vous poser.
24:57Est-ce qu'on meurt de courir 42 kilomètres
25:00quand on est une femme ?
25:02Ça peut paraître bête,
25:03vous en êtes l'exemple vivant,
25:05mais c'est ce qu'on croyait scientifiquement
25:07en 1967.
25:11C'était une certitude scientifique
25:13pour beaucoup d'hommes.
25:14On racontait même à l'époque aux femmes
25:16que si elles couraient trop longtemps,
25:18leur utérus allait tomber.
25:20Je vous jure, c'était ça le niveau de débat.
25:22Et c'est dans ce contexte-là
25:24que Catherine Switzer, une étudiante de 20 ans,
25:27décide de s'inscrire au mythique marathon de Boston.
25:30À ce moment-là, le règlement,
25:32il n'interdit pas explicitement aux femmes de participer,
25:36tout simplement parce que personne n'avait imaginé
25:38qu'une femme allait pouvoir se lancer.
25:40Elle s'inscrit sous le nom de KV Switzer,
25:43comme ça, c'était neutre, invisible,
25:45elle passe partout.
25:45Et le 19 avril 1967,
25:48elle s'élance, le départ est donné.
25:50Catherine entre dans la course,
25:51tout se passe bien.
25:52Elle a le dossard 261.
25:55Ça va être un symbole,
25:56on va y revenir.
25:58Et tout se passe bien jusqu'au deuxième mile
25:59où là, le bus de presse passe à sa hauteur
26:02et les journalistes réalisent que c'est une femme.
26:05Le co-directeur de la course,
26:06il est en furie,
26:08il saute du bus,
26:09il court derrière elle,
26:09il l'attrape par l'épaule
26:11et il lui hurle de
26:12« tire-toi de ma course,
26:13donne-moi ces numéros ».
26:15Il essaie vraiment littéralement
26:16de lui arracher son dossard
26:19en pleine course
26:20et c'est là que l'image,
26:21elle devient légendaire.
26:23À ce moment-là,
26:24le petit ami de Catherine,
26:25donc c'est un beau bébé,
26:27un lanceur de marteau de 100 kilos,
26:29qui court à ses côtés,
26:30qui envoie un gros coup d'épaule
26:32au directeur de course
26:33et l'envoie valser dans le décor.
26:35Mais Catherine,
26:36elle est quand même un peu sous le choc.
26:38Elle tremble,
26:38elle a peur de ce qui vient de se passer.
26:41Mais elle regarde son entraîneur
26:42et elle va dire une phrase
26:43qui est magique pour moi.
26:45Elle lui dit
26:45« je dois finir cette course,
26:47si je ne finis pas,
26:49tout le monde dira
26:49que les femmes ne peuvent pas le faire ».
26:51Et donc,
26:52elle va franchir la ligne d'arrivée
26:53en 4 heures et 20 minutes.
26:55Bon,
26:56elle va être disqualifiée
26:57et irradiée
26:57de la Fédération d'athlétisme,
26:59mais elle vient de gagner
27:00une bataille qui est mondiale
27:01et surtout historique
27:02à ce moment-là.
27:04Il faudra attendre
27:04encore 5 ans
27:05pour que Boston
27:06accepte officiellement les femmes
27:08et surtout 1984.
27:09On en parlait du marathon
27:11pour que le marathon féminin
27:13entre aux Jeux olympiques.
27:15Et après,
27:15est-ce qu'elle a recouru
27:16ce marathon emblématique ?
27:18Alors oui,
27:18la belle histoire,
27:20c'est qu'en 2017,
27:21pour les 50 ans
27:22de son exploit,
27:24Catherine,
27:24elle est revenue
27:24à Boston.
27:26Donc,
27:26elle a 70 ans.
27:27À ce moment-là,
27:27elle a à nouveau
27:28couru le marathon
27:29avec le même numéro,
27:31le numéro 261.
27:33Et ce dossard,
27:34il est vraiment devenu
27:35plus qu'un simple morceau de papier.
27:37c'est un véritable symbole aujourd'hui.
27:39D'ailleurs,
27:40il y a un mouvement
27:40261 Fearless
27:42qui s'est lancé
27:42et qui aide aujourd'hui
27:44les femmes du monde entier
27:45à s'émanciper par la course
27:48et notamment
27:48sur les longues distances.
27:50Et donc,
27:50vous le montrez,
27:51Stéphanie,
27:52et elle a montré,
27:53Catherine,
27:53qu'en fait,
27:54une femme qui court,
27:55ce n'est pas seulement
27:56une athlète,
27:57c'est vraiment une femme
27:57qui avance aussi
27:58vers sa liberté.
28:01Et donc,
28:01je pense que c'est aussi ça
28:02la plus belle des victoires.
28:04Est-ce que tu connaissais
28:04cette histoire ?
28:05Oui, je pense que...
28:06Oui, oui.
28:06Est-ce qu'elle t'a un peu
28:07inspirée aussi ?
28:09Elle est inspirante
28:10comme toutes les personnes
28:10qui se lancent dans les combats
28:12et qui se battent
28:14pour leurs idées.
28:15Je ne peux qu'adhérer,
28:16en fait.
28:17Effectivement,
28:18c'est assez hallucinant
28:19d'imaginer qu'à un moment donné
28:20on ne pouvait pas courir.
28:22On a encore
28:23beaucoup,
28:23beaucoup de chemin
28:24à parcourir
28:24et je l'ai vécu
28:25dans le milieu des expéditions
28:26et c'est vrai
28:28que ce n'est pas évident.
28:28Il y a beaucoup,
28:29beaucoup de stéréotypes.
28:30Il faut parfois se battre
28:30pour dire
28:31oui, c'est possible
28:32pour une femme
28:33et j'ai vraiment envie
28:34d'inspirer les autres féminines
28:36et dire qu'elles peuvent le faire
28:37car on a vraiment
28:39beaucoup de force
28:39et en tout cas
28:40de force mentale
28:41et certaines femmes
28:42aujourd'hui
28:42gagnent des courses
28:44au scratch.
28:45C'est ce que j'ai fait
28:45à Phénix
28:46donc devant les hommes
28:47autant dire
28:48que les femmes
28:49peuvent courir.
28:49qu'est-ce qu'on peut
28:51te souhaiter
28:52pour la suite
28:53maintenant ?
28:54De continuer
28:55à prendre du plaisir
28:56de continuer
28:57à avancer
28:57même quand parfois
28:58c'est difficile
28:59ou qu'il y a
29:00des obstacles
29:00qui se présentent
29:02et puis
29:02de pouvoir
29:04continuer
29:05à témoigner
29:05pour qu'il y ait
29:07de plus en plus
29:07de personnes
29:08qui aillent
29:08vers leurs rêves.
29:10Merci beaucoup
29:11Stéphanie
29:11d'avoir été
29:12avec nous
29:13aujourd'hui.
29:13Je suis hyper contente
29:14de t'avoir reçu.
29:15Bravo pour ton parcours
29:16et pour l'inspiration
29:17que tu es.
29:18Merci beaucoup à vous.
29:19Merci aux équipes
29:21techniques en régie
29:22Julien Perronnet
29:23à l'édition
29:24François Caudal
29:25notre réalisateur
29:26Clément Ritter
29:27au son
29:28Enzo Morello
29:28à la vision
29:29et Sandrine David
29:30au maquillage.
29:31Merci à vous
29:32de nous avoir suivis
29:33on se retrouve
29:34dans deux semaines
29:34pour un nouveau numéro
29:35de La Victoire Éternel.
29:37Salut !
29:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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