- il y a 7 semaines
La commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public poursuit ses travaux. Celle-ci a été créée à la demande du groupe d'Éric Ciotti, "Union des droites pour la République", après la diffusion d'extraits d'une conversation, filmée à leur insu, entre deux responsables du Parti socialiste et les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen, accusés alors de connivence. Ce 18 décembre, Thomas Legrand est auditionné par les députés de la commission d'enquête, son président Jérémie Patrier-Leitus (HOR) et son rapporteur Charles Alloncle (UDR).
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00:00:00Bonjour à tous. Dans la séance est ouverte, nous vous proposons de revenir sur l'audition de Thomas Legrand.
00:00:13Le journaliste politique a été entendu par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
00:00:18Souvenez-vous, il a été au cœur d'une polémique après la diffusion d'une vidéo où il est filmé à son insu avec Patrick Cohen en discussion avec des responsables socialistes.
00:00:26S'il a été question très longuement de cette vidéo lors des échanges parfois tendus de la commission d'enquête, regardez.
00:00:33Avant toute chose, je souhaite préciser que je suis éditorialiste au journal Libération. Je n'exerce plus aucune fonction à France Inter.
00:00:41Au moment où nous nous parlons, des dizaines de députés, des attachés parlementaires, peut-être même parmi les vôtres, discutent avec des journalistes autour d'un café.
00:00:49Ils sont au Bourbon, à côté de l'Assemblée, au Concorde, un peu plus loin, ailleurs, en circonscription, parce qu'il est normal que les élus rencontrent de manière informelle des journalistes nationaux ou régionaux, des professionnels de l'information.
00:01:02Je pense qu'en dehors de toute connivence, nous avons besoin, vous comme nous, de ces moments qui n'ont pas vocation à être publics, de la fluidité d'un rapport où chacun reste à sa place.
00:01:12Nous cherchons à avoir des informations, vous cherchez à nous faire comprendre votre action et vos projets. Parfois, quand un papier, un édito vous a agacé que vous l'avez trouvé injuste,
00:01:25eh bien, vous nous demandez des explications et c'est bien naturel. Nous échangeons parfois nos points de vue sur l'actualité, nous évoquons des anecdotes, la dernière bourde d'un ministre, ça ne manque pas.
00:01:36Bref, nous parlons politique. Après tout, la conversation politique est une passion bien française et nous avons la chance, vous comme nous, que ce soit aussi notre métier.
00:01:45Et d'ailleurs, je regrette que M. Ciotti, qui est, je crois, à l'origine de l'idée de cette commission, ne soit pas là parce que j'aurais pu lui rappeler quelques discussions animées
00:01:55qu'il nous est arrivé d'avoir sur le trottoir devant la maison de la radio lorsqu'il était l'invité des matinales de France Inter ou autour d'un café.
00:02:02Et je mesure avec un certain effroi ce qu'aurait pu donner un savant montage à la manière de celui à cause duquel je suis ici.
00:02:11Si notre conversation avait été filmée et diffusée après avoir été montée de façon malveillante, nous y reviendrons, j'y compte bien, M. le rapporteur, de façon malveillante,
00:02:21nous serions apparus connivants, comploteurs. J'aurais été perçu comme conseiller de M. Ciotti. Et ça, ça vous aurait chagriné, M. le rapporteur.
00:02:30Sachez que moi aussi, ça m'aurait chagriné. Je vais devoir répondre à vos questions s'agissant d'extraits volés, montés, diffusés illégalement.
00:02:38Trois minutes rendues publiques en dehors de toute éthique journalistique. Nous avons, avec Patrick Cohen, saisi le parquet de Paris qui a ouvert une enquête
00:02:45et qui pourrait prochainement demander à un procès public. Ce procès permettra de déterminer qui faisait vraiment ce jour-là du journalisme.
00:02:53puisque ce qui est questionné ici, c'est mon indépendance. Je voudrais affirmer avec force que j'exerce ma profession en toute indépendance.
00:03:00Indépendance ne veut pas dire que je n'ai aucune conviction, que je suis un insensible politique. Cela veut dire tout simplement que je suis attaché à aucun parti,
00:03:10au service d'aucune personnalité ni d'aucune cause politique. Je suis éditorialiste à Libération après avoir été reporter dans les services politiques.
00:03:19Grand reporter à l'étranger, correspondant aux Etats-Unis. J'ai passé 6 ans à RMC, puis 15 ans à RTL, puis 14 ans comme éditorialiste à France Inter
00:03:28où j'ai été embauché par Jean-Paul Cluzel, à l'époque président de Radio France. Il m'avait entendu remplacer Alain Duhamel durant l'été 2008 sur RTL.
00:03:39J'ai ensuite présenté une émission d'histoire des idées politiques sur France Inter jusqu'en juin dernier.
00:03:43J'ai travaillé au Zinroc, à Paris Match, au magazine Lui, voilà, jugez l'éclectisme.
00:03:49Jamais l'appartenance partisane d'un responsable politique ne m'a empêché de porter un regard critique ni d'enquêter.
00:03:56En 1990, un ministre a dû démissionner à la suite de mes révélations sur RMC.
00:04:00Il s'agissait d'Olivier Stirn, pour les plus anciens ils s'en souviendront, membre d'un gouvernement socialiste de Michel Rocard.
00:04:09J'ai démontré que la quasi-totalité des militants et sympathisants présents au meeting inaugural de son petit parti étaient en réalité des figurants rémunérés.
00:04:18Olivier Stirn avait démissionné, à l'époque ça se faisait.
00:04:22Pourtant, Michel Rocard est sans doute l'homme politique pour lequel j'ai le plus de considérations.
00:04:27Ça ne m'avait pas arrêté dans mon enquête.
00:04:29Encore une fois, conviction et éthique professionnelle sont deux choses distinctes et on en parlera.
00:04:34En 1994, j'ai écrit avec Gilles Pérez et Emmanuel Faux « La main droite de Dieu », une enquête qui montrait, entre autres, que François Mitterrand avait facilité l'ascension politique de Jean-Marie Le Pen dans les années 80.
00:04:45C'était une thèse développée par le RPR et l'UDF mais qui n'était pas documentée.
00:04:50Nous avons commencé notre enquête sans connaître les résultats.
00:04:54Nous avons voulu vérifier et c'était vrai.
00:04:56Pour me préserver de la connaissance, je me suis fixé quelques règles.
00:04:59Elle s'inspire, mais cela n'a rien d'original, de la célèbre formule d'Hubert-Beuve-Méry « Le journalisme, c'est le contact et la distance ».
00:05:07Je peux prendre des cafés ou déjeuner avec des hommes ou des femmes politiques, mais je le fais le plus souvent en compagnie de confrères et de consœurs d'autres rédactions.
00:05:14Je vous invite, mesdames et messieurs les députés, à vous remémorer votre dernier café avec des journalistes
00:05:20et à vous demander ce qu'aurait pu donner le fait qu'il soit filmé à votre insu et monté avec une intention de nuire
00:05:27avant d'être livré à une chaîne de télévision qui en fera ses choux gras pendant plusieurs jours,
00:05:33qui le traitera comme un événement plus important que la nomination, c'était à ce moment-là, d'un nouveau Premier ministre
00:05:38ou l'attaque de bâtiments publics sur Kiev par l'aviation russe.
00:05:42Je pense que ça peut vous aider à comprendre ce que Patrick Cohen et moi avons vécu.
00:05:48« Chacun d'entre nous fait ce qu'il peut avec cette exigence contact et distance ».
00:05:54Par exemple, moi, je ne dîne pas avec des responsables politiques.
00:05:57Dîner, pour moi, c'est comme ça.
00:05:59C'est un risque de relation un peu trop personnelle, d'une amitié qui entamerait un peu mon indépendance.
00:06:05Ce sont mes règles, elles valent ce qu'elles valent.
00:06:07La connivence, voilà bien un biais qui participe à la perte de confiance des Français envers la politique et les médias.
00:06:13Cette question est importante, mais ce n'est certainement pas à l'occasion d'une manipulation comme celle-ci,
00:06:18aussi grossière qu'on pourra traiter le sujet sereinement.
00:06:22C'est aussi pour échapper à cet entre-soi que, dans ma carrière, j'ai voulu, pendant de longues années,
00:06:26couvrir d'autres domaines que la politique.
00:06:28Je suis avant tout un journaliste, pas un journaliste politique.
00:06:30J'ai été reporter au service étranger, correspondant aux États-Unis.
00:06:34Après dix ans loin de la politique, les événements, les besoins de ma rédaction d'alors, RTL,
00:06:38m'ont ramené vers ce domaine et j'ai repris mes règles, encore plus utiles depuis que je suis éditorialiste.
00:06:44Même si je trouve étrange d'avoir à tenter de démontrer mon indépendance devant des hommes et des femmes politiques,
00:06:50pas neutres par nature et fonction, c'est votre rôle,
00:06:53je suis finalement assez satisfait de pouvoir enfin m'exprimer,
00:06:56après avoir subi pendant plus de trois mois, jusqu'à ces derniers jours, un déferlement de mensonges,
00:07:01et après avoir dû entendre sur les antennes du groupe Bolloré,
00:07:05et lors des dernières séances de cette commission jusqu'à tout à l'heure,
00:07:08tant d'interprétations fallacieuses de ce café pris par Patrick Cohen et moi,
00:07:14avec deux responsables socialistes à leur demande.
00:07:17Venons-en aux vidéos volées sur lesquelles vous allez m'interroger.
00:07:20D'abord, elles ont été rendues publiques en dehors de toute règle journalistique.
00:07:24Et M. le rapporteur, ça va répondre au petit échange que vous avez eu tout à l'heure avec Patrick Cohen,
00:07:28quand vous lui demandiez la différence entre ces vidéos volées et ce que peut faire Cache Investigation.
00:07:34Je vais vous l'expliquer.
00:07:35Un vrai journaliste aurait flouté ma source.
00:07:38Dans notre profession, il est inconcevable qu'un journaliste dévoile la source d'un autre journaliste.
00:07:42Un vrai journaliste aurait donné la lecture au lecteur la possibilité de visionner le document sans montage malhonnête,
00:07:50et en précisant le contexte après avoir enquêté un minimum.
00:07:54Et surtout, c'est la base de notre métier.
00:07:56Avant de produire un tel document, un vrai journaliste aurait pratiqué ce que l'on appelle le contradictoire.
00:08:02Dans notre profession, un rédacteur en chef qui se respecte n'aurait jamais laissé publier une telle vidéo
00:08:08sans demander aux journalistes de donner la parole aux personnes mises en cause.
00:08:12C'est ce qui se fait toujours, M. le rapporteur, c'est ce qui se fait toujours dans les vidéos qui sont publiées
00:08:18ou qui sont montrées dans les émissions que vous avez citées tout à l'heure.
00:08:21Or, rien ne nous a été demandé.
00:08:23Et quand une journaliste de l'opinion s'est étonnée auprès de l'incorrect de cette infraction manifeste à nos règles professionnelles,
00:08:31il lui a été répondu par la rédactrice en chef de l'incorrect que « la meilleure défense, c'est l'attaque ».
00:08:38Voilà bien une phrase qui n'a absolument rien de journalistique.
00:08:41Je voudrais souligner que l'émotion suscitée par la diffusion de ces extraits est d'abord et surtout due au temps
00:08:48que leur ont consacré CNews et Européens.
00:08:51Songez que sur CNews, entre le 5 et le 12 septembre, mon nom et celui de Patrick Cohen
00:08:56ont été plus cités que celui de Sébastien Lecornu qui avait pourtant été nommé Premier ministre à ce moment-là.
00:09:03Les véritables chaînes généralistes ou d'informations privées, les autres radios,
00:09:07ont donné à l'événement la dimension qu'ils méritaient, c'est-à-dire qu'elles n'en ont quasiment pas parlé.
00:09:13Il me semble donc possible d'affirmer au regard de ce matraquage que l'intention du groupe Bolloré
00:09:17consistait à créer un clivage entre les médias privés et le service public.
00:09:23Cette opération a échoué.
00:09:25Elle n'a que souligné l'abîme entre, d'une part, les médias qui respectent les règles journalistiques,
00:09:31qu'ils soient privés ou publics, et d'autre part, les médias du groupe Bolloré,
00:09:34dont j'estime, moi, qu'ils sont une organisation politique dotée de studios dans un but de propagande.
00:09:41Il s'agit de méthodes qui s'apparentent à des barbouzeries.
00:09:45J'en veux pour preuve la manipulation dont Laurence Bloch et moi-même avons été victime mardi dernier.
00:09:50J'ai pris un café avec mon ancienne patronne, avec qui j'ai travaillé pendant 15 ans.
00:09:55Je ressentais le besoin d'aller la voir et de lui parler de cette commission pour préparer avec elle cette commission.
00:10:01J'ai vu beaucoup d'autres gens, d'ailleurs, pour préparer cette commission, comme tous ceux qui passent devant vous.
00:10:07C'était un rendez-vous privé entre deux amis.
00:10:09Notre discussion a été enregistrée à notre insu.
00:10:12Il s'agit d'une captation illégale suivie d'une utilisation et d'une divulgation de contenus déformés de cette captation.
00:10:18Cela caractérise aussi, selon moi, la diffusion de fake news qui porte atteinte à l'ordre public.
00:10:23C'est pour moi un acte d'espionnage et d'intimidation.
00:10:28Europe 1 a tiré de ses enregistrements des interprétations mensongères.
00:10:32Voilà le signe d'une dérive très préoccupante.
00:10:35Ne serait-il pas utile, Monsieur le Président, d'auditionner les responsables de cette barbouzerie ?
00:10:40L'intimidation des journalistes et de leur famille, de la mienne.
00:10:43J'y viendrai si vous me posez des questions.
00:10:45Et même, d'ailleurs, si vous ne me posez pas des questions, je trouverai le moyen d'y revenir.
00:10:48Les fausses nouvelles répétées à Nozéam.
00:10:51Et maintenant, l'espionnage des journalistes, nous sommes entrés en France, me semble-t-il, dans l'ère du trumpisme.
00:10:57Monsieur le rapporteur, le commentaire que vous faisiez hier devant Sibyl Veil,
00:11:01des informations entre guillemets d'Europe 1, était tiré et déformé d'enregistrements frauduleux.
00:11:08Le saviez-vous ? Je suis maintenant à votre disposition, Mesdames et Messieurs les députés.
00:11:12Mais admitez qu'un journaliste du service public, qu'on puisse interroger quand un journaliste du service public dit
00:11:18« Nous, on fait ce qu'il faut » pour Rachida Dati.
00:11:22Et que ça puisse susciter l'interrogation des Français de la classe politique, même si j'en conviens avec vous.
00:11:29On n'a pas la vidéo en intégralité, vos propos ont été tronqués.
00:11:31Il y a un montage, on verra sur la procédure et la forme.
00:11:33J'aimerais simplement vous poser une question simple qui permettra de répondre aux interrogations des Français.
00:11:38Qu'est-ce que vous sous-entendiez ? Qu'est-ce que vous vouliez dire ?
00:11:41Quand vous avez dit « Nous, on fait ce qu'il faut » pour Rachida, quel a été le sens de cette phrase ?
00:11:46Ça permettra de vous en expliquer et qu'on puisse ensuite avancer à des questions peut-être du rapporteur plus précises.
00:11:53Pour Rachida Dati, pas pour Rachida, je n'ai pas cette familiarité.
00:11:56« Nous, on fait ce qu'il faut » pour Rachida.
00:11:58Cette phrase, elle me choque.
00:12:02Elle me choque et je comprends qu'elle choque.
00:12:06Mais elle me choque parce qu'elle est montée, parce qu'elle est sortie de son contexte.
00:12:10Voilà ce qui s'est passé.
00:12:12Cette phrase fait référence non pas à mon travail de Radio France, à Radio France, je n'étais plus à Radio France.
00:12:19Elle fait référence à deux papiers que j'ai faits dans le journal Libération.
00:12:24Je vous rappelle que je suis éditorialiste à Libération.
00:12:26Je produis quatre à cinq éditos ou billets par semaine dans Libération, sur le site de Libération ou dans le print,
00:12:35excusez-moi, dans la version papier pour parler français.
00:12:40Et on s'en occupe journalistiquement.
00:12:43C'est un jargon.
00:12:45Et c'est vrai que le jargon journalistique, le jargon de la discussion, ça vous fait rire, Mme Parmentier, oui.
00:12:51Vous avez été journaliste aussi à présent, je me souviens.
00:12:57On ne vous laisse rentrer entre anciens journalistes et confrères.
00:13:02J'ai beaucoup de confrères ici.
00:13:03M. Ballard, par exemple, avec qui j'étais à RTL.
00:13:05On vous laissera entre vous après, je vous en prie.
00:13:08Donc je continue.
00:13:11Je continue.
00:13:14Journalistiquement, on s'en occupe journalistiquement.
00:13:16S'occuper journalistiquement, c'est dire qui est Mme Rachida Dati.
00:13:20Elle était venue il y a quelques semaines, quelques semaines avant ce café, à France Inter,
00:13:26où elle avait proféré quelques contre-vérités, des contre-vérités sur l'auditoire de France Inter.
00:13:33Et je m'étais dit, en tant qu'éditorialiste à Libération, et peut-être aussi ancien de France Inter,
00:13:39je n'étais pas encore ancien de France Inter au moment où elle était venue,
00:13:42puisque j'étais encore responsable d'une émission,
00:13:45mais enfin, je m'étais dit, on ne peut pas laisser passer de telles sornettes,
00:13:49et donc je vais faire un papier en mode fact-checking, encore un anglicisme, excusez-moi,
00:13:53vérification de propos d'hommes politiques.
00:13:57Rachida Dati avait dit que le service public de la radio, que Radio France, c'était que des CSP+.
00:14:05Je pense, messieurs et madame les députés, que si 14 millions de Français étaient CSP+,
00:14:11vous n'auriez pas pris tout ce temps pour faire le budget que vous essayez de faire.
00:14:14Vous ne l'avez toujours pas fini, d'ailleurs.
00:14:18Elle avait dit aussi que c'était du parisianisme.
00:14:2181% – madame Veil vous l'a rappelé hier – des auditeurs de France Inter et de Radio France en général
00:14:29n'habitent pas l'île de France.
00:14:32C'est un taux supérieur à celui des Français.
00:14:36Et donc j'ai rétabli dans un papier, dans un édito, ces vérités.
00:14:42C'est ça, s'occuper de Rachida Dati.
00:14:45Et puis, deuxième papier, c'était après que – je reprends l'expression de Patrick Cohen –
00:14:52après que madame Dati a sauté à la gorge de Patrick Cohen dans un accès de provocation
00:14:57qui me font penser à ce qui se passe en Italie, aux États-Unis, avec le trumpisme
00:15:03et ce qui se passe dans la presse des pays libéraux qui sont soumis à ce genre de montée de l'extrémisme.
00:15:13Madame Dati avait donc sauté à la gorge de Patrick Cohen.
00:15:22Il vous l'a expliqué.
00:15:22Et donc moi, j'avais fait un papier pour expliquer qu'au moins dans la forme,
00:15:26si ce n'est dans le fond, parce qu'on ne connaît pas très bien idéologiquement ce que représente madame Dati,
00:15:31c'était du trumpisme.
00:15:33Non, je finis juste sur cette question, parce que c'est quand même le cœur du truc.
00:15:37Cette question-là a fait que vous êtes tous réunis ici, qu'avec l'argent du contribuable,
00:15:43puisque souvent vous aimez citer l'argent du contribuable, l'argent du contribuable,
00:15:46on est tous réunis ici pour parler de mon café avec Patrick Cohen, 5,50 euros, comme il vous l'a dit.
00:15:52Monsieur Legrand, pardon, non, monsieur Legrand, là je ne peux pas vous laisser dire ça.
00:15:56On est réunis ici parce qu'il y a une commission d'enquête sur l'audituel public.
00:16:00Pardon, je rétablis quelques vérités.
00:16:01On n'est pas ici avec l'argent du contribuable, on est payé par les Français, effectivement, pour exercer notre mise.
00:16:07Je termine, monsieur Legrand, non mais je termine, parce qu'on avait jusqu'à maintenant des échanges courtois et respectueux.
00:16:11Pardon, je termine, s'il vous plaît.
00:16:12Je termine, monsieur le rapporteur, chers collègues, je termine.
00:16:16C'est le droit, et c'est même le rôle des députés, de créer des missions d'information ou des commissions d'enquête.
00:16:22C'est un droit de tirage absolu, c'est prévu par la Constitution française, la capacité de créer des commissions d'enquête.
00:16:27Celle-ci est créée par le groupe UDR, que monsieur Alonc représente, puisqu'il est le rapporteur de cette commission d'enquête,
00:16:34et elle exerce une mission de contrôle sur l'audiovisuel public.
00:16:37C'est le rôle des députés de pouvoir exercer leur mission de contrôle.
00:16:40Ensuite, il y a les questions, on peut remettre en cause les questions, la tonalité, le caractère des échanges,
00:16:45mais le principe même des commissions d'enquête est prévu par le règlement de notre Constitution.
00:16:50Je vous laisse terminer, monsieur Legrand.
00:16:51Je vous l'accorde et je retire, d'accord.
00:16:54Je suis d'ailleurs devant cette commission d'enquête et je suis ravi de pouvoir m'expliquer.
00:16:59Juste une petite précision.
00:17:01Nous, les commentateurs politiques, les éditorialistes, nous avons affaire finalement à deux sortes de responsables politiques.
00:17:07Nous devons commenter et expliquer les paroles de deux sortes de personnages politiques.
00:17:13Prenons la famille politique de Rachida Dati.
00:17:16Prenons par exemple quelqu'un comme monsieur Retailleau.
00:17:19Monsieur Retailleau, j'ai fait beaucoup d'éditos et vous imaginez, ils sont plutôt critiques.
00:17:25Monsieur Aloncle ?
00:17:27Oui, je finis, oui.
00:17:30J'ai fait des éditos plutôt critiques de monsieur Retailleau dans Libération,
00:17:35mais monsieur Retailleau, ce sont des idées et des actes.
00:17:37On peut faire de la politique.
00:17:39C'est intéressant.
00:17:40Le dernier édito que j'ai fait sur monsieur Retailleau, c'était pour parler de sa notion d'ordre
00:17:44et j'avais comme idée de dire que pour monsieur Retailleau, l'ordre était un but et non pas un moyen
00:17:50et que c'était dans la tradition finalement conservatrice et réactionnaire depuis le XIXe siècle.
00:17:55Je faisais une filiation politique.
00:17:56C'était une explication qui est tout à fait contestable, si vous voulez la contester, mais qui était la mienne.
00:18:02Quand vous voulez traiter en revanche des personnages politiques comme Rachida Dati,
00:18:07avant de parler politique et idée, il faut d'abord enlever le papier peint de la provocation,
00:18:13il faut faire du fact-checking sur les mensonges.
00:18:16C'est ce que j'ai fait et voilà, je voulais vous éclairer là-dessus.
00:18:19Et ça, c'est ça, s'occuper de Rachida Dati.
00:18:23Je voudrais revenir sur le contexte comme on l'a fait avec monsieur Cohen juste avant
00:18:28de ce café qui a été pris en juillet dernier avec deux responsables du Parti Socialiste,
00:18:34Luc Broussy qui est président du Conseil national du PS et Pierre Jouvet, eurodéputé secrétaire général du PS.
00:18:40Vous avez déclaré lors de ce rendez-vous, nous on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick et moi.
00:18:45J'ai très attentivement écouté vos propos liminaires et à un moment, d'ailleurs, vous avez arrêté.
00:18:50Vous avez dit, cette phrase choque.
00:18:54Là, vous avez émis un moment de silence.
00:18:56Je me suis dit, enfin un aveu.
00:18:59Et vous avez embrayé en disant, cette phrase choque parce qu'elle a été montée.
00:19:02Mais, monsieur Laurent, il y a un constat d'huissier qui a été fait.
00:19:08D'ailleurs, que monsieur Cohen ne nie pas, puisque visiblement dans l'audition précédente,
00:19:11monsieur Cohen explique qu'il a eu connaissance de ce constat d'huissier.
00:19:16Je vais citer le constat d'huissier.
00:19:18Il dit, je constate que les sous-titres précités sont conformes au rush qu'il m'a été donné de voir et entendre à ce jour.
00:19:24À titre complémentaire, j'atteste de la conformité des propos rapportés dans l'article publié le 5 septembre 2025
00:19:29sur le site de la société requérante et intitulé Révélation.
00:19:34Comment vous pouvez, devant la représentation nationale, alors que vous avez prêté serment,
00:19:41nous dire que cette phrase vous choque parce qu'elle a été montée ?
00:19:45Alors, monsieur le rapporteur, vous faites plusieurs erreurs.
00:19:53Je vais mettre ça sur le coup de l'erreur plutôt que du mensonge.
00:19:55Vous faites plusieurs erreurs.
00:19:56Le constat d'huissier se base sur un autre extrait, celui où il y a 11 points de montage.
00:20:04Comment est-ce que vous pouvez continuer à dire qu'il y a eu montage, que la phrase
00:20:10« Nous, on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick, en l'occurrence Patrick Cohen et moi » vous choque
00:20:16parce qu'elle a été montée alors que 1, le rush complet a été publié sur les réseaux sociaux
00:20:21et que 2, un constat d'huissier a été fait sur l'intégralité de la vidéo
00:20:24qui explique que ce n'est pas fallacieux, qu'il n'y a pas de trucage
00:20:28et que les propos ont bien été tenus par vous, monsieur Legrand ?
00:20:33L'huissier dit simplement que ce que je dis correspond au sous-titre.
00:20:39Ça, c'est vrai.
00:20:40Il ne parle pas de ce que je ne dis pas parce que ça a été monté
00:20:43ou de ce que ne disent pas les 2 socialistes ou Patrick Cohen parce que ça a été retiré.
00:20:48Et vous avez parlé de l'autre vidéo du rush un peu plus long.
00:20:53Le rush un peu plus long montre justement que c'était une discussion en battant au pu.
00:20:56Voilà pourquoi ils l'ont monté.
00:20:58Donc, on peut continuer sur le montage.
00:21:01Moi, je vous dis que cet entretien qui a duré une heure et quart,
00:21:06commencé par une explication de gravure sur mes papiers et sur des papiers,
00:21:10des articles, devrais-je dire, pour ne pas utiliser de jargon journalistique,
00:21:13des articles de Patrick Cohen et de moi-même.
00:21:17Il vous en a cité quelques extraits.
00:21:20On peut continuer sur le montage.
00:21:22L'huissier dit que mes paroles correspondent au sous-titre.
00:21:26L'huissier ne dit rien de ce qui a été supprimé.
00:21:29Et le rush dont vous me parlez montre effectivement que c'est une discussion à bâton rompu.
00:21:34J'ai entendu, enfin, j'ai lu un certain nombre d'articles qui expliquent que, par exemple,
00:21:38madame Laurence Bloch, l'ancienne directrice de France Inter, vous conseille,
00:21:42vous aurez coaché pour cette audition, vous conseillant de justifier ou d'admettre à minima une maladresse.
00:21:48Est-ce que devant nous, devant les députés qui sont présents cet après-midi,
00:21:51vous convenez à minima d'une maladresse ?
00:21:53Ou est-ce que vous persistez à dire la phrase « choc » parce qu'elle a été montée dans votre propos liminaire ?
00:22:00La maladresse que je concède, c'est d'avoir parlé peut-être imprudemment dans un café.
00:22:06Je ne vais pas suivre le conseil de madame Veil, qui l'a dit hier, qui l'a prononcé hier,
00:22:13de façon ironique, de ne plus aller dans les cafés.
00:22:15Ça serait quand même assez dramatique que les journalistes et les hommes politiques
00:22:19ne puissent plus aller dans des cafés sans être, sans penser qu'ils vont être écoutés,
00:22:26sans penser qu'ils vont être enregistrés.
00:22:30Et là, il s'agissait d'ailleurs, non pas d'un rendez-vous entre un journaliste et un homme politique,
00:22:35mais un rendez-vous entre deux collègues, même si c'était ma patronne.
00:22:40Vous faites référence à ce rendez-vous, monsieur Aloncle.
00:22:46Vous êtes au courant que ce rendez-vous a été enregistré ?
00:22:51Vous êtes au courant qu'il y a un enregistrement qui a été fait ?
00:22:53Est-ce que vous savez comment cet enregistrement a été fait ?
00:22:55Pourquoi cet enregistrement a été fait ?
00:22:57Par qui cet enregistrement a été fait ?
00:22:59Dans d'autres circonstances, je dirais qu'on ne doit pas révéler ses sources.
00:23:06Comme je dénie le statut de journaliste à ceux qui ont fait ça,
00:23:08d'ailleurs, ils n'ont pas respecté les règles,
00:23:11je vous demande si vous savez que ce que vous avez commenté est basé sur une infraction.
00:23:22Vous expliquez, et je vous cite dans votre propos liminaire,
00:23:25vous parlez de diffusion de fake news qui portent atteinte à l'ordre public,
00:23:28vous parlez d'intimidation pour vous et votre famille,
00:23:31vous parlez de barbouserie,
00:23:33vous parlez même aussi d'enregistrement frauduleux.
00:23:35Est-ce que vous maintenez tous ces propos ?
00:23:39Est-ce que vous comptez d'ailleurs poursuivre pour diffusion de fake news,
00:23:44notamment vos confrères d'Europe 1 ?
00:23:46Est-ce que vous niez d'ailleurs la teneur des échanges
00:23:48que vous auriez eus avec Laurence Bloch il y a quelques jours ?
00:23:51Je maintiens tout.
00:23:53Et d'ailleurs, vous ne pouvez pas faire autrement,
00:23:55monsieur le rapporteur, je suis désolé, c'est la loi,
00:23:56vous ne pouvez pas faire autrement que de constater
00:23:58qu'enregistrer une discussion entre deux personnes privées
00:24:05dans un café et s'en servir pour faire des papiers
00:24:10et en plus falsifier.
00:24:12Si vous voulez, je peux reprendre tout ce que vous avez dit
00:24:14concernant Emmanuel Grégoire aussi.
00:24:17Parce que hier, vous avez dit,
00:24:19si vous me permettez de reprendre, vous avez dit...
00:24:22Oui, propos qui ont été cités par Europe 1.
00:24:25Alors moi, j'attends, je ne sais pas si, monsieur le président,
00:24:28vous pouvez demander la bande,
00:24:31parce que s'agissant...
00:24:33On va prendre les choses dans l'ordre.
00:24:34S'agissant d'Emmanuel Grégoire,
00:24:35vous avez dit hier, je crois, je n'ai pas noté,
00:24:37mais je crois, vous avez dit que
00:24:39on prévoyait avec Mme Bloch
00:24:44de fomenter une sorte de complot avec Emmanuel Grégoire
00:24:50pour finalement ruiner cette commission.
00:24:55Alors, ce qui s'est passé,
00:24:56je vais vous dire quand même ce qu'on s'est dit,
00:24:58on a parlé d'Emmanuel Grégoire,
00:24:59je vais vous dire ce qu'on s'est dit,
00:25:01et ça a été enregistré,
00:25:02et j'aimerais bien avoir la bande,
00:25:03on s'est dit, Mme Bloch et moi,
00:25:05on préparait cette audition,
00:25:06on discutait, je lui demandais des conseils,
00:25:09et elle me dit,
00:25:10on a un peu fait le tour de tous ceux qui étaient là,
00:25:13de vous tous,
00:25:13et elle m'a dit qui, à ton avis,
00:25:17qui va plutôt vous soutenir, vous défendre,
00:25:20et compte tenu de la proposition de loi sur la presse
00:25:23qu'avait fait récemment,
00:25:25qu'a proposé récemment M. Emmanuel Grégoire,
00:25:29une proposition de loi que je trouve assez positive,
00:25:32si vous voulez qu'on la détaille,
00:25:34on pourra le faire,
00:25:35je me disais que peut-être qu'on aurait une oreille attentive,
00:25:38mais c'est tout, c'est tout,
00:25:40et je crois lui avoir dit,
00:25:41de toute façon, je crois qu'il ne vient jamais,
00:25:43il a autre chose à faire,
00:25:43il est en train de négocier avec les écologistes,
00:25:45il ne vient jamais,
00:25:46je n'ai pas appelé M. Alloncle,
00:25:48je parle sous serment,
00:25:50vous parlez aussi sous serment,
00:25:52je pense, non ?
00:25:52Non, vous avez le droit,
00:25:54il n'y a que moi qui n'ai pas le droit de mentir,
00:25:55ok, alors,
00:25:57c'est très bien,
00:25:58allez, avançons,
00:25:59donc, je n'ai pas téléphoné,
00:26:01ni rencontré M. Emmanuel Grégoire,
00:26:04depuis, au moins,
00:26:05je crois que j'ai pris un café avec lui,
00:26:09quand j'étais éditorialiste,
00:26:11et c'est tout.
00:26:12Je ne l'ai pas rencontré.
00:26:13Très bien, je propose d'avancer,
00:26:15parce qu'Emmanuel Grégoire est membre de cette commission d'enquête,
00:26:17allez-y.
00:26:18On peut,
00:26:19attendez,
00:26:20il y a aussi les conseils de Mme Bloch,
00:26:22alors c'était quoi ?
00:26:23Il va répondre,
00:26:24M. Rapportant.
00:26:25Allez-y, posez vos questions.
00:26:26Merci M. Legrand,
00:26:27parce que j'ai l'impression que vous mettez beaucoup en cause,
00:26:31notamment sur les propos que j'ai pu tenir hier,
00:26:33lors de l'audition de Mme Sybille Veil,
00:26:35que j'assume parfaitement,
00:26:36puisque j'ai retrouvé l'article d'Europe 1,
00:26:38qui date d'hier aussi,
00:26:39que j'ai cité.
00:26:41Je m'en suis arrêté à simplement citer cet article-là.
00:26:44Si vous avez des problèmes,
00:26:44n'hésitez pas à attaquer vos confrères d'Europe 1 devant la justice,
00:26:48si vous estimez que c'est diffamatoire.
00:26:51Je vais à nouveau les citer,
00:26:52et je vais vous demander de vous en expliquer.
00:26:54Lors de ce café avec Laurence Bloch,
00:26:56elle vous aurait expliqué,
00:26:58je la cite,
00:26:59« Toi, tu le connais bien, Emmanuel Grégoire,
00:27:01tu peux lui demander de te soutenir pendant la commission. »
00:27:05Et elle a ajouté,
00:27:06et je la cite aussi,
00:27:07« Il peut aussi dire que tu n'as pas eu d'influence dans la campagne pour la mairie de Paris,
00:27:11en référence à vos propos que vous avez tenus,
00:27:13faire ce qu'il faut pour Dati. »
00:27:17Monsieur Legrand,
00:27:19est-ce qu'il y a un moment,
00:27:20vous allez arrêter de me mettre en cause sur des propos que j'ai tenus,
00:27:24sachant que je ne fais que relayer des articles de vos confrères,
00:27:28je ne fais que relayer,
00:27:30et d'ailleurs, j'en profite aussi,
00:27:31celui qui vous a précédé,
00:27:33Monsieur Cohen,
00:27:34expliquait qu'il y avait eu près de 900 articles
00:27:36sur la fameuse affaire Patrick Cohen et Thomas Legrand,
00:27:40et vous expliquez que c'était simplement une sorte de cabale
00:27:42suscité par CNews,
00:27:44et qu'il n'y avait eu quasiment que CNews qui en avait parlé.
00:27:46C'est vos propos liminaires.
00:27:47Bon, Monsieur Cohen expliquait qu'il y avait eu un émoi généralisé dans toute la presse,
00:27:51qu'il y avait eu près de 900 articles.
00:27:53Donc, me faire écho de ces articles-là en tant que représentant du peuple
00:27:56et vous poser ces questions sans aucune forme de dénigrement ou de diffamation,
00:28:01je vais simplement vous demander de répondre à la question.
00:28:02Est-ce que vous avez tenu oui ou non ces propos ?
00:28:05Si vous affirmez ne pas les avoir tenus,
00:28:06est-ce que vous comptez attaquer vos confrères d'Europe 1 en justice ?
00:28:11Alors, sur les 900 articles,
00:28:13Patrick Cohen a bien détaillé que quasiment tout
00:28:16était du fait du groupe Bolloré,
00:28:20des titres du groupe Bolloré.
00:28:22En tout cas, c'est les chiffres qu'il a et qu'on a en commun.
00:28:31Deuxièmement, les propos que vous avez tenus, les citations.
00:28:36Alors, je dois dire que peut-être que, je ne m'en souviens pas,
00:28:42mais c'est tout à fait possible que Laurence Bloch,
00:28:45dans un café préparatoire, se demande
00:28:48est-ce que ça vous étonne et est-ce que ça vous choque
00:28:51se demande et me demande qui parmi vous sera plutôt contre ou avec ?
00:28:57Et est-ce que c'est possible qu'elle m'ait demandé ça ?
00:29:01Oui, peut-être, c'est possible.
00:29:03Et moi, ce que je peux vous dire,
00:29:05c'est que ni elle ni moi n'avons passé de coup de fil à M. Grégoire
00:29:13et que ça ne me serait pas venu à l'idée de lui demander une quelconque aide.
00:29:20On s'est simplement demandé si, au cours de cette réunion,
00:29:24il serait plutôt favorable à nous.
00:29:27Maintenant, vous n'avez pas répondu à ma question.
00:29:29Je sais, vous avez dit tout à l'heure que ce n'est pas à nous de poser des questions.
00:29:31Mais là, c'est un peu grave, M. le rapporteur.
00:29:33C'est un peu grave.
00:29:33Vous savez que tous vos commentaires, en ce moment, sont basés sur un enregistrement.
00:29:38Est-ce que vous savez qu'il y a un enregistrement ?
00:29:42Mes commentaires, M. Legrand.
00:29:46Je vois d'ailleurs votre pratique de journaliste,
00:29:49pratique aussi de Patrick Cohen.
00:29:51Je vais vous répondre.
00:29:52Mais ce n'est à nouveau pas le lieu.
00:29:53Le lieu, ici, en commission d'enquête,
00:29:54c'est que vous répondiez aux questions du rapporteur
00:29:56et des députés qui sont présents.
00:29:57Mais je vais quand même vous répondre.
00:29:59Mes propos sont basés sur des articles
00:30:01qui ont été rédigés par certains de vos confrères,
00:30:04en l'occurrence européens.
00:30:06J'ai encore l'article devant moi.
00:30:08Je vous ai cité exactement les propos
00:30:10qui sont sortis sur cet article.
00:30:13Est-ce que oui ou non ?
00:30:14Vous m'avez répondu.
00:30:15Et d'ailleurs, vous avez un peu modifié votre réponse.
00:30:17Vous vous dites, j'ai peut-être tenu ces propos.
00:30:19Ou alors Laurence Bloch les a peut-être tenus,
00:30:21mais j'ai des difficultés à m'en souvenir.
00:30:23Je vois déjà que vous changez un peu de version.
00:30:26Est-ce que oui ou non ce qu'a fait eu lieu ?
00:30:28Est-ce que oui ou non Laurence Bloch vous a conseillé
00:30:30sur la tenue de cette audition ?
00:30:32Est-ce qu'elle a impliqué M. Grégoire, député socialiste,
00:30:35pour vous venir en aide lors de cette audition ?
00:30:38Et si ce n'est pas le cas,
00:30:40je vous conseille d'attaquer vos confrères d'Europe 1
00:30:42parce que ce serait de la diffamation et ce serait grave.
00:30:44Donc n'hésitez pas à les attaquer
00:30:45si vous considérez que vous n'avez jamais tenu ces propos.
00:30:49Si, je vais répondre.
00:30:49Excusez-moi.
00:30:51Parce que là, c'est un petit peu grave.
00:30:53Je prends un ton un peu plus de gravité.
00:30:58Je rappelle que je prends un café
00:31:01avec mon ancienne patronne,
00:31:03qui est aussi une amie,
00:31:06dans son quartier,
00:31:08dans un café.
00:31:09Nous nous sommes mis d'accord pour ce café
00:31:11sans trop de précaution
00:31:14parce que nous nous sommes envoyés des SMS.
00:31:17Et il y avait quelqu'un qui nous a enregistrés.
00:31:23Il y avait quelqu'un qui nous a enregistrés.
00:31:25Il y a un enregistrement, M. Alloncle.
00:31:27Il y a un enregistrement puisque...
00:31:28Attendez.
00:31:30M. Pro l'a dit.
00:31:31Il a même dit...
00:31:32Il a même dit...
00:31:33Il y a un enregistrement,
00:31:34mais...
00:31:35L'air goguenard,
00:31:36mais on ne peut pas...
00:31:37On n'a pas le droit de le diffuser.
00:31:40Donc, il n'a pas le droit ni de le faire
00:31:42ni de le diffuser.
00:31:43Donc, ça, excusez-moi,
00:31:45mais on arrive à un point,
00:31:46un point de gravité
00:31:48que, me semble-t-il,
00:31:51dans l'histoire récente,
00:31:52dans l'histoire depuis l'après-guerre
00:31:54du journalisme français,
00:31:55on n'avait jamais atteint.
00:31:58Je vous informais simplement
00:32:00puisque vous usez et abusez...
00:32:02Si je réponds,
00:32:04là, je réponds.
00:32:05Vous usez et abusez
00:32:07de ces papiers d'Europe 1.
00:32:09Je vous informe simplement,
00:32:10si vous ne le savez pas,
00:32:11que vous le faites sur une base
00:32:12qui est factuellement fausse
00:32:14et qui est juridiquement répréhensible.
00:32:17Je vous informe.
00:32:18Je vous conseille d'ailleurs d'arrêter
00:32:20parce que c'est faux
00:32:21et c'est sur une base d'espionnage.
00:32:24Maintenant, ce que j'ai pu dire
00:32:26à Laurence Bloch,
00:32:28où là, il faudrait que je réécoute la bande.
00:32:29Ça m'intéresserait de la réécouter.
00:32:31Et la question...
00:32:33Je vous réponds.
00:32:33Je vous réponds.
00:32:35Ça vous est égal que tout ça soit illégal ?
00:32:37Je vous réponds quand même.
00:32:39J'ai le droit de ne pas y répondre,
00:32:41mais j'ai envie de vous répondre,
00:32:41donc je vais vous répondre.
00:32:43Si, si, si.
00:32:44J'ai le droit de ne pas répondre.
00:32:45Écoutez, il y a une infraction.
00:32:48Il y a une...
00:32:49On a porté plainte.
00:32:51Et voilà.
00:32:52Donc j'ai le droit de ne pas vous répondre,
00:32:53mais je vous réponds.
00:32:55La question, c'était...
00:32:57Est-ce que...
00:32:58Je crois que c'était sur Emmanuel Grégoire.
00:33:00C'est ça.
00:33:00On y revient.
00:33:01Bon, je n'ai pas appelé Emmanuel Grégoire.
00:33:03Ce n'est pas...
00:33:03Je ne complote pas avec Emmanuel Grégoire.
00:33:05Je ne connais pas Emmanuel Grégoire.
00:33:07Je lui ai téléphoné une fois,
00:33:08je crois, quand j'étais éditorialiste
00:33:09il y a quelques années à France Inter.
00:33:12Vous avez dit aussi hier
00:33:13que Mme Bloch était choquée
00:33:18par la phrase sur Dati.
00:33:20Eh oui, elle a dit exactement, je crois.
00:33:24Oui, oui.
00:33:24Elle a dit exactement.
00:33:25En tant que citoyenne,
00:33:26quand j'entends une phrase comme ça,
00:33:27c'est choquant.
00:33:28Moi, je vous dis,
00:33:28quand j'entends une phrase comme ça,
00:33:30c'est choquant aussi, en tant que citoyen.
00:33:31Voilà.
00:33:32C'est tout.
00:33:32Je vous le dis.
00:33:33Et si c'est choquant,
00:33:34c'est parce qu'on n'a pas la suite.
00:33:35Quand on a tout le contexte
00:33:36et qu'on connaît le jargon journalistique,
00:33:38quand je peux expliquer,
00:33:39et je pense que ceux qui l'ont entendu
00:33:41l'ont entendu,
00:33:43on n'est plus choqués.
00:33:44On peut peut-être passer à autre chose,
00:33:46à moins que vous...
00:33:47Est-ce que vous diriez que si
00:33:50nous avions la borde en entier,
00:33:51moi, je ne l'ai pas vue en entier,
00:33:53nous aurions une analyse différente
00:33:55ou certains auraient une analyse différente ?
00:33:56Est-ce que je traduis bien vos pensées
00:33:57en disant que la phrase prise isolément...
00:34:00Laquelle ? Dati ?
00:34:01Dati peut être qualifiée de maladresse,
00:34:03mais que si la bande permettait
00:34:05d'appréhender l'échange en entier,
00:34:07je vais être sûr qu'on comprenne
00:34:08ce que vous dites.
00:34:09Depuis tout à l'heure, pardon,
00:34:10je ne comprends pas.
00:34:11Franchement, je ne me souviens pas
00:34:13ce qu'on se dit après.
00:34:14Je me souviens qu'on évoque
00:34:15les affaires de Mme Dati
00:34:16et je me souviens que j'ai évoqué
00:34:18dans la foulée ou peut-être avant
00:34:20les deux papiers dont je vous parlais
00:34:23s'occuper...
00:34:25D'ailleurs, ce n'est pas occupé,
00:34:26ce n'est pas le mot,
00:34:27mais en tout cas,
00:34:28traiter le cas de Mme Dati,
00:34:29c'est un jargon journalistique,
00:34:31je traite...
00:34:32Là, j'ai fait deux papiers.
00:34:33Donc je pense que si on a l'intégralité,
00:34:35on comprend.
00:34:36Mais de toute façon,
00:34:37ce sont des propos qui utilisent un jargon,
00:34:41ce sont des propos qui ne sont pas tenus...
00:34:43Je n'aurais pas tenu ces propos en public
00:34:45devant un public non averti
00:34:46de ce qu'est la vie politique,
00:34:48de ce qu'est la vie journalistique,
00:34:49de ce qu'est le jargon journalistique.
00:34:52Tout à l'heure,
00:34:53quand je vous ai dit à chacun d'entre vous,
00:34:54souvenez-vous du dernier café
00:34:56que vous avez pris avec un homme politique.
00:35:00J'imagine que ça doit vous provoquer
00:35:03quelques frissons.
00:35:04Si on prend vos discussions,
00:35:07nos discussions,
00:35:08et c'est normal qu'on le fasse,
00:35:10si on prend tout ça
00:35:11et qu'on le charcute
00:35:12et qu'on le livre...
00:35:13Vous avez évoqué aussi
00:35:16tout à l'heure
00:35:18le fait que ça puisse retomber sur ma famille.
00:35:23Il y a eu un bashing
00:35:24pendant trois mois,
00:35:25enfin, pendant deux semaines d'abord,
00:35:27mais ça a duré trois mois,
00:35:29mais pendant deux semaines,
00:35:30il y a eu un bashing
00:35:30sur Patrick Cohen et moi,
00:35:34incroyable,
00:35:34sur C News et Europe 1.
00:35:37Il a été dit...
00:35:37Ma femme a une association
00:35:39qui s'appelle Transsonore
00:35:41et qui fait de l'éducation aux médias
00:35:43dans les quartiers difficiles.
00:35:45Elle fait faire des reportages
00:35:47à des lycéens et des collégiens
00:35:49avec son association
00:35:50qu'elle a créée il y a quatre ans.
00:35:52Elle se paye depuis deux ans
00:35:53pour faire des reportages
00:35:56à des collégiens et des lycéens
00:35:59justement pour apprendre
00:36:01le métier du journaliste,
00:36:02en tout cas pour savoir
00:36:05faire la différence
00:36:06entre de l'information
00:36:07et des fake news.
00:36:11Cette question du journalisme
00:36:14et de la compréhension
00:36:15par le grand public
00:36:16et par les enfants,
00:36:17ça passe par les enfants,
00:36:18du journalisme,
00:36:19c'est quelque chose
00:36:19qui me touche beaucoup.
00:36:20Vous évoquez donc effectivement
00:36:21la polémique qui était sortie
00:36:23sur les subventions
00:36:24accordées par des exécutifs
00:36:26du Parti Socialiste
00:36:27à votre compagne.
00:36:29Je me permets de remettre
00:36:30dans le contexte
00:36:31ce qui avait été dénoncé,
00:36:32c'est qu'il y avait eu
00:36:33des dizaines de milliers d'euros
00:36:34accordés par des exécutifs
00:36:36de Seine-Saint-Denis,
00:36:37du Parti Socialiste,
00:36:39de M. Stéphane Troussel,
00:36:40de la ville de Paris,
00:36:41de Mme Hidalgo,
00:36:42du Pré-Saint-Gervais,
00:36:43de M. Laurent Baron.
00:36:45C'était la polémique
00:36:46qui était sortie,
00:36:46ça me permet de remettre
00:36:47dans le contexte.
00:36:48Je ne comptais pas d'ailleurs
00:36:48vous poser cette question-là,
00:36:50c'est vous qui l'avez
00:36:50mise sur la table,
00:36:53mais ça permet
00:36:53de mettre dans le contexte.
00:36:55Vous avez bien vu
00:36:58que depuis le début,
00:36:59je n'ai jamais posé
00:37:01et je n'ai jamais posé
00:37:03de questions sur la méthode.
00:37:04Je vous ai posé
00:37:04des questions sur le fond,
00:37:05ce sera ma dernière question
00:37:07sur la fameuse phrase
00:37:08« Nous, on fait ce qu'il faut
00:37:09pour Dati, Patrick et moi ».
00:37:12Je n'ai pas posé
00:37:13des questions sur la méthode.
00:37:14À chaque fois,
00:37:14vous me répondez
00:37:15sur la méthode,
00:37:16sur le fond du propos.
00:37:18Et je vous assure
00:37:19que j'étais certain
00:37:20que vous alliez
00:37:21faire un minima
00:37:21amende honorable
00:37:22et nous dire
00:37:23« Effectivement,
00:37:24je n'aurais pas dû
00:37:25tenir ses propos
00:37:26devant des cadres
00:37:27du Parti Socialiste.
00:37:28Je suis un journaliste,
00:37:29j'ai des règles de déontologie.
00:37:31C'était une maladresse
00:37:32à minima. »
00:37:32J'étais persuadé
00:37:33que vous alliez nous dire ça
00:37:34et vous continuez
00:37:35comme M. Cohen
00:37:36qui n'a pas tenu ses propos
00:37:37mais qui en a été témoin
00:37:38à nous dire
00:37:40« Au fond,
00:37:41je ne regrette rien.
00:37:42La phrase est choquante
00:37:43parce qu'elle a été montée
00:37:45alors que le consulat du CIE
00:37:46dit l'inverse.
00:37:47Et ce sera ma dernière question.
00:37:48Est-ce que vous maintenez
00:37:49cette version
00:37:49ou est-ce que vous exprimez
00:37:51à minima
00:37:51une forme de regret
00:37:52sur cette phrase
00:37:53qui a été prononcée ? »
00:37:54Vas-y M. Legrand,
00:37:55il pourrait répondre
00:37:55plus largement.
00:37:56Alors donc,
00:37:58en réalité,
00:37:59quand M. le rapporteur,
00:38:01on ne répond pas
00:38:03à la question
00:38:05de la façon
00:38:06que vous le souhaitez,
00:38:07vous la reposez.
00:38:08Vous voulez une autocritique ?
00:38:09Vous voulez que je fasse
00:38:10une autocritique
00:38:10à la soviétique ?
00:38:13Enfin,
00:38:14c'est quand même
00:38:15assez hallucinant.
00:38:16Alors, non,
00:38:17non,
00:38:17je ne regrette pas
00:38:18d'avoir prononcé
00:38:21ces propos.
00:38:22La seule chose
00:38:22que je regrette,
00:38:23c'est qu'ils aient été
00:38:24filmés
00:38:25et qu'ils aient été
00:38:26montés.
00:38:27Voilà.
00:38:29Et alors,
00:38:29je voulais finir
00:38:30parce que vous avez réévoqué
00:38:31l'association de ma femme,
00:38:32des dizaines de milliers
00:38:33d'euros.
00:38:34C'est une association
00:38:34dont le but,
00:38:38je vous ai expliqué
00:38:38ce but,
00:38:39et dans les débats
00:38:40sur Europe 1
00:38:42et sur CNews,
00:38:44il était dit
00:38:44que cette association
00:38:45était faite
00:38:46pour que les socialistes
00:38:48puissent m'enrichir,
00:38:49que les socialistes
00:38:50puissent donner
00:38:51de l'argent
00:38:52à mon association
00:38:52pour que je dise
00:38:53du bien
00:38:53des socialistes
00:38:54dans Libération
00:38:56ou à France Inter.
00:38:57La teneur des débats
00:38:58était absolument incroyable.
00:39:01Ma femme,
00:39:01qui n'a rien à voir
00:39:02avec tout ça,
00:39:03a reçu des milliers
00:39:04et des milliers
00:39:05de messages
00:39:05dont des menaces
00:39:06de mort.
00:39:07Elle a dû porter plainte
00:39:08parce qu'elle a été
00:39:09menacée de mort.
00:39:10si on fait le total
00:39:13de l'enregistrement
00:39:15d'une conversation
00:39:16d'une...
00:39:18Excusez-moi,
00:39:19M. Ballard,
00:39:20chers confrères,
00:39:22oui,
00:39:22si on fait...
00:39:24Je fais votre travail,
00:39:25M. le Président.
00:39:26Si on fait
00:39:26le total
00:39:29de l'enregistrement
00:39:31frauduleux
00:39:32de ces attaques
00:39:34envers ma famille,
00:39:35des heures et des heures,
00:39:37des jours et des jours
00:39:38de bashing,
00:39:39de surexposition
00:39:40de ces affaires,
00:39:43on a un tableau
00:39:43qui devient inquiétant
00:39:45pour la pratique
00:39:47de la presse.
00:39:48Vous faites partie
00:39:49d'un mouvement politique
00:39:51qui est allié
00:39:52au Rassemblement national.
00:39:53Les sondages
00:39:54sont très bons
00:39:56pour vous.
00:39:57Vous allez peut-être
00:39:58avoir des responsabilités
00:39:59dans l'exécutif.
00:40:01Vous allez peut-être
00:40:01être au pouvoir.
00:40:02Et je veux simplement
00:40:04qu'on comprenne
00:40:07à la teneur
00:40:08de vos questions,
00:40:09aux références
00:40:10que vous faites,
00:40:12c'est-à-dire
00:40:12vous commentez
00:40:13des enregistrements
00:40:14illégaux, etc.
00:40:16C'est un peu inquiétant
00:40:16pour la suite.
00:40:18Je ne travestis pas
00:40:19vos propos.
00:40:21Vous continuez à dire
00:40:22que vous ne regrettez pas
00:40:23cette phrase.
00:40:24Vous l'assumez.
00:40:25Et je pense
00:40:26qu'on peut conclure.
00:40:27On peut fermer
00:40:28cette parenthèse-là.
00:40:29Mais non,
00:40:29mais pour que ce soit clair,
00:40:30M. Le Grand,
00:40:32vous semblez
00:40:32vous vous amuser
00:40:33de mes propos.
00:40:35Vous semblez d'ailleurs
00:40:35dire que
00:40:36cette commission d'enquête
00:40:37et les travaux qu'on mène
00:40:38et le fait
00:40:39que vous soyez parmi nous
00:40:40est inquiétant
00:40:41pour la suite
00:40:42en faisant référence
00:40:43notamment au sondage
00:40:44de Rassemblement National
00:40:45et de l'UDR
00:40:46qui pourrait nous mener
00:40:47au pouvoir
00:40:48et qui a fait
00:40:49qu'on a d'ailleurs
00:40:50commis cette commission
00:40:51d'enquête.
00:40:52Je ne vous demande pas,
00:40:53nous ne vous avons pas
00:40:55auditionné
00:40:55pour vous demander
00:40:56de juger
00:40:57de l'opportunité
00:40:58et de la légitimité
00:40:59de cette commission d'enquête
00:41:00qui a été votée
00:41:01à majorité
00:41:02et qui est
00:41:03le souhait
00:41:03et l'expression
00:41:04de...
00:41:05Il y a eu un droit
00:41:06de tirage,
00:41:07elle a été votée
00:41:07dans une commission
00:41:08des affaires culturelles.
00:41:10Donc M. Le Grand,
00:41:11je vais vous demander
00:41:12de ne pas remettre en cause
00:41:13la légitimité
00:41:14de cette commission d'enquête
00:41:15qui a été votée
00:41:16en commission
00:41:16par les députés.
00:41:18Et c'est des accusations
00:41:19très graves.
00:41:19Non, non, M. Le Grand,
00:41:20ce n'est pas vous
00:41:21qui faites les questions.
00:41:22Encore une fois,
00:41:23vous jetez le discrédit
00:41:24sur cette commission d'enquête
00:41:26à chaque réponse
00:41:27que vous faites.
00:41:27Je vais maintenant
00:41:28vous demander
00:41:28qu'on avance
00:41:29et de répondre
00:41:30précisément
00:41:31aux questions
00:41:31que je vous pose.
00:41:32Donc on va fermer
00:41:33cette parenthèse
00:41:34sur cette phrase
00:41:35que vous avez prononcée.
00:41:36M. le rapporteur,
00:41:38j'essaye de...
00:41:39Non mais,
00:41:39c'est parce que c'est...
00:41:40Je suis interrompu à chaque fois.
00:41:41Non, non, non,
00:41:41vous n'êtes pas interrompu,
00:41:43je dis juste que
00:41:43c'est mon rôle
00:41:44de présider cette commission d'enquête
00:41:45donc on va avancer.
00:41:46On va avancer
00:41:47et laissez-moi présider
00:41:47et poser vos questions.
00:41:49J'essaye depuis le début
00:41:50quand je considère
00:41:51que M. Le Grand
00:41:51ne vous répond pas directement
00:41:52à votre question
00:41:52de lui demander de vous répondre,
00:41:53j'essaye d'organiser
00:41:54et de modérer les débats,
00:41:55chacun son rôle,
00:41:56allez-y pour les questions
00:41:57et je demanderai à M. Le Grand
00:41:58de vous répondre précisément.
00:41:59Allez-y M. le rapporteur.
00:42:00Merci M. le Président.
00:42:02Question précise.
00:42:03Il y a une autre phrase
00:42:04qui a retenu l'attention.
00:42:05Je vous cite,
00:42:06c'est en évoquant
00:42:07les différents scénarios possibles
00:42:09pour la prochaine élection présidentielle.
00:42:11Et vous expliquez,
00:42:12à moins que vous remettiez
00:42:13en cause à nouveau
00:42:13l'enregistrement,
00:42:14Glucksmann-Le Pen
00:42:15ce n'est pas fait,
00:42:16Philippe Le Pen
00:42:16c'est fait,
00:42:18voilà parce que
00:42:19Philippe Le Pen,
00:42:20moi je deviens fou.
00:42:21M. Le Grand,
00:42:22question simple,
00:42:23pourquoi est-ce que vous devenez fou
00:42:25dans un scénario
00:42:26Edouard Philippe,
00:42:27Marine Le Pen ?
00:42:29Donc c'est Edouard Philippe,
00:42:31président du parti
00:42:32Édouard Philippe,
00:42:33moi je deviens fou,
00:42:34alors oui c'est intéressant,
00:42:37je suis éditorialiste
00:42:38à Libération,
00:42:39s'il y a un deuxième tour
00:42:43entre Edouard Philippe
00:42:45et Marine Le Pen,
00:42:47je ne deviens pas fou,
00:42:47je sais exactement
00:42:48ce que je fais,
00:42:48je ne sais pas
00:42:51dans quel contexte
00:42:52j'ai dit ça
00:42:52mais j'assume,
00:42:54j'assume,
00:42:55enfin je peux,
00:42:57vous allez,
00:42:57ce n'est pas un scoop ici,
00:42:59de savoir que je suis
00:43:01plutôt à gauche,
00:43:04je suis plutôt à gauche,
00:43:06quand j'étais à France Inter,
00:43:07on pourra parler
00:43:08si vous voulez
00:43:08de la différence
00:43:09entre les éditos
00:43:10dans le service public
00:43:12et les éditos
00:43:13à Libération,
00:43:15mais ce que j'ai expliqué
00:43:21dans le passage
00:43:24dont vous parlez,
00:43:25j'expliquais,
00:43:27je commentais un de mes papiers
00:43:28qui était critiqué
00:43:29par les socialistes,
00:43:31mon analyse était la suivante,
00:43:35je critiquais le fait
00:43:36que les socialistes
00:43:37avaient l'air de dire,
00:43:38c'était la formule à l'époque,
00:43:40la gauche utile
00:43:42pour pouvoir accéder
00:43:44au second tour
00:43:45irait de Ruffin
00:43:47à Glucksmann,
00:43:49voilà,
00:43:50et ça me paraissait,
00:43:50c'était une analyse,
00:43:51je pourrais vous faire
00:43:52exactement la même analyse
00:43:53avec la droite,
00:43:54ça me paraissait
00:43:55un peu court,
00:43:57c'est-à-dire que je pensais
00:43:58que cette gauche-là
00:43:58était trop courte
00:44:00pour pouvoir,
00:44:01ou en tout cas trop faible,
00:44:02cet espace politique
00:44:03était trop faible
00:44:04pour pouvoir prétendre
00:44:05avoir une chance
00:44:06d'accéder au second tour
00:44:07et qu'il fallait plutôt aller
00:44:08de Ruffin
00:44:11à Canfin,
00:44:12ça rimait,
00:44:12c'était une expression
00:44:13journalistique,
00:44:14c'est-à-dire qu'il fallait
00:44:15que le Parti socialiste
00:44:17pense aussi,
00:44:18pense aussi au modéré,
00:44:20à ceux qui étaient partis
00:44:22du côté
00:44:23de chez M. Macron,
00:44:26c'était une analyse
00:44:27qui valait ce qu'elle valait,
00:44:29qui n'était peut-être
00:44:30pas très originale,
00:44:32qui ne serait plus valide
00:44:33aujourd'hui
00:44:34parce que le Parti socialiste
00:44:35a évolué
00:44:38et voilà ce que j'expliquais,
00:44:41c'était une discussion
00:44:42d'analyse politique
00:44:45comme vous en faites
00:44:46certainement chacun d'entre vous,
00:44:48beaucoup entre vous
00:44:48et avec des journalistes
00:44:50et si vous la publiez,
00:44:52si vous la filmez
00:44:55et si vous la diffusez
00:44:56avec des commentaires
00:44:58malveillants
00:45:00et que vous la diffusez,
00:45:01la rediffusez,
00:45:02la rediffusez
00:45:03sur des plateaux de télévision
00:45:04où il y a 5 ou 6 polémistes
00:45:06qui n'ont qu'un seul but,
00:45:10c'est torpiller le service public,
00:45:11évidemment à la fin,
00:45:13ça en fait quelque chose
00:45:14de problématique.
00:45:17Une question que je vous posais
00:45:18juste avant
00:45:19qui était donc
00:45:20sur ce billet
00:45:21de François Morel
00:45:23qui traite,
00:45:24je le cite,
00:45:25de fils de pute
00:45:26et d'enculé
00:45:26les journalistes
00:45:28qui ont sorti
00:45:29ce fameux enregistrement
00:45:30qui vous met en cause,
00:45:33ma question était très simple.
00:45:34Est-ce que vous condamnez
00:45:35ces propos,
00:45:36ces insultes ?
00:45:37Parce que pour moi,
00:45:37ce n'est pas un biais d'humeur,
00:45:39ce n'est pas de la finesse
00:45:39et de la délicatesse,
00:45:41ce n'est pas un art
00:45:42de maîtriser les mots,
00:45:43c'est une insulte,
00:45:44enculé fils de pute,
00:45:45je pense qu'on peut en convenir.
00:45:46Est-ce que vous condamnez
00:45:47ces propos ?
00:45:49Franchement,
00:45:50je ne pense pas
00:45:50que ce soit lieu ici
00:45:51de faire des analyses
00:45:54de textes
00:45:55de François Morel.
00:45:57François Morel a fait
00:45:57comme toujours,
00:46:00comme très souvent,
00:46:01un papier,
00:46:02selon moi,
00:46:02très fin
00:46:02et une chronique
00:46:04très fine,
00:46:05très drôle
00:46:05et qui fait de l'antiphrase
00:46:08et qui fait du second
00:46:10et du troisième degré.
00:46:11Et en réalité,
00:46:12je propose
00:46:13à tous ceux
00:46:13qui nous écoutent
00:46:15d'aller sur le site
00:46:16de France Inter
00:46:16et d'aller écouter
00:46:18la chronique
00:46:19de François Morel
00:46:20parce que je pense
00:46:20qu'on n'en a pas tous
00:46:21la même perception.
00:46:24J'aime beaucoup
00:46:24François Morel,
00:46:25je le remercie
00:46:26de cette chronique
00:46:26et je suis évidemment
00:46:29en total désaccord
00:46:31avec la façon
00:46:32dont vous l'avez interprété.
00:46:35Bon,
00:46:36je ne m'attendais pas forcément
00:46:39à ce que vous condamniez
00:46:40ces propos,
00:46:40mais de là
00:46:41à le remercier
00:46:41pour sa chronique,
00:46:43de là à le remercier
00:46:43d'avoir insulté
00:46:44un confrère
00:46:45en le traitant
00:46:46de fils de pute
00:46:46et d'enculé,
00:46:47ça me paraît être
00:46:48une outrance manifeste
00:46:52et permettez-moi
00:46:53de le penser,
00:46:54je n'imaginais pas
00:46:55que vous iriez
00:46:56jusqu'à remercier
00:46:57François Morel
00:46:58d'avoir insulté
00:46:59des journalistes
00:47:00de fils de pute
00:47:01et d'enculé.
00:47:02C'est votre droit
00:47:03de les remercier
00:47:03en commission d'enquête,
00:47:05je vous donnerai la parole
00:47:06si vous voulez revenir
00:47:06sur vos propos,
00:47:07mais sachez
00:47:08que ça me choque
00:47:09particulièrement.
00:47:11Je vous laisse répondre bien sûr.
00:47:14On ne va pas commenter
00:47:14les propos des uns
00:47:15et des autres,
00:47:16alors allez-y.
00:47:16Allez-y,
00:47:17allez-y,
00:47:17allez-y.
00:47:18Si à chaque fois,
00:47:19ne commentez pas
00:47:20les réponses
00:47:22de M. Legrand.
00:47:23Allez,
00:47:24votre micro.
00:47:26Je vais vous faire
00:47:26une réponse
00:47:27qui est un petit peu
00:47:27contradictoire
00:47:28puisque je réponds
00:47:28à une réponse
00:47:29d'une réponse
00:47:29d'une réponse
00:47:30et je vous demanderai,
00:47:31M. le rapporteur,
00:47:32M. le rapporteur,
00:47:34je vous demanderai
00:47:34quand je fais une réponse,
00:47:36est-ce que ça s'arrête
00:47:38au commentaire
00:47:38de ma réponse
00:47:39ou je peux commenter
00:47:41le commentaire
00:47:44que vous faites
00:47:45de ma réponse
00:47:45parce qu'on va
00:47:46continuer longtemps.
00:47:47François Morel,
00:47:48on n'est pas d'accord,
00:47:51il ne traite pas
00:47:54d'enculé,
00:47:54j'ai un peu de mal
00:47:55à redire les mots
00:47:55que vous avez dit,
00:47:56il ne traite pas
00:47:56d'enculé,
00:47:57voilà.
00:47:57il faut écouter
00:48:01pour comprendre,
00:48:02il faut écouter
00:48:02la chronique
00:48:03de François Morel,
00:48:03elle est beaucoup plus fine
00:48:04et heureusement
00:48:05les auditeurs
00:48:06le savent
00:48:07et le plébiscite,
00:48:09donc allez sur le site,
00:48:10écoutez,
00:48:11écoutez cette chronique
00:48:12et faites-vous
00:48:13une idée
00:48:13et puis peut-être
00:48:15que vous pouvez
00:48:16ne pas vous étonner
00:48:17que je ne me suis pas
00:48:19scandalisé
00:48:20et puis que je ne reprendrai
00:48:21pas la parole
00:48:21pour m'étonner
00:48:22que vous êtes...
00:48:23On peut arrêter là,
00:48:24M. le Président, peut-être ?
00:48:24On avance
00:48:25et j'indique que M. Le Grand
00:48:26n'est pas l'employeur
00:48:27de M. Morel, avançant.
00:48:29Et à nouveau, M. Laurent,
00:48:30je ne vous demande pas
00:48:31de commenter
00:48:32et de condamner
00:48:33ce que je dis.
00:48:35Enfin, je vais demander
00:48:36un peu plus de respect
00:48:37vis-à-vis des députés
00:48:39qui vous posent des questions.
00:48:41Juste un petit peu plus
00:48:41de respect.
00:48:42On n'est pas sur un plateau
00:48:43de télévision.
00:48:45Tout ça
00:48:45a une forme de solennité.
00:48:47C'est une commission d'enquête,
00:48:48c'est une audition
00:48:49que vous avez prêté serment.
00:48:50Que je sois choqué
00:48:52que vous remerciez
00:48:53quelqu'un
00:48:54qui m'indique
00:48:56fils de pute
00:48:56et enculé
00:48:57à destination
00:48:58de journaliste.
00:48:59C'est mon droit,
00:49:00M. Le Grand.
00:49:01Et je vais vous demander
00:49:02maintenant
00:49:04de passer
00:49:05à autre chose.
00:49:06Le 16 avril dernier,
00:49:08vous avez fait
00:49:09une déclaration
00:49:10qui, elle aussi,
00:49:10m'a choqué.
00:49:11Mais bon,
00:49:11vous allez,
00:49:12je pense,
00:49:13à nouveau,
00:49:14peut-être...
00:49:15vous allez peut-être
00:49:17l'assumer
00:49:18et c'est parfaitement
00:49:19votre droit.
00:49:20Une déclaration
00:49:21sur les OX,
00:49:22Bolloré égale Pétain.
00:49:24Alors,
00:49:24vous n'ignorez pas
00:49:25que Philippe Pétain
00:49:26est responsable
00:49:27de la collaboration
00:49:27avec le régime nazi,
00:49:29de la suppression
00:49:30des libertés
00:49:31et de la déportation
00:49:32et extermination
00:49:33de juifs français.
00:49:35Où est-ce que vous situez
00:49:36au fond
00:49:36la frontière
00:49:37entre la critique
00:49:39et la diffamation ?
00:49:40Est-ce que vous pouvez
00:49:43me lire la phrase
00:49:44en entier ?
00:49:46Je ne suis pas arrivé
00:49:46comme ça
00:49:47en disant
00:49:47Bolloré égale Pétain.
00:49:48Je pense que j'ai...
00:49:49Ah ouais,
00:49:50je suis arrivé.
00:49:52Le tweet exact
00:49:53est effectivement
00:49:54Bolloré égale
00:49:55signe égale Pétain.
00:49:57Voilà,
00:49:58c'est vos propos.
00:49:59C'est un tweet de moi
00:50:00qui retweet quelque chose,
00:50:03non ?
00:50:03Je ne me réveille pas
00:50:04comme ça un matin
00:50:05pour dire tiens,
00:50:05je vais écrire
00:50:06Bolloré égale Pétain.
00:50:08Je pense que c'est
00:50:08un retweet.
00:50:09Si je me souviens bien,
00:50:11c'est un retweet,
00:50:12peut-être.
00:50:13Peut-être d'une...
00:50:16Mais franchement,
00:50:17je ne m'en souviens pas.
00:50:19À la limite,
00:50:20tweet ou retweet,
00:50:22ce n'est pas la question.
00:50:23Ah si, si,
00:50:23je vais vous expliquer.
00:50:25Non, mais peut-être
00:50:26que c'est intéressant
00:50:26pour élargir...
00:50:28Alors, c'est un retweet.
00:50:29Si on peut un peu élargir
00:50:31notre...
00:50:31Si on peut élargir
00:50:32un petit peu le périmètre,
00:50:33ça pourrait être intéressant
00:50:34d'avoir votre avis,
00:50:34par exemple,
00:50:35sur ces médias d'opinion.
00:50:37C'était...
00:50:37Voilà, à la limite,
00:50:38que ce soit un tweet
00:50:39ou un retweet,
00:50:39que c'est plus intéressant
00:50:40de vous entendre
00:50:40sur ces médias d'opinion
00:50:41parce que vous avez un avis
00:50:41sur le sujet
00:50:42et ça nous intéresse.
00:50:43Moi, ça m'intéresse.
00:50:46Donc, d'accord.
00:50:47Je vais vous répondre.
00:50:48Je pense me souvenir
00:50:49que c'était à propos
00:50:50d'une déclaration
00:50:51ou d'un tweet
00:50:52où M. De Villiers
00:50:54avait des propos
00:50:57qui...
00:50:58Vis-à-vis de la République,
00:50:59voilà,
00:50:59vis-à-vis de la République
00:51:00et de...
00:51:01Je ne sais pas si c'est ça,
00:51:02mais en tout cas,
00:51:03vis-à-vis de la République
00:51:04et de l'universalisme.
00:51:07Voilà.
00:51:07La franc-maçonnerie
00:51:08à l'œuvre
00:51:08pour faire adopter
00:51:10l'euthanasie.
00:51:11Voilà.
00:51:11L'euthanasie.
00:51:12C'est-à-dire que le JDD
00:51:13disait que la franc-maçonnerie
00:51:15était pour l'euthanasie,
00:51:17était à l'œuvre,
00:51:17etc.
00:51:18Et puis ce numéro du JDD,
00:51:21je crois,
00:51:22parlait de l'euthanasie
00:51:25pour évoquer les débats
00:51:28sur la fin de vie.
00:51:29Et il parlait aussi
00:51:30de l'avortement.
00:51:31Bon,
00:51:32j'y ai vu un parallèle
00:51:33avec des propos pétainistes
00:51:35et j'ai fait ce tweet,
00:51:36peut-être.
00:51:37Alors,
00:51:37je l'assume visiblement.
00:51:39On n'est pas choqué
00:51:40par tout à fait
00:51:41les mêmes choses,
00:51:42M. Alloncle.
00:51:43Donc,
00:51:44on pourrait faire la liste
00:51:44de toutes les choses
00:51:45qui ne nous choquent pas
00:51:47de la même façon.
00:51:48Ça peut durer longtemps.
00:51:50M. Alloncle,
00:51:50allez-y.
00:51:52Oui,
00:51:52M. Lebrun,
00:51:53vous doutez systématiquement
00:51:54de mes propos.
00:51:55Alors,
00:51:55je suis allé les vérifier.
00:51:56Ils sont votre compte Twitter.
00:51:57Ce n'est pas un retweet,
00:51:58c'est un tweet
00:51:59que vous avez fait.
00:52:01Bolloré égale pétain.
00:52:02C'est pas juste ça,
00:52:03M. Rapporteur.
00:52:04Non,
00:52:04c'est pas juste ça.
00:52:06Il y a la une.
00:52:07Bolloré égale pétain.
00:52:09C'est pas un retweet,
00:52:10c'est votre tweet
00:52:11avec effectivement
00:52:12la une du JDD.
00:52:14Il faut le dire.
00:52:14Et c'était le 16 avril 2025.
00:52:17Oui,
00:52:17mais ce n'est en rien excusable.
00:52:19Vous pouvez mettre la photo
00:52:20que vous voulez
00:52:20accompagnée
00:52:21d'un acte de diffamation
00:52:24Bolloré égale pétain.
00:52:25Il n'y a pas d'un registre
00:52:25d'excuse.
00:52:26Non,
00:52:26non,
00:52:26mais M. le Président,
00:52:27M. le Président,
00:52:28on mettait en doute
00:52:29ma question.
00:52:31Vous sembliez dire
00:52:32que vous n'aviez pas fait ce tweet.
00:52:34Je vous apporte la preuve
00:52:35que vous l'avez fait.
00:52:36M. Le Grand,
00:52:37arrêtez de douter systématiquement
00:52:39de toutes les questions
00:52:39que je vous pose.
00:52:40Maintenant que vous savez
00:52:41que vous avez la preuve
00:52:42que vous avez fait ce tweet,
00:52:44est-ce que vous le regrettez ?
00:52:45M. le rapporteur,
00:52:46M. le rapporteur,
00:52:47M. le rapporteur,
00:52:48c'est pas du tout
00:52:51ce que M. Le Grand a dit.
00:52:55Vous n'avez évoqué
00:52:56que la citation
00:52:58Bolloré égale pétain.
00:52:59M. Le Grand vous a dit
00:53:00ça m'étonnerait
00:53:01d'avoir tweeté simplement
00:53:02une phrase
00:53:03Bolloré égale pétain.
00:53:04Vous venez d'apporter...
00:53:05Non,
00:53:05non,
00:53:06non,
00:53:06non,
00:53:07non.
00:53:07Madame Adidade,
00:53:08il y a un Président
00:53:08ici,
00:53:09on peut le respecter deux minutes.
00:53:09Merci.
00:53:10Vous venez d'apporter
00:53:12un complément.
00:53:13Vous venez d'apporter,
00:53:14M. le rapporteur,
00:53:15un complément,
00:53:15c'est qu'il s'agit
00:53:16d'une une du JDD
00:53:17qui écrit...
00:53:19Non,
00:53:20la première fois,
00:53:21vous ne l'avez pas dit,
00:53:21vous n'avez parlé
00:53:22que de la citation.
00:53:23Donc M. Le Grand
00:53:24vous a répondu,
00:53:24bon,
00:53:24et puis on va avancer,
00:53:25en vous disant
00:53:26ça m'étonnerait
00:53:26d'avoir cité simplement
00:53:27une phrase,
00:53:28d'avoir écrit une phrase.
00:53:29Effectivement,
00:53:29vous venez d'indiquer
00:53:30qu'il y avait une photo,
00:53:31c'est la une du journal du dimanche,
00:53:32fin de vie,
00:53:33la franc-maçonnerie
00:53:34à l'oeuvre
00:53:34pour faire adopter
00:53:35de l'euthanasie.
00:53:36Ça ne veut pas dire
00:53:36que ce que vous avez dit,
00:53:37M. Le Grand,
00:53:38va satisfaire le rapporteur
00:53:40ou qu'il juge
00:53:41que c'est des propos
00:53:41convenables
00:53:42ou acceptables.
00:53:43Mais en l'occurrence,
00:53:45ne faites pas dire
00:53:46à M. Le Grand
00:53:46ce qu'il n'a pas dit.
00:53:48Il a simplement...
00:53:50Allez-y, M. Le Grand,
00:53:51et ensuite, M. le rapporteur,
00:53:52pour une dernière question,
00:53:52ensuite,
00:53:52je vais en parler
00:53:53au groupe politique.
00:53:53Je ne vais pas répéter
00:53:54ce que vous avez dit,
00:53:55vous avez tout à fait raison,
00:53:56je n'aurais pas fait
00:53:56un tweet comme ça,
00:53:57à blanc,
00:53:58ça faisait référence
00:53:59à une une
00:53:59qui me faisait penser
00:54:01à Pétain,
00:54:04bon,
00:54:04ou au pétainisme.
00:54:07Est-ce que
00:54:08le but de cette commission,
00:54:10je ne remets pas du tout
00:54:11en cause de la commission,
00:54:12mais je me demande si,
00:54:13moi qui suis journaliste
00:54:14à Libération,
00:54:16qui ne suis pas journaliste
00:54:17à France Inter,
00:54:19quand je tweet quelque chose,
00:54:22est-ce qu'on va
00:54:23on va se demander
00:54:25comme ça éternellement
00:54:26si je regrette
00:54:27ou si je ne regrette pas ?
00:54:28Est-ce que...
00:54:29Et c'est pour ça
00:54:29que je reviens
00:54:29au procès d'autocritique.
00:54:34Est-ce que je dois faire
00:54:34des autocritiques ?
00:54:35Alors non,
00:54:36je ne regrette pas.
00:54:37Je ne regrette pas.
00:54:38Je crois qu'il était pertinent.
00:54:40Vous allez me dire
00:54:41que ça vous choque
00:54:41et que vous êtes étonné.
00:54:42Est-ce que vraiment,
00:54:43je ne regrette pas ?
00:54:44Je fais déjà les étapes
00:54:45pour qu'on avance un peu.
00:54:46Non, je ne regrette pas.
00:54:47On peut s'arrêter là
00:54:48sans commentaire,
00:54:49s'il vous plaît.
00:54:50M. Le Grand.
00:54:52Merci.
00:54:52Non, non, non.
00:54:54Monsieur Le Grand
00:54:55remet en cause
00:54:55systématiquement
00:54:56les questions
00:54:57que je lui pose.
00:54:57A nouveau,
00:54:58M. Le Grand,
00:54:59j'ai le droit
00:54:59de vous poser
00:55:00les questions
00:55:00que je souhaite.
00:55:01Je suis rapporteur
00:55:02de cette commission d'enquête.
00:55:03Je vous demandais
00:55:03un peu plus de respect
00:55:04de la fonction de rapporteur
00:55:06d'une commission d'enquête
00:55:07à l'Assemblée nationale.
00:55:08S'il vous plaît.
00:55:09S'il vous plaît.
00:55:10M. Alain.
00:55:10Bon, et simplement,
00:55:11j'avais d'autres questions
00:55:13et vous voyez,
00:55:13dans un souci de pluralisme.
00:55:14Je ne suis pas journaliste,
00:55:15je suis politique,
00:55:17mais systématiquement,
00:55:18si vous avez suivi
00:55:18les auditions
00:55:19de cette commission d'enquête
00:55:20avec le président,
00:55:21le président donne
00:55:22la parole
00:55:23à l'ensemble
00:55:23des groupes politiques
00:55:24et dans ce souci-là,
00:55:26on va laisser
00:55:26dans le temps imparti
00:55:27la parole
00:55:28à l'ensemble
00:55:28des groupes politiques.
00:55:29Mais s'il vous plaît,
00:55:30ne remettez pas en cause
00:55:31les questions
00:55:32qui vous seront posées,
00:55:33quelle que soit
00:55:33la couleur politique
00:55:34des députés
00:55:34qui vous poseront
00:55:35ces questions.
00:55:36S'il vous plaît.
00:55:37Merci, M. le rapporteur.
00:55:38Tout le monde
00:55:38vous respecte ici
00:55:39et nous respectons tous
00:55:40M. Le Grand.
00:55:42C'est le principe
00:55:42d'un débat démocratique.
00:55:44Le respect va
00:55:44dans les deux sens.
00:55:46Votre rendez-vous stratégique
00:55:47avec Patrick Cohen
00:55:48et les deux responsables
00:55:49du Parti socialiste
00:55:51dont un responsable
00:55:51de campagne,
00:55:52vous en convenez
00:55:53vous-même
00:55:54à scandaliser
00:55:55les Français
00:55:55qui financent
00:55:56l'audiovisuel public
00:55:57avec leurs impôts
00:55:58sans avoir le choix.
00:56:00Et ça a alimenté
00:56:01leur défiance
00:56:02vis-à-vis de l'audiovisuel public.
00:56:04Il y avait deux volets
00:56:05dans ce rendez-vous.
00:56:06Barrer la route
00:56:06à Rachida Dati,
00:56:08favoriser l'accès
00:56:09de la gauche
00:56:09au pouvoir en 2027.
00:56:11C'est très clair
00:56:12dans vos propos
00:56:12pour tous les Français.
00:56:14Je voudrais vous réinterroger
00:56:15sur votre contrat
00:56:16avec France Inter.
00:56:17Votre contrat a été suspendu
00:56:18en août 2025.
00:56:20Vous étiez donc bien
00:56:21sous contrat
00:56:21avec France Inter
00:56:22le 7 juillet 2025,
00:56:24date de la rencontre
00:56:25avec les deux stratèges
00:56:26socialistes.
00:56:27Je veux vous réentendre
00:56:28très précisément
00:56:29là-dessus
00:56:29et sur votre dernière pige
00:56:31de France Inter
00:56:32dont vous nous avez parlé
00:56:33tout à l'heure
00:56:34et qui date
00:56:34de septembre 2025,
00:56:37nous avez vous dit.
00:56:38Éclairez-nous.
00:56:38J'aurais voulu vous interroger
00:56:40aussi sur ce que vous traitez,
00:56:41sur ce que vous tweetez,
00:56:42pardonnez-moi,
00:56:43sur un compte labellisé
00:56:44France Inter
00:56:45où vous vous identifiez
00:56:47par rapport
00:56:48à votre émission
00:56:49sur France Inter.
00:56:51Quant aux articles
00:56:52à charge
00:56:53et à décharge,
00:56:54quant aux contradictoires
00:56:55que vous ventiez
00:56:56vous-même tout à l'heure,
00:56:57vous ne le pratiquez pas
00:56:59et j'ai de bonnes raisons
00:57:00de vous le rappeler.
00:57:02Les menaces de mort,
00:57:03moi aussi je connais.
00:57:04Les cibles
00:57:05qu'on met dans le dos,
00:57:06moi aussi je connais
00:57:08et au Rassemblement National,
00:57:10on connaît.
00:57:10Je vais être très honnête
00:57:11Monsieur Legrand,
00:57:12moi je suis très mal à l'aise
00:57:14dans cette audition.
00:57:16Vous êtes clairement
00:57:18la cible de l'extrême droite,
00:57:19ça c'est une certitude
00:57:20que cette audition
00:57:22est une véritable tentative
00:57:24d'humiliation.
00:57:25Pour autant,
00:57:26Monsieur Legrand,
00:57:27j'aimerais quand même
00:57:27vous souligner
00:57:28que je pense que quelque part,
00:57:30que vous en ayez conscience
00:57:31ou non,
00:57:32vous faites un peu
00:57:32le jeu de l'extrême droite.
00:57:34Je veux dire par là
00:57:34que vous avez vraiment
00:57:36écorné la confiance
00:57:38des gens
00:57:39envers l'audiovisuel public
00:57:41et envers les journalistes.
00:57:42Vous pouvez parler
00:57:43de contexte,
00:57:44etc.
00:57:44En fait,
00:57:44ce n'est même pas la question.
00:57:46Et la question,
00:57:47ce n'est pas non plus
00:57:47le fait de faire preuve
00:57:48de neutralité
00:57:49parce que je ne crois pas
00:57:50en la neutralité.
00:57:51Je ne crois pas non plus
00:57:52effectivement qu'on n'ait pas
00:57:53le droit de rencontrer
00:57:54des politiques,
00:57:54etc.
00:57:55Par contre,
00:57:55ce que je pense,
00:57:56c'est que vous avez entretenu
00:57:57une certaine ambiguïté,
00:57:59vous avez manqué
00:58:00d'honnêteté
00:58:00et je pense que c'est ça
00:58:01qui a fait du mal
00:58:02à la confiance
00:58:02que les gens pouvaient avoir
00:58:04en les journalistes
00:58:05et en l'audiovisuel public.
00:58:07Je pense que
00:58:07c'est d'autant plus dommageable
00:58:09que c'est une nécessité absolue
00:58:10pour notre démocratie.
00:58:12Je pense que,
00:58:13d'ailleurs,
00:58:13c'est la raison pour laquelle
00:58:14l'extrême droite
00:58:14s'attaque de façon aussi virulente
00:58:15à l'audiovisuel public
00:58:17dont, en fait,
00:58:19l'extrême droite
00:58:20veut la fin, en fait,
00:58:20de cet audiovisuel public.
00:58:22Et l'extrême droite
00:58:24n'a de cesse aussi
00:58:25de s'en prendre
00:58:26aux journalistes,
00:58:27les vrais,
00:58:27pas les propagandistes
00:58:28de Bolloré.
00:58:29Et je suis bien placée
00:58:30pour le savoir
00:58:30étant fille de journaliste
00:58:32et je peux le dire
00:58:33de façon très solennelle
00:58:34que lorsque j'avais 5 ans,
00:58:36mon père a été envoyé
00:58:37à l'hôpital
00:58:37parce qu'il travaillait
00:58:38sur l'extrême droite.
00:58:39Quelques années après,
00:58:40ma belle-mère
00:58:41qui écrivait un livre
00:58:42sur Marine Le Pen,
00:58:43on a reçu des petites pierres tombales
00:58:44dans la boîte aux lettres.
00:58:46Et puis, encore tout récemment,
00:58:47mon père a été visé
00:58:48par le collectif Némésis
00:58:50qui lui a mis une cible
00:58:50sur la tête
00:58:51et le mettant gravement
00:58:52en danger.
00:58:54Donc, monsieur Legrand,
00:58:55moi, ce que je devrais
00:58:56vous demander,
00:58:56c'est est-ce que vous avez
00:58:57conscience quand même
00:58:58quelque part
00:58:58de participer à cette montée
00:59:00de l'extrême droite
00:59:00qui est dommageable
00:59:01pour notre démocratie
00:59:03et pour votre profession ?
00:59:05On a un empire médiatique
00:59:07aux mains d'un milliardaire
00:59:09qui a un agenda
00:59:10pour l'extrême droite
00:59:11et qui met toutes ses forces
00:59:13dans la bataille
00:59:13pour promouvoir
00:59:14les idées d'extrême droite
00:59:15avec des éditorialistes,
00:59:16des journalistes
00:59:17qui, matin, midi et soir,
00:59:20sont de manière tout à fait
00:59:21partielle pour l'extrême droite.
00:59:22Et quand je suis dans cette commission,
00:59:24j'ai un proverbe africain
00:59:25qui me vient en tête,
00:59:26les voleurs voient
00:59:27des voleurs partout.
00:59:29Et c'est de ça
00:59:29dont il s'agit.
00:59:31On pense que
00:59:31puisque vous ne relayez pas
00:59:33de manière fidèle
00:59:34ou en les reprenant
00:59:37à votre compte
00:59:37la propagande
00:59:39de l'extrême droite,
00:59:40forcément,
00:59:40vous êtes contre
00:59:41la montée de l'extrême droite
00:59:42et donc, forcément,
00:59:43vous êtes de gauche
00:59:44pour la gauche
00:59:44et vous faites tout
00:59:45pour que la gauche
00:59:45arrive au pouvoir.
00:59:46Nous avons passé
00:59:47quatre heures,
00:59:48plus de quatre heures
00:59:49sur un bout
00:59:49de phrases tronquées,
00:59:51sorties d'un enregistrement
00:59:53d'une conversation privée
00:59:54qui n'avait pas lieu d'être.
00:59:56Il y a à l'Assemblée nationale
00:59:57un seul lieu
00:59:58où on ne peut pas
00:59:58enregistrer des conversations,
00:59:59c'est à la buvette.
01:00:01Si moi,
01:00:01j'avais dû enregistrer
01:00:02des conversations
01:00:02et les filer
01:00:03à des journalistes,
01:00:03on aurait pu voir
01:00:04des responsables
01:00:05d'extrême droite
01:00:05rigoler,
01:00:06faire la bise
01:00:07à des responsables
01:00:07de la France insoumise
01:00:09et j'aurais pu dire
01:00:10collusion des uns
01:00:11et des autres
01:00:12pour empêcher
01:00:12l'arrivée
01:00:13des socialistes
01:00:15au pouvoir.
01:00:15Et j'aurais filé ça,
01:00:16je ne sais pas
01:00:16à quel journaliste
01:00:17pour monter
01:00:17je ne sais pas
01:00:18quel propos
01:00:18en sortant
01:00:19une phrase du contexte.
01:00:20C'est absolument,
01:00:22pardon du terme
01:00:22parce que vous avez
01:00:23relié des propos
01:00:24mais moi je le dis,
01:00:25ce qui se passe
01:00:26dans cette commission
01:00:26est infamante
01:00:28pour la représentation
01:00:29parlementaire.
01:00:30Ce n'est pas digne
01:00:31du métier qu'on fait.
01:00:32Moi quand je vous vois
01:00:33agir monsieur rapporteur,
01:00:34je n'ai pas l'impression
01:00:34qu'on occupe la même fonction.
01:00:36Je remercie monsieur le président
01:00:37parce qu'il a un travail
01:00:38pas simple
01:00:39de remettre les choses
01:00:40à leur place.
01:00:40Je remercie encore
01:00:41à nouveau madame la présidente
01:00:42qui a de nouveau
01:00:43sorti un communiqué
01:00:44pour rappeler
01:00:44le rôle de ces commissions
01:00:45c'est de chercher
01:00:46la vérité.
01:00:47Vous avez passé
01:00:47je ne sais pas
01:00:48dix minutes
01:00:49à lui faire avouer
01:00:50un regret
01:00:51par rapport à un propos.
01:00:54Votre collègue parmentier
01:00:55n'avait pas plus de questions
01:00:56vous ne l'avez pas reproché.
01:00:57Merci madame.
01:00:59Moi je suis scandalisée
01:01:00je me demande
01:01:01à quel moment
01:01:01vous allez arrêter ceci.
01:01:03Merci.
01:01:04L'exercice auquel
01:01:05nous nous prêtons aujourd'hui
01:01:06est fort inquiétant
01:01:07pour la démocratie.
01:01:08Je reprends ici
01:01:08les propos
01:01:09en tout cas
01:01:10ce qu'a dit
01:01:11monsieur Legrand
01:01:11d'une autre manière.
01:01:14Nous ne sommes pas
01:01:15je pensais
01:01:15être membre
01:01:16d'une commission
01:01:16d'enquête
01:01:16sur l'audiovisuel public
01:01:17et aujourd'hui
01:01:19il s'agit
01:01:20d'une forme
01:01:21de procès
01:01:21contre un journaliste
01:01:22qui travaille
01:01:22pour Libération.
01:01:25Ce n'est pas
01:01:26l'exercice
01:01:27auquel devrait se prêter
01:01:28la commission d'enquête
01:01:29et monsieur le président
01:01:30je pense qu'il faut
01:01:30faire respecter
01:01:32le cadre
01:01:32d'une commission d'enquête.
01:01:34Aujourd'hui
01:01:35devant
01:01:36tous les français
01:01:37ce qu'il se passe
01:01:38c'est que des parlementaires
01:01:40notamment
01:01:42monsieur le rapporteur
01:01:43vous mettez
01:01:44une pression
01:01:45sur un journaliste
01:01:47et en fait
01:01:47sur l'ensemble
01:01:48des journalistes.
01:01:48Moi je veux
01:01:49soutenir
01:01:50les journalistes
01:01:51en France
01:01:51qui travaillent
01:01:51dans des conditions
01:01:52de plus en plus
01:01:52difficiles
01:01:53et oui
01:01:55on a le droit
01:01:55quand on est journaliste
01:01:56d'exprimer
01:01:57ses opinions
01:01:58oui on a le droit
01:01:59quand on est journaliste
01:01:59de discuter
01:02:00avec qui on veut
01:02:01dans un café
01:02:02et on a le droit
01:02:03en 2025
01:02:04de prendre des cafés
01:02:05sans être enregistré
01:02:06et donc je pense
01:02:07monsieur le rapporteur
01:02:08que vous devriez
01:02:09le rappeler
01:02:09et ne pas vous baser
01:02:11sur des enregistrements
01:02:12effectivement
01:02:13de manière
01:02:13qui ont été fait
01:02:14de manière illégale.
01:02:15Les journalistes
01:02:16sont libres
01:02:16de leurs propos
01:02:17monsieur le rapporteur
01:02:18vous demandiez
01:02:18à être respecté
01:02:19il faut être respectable
01:02:20pour être respecté
01:02:21je crois que
01:02:22vous sortez vraiment
01:02:23de la fonction
01:02:24et il n'y a pas
01:02:26de police du langage
01:02:27je suis désolé
01:02:28vous allez chercher
01:02:28des questions
01:02:29sur des questions
01:02:30sémantiques
01:02:31qui n'ont aucun rapport
01:02:32avec qu'est-ce que doit être
01:02:33l'audiovisuel public
01:02:35voilà
01:02:36donc je pense
01:02:37qu'il faut remettre
01:02:37le cadre
01:02:38on est à l'Assemblée nationale
01:02:40on est dans une commission
01:02:41d'enquête
01:02:41et on cherche à savoir
01:02:42si l'audiovisuel public
01:02:43fonctionne bien
01:02:44si on peut l'améliorer
01:02:45on n'est pas dans un procès
01:02:46contre les journalistes
01:02:47qui ont le droit
01:02:48aujourd'hui de dire
01:02:49ce qu'ils pensent
01:02:50et de faire leur travail
01:02:51je vous remercie
01:02:52en tant qu'éditorialiste
01:02:55vous êtes amené
01:02:57à proposer des analyses
01:02:57et des points de vue
01:02:58tout en vous inscrivant
01:02:59dans un cadre déontologique
01:03:01exigeant en matière
01:03:02de neutralité
01:03:03et de pluralisme
01:03:04dans un contexte
01:03:05où certaines séquences
01:03:06parfois extérieures
01:03:07à l'antenne
01:03:08peuvent être utilisées
01:03:09pour mettre en cause
01:03:09la neutralité
01:03:10de journalistes
01:03:11du service public
01:03:12comment pourriez-vous
01:03:13définir dans votre pratique
01:03:15ce qui relève
01:03:16du commentaire politique
01:03:18légitime
01:03:19et ce qui pourrait être
01:03:20perçu par le public
01:03:21comme un biais incompatible
01:03:23avec les exigences
01:03:24du service public
01:03:25puisque vous y avez travaillé
01:03:27vous pouvez avoir
01:03:28un avis sur ce sujet
01:03:29quel garde-fou
01:03:30vous paraissent
01:03:30essentiel
01:03:31pour préserver
01:03:32la confiance
01:03:32des auditeurs
01:03:33je vous remercie
01:03:34tout à l'heure
01:03:35je faisais part
01:03:36de mon malaise
01:03:37relativement aux questions
01:03:39qui étaient posées
01:03:39à monsieur Cohen
01:03:41et le malaise
01:03:43c'est pas dissipé
01:03:43et d'ailleurs
01:03:45parfois je trouve
01:03:46que cette commission
01:03:47verse dans le glauque
01:03:49c'est pas la première fois
01:03:51qu'on interroge
01:03:52un journaliste
01:03:54sur ce que fait
01:03:55son conjoint
01:03:56ou sa conjointe
01:03:57parce qu'on avait eu
01:03:58déjà les questions
01:03:58pour le président
01:03:59de l'ARCOM
01:03:59tout à l'heure
01:04:00monsieur Sidbon Gomez
01:04:01je suis pas sûr
01:04:03oui mais
01:04:04je suis pas sûr
01:04:04que ça soit vraiment
01:04:06de bonne alloi
01:04:06pour la suite
01:04:07de cette commission
01:04:07ça n'a rien à voir
01:04:08avec la commission d'enquête
01:04:10ça devient glauque aussi
01:04:11parce qu'on est passé
01:04:12du commentaire
01:04:14sur une vidéo
01:04:15qui a été prise
01:04:16dans des conditions illégales
01:04:17on le répète
01:04:18entre des responsables politiques
01:04:20et des journalistes
01:04:22vidéo qui est quasiment
01:04:23enfin quasiment présentée
01:04:24là vous avez parlé
01:04:24de rendez-vous stratégique
01:04:26c'est quand même pas
01:04:27la conférence de Yalta
01:04:28je veux dire
01:04:29monsieur Broussy
01:04:29et monsieur Jouvet
01:04:30sont des gens talentueux
01:04:31et sympathiques
01:04:32enfin c'est quand même
01:04:32un café informel
01:04:34où on n'apprend pas
01:04:35grand chose
01:04:36à part peut-être
01:04:36en effet
01:04:37qu'à la fin
01:04:37le PS serait prêt
01:04:38à se rallier à monsieur Gluckspan
01:04:40la belle affaire
01:04:41mais on est passé
01:04:42de ça
01:04:43à maintenant
01:04:44un café
01:04:45que monsieur Legrand
01:04:46a pris
01:04:46avec une amie
01:04:47qui n'est pas
01:04:48sa supérieure hiérarchique
01:04:50et on lui demande
01:04:51quasiment
01:04:51qu'est-ce qu'il s'est dit
01:04:52mais c'est pas vous
01:04:54qui allez me demander
01:04:55ce que je dois poser
01:04:55comme question
01:04:56ça va hein
01:04:56deux secondes
01:04:57mais ça vous regarde pas
01:04:59la question que j'ai posée
01:05:00je fais ce que je dis
01:05:00vous faites perdre
01:05:0110 minutes
01:05:0110 secondes
01:05:01de temps de parole
01:05:02donc ça suffit
01:05:04bientôt on va lui demander
01:05:05allez-y continuez monsieur Morel
01:05:06allez-y continuez
01:05:07quand même c'est dingue
01:05:07continuez continuez
01:05:08bientôt c'est ce qu'elle a pris
01:05:10une sucrète
01:05:10moi je trouve ça totalement normal
01:05:12qu'il ait envie de prendre
01:05:13un café avec une amie
01:05:14et qu'il parle de ce qui va lui
01:05:15arriver aujourd'hui
01:05:16je vois pas en quoi
01:05:17c'est scandaleux
01:05:18ce qui est scandaleux
01:05:19en revanche
01:05:19c'est d'en faire les gros titres
01:05:20pour présenter ça
01:05:21comme quelque chose
01:05:22c'est limite le Watergate
01:05:23bon alors j'en viens
01:05:25à ma question
01:05:25précisément
01:05:26ce qui illustre
01:05:27la séquence d'aujourd'hui
01:05:28c'est qu'il y a
01:05:29une abolition progressive
01:05:30entre ce qui relève
01:05:32de l'expression publique
01:05:33et de la sphère privée
01:05:34au moyen de choses
01:05:35très intrusives
01:05:36avec des caméras
01:05:38et des micro-espions
01:05:39moi ça m'inquiète
01:05:40et c'est une pente
01:05:40qui m'inquiète
01:05:41qu'en pensez-vous monsieur Legrand
01:05:42parce qu'après tout
01:05:43vous réfléchissez aussi
01:05:44sur les médias
01:05:44et sur l'évolution
01:05:46du paysage médiatique
01:05:47et la deuxième question
01:05:48que j'avais envie de poser
01:05:49ça m'est venu
01:05:50je sais plus quand
01:05:50dans la conversation
01:05:51monsieur Macron a soulevé
01:05:53mais c'est incroyable
01:05:55Madame Parmentier
01:05:56s'il vous plaît
01:05:56Madame Parmentier
01:05:57Madame Parmentier
01:05:58Madame Parmentier
01:06:00Madame Parmentier
01:06:01s'il vous plaît
01:06:01monsieur Morel
01:06:02allez-y
01:06:02passez votre temps
01:06:03allez-y monsieur Morel
01:06:04allez-y monsieur Morel
01:06:05allez-y monsieur Morel
01:06:07allez-y
01:06:08essayez de faire abstraction
01:06:09si Madame Parmentier
01:06:09pouvait nous dispenser
01:06:10de ses commentaires
01:06:11ça serait mieux quoi
01:06:12allez-y
01:06:13la deuxième chose
01:06:13c'est la journaliste en elle
01:06:15qui bouillonne
01:06:15allez-y
01:06:15d'accord
01:06:16écoutez journaliste
01:06:17écoutez
01:06:20je voulais juste
01:06:21vous interroger
01:06:21sur une initiative
01:06:22que certains ont jugé
01:06:24malencontreuse
01:06:25du président Macron
01:06:26sur le fait
01:06:26de donner un label
01:06:27à un certain nombre
01:06:28de médias
01:06:29ça ça fait peut-être
01:06:30l'objet d'ailleurs
01:06:30de notre commission
01:06:31merci monsieur le président
01:06:34je rejoins les propos
01:06:35de mon collègue
01:06:35Jérémy Yordanov
01:06:37sur la façon
01:06:38dont se déroule
01:06:39cette audition
01:06:40dans la suite
01:06:41assez logique
01:06:42et dans la continuité
01:06:43de la précédente
01:06:44on assiste effectivement
01:06:45à un procès
01:06:46politique
01:06:47avec
01:06:48où le rapporteur
01:06:50à mon sens
01:06:50oui sort totalement
01:06:51de ses missions
01:06:53et notamment
01:06:54de ses missions
01:06:56de représenter
01:06:57l'Assemblée nationale
01:06:59dans ses fonctions
01:07:00il tord les propos
01:07:01tenus par monsieur Cohen
01:07:02tout à l'heure
01:07:02il utilise
01:07:03sans arrêt
01:07:04des montages
01:07:05qui sont falsifiés
01:07:06vous vous posez
01:07:07vous reposez
01:07:09sur un constat
01:07:10d'huissier
01:07:10en lui faisant dire
01:07:11des choses
01:07:11que visiblement
01:07:12il semble ne pas dire
01:07:13vous répétez
01:07:143, 4, 5, 6 fois
01:07:16les mêmes questions
01:07:17vous interrogez
01:07:18les gens
01:07:19sur leur réaction
01:07:20par rapport
01:07:20à des propos
01:07:21sortis de leur contexte
01:07:23de l'antenne
01:07:23il y a
01:07:24proféré
01:07:25il y a
01:07:256 mois
01:07:26parfois 10 ans
01:07:27bref
01:07:28on n'est pas du tout
01:07:29dans le sujet
01:07:30de cette commission
01:07:31d'enquête
01:07:32c'est la raison
01:07:32pour laquelle
01:07:32j'avais demandé
01:07:33un bureau
01:07:33et je regrette
01:07:34monsieur le président
01:07:35que vous ne le convoquiez
01:07:36qu'après les vacances
01:07:37à la suite
01:07:38d'enregistrements volés
01:07:39montés et tronqués
01:07:40d'une conversation
01:07:41avec les responsables
01:07:42du parti socialiste
01:07:43le 7 juillet
01:07:43vous avez été attaqué
01:07:45par les médias
01:07:45détenus par le milliard
01:07:46directionnaire
01:07:47Vincent Bolloré
01:07:48et par des responsables
01:07:49politiques d'extrême droite
01:07:50évidemment
01:07:51les multicombes
01:07:52de la nation
01:07:53par exemple
01:07:53de CNews
01:07:54et sa ligne éditoriale
01:07:55ne semblent pas
01:07:56les déranger
01:07:57oui nous savons
01:07:58qu'ils veulent abattre
01:07:59le service public
01:08:00de l'audiovisuel
01:08:00et nous le condamnons
01:08:01soutien
01:08:02mais soutien critique
01:08:03parce que malgré cela
01:08:04ça n'empêche pas
01:08:05certaines interrogations
01:08:07légitimes
01:08:07moi j'ai donc deux questions
01:08:08la première
01:08:09dans le cadre
01:08:10d'un rendez-vous
01:08:10avec des responsables
01:08:11politiques
01:08:11nous en avons régulièrement
01:08:13nous des rendez-vous
01:08:14avec des journalistes
01:08:15ne devrais pas vous contenter
01:08:16d'écouter
01:08:17plutôt que de donner
01:08:18votre appréciation
01:08:19ou des conseils
01:08:21autour de telle ou telle
01:08:22configuration politique
01:08:23parce que moi
01:08:23par an personne
01:08:24ne me pose la question
01:08:25de comment on va
01:08:26participer à une primaire
01:08:27et ensuite
01:08:28on regarde de l'expérience
01:08:29que vous avez rapportée
01:08:30à la rédaction
01:08:31des INROC
01:08:32pensez-vous normal
01:08:33que les assalamés
01:08:34dont le compagnon
01:08:35est candidat présidentiel
01:08:36occupe un tel espace
01:08:37sur les services publics
01:08:38dans l'audiovisuel
01:08:38moi j'ai deux questions
01:08:39rapides
01:08:40est-ce que vous
01:08:41alors on va pas revenir
01:08:43sur ces propos
01:08:43enregistrés à l'insu
01:08:45à votre insu
01:08:46article 226
01:08:46du code pénal
01:08:47on est d'accord
01:08:48mais est-ce que vous
01:08:49condamnez les mêmes pratiques
01:08:50opérées par des émissions
01:08:52du service public
01:08:53je pense par exemple
01:08:53à complément d'enquête
01:08:55ou alors à cash
01:08:56investigation
01:08:57où là c'est un véritable
01:08:58festival
01:08:59vous faisiez tout à l'heure
01:09:00vous aviez un commentaire
01:09:02en disant
01:09:03si vous arrivez au pouvoir
01:09:04ce sont des méthodes
01:09:06qui seraient déployées
01:09:07dans les médias
01:09:09mais enfin c'est déjà le cas
01:09:10a priori
01:09:11et puis moi j'aurais
01:09:11une autre question
01:09:12vous avez été
01:09:13alors vous êtes éditorialiste
01:09:14à Libération
01:09:14il n'y a absolument rien
01:09:15à redire là-dessus
01:09:16bien évidemment
01:09:17vous animiez une émission
01:09:18à France Inter
01:09:19qui s'est terminée
01:09:20le fin juin
01:09:21qui était diffusée
01:09:22le samedi
01:09:23à 18h
01:09:24qui alors je vais peut-être
01:09:25écorcher le titre
01:09:26mais le monde des idées politiques
01:09:27quelque chose comme ça
01:09:28la présidente de Radio France
01:09:30nous a dit
01:09:31c'était une émission
01:09:31complètement apolitique
01:09:33alors on a fait
01:09:33enfin j'ai fait le même métier
01:09:34que vous
01:09:35honnêtement quand je l'écoutais
01:09:36j'avais pas tout à fait
01:09:37le même sentiment
01:09:38c'est pas à vous
01:09:38que je vais apprendre
01:09:39que en fonction des invités
01:09:40en fonction des angles
01:09:41qu'on prend
01:09:41en fonction de la façon
01:09:43dont on mène les débats
01:09:44des sonores
01:09:44que l'on prend
01:09:45on peut aller dans une direction
01:09:47voilà
01:09:48plutôt à droite
01:09:49plutôt à gauche
01:09:50en l'occurrence
01:09:51c'était plutôt
01:09:52plutôt à gauche
01:09:53mais est-ce que vous
01:09:54pensez pas
01:09:55que ça peut créer
01:09:55une suspicion
01:09:57auprès de l'opinion publique
01:09:58des auditeurs
01:09:59même
01:09:59vous êtes éditorialiste
01:10:01encore une fois
01:10:01moi j'ai rien à dire là-dessus
01:10:02à Libération
01:10:03mais que vous animez
01:10:04une émission
01:10:04sur le service public
01:10:05qui in fine
01:10:06quand même
01:10:07est plutôt orientée
01:10:09c'est ma question
01:10:10merci
01:10:11bah là
01:10:11monsieur Legrand
01:10:13j'espère avoir
01:10:17bien tout noté
01:10:18madame Parmentier
01:10:19vous me posiez
01:10:21la question
01:10:21de mon statut
01:10:22effectivement
01:10:23c'est un peu compliqué
01:10:24jusqu'en 2021
01:10:26j'étais éditorialiste
01:10:29donc à France Inter
01:10:30et j'avais un CDI
01:10:31je faisais partie
01:10:32de la rédaction
01:10:32j'avais un CDI
01:10:33j'ai arrêté
01:10:34cette fonction
01:10:36c'est moi
01:10:37qui ai choisi
01:10:37d'arrêter cette fonction
01:10:38et pour animer
01:10:39l'émission
01:10:40enquête de politique
01:10:40dont monsieur Ballard
01:10:41parlait tout à l'heure
01:10:43à l'instant
01:10:44et pour cette émission
01:10:47j'ai eu ce qu'on appelle
01:10:48un contrat de grille
01:10:49je pense
01:10:49j'avais un contrat
01:10:51pour 42 émissions
01:10:52qui correspondaient
01:10:53aux 42 dimanche
01:10:54puis samedi
01:10:54parce que l'émission
01:10:55a changé de jour
01:10:56par année
01:10:58et donc
01:10:59voilà
01:11:00chaque année
01:11:01pendant 3 ans
01:11:02je re-signais un contrat
01:11:03qui allait de septembre
01:11:05à juin
01:11:05donc
01:11:06en juin
01:11:072025
01:11:10mon contrat
01:11:11s'est arrêté
01:11:12et
01:11:13l'idée
01:11:14c'était
01:11:14que je fasse
01:11:15une pige
01:11:16tous les dimanches
01:11:18matin
01:11:18un débat
01:11:19qui s'appelait
01:11:20un peu pompeusement
01:11:20face à Thomas Le Grand
01:11:21et
01:11:24c'était
01:11:25un débat
01:11:26d'un quart d'heure
01:11:2612 minutes
01:11:28au cours duquel
01:11:29je parlais
01:11:30à peu près
01:11:30la moitié du temps
01:11:31face à
01:11:32face à
01:11:33à un contractiliteur
01:11:34de droite
01:11:35ou de gauche
01:11:35d'ailleurs
01:11:36et mon idée
01:11:37notre idée
01:11:38avec Philippe Corbet
01:11:39le directeur
01:11:40de la rédaction
01:11:41c'était de montrer
01:11:42qu'on pouvait débattre
01:11:43de sujets
01:11:45qui polarisaient
01:11:46mais sans polariser
01:11:48c'est à dire
01:11:48qu'on pouvait faire
01:11:49des débats sereins
01:11:50on voulait essayer
01:11:52de montrer
01:11:53qu'on pouvait
01:11:53prendre des sujets chauds
01:11:55et
01:11:56les traiter
01:11:58de façon
01:11:58sereine
01:11:59responsable
01:11:59en essayant
01:12:00de parler à la raison
01:12:01et à l'intelligence
01:12:02et non pas simplement
01:12:03à la passion
01:12:04et à l'invective
01:12:05ça recouvre un petit peu
01:12:07ma propre ligne éditoriale
01:12:09à Libération
01:12:10il y a
01:12:10il y a
01:12:11il y a une ligne éditoriale
01:12:13mais
01:12:13on a chacun
01:12:14les billettistes
01:12:15et les éditorialistes
01:12:16on a chacun
01:12:17un petit peu
01:12:17des sensibilités
01:12:18je préfère utiliser
01:12:19le mot sensibilité
01:12:20et moi je suis
01:12:21celui qui
01:12:22à Libération
01:12:23défend plutôt
01:12:23la culture du compromis
01:12:24plutôt que la culture
01:12:25de l'affrontement
01:12:26voilà
01:12:26et c'était un petit peu
01:12:28dans cette idée là
01:12:29vous comprenez
01:12:32que j'ai pas voulu
01:12:33continuer
01:12:33j'ai décidé
01:12:36en collaboration
01:12:38avec la direction
01:12:39de France Inter
01:12:40de considérer
01:12:41que la situation
01:12:42était plus assez sereine
01:12:43je pouvais plus exercer
01:12:44cette fonction
01:12:45de façon sereine
01:12:46donc j'ai
01:12:46j'ai dit que j'arrêtais
01:12:48et comme je suis
01:12:50éditorialiste à Libé
01:12:51ben voilà
01:12:53je reste éditorialiste à Libé
01:12:55donc en septembre
01:12:56en septembre
01:12:56la dernière mission
01:12:57c'est le juin
01:12:58après j'ai plus rien eu
01:12:59donc le 7
01:12:59le 7 juillet
01:13:00j'étais à Libé
01:13:01c'est tout
01:13:01et puis
01:13:02j'ai eu une pige
01:13:04pour le premier
01:13:05pour la première mission
01:13:07le 1er septembre
01:13:08voilà
01:13:09et la deuxième émission
01:13:11elle a été suspendue
01:13:12comme vous l'a expliqué
01:13:15Madame Veil
01:13:15et puis après la suite
01:13:16donc je ne suis pas
01:13:17et je n'étais pas
01:13:18à l'époque de ce café
01:13:20mais cependant
01:13:22effectivement
01:13:23je sais que mon image
01:13:25et mon nom
01:13:25sont accolés
01:13:26à
01:13:27à France Inter
01:13:30aussi
01:13:30depuis des années
01:13:31et je ne vais pas vous dire
01:13:32ah ben non
01:13:32il se trouve que
01:13:34en l'occurrence
01:13:36je parlais
01:13:37de papier
01:13:38d'article
01:13:39pardon
01:13:39que j'avais fait
01:13:40à Libération
01:13:41et c'était
01:13:41pour ça
01:13:42que
01:13:42les deux socialistes
01:13:44voulaient des explications
01:13:45Madame Soudet
01:13:48j'ai connu
01:13:51alors je ne vais pas faire
01:13:51le vieux
01:13:52le vieux
01:13:53mais effectivement
01:13:54j'ai connu
01:13:54vos parents
01:13:55qui étaient journalistes
01:13:56et je les ai fréquentés
01:13:58c'était des
01:13:58des journalistes
01:14:00que je respectais
01:14:02et que
01:14:03j'aimais bien
01:14:04ils sont en retraite maintenant
01:14:05et je les salue
01:14:05s'ils nous regardent
01:14:06je n'ai pas du tout compris
01:14:07votre question
01:14:08en revanche
01:14:08je suis désolé
01:14:08vous dites
01:14:10est-ce que
01:14:11je n'ai pas l'impression
01:14:12de faire le jeu
01:14:13du Front National
01:14:14parce que je ne suis pas honnête
01:14:15alors je ne vais pas vous dire
01:14:17que je ne suis pas honnête
01:14:17je pense être honnête
01:14:19donc je ne peux pas avouer
01:14:20que je ne suis pas honnête
01:14:20et je ne pense pas
01:14:22faire le jeu
01:14:23du Front National
01:14:23en faisant mon métier
01:14:25je vous laisse
01:14:28cette analyse
01:14:28selon laquelle je fais
01:14:29le jeu du Front National
01:14:30je pense un peu
01:14:31je vois un peu
01:14:32où vous voulez en venir
01:14:33mais ça serait
01:14:34si tu ne veux pas développer
01:14:35une analyse politique
01:14:35vous pensez
01:14:36que comme je suis
01:14:37je viens de le dire
01:14:38plutôt pour
01:14:39le compromis
01:14:40plutôt que l'affrontement
01:14:42que j'ai
01:14:42du coup
01:14:44non ce n'est pas
01:14:44la radicalité
01:14:45bon alors je ne sais pas
01:14:46maintenant vous dites
01:14:48que je suis mal honnête
01:14:49alors
01:14:50je n'accepte pas
01:14:51cette
01:14:51voilà
01:14:52je ne vous en veux pas
01:14:54vous avez
01:14:54mais je ne suis pas mal honnête
01:14:55non
01:14:57je vais juste expliquer
01:14:58vraiment deux secondes
01:14:59allez-y rapidement
01:14:59oui non c'est juste
01:15:01que ce que je dis
01:15:02c'est que vous cultivez
01:15:03l'ambiguïté
01:15:04et que vous n'assumez pas
01:15:05réellement
01:15:05vous n'assumez pas
01:15:07vous n'assumez quoi
01:15:07votre proximité politique
01:15:10avec le parti socialiste
01:15:14vous êtes d'accord
01:15:14avec monsieur Aloncle
01:15:15donc quand
01:15:16quand je suis à l'origine
01:15:18quand je
01:15:19ce n'est pas un crime
01:15:20mais ce n'est pas le cas
01:15:20je suis
01:15:21je suis
01:15:22je suis totalement indépendant
01:15:24je ne suis pas
01:15:24non attendez
01:15:26c'est des questions importantes
01:15:27on ne va pas rigoler
01:15:28comme ça
01:15:29vous mettez en cause
01:15:31l'indépendance
01:15:32de monsieur Legrand
01:15:32donc il peut vous répondre
01:15:34allez-y monsieur Legrand
01:15:34j'ai été
01:15:35éditorialiste
01:15:36pendant tout
01:15:37le quinquennat
01:15:39de monsieur Hollande
01:15:40je vous
01:15:40propose
01:15:42de
01:15:42si vous avez du temps
01:15:43à perdre
01:15:43de
01:15:44de
01:15:44relire
01:15:46c'est sur le site
01:15:46de France Inter
01:15:47mes éditos
01:15:47et
01:15:48je vous demande
01:15:49voilà
01:15:51monsieur Morel
01:15:52s'en souvient
01:15:52je vous demande
01:15:55de
01:15:56surtout
01:15:56c'est pareil pour
01:15:57Patrick Cohen
01:15:58de nous juger
01:16:00vous n'êtes pas là pour nous juger
01:16:01ce n'est pas un tribunal
01:16:02mais de
01:16:02de juger notre travail
01:16:03à ce qu'on écrit
01:16:04à ce qu'on écrit
01:16:05et à ce qu'on
01:16:06et à ce qu'on dit
01:16:08alors maintenant
01:16:08si dans ce que vous percevez
01:16:10de ce que j'écris
01:16:11vous pensez
01:16:13que j'ai une proximité
01:16:14avec le parti socialiste
01:16:15parce que
01:16:15effectivement
01:16:16je peux critiquer
01:16:17quelquefois
01:16:18une certaine radicalité
01:16:19ou au moins
01:16:20la culture de l'affrontement
01:16:21je comprends
01:16:24votre point de vue
01:16:24maintenant
01:16:25je ne peux pas
01:16:26je ne peux pas répondre
01:16:26voilà
01:16:27vous dites
01:16:27vous parlez d'honnêteté
01:16:28je ne pense pas
01:16:31que je suis en allant honnête
01:16:32et je ne pense pas
01:16:33de faire le jeu
01:16:34du Rassemblement National
01:16:36est-ce qu'on peut juste rappeler
01:16:38parce que je sais que les collègues
01:16:39le savent
01:16:40mais
01:16:40parce que c'est important aussi
01:16:41parce qu'on a
01:16:42il faut aussi discuter du fond
01:16:43des sujets
01:16:44pour aller au bout
01:16:44de ces questions-là
01:16:45de pluralisme
01:16:45d'indépendance
01:16:46pourquoi la presse écrite
01:16:47n'a pas les mêmes règles
01:16:48que l'audiovisuel public
01:16:49pourquoi l'audiovisuel public
01:16:50n'a pas les mêmes règles
01:16:50que l'audiovisuel privé
01:16:51les journaux
01:16:52et vous le savez
01:16:53Madame Soudet
01:16:54je ne dis pas
01:16:54que c'est ce que vous avez dit
01:16:56mais la ligne éditoriale
01:16:57de l'humanité
01:16:58ce n'est pas exactement
01:16:58la même ligne éditoriale
01:16:59que de libération
01:17:00et que le métier d'éditorialiste
01:17:02c'est un métier particulier
01:17:03parce qu'aujourd'hui
01:17:04vous mettez en cause
01:17:05une indépendance
01:17:05mais un éditorialiste
01:17:07il a le droit
01:17:07d'avoir un parti pris
01:17:08non mais alors
01:17:09j'ai peut-être mal compris
01:17:10ce que vous disiez
01:17:11je le dis
01:17:11pas pour vous
01:17:12je le dis peut-être pas pour vous
01:17:14non mais j'ai peut-être
01:17:17pas compris
01:17:17c'est pour aller au bout
01:17:18de la question
01:17:18je n'ai pas compris
01:17:19ce que vous vouliez signifier
01:17:21est-ce que c'était
01:17:22non mais pardon
01:17:23c'était une question
01:17:24mais j'ai le droit
01:17:24de poser une question
01:17:25c'est pour comprendre
01:17:26votre question
01:17:26est-ce que vous mettiez
01:17:27en cause les écrits
01:17:28en tant qu'éditorialistes
01:17:30ou la rencontre
01:17:31avec les responsables
01:17:34du parti socialiste
01:17:34c'était ça
01:17:34la question
01:17:35en fait vous n'avez pas
01:17:37compris monsieur le président
01:17:38en fait justement
01:17:39je suis en train de dire
01:17:39qu'il faut être honnête
01:17:42assumé
01:17:42et en vérité justement
01:17:43quand une ligne éditoriale
01:17:44est assumée par un journal
01:17:45en fait moi je le salue
01:17:45puisqu'en fait au moins
01:17:46c'est honnête
01:17:47pardon je n'avais pas
01:17:48compris ce point
01:17:49donc voilà
01:17:50très bien
01:17:51madame
01:17:51madame maître
01:17:53je vous remercie
01:17:53de cette question
01:17:54parce que
01:17:55pardon
01:17:58madame Soudé
01:17:58madame maître
01:18:00je vous remercie
01:18:01de cette question
01:18:01parce que c'est important
01:18:02de
01:18:03de distinguer
01:18:04le rôle
01:18:06d'éditorialiste
01:18:07de service public
01:18:08et le rôle
01:18:09d'éditorialiste
01:18:09dans un journal
01:18:10comme Libération
01:18:11quand j'étais
01:18:15éditorialiste
01:18:16à France Inter
01:18:16c'était à 7h43
01:18:18à 7h47
01:18:20il y avait
01:18:21Dominique Seux
01:18:23nous n'avons pas
01:18:24la même sensibilité
01:18:25et puis après
01:18:26il y avait
01:18:27à 7h50
01:18:29un invité politique
01:18:30ce quart d'heure
01:18:31qui a très bien marché
01:18:33qui était
01:18:33animé d'ailleurs
01:18:34par Patrick Cohen
01:18:36pendant
01:18:36un long temps
01:18:37et puis
01:18:38après par
01:18:40par Nicolas Demorand
01:18:43ce quart d'heure
01:18:45me semble-t-il
01:18:47avec cette diversité
01:18:49de points de vue
01:18:50points de vue
01:18:51par opinion
01:18:51je pourrais
01:18:52différencier ça
01:18:53finalement
01:18:56offrait
01:18:56à l'auditeur
01:18:57je pense
01:18:57un panel
01:18:58de la diversité
01:19:00des sujets
01:19:01qui participaient
01:19:03à la grande
01:19:03conversation nationale
01:19:04du moment
01:19:04et alors
01:19:06je
01:19:07je
01:19:07je
01:19:08je voudrais
01:19:09spécifier le rôle
01:19:10de l'éditorialiste
01:19:12selon moi
01:19:12parce que chacun
01:19:13a son rôle
01:19:14à sa définition
01:19:16l'éditorialiste
01:19:17du
01:19:17politique du service public
01:19:19j'ai des sensibilités
01:19:20elles sont
01:19:22avouées
01:19:23je suis un peu écologiste
01:19:24je suis plutôt
01:19:25à gauche
01:19:25et
01:19:26ce qui m'intéressait
01:19:28dans le
01:19:28dans ce que je traitais
01:19:30dans le service public
01:19:31c'était plutôt
01:19:32des questions démocratiques
01:19:34par exemple
01:19:35j'ai été éditorialiste
01:19:36quasiment
01:19:37pendant tout le quinquennat
01:19:38de Nicolas Sarkozy
01:19:38je n'ai pas
01:19:39critiqué des lois
01:19:41en tant que telles
01:19:41en disant cette loi
01:19:42est mauvaise pour la France
01:19:43je ne me suis pas indigné
01:19:44ce que j'ai fait
01:19:46par exemple
01:19:46au bout de la septième loi
01:19:48il y en a eu
01:19:48je crois huit ou neuf
01:19:49au bout de la septième loi
01:19:50sur la sécurité
01:19:52je disais
01:19:53tiens
01:19:53encore une loi
01:19:55alors que
01:19:56les décrets
01:19:58d'application
01:19:58de la précédente
01:19:59n'étaient pas
01:20:00publiés
01:20:01et donc je disais
01:20:02c'est étrange
01:20:03et ça peut vous intéresser
01:20:04en tant que législateur
01:20:04la vie d'une loi
01:20:06aujourd'hui
01:20:07le moment important
01:20:08d'une loi
01:20:09aujourd'hui
01:20:09c'est le moment
01:20:09où il est annoncé
01:20:10et non pas le moment
01:20:11où il crée
01:20:12du droit
01:20:13et
01:20:14c'était plutôt
01:20:15sur ces thèmes là
01:20:16quand j'étais
01:20:18éditorialiste
01:20:19sous l'empire
01:20:20de monsieur
01:20:21Hollande
01:20:22qui était président
01:20:22de la république
01:20:23je ne prenais pas
01:20:26parti
01:20:26pour ou contre
01:20:27les fondeurs
01:20:29je
01:20:29pointais simplement
01:20:31et j'en ai même fait
01:20:31un livre qui s'appelle
01:20:32arrêtons d'élire
01:20:33des présidents
01:20:34je pointais simplement
01:20:36qu'on avait la preuve
01:20:38avec François Hollande
01:20:39que pour se faire élire
01:20:40en France
01:20:42avec l'élection du président
01:20:43au suffrage universel
01:20:44à deux tours
01:20:44tel qu'il est aujourd'hui
01:20:45pour se faire élire
01:20:46il faut dire des choses
01:20:47qui ne correspondent pas
01:20:48à ce qu'on fera
01:20:50c'est un peu pour ça
01:20:52que par exemple
01:20:53Jacques Delors
01:20:53un autre personnage
01:20:54pour qui j'ai de la considération
01:20:56avait dit non
01:20:57c'est un peu aussi pour ça
01:20:58que Michel Rocard
01:20:59vous avez compris
01:20:59que j'aimais bien
01:21:00Michel Rocard
01:21:00n'avait jamais été en position
01:21:02d'être candidat
01:21:03donc ce genre de choses
01:21:04qui ne sont pas neutres
01:21:06qui sont orientées
01:21:08mais qui sont plutôt
01:21:10du domaine du point de vue
01:21:11que de l'opinion
01:21:12et vous savez
01:21:13j'ai la chance
01:21:13d'être d'une famille
01:21:14nombreuse
01:21:15et j'ai pas mal
01:21:16donc les tantes
01:21:17de cousins
01:21:17et ce qui est intéressant
01:21:19dans une famille nombreuse
01:21:21c'est que
01:21:22dans les réunions de famille
01:21:23ça ressemble à un petit parlement
01:21:26il y a un peu de tout le monde
01:21:27et à chaque fois
01:21:28que je faisais un papier
01:21:29qui critiquait plutôt la droite
01:21:30je pensais à un ou deux
01:21:31de mes oncles
01:21:32plutôt à droite
01:21:33et à chaque fois
01:21:34que je tapais un peu
01:21:35sur la gauche
01:21:36je pensais à d'autres
01:21:37et en fait
01:21:38quand on est dans le service public
01:21:39je pense que
01:21:41quand on fait l'édito
01:21:41on ne veut pas marquer des points
01:21:43on veut donner des clés
01:21:44et des clés
01:21:45qui sont assumées
01:21:46comme étant
01:21:47celles d'un certain point de vue
01:21:49d'une certaine sensibilité
01:21:50sachant que juste après moi
01:21:51un autre point de vue
01:21:52allait s'exprimer
01:21:53à Libération c'est différent
01:21:54à Libération
01:21:56j'ai intégré un journal
01:21:58qui a une ligne
01:21:59une ligne politique
01:22:01alors il n'a pas une ligne
01:22:02très précise
01:22:03c'est le progressisme
01:22:05en tout cas à la gauche
01:22:05parce que le progressisme
01:22:06on l'a vu hier
01:22:07c'est beaucoup plus large
01:22:08et beaucoup plus philosophique
01:22:10et voilà
01:22:12en donnant mon éclairage
01:22:13dans Libération
01:22:14là
01:22:15j'essaye plutôt
01:22:16de réfléchir
01:22:18à un sujet particulier
01:22:19et de peut-être
01:22:21donner des arguments
01:22:22dans la bataille culturelle
01:22:23en cours en ce moment
01:22:26et encore
01:22:28dans cette grande
01:22:28conversation nationale
01:22:30j'ai la chance
01:22:30de pouvoir
01:22:31donner
01:22:32là plus
01:22:34mon opinion
01:22:34que mon point de vue
01:22:35je ne sais pas si
01:22:36la différence entre
01:22:37point de vue et opinion
01:22:38telle que je voulais
01:22:39expliquer ici
01:22:39est très claire
01:22:41certains vont peut-être
01:22:42la trouver un peu spécieuse
01:22:43mais voilà
01:22:44c'est comme ça
01:22:44que j'essaye de faire
01:22:45honnêtement
01:22:46Madame Soudet
01:22:47mon travail
01:22:49Monsieur Morel
01:22:54l'espionnage
01:22:56et le label
01:22:57alors
01:22:58c'est vous qui m'avez
01:22:59posé ces questions
01:23:00excusez-moi
01:23:01l'espionnage
01:23:03alors je suis bien en peine
01:23:04on m'a expliqué
01:23:05depuis cette affaire
01:23:08qu'il fallait que
01:23:09je
01:23:10qu'on verse
01:23:11uniquement sur signal
01:23:12messagerie cryptée
01:23:14Madame Bloch
01:23:16n'a pas signal
01:23:16je suis même pas sûr
01:23:17qu'elle sache que c'est
01:23:18c'est pour nous
01:23:18on est au SMS
01:23:19il fallait même
01:23:22que j'ai
01:23:23des téléphones
01:23:24surnuméraires
01:23:25etc
01:23:25il fallait que je
01:23:28fasse attention
01:23:29à ce que je dise
01:23:30et je remarque
01:23:32que de plus en plus
01:23:33de journalistes
01:23:33sont obligés
01:23:34de faire attention
01:23:35à ce qu'ils disent
01:23:35même devant leur téléphone
01:23:36je ne suis pas parano
01:23:38et même si je pense
01:23:40qu'il faut l'être
01:23:41je continue
01:23:42à aller dans les cafés
01:23:43encore une fois
01:23:44je ne respecterai pas
01:23:45la consigne
01:23:46ironique
01:23:48de Sybille Veil
01:23:50je continue
01:23:50à aller dans les cafés
01:23:52et puis
01:23:54et puis voilà
01:23:55je ferai un peu plus attention
01:23:56et j'espère
01:23:58qu'on va pouvoir
01:23:59continuer à aller dans les cafés
01:24:00à pouvoir parler politique
01:24:01prendre un café
01:24:02avec monsieur l'oncle
01:24:03et sûrement
01:24:04s'écharper gentiment
01:24:05et continuer à faire de la politique
01:24:07c'est quand même
01:24:07ce qu'on aime tous
01:24:08et si on devait être
01:24:09espionné pour ça
01:24:10ça m'inquièterait
01:24:12donc le label
01:24:14alors le label
01:24:15c'est une question intéressante
01:24:16moi j'ai toujours été
01:24:19plutôt défavorable
01:24:21à l'idée
01:24:21qu'on
01:24:22qu'on établisse
01:24:23par exemple
01:24:24un code
01:24:24de déontologie
01:24:25très
01:24:27ferme
01:24:28parce que
01:24:30le journalisme
01:24:31est un
01:24:31métier de liberté
01:24:32il y a des
01:24:34des règles
01:24:35de fabrication
01:24:36de l'information
01:24:37j'en ai parlé
01:24:39tout à l'heure
01:24:39quand on
01:24:40normalement
01:24:41un journaliste
01:24:41ne se déguise pas
01:24:43et ne se
01:24:45et ne vole pas
01:24:46du matériel
01:24:47pour faire des informations
01:24:48mais
01:24:49vous connaissez peut-être
01:24:50tous
01:24:51Gunther Wallraaf
01:24:52qui est un
01:24:52des grands journalistes
01:24:54allemands
01:24:55qui s'est déguisé
01:24:55en turc
01:24:56pour pouvoir
01:24:56démontrer
01:24:58que des entreprises
01:24:59allemandes
01:25:00employées de façon
01:25:01illégale
01:25:01et même
01:25:03une sorte de traite
01:25:04d'esclavage
01:25:07de travailleurs allemands
01:25:09qui pourrait dire
01:25:11que
01:25:11Gunther Wallraaf
01:25:12est moins journaliste
01:25:13que je ne sais pas
01:25:14Laurence Ferrari
01:25:14par exemple
01:25:15on ne vole pas
01:25:17des documents
01:25:18mais
01:25:21quand des documents
01:25:22nous sont refusés
01:25:23et qu'on pense
01:25:25que ces documents
01:25:25sont d'intérêt
01:25:27général
01:25:28et qu'ils peuvent
01:25:29même
01:25:29montrer
01:25:32des délits
01:25:32dont la justice
01:25:33pourrait se saisir
01:25:34et bien là
01:25:36ça me paraît
01:25:37justifié
01:25:38il m'a été
01:25:38reproché
01:25:39sur CNews
01:25:40pendant
01:25:41tout ce bashing
01:25:42de me plaindre
01:25:44d'avoir été
01:25:45qu'on ait diffusé
01:25:49ce café
01:25:51le contenu
01:25:52de ce café
01:25:52et d'avoir défendu
01:25:53pourtant
01:25:53dans un édito
01:25:54de Libération
01:25:55la publication
01:25:58par Mediapart
01:25:59des écoutes
01:26:00au moment
01:26:00de l'affaire
01:26:01Betancourt
01:26:01tout simplement
01:26:02parce que
01:26:03la publication
01:26:04de ces écoutes
01:26:05ont fait évoluer
01:26:07la procédure judiciaire
01:26:08il y avait des délits
01:26:10qui étaient révélés
01:26:11et puis tout simplement
01:26:11parce que
01:26:12la publication
01:26:13de ces écoutes
01:26:14l'ont été faite
01:26:15selon les canons
01:26:16du journalisme
01:26:17c'est à dire que
01:26:17chaque protagoniste
01:26:19de ces écoutes
01:26:20ont été prévenus avant
01:26:21on leur a demandé
01:26:22leur avis
01:26:22est-ce qu'elles avaient
01:26:23quelque chose
01:26:23je me suis
01:26:24c'était évident pour moi
01:26:26mais avant de vous répondre
01:26:27j'ai quand même appelé
01:26:28les personnes
01:26:30de Mediapart
01:26:30qui nous ont dit
01:26:31évidemment
01:26:31on a enlevé
01:26:32tout ce qui pouvait être privé
01:26:35tout ce qui pouvait être
01:26:36qui n'avait aucun rapport
01:26:37avec l'affaire
01:26:37et puis
01:26:38tout le reste
01:26:39a été fait
01:26:40selon les canons
01:26:41du journalisme
01:26:41ça répond un petit peu
01:26:42monsieur Ballard
01:26:43à votre question
01:26:44pourquoi
01:26:45cacher
01:26:45l'investigation
01:26:46quand ils font
01:26:47des caméras cachées
01:26:49c'est qu'on leur a
01:26:50d'abord refusé
01:26:51l'accès
01:26:52moi on ne m'a pas demandé
01:26:53l'accès à mon café
01:26:54vous avez participé
01:26:59vous avez été
01:27:00caméra cachée
01:27:02vous avez été victime
01:27:02vous avez été fauteuil rouge
01:27:03oui vous avez été fauteuil rouge
01:27:05je m'en souviens
01:27:05voilà pour cette audition
01:27:07de Thomas Legrand
01:27:08à très vite
01:27:09pour un nouveau numéro
01:27:10de La Science est ouverte
01:27:11sur LCP évidemment
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