Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 mois
La ministre de l'agriculture, Annie Genevard s'exprimait depuis une ferme des Yvelines au lendemain du report de la signature du Mercosur. Elle a notamment estimé que l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercosur était "inacceptable". Concernant les blocages menés par les agriculteurs elle a estimé qu'il fallait que "Noël puisse se faire".

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Nous avons reçu successivement tous les syndicats agricoles.
00:04Nous avons très longuement échangé.
00:07Alors le panorama des questions, c'est évidemment, ce sont les sujets du moment,
00:13les sujets internationaux avec la PAC, le Mercosur, l'application de la taxe carbone,
00:22les sujets nationaux avec la crise agricole qui se traduit par les nombreux mouvements
00:30un peu partout sur le territoire national, particulièrement dans le Sud-Ouest,
00:35en raison de la crise sanitaire de la dermatose.
00:39Donc ces échanges ont été très nourris, francs,
00:43mais où les choses se sont dites dans un climat d'écoute et de respect mutuel.
00:48Et moi, cet après-midi, comme je le fais depuis que je suis à la tête de ce ministère,
00:55je viens dans une exploitation, à la rencontre des agriculteurs.
01:00Donc j'ai choisi de venir ici dans cette ferme de M. Règue,
01:04je remercie pour son accueil, une ferme des Yvelines,
01:08dans un contexte très particulier,
01:11puisque la perspective de la mise en place au 1er janvier 2026
01:18d'une taxe carbone qui s'appelle MACF,
01:22mécanisme d'ajustement carbone aux frontières,
01:25plonge ce monde de production céréalière dans une immense inquiétude
01:30parce qu'elle va renchérir les coûts de production
01:33qui sont déjà bien supérieurs aux cours mondiaux du blé et des céréales.
01:40Et donc je suis venue chez vous, M. Règue,
01:44parce que je sais que vous êtes une ferme céréalière
01:47et j'avais besoin aussi d'échanger avec vous
01:50pour vous dire tout ce que nous faisons
01:51pour pouvoir éviter l'application de cette taxe
01:55qui pourrait, si nous ne parvenions pas à la neutraliser,
02:01vous mettre dans d'immenses difficultés
02:04à un moment où vous n'avez pas besoin de ça
02:05puisque les cours mondiaux sont faibles.
02:09Ça m'a donné l'occasion, comme toujours,
02:11de rencontrer un grand nombre d'agriculteurs du secteur
02:14et d'écouter.
02:17Je n'ai jamais fait un déplacement
02:19sans écouter très soigneusement,
02:22très respectueusement ce que les agriculteurs ont à me dire.
02:27Ce temps d'écoute, il est fondamental
02:29parce que nous sommes, avec les agriculteurs,
02:35dans une profession qui travaille dur,
02:40qui souvent, parfois, gagne peu,
02:45qui a besoin de la considération des Français
02:48dans la mission qui est la leur et qui est fondamentale,
02:51qui est celle de nous nourrir.
02:53Donc je prends toujours ce temps,
02:55ce temps long d'échange, d'écoute,
02:58avant d'engager l'échange.
02:59Et j'ai besoin, dans la fonction qui est la mienne,
03:03de pouvoir toujours me nourrir
03:05de ce que me dit le terrain.
03:07Je l'ai toujours fait dans ma vie d'élu,
03:09mais comme ministre, c'est une nécessité,
03:12et je dirais même plus, c'est un devoir humain.
03:14Et c'est le sens de ce déplacement.
03:17Que dites-vous des agriculteurs qui veulent poursuivre,
03:20qui veulent continuer les blocages,
03:21notamment pendant les fêtes de Doré ?
03:23Alors, je leur dis qu'aujourd'hui,
03:26le Premier ministre a montré,
03:28dans un échange qui a été long,
03:33attentif,
03:34qu'il était vraiment à l'écoute de la profession.
03:39Ce n'est pas une position de fermeture,
03:42c'est une position d'écoute.
03:44Et je crois d'ailleurs que les organisations syndicales
03:48l'ont parfaitement compris.
03:50Enfin, moi, j'ai assisté à tous les entretiens,
03:52et j'ai trouvé que ça s'était fait dans un bon climat.
03:56Je dis aussi qu'il y a le temps des combats,
04:01on a le droit de manifester.
04:03En revanche, pas de violence,
04:05ni à l'égard des biens, ni à l'égard des personnes.
04:07Et puis, on est dans un temps très singulier,
04:10qui est le temps de l'avant-Noël,
04:13quelques jours avant Noël.
04:15Il y a des tas de gens qui ont besoin de travailler
04:17en cette période de l'année,
04:18des gens modestes,
04:20qui travaillent dans les restaurants,
04:21qui travaillent dans les commerces,
04:23qui travaillent dans les stations.
04:25Souvent, d'ailleurs, ce sont des agriculteurs
04:27qui sont en double activité.
04:29Ils sont agriculteurs au printemps et à l'été,
04:32et ils sont employés comme saisonniers
04:36dans les stations de ski.
04:37Ce sont des gens souvent modestes
04:39qui ont besoin de travailler.
04:41Et moi, je leur dis,
04:42par solidarité à l'égard de tout cela,
04:45des petits commerçants,
04:47des salariés,
04:48des petites entreprises,
04:50eh bien, il faut vraiment
04:52que Noël puisse se faire,
04:53parce que, généralement,
04:55c'est le moment où ils peuvent,
04:58évidemment, faire leurs affaires
05:00plus que dans le reste de l'année.
05:01Donc, il faut, par solidarité les uns
05:04avec les autres,
05:05pouvoir les laisser travailler.
05:07Donc, j'appelle à cet apaisement.
05:09Le dialogue va se poursuivre.
05:11Le Premier ministre a dit
05:12qu'il recevrait à nouveau
05:14tous les syndicats,
05:16début janvier,
05:17tout début janvier,
05:19dans la première semaine de janvier.
05:21Donc, le fil n'est pas rompu.
05:23Le dialogue reste ouvert.
05:25Et c'est le message
05:26que nous voulons faire passer.
05:28Est-ce qu'il y aura
05:28de nouvelles annonces,
05:29de nouvelles mesures
05:30pour les plus francos ?
05:31Écoutez, le Premier ministre,
05:35il lui appartiendra de le dire.
05:37Mais, en tout cas,
05:39nous avons des choses
05:40qui sont en discussion
05:42et qui verront certainement,
05:44début janvier,
05:46une évolution,
05:48une progression
05:49sur tel ou tel sujet, d'ailleurs.
05:51Ce n'est pas exclusif
05:53du sujet du moment.
05:54Mais j'espère qu'on aura
05:56des bonnes nouvelles à annoncer
05:57sur la taxe carbone
05:58sur les céréales, par exemple.
06:00C'est leur sujet, ici.
06:02C'est au 1er janvier.
06:04Dans 10 jours.
06:05Dans 10 jours,
06:06si on ne parvient pas
06:07à faire ce que nous voulons faire,
06:08c'est un surcoût
06:09de presque 100 euros, n'est-ce pas ?
06:12Donc, vous voyez,
06:13c'est la ruine
06:15de la filière céréalière française.
06:17Ce n'est pas possible.
06:18Donc, ça,
06:19c'est un des combats urgents
06:21qu'on a à mener.
06:22Et j'espère que,
06:23dans la première semaine de janvier,
06:25quand nous reverrons
06:25les syndicats,
06:27nous pourrons leur dire
06:27« Nous avons réussi
06:29à neutraliser cette taxe,
06:30par exemple. »
06:31Peut-être sur le Mercosur.
06:33On a vu hier soir
06:33que la signature de l'accord
06:36a été reportée.
06:37Est-ce que, pour vous,
06:37c'est un bon signal,
06:39ce report ?
06:40Moi, je vais vous dire.
06:42On nous a annoncé
06:42la signature au 30 juin.
06:45On s'est battus.
06:45On s'est battus.
06:46On n'arrête pas de repousser.
06:48Pourquoi est-ce qu'on repousse ?
06:50Parce que si ce projet d'accord
06:53avec le Mercosur
06:55devait voir le jour
06:57tel qu'il a été signé
06:59il y a un an à Montevideo,
07:01il n'est pas acceptable.
07:02Il est inacceptable.
07:04Tout le monde l'a dit.
07:04Le président de la République,
07:05le Premier ministre.
07:06Moi, je l'ai répété
07:07à peu près sur tous les tons.
07:09C'est un accord d'un autre âge.
07:11C'est un accord malné.
07:12C'est un accord qui n'est pas protecteur.
07:14Donc, tel qu'il est,
07:14il n'est pas possible.
07:15Il n'est pas acceptable.
07:16Un certain nombre de pays
07:18sont favorables dans l'Union européenne.
07:20Il se fait qu'on est 27,
07:21que la France,
07:22elle porte haut et fort
07:25la résistance,
07:27mais elle n'est pas toute seule.
07:29D'ailleurs,
07:30elle n'est pas toute seule
07:30dans ce combat,
07:31mais tous les pays de l'UE
07:33n'ont pas cet avis.
07:34Cela étant,
07:36Pologne,
07:37Hongrie,
07:38Autriche,
07:39Belgique,
07:40Irlande,
07:40Italie,
07:42que nous avons sensibilisé
07:45au fil des mois.
07:46Je suis allée,
07:47j'ai fait la tournée
07:47de toutes ces capitales.
07:51On réussit à faire
07:52admettre
07:55à la présidente de la commission
07:57que ça a exposé
08:00des filières sensibles.
08:01Il fallait donc
08:01une clause de sauvegarde
08:03en cas de déséquilibre
08:04de marché.
08:05Nous avons réussi
08:06à faire passer
08:07la nécessité
08:09de réciprocité des normes.
08:11Personne ne peut comprendre
08:13dans le monde agricole
08:13qu'on impose
08:15des normes
08:16à nos producteurs
08:17dont ça franchirait
08:18les importations.
08:20Donc ça,
08:21ce n'est pas possible.
08:22Je pense que c'est d'ailleurs
08:23le point le plus
08:24insupportable
08:26au monde agricole.
08:28Et puis enfin,
08:29les contrôles
08:29parce que toutes les règles
08:30du monde
08:31ne valent que si
08:33on peut les contrôler.
08:35Donc sur ces trois points
08:36fondamentaux,
08:37il y a des avancées,
08:39mais le compte n'est pas.
08:41Et tant que le compte
08:42n'y sera pas,
08:42la France continuera
08:44à livrer
08:45ce combat.
08:47Donc voilà ce que je peux
08:48vous dire
08:49sur le Mercosur.
08:50Comment vous pouvez rassurer
08:51le mercosur
08:52sur le Mercosur ?
08:54Justement,
08:56en obtenant
08:56des garanties.
08:57Par exemple,
08:58sur la clause
08:58de sauvegarde,
09:00la disposition
09:02qui a été adoptée,
09:03elle a été rédigée
09:04par les agriculteurs
09:05eux-mêmes,
09:06leurs représentants
09:07à l'Union européenne
09:08du COPAC
09:09au GK.
09:12Écoutez,
09:13en tout cas,
09:14ils l'ont durci
09:15considérablement
09:16et c'est cette version
09:17plus exigeante,
09:19donc plus protectrice,
09:20qui a été adoptée.
09:21Une dernière question.
09:22Avant votre arrivée,
09:23Fad Zahray
09:24exprimait ses inquiétudes
09:26et son envie
09:26de plus de planification
09:27agricole
09:28et ses difficultés,
09:29notamment depuis 2023.
09:30Qu'est-ce que vous tirez
09:31des échanges aujourd'hui
09:33avec les exploitants agricoles ?
09:35Alors d'abord,
09:36c'est un exercice,
09:37moi,
09:38que j'ai connu
09:38avec tous les premiers ministres.
09:41On voit bien
09:42que régulièrement,
09:43on a besoin
09:43d'aller,
09:44d'avoir cet exercice
09:45un peu institutionnel,
09:47un peu organisé,
09:48de rencontre
09:49où on fait le bilan.
09:51Ce qui,
09:52bon,
09:52vous savez,
09:53le monde syndical agricole,
09:55il a ses revendications,
09:58donc il convient
10:01qu'un certain nombre
10:02de choses,
10:03et ils l'ont dit d'ailleurs,
10:03tout n'est pas négatif,
10:05mais il y a beaucoup d'attentes.
10:07Il y a des attentes
10:08qui sont de différentes natures.
10:11D'abord,
10:12reconnaître,
10:13reconnaître le rôle
10:14de l'agriculteur.
10:15Il est précieux.
10:18Il faut lui permettre
10:19de faire ce pour quoi
10:20il est fait,
10:21c'est-à-dire de produire.
10:23Il ne faut pas l'accabler
10:24de normes,
10:24de contraintes,
10:26de taxes,
10:27d'injonctions contradictoires.
10:28On lui demande
10:29tout et son contraire.
10:30On lui demande
10:31de nous nourrir,
10:32mais en même temps
10:32de ne pas trop produire.
10:34Comment c'est possible ?
10:35Moi, je veux
10:36réhabiliter l'acte
10:37de production
10:38et le producteur,
10:40il est fondamental.
10:41On est trop dépendant
10:43des importations
10:44pour trop de produits.
10:45Il faut réhabiliter
10:46l'acte de production.
10:47Il a besoin
10:48d'être réinstallé
10:49dans cette fonction
10:50primordiale.
10:51Et puis,
10:52toutes sortes
10:52d'autres sujets,
10:53mais enfin,
10:53je ne vais pas énumérer...
10:54Vous êtes très rapide
10:56à annoncer
10:57que vous avez
10:58été un nouveau foyer
10:58de dermatose
10:59depuis lundi.
11:00Est-ce que vous êtes
11:00sur la bonne voie ?
11:01Je le crois.
11:03Je le crois
11:04parce que...
11:06Bon,
11:07pour l'instant,
11:09je n'ai pas de bois
11:10autour de moi
11:11pour toucher.
11:13Je scrute
11:14chaque fin de journée
11:15en priant
11:16le ciel
11:17que nous n'ayons pas
11:18d'autre qu'à foyer
11:19parce que,
11:20évidemment,
11:21vous comprenez
11:22aisément
11:23pourquoi.
11:24Donc,
11:25voilà.
11:26Très rapidement,
11:27à quel point
11:27le combat sur le MSF
11:28s'annonce compliqué
11:29par rapport au Mercosur ?
11:30Est-ce qu'il y a
11:30un peu plus
11:31de consensus
11:32au niveau européen ?
11:35Alors,
11:35le sujet,
11:36il est porté
11:37par la France
11:38parce que la France
11:38est un grand pays
11:39producteur de céréales.
11:41D'ailleurs,
11:42la France est un grand
11:43pays européen.
11:45C'est la plus grande
11:48puissance agricole
11:49de l'Union européenne.
11:50Il faut le rappeler,
11:50ça,
11:51quand même.
11:52On a une fierté
11:54agricole française.
11:56Et donc,
11:56le MACF,
11:57pour nous,
11:58ça prend un relief
11:59particulier.
12:01Mais ça ne dispense
12:03pas de mener
12:04le combat
12:05vaillamment.
12:06Alors,
12:06il y a des pays
12:07où ce n'est pas
12:08un sujet.
12:09Donc,
12:09évidemment,
12:10ils n'auront pas
12:10la même sensibilité
12:12au sujet.
12:13Mais en tout cas,
12:14ce combat-là,
12:14il ne faut pas le perdre
12:15pour nos céréaliers.
12:16ça.
12:16Donc,
12:17il n'y a pas
12:17qui s'est passé ?
12:18Ça,
12:19c'est MAL.
Commentaires

Recommandations