Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 mois
Le gouvernement reçoit les syndicats agricoles ce vendredi matin pour tenter de déminer les colères des agriculteurs. Celles-ci s'agglomèrent contre la gestion sanitaire de la dermatose bovine, l'accord commercial avec le Mercosur ou la baisse du budget européen de l'agriculture. Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, s'est exprimé ce vendredi 19 décembre à la sortie de sa réunion avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Cette crise, la FNSEA s'exprime à la sortie de son rendez-vous Arnaud Rousseau, ici présent, le président de la FNSEA, juste après avoir vu le Premier ministre.
00:07Sébastien Lecornu, on l'écoute.
00:10Bonjour à tous et merci d'avoir été patient.
00:11Nous sortons d'un rendez-vous avec le Premier ministre et la ministre de l'Agriculture ainsi que le ministre du Commerce extérieur
00:17où nous avons abordé l'ensemble des sujets de l'agriculture.
00:23Évidemment, ce qui s'est passé à Bruxelles hier, puisque vous avez vu que nous étions dans un climat quasi insurrectionnel
00:27et que les sujets bruxellois nous préoccupent au premier plan, d'abord parce qu'ils sont l'essentiel des politiques publiques agricoles.
00:36Nous avons évidemment abordé le sujet du Mercosur et à la fois de notre satisfaction de voir le sujet repousser,
00:43mais aussi du sursis qu'il nous est donné pour continuer à faire en sorte que ce texte, ou en tous les cas cet accord, n'aboutisse pas.
00:51Nous avons parlé de la politique agricole commune parce qu'évidemment aujourd'hui,
00:54les dotations qui sont prévues ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux
00:58et une baisse de 22% n'est absolument pas acceptable.
01:02Nous avons parlé du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières
01:05et de ce que ça fait supporter pour les céréaliers français, plus largement pour les acheteurs d'engrais.
01:14Nous avons dit surtout au Premier ministre que l'absence de vision à Bruxelles était criante
01:18et que nous craignons de voir le poids de la France diminuer dans le contexte dans lequel nous sommes.
01:23Nous avons abordé de nombreux sujets intérieurs concernant l'agriculture,
01:27évidemment ce qui s'est passé depuis la dernière crise agricole d'il y a deux ans,
01:31avec beaucoup de sujets dont on considère que le changement de logiciel demandé n'est absolument pas au rendez-vous,
01:37que ce soit la simplification, que ce soit évidemment la vision de la production,
01:42les sujets autour des moyens de production, je pense à la question de l'eau évidemment,
01:45mais aussi aux questions des NBT, autant de sujets que nous avons abordés avec le Premier ministre dans le détail
01:52pour redire que la situation n'est plus tenable en France pour les exploitations agricoles
01:57et que l'absence de vision, la situation économique et le sentiment que rien n'avance créent beaucoup de ressentiment.
02:06Évidemment nous avons abordé les sujets sanitaires, de la dermatose comme d'autres sujets
02:11et mes collègues à la fois présidents de la Fédération des producteurs laitiers et de la Fédération nationale bovine
02:17prendront la parole dans un instant.
02:19D'accord avec quel esprit vous ressortez de cet entretien ?
02:21Je vais vous répondre puisque je vous dis que nous on était venus avec la ferme intention d'obtenir un certain nombre de décisions claires.
02:30Nous ressortons avec deux choses.
02:32La première c'est que le Premier ministre s'est engagé d'ici ce soir à nous fournir un courrier
02:38avec l'ensemble des intentions qui sont celles de Matignon.
02:43Pourquoi nous avons demandé un courrier ? Parce que vous savez il y a de plus en plus de défiance de la parole publique
02:49auprès je crois des français mais en tous les cas de manière certaine auprès des agriculteurs
02:54et que donc nous avons besoin de cet écrit pour que sur tous les sujets que nous avons listés
02:59nous puissions avoir des réponses précises et le Premier ministre s'est engagé d'ici ce soir
03:03à nous fournir cet écrit pour dire quelles étaient ses intentions
03:07évidemment à très court terme mais on va évidemment reparler du MESF.
03:11La deuxième chose c'est qu'il nous a donné rendez-vous début janvier probablement autour du 8 à 10 janvier
03:18pour que nous puissions avoir un travail plus de fond sur la vision.
03:22Vous avez compris qu'encore une fois nous voulons continuer à produire pour nourrir les français
03:26mais que autour de cette question de la vision que nous réclamons nous avons besoin de déclarations claires
03:30et pas avec une échéance lointaine mais avec l'échéance de réponses très concrètes d'ici le salon de l'agriculture.
03:37Je pense à la question de l'eau, je pense à la question de la production, évidemment le règlement de la crise viticole,
03:43évidemment les réponses très concrètes sur les engrais concernant les producteurs de grandes cultures.
03:48Autant de sujets sur lesquels il nous faut avancer.
03:51Vous savez que le Premier ministre ne s'était pas exprimé sur la question de l'agriculture depuis son arrivée.
03:56Il nous a appris en séance que le projet de loi de finances n'avait pas abouti en commission mixte paritaire,
04:02ce qui avait d'ailleurs l'air de l'avoir heurté, considérant que nous avons besoin d'un budget pour avancer.
04:09Donc nous allons le laisser gérer les aspects budgétaires mais nous lui avons redit que concernant l'agriculture,
04:14évidemment un budget était nécessaire pour continuer à avancer parce que nous avons des demandes,
04:20y compris le règlement de la crise viticole pour être très concret et que sans budget ce ne sera pas possible.
04:24Voilà donc il nous demande à la fois d'attendre quelques semaines, en tous les cas après la trêve de Noël,
04:31mais nous nous voulons dès ce soir ce courrier et nous espérons que sa complétude nous permette de communiquer
04:37auprès de l'ensemble des agriculteurs de nos réseaux pour leur dire que ce qui s'est passé à Bruxelles donne du fruit en France
04:43et vous avez compris qu'on a été assez exigeants parce que ça fait longtemps qu'on dénonce ce qui est en train de se passer
04:49sur le plan européen, sur le plan national et puis ce rendez-vous dès le début de l'année pour qu'on puisse avoir la vision
04:55parce qu'on peut parler de mesures sectorielles mais tant qu'on n'a pas la vision de ce qu'on veut faire de l'agriculture,
05:00on n'avancera pas, il est le chef du gouvernement, c'est à lui qu'il appartient de conduire les affaires de la France
05:05et c'est les raisons pour lesquelles il doit maintenant sortir sur la question agricole.
05:09Nous avons un mois et demi d'ici le salon de l'agriculture, c'est le temps que nous doudons pour avoir une vision claire
05:14et puis ensuite les agriculteurs se définiront sur ce que sera les propositions que formulera le Premier ministre.
05:20Est-ce que vous appelez quand même dès maintenant à une trêve des blocages pendant les fêtes de Noël
05:23ou est-ce que vous attendez ou est-ce que tout est conditionné à ce courrier du Premier ministre
05:27et c'est à ce moment-là qu'éventuellement vous appellerez à cette trêve pendant les fêtes ?
05:30Oui c'est ce que nous avons dit dès ce matin, tant que nous n'avons pas ce courrier en main
05:34et que les choses ne sont pas écrites, parce que vous savez les paroles passent mais les écrits restent,
05:38nous continuons à avoir un réseau mobilisé, c'est déjà le cas dans plusieurs départements
05:42et en fonction de ce courrier nous prendrons des décisions dès ce soir, donc c'est très concret.
05:46Je l'ai dit aussi ce matin, notre objectif n'est pas d'ennuyer les Français qui vont partir tous,
05:52rejoindre leur famille, partager des moments de convivialité, nous on n'est pas dans cet esprit du blocage,
05:57on sait que pour tout le monde cette trêve de Noël c'est important, je veux dire aussi que ça l'est pour nous,
06:02mais qu'on ne peut pas le faire si on n'a pas des engagements précis et concrets
06:05et donc vous avez compris que ce courrier sera décisif.
06:07Et puis ensuite il faudra qu'on nous dise très clairement ce qu'on veut faire de l'agriculture
06:11et ça c'est un rendez-vous, je l'ai dit, entre le 8 et le 10 janvier,
06:14sous une forme que le Premier ministre n'a pas encore précisé,
06:18mais qui nous permettra d'ici le salon de l'agriculture d'avoir une vision claire
06:21et moi je le dis, prenons l'exemple du stockage de l'eau, on en parle depuis les lustres, rien n'avance,
06:26on a des projets, les aura-t-il débloqué oui ou non avant le salon de l'agriculture ?
06:30Voilà une réponse très concrète que nous attendons de sa part.
06:32Vous êtes resté bien plus longtemps que le temps qui était prévu pour votre entretien,
06:36est-ce que vous avez à la sortie confiance dans le Premier ministre aujourd'hui ?
06:41Le sujet pour nous, vous savez, ce n'est pas un sujet de confiance,
06:43je suis président de la FNSA depuis deux ans et demi,
06:45c'est le sixième gouvernement et le cinquième Premier ministre que je vois.
06:48Moi j'ai besoin de preuves concrètes, tangibles,
06:51ensuite les agriculteurs ont des opinions politiques différentes, ils les exprimeront.
06:55Moi j'ai dit au Premier ministre que ce qui comptait c'était maintenant les faits,
06:58donc les faits c'est ce qui va être écrit, parce qu'encore une fois les écrits sont importants,
07:03et ensuite c'est le déploiement par la parole du Premier ministre d'une vision,
07:06et par l'exécution du gouvernement, c'est ce qu'est les affaires encore une fois
07:09que doit mener le gouvernement, il en est le chef, c'est à lui de faire ce travail.
07:13Vous parlez de fait, il y a des agriculteurs qui appartiennent à la FNSA,
07:15qui ont manifesté devant la résidence privée du chef de l'État ce matin au Touquet,
07:20est-ce que vous condamnez, vous en tant que président de la FNSA, ces agissements ?
07:23D'abord, je le dis, ça s'est fait dans le respect des biens et des personnes,
07:26mais je crois que tout le monde mesure aujourd'hui,
07:29que la pression est très forte,
07:31et que les agriculteurs, qui après s'être mobilisés dans le calme et le respect,
07:34il y a maintenant à peu près deux ans,
07:37considèrent qu'aujourd'hui on n'est pas du tout au rendez-vous,
07:39donc je ne condamne pas les actions qui se mènent partout en France,
07:43pour peu qu'elles se déroulent dans le respect des biens et des personnes,
07:45et je le redis ce matin au Touquet, c'était le cas.
07:47Pour qu'on comprenne bien, vous attendiez ce courrier ce soir
07:50pour dire lever les blocages à ceux qui sont sur les ronds-points ou sur les autoroutes ?
07:57Oui, vous avez parfaitement compris,
07:58nous attendons ce courrier pour donner des consignes très claires,
08:00je ne sais pas ce qu'il y aura dedans,
08:02mais je sais précisément ce que nous avons demandé,
08:04et vous l'avez dit vous-même, nous ne sommes restés plus longtemps que prévus,
08:07parce que nous voulions embrasser la complétude des sujets,
08:11par exemple la prédation,
08:12qui est un sujet qui concerne beaucoup d'éleveurs,
08:15et sur lequel un arrêté attendu ne nous convient pas,
08:17vous voyez, donc on a été très concret avec le Premier ministre,
08:19maintenant écoutez, ce courrier, je pense qu'il sera rendu public,
08:22en tous les cas, nous on n'aura pas de problème à dire ce qu'on veut y voir dedans,
08:26on va y travailler toute la journée,
08:27il n'y a rien de nouveau, pardonnez-moi,
08:29rien de nouveau que les gens qui suivent ces dossiers ne découvrent,
08:32mais encore une fois, à partir du moment où c'est écrit,
08:35c'est engageant, et puis ensuite viendra la période du travail,
08:37vous savez, encore une fois, le salon de l'agriculture, c'est dans deux mois,
08:40et nous voulons voir des choses très concrètes,
08:43c'est absolument nécessaire,
08:44vous avez compris que la tension est maximale dans le monde agricole,
08:47quelle que soit encore une fois la représentation syndicale,
08:50y compris les gens qui ne sont pas syndiqués,
08:52il y a besoin de donner des actes clairs,
08:54pour qu'on puisse évoluer,
08:54sur les maladies sanitaires,
08:56comme sur l'économie,
08:57comme sur les moyens de production,
08:58comme sur la relation avec Bruxelles,
09:00vous savez, il y a tellement de sujets aujourd'hui,
09:02dont on a le sentiment qu'ils n'avancent pas,
09:03que maintenant, c'est la période du rendez-vous,
09:05encore une fois, il s'agit du Premier ministre,
09:07il ne s'est pas exprimé sur l'agriculture,
09:09c'est le moment de le faire.
09:10Merci beaucoup à vous, très bonne journée.
09:11Le protocole sanitaire est le bon,
09:19c'est celui qui est porté par l'ensemble des vétérinaires
09:22et du corps scientifique après ce corpus.
09:24Je sais, nous l'avons évoqué avec le Premier ministre,
09:26que des travaux ont lieu avec des spécialistes
09:29qui ont rencontré un certain nombre de présidents
09:30de chambres d'agriculture d'Occitanie.
09:32Ce travail se poursuit, nous, nous l'avons dit,
09:34c'est la science, toute la science, rien que la science.
09:36Si la science devait évoluer et que les protocoles devaient évoluer
09:38parce que le consensus scientifique évolue,
09:40ça ne nous pose aucun problème
09:41et nous continuons à nous appuyer sur ce que préconiseront
09:44les vétérinaires et les spécialistes de la maladie,
09:47ce que, à titre personnel, je ne suis pas.
09:49Merci beaucoup, très bonne journée.
09:50Merci.
Commentaires

Recommandations