00:00Cette crise, la FNSEA s'exprime à la sortie de son rendez-vous Arnaud Rousseau, ici présent, le président de la FNSEA, juste après avoir vu le Premier ministre.
00:07Sébastien Lecornu, on l'écoute.
00:10Bonjour à tous et merci d'avoir été patient.
00:11Nous sortons d'un rendez-vous avec le Premier ministre et la ministre de l'Agriculture ainsi que le ministre du Commerce extérieur
00:17où nous avons abordé l'ensemble des sujets de l'agriculture.
00:23Évidemment, ce qui s'est passé à Bruxelles hier, puisque vous avez vu que nous étions dans un climat quasi insurrectionnel
00:27et que les sujets bruxellois nous préoccupent au premier plan, d'abord parce qu'ils sont l'essentiel des politiques publiques agricoles.
00:36Nous avons évidemment abordé le sujet du Mercosur et à la fois de notre satisfaction de voir le sujet repousser,
00:43mais aussi du sursis qu'il nous est donné pour continuer à faire en sorte que ce texte, ou en tous les cas cet accord, n'aboutisse pas.
00:51Nous avons parlé de la politique agricole commune parce qu'évidemment aujourd'hui,
00:54les dotations qui sont prévues ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux
00:58et une baisse de 22% n'est absolument pas acceptable.
01:02Nous avons parlé du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières
01:05et de ce que ça fait supporter pour les céréaliers français, plus largement pour les acheteurs d'engrais.
01:14Nous avons dit surtout au Premier ministre que l'absence de vision à Bruxelles était criante
01:18et que nous craignons de voir le poids de la France diminuer dans le contexte dans lequel nous sommes.
01:23Nous avons abordé de nombreux sujets intérieurs concernant l'agriculture,
01:27évidemment ce qui s'est passé depuis la dernière crise agricole d'il y a deux ans,
01:31avec beaucoup de sujets dont on considère que le changement de logiciel demandé n'est absolument pas au rendez-vous,
01:37que ce soit la simplification, que ce soit évidemment la vision de la production,
01:42les sujets autour des moyens de production, je pense à la question de l'eau évidemment,
01:45mais aussi aux questions des NBT, autant de sujets que nous avons abordés avec le Premier ministre dans le détail
01:52pour redire que la situation n'est plus tenable en France pour les exploitations agricoles
01:57et que l'absence de vision, la situation économique et le sentiment que rien n'avance créent beaucoup de ressentiment.
02:06Évidemment nous avons abordé les sujets sanitaires, de la dermatose comme d'autres sujets
02:11et mes collègues à la fois présidents de la Fédération des producteurs laitiers et de la Fédération nationale bovine
02:17prendront la parole dans un instant.
02:19D'accord avec quel esprit vous ressortez de cet entretien ?
02:21Je vais vous répondre puisque je vous dis que nous on était venus avec la ferme intention d'obtenir un certain nombre de décisions claires.
02:30Nous ressortons avec deux choses.
02:32La première c'est que le Premier ministre s'est engagé d'ici ce soir à nous fournir un courrier
02:38avec l'ensemble des intentions qui sont celles de Matignon.
02:43Pourquoi nous avons demandé un courrier ? Parce que vous savez il y a de plus en plus de défiance de la parole publique
02:49auprès je crois des français mais en tous les cas de manière certaine auprès des agriculteurs
02:54et que donc nous avons besoin de cet écrit pour que sur tous les sujets que nous avons listés
02:59nous puissions avoir des réponses précises et le Premier ministre s'est engagé d'ici ce soir
03:03à nous fournir cet écrit pour dire quelles étaient ses intentions
03:07évidemment à très court terme mais on va évidemment reparler du MESF.
03:11La deuxième chose c'est qu'il nous a donné rendez-vous début janvier probablement autour du 8 à 10 janvier
03:18pour que nous puissions avoir un travail plus de fond sur la vision.
03:22Vous avez compris qu'encore une fois nous voulons continuer à produire pour nourrir les français
03:26mais que autour de cette question de la vision que nous réclamons nous avons besoin de déclarations claires
03:30et pas avec une échéance lointaine mais avec l'échéance de réponses très concrètes d'ici le salon de l'agriculture.
03:37Je pense à la question de l'eau, je pense à la question de la production, évidemment le règlement de la crise viticole,
03:43évidemment les réponses très concrètes sur les engrais concernant les producteurs de grandes cultures.
03:48Autant de sujets sur lesquels il nous faut avancer.
03:51Vous savez que le Premier ministre ne s'était pas exprimé sur la question de l'agriculture depuis son arrivée.
03:56Il nous a appris en séance que le projet de loi de finances n'avait pas abouti en commission mixte paritaire,
04:02ce qui avait d'ailleurs l'air de l'avoir heurté, considérant que nous avons besoin d'un budget pour avancer.
04:09Donc nous allons le laisser gérer les aspects budgétaires mais nous lui avons redit que concernant l'agriculture,
04:14évidemment un budget était nécessaire pour continuer à avancer parce que nous avons des demandes,
04:20y compris le règlement de la crise viticole pour être très concret et que sans budget ce ne sera pas possible.
04:24Voilà donc il nous demande à la fois d'attendre quelques semaines, en tous les cas après la trêve de Noël,
04:31mais nous nous voulons dès ce soir ce courrier et nous espérons que sa complétude nous permette de communiquer
04:37auprès de l'ensemble des agriculteurs de nos réseaux pour leur dire que ce qui s'est passé à Bruxelles donne du fruit en France
04:43et vous avez compris qu'on a été assez exigeants parce que ça fait longtemps qu'on dénonce ce qui est en train de se passer
04:49sur le plan européen, sur le plan national et puis ce rendez-vous dès le début de l'année pour qu'on puisse avoir la vision
04:55parce qu'on peut parler de mesures sectorielles mais tant qu'on n'a pas la vision de ce qu'on veut faire de l'agriculture,
05:00on n'avancera pas, il est le chef du gouvernement, c'est à lui qu'il appartient de conduire les affaires de la France
05:05et c'est les raisons pour lesquelles il doit maintenant sortir sur la question agricole.
05:09Nous avons un mois et demi d'ici le salon de l'agriculture, c'est le temps que nous doudons pour avoir une vision claire
05:14et puis ensuite les agriculteurs se définiront sur ce que sera les propositions que formulera le Premier ministre.
05:20Est-ce que vous appelez quand même dès maintenant à une trêve des blocages pendant les fêtes de Noël
05:23ou est-ce que vous attendez ou est-ce que tout est conditionné à ce courrier du Premier ministre
05:27et c'est à ce moment-là qu'éventuellement vous appellerez à cette trêve pendant les fêtes ?
05:30Oui c'est ce que nous avons dit dès ce matin, tant que nous n'avons pas ce courrier en main
05:34et que les choses ne sont pas écrites, parce que vous savez les paroles passent mais les écrits restent,
05:38nous continuons à avoir un réseau mobilisé, c'est déjà le cas dans plusieurs départements
05:42et en fonction de ce courrier nous prendrons des décisions dès ce soir, donc c'est très concret.
05:46Je l'ai dit aussi ce matin, notre objectif n'est pas d'ennuyer les Français qui vont partir tous,
05:52rejoindre leur famille, partager des moments de convivialité, nous on n'est pas dans cet esprit du blocage,
05:57on sait que pour tout le monde cette trêve de Noël c'est important, je veux dire aussi que ça l'est pour nous,
06:02mais qu'on ne peut pas le faire si on n'a pas des engagements précis et concrets
06:05et donc vous avez compris que ce courrier sera décisif.
06:07Et puis ensuite il faudra qu'on nous dise très clairement ce qu'on veut faire de l'agriculture
06:11et ça c'est un rendez-vous, je l'ai dit, entre le 8 et le 10 janvier,
06:14sous une forme que le Premier ministre n'a pas encore précisé,
06:18mais qui nous permettra d'ici le salon de l'agriculture d'avoir une vision claire
06:21et moi je le dis, prenons l'exemple du stockage de l'eau, on en parle depuis les lustres, rien n'avance,
06:26on a des projets, les aura-t-il débloqué oui ou non avant le salon de l'agriculture ?
06:30Voilà une réponse très concrète que nous attendons de sa part.
06:32Vous êtes resté bien plus longtemps que le temps qui était prévu pour votre entretien,
06:36est-ce que vous avez à la sortie confiance dans le Premier ministre aujourd'hui ?
06:41Le sujet pour nous, vous savez, ce n'est pas un sujet de confiance,
06:43je suis président de la FNSA depuis deux ans et demi,
06:45c'est le sixième gouvernement et le cinquième Premier ministre que je vois.
06:48Moi j'ai besoin de preuves concrètes, tangibles,
06:51ensuite les agriculteurs ont des opinions politiques différentes, ils les exprimeront.
06:55Moi j'ai dit au Premier ministre que ce qui comptait c'était maintenant les faits,
06:58donc les faits c'est ce qui va être écrit, parce qu'encore une fois les écrits sont importants,
07:03et ensuite c'est le déploiement par la parole du Premier ministre d'une vision,
07:06et par l'exécution du gouvernement, c'est ce qu'est les affaires encore une fois
07:09que doit mener le gouvernement, il en est le chef, c'est à lui de faire ce travail.
07:13Vous parlez de fait, il y a des agriculteurs qui appartiennent à la FNSA,
07:15qui ont manifesté devant la résidence privée du chef de l'État ce matin au Touquet,
07:20est-ce que vous condamnez, vous en tant que président de la FNSA, ces agissements ?
07:23D'abord, je le dis, ça s'est fait dans le respect des biens et des personnes,
07:26mais je crois que tout le monde mesure aujourd'hui,
07:29que la pression est très forte,
07:31et que les agriculteurs, qui après s'être mobilisés dans le calme et le respect,
07:34il y a maintenant à peu près deux ans,
07:37considèrent qu'aujourd'hui on n'est pas du tout au rendez-vous,
07:39donc je ne condamne pas les actions qui se mènent partout en France,
07:43pour peu qu'elles se déroulent dans le respect des biens et des personnes,
07:45et je le redis ce matin au Touquet, c'était le cas.
07:47Pour qu'on comprenne bien, vous attendiez ce courrier ce soir
07:50pour dire lever les blocages à ceux qui sont sur les ronds-points ou sur les autoroutes ?
07:57Oui, vous avez parfaitement compris,
07:58nous attendons ce courrier pour donner des consignes très claires,
08:00je ne sais pas ce qu'il y aura dedans,
08:02mais je sais précisément ce que nous avons demandé,
08:04et vous l'avez dit vous-même, nous ne sommes restés plus longtemps que prévus,
08:07parce que nous voulions embrasser la complétude des sujets,
08:11par exemple la prédation,
08:12qui est un sujet qui concerne beaucoup d'éleveurs,
08:15et sur lequel un arrêté attendu ne nous convient pas,
08:17vous voyez, donc on a été très concret avec le Premier ministre,
08:19maintenant écoutez, ce courrier, je pense qu'il sera rendu public,
08:22en tous les cas, nous on n'aura pas de problème à dire ce qu'on veut y voir dedans,
08:26on va y travailler toute la journée,
08:27il n'y a rien de nouveau, pardonnez-moi,
08:29rien de nouveau que les gens qui suivent ces dossiers ne découvrent,
08:32mais encore une fois, à partir du moment où c'est écrit,
08:35c'est engageant, et puis ensuite viendra la période du travail,
08:37vous savez, encore une fois, le salon de l'agriculture, c'est dans deux mois,
08:40et nous voulons voir des choses très concrètes,
08:43c'est absolument nécessaire,
08:44vous avez compris que la tension est maximale dans le monde agricole,
08:47quelle que soit encore une fois la représentation syndicale,
08:50y compris les gens qui ne sont pas syndiqués,
08:52il y a besoin de donner des actes clairs,
08:54pour qu'on puisse évoluer,
08:54sur les maladies sanitaires,
08:56comme sur l'économie,
08:57comme sur les moyens de production,
08:58comme sur la relation avec Bruxelles,
09:00vous savez, il y a tellement de sujets aujourd'hui,
09:02dont on a le sentiment qu'ils n'avancent pas,
09:03que maintenant, c'est la période du rendez-vous,
09:05encore une fois, il s'agit du Premier ministre,
09:07il ne s'est pas exprimé sur l'agriculture,
09:09c'est le moment de le faire.
09:10Merci beaucoup à vous, très bonne journée.
09:11Le protocole sanitaire est le bon,
09:19c'est celui qui est porté par l'ensemble des vétérinaires
09:22et du corps scientifique après ce corpus.
09:24Je sais, nous l'avons évoqué avec le Premier ministre,
09:26que des travaux ont lieu avec des spécialistes
09:29qui ont rencontré un certain nombre de présidents
09:30de chambres d'agriculture d'Occitanie.
09:32Ce travail se poursuit, nous, nous l'avons dit,
09:34c'est la science, toute la science, rien que la science.
09:36Si la science devait évoluer et que les protocoles devaient évoluer
09:38parce que le consensus scientifique évolue,
09:40ça ne nous pose aucun problème
09:41et nous continuons à nous appuyer sur ce que préconiseront
09:44les vétérinaires et les spécialistes de la maladie,
09:47ce que, à titre personnel, je ne suis pas.
09:49Merci beaucoup, très bonne journée.
09:50Merci.
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