00:00– Punchline, 18h-19h, Pierre de Villeneuve sur Europe.
00:06– Jusqu'à 19h avec Tugdual-Denis de Valeurs Actuelles, Hélène Rouet du JDD,
00:10Jean-Michel Salvatore et Frantz-Olivier Gisbert qui nous fait l'inmobilité d'être là,
00:14en direct dans le studio d'Europe 1, je vous rappelle son dernier livre,
00:18« Voyage dans la France d'avant » chez Gallimard.
00:21Vous avez signé une grande interview de Nicolas Sarkozy,
00:24Frantz-Olivier Gisbert, dans Le Point.
00:27Au Figaro, c'est François Fillon qui se livre aux journalistes du Figaro
00:32et qui dit cette phrase, « À la place d'Emmanuel Macron,
00:34je tirerai les conséquences de l'état du pays et je donnerai ma démission. »
00:39– Je comprends très bien qu'il prononce cette phrase.
00:41Moi, en tant que commentateur, je ne peux pas le dire, je n'ai pas envie de le dire.
00:46Après, on pense ce qu'on veut, vous voyez, mais je trouve qu'un homme politique,
00:49c'est tout à fait normal, une personnalité politique comme François Fillon.
00:52– Est-ce que ça vous a étonné de revoir ou de relire François Fillon
00:56après des années d'absence ?
00:58– Il a mis une interview dans Valoractur.
00:59– Oui, il a mis une interview dans Valoractur, non ?
01:01– Oui, absolument.
01:01– Cette année en 2025.
01:02– Et puis avant, il a parlé ici ou là, etc.
01:04Mais il ne parle pas souvent.
01:06– Il ne parle pas souvent, c'est ça qui rend sa parole.
01:07– Voilà, c'est pour ça que tout le monde regarde.
01:09Mais ce qu'il dit là, d'ailleurs, est tout à fait intéressant.
01:12Ce qu'il dit, d'ailleurs, ça confirme un peu ce que pensent les électeurs,
01:15il suffit de le dire les sondages.
01:16Mais bon, ce qu'il dit sur l'état de la droite,
01:18ça rejoint d'ailleurs ce que dit Nicolas Sarkozy.
01:20– Bon, après, tout ça, c'est facile à dire
01:25quand vous n'êtes pas aux manettes.
01:28Parce que le problème, ceux qui sont aux manettes aujourd'hui,
01:31ils sont confrontés à beaucoup de contradictions.
01:33Parce que, d'ailleurs, c'est tout à fait révélateur,
01:36l'histoire du groupe parlementaire LR.
01:40Je vois beaucoup de journalistes qui en parlent
01:41comme si c'était des choses qui se sont téléguidées
01:43par Wauquiez ou par Rotaillot.
01:46Mais ils sont complètement à côté de la plaque.
01:47Mais complètement.
01:49Moi, j'étais deux, trois fois devant ces députés.
01:52J'ai fait des conférences.
01:53Mais c'est des personnalités très fortes.
01:54Pourquoi ?
01:55Ce sont tous des survivants.
01:56Ce sont tous des guerriers qui auraient dû être battus,
01:59qui ont été élus contre tout le monde.
02:01– Et qui ne sont pas allés manger ailleurs.
02:03– Qui ne sont pas allés à la soupe.
02:04Ce sont des durs à cuire.
02:06Et donc, ils n'en ont rien à foutre.
02:07Ils ont décidé de jouer ça ou autre chose.
02:09Et je pense que les consignes de vote
02:11de Bruno Rotaillot ou de Laurent Wauquiez,
02:14ils n'en ont rien à foutre.
02:14– Enfin, ils ont quand même signé l'abrogation
02:16de la réforme des retraites,
02:17ce qui est quand même une hérésie absolue
02:19quand on est trois.
02:19– Parce que, oui, mais ça, c'est leur problème à eux.
02:22Mais ce n'est pas sur instruction.
02:24C'est parce qu'ils pensaient qu'ils devaient le faire
02:26par rapport aux électeurs.
02:27– Ce qui est quand même en l'éducation.
02:28– Il y a quand même, dans ces survivants,
02:30il y en a deux ou trois comme ça
02:31qui sont particulièrement incroyables.
02:32– Qui ?
02:32– Par exemple, quelqu'un qui fascine toujours,
02:35c'est Pierre Cordier,
02:36qui est un jeune député des Ardennes, LR.
02:40Attendez, il n'y a que le RN partout.
02:43Enfin, je veux dire, c'est un miraculé, quoi.
02:45Ils sont tous un peu comme ça.
02:47Donc, ils sont sûrs de bien savoir,
02:49de bien connaître le terrain.
02:50Et bon, ils écoutent leurs électeurs.
02:52– Mais c'est quoi leur dogme ?
02:54Est-ce qu'ils ont pour dogme encore
02:55le Front Républicain, celui-là même,
02:56qui était, je vais dire, le mantra
03:00dans les élections initiatives de 2024 ?
03:02– Ah non, mais c'est sûr que non.
03:03– Ah, c'est sûr que non, mais ça va nous en dire non,
03:05François-Livier.
03:06– Non, parce qu'ils ont été élus
03:08un peu contre tout le monde.
03:09– Il y a Xavier Bertrand qui y sont.
03:10– On a quand même le sentiment
03:13qu'il y en a beaucoup
03:13qui ont quand même peur pour leur siège.
03:14– Ça, c'est autre chose, c'est autre chose.
03:18C'est-à-dire qu'ils ont peur de la vague RN.
03:21Ça, c'est sûr.
03:21– Ah ben, ils ont très peur
03:23d'une nouvelle dissolution
03:24si une censure devait arriver.
03:25Et effectivement, on a quand même
03:26un peu l'impression…
03:27– Je ne suis pas leur porte-parole,
03:28je ne suis pas la porte-parole.
03:28– Non, mais bien sûr, bien sûr.
03:29– Non, mais que ce soit
03:30des auto-entrepreneurs de la politique,
03:32comme à peu près…
03:32– Non, non, c'est un peu plus que ça.
03:34– Non, non, non, non.
03:35– Attendez.
03:35– Ce sont des fortes personnalités.
03:40Dans la politique, regardez,
03:41dans les groupes,
03:42vous voyez énormément de zombies.
03:43Là, je vous en ai très peu, je vous assure.
03:45– Pour moi, ce sont des auto-entrepreneurs
03:47de la politique,
03:47comme d'ailleurs les députés Horizon,
03:49comme les députés Modem,
03:50pour la bonne et simple raison
03:51qu'ils ne doivent rien à leur parti,
03:52en réalité.
03:53C'est-à-dire qu'effectivement,
03:54là où je vous donne un point,
03:55c'est que sur leur personnalité,
03:57sur leur grinta,
03:57sur leur connaissance
03:58de leur circonscription,
04:00sur leur équation personnelle,
04:01évidemment, c'est pour ça
04:02qu'ils remportent des législatives
04:03et parfois dans des configurations
04:04un peu tarabiscotées,
04:06alors que ce n'est pas l'étiquette LR
04:07ou l'étiquette Horizon
04:09qui va les sauver.
04:10En revanche,
04:10si vous voulez,
04:11moi, ce qui m'impressionne,
04:12et honnêtement,
04:12ce n'est pas pour vous flatter,
04:13mais quand je lis votre interview
04:14de Sarko dans Le Point,
04:18ou l'interview de François Fillon
04:19hier soir dans Figaro
04:21et ce matin dans la version papier,
04:23si vous voulez,
04:24il n'y a pas une différence de degré
04:25entre les hommes politiques
04:27qu'on a aujourd'hui.
04:28Il y a évidemment
04:29une différence de nature.
04:30Il y a une autorité.
04:31Et l'autorité, c'est quoi ?
04:32C'est un mélange de radicalité,
04:34de clarté,
04:35de, comment dire,
04:37d'assurance.
04:38D'assurance.
04:39Voilà, c'est des mots très clairs.
04:41François Fillon, il dit trois choses.
04:42Il dit, il faut que la droite
04:43sache rétablir un projet
04:45qui propose la prospérité,
04:47la cohésion nationale,
04:48la restauration de l'identité française.
04:50On voit bien
04:51qu'il n'est pas du tout
04:52dans la course de petits chevaux.
04:53C'est sûr, c'est plus facile
04:53qu'en fait,
04:54quand on ne fait pas partie du jeu.
04:55Mais on voit bien aussi
04:56que quand il répond à la question
04:58sur les Etats-Unis,
04:59quand il répond à la question
05:00sur l'Ukraine,
05:00quand il parle d'Emmanuel Macron,
05:02tout de suite,
05:03il y a la profondeur de champ.
05:04Tout de suite,
05:04il y a des espèces d'évidence,
05:06des mots que,
05:07confusément,
05:07on ressent un peu tous
05:08et qui, tout d'un coup,
05:10claquent.
05:10Je me souviens d'une interview
05:11de Nicolas Sarkozy
05:13dans le JDD aussi,
05:14il y a un an.
05:15Je veux dire,
05:16c'était à la fois évident
05:18et en même temps,
05:19avec des formules
05:19que personne n'avait dites.
05:20T'as du souffle.
05:21En fait, ces gens-là,
05:22ils ont tellement...
05:23Ils arrivent avec l'élan
05:25de ce qui devrait être
05:27l'élan naturel de la politique.
05:28C'est-à-dire,
05:29on a été maire,
05:30on a été président de région,
05:31on a dirigé des conseils...
05:33Des conseils...
05:34Comment dire ?
05:34Départementaux.
05:35Départementaux.
05:36Mais ces gens-là,
05:38ils ont vécu.
05:39C'est ça la différence.
05:41Et on ne peut pas faire
05:42de la politique.
05:42Ils ont le cuir épais.
05:43On ne peut pas espérer
05:44même remonter ce pays
05:46avec des gens
05:46qui n'ont pas vécu.
05:47Ça ne marchera jamais.
05:49Ça n'a pas marché.
05:50Ça ne marchera jamais.
05:51Et puis vous regrettez.
05:52Vous faites partie de ceux
05:53qui regrettent d'ailleurs
05:54qu'il n'y ait plus
05:54de députés maires.
05:55Oui, ça c'est un...
05:56Ça c'est un...
05:57Ça a été un carton d'audience.
06:01Ça fait 300 000...
06:02De quoi donc ?
06:02L'interview de François Fillon
06:03sur le Figaro.
06:04Ça fait plus de 300 000 lecteurs.
06:05Ils ont fait énormément
06:06d'abonnements numériques.
06:07C'est normal.
06:07Plus la parole est rare.
06:08Vous regardez,
06:09il y a plus de 1500 commentaires
06:11en dessous de l'interview,
06:11y compris des gens
06:12qui sont peut-être désagréables
06:13à l'égard de François Fillon.
06:13Mais vous voyez bien
06:14que ça suscite quelque chose.
06:15Mais ça c'est normal.
06:15Plus la parole est rare.
06:17Regardez, nous avions l'habitude
06:18d'avoir des présidents
06:19de la République
06:19qui raréfiaient leurs paroles.
06:21On en a un qui parle quand même
06:22une fois tous les deux jours.
06:24Et maintenant,
06:25quand il fait des grandes émissions
06:26à la télévision,
06:27ça floppe totale sur les égards.
06:30C'est vrai.
06:30Sur Fillon,
06:31il y a un élément
06:33que j'ai trouvé
06:33particulièrement intéressant.
06:36Il y a une confidence
06:36dans l'interview
06:38quand il dit
06:38j'ai fait des erreurs
06:39et à cause de mes erreurs,
06:42Emmanuel Macron a été élu.
06:43C'est comme ça qu'il le dit.
06:44C'est la vérité.
06:45Et c'est la vérité.
06:46Et c'est vrai qu'on imagine...
06:47Parce qu'il aurait dû être élu ?
06:48Bien sûr.
06:48Bien sûr.
06:49Et donc là,
06:50il voit le gâchis
06:51qui a provoqué
06:53l'affaire dont il a été victime.
06:54Moi, c'est une théorie personnelle
06:56qui n'est pas très objective
06:57parce que je suis ami
06:58avec François Fillon,
06:59je suis son biographe.
07:00J'aime beaucoup
07:00cet homme politique.
07:02Mais je suis vraiment persuadé
07:03que dans l'histoire contemporaine,
07:04ça restera comme un tournant.
07:05C'est-à-dire que
07:06vu l'état dans lequel était la France
07:07et vu la pratique politique
07:11d'Emmanuel Macron,
07:112017 aurait vraiment pu être
07:13une autre bascule.
07:14qui a provoqué ?
07:15Il y a un autre bascule.
07:16Il y a un autre bascule.
07:17Il y a un autre bascule.
07:17Il y a un autre bascule.
Commentaires