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  • il y a 4 semaines

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00:00Sur l'actu locale en Normandie, ici matin.
00:03Eh oui, le nous, le collectif, parlons-en.
00:05Près de 200 agriculteurs, Heurois et Sénomarins, selon la FNSEA,
00:09sont en route direction la Belgique, Bruxelles,
00:12et le siège de la Commission Européenne,
00:14pour protester notamment contre le projet d'accord commercial de libre-échange
00:19entre l'Union Européenne et les pays d'Amérique du Sud, le Mercosur.
00:25Ils sont partis dans quatre bus, une mobilisation à l'appel de la FNSEA,
00:29et donc aussi des jeunes agriculteurs 76.
00:33Son secrétaire général, exploitant à Pissipauville, au sud de Barentin, répond à vos questions, Marianne.
00:38Bonjour Jean-Puège d'Alissac.
00:39Bonjour.
00:40La Commission Européenne, c'est l'ennemi public numéro un actuellement pour vous ?
00:44Oui, l'ennemi numéro un, puisqu'on parle du sujet Mercosur.
00:49C'est la Commission Européenne qui aujourd'hui va acter ou pas.
00:52On attend de la part d'Emmanuel Macron et de la part de la France
00:56d'être une position très forte sur non Mercosur.
01:00Ce n'est pas à l'agriculture d'être la variable d'ajustement de tout ce traité.
01:04Hier, il a dit, Emmanuel Macron,
01:06il n'y a pas assez de visibilité sur les trois conditions demandées par la France,
01:09c'est-à-dire les mesures miroirs,
01:11donc la réciprocité entre les normes de production de deux pays,
01:13les clauses de sauvegarde, des mesures de protection en cas de préjudice,
01:16graves liées aux importations, et les contrôles.
01:18Il a même ajouté que la France s'opposerait de manière très ferme
01:21s'il y a une volonté de passer en force de la part des instances européennes.
01:24Il est de votre côté, non, Emmanuel Macron ?
01:27Il est de notre côté,
01:28et après, quand il parle de mesures et non de clauses,
01:31nous, ça nous embête.
01:33Pourquoi ?
01:34Parce qu'une mesure, ce n'est pas une clause.
01:36Nous, on veut quelque chose de ferme, je l'ai dit juste avant,
01:39c'est non Mercosur.
01:41L'agriculture est en crise avec beaucoup de sujets.
01:45Il ne faut surtout pas que ça passe, ce sujet Mercosur.
01:48Il y a la taxe MACF en plus, il y a le budget de la PAC en plus,
01:52il y a le sujet DNC en ce moment.
01:55Le monde agricole est en crise, il faut qu'il soit très ferme sur ces sujets.
01:59On ne peut pas importer la rupture que nous ne voulons pas chez nous.
02:03Chez nous, on a des normes très strictes, avec un bien-être animal qui est très fort.
02:08On sait faire les choses chez nous.
02:10Pourquoi aller importer des choses des pays du Mercosur,
02:13alors que ça ne respecte pas du tout nos normes ?
02:16C'est notre sécurité alimentaire qui est en jeu,
02:18et notre souveraineté alimentaire qui est en jeu.
02:20Avec de graves répercussions financières,
02:22vous dites notamment pour nos betteraviers avec le sucre.
02:24En quoi la mobilisation à Bruxelles, elle peut être décisive ?
02:27En quoi ça peut peser sur la Commission européenne ?
02:29En quoi ça peut peser ?
02:30C'est de montrer qu'on est là, derrière notre agriculture,
02:34pour la défendre à Bruxelles.
02:36C'est les décisions qui vont être prises prochainement.
02:41Il ne faut pas qu'ils oublient que nous, on est là derrière,
02:42qu'on est là à sauver notre agriculture, à sauver l'installation des jeunes.
02:48Parce que c'est hyper important que le Mercosur ne passe pas
02:51pour inciter nous, les jeunes, à pouvoir s'installer et à développer notre agriculture.
02:56La Commission européenne qui veut signer ce traité lors du sommet du Mercosur samedi,
03:00mais elle a besoin préalable de l'aval d'une majorité qualifiée d'État membre à Bruxelles.
03:04Il y a autre chose qui vous inquiète, et vous l'avez évoqué il y a quelques instants,
03:07c'est l'enveloppe de la Commission européenne pour la prochaine PAC.
03:10Elle pourrait baisser de 20%.
03:12Quelles conséquences pour vous ?
03:13La conséquence, elle est énorme.
03:15Aujourd'hui, le revenu d'un agriculteur, en gros, c'est les ZPAC.
03:20Si aujourd'hui, on nous retire tout ça,
03:23ça va être très compliqué pour notre agriculture.
03:27On a besoin de cette PAC pour avoir de la visibilité sur nos productions,
03:31sur nos filières, pour développer.
03:33Et on a la chance, je vais prendre, par exemple, chez nous, en Normandie,
03:39on a la chance d'avoir des productions très diversifiées,
03:42d'avoir des marchés qui sont ouverts et autres.
03:45Et on a besoin de ces aides pour nous investir dans nos outils de production.
03:51On a besoin de ces aides pour donner de la visibilité,
03:54pour donner envie aux jeunes agriculteurs de venir s'installer
03:57et de rejoindre le monde agricole.
03:59Ce sont les deux tiers de vos revenus à la PAC.
04:02Avec environ 9 milliards d'euros d'aides par an.
04:04Est-ce que vous constatez aussi, comme la FNSEA,
04:07qu'il y a des agriculteurs qui vont au Resto du Coeur ?
04:09Aujourd'hui, on l'a entendu, à 7h31.
04:11Oui, il y en a.
04:12Il y en a qui y vont.
04:13Malheureusement, ce n'est pas parce qu'on est en campagne
04:16qu'on ne va pas forcément s'alimenter
04:20avec des systèmes qui nous permettent de pouvoir nourrir une famille.
04:24Parce qu'aujourd'hui, être agriculteur, c'est être chef d'entreprise,
04:27c'est avoir une famille,
04:29on a le droit de vivre comme tous les autres,
04:32de prendre des vacances,
04:33de prendre du temps pour nous.
04:35Et ce n'est pas donné à tout le monde
04:37et ce n'est pas facile pour tout le monde de pouvoir faire tout ça.
04:40À tout cela se rajoute la taxe carbone sur les produits azotés,
04:43la MACF, c'est son nom.
04:46Quels impacts sur les céréaliers, par exemple ?
04:48L'impact est énorme parce que ça va représenter dans les charges de production
04:56pour faire du blé, pour faire du maïs et j'en passe,
05:00une augmentation de charges assez importante.
05:05Et ça, aujourd'hui, on ne peut pas le subir,
05:07sachant qu'aujourd'hui, le contexte économique est très compliqué
05:12avec des prix du blé et des prix des céréales qui ne sont pas à la hauteur.
05:14Et une récolte de blé catastrophique l'année dernière.
05:17Merci beaucoup, Jean Puech d'Alissac,
05:20secrétaire général des Jeunes Agriculteurs 66,
05:22d'avoir accepté l'invitation d'ici Normandie.
05:25Bonne journée à vous.
05:25Merci à vous.
05:26Il est 6h53.
05:27Et un clin d'œil particulier à vous,
05:34qui nous écoutez peut-être en salle de traite de Bon Matin.
05:37Vous avez fait le bon choix, car c'est scientifiquement prouvé.
05:39Bien évidemment, les vaches qui écoutent ici Normandie
05:43donnent plus de lait.
05:44Bah oui, c'est connu, c'est scientifiquement prouvé.
05:47Je vous le rappelle.
05:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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