- il y a 7 semaines
« Mes premiers pas d'éducateur », un documentaire de Ketty Rios Palma, suit le quotidien de Hannah, Halima, Laure et Adrien, quatre moniteurs-éducateurs en formation à l'Institut Régional du Travail Social de Paris Île-de-France. Pourquoi ont-ils choisi ce métier? Comment l'envisagent-ils ? Qu'en attendent-ils ? Chacun revient sur sa motivation et son choix de « venir en aide à ceux qui souffrent et dont personne ne veut s'occuper ». À travers les cours et les stages dans différentes structures d'accueil, ils peuvent « confronter leurs idéaux à la réalité du terrain ».
Pour en débattre, Jean-Pierre Gratien reçoit Ketty Rios Palma, réalisatrice du documentaire. Hakan Marty, ancien enfant placé. Aujourd'hui éducateur spécialisé. Auteur de : ''Enfant mal placé'' - Max Milo. Olivier Bonnin, journaliste spécialisé au Media Social.
LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
Pour en débattre, Jean-Pierre Gratien reçoit Ketty Rios Palma, réalisatrice du documentaire. Hakan Marty, ancien enfant placé. Aujourd'hui éducateur spécialisé. Auteur de : ''Enfant mal placé'' - Max Milo. Olivier Bonnin, journaliste spécialisé au Media Social.
LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
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00:00:00Générique
00:00:00Bienvenue à tous. C'est un métier aussi peu connu et mal rémunéré qu'essentiel qui nous intéresse aujourd'hui dans ce débat d'hoc, celui d'éducateur.
00:00:25Avec pour commencer le documentaire qui va suivre et intitulé « Mes premiers pas d'éducateur ».
00:00:30Vous allez y rencontrer quatre jeunes formés en apprentissage pour exercer ce difficile métier.
00:00:36Accueil de jour pour toxicomanes, travail en centre spécialisé ou en centre d'accueil d'urgence.
00:00:42Leur mission s'avère, vous allez le voir, humainement précieuse, primordiale face à des populations souvent invisibles et toujours en extrême difficulté.
00:00:51Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai juste après en compagnie de la réalisatrice de ce film,
00:00:57qui est Thirios Palma, de l'éducateur Akkad Marti et du journaliste Olivier Bonin.
00:01:03Avec eux, nous nous interrogerons sur la place qu'occupent aujourd'hui les éducateurs dans notre société.
00:01:09Bon doc.
00:01:39Anna, Alima, Laure et Adrien veulent devenir éducateurs.
00:01:47Ils ont fait ce choix par vocation.
00:01:50Dans une société de plus en plus fracturée, ils veulent venir en aide aux exclus, à ceux qui souffrent et dont personne ne veut s'occuper.
00:01:57C'est un métier peu reconnu, peu rémunéré, mais plus que jamais nécessaire, qu'ils s'apprêtent à exercer.
00:02:05Étudiants en première année de moniteurs éducateurs à l'Institut Régional du Travail Social de Paris,
00:02:14leur formation fait alterner une semaine de cours et une semaine de stages.
00:02:18Cette alternance les pousse à établir des ponts entre la théorie et la pratique et à confronter leurs idéaux à la réalité du terrain.
00:02:25Parce qu'apprendre à bien accompagner passe inévitablement par la découverte de soi.
00:02:31Bienvenue à tout le monde.
00:02:41Alors, je vous propose pour commencer ce matin un exercice d'échauffement oral.
00:02:46Je vous demande de visualiser votre transport depuis chez vous à ici ce matin.
00:02:53Et vous me racontez une anecdote, une affiche, une personne, une chose que vous avez vue dans le métro ce matin.
00:02:58Ok ? On revient sur nos exercices, sur l'observation, puisque votre travail, comme le mien, est basé sur observer l'autre, découvrir l'autre.
00:03:08Qu'est-ce que vous avez découvert dans le métro ce matin ? Je suis sûre que vous avez découvert au moins une chose. Oui ?
00:03:14Moi, j'ai vu une personne sans domicile fixe ce matin, avec son sac à dos assis, avec un bonnet.
00:03:22Il était complètement fatigué, il avait les mains toutes abîmées. Et voilà.
00:03:28Et ça vous a touché ?
00:03:29Ça m'a touché, parce que je pense que c'était le matin où il commence... Enfin, il s'était sans fin, en fait.
00:03:37Je pense qu'il a fait plusieurs métros ou bus dans la nuit.
00:03:40Et je pense que quand je l'ai croisé ce matin-là dans le métro, je pense que ce n'était pas ni le premier ni le dernier qu'il allait prendre pour sa journée.
00:03:48D'accord. Merci beaucoup. Abdoulaye ?
00:03:51Pour moi, un éducateur, c'est quelqu'un qui se démène tous les jours pour justement aider les personnes en difficulté ou des personnes en situation de handicap.
00:04:05Et justement, les aider à progresser, évoluer. Et que ce ne soit pas un frein, en fait, leur handicap ou leur difficulté, leur montrer plutôt que c'est une force.
00:04:14Moi, j'ai mis en titre « Il est la locomotive et elle son moteur ».
00:04:18Ça fait longtemps que j'ai eu l'idée de devenir éducatrice. Je pense dès toute petite. Après aussi, j'ai des expériences personnelles qui font que je me suis dirigée vers ce domaine.
00:04:32Là, ce dont vous parlez, c'est de votre stage et de la trouvaille éducative que vous avez mise en place.
00:04:39Comme tous les matins, nous nous retrouvons avec les collègues 30 minutes avant l'ouverture pour la mise en place de l'accueil, ainsi que pour partager un thé ou un café et un moment de convivialité.
00:04:51Rapidement, les 9h30 et l'ouverture.
00:04:53C'est un accueil de jour.
00:05:23pour le toxicomane.
00:05:25Et le public, c'est un public en grande précarité.
00:05:32Ah si, il en reste un peu. Tu veux que je la finisse comme ça ? C'est fait ?
00:05:35Je la finis ?
00:05:36Comme ça, tu n'es pas encombré avec des bouteilles vides.
00:05:39Ça va, Fabien, t'inquiète pas.
00:05:49C'est la 2, Fabien. Tu connais la règle.
00:05:54C'est 11 centilitres, attends, regarde.
00:05:58T'es à 10 centilitres.
00:05:59Non, t'es pas à 10 centilitres, t'es à 11 centilitres, regarde.
00:06:03Tu le tiens pas bien, là.
00:06:06Regarde, regarde. Pose-le.
00:06:08Et on regarde tous les deux.
00:06:09T'es à 12 centilitres, tu vois ?
00:06:12C'est la dose.
00:06:13Merci, mon bras.
00:06:14De rien, pas de souci.
00:06:14C'est bon ?
00:06:19Il est quelle heure ? Il est 14h40.
00:06:23Nous, on pratique quelque chose qui s'appelle la consommation supervisée d'alcool.
00:06:29On a un frigo pour usagers qui leur est destiné.
00:06:33Du coup, on met leur alcool dans le frigo.
00:06:35Et petit à petit, l'objectif, c'est aussi de les laisser se servir
00:06:40et de les laisser gérer eux-mêmes leur consommation,
00:06:43qu'ils puissent se rendre compte du nombre d'une thé qu'ils consomment par jour
00:06:47et possiblement après d'établir, entre guillemets, des objectifs.
00:06:52On a un frigo pour nous.
00:07:22J'ai grandi dans une famille, en tout cas avec des parents qui portaient déjà énormément
00:07:40les valeurs du social et qui me les ont apprises, qui me les ont inculquées.
00:07:45J'ai vraiment été baigné dedans depuis mon enfance, depuis que je suis tout petit.
00:07:49Je savais déjà ce que c'était quand même le métier d'éducateur, parce que mon père est éducateur.
00:07:57Mon grand-père faisait du social aussi à sa façon.
00:08:01C'est un truc qui s'est un peu transmis de père en fils finalement.
00:08:10Depuis toute petite, je souhaitais travailler dans le social.
00:08:14Ayant grandi dans un quartier à Aubervilliers, je connaissais plusieurs éducateurs de rue,
00:08:20dont une éducatrice en particulier qui s'occupait beaucoup de mon frère et de ses amis.
00:08:24Je travaille dans un service d'accueil d'urgence et d'orientation.
00:08:47C'est une structure qui accueille uniquement des jeunes filles de 13 à 18 ans.
00:08:52Ce qui me plaisait dans le service d'accueil d'urgence, c'est d'accueillir les jeunes pour une mise à l'abri
00:09:04par rapport à la situation d'urgence qui a pu se passer au sein de la famille, au sein de...
00:09:11Enfin, comme je disais, c'est une jeune qui se met toujours en danger, à fuguer tout le temps,
00:09:16il vaut mieux qu'elle soit chez nous.
00:09:18C'est un endroit où, en fait, on doit l'accueillir.
00:09:21Et une fois qu'elle est chez nous, la prendre en charge et lui expliquer que,
00:09:25ben enfin, ça y est, là, t'es ici, tu peux te poser,
00:09:30tu peux nous parler si t'as envie, on est des personnes qui vont t'écouter.
00:09:34Donc, du coup, là, je vais juste te faire un petit entretien d'accueil,
00:09:44comme toutes les filles qui arrivent.
00:09:45On va un peu reparler du récit de ton histoire.
00:09:48Il y avait une semaine où ils étaient gentils avec moi,
00:09:51où ils étaient avec nous, supportaient.
00:09:53Puis, trois semaines après, dans le mois, ça retombait,
00:09:56ils commençaient à m'insulter, à dire que je suis un mérion,
00:09:59qu'ils auraient mieux préféré que je ne laisse pas.
00:10:02Et c'est pour ça que je me suis dit que je préfère rester employée,
00:10:04même s'ils me redemandaient de vivre chez eux,
00:10:06je ne pourrais pas leur faire comme ça.
00:10:09C'est important que tu puisses reprendre un petit peu des révisions.
00:10:12On est d'accord ou pas ?
00:10:13Ça fait longtemps.
00:10:14Ben ouais, mais des fois, ça fait du bien de se remettre à la page.
00:10:16Il faut que tu fasses des devoirs.
00:10:32Laisse-moi t'aimer pour toute la vie.
00:10:36Tu sais quand je me réveille le matin,
00:10:40je pense à tout.
00:10:42À l'avenir, tu peux écrire.
00:10:43Ok.
00:10:44Je pense à l'avenir.
00:10:46Oui.
00:11:01Attends, je viens de chanter.
00:11:04Laisse-moi t'aimer
00:11:06pour tout l'avenir
00:11:08Quand je me réveille le matin,
00:11:13je pense à tout.
00:11:22Merci.
00:11:25Ça y est ?
00:11:26Je prendrai des marchés.
00:11:28T'inquiète.
00:11:29Ça va ?
00:11:57Le fin du fin de la relation éducative,
00:12:05c'est que vous soyez en mesure de faire de l'ex-douchéré.
00:12:10Vous vous rappelez de la racine, ex-douchéré ?
00:12:13Elle est égale.
00:12:16Ex-douchéré, c'est quand même...
00:12:18Vous voulez être éduque ou quoi ?
00:12:20L'ex-douchéré...
00:12:21Éduqué, oui.
00:12:23Oui, éduqué, on est d'accord.
00:12:25Mais ex-douchéré, ex-extérieur, douchéré, le chemin.
00:12:30Sortir du chemin.
00:12:32Quel chemin ?
00:12:33Celui de la répétition, celui de la souffrance,
00:12:35celui-là que vous désignez vous-même.
00:12:38Donc c'est ça, la relation éducative,
00:12:41elle n'a pour objectif que ça,
00:12:44faire de l'ex-douchéré sortir de ce chemin de souffrance
00:12:48et de répétition qui est complètement écrasant
00:12:51pour le jeune professionnel qui arrive le premier jour
00:12:54en stage ou en poste.
00:12:56Et donc du coup, c'est vers ça qu'il faut tendre
00:12:59dans la relation éducative.
00:13:01Anna, tu voulais dire quelque chose ?
00:13:03Dans ce cas-là, c'est un outil éducatif,
00:13:08en quelque sorte, je pense.
00:13:11Peut-être.
00:13:13Le premier jour, quand j'ai arrivé à l'ERTS,
00:13:15c'est vrai que je me suis dit...
00:13:16J'ai peut-être eu un peu peur
00:13:18de ne pas forcément pouvoir être tout de suite à l'aise
00:13:21parce que je doute.
00:13:30Le violoncelle, c'est un grand amour
00:13:32parce que j'ai vraiment aimé en faire
00:13:33pendant de longues années.
00:13:35Ça faisait partie de ce que j'allais faire dans ma vie.
00:13:38Et puis en 2019, je me suis rendue compte
00:13:40qu'en fait, il me manquait vraiment quelque chose
00:13:41pour moi, rien que moi, me sentir bien.
00:13:44bien, enfin, j'avais envie d'autre chose
00:13:47que simplement de moi-même et ma répétition.
00:13:51Ça a été vraiment une évidence
00:13:52que j'avais envie de travailler dans le social.
00:13:54Et donc, voilà pourquoi
00:13:56la formation de moniteur éducateur.
00:14:08Oui, bonjour, je suis Anna, je...
00:14:12Je viens de travailler, pardon.
00:14:14Merci, merci.
00:14:22On va rester bien là.
00:14:25Bonjour, monsieur Xiu.
00:14:27Vous allez bien?
00:14:28Ça va?
00:14:29Super.
00:14:33Oui, j'ai une cafetière.
00:14:35Alors...
00:14:36La MAS, la maison d'accueil spécialisée
00:14:47où je suis en apprentissage,
00:14:48est une structure qui accueille des personnes
00:14:51suite à des AVC neurologiques.
00:14:53Donc, c'est des personnes qui ont forcément
00:14:57une vie antérieure avant leur accident de vie
00:15:02qui les a menées là.
00:15:03Mais ce ne sont pas des personnes handicapées
00:15:05de naissance.
00:15:07Je rache, je rache, je rache.
00:15:08Vous avez un petit truc sur le front ?
00:15:10Est-ce que je peux vous l'enlever ?
00:15:11Oui.
00:15:11Oui, OK.
00:15:13Connasse, connasse, connasse.
00:15:15Ah, ben, il ne part pas.
00:15:16Je vous le laisse pour l'instant.
00:15:18On verra plus tard.
00:15:19On verra plus tard.
00:15:21Connasse, connasse, connasse.
00:15:22Ah, ben, vous l'avez enlevé.
00:15:23Très bien, moi, je n'osais pas gratter.
00:15:25Super.
00:15:27Qu'est-ce que vous avez enlevé ?
00:15:27Connasse, connasse, connasse.
00:15:28Je vous laisse tranquille.
00:15:31Connasse, connasse, connasse.
00:15:32Est-ce qu'il peut prendre du sucre ?
00:15:36Monsieur Mimoun, je vous ai entendus.
00:15:38Je suis occupée à vous faire un café.
00:15:42C'est vraiment un lieu d'habitation,
00:15:44de soins aussi,
00:15:45où le soin est très, très présent.
00:15:47Et donc, l'éducatif,
00:15:48il réside vraiment en maintien des acquis.
00:15:50Regardez, monsieur Mimoun,
00:15:51il est tout bon, tout chaud, rien que pour vous.
00:15:55Ça valait le coup d'attendre, non ?
00:15:57Oui.
00:15:59Attendez, regardez,
00:16:00appuyez pas trop parce qu'il est tout bon, là.
00:16:02Vous allez bien ?
00:16:06Monsieur Mimoun, regardez,
00:16:10je vous ai servi votre café il y a deux minutes.
00:16:12Vous l'avez déjà bu.
00:16:13Vous avez servi le café ?
00:16:15Oui, regardez,
00:16:16il y a votre gobelet qui est vide, là-bas.
00:16:18Vous l'avez là-bas ?
00:16:19Oui.
00:16:20Vous l'avez là-bas ?
00:16:22Non, mais il est là où vous étiez assis,
00:16:24dans le fond.
00:16:24Non, mais il est là où vous étiez assis, dans le fond.
00:16:32Monsieur Gallet, je vous mets deux sucrètes ou une salle ?
00:16:40Deux ?
00:16:42Oui.
00:16:49Alors, vous savez tous ce que c'est la résilience ?
00:16:52La capacité à accepter ce qui se passe est quand même à avancer.
00:16:56Enfin, si je ne me suis pas trompée.
00:16:58Oui.
00:16:59Ce n'est pas une capacité à surmonter l'échec traumatique ?
00:17:02Oui, oui, oui, oui.
00:17:03On peut tout à fait surmonter, oui, se relever, surmonter l'échec traumatique.
00:17:08Les épreuves traumatiques, absolument.
00:17:10L'échec, tu dis que c'est passé à autre chose.
00:17:13C'est passé à autre chose, oui.
00:17:15Mais c'est passé à autre chose sans toutefois faire comme si ça n'existait pas.
00:17:24Oui, ne pas l'oublier.
00:17:25Et c'est là où on retrouve des éducs en nombre
00:17:32qui s'inscrivent un petit peu, enfin, qui inscrivent leur vocation
00:17:38dans un parcours de résilience, tout simplement.
00:17:42Vous êtes nombreux ici à être résilients,
00:17:46à être dans une stratégie résiliente, on va dire,
00:17:52et qui fonctionne.
00:17:54Parce que pour arriver ici, c'est déjà une démarche
00:17:58qui montre qu'on est capable de tourner la page.
00:18:02Je comprends tout à fait Geoffroy quand il dit
00:18:06qu'on est tous pas là par hasard.
00:18:10Et dont moi, personnellement, dès toute petite,
00:18:13j'en suis totalement consciente.
00:18:15Moi-même, j'ai été victime de viols quand j'étais petite.
00:18:19Est-ce qu'il y en a fait une force en grandissant ?
00:18:23Et franchement, ça a été très difficile.
00:18:26Je ne le cache pas, ça a été difficile.
00:18:28Parce que forcément, quand il nous arrive une histoire comme ça,
00:18:31pas forcément que la mienne, mais d'autres, bien sûr,
00:18:35on se renferme.
00:18:36Voilà, tout de suite, on devient un peu une petite huître.
00:18:40On reste enfermé dans notre coquille.
00:18:43Et ma maman, non, pas du tout.
00:18:45Elle m'a dit, exprime-toi, ma fille,
00:18:48il faut parler, il faut communiquer,
00:18:50il ne faut pas garder toutes les énergies négatives en toi.
00:18:53Aujourd'hui, oui, je voulais justement aller du côté de la lumière, je dirais.
00:19:09Être du côté, voilà, pas que de la victime,
00:19:12mais aussi en faire mon métier
00:19:14et montrer que oui, on peut s'en sortir.
00:19:17Et oui, on peut vivre avec.
00:19:19Allô ?
00:19:28Coucou maman.
00:19:30Coucou ma Thierry.
00:19:31Ça va ?
00:19:32Ça va et toi ?
00:19:33Oui, ça va.
00:19:34Bon, bon, c'est bon ?
00:19:36Bah, écoute, en stage aujourd'hui.
00:19:39D'accord.
00:19:39J'ai plein de choses à te dire.
00:19:42Ouais.
00:19:42Les collègues, ils me soutiennent, franchement.
00:19:47Mais c'est bien, je t'apprends tous les jours, en fait, le compte.
00:19:49Bah oui, franchement, j'apprends super bien.
00:19:52Voilà, les jeunes, j'ai créé un très bon lien avec eux.
00:19:56Voilà, en plus, ils se confient à moi, tout ça, donc c'est top.
00:20:00Et tante qui, chérie, ça va ?
00:20:01Bah, ça va, tout va bien.
00:20:03Il travaille un peu sur son ordinateur.
00:20:05Bon, c'est bien, ça va.
00:20:06On va accéder à mon sac.
00:20:08Tiens.
00:20:09Ah ouais, boss.
00:20:10Tu bosses, toi, t'es encore à l'école ?
00:20:11T'es drôle, toi, hein ?
00:20:13Tiens, je voudrais bien que tu relises après un peu mon projet éducatif.
00:20:17Vas-y.
00:20:23Tu vois, là, j'ai mis...
00:20:25Tu vois, je t'en avais déjà parlé, tu vois, il y avait...
00:20:28Pourquoi je fais ce projet ?
00:20:29Parce qu'en soi, regarde, j'ai...
00:20:31Là, j'ai écrit, je perçois que les jeunes ont des remarques sexistes et misogynes
00:20:35lorsqu'ils regardent des émissions de télé-réalité.
00:20:38Cela me permet de...
00:20:39Les télé-réalité, ils ont le droit, quand même.
00:20:41Oui, enfin bon, peu importe.
00:20:43Ça reste un humain et tu respectes, quand même.
00:20:46Oui, oui, non, mais je sais, mais quand je te dis...
00:20:47Oui.
00:20:48T'es gonflé, quand même.
00:20:50Non, mais je rigole.
00:20:52C'est du carrément...
00:20:52Cela me permet de dire qu'ils n'ont pas connaissance du bon vocabulaire adapté au regard des femmes.
00:20:59Je leur ai fait des jeux, aussi.
00:21:00Par exemple, est-ce qu'un sextoy partagé à deux ou à plusieurs, c'est un risque ?
00:21:08À quoi ?
00:21:08Un sextoy.
00:21:09Ok.
00:21:10Qui partage des sextoys, déjà ?
00:21:12Je ne sais pas, c'est...
00:21:14Moi, je ne sais pas, je trouverais ça un peu bizarre, quand même, d'en parler, si j'étais à leur place.
00:21:18Pourquoi ?
00:21:19Je ne sais pas.
00:21:20Ça fait partie de leur adolescence.
00:21:22Oui, mais...
00:21:22De leur adolescence, c'est aussi de leur problématique.
00:21:25Donc, mon stage, je suis dans un UHC.
00:21:27Donc, c'est une unité éducative d'hébergement collectif.
00:21:30Donc, c'est un accueil pour des mineurs délinquants, entre 13 et maximum 18 ans.
00:21:37Ils sont mis en examen, en fait, par le juge des enfants.
00:21:41Et leurs problématiques, ça serait, donc, le vol, les agressions sexuelles, trafic de drogue.
00:21:48Donc, voilà, des bagarres, des choses comme ça.
00:21:51Tu n'as pas moins censé être dans la juge.
00:21:55C'est moi, je vais le dire, je ne veux plus que toi.
00:21:57Tu n'as pas compris qu'on n'est pas à ton service ?
00:21:58C'est de ta faute.
00:22:00Tu me mets dans des boulots, je ne veux pas faire ça.
00:22:02Ah oui, c'est de ma faute, bien sûr.
00:22:03Toi, il n'y a jamais rien qui est de ta faute.
00:22:05C'est de ma faute, mais pas une fois dans ta vie, tu vas assumer tes actes.
00:22:08Pas une fois !
00:22:09C'est de ma faute si tu ne te lèves pas le matin.
00:22:11Tu as toute la France qui met son réveil pour aller te gratter,
00:22:14mais toi, non, ce n'est pas assez bien pour toi.
00:22:15Tu m'auras mis le tatoueur comme je t'avais demandé le matin, je me lève pour y aller.
00:22:18Mais tu ne sais pas dessiner !
00:22:20Oh, réveille-toi, pauvre naze !
00:22:22Tu es une bille, tu ne sais rien faire, tes 10 doigts !
00:22:24Tu es juste bon à aller gratter des caisses, c'est tout ce que tu sais faire.
00:22:27Et toi, qu'est-ce que tu sais faire, toi ?
00:22:28Tu ne fais rien pour moi !
00:22:31Oui, moi, je veux bien.
00:22:32Oui.
00:22:33Je pense qu'en fait, il le rassure, mais il lui rentre dedans aussi en même temps
00:22:36pour le faire réaliser de sa situation.
00:22:39L'éducateur se reconnaît dans Maloney quand il était jeune,
00:22:42mais il y a un peu une forme de duel, de provocation.
00:22:45Et il s'est senti attaqué, en fait.
00:22:48Donc, en fait, il a...
00:22:49Au lieu d'ignorer...
00:22:50Il lui a dit, en gros, il lui a dit, tu ne sers à rien.
00:22:51Oui, voilà.
00:22:52Et du coup, va-t'en, quoi.
00:22:54Et ça, il n'a pas su l'accepter, parce que c'est comme si Maloney lui avait dit,
00:23:00ton parcours de résilience, je m'en fous,
00:23:02et du coup, ton désir que j'aille mieux, moi, je n'en veux pas.
00:23:07Les usagers ne sont pas en demande, ils n'ont pas envie de votre aide, de toute façon.
00:23:11Donc, du coup, il va falloir la créer, quoi.
00:23:13C'est ça qui va être compliqué,
00:23:15c'est qu'on ne veut pas de vous.
00:23:18Vous pouvez être animé des meilleures intentions du monde,
00:23:20on ne veut pas de vous.
00:23:22Tu ne sers à rien, toi.
00:23:24Je ne suis pas d'accord avec vous.
00:23:25Je crois fermement qu'il y a des usagers qui peuvent être en demande,
00:23:30et pas nécessairement dans le rejet.
00:23:32C'est bon ?
00:23:36Oui, c'est bon.
00:23:37Oui, mais j'ai tendance, de toute façon, vous l'avez remarqué,
00:23:40souvent à caricaturer un peu le propos et à le rendre un petit peu...
00:23:45mais c'est pour être clair.
00:23:46Mais, oui, oui, oui, je suis...
00:23:48Mais merci pour les 50 nuances de gris.
00:23:52Oui, oui.
00:24:01La difficulté, c'est que...
00:24:05Là, ces derniers jours, je ne sais pas...
00:24:07Je ne sais pas si c'est l'effet froid ou l'après-confinement...
00:24:10On ne voyait pas grand monde.
00:24:14Bon, on va voir.
00:24:17Merci, mon fils.
00:24:18Tu veux du sucre ?
00:24:19Oui, encore, encore.
00:24:20D'accord ?
00:24:23Merci, merci.
00:24:24Ça va, les gars ?
00:24:25Oui, ça va.
00:24:26Ouais.
00:24:29Café ?
00:24:30Oui, s'il vous plaît.
00:24:31Toi aussi ?
00:24:32Non.
00:24:32Non ?
00:24:33T'es sûr ?
00:24:34Non, bon.
00:24:35Non, bon.
00:24:48J'ai 57 ans, je vais avoir 58 au mois de juillet, ça fait dix ans que je suis dans la rue, dix ans.
00:24:54Et au début ça m'amusait, mais maintenant ça m'amuse plus.
00:24:58Bientôt l'hébergement peut-être ?
00:25:00Bah ils m'ont proposé...
00:25:02Tu sais Paulo, il suffit d'un simple oui, tu me dis oui.
00:25:06Je sais, mais tu me l'as déjà dit.
00:25:08Moi ils m'avaient proposé un hébergement, c'était au Bervilliers ou je sais pas quoi, tu te rappelles ?
00:25:13J'avais pas le droit de sortir, fallait entrer à 18h, fallait se lever à 6h.
00:25:18Pour moi, c'était pire que la prison.
00:25:21Je me suis pas présenté, du coup je m'appelle Adrien.
00:25:24Ah vous êtes nouveau ?
00:25:25Ouais je suis nouveau.
00:25:26C'est mon apprenti !
00:25:27Il est mignon !
00:25:28C'est mon petit gars !
00:25:29Merci.
00:25:30Il est mignon, ah ouais ?
00:25:31C'est gentil.
00:25:32C'est bien.
00:25:33Du coup il va être là pendant deux ans et moi je suis son maître d'apprentissage.
00:25:38Deux ans ?
00:25:39Ouais deux ans.
00:25:40Eh bien, ça vous plaît ?
00:25:42Ouais ça va, il est gentil avec moi.
00:25:44Dans mon parcours d'apprenti monétaire éducateur, j'arrive juste surtout avec un bagage émotionnel et un bagage de vie qui est assez lourd.
00:25:54J'ai vécu pas mal de choses dans mon enfance.
00:25:58J'allais déjà très peu en cours à partir du collège, tout en sachant que pareil en primaire, j'étais un garçon assez agité, si je puis dire.
00:26:10Et après, bah c'est vrai qu'il y a eu la séparation de mes parents quand j'avais 11 ans, donc au début du collège.
00:26:20Donc de là, j'ai commencé à aller vraiment de moins en moins en cours, à beaucoup sortir avec mes amis.
00:26:28Ensuite, ma mère est tombée malade.
00:26:30Après, elle est décédée.
00:26:32J'ai eu pas mal de problèmes avec la justice.
00:26:36Voilà, enfin, pour pas mal de raisons.
00:26:40J'ai plus eu l'habitude dans ma vie de tendre ma main plutôt que d'attraper celle des autres.
00:26:49Enfin, à part celle de mon père.
00:26:51Je pense que j'ai tellement souffert de la perte de mes proches et de ma mère plus particulièrement,
00:27:00que j'ai pris l'habitude de prendre uniquement la main de mon père et de faire confiance totalement qu'à une seule personne.
00:27:07Voilà, je n'étais pas tout seul.
00:27:10Vous n'êtes pas tout seul.
00:27:11Il n'y a pas que les moniteurs éducateurs ou que les éducateurs.
00:27:13Il y a aussi toute l'équipe sur d'autres métiers aussi qui s'occupe du bien-être ou du futur bien-être de votre public.
00:27:26C'est du bien-être instantané et du bien-être futur.
00:27:29Oui, oui.
00:27:30Vous avez un public qui est en grande souffrance.
00:27:32Tu te rends compte, tu as 50 piges, tu es dehors, tu ne vois plus ta famille, tu es tout seul.
00:27:36Il y en a qui ont 60.
00:27:37Tu es malade.
00:27:38Tu rends compte le bordel.
00:27:39C'est la merde.
00:27:40Ça doit être dur dans la tête.
00:27:46Pour certains.
00:27:47Après, Droute, peut-être, sont déjà passés sur le déni ou sur la folie.
00:27:51Oui, mais dans le déni, tu souffres.
00:27:54Non ?
00:27:55Non ?
00:27:56Il y a des fois un tel déni que du coup, tu mets ce déni-là pour ne pas souffrir.
00:28:01Il ne me prononce pas ici parce que je ne sais pas.
00:28:03Mais pour moi, la souffrance, même dans le déni, elle est toujours présente dans ce genre de situation.
00:28:09J'ai une maladie qui est génétique, donc on est un peu pratiquement tous atteints dans la famille.
00:28:24Moi, je l'ai su depuis que j'ai 15 ans que j'étais atteinte de cette maladie, enfin, suite à plusieurs allers-retours à l'hôpital.
00:28:30Donc, ça aussi, ça m'a aussi un peu, justement, niveau scolaire un peu empêché d'avancer parce que j'étais très souvent hospitalisée.
00:28:42C'est une maladie un peu qui touche les articulations, donc, du coup, c'est une maladie qui touche les articulations.
00:28:48Donc, du coup, quand ça me prend, j'ai comme de l'arthrose, donc je ne peux plus bouger, morphine, traitement de fou.
00:29:09Ce qui me tient, c'est le travail.
00:29:16Je vais vous parler de deux livres, Jeux et Réalité, dernier livre de Unicode avant sa mort.
00:29:26On y parle de l'objet transitionnel.
00:29:28Généralement, l'objet transitionnel fait son opération autour de l'âge de 8 mois.
00:29:34Il servirait à rassurer le bébé lorsque ses parents, notamment sa mère, n'est pas là.
00:29:40L'objet va lui permettre de créer un espace intermédiaire, créer, penser et imaginer.
00:29:46Est-ce que vous avez des questions ? C'était clair pour vous. Il y a beaucoup de notions qui sont très complexes.
00:29:51Winnicott, comme Dolto, on peut dire spontanément, c'est pas des pédagogues.
00:29:56C'est des pédiatres, c'est des médecins, des psychanalystes, d'accord, qui ont mis en place un certain nombre de théories,
00:30:03mais qu'on peut s'approprier dans la pédagogie.
00:30:07Vous faites tous plus ou moins, pas vraiment du Winnicott, mais de l'inspiration Winnicott,
00:30:13quand vous proposez des activités, quand vous faites des temps calmes,
00:30:16quand vous prenez en compte l'enfant qui va arriver, ou même un ado,
00:30:22qui a peut-être lui aussi ce petit objet, par exemple.
00:30:25J'avais besoin de ce côté formation pour pouvoir me dire que, justement, j'ai des bagages, des outils,
00:30:31j'ai des choses pour lesquelles je peux avancer, parce que c'est vraiment…
00:30:35Je suis venue chercher la théorie. Il n'y a pas plus clair.
00:30:39Je suis venue chercher le côté théorique qui est allié avec le côté pratique.
00:30:45Dans le champ de la protection de l'enfance, ce qu'on entend en termes de chiffres selon les études,
00:30:54ça varie d'un enfant sur trois à un enfant sur deux qui se serait fait agresser sexuellement.
00:30:59Si c'est dans le dossier, vous pouvez y aller. Il faut proposer des interprétations des symptômes.
00:31:06Si tu restes… Voilà, tous ces symptômes dont on a parlé post-agression sexuelle, il faut les mettre en lien.
00:31:15Comment faire si une jeune n'avait pas en parlé, en fait ?
00:31:18Elle est fermée, parce que moi, je sais que là, on a accueilli une jeune.
00:31:22Elle reste que dans sa chambre.
00:31:25Elle sort… Enfin, la dernière fois, elle est venue…
00:31:27Elle ne venait jamais manger depuis deux semaines qu'elle était chez nous.
00:31:30Et la seule fois où elle est descendue, elle est descendue avec un host et limite un soutien-gorge.
00:31:35Donc, je pense que c'était pour qu'on la remarque.
00:31:37Donc, on est obligé de lui dire que ce n'était pas possible de manger comme ça.
00:31:41À chaque fois qu'on venait vers elle, elle n'était pas du tout vers ce dialogue. Aucun éducateur.
00:31:47D'accord. Alors, il y a plusieurs choses.
00:31:49Bon, déjà, il faudra régulièrement s'aménager des cadres de discussion en duel, sans qu'il y ait des personnes tierces.
00:31:59Deuxième chose, trouver des moments informels.
00:32:02Ça va se passer le plus souvent.
00:32:04Ça va se passer au McDo.
00:32:06Effet de sidération garanti sur le professionnel.
00:32:10Et ce n'est pas un hasard, ça, justement.
00:32:13Parce que ça arrive au moment où vous vous y attendez le moins, précisément pour que vous ne réagissiez pas.
00:32:20Alors, évidemment, il y a des chances pour que tu te fasses rembarrer une première fois, une deuxième fois, une troisième fois.
00:32:28Mais au bout d'un moment, elle saura que sous la pression de dire, elle est là et elle saura que c'est avec toi que ça va se passer.
00:32:38Il est bon, le café ?
00:32:52Ouais ?
00:32:53Très bon.
00:32:54Alors, dans le centre de Londres, deux enfants se tenaient devant une sculpture géante en glace.
00:33:06Ça s'y représente le visage du naturaliste Sir David Aten.
00:33:12Très célèbre, écoutez, Monsieur Mimoun, écoutez un peu, ça va vous distraire.
00:33:16J'écoute.
00:33:17Ça va ?
00:33:18Je tape ?
00:33:19J'écoute.
00:33:20J'écoute.
00:33:21J'écoute.
00:33:22J'écoute.
00:33:23Monsieur Mimoun.
00:33:24Oui.
00:33:25Vous voyez bien que Monsieur Gilbert se touffe un petit peu ?
00:33:28Je touffe ?
00:33:29On ne va pas le laisser comme ça.
00:33:30Si, il faut me laisser croire.
00:33:31Ça ne va pas, non ? Même en blague, ce n'est pas drôle, Monsieur Mimoun.
00:33:34Ah bon ?
00:33:35Ça vous ferait plaisir si quelqu'un disait ça sur vous ?
00:33:37C'est pas grave.
00:33:39Il peut me le dire.
00:33:40Moi, ça ne me ferait pas plaisir que quelqu'un vous le dise en tout cas.
00:33:43Ah bon ?
00:33:44Ben non.
00:33:45Quoi ?
00:33:46Parce que je n'ai pas envie que quelqu'un dise ça de vous, c'est terrible.
00:33:49On n'a pas envie que vous mouriez, ni Monsieur Gilbert, ni personne.
00:33:51Ah bon ?
00:33:52Ben non.
00:33:53Mais personne meurt ?
00:33:55Ben non ! Quelle histoire !
00:33:57J'ai mal café.
00:33:58Après, un petit peu de patience.
00:34:00En fait, en même temps, c'est un métier où on doit être vraiment nous-mêmes.
00:34:05On nous demande d'être nous-mêmes.
00:34:06Et en même temps, des fois, c'est extrêmement dur d'être nous-mêmes parce qu'on sait que la façon dont on va agir aura forcément un impact négatif ou positif sur la personne accompagnée.
00:34:21Vous y pensez souvent ?
00:34:23Ah oui.
00:34:24Toujours.
00:34:25Toujours.
00:34:26Et qu'est-ce que ça vous fait ?
00:34:28Rien.
00:34:29Comment ça, rien ?
00:34:30Rien du tout.
00:34:31Vous n'avez plus envie de vivre ?
00:34:32Ah non, non.
00:34:34Mais qu'est-ce qui ne vous plaît pas dans votre vie ?
00:34:36Rien.
00:34:38Qu'est-ce qu'on peut faire pour que ça change ?
00:34:41Pour que vous ayez encore un peu envie de vivre ?
00:34:44Ah non, derrière.
00:34:45Ah, tu m'intéresses.
00:34:46Ah, tu m'intéresses.
00:34:47J'ai tendance à prendre les choses quand même vraiment très à cœur.
00:35:14Les choses me touchent très très facilement, très vite et très profondément.
00:35:18Des fois, je vais aux toilettes pour pleurer un bon coup parce que c'est quand même dur.
00:35:21Il y a des choses qui sont vraiment dures et qui forcément nous touchent.
00:35:24Et puis forcément, on s'attache aux personnes accompagnées.
00:35:27C'est pas possible autrement.
00:35:29Moi, j'ai un peu du mal à parler quand même de ce qui me touche vraiment.
00:35:32Quand je rentre du travail, j'ai du mal à parler de ma journée de travail
00:35:35parce que les choses que j'ai vécues trop fortement, j'ai besoin de les digérer avant de pouvoir en parler.
00:35:42Trop bien ta coupe.
00:35:43Ah ouais, t'as vu, c'est hyper swag.
00:35:45De ouf.
00:35:46T'as vu, quand je me mets un peu en avant, ça fait genre comme ça un peu.
00:35:48Est-ce que tu trouves que je ressemble à la mère de Charlotte Gainsbourg ?
00:35:50Je vois pas qui c'est.
00:35:51C'est quoi son nom ? C'est comme Birkenstock ?
00:35:53Ah oui, Jane Birkin.
00:35:54Ah oui, je sais pas.
00:35:56Je sais pas à quoi ressemble.
00:35:57Je trouve que je ressemble de ouf, regarde.
00:35:59Merde.
00:36:00Alors, c'est donc ce qui m'amène aujourd'hui à vous proposer le cours qui est probablement
00:36:20le plus important de votre formation.
00:36:25Je connais pas forcément les autres cours des autres profs, mais je sais que celui-là est au-dessus des autres.
00:36:32Non, mais en tout cas, voilà, il faut essayer d'avoir une culture commune autour de ce qu'on appelle la relation éducative, la bonne distance, juste proximité, tout ça.
00:36:45Ça, c'est le vocable un petit peu plus éduque.
00:36:47Moi, vous savez que dans le champ de la psychanalyse, j'ai parfois d'autres termes.
00:36:52Et le terme qui s'adapte pour cette question-là, c'est le transfert.
00:37:00Merci.
00:37:01Grosse ambiance.
00:37:02Une relation éducative digne de ce nom, c'est une relation éducative qui perdure en votre absence, qui persiste en votre absence.
00:37:13C'est-à-dire que vendredi soir, vous partez en week-end.
00:37:18Le samedi-dimanche, vous continuez à être présent symboliquement pour la personne que vous accompagnez.
00:37:25Et là, vous pouvez dire qu'il y a du transfert.
00:37:43C'est pour ça que j'ai dit qu'on met une veste et en plus, il ne fait même pas froid aujourd'hui.
00:37:59Arrêtez.
00:38:00C'est beau.
00:38:01Bon, il y a pratiquement tout le monde, donc je vais commencer.
00:38:17Moi, je voulais parler un peu sur l'estime de soi.
00:38:19Est-ce que ça vous parle un peu l'estime de soi ?
00:38:25Non ?
00:38:26Les autres, ça vous parle ? Comment ?
00:38:28C'est la confiance en soi.
00:38:29Ou entre autres ?
00:38:31La façon dont on se perçoit.
00:38:35La façon dont ?
00:38:36On se perçoit.
00:38:37Exactement.
00:38:38C'est un peu ça, ouais.
00:38:40Alors, l'estime de soi, c'est la confiance de la valeur personnelle que la personne se reconnaît dans des différents domaines.
00:38:47Non, mais réfléchissez toutes seules.
00:38:51Voyons.
00:38:52Moi, j'arrive pas à trouver un truc sur...
00:38:55Qualité ?
00:38:56C'est toujours sur plusieurs.
00:38:58C'est une qualité d'écrire.
00:39:00Moi, je suis nulle en écriture.
00:39:02Regarde, je suis en formation.
00:39:03Je ne sais même pas écrire mes trucs.
00:39:04Alors que toi, tu écris mieux que moi.
00:39:06Carrément, je crois que je vais te demander d'écrire pour moi mon écrit à rendre.
00:39:15Non, tu sais...
00:39:17Ouais, mais tu sais très bien que tu sais écrire.
00:39:19Allez, je vois.
00:39:20C'est une facilité.
00:39:22Tu sais dessiner ?
00:39:24Ah, voilà, tu m'as fait peur.
00:39:30Ça m'a touchée qu'elles me disent merci pour ces apéros-débats, parce que du coup, grâce à toi, on est tous ensemble.
00:39:39Moi, je pensais qu'elles allaient juste participer un peu et tout, mais finalement, non.
00:39:43Et même si on ne les arrêtait pas, je pense qu'au lendemain matin, il y avait des choses à être dur.
00:39:50Je trouve que les moments de partage comme ça, c'est très important.
00:39:55Et puis, on a besoin d'avoir un espace de parole.
00:39:58En tout cas, vous avez compris l'intérêt de l'analyse.
00:40:10Vraiment, l'analyse, elle permet vraiment de comprendre ce qui peut fonctionner, pas fonctionner,
00:40:14en vous servant de ce que vous pensez, vous, déjà, dans une analyse vraiment personnelle,
00:40:18auquel vous ajoutez des liens avec des personnes ressources qui ont déjà réfléchi sur les points, en fait, que vous abordez.
00:40:26Mais c'est très bien. Bravo. C'est un très bon travail.
00:40:29Vous n'avez pas encore tous les éléments pour faire une analyse complètement fluide, facile,
00:40:38avec des références théoriques que vous n'avez pas encore, forcément, pour le moment.
00:40:41Mais là, pour autant, encore une fois, je pense que c'est parce que vous n'arrivez pas, sans doute,
00:40:45à réaliser peut-être le travail que vous menez.
00:40:48Vous ne mettez pas assez en valeur vos qualités, aussi professionnelles, dans ce récit et dans l'analyse.
00:40:54Alors, il faut prendre confiance un petit peu en vous, je pense, Salim.
00:40:58J'ai pas eu plus de difficultés pour le récit ou pour l'analyse,
00:41:02mais j'ai mis à conscience que c'était pas suffisamment étoffé,
00:41:06que j'aurais sûrement pu dire plus de choses.
00:41:08Mais vu que j'ai fait ça un peu à la dernière minute, même beaucoup à la dernière minute,
00:41:13et bien sûrement que c'est une attitude que j'aurais pu faire mieux.
00:41:18Si vous dites que vous avez fait ça à la dernière minute, c'est plutôt encourageant.
00:41:22Le jour où vous allez vous mettre à anticiper un petit peu pour rendre les écrits,
00:41:26du coup, alors, ça va être des choses vraiment extrêmement développées,
00:41:31avec plein d'observations.
00:41:33Le récit, il est vraiment très bien, c'est vrai.
00:41:38Et dans l'analyse, j'ai vu ce qui m'a dit, c'était ma remise en question.
00:41:42Mais en fait, vous parlez pas de ce que ça vous fait.
00:41:45Tandis que moi, ça m'aurait intéressée de savoir.
00:41:48C'est comme quand vous dites, à un moment donné, vous lui dites quelque chose,
00:41:51et vous vous dites, oh là, là, peut-être ce que je viens de lui dire,
00:41:55ça pourrait être un peu blessant, ou enfin...
00:41:58Mais c'est tout, on n'en reparle plus.
00:42:00Voyez, c'est ça aussi quand je dis la remise en question,
00:42:02c'est comment vous pourriez-vous utiliser les choses qui naturellement vous viennent d'ailleurs,
00:42:07et que vous notez, mais vous n'en reparlez plus dans l'analyse.
00:42:11De forte personnalité.
00:42:17Ouais.
00:42:18Ah, ça y est.
00:42:20OK.
00:42:21Je suis fatigué.
00:42:45Après tout ce temps, comment puis-je être encore dans une situation pareille ?
00:42:49Les coups, les cris, les pleurs, la longueur de journée qui se répète inlassablement.
00:42:55Mais je n'arrive jamais à me sortir de cette situation.
00:42:58Je l'aime et je m'attache à l'espoir de le retrouver, lui,
00:43:02et la relation si belle que nous avons connue auparavant.
00:43:05Comment peut-il être aussi doux et violent à la fois avec moi ?
00:43:09Et si c'était finalement moi la cause tout seul ?
00:43:18Alors, attends, attends, attends.
00:43:20Attends, attends, attends.
00:43:21Vous allez vraiment prendre les applaudissements.
00:43:24Parce que là, c'est bien le mériter quand même.
00:43:26Tiens !
00:43:38Ça prend, hein !
00:43:3910 points, je vois ça !
00:43:41Ça fait plaisir !
00:43:42Eh, mais je me surprends moi-même aussi.
00:43:45Moi, ça m'a aussi aidée, là-haut.
00:43:47Ben oui, monsieur !
00:43:49Tu sais, les scènes, le fait d'interpréter direct sur le tac à tac.
00:43:54Ouais, non, franchement, c'est tard, c'est super !
00:43:57Limer une scène de violence...
00:43:58Ça, tu as fait un travail extraordinaire !
00:44:00Je me suis vachement surprise à le faire.
00:44:03Parce que ça a fait aussi peut-être moi ressortir des émotions.
00:44:06Tu vois ce truc entre l'intime et le personnel.
00:44:09Parce que tu es passé pour tout ton travail de conscience,
00:44:12de les mettre en forme, etc.
00:44:13Tu peux parler de la même chose, mais pas de la même façon.
00:44:15Voilà, c'est ça.
00:44:16Et d'un coup, tu es libre.
00:44:18Et ça parle plus à tout le monde.
00:44:19C'est pas juste quelqu'un qui raconte son histoire.
00:44:21On parle à l'humanité quelque part, tu vois ?
00:44:23Ouais, ouais, ouais.
00:44:24Ça sera ça.
00:44:25C'est pas juste.
00:44:26Ouais, ouais, ouais.
00:44:27Musique
00:44:57Allô ?
00:45:03Ça va maman ?
00:45:06Oui, je suis en train de manger.
00:45:07Tu sais par rapport au stage l'année prochaine ?
00:45:10Oui.
00:45:11J'ai appelé la directrice et du coup elle m'a dit que ça y est,
00:45:14il m'avait attribué un éducateur spécialisé qui était mon tuteur l'année prochaine.
00:45:19Je ne sais pas.
00:45:21Si, et du coup maintenant j'attends que l'éducateur...
00:45:24C'est une bonne nouvelle.
00:45:26J'attends juste que l'éducateur maintenant il m'appelle.
00:45:29C'est trop bien.
00:45:31Papa il avait peur que c'est une mauvaise nouvelle.
00:45:34Non.
00:45:35C'est bien.
00:45:36C'est gentil de partager cette bonne nouvelle.
00:45:38Oui.
00:45:39Oui, pas de problème.
00:45:41Bisous maman.
00:45:43Moi aussi je t'aime fort, bisous.
00:45:50Quitter Normandie, oui ça a été dur.
00:45:54Parce que j'ai toute ma famille là-bas et j'y tiens énormément.
00:45:59Mais oui, ça fait du bien aussi de tourner la page et d'aller ailleurs.
00:46:03Et puis que ce soit dans ma vie personnelle comme professionnelle, hop c'est bon, on commence une nouvelle page et on y va quoi.
00:46:09On met toutes les forces et les moyens à côté pour y aller quoi.
00:46:17Moi tu sais je suis très patient.
00:46:18Je vois ça.
00:46:19Je suis pas très patient moi.
00:46:20Quand il s'agit de bricolage.
00:46:22Voilà.
00:46:23Parfait.
00:46:24Quand j'arrive pas à la main droite, on fait la main gauche.
00:46:28Ça va Claude ? Tranquille ?
00:46:32Ça va Maïté ?
00:46:34Ouais.
00:46:35Tu veux jouer au ping-pong ?
00:46:36Bah non, c'est toi si tu veux.
00:46:37Si je te le demande.
00:46:38Ouais.
00:46:39Tu t'en sors ou pas JP du coup ?
00:46:40Oh, on va se débrouiller.
00:46:41Ok.
00:46:42Tu me dis si t'as besoin d'aide.
00:46:43Oh, ça commence à m'énerver.
00:46:44Alors la patience JP.
00:46:48Hey, mais des fois, tu sais, la patience, elle a des limites.
00:46:52Exactement, je suis assez d'accord.
00:46:53C'est souvent comme ça qu'on imagine le métier d'éducateur, c'est tout le temps donner des réponses aux gens et savoir apporter à d'autres choses.
00:47:09qu'on imagine le métier d'éducateur,
00:47:11c'est tout le temps donner des réponses aux gens
00:47:13et savoir apporter tout de suite
00:47:15quelque chose de concret.
00:47:18Mais non, en fait.
00:47:19Et d'autant plus au Carude,
00:47:22très souvent, en fait, c'est pas souvent,
00:47:23mais très souvent, on n'a pas de réponse
00:47:25à donner. Le plus important, en fait,
00:47:27c'est de savoir écouter.
00:47:29Bonjour Adrien, tu n'étais pas là à l'époque, mais il y a trois ans,
00:47:32quand je suis arrivé ici, franchement,
00:47:33ça faisait peur l'accueil ici. Il y avait des bagarres
00:47:35tout le temps. Les mecs, ils étaient
00:47:37hyper agressifs. L'Adi, il était
00:47:39encore plus ivre que ivre. Ils buvaient hyper vite
00:47:41avant de rentrer. Ils rentraient dans l'accueil,
00:47:43ils criaient, ils faisaient peur à tous les autres mecs.
00:47:46Enfin, c'était vraiment, c'était hyper
00:47:47tendu. On passait des matinées
00:47:49plus qu'horribles.
00:47:52Alors que là, justement,
00:47:53on a apaisé, on a mis un cadre éducatif et tout.
00:47:56Après, c'est normal, il reste encore
00:47:57deux, trois personnes qui
00:47:58sont pas encore tout à fait rentrées dans les clous, mais...
00:48:09Ça va, Jordan ?
00:48:17Essaie de venir plus souvent, Jordan ?
00:48:23Je vais essayer, je vais faire un effort.
00:48:25Bah ouais, c'est très bien.
00:48:26Je vais venir ici, ouais.
00:48:27On est content de te voir.
00:48:29On se m'en aide beaucoup.
00:48:31Alors mon gars, ça se passe bien comme ça, mais...
00:48:33Mon apprentissage...
00:48:35Eh oui, eh oui.
00:48:37Ouais, ça se passe bien.
00:48:38Bah ouais.
00:48:38Grâce à toi aussi.
00:48:39T'es gentil, donc ça va.
00:48:41Grâce à vous.
00:48:41Continue.
00:48:42Salut, mon gars.
00:48:48Tu vas bien, non ?
00:48:49Ouais, c'est vrai, et toi ?
00:48:50Ouais.
00:48:51Bonjour.
00:48:53Oh, c'est faisable ?
00:48:54Ouais, bah oui, c'est nous.
00:48:56Je t'ai fait une petite visite.
00:48:58Petite salle à manger.
00:49:00Et puis le jardin.
00:49:04Ouais, toute table de ping-pong et tout.
00:49:07Il y a de quoi se poser un petit peu, quoi.
00:49:09C'est le minimum.
00:49:11Ouais.
00:49:12Elle est dans la rue, là.
00:49:16Merci.
00:49:17A plus, Fabien.
00:49:18A plus, Fabien.
00:49:18A lundi.
00:49:19Au revoir, au revoir.
00:49:20Au revoir, au revoir, au revoir.
00:49:21Ciao.
00:49:22Merci, mon gars.
00:49:23Ciao, Jordan, pas de soucis.
00:49:31Quand on est arrivés au pléade, le jour de son rendez-vous de pré-admission,
00:49:35au départ, de base, elle ne voulait pas trop aller au pléade.
00:49:39Et quand on est arrivés,
00:49:40tu ne t'inquiètes pas si on t'a mis dans cette structure,
00:49:43c'est qu'on sait que c'est quelque chose de bien pour toi.
00:49:45J'archive son dossier.
00:49:52C'est son séjour, son rapport, on le jette.
00:49:56Quand on voit qu'une jeune part, ça nous fait plaisir,
00:49:59parce qu'on sait que, justement,
00:50:01elle a passé le moment qu'elle devait passer avec nous.
00:50:04Et là, elle doit partir pour des choses meilleures.
00:50:08C'est comme ça qu'il faut vraiment voir les choses, je pense.
00:50:10là, on va descendre les bagages.
00:50:23Tes chaussons ?
00:50:24Ouais, je te laisse prendre la valise.
00:50:34J'abuse pas.
00:50:36J'ai le gros sac qui est lourd aussi.
00:50:38Waouh, tu vas me montrer comment t'es forte comme ça.
00:50:41Allez, brosse-toi les dents.
00:50:42S'il y a quelque chose de lourd, je peux pas.
00:50:46Tu essayes.
00:50:47Si tu n'arrives pas, on t'aide, d'accord ?
00:50:51On a merd d'abuser, tu vas porter la valise.
00:51:08Merci.
00:51:11On est là.
00:51:12Tu vas me montrer, non ?
00:51:14Tu vas me montrer, non ?
00:51:15Tu as une chique.
00:51:17Au revoir, à bien parler.
00:51:18Au revoir, courant.
00:51:21Merci.
00:51:23C'est quand même pas un parcours.
00:51:40C'est pas un parcours.
00:51:41Moi, je pense que c'est une maison, parce que c'était ma maison à l'heure.
00:51:50Et là, c'est mon départ, parce qu'ils doivent assumer que je suis parti et que c'est bon.
00:51:56C'est une nouvelle vie.
00:51:59Même si c'est compliqué, c'est comme ça la vie.
00:52:02Le travailleur social, s'il fait preuve d'une certaine forme de dédicatesse.
00:52:32Et de technique aussi, parce qu'il y a quand même quelques connaissances théoriques à avoir en tête.
00:52:39Vous voyez, quand j'entends parfois, en analyse des pratiques, non mais moi, je ne suis pas là pour donner de l'amour.
00:52:45Ça me rend dingue.
00:52:46Alors, évidemment, ça ne peut pas uniquement se fonder là-dessus.
00:52:50C'est pas, comme disait Bruno Bettelheim, c'est pas juste une question d'amour, l'éducation.
00:52:56Mais ça fait partie de l'équation, malgré tout.
00:52:58Et si on tire un trait sur ce facteur-là, on est absolument convaincu, vous pouvez être persuadé, qu'il ne se passera rien.
00:53:07Quand on dit l'amour, il y a plein de petites sous-parties dans l'amour.
00:53:13On peut en donner, mais il faut savoir trouver la bonne distance.
00:53:17Et même en créant du lien avec les jeunes, tout simplement en leur parlant,
00:53:21eux-mêmes, ça leur donne déjà un peu des petits jets d'amour et de soutien.
00:53:26De me mettre le plus possible à la place de la personne, d'essayer de me sortir aussi un peu de ce que je suis moi
00:53:32et de mes préjugés, de comment je vois les choses moi.
00:53:35Toute cette relation qui est forcément mise en place quand on essaie de faire notre métier le mieux
00:53:40est vraiment pour moi une très grande forme d'amour.
00:53:45J'aime les gens, j'aime parler, j'aime échanger, tout simplement.
00:53:49J'aime apprendre, et dans le métier éducateur, c'est une des choses qui m'intéressait.
00:53:54C'est une des choses importantes, je trouve, c'est qu'en fait, on apprend tout le temps.
00:54:00Et on n'apprend pas seulement de ses collègues et d'une formation.
00:54:03On apprend aussi énormément des gens qu'on accompagne.
00:54:07Et notre devoir, c'est de ne pas baisser les bras, en fait.
00:54:12L'espoir.
00:54:24C'est vrai que j'ai toujours un peu, que je me demande un peu ce que je vais pouvoir apporter
00:54:30aux personnes que j'accompagne.
00:54:33Mais avant, je me le demandais déjà plus souvent.
00:54:37Non, je me le demande encore vraiment très souvent.
00:54:39Mais je veux dire, c'était quelque chose qui avait tendance un peu à m'emprisonner.
00:54:44Alors que maintenant, même si je me le demande encore et toujours,
00:54:49je me fais un peu plus confiance pour essayer des choses.
00:54:52C'est déjà une petite avancée.
00:54:54Monsieur Mimoun, est-ce que vous voulez venir écouter de la musique en grande salle modulable en bas ?
00:55:20Je veux bien.
00:55:21Vous voulez bien ?
00:55:22Oui.
00:55:22Ok. Vous voulez venir tout de suite avec moi ?
00:55:25Oui, je vais venir.
00:55:26Super.
00:55:28Génial.
00:55:31Est-ce que vous voulez participer ? Vous voulez venir ?
00:55:37Si vous voulez venir, vous pouvez lever la main.
00:55:40Oui ? Super.
00:55:41Bon.
00:55:43Je vais vous emmener tout de suite.
00:55:44Je peux vous emmener tout de suite ?
00:55:46Oui ? Ok.
00:55:50Il n'y a pas de frein.
00:55:52Attention, ça démarre.
00:55:56Mais en tout cas, je suis ravie que vous ayez accepté de venir, monsieur Gilbert.
00:56:00Ça me fait très plaisir.
00:56:01Ah !
00:56:01Oui, ça me fait vraiment très plaisir.
00:56:04Euh, je vous mets là-bas ?
00:56:06Euh, où ?
00:56:07Euh...
00:56:08Ah oui, mais c'est ma boule.
00:56:09Où je veux ?
00:56:10Où, oui.
00:56:11Alors voilà à quoi ressemble un violoncelle.
00:56:14Est-ce que vous en avez déjà tous vu un ?
00:56:15Ah, c'est un violoncelle.
00:56:18Comment ?
00:56:18Est-ce que tout le monde a déjà vu un violoncelle ?
00:56:21Non.
00:56:21Non ?
00:56:22Moi, je l'ai vu.
00:56:23Non ? Je vais faire un petit tour avec.
00:56:26Voilà.
00:56:26Donc c'est tout en bois, avec des cordes en métal.
00:56:31Oui.
00:56:31Voilà.
00:56:33Oui, c'est bon.
00:56:34C'est bon ?
00:56:35C'est bon.
00:56:36Ça marche.
00:56:42Les études, ça dure combien d'années ?
00:56:45Alors, moi j'ai commencé le violoncelle à trois ans.
00:56:50J'avais un tout petit violoncelle.
00:56:52Tout petit, tout petit.
00:56:53Là, c'est la première fois depuis que j'ai complètement arrêté, il y a trois ans,
00:56:56que je rejoue devant des gens.
00:56:58Alors, j'ai très peur.
00:56:59Ah oui ?
00:57:00On va peut-être faire un petit vote.
00:57:03Qu'est-ce que vous préférez ?
00:57:04Vous préférez commencer par Goldman, Envoie-le-moi,
00:57:07ou par Edith Piaf, Je ne regrette rien.
00:57:10Je ne regrette rien.
00:57:13Moi, j'ai dit Goldman.
00:57:15Bon, je crois que c'est assez unanime.
00:57:18Bon, je suis très stressée.
00:57:20Allez, j'y vais.
00:57:21J'y vais, vous êtes impatient, monsieur Mimoune ?
00:57:23Je ne regrette rien.
00:57:25J'y vais, vous êtes impatient, monsieur Mimoune ?
00:57:26J'y vais, vous êtes impatient, monsieur Mimoune ?
00:57:36Sous-titrage Moune ?
00:57:37Sous-titrage Société Radio-Canada
00:58:07Sous-titrage Société Radio-Canada
00:58:37Sous-titrage Société Radio-Canada
00:59:07Anna, Laure, Alima et Adrien, ils ont une vingtaine d'années, ils ont donc choisi de se former au métier d'éducateur, un métier souvent peu reconnu dans notre pays, mal rémunéré et pourtant ô combien précieux.
00:59:24Primordial, nous venons de le voir face à des populations souvent invisibles et toujours en extrême difficulté.
00:59:31Pour nous interroger maintenant sur la place des éducateurs aujourd'hui dans notre société, nous accueillons pour commencer sur ce plateau de débat doc la réalisatrice de ce documentaire, Katie Rios Palma.
00:59:42Bienvenue à vous, nous allons donc reparler évidemment des éducateurs grâce à votre film que nous venons de voir à l'instant, vous les connaissez bien ces éducateurs puisque vous avez par ailleurs réalisé plusieurs documentaires consacrés aux enfances difficiles avec notamment itinéraire d'un enfant placé et le formidable incassable que nous avons d'ailleurs eu le plaisir de présenter dans cette émission débat doc.
01:00:05Akane Marti est également avec nous, bienvenue. Vous êtes éducateur aujourd'hui au Canada, à Montréal, c'est une profession que vous avez aussi exercée en France ainsi que celle de directeur de colonie de vacances.
01:00:17On vous donne aussi ce livre intitulé « Enfants mal placés » publié chez Max Milo où vous racontez tout simplement votre histoire, votre parcours douloureux et chaotique d'enfants placés.
01:00:27C'est peut-être, peut-être ce qui vous a donné envie de devenir éducateur, on en parlera bien sûr dans un instant.
01:00:34Olivier Bonin est également avec nous, bienvenue. Vous êtes journaliste aux médias sociaux qui s'adressent aux travailleurs sociaux dont font bien sûr partie les éducateurs.
01:00:45Vous êtes intéressée à cette formation des éducateurs. Qu'est-ce qui vous a amené précisément sur ce sujet avec ce film ?
01:00:52Comme vous le disiez, j'ai précédemment fait des films sur les enfants placés et ce que j'ai découvert notamment en les filmant, en portant mon regard sur eux,
01:01:04c'est que déjà ils avaient un vrai besoin de s'exprimer, qu'on les écoute. Et je me suis rendue compte aussi que pour contribuer à changer ce regard,
01:01:15il fallait s'intéresser et élargir le regard et s'intéresser aussi à ceux qui les accompagnaient au jour le jour.
01:01:20Je pense que pour respecter ces enfants aux vies compliquées, il faut d'abord respecter aussi ceux qui les aident à grandir, qui les accompagnent.
01:01:32Et voilà, donc ça, ça a mûri tout doucement dans ma tête. Et pendant le premier confinement, j'ai eu un peu l'impression que dans les métiers,
01:01:43les premiers de cordée, ceux qu'on disait, ils font encore fonctionner la France. J'avais un peu l'impression de chez moi qu'on parlait assez peu des travailleurs sociaux
01:01:54et notamment des éducateurs. Et ça, ça m'a un peu mis en colère.
01:01:57Avant d'être dit, vous trouviez que c'était les oubliés, l'invisibilité, les oubliés de cette période, parmi ces travailleurs sociaux,
01:02:03qui étaient effectivement en première ligne durant cette crise sanitaire.
01:02:07Akan, vous êtes reconnu à travers ce parcours de formation des jeunes. Est-ce que vous-même, vous avez suivi ce même type de formation pour devenir éducateur ?
01:02:14Moi, j'ai la formation d'éducateur spécialisé, qui est différente de moniteur éducateur.
01:02:17Alors, c'est trois ans, je crois, la formation pour un éducateur spécialisé ?
01:02:20Oui, je me suis reconnu à mes débuts. J'étais un peu perdu.
01:02:24Même système ? Apprentissage ? Alternant ?
01:02:26Non, pas du tout. J'ai fait des stages, j'ai été à l'étranger pour aussi découvrir d'autres pratiques.
01:02:31J'ai fait plusieurs domaines. On a trois stages à faire dans trois domaines différents, normalement.
01:02:38Oui, quand on arrive dans la formation, on découvre tout un monde.
01:02:41On déconstruit un peu des choses qu'on a l'impression de connaître. En fait, ce n'est pas du tout.
01:02:46Et puis, on apprend aussi à se connaître soi-même. Il est beau, ce reportage. J'aime beaucoup ce qu'il représente.
01:02:53Combien y a-t-il d'éducateurs en France ? Quel type d'activité exerce-t-il pour l'essentiel, Olivier Bonin ?
01:02:59Alors, il y a une statistique qui a été publiée récemment par la direction des statistiques.
01:03:04On en est à peu près à 250 000 professionnels dans la filière socio-éducative.
01:03:09Alors, là-dedans, il y a les éducateurs spécialisés, il y a les modéteurs éducateurs.
01:03:13Il y a aussi les éducateurs de jeunes enfants, les éducateurs techniques spécialisés.
01:03:18Voilà. Ils travaillaient aussi bien dans le champ du handicap que la protection d'enfance.
01:03:22Donc, auprès des enfants, auprès des adultes, auprès des personnes handicapées.
01:03:26Exactement.
01:03:27C'est très divers.
01:03:27Très divers. On les trouve aussi en prévention spécialisée.
01:03:30C'est ce qu'on appelle les éducateurs de rue.
01:03:31Voilà. Et puis, il y a différents autres...
01:03:35Voilà. Comme on le voit, d'ailleurs, dans ce beau documentaire.
01:03:38On va reparler de la rémunération de ces éducateurs et de leur place, bien sûr, dans notre société dans un instant.
01:03:44Juste petite parenthèse, parce que, en ayant vu ce film,
01:03:48vous...
01:03:48On s'aperçoit que vous vous arrêtez sur le parcours personnel de ces jeunes.
01:03:55Parcours souvent cabossé, avec ici des violences sexuelles pour des jeunes femmes que vous avez suivies,
01:04:02des problèmes avec la justice pour le jeune Adrien, dont on parlait il y a un instant.
01:04:08Ces parcours chaotiques de ces jeunes, est-ce que ça justifie le fait qu'ils choisissent ce métier ?
01:04:14Comment on l'explique, ça ?
01:04:15En tout cas, sur les quatre que j'ai filmés dans le film,
01:04:18j'ai vraiment senti, à des degrés différents,
01:04:21qu'il y avait cette envie
01:04:22ou de rendre ce qu'on avait reçu,
01:04:26ou, au contraire, d'apporter quelque chose
01:04:28qu'on aurait aimé avoir.
01:04:30J'ai vraiment... Voilà.
01:04:30J'ai...
01:04:31J'ai senti ça, alors, évidemment,
01:04:35lors...
01:04:36Vous diriez qu'il y a un côté cathartique, peut-être, dans cette démarche ?
01:04:40Oui, oui, c'est vrai.
01:04:41C'est... Alors, il faut aussi un peu canaliser ça.
01:04:45Souvent, on nous dit que, quand ils arrivent à la formation,
01:04:47ils n'ont que, certains, le mot « aider ».
01:04:50« Aider ».
01:04:51Et là, les formateurs leur disent
01:04:52« Non, non, il faut de la bienveillance. »
01:04:54Mais ce n'est pas de l'aide, c'est un accompagnement.
01:04:57Parce qu'à un moment, les gens que vous accompagnez,
01:04:59ils vont devoir aussi se débrouiller seuls.
01:05:01C'est ça aussi.
01:05:02C'est leur permettre d'avancer, à un moment donné, par eux-mêmes.
01:05:06Et...
01:05:07D'ailleurs, il y a un professeur, pendant la formation,
01:05:11qui stipule à ces jeunes,
01:05:13« Attention, les usagers, parce que c'est comme ça qu'on les appelle,
01:05:16n'ont pas besoin de vous.
01:05:18Ils ne vous attendent pas. »
01:05:19C'est ça.
01:05:20C'est vrai que c'est assez étonnant d'entendre ça.
01:05:22Et c'est justement, qui est capable de se prendre dans la figure,
01:05:27alors qu'on est plein de bonnes intentions,
01:05:28qu'on arrive, on a un projet, on a envie que la personne aille mieux,
01:05:31et que d'un coup, la personne nous dise
01:05:32« Non, mais c'est bon, je n'ai pas besoin de toi, nous parle mal. »
01:05:36Eh bien, peut-être que c'est plus supportable
01:05:39par des gens qui ont connu, justement, des moments dans leur vie
01:05:42où, eux aussi, ont peut-être été désagréables,
01:05:45avec d'autres qui les ont aidés.
01:05:47C'est extrêmement difficile.
01:05:50Je ne sais pas moi-même comment je réagirais,
01:05:51mais je pense que leur parcours un peu chaotique,
01:05:57leur profil atypique, ça en fait une force.
01:06:00Et c'est ça aussi qui fait résilience.
01:06:02Ils en parlent dans le film.
01:06:03Alors, à Cannes, évidemment, on a envie de vous poser la même question,
01:06:08avec, évidemment, ce parcours pour le moins chaotique que vous avez vécu.
01:06:12Vous avez raconté, on le rappelle, dans « Enfants mal placés »,
01:06:14ce livre publié chez Max Milot.
01:06:17Ce parcours chaotique d'enfants placés que vous avez vécu
01:06:20a contribué à ce choix de métier ou pas, et pourquoi ?
01:06:24De base, non.
01:06:25De base, je n'étais pas du tout parti pour faire éducateur spécialisé,
01:06:28parce que comme j'étais placé, je ne m'imaginais pas du tout pouvoir faire ce métier.
01:06:31C'est les rencontres que j'ai faites dans ma vie,
01:06:33et puis mon parcours professionnel via l'animation qui m'a emmené là-dessus.
01:06:37Mais je voulais revenir sur ce que vous avez dit.
01:06:39Vous n'avez pas aidé, parce que vous avez eu le sentiment, enfant,
01:06:43que vous n'aviez pas été aidé ?
01:06:45Non, non, pas du tout.
01:06:46Je voulais vraiment acquérir des compétences professionnelles,
01:06:49et du coup, je pense que les gens qui sont dans cette formation
01:06:52sont des personnes qui sont vraiment résilientes,
01:06:54et c'est vrai que c'est un accompagnement qu'il y a là-dedans,
01:06:57ce n'est pas du tout de l'aide.
01:06:58Et il y a une chose qui est importante à se dire par rapport au métier du social,
01:07:03je pense que ce qui nous donne à tous la conviction
01:07:05de vouloir accompagner les personnes,
01:07:06c'est qu'on voit en face de nous des êtres humains.
01:07:09Mais c'est juste avoir une formation professionnalisante,
01:07:12mais c'est un peu comme chacun d'entre nous,
01:07:14quand on a quelqu'un qui ne va pas bien,
01:07:16ou qu'on sent qu'il y a besoin de quelque chose pour l'aider à progresser,
01:07:19ou à devenir autonome, on va essayer de faire quelque chose.
01:07:21Nous, dans notre métier, c'est vraiment ça qui va nous pousser
01:07:24à être près de tous les publics qui existent.
01:07:27Et parmi les éducateurs, les collègues,
01:07:29que vous avez pu rencontrer sur le terrain,
01:07:31vous aviez ce type de profil
01:07:33qu'on a vu dans ce documentaire,
01:07:35de jeunes qui, eux, avaient eu bel et bien un parcours difficile.
01:07:39Qui les avait conduits à exercer ce métier ?
01:07:41Oui, j'en ai eu plusieurs,
01:07:42mais ce qui arrive souvent, c'est que...
01:07:43Là, la grande surprise dans ce documentaire,
01:07:45c'est que les gens en parlent assez facilement, je trouve.
01:07:49Mais dans le cadre du travail,
01:07:51il y a une sorte de petite honte où il ne faut pas en parler,
01:07:54ou alors on a peur de le dire à l'employeur de ce qu'on a pu vivre,
01:07:57alors qu'en fait, c'est quelque chose que dans notre société,
01:08:00on ne devrait pas avoir peur,
01:08:01ni, et je reprends le mot, honte, de dire
01:08:03si on a vécu des choses qui peuvent être difficiles,
01:08:06ou que ce soit le cas d'un traumatisme ou une blessure.
01:08:08Je pense qu'on doit vivre avec ça
01:08:10et croire en nous, donc voilà.
01:08:12Olivier Bonin, sur le profil des éducateurs,
01:08:16qu'est-ce qui vous paraît caractéristique ?
01:08:19Est-ce que ce type de parcours difficile
01:08:21peut effectivement conduire, peut-être certains plus que d'autres,
01:08:24à ce métier, d'après ce que vous avez observé, vous ?
01:08:27En tant que journaliste, on l'observe très fréquemment, effectivement.
01:08:29Après, il y a une problématique autour de ça,
01:08:32c'est qu'on voit bien qu'il y a une vocation
01:08:35qui peut être d'une origine tout à fait personnelle,
01:08:37effectivement aussi bien cathartique, comme vous le disiez,
01:08:40que aussi peut-être de père en fils,
01:08:41comme je crois que c'est le cas d'Adrien.
01:08:42Adrien, oui.
01:08:44Il y a toutes ces origines-là
01:08:45qui permettent de se tourner vers le travail social,
01:08:47mais après ça n'empêche pas que c'est un métier,
01:08:49vous le dites aussi tous les deux,
01:08:50de forte technicité,
01:08:52c'est tout un art d'accompagner.
01:08:54On voit la patience qu'il faut,
01:08:56on voit aussi, je crois que c'est Anna
01:08:58qui se fait copieusement insulter
01:09:00par ce patient qui doit probablement
01:09:02un syndrome de Tourette, je suppose,
01:09:04et elle arrive à être parfaitement patiente.
01:09:06Effectivement, il y a la frustration
01:09:09de ne pas toujours avoir des solutions,
01:09:11ça doit être très dur quand même.
01:09:12Donc tout ça, c'est un accompagnement
01:09:13dans lequel, voilà,
01:09:15j'ai noté aussi la phrase de ce formateur
01:09:17qui parlait, il y a l'amour qui est dans l'équation,
01:09:20mais dans l'équation, il y a plein de choses.
01:09:21Donc effectivement, il ne faut pas oublier
01:09:22que ça demande énormément de savoir-faire,
01:09:24de savoir.
01:09:25Et beaucoup de charge mentale pour ces jeunes.
01:09:28C'est ce qu'on découvre aussi
01:09:28à travers votre film.
01:09:30Certaines, je ne sais pas si c'est Anna
01:09:32ou une autre des jeunes femmes
01:09:33que vous avez suivis dans ce documentaire,
01:09:35ils lui arrivent de pleurer en rentrant chez elles
01:09:37parce que la charge mentale est telle
01:09:39qu'il faut décompresser.
01:09:41Exactement.
01:09:42Et ça, c'est la...
01:09:44En plus, en fonction de leur parcours,
01:09:47de leur personnalité,
01:09:48je veux dire, il faut avoir cette possibilité aussi.
01:09:51Là, ils ont la parole dans le film
01:09:53parce que moi, je les interrogeais.
01:09:57Mais c'est quelque chose d'important
01:09:59de pouvoir verbaliser ces difficultés,
01:10:01de dire, voilà, là, il m'a juste dit,
01:10:05connasse, je sais qu'il le dit tous les jours.
01:10:07Aujourd'hui, ça m'a fait du mal.
01:10:09Et de pouvoir le dire,
01:10:11alors que c'est extrêmement difficile,
01:10:12Anna le disait, je rentre chez moi
01:10:14et des fois, j'ai besoin de souffler,
01:10:17de me mettre dans ma bulle
01:10:18pour pouvoir digérer tout ce que je viens de vivre
01:10:22et puis pouvoir repartir le lendemain.
01:10:25Il y a un moment, il faut un peu comme
01:10:27oublier ce qu'on a vécu
01:10:28pour avoir la force d'y retourner.
01:10:31À quoi ça tient, ça ?
01:10:32Je ne sais pas.
01:10:34Et pour cela, il faut souvent avoir un conjoint,
01:10:36une famille où on puisse prendre la parole
01:10:38et expliquer et déverser un petit peu
01:10:41cette colère, cette souffrance psychologique
01:10:44parce qu'elle existe chez ces éducateurs.
01:10:46Quelles sont, d'après ce que vous avez observé,
01:10:49les principales revendications
01:10:51de ces éducateurs ?
01:10:53Peut-être à travers ce reportage,
01:10:55peut-être à travers les éducteurs
01:10:56que vous avez suivis à l'occasion
01:10:57d'autres documentaires que vous avez pu réaliser.
01:11:00Est-ce que c'est la rémunération le problème ?
01:11:02La reconnaissance, comme ça a été évoqué à l'instant
01:11:05par Olivier Bonin,
01:11:06où se situe le problème majeur
01:11:08pour ce manque de vocation aussi
01:11:11que vous venez d'évoquer tout à l'heure ?
01:11:12Alors, moi, dans mes films,
01:11:15ceux que j'ai filmés,
01:11:16ils n'avaient jamais de revendications.
01:11:17Enfin, ils étaient,
01:11:18comme je venais les filmer
01:11:20dans le cadre de leur travail,
01:11:21ils étaient tellement investis
01:11:22par ce qu'ils étaient en train de faire.
01:11:26Je n'ai jamais eu de discussion
01:11:28de « j'en ai marre, je ne suis pas assez reconnue »
01:11:34ou alors s'il y avait des violences
01:11:36peut-être institutionnelles
01:11:37où on regrette de ne pas être assez soutenus
01:11:41sur un souci avec tel enfant
01:11:44par sa direction.
01:11:47Mais moi, ce que j'ai pu constater,
01:11:48c'est que quand, effectivement,
01:11:50on travaille à Paris
01:11:51et qu'on touche 1300 euros par mois
01:11:55et qu'on travaille jusqu'à 22 heures
01:11:57et qu'on court pour avoir son dernier RER
01:11:59parce qu'évidemment,
01:12:00on habite assez loin en banlieue,
01:12:03parce que ce n'est juste pas possible
01:12:04de vivre à Paris.
01:12:06Voilà, il y a un vrai problème,
01:12:08en tout cas, de rémunération
01:12:10pour ne serait-ce que vivre aujourd'hui
01:12:15et puis simplement reconnaître
01:12:16tout ce qu'ils font.
01:12:19Et vous faites bien de citer Paris,
01:12:21je crois qu'il y a 20 000 éducateurs
01:12:22sur la seule région Île-de-France
01:12:25avec un niveau de vie élevé
01:12:26par rapport à des salaires
01:12:27qui ne le sont pas beaucoup.
01:12:30J'ai noté le chiffre entre 1600 euros net
01:12:32et 1900 euros net en début de carrière
01:12:34qui inclurait la fameuse prime
01:12:36de 183 euros que vous avez évoqué tout à l'heure.
01:12:39C'est très peu rémunéré, ce métier.
01:12:41Ça fait partie des vrais problèmes,
01:12:43j'imagine, de cette profession.
01:12:44La rémunération est donc une forme de reconnaissance.
01:12:47Je peux en parler
01:12:48parce que du coup,
01:12:49j'ai été éducateur spécialisé
01:12:50pendant la pandémie en France
01:12:52avant de partir sur Montréal.
01:12:54Et moi, par exemple,
01:12:55je travaille en milieu ouvert.
01:12:56Pour les gens qui ne savent pas,
01:12:57c'est travailler à domicile.
01:12:59J'ai été payé 1350 euros le mois,
01:13:01ce qui n'est vraiment pas grand-chose
01:13:03pour un métier qui est aussi important
01:13:04que les médecins, les infirmiers.
01:13:06La reconnaissance, évidemment.
01:13:08Pendant la pandémie,
01:13:09on n'a pas du tout parlé
01:13:10de ce métier
01:13:11qui est quand même omniprésent
01:13:13dans notre société.
01:13:14Et puis, à l'inverse,
01:13:17c'est qu'avec tous mes collègues,
01:13:18mes amis qui sont dans le social,
01:13:20en effet, il y a beaucoup de personnes,
01:13:21d'une part,
01:13:22avec qui on parle des conditions salariales
01:13:25parce que les rémunérations
01:13:26sont très basses
01:13:27et je n'arrive toujours pas à comprendre
01:13:29pourquoi on n'augmente pas
01:13:30ces métiers qui sont importants.
01:13:31Enfin, j'ai quelques idées, mais voilà.
01:13:33Et derrière, c'est la responsabilité
01:13:35qu'on va avoir avec les publics
01:13:36avec lesquels on travaille.
01:13:37Quand on parle de charge émotionnelle
01:13:39et de ce qui est compliqué,
01:13:41il faut savoir qu'on a...
01:13:43Alors, c'est peut-être un peu gros
01:13:44de le dire,
01:13:45mais on a la vie des personnes
01:13:48entre nos mains.
01:13:49On va influencer l'avenir
01:13:51des personnes qu'on va accompagner,
01:13:52que ce soit les personnes
01:13:54qui sont dans la rue,
01:13:55les personnes qui sont en établissement
01:13:56ou autres.
01:13:57Donc, c'est une charge immense
01:13:59avec beaucoup, beaucoup
01:14:00de responsabilités.
01:14:01Et non, je pense qu'il manque
01:14:02quelque chose aujourd'hui en France.
01:14:04Je ne suis pas là pour faire
01:14:04des revendications,
01:14:06mais voilà,
01:14:06qu'on soit plus entendus,
01:14:08plus reconnus.
01:14:09Et aujourd'hui,
01:14:10vous travaillez à Montréal.
01:14:11Je travaille à Montréal.
01:14:12Vous êtes mieux payé au Canada
01:14:14que vous ne l'étiez en France.
01:14:16Alors, c'est peut-être
01:14:16pas le même statut.
01:14:17En France, on peut travailler
01:14:18en tant qu'éducateur,
01:14:19à la fois dans le secteur privé
01:14:21et dans le secteur public.
01:14:22Au Canada,
01:14:23vous êtes mieux rémunéré
01:14:24pour un travail équivalent ?
01:14:26Vous diriez des choses comme ça ?
01:14:27Oui, c'est quand même
01:14:27mieux rémunéré.
01:14:29Et puis, par exemple,
01:14:30si je vais prendre l'exemple
01:14:31de la Suisse
01:14:32où on sait que les salaires
01:14:33sont beaucoup plus hauts,
01:14:34mais le coût de la vie
01:14:34est beaucoup plus haut,
01:14:35au Canada,
01:14:36on est quand même mieux rémunéré
01:14:37par rapport au coût de la vie.
01:14:39Voilà.
01:14:39En France,
01:14:39on reste sur des difficultés
01:14:41quand même bien présentes.
01:14:43Donc, non.
01:14:43Mais après,
01:14:44j'ai vocation à revenir en France.
01:14:46En France.
01:14:46Je ne suis pas parti pour le salaire.
01:14:48Olivier Bonin,
01:14:48qu'est-ce qu'on peut dire
01:14:49de...
01:14:50Déjà, il y a un sacré paradoxe.
01:14:51Du mal-être,
01:14:52du peu de reconnaissance
01:14:54qu'on sent dans cette profession,
01:14:55comment est-ce qu'on peut
01:14:56tenter d'y remédier
01:14:56du côté du pouvoir public
01:14:58à votre avis ?
01:14:58Encore un mot
01:14:59sur la rémunération.
01:15:00C'est vrai qu'il y a
01:15:01un sacré paradoxe
01:15:02de vivre à ce point
01:15:03la précarité,
01:15:05alors qu'on est censé
01:15:05notamment aider
01:15:06les plus précaires
01:15:07à devenir autonomes.
01:15:08Donc, ça, c'est quand même
01:15:09effectivement un drôle
01:15:11de bagage.
01:15:13Alors, pour aller jusqu'au bout
01:15:14sur la rémunération,
01:15:16est-ce que vous avez
01:15:16un élément de comparaison
01:15:17avec les autres
01:15:18travailleurs sociaux
01:15:19qui ne sont pas éducateurs ?
01:15:21Les éducateurs sont
01:15:23moins bien payés
01:15:24en comparaison
01:15:24avec d'autres
01:15:25travailleurs sociaux
01:15:26à l'intérieur de cet ensemble ?
01:15:27À niveau des études légales,
01:15:28je pense que c'est équivalent
01:15:30aux assistants sociaux.
01:15:32Il y a des conventions
01:15:33qui font ça.
01:15:33Oui, c'est ça.
01:15:34D'accord.
01:15:35Que ce soit dans le public
01:15:35ou dans le privé.
01:15:37Non, ce que je peux dire aussi,
01:15:38c'est qu'effectivement,
01:15:39il y a ce problème
01:15:39de rémunération
01:15:40qui est très important.
01:15:40Nous, on le sent bien.
01:15:42Mais il n'y a pas que ça.
01:15:43C'est vrai que je voudrais
01:15:44citer le travail
01:15:45du Conseil économique,
01:15:47social et environnemental,
01:15:48le CESE,
01:15:48qui actuellement
01:15:49a saisi de cette question
01:15:51des métiers
01:15:52de la cohésion sociale.
01:15:53Ils ont fait
01:15:54une consultation en ligne.
01:15:55Oui.
01:15:56Il en est sorti
01:15:57quelque chose d'intéressant.
01:15:58C'est que...
01:15:59Déjà, il y a un chiffre effarant.
01:16:00C'est que sur près
01:16:01de 5 000 répondants,
01:16:02je crois qu'il y a 94%
01:16:04qui répondent,
01:16:05la situation s'est dégradée
01:16:06en 10 ans.
01:16:07C'est quand même colossal.
01:16:09Et ce qui revient souvent,
01:16:10manifestement,
01:16:10dans les réponses,
01:16:11c'est le problème de temps.
01:16:12Il n'y a pas assez de temps.
01:16:13Donc, ça, c'est vraiment
01:16:14la qualité de vie.
01:16:15Enfin, qualité de vie.
01:16:17La possibilité de bien travailler
01:16:18avec un manque de temps,
01:16:20avec beaucoup de procédures
01:16:21qui sont imposées.
01:16:22Les travailleurs sociaux
01:16:23en parlent souvent.
01:16:25Et voilà,
01:16:26qui empêchent
01:16:26de se consacrer
01:16:27à l'accompagnement
01:16:28vers l'autonomie
01:16:29pour remplir
01:16:30des rapports,
01:16:31des écrits
01:16:31et avec une surcharge
01:16:33de travail
01:16:33et en plus de ça,
01:16:34avec maintenant
01:16:34des sous-effectifs
01:16:35et avec des intérimaires
01:16:37et qui viennent pallier
01:16:38le manque d'effectifs.
01:16:39Donc, il y a une sorte
01:16:40de cercle vicieux
01:16:41qui est préoccupante.
01:16:43Alors,
01:16:43Kitty Rios Palma
01:16:44nous parlait tout à l'heure
01:16:46du cas d'Adrien
01:16:46qui a décidé, lui,
01:16:48d'arrêter cette formation,
01:16:49mais pour autant
01:16:50de garder ce métier
01:16:52d'éducateur
01:16:52via l'intérim.
01:16:53et en regardant,
01:16:55en consultant un petit peu
01:16:56les documents
01:16:56dont on avait
01:16:57pour préparer cette émission,
01:16:58on se rend compte
01:16:59que ça,
01:16:59c'est assez courant.
01:17:00Ces jeunes choisissent
01:17:01plutôt l'intérim
01:17:02que des CDI,
01:17:04des contrats
01:17:04à durée indéterminée,
01:17:06soit du côté de l'État,
01:17:07soit du côté
01:17:08de structures privées.
01:17:09Pourquoi ?
01:17:09Alors,
01:17:10ça se comprend
01:17:10puisqu'en étant en intérim,
01:17:13déjà,
01:17:13ils sont un peu mieux payés
01:17:14puisqu'ils ont des primes
01:17:15sur la précarité.
01:17:16Ils ont aussi
01:17:17davantage de contrôle
01:17:18sur leur emploi du temps.
01:17:19Ils peuvent dire
01:17:20non, moi,
01:17:20je ne vais pas travailler
01:17:20ce week-end.
01:17:21Alors que quand on est
01:17:22permanent dans un centre,
01:17:24un foyer
01:17:25pour personnes handicapées,
01:17:26par exemple,
01:17:27là,
01:17:27on doit bien
01:17:28travailler le week-end.
01:17:29Alors,
01:17:30ça,
01:17:30ça entraîne
01:17:31des grosses difficultés
01:17:32pour les personnels
01:17:33qui sont,
01:17:34eux,
01:17:34en CDI,
01:17:34moins bien payés,
01:17:35qui se retrouvent
01:17:36à combler les cases
01:17:37du week-end.
01:17:39Et puis,
01:17:40c'est douloureux aussi
01:17:41pour les personnes accompagnées
01:17:42qui n'ont plus
01:17:43des personnes
01:17:44qui les connaissent bien
01:17:44et qui doivent,
01:17:46à la limite,
01:17:47faire connaître
01:17:47leurs particularités.
01:17:49Là,
01:17:49je pense au champ
01:17:50du handicap
01:17:50et justement
01:17:51le CESE,
01:17:51le Conseil économique
01:17:53a pu le voir de près
01:17:54récemment.
01:17:56Tous les publics
01:17:56qui les accompagnent,
01:17:57que ce soit en protection
01:17:58de l'enfance,
01:17:59dans le handicap,
01:17:59on est tous d'accord
01:18:00pour dire qu'ils ont besoin
01:18:02de stabilité,
01:18:03ces personnes-là.
01:18:04C'est-à-dire d'avoir
01:18:05une personne
01:18:06qu'on voit régulièrement,
01:18:07c'est comme ça
01:18:08qu'on va pouvoir
01:18:09progresser,
01:18:10avancer,
01:18:11construire quelque chose.
01:18:12Si la personne
01:18:13qui vous lève le matin,
01:18:15elle est différente
01:18:16chaque semaine,
01:18:18à un moment donné,
01:18:19c'est difficile
01:18:19d'établir un rapport
01:18:20de confiance
01:18:21et d'accompagner
01:18:23de manière efficace.
01:18:24C'est-à-dire,
01:18:25il faut aussi
01:18:25que le professionnel
01:18:26puisse voir évoluer,
01:18:27que ce soit les enfants
01:18:28ou les adultes,
01:18:29s'il n'y a pas ça.
01:18:31C'est compliqué,
01:18:33je trouve.
01:18:34Je rejoins
01:18:34exactement ce que vous avez dit.
01:18:36Moi,
01:18:36j'ai une phrase
01:18:37qui me revient
01:18:38quand j'étais enfant placé.
01:18:40J'étais dans une MEX,
01:18:41grossièrement un foyer
01:18:42et il y avait des jeunes
01:18:44qui disaient
01:18:44qu'ils travaillent demain
01:18:45et même après,
01:18:46en tant qu'éducateur spécialisé,
01:18:47quand j'ai travaillé
01:18:48en protection de l'enfance
01:18:49et qu'ils travaillent demain.
01:18:51C'est-à-dire que
01:18:51ça pose une insécurité
01:18:53d'une part
01:18:54pour les personnes
01:18:54qui sont accompagnées
01:18:56parce que,
01:18:56mais même dans notre vie personnelle,
01:18:57quand on a quelqu'un
01:18:58qui est présent régulièrement,
01:18:59on va créer un lien de confiance,
01:19:01on va pouvoir créer des affinités
01:19:02et avancer là-dessus.
01:19:03Alors que là,
01:19:04on n'y est pas.
01:19:04Et quand on a des professionnels
01:19:05qui viennent temporairement,
01:19:07ça peut aussi créer une insécurité
01:19:08pour le professionnel,
01:19:09pour l'institution
01:19:10et du coup,
01:19:11tout devient bancal là-dedans
01:19:12sur l'accompagnement
01:19:13de la personne.
01:19:14Donc il y a une vraie réflexion
01:19:15à avoir là-dessus
01:19:15et pour les personnes accompagnées
01:19:17et pour les professionnels
01:19:18et aussi pour les institutions
01:19:19pour améliorer la qualité de vie
01:19:21des personnes accompagnées
01:19:22et surtout,
01:19:23après,
01:19:24des professionnels en général.
01:19:26Un très grand merci
01:19:26à tous les trois
01:19:27d'avoir participé
01:19:29à ce débat doc.
01:19:30Après,
01:19:30mes premiers pas d'éducateur,
01:19:32c'est votre film
01:19:33qu'on a découvert
01:19:33dans cette émission.
01:19:35Vos réactions,
01:19:35ça sera sur hashtag
01:19:36débat doc,
01:19:37sur Twitter,
01:19:38bien entendu.
01:19:38Merci aussi à Selma Sali
01:19:39qui,
01:19:40comme à l'accoutumée,
01:19:41m'a aidé
01:19:42à préparer cette émission.
01:19:43Je vous donne tout simplement
01:19:44rendez-vous
01:19:44pour un prochain débat doc.
01:19:46Ça sera bien sûr
01:19:47avec son documentaire
01:19:48et son débat.
01:19:49À bientôt.
01:19:49Sous-titrage Société Radio-Canada
01:19:55Sous-titrage Société Radio-Canada
01:20:05Sous-titrage Société Radio-Canada
01:20:05Sous-titrage Société Radio-Canada
01:20:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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