- il y a 2 mois
Emissin TV : L'Equipe de GReg sur l'EQuipe TV Spécial Arrêt Bosman (fr,déc 2025)
30 ans après, pourquoi l’arrêt Bosman a radicalement changé l’histoire du football
30 ans après, pourquoi l’arrêt Bosman a radicalement changé l’histoire du football
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00:00Bonsoir Romain, alors j'allais jusqu'au bout, un good evening Romain.
00:06Bonsoir Greg.
00:07Bonsoir.
00:07Je n'ai pas certain de vous voir, Romain.
00:09Pourquoi ?
00:10J'ai vu Monaco hier, je me suis dit.
00:12Je ne vois pas de quoi vous parler.
00:13J'en suis désolé.
00:14Mais ralentissez-nous Ludo, vous n'en faites pas, tout va bien.
00:16On fait un anniversaire aujourd'hui.
00:18Bravo !
00:19Vous ne le faites pas.
00:19Merci beaucoup.
00:20On fait un anniversaire importantissime dans l'histoire du football, celui de l'arrêt Bosman.
00:26C'était il y a 30 ans, donc le 15 décembre 1995.
00:29Et pour vous prouver que c'est quelque chose de majeur, regardez, on en parle partout aujourd'hui.
00:34Et même dans le monde entier, As et Marca en Espagne, évidemment.
00:38La Gazzetta dello Sport en Italie, Kicker en Allemagne, Le Guardian en Angleterre.
00:42Alors ça, c'est pour l'Europe.
00:43Mais pas seulement donc, parce qu'en Argentine aussi, avec La Nation, et même un média chinois,
00:48alors que ce n'est quand même pas le sport national là-bas.
00:50Et bien sûr, dans l'équipe du jour, avec une interview de Jean-Marc Bosman, le principal intéressé.
00:54Donc nous, on va tout vous réexpliquer.
00:56Pour les plus jeunes qui ne savent pas de quoi on parle, et pour les plus vieux qui ont besoin qu'on leur rafraîchisse un petit peu la mémoire.
01:02Donc, 30 ans de l'arrêt Bosman.
01:04Pourquoi le football a changé à tout jamais ?
01:07Vraiment, on n'en fait pas des tonnes.
01:08On parle d'une révolution du football, ce 15 décembre 1995.
01:12Oui, non mais vraiment.
01:13Alors, on va expliquer déjà l'affaire.
01:14Est-ce que ça désigne cet arrêt, qui est une décision de justice, Bosman ?
01:18Tout commence en 1990.
01:20Jean-Marc Bosman est un joueur de football belge qui évolue au RFC Liège.
01:25Les dirigeants lui proposent un nouveau contrat avec une réduction de salaire de 75%.
01:30Il refuse.
01:31En fait, il veut s'engager à Dunkerque.
01:33Sauf que le club belge ne veut pas qu'il parte et exige une indemnité de transfert au club nordiste.
01:37Bosman attaque alors en justice le RFC Liège.
01:40Il remet en cause le système des transferts.
01:43Et cinq ans plus tard, après une très longue bataille, la justice lui donne raison.
01:47Donc, à l'arrivée, l'arrêt Bosman, c'est une décision de la Cour de justice de la communauté européenne,
01:53rendue le 15 décembre 1995, relative au sport professionnel,
01:57mettant fin au quota de joueurs étrangers dans les clubs européens
01:59au nom du principe fondamental de libre circulation des personnes et des travailleurs,
02:04garantie par l'Union européenne.
02:06Alors concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?
02:08Avant cet arrêt, les clubs ne pouvaient aligner que trois joueurs étrangers
02:11et pouvaient réclamer une indemnité de transfert même si le joueur arrivait en fin de contrat.
02:16C'est fou.
02:16Eh bien, après l'arrêt, c'est terminé.
02:18Il n'y a plus de limite pour les joueurs européens et plus d'indemnités en fin de contrat.
02:22Ça change absolument tout.
02:24Et le principal intéressé, justement, Jean-Marc Bosman.
02:27On l'a joué en téléphone aujourd'hui.
02:28Et pour lui, cet arrêt, c'est tout simplement une très bonne chose.
02:32Quand je regarde le manque du foot, on avait dit après l'arrêt,
02:36et juste après l'arrêt, on avait dit que j'avais tué le football.
02:39Moi, je ne pense pas.
02:40Je pense que je l'ai agrandi, élargi et qu'il est mondial, archi mondial même.
02:47Alors évidemment, quand il y a des gros changements, forcément, ça amène des réticences et des critiques.
02:52Dans l'équipe du 16 décembre 1995, on a trouvé deux réactions en marge de l'article qui traite du sujet.
02:57Franz Beckenbauer, président du Bayern Munich à l'époque.
02:59Le football allemand souffrira de nouveaux textes remplaçant les clauses actuelles.
03:03Ce sont les joueurs étrangers de deuxième ou troisième classe qui viendront en Allemagne.
03:07Et finalement, ces joueurs, nous les avons déjà.
03:09Et un autre homme, c'est Graham Kelly, directeur exécutif de la Fédération anglaise.
03:13Notre crainte est que les petits clubs souffrent.
03:14La limitation du nombre de joueurs étrangers a jusqu'à présent empêché la domination d'un tout petit nombre de grands clubs.
03:20Elle a aussi permis l'épanouissement des équipes nationales.
03:23Allons-nous voir des clubs sans un seul joueur britannique ?
03:26Il y en a, c'est des visionnaires.
03:28Je vais vous dire, là, Graham Kelly, c'était bon de A à Z.
03:31C'est clair.
03:31Et effectivement, les conséquences ont été énormes.
03:34Et il faut bien le dire, Romain, assez rapide.
03:36Oui, exactement.
03:37Parce que comme on l'a dit, les clubs étaient désormais libres de recruter autant de joueurs européens qu'ils le voulaient.
03:42Donc les transferts ont commencé à se multiplier.
03:45Les montants ont augmenté là aussi jusqu'à ce qu'on connaît aujourd'hui, tout simplement.
03:49Regardez par exemple le nombre de joueurs étrangers par division dans les cinq grands championnats européens.
03:54Entre 95, 96 et aujourd'hui, ça a explosé évidemment de deux fois plus en Ligue A à six fois plus en Serie A.
04:01Pour le plus grand plaisir forcément des athlètes, selon Jean-Marc Bossman.
04:04C'est une magnifique évolution pour les joueurs qui ont pu partir dans tous ces grands clubs.
04:12Tout a, je veux dire, à cette époque-là, tout a littéralement flambé.
04:16Les droits télévisuels ont largement augmenté.
04:18Les contrats des joueurs, etc.
04:20Donc ça a fait tout bénéfice pour tout le monde.
04:22Il demande du football en général.
04:23Il l'a dit, les contrats ont augmenté et pas qu'un peu.
04:27Bien évidemment, on sait quels sont les salaires aujourd'hui des footballeurs.
04:30L'arrêt Bossman a créé un immense marché, presque complètement dérégulé.
04:34Donc les clubs offrent des salaires de plus en plus importants pour convaincre les joueurs.
04:39On a pris par exemple le joueur le mieux payé de l'OM, vainqueur de la Ligue des Champions en 1993.
04:42C'était Didier Deschamps, 1,5 million d'euros par an.
04:46On a comparé avec Ousmane Dembélé, le mieux payé du PSG en 2025, 1,5 million d'euros par mois.
04:51Selon l'équipe, c'est quand même pas tout à fait la même chose.
04:54On a interrogé un agent, Bruno Satin.
04:55Il exerçait déjà au moment de l'arrêt Bossman.
04:58Et en fait, il explique que les joueurs se sont retrouvés en position de force.
05:02Aussi, il y en a un certain nombre qui restent sur la route.
05:05Et on le voit bien dans la mesure où, ne serait-ce qu'en France,
05:08avant, la carrière moyenne des joueurs était entre 8 et 10 ans.
05:13Et aujourd'hui, la carrière moyenne d'un joueur professionnel, je crois que c'est 6 ans.
05:16Donc, ça montre bien que le fait d'être libre et de pouvoir circuler n'est pas toujours la panacée.
05:23Alors, l'arrêt Bossman a donc créé le football et le marché finalement des transferts qu'on connaît aujourd'hui.
05:29Mais est-ce que ça veut dire qu'il n'a créé que du positif ?
05:31En fait, c'est la question, évidemment.
05:33C'est le débat qu'on aura probablement juste après cette chronique.
05:36Globalement, le pouvoir a été rendu aux joueurs face au club, un petit peu comme un salarié face à son entreprise.
05:42Donc, ça, ça a l'air positif.
05:44Mais il y a aussi des défauts à évoquer.
05:45Déjà, il y a ceux qui estiment qu'il y a trop d'argent, que les salaires des joueurs sont trop élevés,
05:49que les montants des transferts sont indécents.
05:51Et puis, en termes de sportifs, ça a renforcé la domination des plus gros clubs avec le plus de moyens.
05:55Avant l'arrêt Bossman, des équipes de 10 pays différents avaient remporté la C1,
05:59y compris des formations roumaines ou écossaises, par exemple.
06:02Et puis, après l'arrêt Bossman, on tombe à 6, les plus grands pays du foot, tout simplement.
06:07Et puis, certains supporters parlent aussi souvent d'identification aux joueurs qui composent les équipes qu'ils supportent,
06:12avec une part énorme d'étrangers.
06:14On a comparé les deux onces de départ des équipes françaises qui ont gagné la Ligue des Champions.
06:18Huit joueurs français côté OM en 1993.
06:20De toute façon, ils ne pouvaient pas y en avoir moins.
06:22Et seulement deux tricolores titulaires avec le PSG cette année.
06:25Jean-Marc Bossman, lui, il estime que ça permet aux fans de rêver.
06:27Un des problèmes qu'il y a aussi, c'est que certains joueurs se retrouvent un petit peu sur le carreau.
06:56Peut-être ceux qui ne font pas partie des tout meilleurs.
06:58Les carrières durent moins longtemps.
06:59C'est ce que nous a dit Bruno Satin juste avant.
07:02En fait, cet arrêt Bossman, globalement, il est beaucoup dans l'air du temps.
07:05C'est la mondialisation du football, pour le meilleur et pour le pire.
07:08Un petit peu à l'image de la société.
07:09En tout cas, Jean-Marc Bossman, il y est pour beaucoup sur ce qu'est le football aujourd'hui.
07:13Et en fait, il a une influence sur ce sport quasiment aussi importante que n'importe quel joueur, entraîneur ou dirigeant.
07:18– Merci beaucoup Romain Aran, merci Arthur-Gérard-Baptiste Bautier qui vous ont aidé dans cette formidable enquête.
07:24Vous voulez montrer un livre ?
07:24– Absolument, il faut que je montre le livre, justement, de Jean-Marc Bossman,
07:27qui est sorti il y a à peu près un mois, si ça vous intéresse sur le sujet.
07:30C'est aux éditions Solar, et donc il y a tout son témoignage dedans.
07:33Et voilà, c'est super intéressant aussi.
07:34– Absolument, Jean-Marc Bossman, mon combat pour la liberté, petite préface de Marcel Dessailly, qui en a bénéficié.
07:39– Il y a beaucoup de choses, je pouvais comprendre quand on en a parlé ce matin,
07:42est-ce que ça va pas être un peu trop rébarbatif, est-ce que ça va pas être un peu trop technique ?
07:46Mais en fait, je crois que c'est un anniversaire qui a vraiment chamboulé le monde du foot.
07:52Quand nous, on a grandi, par exemple, pour tout vous dévoiler, regardez le Milan,
07:56il y avait les trois Néerlandais magiques, Van Basten, Gullit, Raikard,
07:59et puis ça était là, et vous aviez les meilleurs, et puis après vous aviez les défenseurs italiens.
08:03Je prends cet exemple-là, parce que pour moi, c'est peut-être le plus frappant des années 90.
08:06Et depuis, tout a été chamboulé, ça paraît complètement dingue aujourd'hui.
08:12– On a vu ce changement-là, en fait, on l'a vécu, puisqu'on avait une dizaine d'années ou un peu plus pour certains,
08:18et la rupture, le changement a été, moi j'avais une dizaine d'années,
08:21le changement s'est opéré tout de suite après, c'est-à-dire que vraiment, 95,
08:27Zidane part à la Juve, moi je prends l'exemple de Zidane,
08:29mais Zidane part à la Juve en 96, Deschamps, la Juve,
08:33Milan pour De Sailly, un tout petit peu avant, mais toute cette génération de l'équipe de France,
08:37prenons l'équipe de France 98, effectivement.
08:39– On gagne grâce à ça ou pas ?
08:40– Moi je pense, oui, je pense que, et d'ailleurs on avait loué ces qualités-là à l'époque des Français,
08:45qui sont allés dans des clubs qui gagnaient déjà,
08:47qui ont appris au contact d'autres entraîneurs, qui ont appris au contact de grands joueurs,
08:50et l'équipe type de l'équipe de France,
08:53à part Guy Varche lors de la finale de la Coupe du Monde,
08:55mais ils jouent tous dans les plus grands clubs,
08:57– Rappelez-vous de l'équipe du dimanche sur Canal,
09:01quand on les voyait, les joueurs au début,
09:02ils étaient très peu au début du générique,
09:04on rêvait, il y avait un ou deux joueurs à l'étranger,
09:06et puis après c'est devenu, en générique, ils en avaient une trentaine.
09:08– Souvenez-vous, c'était un événement considérable
09:10de voir un joueur français briller dans un club étranger,
09:13Cantona avec Manchester,
09:14Papin avec la Céline,
09:16Chinola quand il part aussi,
09:18mais juste avant l'Aribosman,
09:19donc c'était un événement de voir ces joueurs français
09:21qui brillaient un peu par parcimonie dans les grands clubs étrangers.
09:24Après cet Arribosman-là,
09:26on regardait l'équipe du dimanche parce qu'il y avait énormément de francs.
09:28– Bien sûr, mais en tant que joueur,
09:31Vicache Doraso par exemple,
09:33– Je suis en plein dedans,
09:34– Moi je n'en ai pas bénéficié en tant que jeune joueur,
09:38puisque j'ai été contraint de signer
09:40dans mon club formateur à la charte,
09:42donc 1000 francs à l'époque,
09:43quand je vois les salaires des joueurs aujourd'hui,
09:45donc j'ai été obligé de prolonger,
09:47– Tout ça faisait 150 euros pour vous dire,
09:49et avec l'inflation je veux bien, mais c'était pas vous.
09:51– Et toute ma génération,
09:53Viera, Makelele, Wilter,
09:55on part tous très tard de nos clubs à 22-23 ans,
09:58après les espoirs,
10:00avec pareil, des salaires qui n'étaient pas ceux de Cherki,
10:04quand on voit Cherki aujourd'hui à 17-18 ans,
10:06parce qu'on négociait nos contrats
10:07avec une concurrence qui arrivait de l'extérieur,
10:09que ce soit les clubs français ou les clubs étrangers,
10:12donc moi j'aurais bien aimé que l'arrivée au Spam n'arrive en 92,
10:15vous voyez, ça m'aurait bien arrangé.
10:18– Vous ne seriez pas obligé de faire des jeux comme le suivant ?
10:20– Et puis après j'en ai bénéficié aussi évidemment
10:22quand je suis parté de Lyon au Milan où j'étais libre,
10:25il n'y avait pas d'indemnité de transfert.
10:27– Non mais ça ne paraît pas dingue quand on revoit avec Romain,
10:29bon les trois joueurs étrangers dans une équipe déjà,
10:31pourquoi pas, mais le côté payer une indemnité de transfert
10:34en fin de contrat, ça paraît dingue aujourd'hui.
10:36– Mais la Champions League aussi a changé, le format a changé,
10:38qui fait aussi que peut-être six pays gagnent la Ligue des Champions,
10:41c'était peut-être…
10:42– Oui, il y a un tout.
10:43– Il y a tout un tout, il y a tout qui se mélange.
10:45– Non mais par exemple les clubs néerlandais ou portugais
10:47c'est devenu beaucoup plus dur pour eux alors qu'à une époque…
10:49– Mais ça a créé aussi certainement problème d'attachement,
10:52les jeunes partent très vite alors qu'avant ils étaient liés à leur club,
10:55ils restaient là, ils étaient attachés à leur club,
10:57ils se sont construits aussi une identité, il y a plein de choses.
10:59– Non mais les jeunes n'avaient pas forcément des agents,
11:01vous aviez un agent vous quand vous étiez tout gamin ?
11:03– On n'avait pas le téléphone portable déjà.
11:04– Non mais je fais exprès…
11:06– J'ai eu un agent à 23 ans.
11:08– Ben voilà, il faut expliquer à tous ceux qui ont là,
11:09parce qu'ils peuvent se dire mais attends,
11:10mais ils gagnaient ça mais peut-être qu'ils auraient pu négocier,
11:12mais non, vous ne pourriez pas appeler, il fallait prendre un rendez-vous
11:15et quand vous étiez en retard, vous étiez en retard, je le dis,
11:18parce que ça fait partie aussi des aléas.
11:19– Donc ça a été un vrai changement,
11:21puis après la possibilité de partir, il y a des plus d'argent.
11:23– Graham Kelly a dit, Ludo,
11:25la limitation du nombre de joueurs étrangers a jusqu'à présent
11:27empêché la domination d'un tout petit nombre de grands clubs.
11:30– On est en plein dedans, aujourd'hui, on ne sait pas qui va gagner avec des champions,
11:34mais parmi, je vais voir très large, 12 équipes, on sait.
11:39Je vois très large.
11:39– Non mais il y a un côté…
11:42– Est-ce qu'on ne rêve pas sur cet ému avant quand on dit ça ?
11:45Ou est-ce qu'il n'y avait vraiment que plus de possibilités ?
11:49Le GTOA avait gagné en 86 ?
11:51– Oui, non, c'était un autre football et moi je suis aussi nostalgique de ce football-là,
11:57parce que passer de trois qui étaient trop peu à illimiter,
12:00pour moi, il y a un côté déraisonnable qui a complètement changé la face du football.
12:05– Oui, mais vous étiez un travailleur comme un autre, dans ce cas-là, je vous relance.
12:07– C'est la libération, c'est Schengen, en fait.
12:09– Non mais, vous êtes un travailleur européen comme les autres.
12:12– C'est un travailleur européen qui a plus de droits que l'employeur,
12:16donc ça c'est quand même assez marrant aussi,
12:17parce que dans les clubs, on est sûrement le seul corps de métier au monde
12:21où les salariés sont presque plus forts que les employeurs.
12:24Donc, moi je pense qu'il faudrait déjà reverser,
12:27parce que quand je vois M. Bossman, qu'on a rencontré il n'y a pas très longtemps,
12:31qui est une personne adorable, mais qui lui a beaucoup souffert de tout ça,
12:34et on lui doit beaucoup, je pense qu'il devrait toucher 0,0001% à chaque transfert qui se fait aujourd'hui,
12:41parce qu'on lui doit beaucoup, mais en même temps, je trouve que c'est parti,
12:47moi j'ai joué dans des championnats où il y avait une limite d'étrangers,
12:52où il y avait les droits à 6, 7, 8 étrangers,
12:55donc tu pouvais importer des gens, c'est-à-dire des personnes,
12:58qui t'amenaient justement ce côté spectaculaire, ce côté nouveau,
13:01et puis tu gardais quand même une marque un tout petit peu identitaire,
13:04avec des joueurs du cru, des français, des machins.
13:07Moi j'aime cet équilibre-là.
13:08– Oui mais regardez, on a retrouvé le moyen, on n'a pas de pognon,
13:11donc on a des français.
13:12– Regardez, en Angleterre, il n'y a pas de pognon, il n'y a pas un anglais.
13:16– Et puis je trouve que ça dérègle les gamins aussi, c'est-à-dire que…
13:20– Franchement, je vous trouve un peu dur, Ludo.
13:21– Non mais regardez, en Ligue, il y a énormément d'Espagnols,
13:23il vient de le dire, Romain.
13:24– En Italie, regardez le niveau de la sélection italienne aujourd'hui,
13:27parce qu'il y a énormément d'étrangers qui…
13:29– C'est l'inverse.
13:30– L'Angleterre a eu le même problème, il y a des exemples et des contre-exemples.
13:32– Non mais je trouve que ça a déréglé tout le système des gamins
13:37et du football en général, c'est-à-dire que là où l'expérience payait,
13:40c'est devenu maintenant le joueur qui n'a même pas fait un match en pro,
13:42il vaut déjà 10 millions d'euros sur le marché des transferts.
13:45– Ludo, la nature a horreur du vide, des agents de l'espace,
13:48ils ont vu l'argent et ils sont allés.
13:49– On est passé dans un excès inverse.
13:51– Bien sûr.
13:52– Ce qui est fou, et tout à l'heure, Romain a montré les salaires
13:55qui avaient explosé, les montants des transferts,
13:57ils ont complètement explosé avec cet arrêt Bosman.
14:00403 millions d'euros, c'était le montant de l'ensemble des transferts
14:02du top 5 européen lors de la saison 94-95.
14:05Vous prenez le mercato de Liverpool cette saison, c'est 400,
14:09c'est quasiment la même chose, même plus,
14:11c'est 483 millions d'euros pour Isaac, Wirtz et Kitiké,
14:15Kerkès ou encore Frimpong.
14:17Oui, c'est complètement dingue l'explosion aussi du montant des transferts.
14:20– Et vous disiez, Greg, en préambule,
14:22que cet arrêt avait brisé la carrière, on peut dire ça je pense,
14:26de Jean-Marc Bosman.
14:27Il ne s'est pas senti beaucoup soutenu par les gens du milieu,
14:31du monde du football à cette époque-là,
14:34mais quand même, il y a des gens qui lui ont tendu la main
14:37et il nous a confié avoir été en contact avec Véronique Rabiot,
14:41la mère d'Adrien Rabiot, qui l'a appelé un soir pour l'aider financièrement.
14:45– Il m'a dit, voilà, je suis la maman d'Adrien Rabiot,
14:49il joue au PSG, il est le numéro 25,
14:51il m'a bien de vous verser de l'argent sur votre compte, quoi.
14:53Je lui ai dit, madame, je ne comprends pas bien.
14:56Si, si, qu'elle dit, on veut, vous témoignez la reconnaissance,
14:59on sait que vous avez été dans des losses de tout ça quand vous étiez joueur.
15:03À cette époque-là, il m'a versé une somme d'argent.
15:05Contrairement à l'image qu'on lui donnait, etc.,
15:07c'était une femme très gentille, très chaleureuse
15:09et franchement, ça m'a touché au cœur.
15:12– Donc Jean-Marc Bosman qui salue la gentillesse,
15:14la générosité de Véronique Rabiot
15:16qui lui a donné 20 000 euros tout de même.
15:19– Alors, c'est vrai que ça me fait penser à ça,
15:21c'est qu'Adrien Rabiot, c'est le roi des transferts libres.
15:24– C'est peut-être pour ça qu'il s'est senti très fort.
15:28– Ça vous avait fait rire, mais en fait, c'était pas une point d'éronomie,
15:30mais aujourd'hui, vous avez remarqué,
15:32toutes les plus grandes stars, aujourd'hui, guettent les fins de contrat,
15:35négocient, prennent des primes à la signature.
15:36Voilà, ça engendrait tout ça, évidemment.
15:38– Mais moi, je trouve ça très bien de la part de Mme Rabiot.
15:42– C'est très classe, oui.
15:43– Charlotte, vous êtes trop jeune, évidemment.
15:45– J'avais même pas un an.
15:46– Calme-toi.
15:48– Mais aujourd'hui, est-ce que c'est quelque chose qui vous intrigue,
15:53ce football d'avant, quand vous voyez qu'il y avait trois étrangers ?
15:55Moi, c'est ce regard-là d'une joueuse pro qui n'a pas connu,
15:58alors que là, j'ai mes grognards.
16:00Moi, j'avais déjà 20 ans, donc 19 ans.
16:03– On voit un peu le choc des extrêmes,
16:05donc j'étais ravie de pouvoir vous entendre avec vos expériences.
16:09Mais là où je rejoins mon acolyte,
16:14le fait qu'il y ait des joueurs qu'on ne connaît pas,
16:20ni d'Adam ni d'Eve,
16:21et des jeunes joueurs qui aient des transferts à 45 millions.
16:24Moi, j'ai un exemple avec Luzianov à Lens, fondamental,
16:27et qu'il n'a rien fait du tout.
16:29Il a fait un an et demi au RC Lens,
16:31qu'il arrive à City pour 45 millions.
16:33En fait, c'est démentiel.
16:35Donc, toutes les révolutions sont bonnes,
16:38mais il y a beaucoup de dérives,
16:39notamment dans le football.
16:41Donc, moi, j'ai un regard où je suis admiratif
16:43de ces anciens joueurs de Vicache,
16:45qui ont autant galéré,
16:48qui gagnent moins que moi, du coup,
16:51parce que là, il nous a fait croire qu'il a galéré.
16:54Je vous rappelle qu'il a signé à Milan,
16:56au PSG, à Lyon, aux Coupes d'Europe,
16:58puis il était en international.
16:59Non, mais à 23 ans,
17:01il a commencé à gagner sa vie à 23 ans,
17:06alors qu'il y en a à 15, 16 ans,
17:08il gagnait le quadruple de toi.
17:10Mais en même temps, il vous manque quand même 10 ans
17:12pour être complètement peinard.
17:13Mais ça, vous allez devenir un entraîneur de grand renom.
17:15Mais non, mais il est devenu ce qu'il est devenu
17:17parce qu'il a fait sa formation et qu'il est resté au Royaume.
17:19Vous avez raison.
17:19C'est un débat qui pourrait durer longtemps,
17:21et on va parler justement d'un jeune joueur
17:22que vous avez cité, c'est Cherki dans un instant.
17:25Comment Cherki a déjà changé de dimension
17:26en Première Ligue ?
17:27Merci Romain.
17:28Bonjour Romain.
17:29Le footoir, le baromètre de la Ligue,
17:30le petit filet, à tout de suite.
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