- il y a 2 mois
Retrouvez le replay de la chronique Pourquoi ? de l'Équipe de Greg du 15/12/2025.
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SportTranscription
00:00Bonsoir Romain, alors j'allais jusqu'au bout, un good evening Romain.
00:06Bonsoir Greg.
00:07Bonsoir.
00:07Je n'ai pas le roulé.
00:08Je n'ai pas certain de vous voir Romain aujourd'hui.
00:10J'ai vu Monaco hier, je me suis dit.
00:12Je ne vois pas de quoi vous parler.
00:13J'en suis désolé.
00:13Mais ralentissez-nous Ludo, vous n'en faites pas, tout va bien.
00:16On fête un anniversaire aujourd'hui.
00:18Bravo !
00:18Vous ne le faites pas.
00:19Merci beaucoup.
00:20On fête un anniversaire importantissime dans l'histoire du football, celui de l'arrêt Bosman.
00:26C'était il y a 30 ans, donc le 15 décembre 1995.
00:28Et pour vous prouver que c'est quelque chose de majeur, regardez, on en parle partout aujourd'hui.
00:34Et même dans le monde entier, As et Marca en Espagne, évidemment.
00:38La Gazzetta dello Sport en Italie, Kicker en Allemagne, Le Guardian en Angleterre.
00:42Alors ça, c'est pour l'Europe.
00:43Mais pas seulement donc, parce qu'en Argentine aussi, avec La Nation.
00:46Et même un média chinois, alors que ce n'est quand même pas le sport national là-bas.
00:50Et bien sûr, dans l'équipe du jour, avec une interview de Jean-Marc Bosman, le principal intéressé.
00:54Donc nous, on va tout vous réexpliquer.
00:56Pour les plus jeunes qui ne savent pas de quoi on parle.
00:58Et pour les plus vieux qui ont besoin qu'on leur rafraîchisse un petit peu la mémoire.
01:02Donc, 30 ans de l'arrêt Bosman.
01:04Pourquoi le football a changé à tout jamais ?
01:06Vraiment, on n'en fait pas des tonnes.
01:08On parle d'une révolution du football ce 15 décembre 1995.
01:12Oui, non mais vraiment.
01:13Alors, on va expliquer déjà l'affaire.
01:14Est-ce que ça désigne cet arrêt qui est une décision de justice, Bosman ?
01:18Tout commence en 1990.
01:20Jean-Marc Bosman est un joueur de football belge qui évolue au RFC Liège.
01:25Les dirigeants lui proposent un nouveau contrat avec une réduction de salaire de 75%.
01:29Il refuse.
01:31En fait, il veut s'engager à Dunkerque.
01:32Sauf que le club belge ne veut pas qu'il parte et exige une indemnité de transfert au club nordiste.
01:37Bosman attaque alors en justice le RFC Liège.
01:40Il remet en cause le système des transferts.
01:42Et cinq ans plus tard, après une très longue bataille, la justice lui donne raison.
01:47Donc, à l'arrivée, l'arrêt Bosman, c'est une décision de la Cour de justice de la communauté européenne,
01:53rendue le 15 décembre 1995, relative au sport professionnel,
01:56mettant fin au quota de joueurs étrangers dans les clubs européens
01:59au nom du principe fondamental de libre circulation des personnes et des travailleurs,
02:04garantie par l'Union européenne.
02:06Alors concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?
02:08Avant cet arrêt, les clubs ne pouvaient aligner que trois joueurs étrangers
02:11et pouvaient réclamer une indemnité de transfert même si le joueur arrivait en fin de contrat.
02:16Eh bien, après l'arrêt, c'est terminé.
02:18Il n'y a plus de limites pour les joueurs européens et plus d'indemnités en fin de contrat.
02:22Ça change absolument tout.
02:24Et le principal intérêt, c'est justement Jean-Marc Bosman.
02:27On l'a joué au téléphone aujourd'hui.
02:28Et pour lui, cet arrêt, c'est tout simplement une très bonne chose.
02:31Quand je regarde le monde du foot, on avait dit après l'arrêt,
02:36juste après l'arrêt, on avait dit que j'avais tué le football.
02:39Moi, je ne pense pas.
02:40Je pense que je l'ai agrandi, élargi et qu'il est mondial, archi mondial même.
02:47Alors évidemment, quand il y a des gros changements, forcément, ça amène des réticences et des critiques.
02:51Dans l'équipe du 16 décembre 1995, on a trouvé deux réactions en marge de l'article qui traite du sujet.
02:57Franz Beckenbauer, président du Bayern Munich à l'époque.
02:59Le football allemand souffrira de nouveaux textes remplaçant les clauses actuelles.
03:03Ce sont les joueurs étrangers de deuxième ou troisième classe qui viendront en Allemagne.
03:07Et finalement, ces joueurs, nous les avons déjà.
03:09Et un autre homme, c'est Graham Kelly, directeur exécutif de la Fédération anglaise.
03:13Notre crainte est que les petits clubs souffrent.
03:14La limitation du nombre de joueurs étrangers a jusqu'à présent empêché la domination d'un tout petit nombre de grands clubs.
03:20Elle a aussi permis l'épanouissement des équipes nationales.
03:23Allons-nous voir des clubs sans un seul joueur britannique ?
03:26Il y en a, c'est des visionnaires.
03:28Je vais vous dire, là, Graham Kelly, c'était bon de A à Z.
03:32Et effectivement, les conséquences ont été énormes.
03:34Et il faut bien le dire, Romain, assez rapide.
03:36Oui, exactement.
03:37Parce que comme on l'a dit, les clubs étaient désormais libres de recruter autant de joueurs européens qu'ils le voulaient.
03:42Donc les transferts ont commencé à se multiplier.
03:45Les montants ont augmenté là aussi jusqu'à ce qu'on connaît aujourd'hui, tout simplement.
03:49Regardez par exemple le nombre de joueurs étrangers par division dans les cinq grands championnats européens.
03:54Entre 95, 96 et aujourd'hui, ça a explosé évidemment de deux fois plus en Ligue A à six fois plus en Serie A.
04:01Pour le plus grand plaisir forcément des athlètes, selon Jean-Marc Bossman.
04:04C'est une magnifique évolution pour les joueurs qui ont pu partir dans tous ces grands clubs.
04:11Tout a, je veux dire, à cette époque-là, tout a littéralement flambé.
04:16Les droits télévisuels ont largement augmenté.
04:18Les contrats des joueurs, etc.
04:20Donc ça a fait tout bénéfice pour tout le monde.
04:22Le monde du football, en général.
04:24Il l'a dit, les contrats ont augmenté.
04:26Et pas qu'un peu, bien évidemment.
04:27On sait quels sont les salaires aujourd'hui des footballeurs.
04:29L'arrêt Bossman, en fait, a créé un immense marché, presque complètement dérégulé.
04:34Donc les clubs offrent des salaires de plus en plus importants pour convaincre les joueurs.
04:39On a pris par exemple le joueur le mieux payé de l'OM, vainqueur de la Ligue des Champions en 93.
04:42C'était Didier Deschamps, 1,5 million d'euros par an.
04:45On a comparé avec Ousmane Dembélé, le mieux payé du PSG en 2025, 1,5 million d'euros par mois.
04:51Selon l'équipe, c'est quand même pas tout à fait la même chose.
04:53On a interrogé un agent, Bruno Satin.
04:55Il exerçait déjà au moment de l'arrêt Bossman.
04:58Et en fait, il explique que les joueurs se sont retrouvés en position de force.
05:02Aussi, il y en a un certain nombre qui restent sur la route.
05:05Et on le voit bien, dans la mesure où, ne serait-ce qu'en France,
05:09avant, la carrière moyenne des joueurs était entre 8 et 10 ans.
05:13Et aujourd'hui, la carrière moyenne d'un joueur professionnel, je crois que c'est 6 ans.
05:16Donc ça montre bien que le fait d'être libre et de pouvoir circuler n'est pas toujours la panacée.
05:22Alors, l'arrêt Bossman a donc créé le football et le marché, finalement, des transferts qu'on connaît aujourd'hui.
05:28Mais est-ce que ça veut dire qu'il n'a créé que du positif ?
05:31Eh bien, en fait, c'est la question, évidemment.
05:33C'est le débat qu'on aura probablement juste après cette chronique.
05:37Globalement, le pouvoir a été rendu aux joueurs face au club, un petit peu comme un salarié face à son entreprise.
05:42Donc ça, ça a l'air positif.
05:43Mais il y a aussi des défauts à évoquer.
05:45Déjà, il y a ceux qui estiment qu'il y a trop d'argent, que les salaires des joueurs sont trop élevés,
05:49et que les montants des transferts sont indécents.
05:51Et puis, en termes de sportifs, ça a renforcé la domination des plus gros clubs, avec le plus de moyens.
05:55Avant l'arrêt Bossman, des équipes de 10 pays différents avaient remporté la C1,
05:59y compris des formations roumaines ou écossaises, par exemple.
06:02Et puis, après l'arrêt Bossman, on tombe à 6, les plus grands pays du foot, tout simplement.
06:06Et puis, certains supporters parlent aussi souvent d'identification aux joueurs qui composent les équipes qu'ils supportent,
06:12avec une part énorme d'étrangers.
06:14Eh bien, on a comparé les deux onces de départ des équipes françaises qui ont gagné la Ligue des Champions.
06:178 joueurs français cotés OM en 1993.
06:20De toute façon, ils ne pouvaient pas y en avoir moins.
06:22Et seulement 2 tricolores titulaires avec le PSG cette année.
06:25Jean-Marc Bossman, lui, il estime que ça permet aux fans de rêver.
06:29Peut-être qu'il y a des supporters qui disent qu'on ne se retrouve plus dans notre...
06:33Mais nous sommes comme dans un monde multiculturel.
06:36Je crois qu'on avance quand même, finalement, dans la vie de tous les jours.
06:41Donc, quelque part, peut-être que ces supporters-là qui ont vu des perles de joueurs venir de l'étranger, etc.,
06:50je crois que ça ne le dérangeait pas.
06:51Un des problèmes qu'il y a aussi, c'est que certains joueurs se retrouvent un petit peu sur le carreau.
06:56Peut-être ceux qui ne font pas partie des tout meilleurs.
06:58Les carrières durent moins longtemps.
06:59C'est ce que nous a dit Bruno Satin juste avant.
07:02En fait, cet arrêt Bossman, globalement, il est beaucoup dans l'air du temps.
07:04C'est la mondialisation du football, pour le meilleur et pour le pire.
07:08Un petit peu à l'image de la société.
07:09En tout cas, Jean-Marc Bossman, il y est pour beaucoup sur ce qu'est le football aujourd'hui.
07:13Et en fait, il a eu une influence sur ce sport quasiment aussi importante
07:16que n'importe quel joueur, entraîneur ou dirigeant.
07:18Merci beaucoup, Romain Aran.
07:20Merci à Arthur-Jérôme Mathis-Bautier qui vous ont aidé dans cette formidable enquête.
07:24Vous voulez montrer un livre ?
07:24Absolument.
07:25Il faut que je montre le livre, justement, de Jean-Marc Bossman,
07:27qui est sorti il y a à peu près un mois, si ça vous intéresse sur le sujet.
07:30C'est aux éditions Solar.
07:32Et donc, il y a tout son témoignage dedans.
07:33Et voilà, c'est super intéressant.
07:34Absolument.
07:35Jean-Marc Bossman, mon combat pour la liberté.
07:37Petite préface de Marcel Desailles, qui en a bénéficié.
07:39Il y a beaucoup de choses.
07:40Je pouvais comprendre, quand on en a parlé ce matin,
07:42est-ce que ça va pas être un peu trop rébarbatif ?
07:44Est-ce que ça va pas être un peu trop technique ?
07:46Mais, en fait, je crois que c'est un anniversaire
07:48qui a vraiment chamboulé, quand même, le monde du foot.
07:52Quand nous, on a grandi, par exemple, pour tout vous dévoiler,
07:55on regardait le Milan, il y avait les trois néerlandais magiques,
07:58Van Basten, Gullit, Raikard.
07:59Et puis, ça a été là.
08:00Et vous aviez les meilleurs.
08:01Et puis, après, vous aviez les défenseurs italiens.
08:03Je prends cet exemple-là, parce que pour moi,
08:04c'est peut-être le plus frappant des années 90.
08:07Et depuis, tout a été chamboulé.
08:10Ça paraît complètement dingue, aujourd'hui.
08:12On a vu ce changement-là, en fait.
08:14On l'a vécu, puisqu'on avait une dizaine d'années
08:15ou un peu plus, pour certains.
08:18Et la rupture, le changement a été...
08:20Moi, j'avais une dizaine d'années.
08:21Le changement s'est opéré tout de suite après.
08:24C'est-à-dire que, vraiment, 95...
08:26Tout de suite.
08:27Zidane part à la Juve.
08:28Moi, je prends l'exemple de Zidane,
08:29mais Zidane part à la Juve en 96.
08:32Deschamps, la Juve.
08:33Milan pour De Sailly, un tout petit peu avant.
08:35Mais toute cette génération de l'équipe de France.
08:37Prenons l'équipe de France 98, effectivement.
08:39On gagne grâce à ça ou pas ?
08:40Moi, je pense, oui.
08:41Je pense que...
08:42Et d'ailleurs, on avait loué ces qualités-là
08:43à l'époque des Français,
08:45qui sont allés dans des clubs qui gagnaient déjà.
08:46Qui ont appris au contact d'autres entraîneurs,
08:49qui ont appris au contact de grands joueurs.
08:51Et l'équipe type de l'équipe de France,
08:53à part Guy Varche,
08:54lors de la finale de la Coupe du Monde,
08:55mais ils jouent tous dans les plus grands clubs.
08:57Rappelez-vous de l'équipe du dimanche sur Canal.
09:00Quand on les voyait, les joueurs, au début,
09:02ils étaient très peu au début du générique.
09:04On rêvait.
09:04Il y avait un ou deux joueurs à l'étranger.
09:05Et puis après, c'est devenu, en générique,
09:07qu'ils en avaient une trentaine.
09:08Souvenez-vous, c'était un événement considérable
09:10de voir un joueur français briller dans un club étranger.
09:12Cantona avec Manchester.
09:14Et bien sûr.
09:14Papa avec la Céline-Land.
09:15C'était même avant.
09:16Chinola quand il part aussi.
09:18Mais juste avant l'Aribosman.
09:19Donc c'était un événement de voir ces joueurs français
09:21qui brillaient un peu par parcimonie
09:23dans les grands clubs étrangers.
09:24Après cet Aribosman-là,
09:26on regardait l'équipe du dimanche
09:27parce qu'il y avait énormément de Français dans ces clubs-là.
09:29Bien sûr.
09:30Mais en tant que joueur,
09:31Vicache Dorasso, par exemple...
09:32Je suis en plein dedans.
09:34Oui.
09:35Moi, je n'en ai pas bénéficié en tant que jeune joueur
09:38puisque j'ai été contraint de signer
09:40dans mon club formateur à la charte.
09:42Donc 1000 francs à l'époque
09:43quand je vois les salaires des joueurs aujourd'hui.
09:45Donc j'ai été obligé de prolonger.
09:47Tout ça faisait 150 euros pour vous dire.
09:49Avec l'inflation, je veux bien, mais ce n'était pas beaucoup.
09:51Et toute ma génération,
09:52Vieira, Makelele, Wilter,
09:55on part tous très tard de nos clubs
09:57à 22-23 ans après les espoirs
09:59avec, pareil, des salaires
10:02qui n'étaient pas ceux de Cherki
10:03quand on voit Cherki aujourd'hui à 17-18 ans
10:05parce qu'on négociait nos contrats
10:07avec une concurrence qui arrivait de l'extérieur
10:09que ce soit les clubs français
10:10ou les clubs étrangers.
10:12Donc moi, j'aurais bien aimé
10:13que l'arrêt Bospam n'arrive en 92.
10:16Ça m'aurait bien arrangé.
10:18Vous ne seriez pas obligé
10:19de faire des jeux comme le suivant.
10:20Et puis après, j'en ai bénéficié aussi,
10:22évidemment, quand je suis parté de Lyon au Milan
10:24où j'étais libre.
10:25Il n'y avait pas d'amitié.
10:27Ça ne paraît pas dingue
10:28quand on revoit avec Romain.
10:29Bon, les trois joueurs étrangers
10:30dans une équipe, déjà,
10:31pourquoi pas ?
10:32Mais le côté payer une année
10:33de mise et de transfert
10:34en fin de contrat,
10:35ça paraît dingue aujourd'hui.
10:36La Champions League aussi a changé.
10:37Le format a changé.
10:3892-93.
10:39Il fait aussi que peut-être
10:40six pays gagnent la Ligue des Champions.
10:41C'était peut-être...
10:42Oui, il y a un tout.
10:43Il y a tout un tout.
10:44Il y a tout qui se mélange.
10:45Par exemple, les clubs néerlandais
10:46ou portugais,
10:47c'est devenu beaucoup plus dur pour eux
10:48alors qu'à une époque...
10:49Mais ça a créé aussi, certainement,
10:51problème d'attachement.
10:52Les jeunes partent très vite
10:54alors qu'avant,
10:54ils étaient liés à leur club,
10:55ils restaient là,
10:56ils étaient attachés à leur club.
10:57Ils sont construits aussi...
10:58Ils ont cité,
10:59il y a plein de choses...
10:59Oui, mais les jeunes
11:00n'avaient pas forcément des agents.
11:01Vous aviez un agent, vous,
11:01quand vous étiez tout gamin ?
11:02On n'avait pas le téléphone portable, déjà.
11:04Ben voilà.
11:05J'ai eu un agent à 23 ans.
11:08Ben voilà, il faut expliquer
11:09à tous ceux qui sont là
11:09parce qu'ils peuvent se dire
11:10mais attends, mais ils gagnaient ça,
11:11mais peut-être qu'ils auraient pu négocier.
11:12Mais non, vous ne pourriez pas appeler,
11:14il fallait prendre un rendez-vous.
11:15Et quand vous étiez en retard,
11:16vous étiez en retard, je le dis.
11:17Oui, ça fait partie aussi des Alléas.
11:19Donc ça a été un vrai changement
11:21puis après, la possibilité de partir
11:22gagner plus d'argent, oui.
11:23Graham Kelly a dit, Ludo,
11:25la limitation du nombre de joueurs étrangers
11:27a jusqu'à présent empêché la domination
11:28d'un tout petit nombre de grands clubs.
11:30On est en plein dedans.
11:31Aujourd'hui, on ne sait pas
11:32qui va gagner avec des champions
11:33mais parmi...
11:36Je vais voir très large.
11:3712 équipes, on sait.
11:39Je vois très large.
11:40Non, mais il y a un côté...
11:42Est-ce qu'on ne rêve pas
11:44sur cet ému avant quand on dit ça ?
11:45Ou est-ce qu'il n'y avait vraiment que...
11:47Plus de possibilités ?
11:49Le JTUA avait gagné en 1986.
11:50Oui, non, c'était un autre football.
11:52Et moi, je suis aussi...
11:54Ils l'ont gagné après.
11:54Je suis aussi nostalgique de ce football-là
11:57parce que passer de trois
11:58qui étaient trop peu à illimiter,
12:00pour moi, il y a un côté déraisonnable
12:03qui a complètement changé la face du football.
12:05Oui, mais vous étiez un travailleur comme un autre.
12:06Dans ce cas-là, je vous relance.
12:07C'est la libération.
12:08C'est Schengen, en fait.
12:09Non, mais...
12:10Et puis, vous êtes un travailleur européen
12:12comme les autres.
12:12C'est la loi.
12:13C'est un travailleur européen
12:14qui a plus de droits que l'employeur.
12:16Donc, ça, c'est quand même assez marrant aussi
12:17parce que dans les clubs,
12:19on est sûrement le seul corps de métier au monde
12:21où les salariés sont presque plus forts
12:22que les employeurs.
12:24Donc, moi, je pense qu'il faudrait déjà reverser...
12:27Rêvez pas, pas ici.
12:27Parce que quand je vois M. Bossman
12:30qu'on a rencontré il n'y a pas très longtemps,
12:31qui est une personne adorable,
12:32mais qui, lui, a beaucoup souffert de tout ça.
12:34Et on lui doit beaucoup.
12:36Je pense qu'il devrait toucher 0,0001%
12:39à chaque transfert qui se fait aujourd'hui.
12:41Oui, parce qu'on lui doit beaucoup.
12:44Mais en même temps, je trouve que c'est parti...
12:48Moi, j'ai joué dans des championnats
12:50où il y avait une limite d'étrangers,
12:52où il y avait les droits à 6, 7 ou 8 étrangers.
12:55Donc, tu pouvais importer des gens,
12:57c'est-à-dire des personnes
12:58qui t'amenaient justement ce côté spectaculaire,
13:00ce côté nouveau.
13:01Et puis, tu gardais quand même une marque
13:03un tout petit peu identitaire
13:04avec des joueurs du cru, des Français, des machins.
13:06Moi, j'aime cet équilibre-là.
13:08Là, je trouve que c'est totalement déséquilibre.
13:10On a retrouvé le moyen, on n'a pas de pognon.
13:11Donc, on a des Français.
13:12Regardez, en Angleterre, il n'y a pas de pognon,
13:14il n'y a pas un Anglais.
13:16Et puis, je trouve que ça dérègle les gamins aussi.
13:19Franchement, je vous trouve un peu dur, Ludo.
13:21Non, mais on n'en parle.
13:21Non, mais regardez, en Liga,
13:22il y a énormément d'Espagnols,
13:23il vient de le dire, Romain.
13:24En Italie, regardez le niveau
13:26de la sélection italienne aujourd'hui
13:27parce qu'il y a énormément d'étrangers.
13:29C'est l'inverse.
13:30Mais l'Angleterre a eu le même problème.
13:31Il y a des exemples et des contre-exemples.
13:32Non, mais Franchement, voilà.
13:33Je trouve que ça a déréglé
13:34dans le top 5.
13:35En fait, ça a déréglé tout le système
13:36des gamins et du football en général.
13:38C'est-à-dire que là où l'expérience payait,
13:40c'est devenu maintenant le joueur
13:41qui n'a même pas fait un match en pro.
13:43Il vaut déjà 10 millions d'euros
13:44sur le match et les transferts.
13:45Ludo, la même heure horreur du vide.
13:47Des agents voulaient face,
13:48ils ont vu l'argent et ils sont allés.
13:48On est passé dans un excès inverse.
13:51Bien sûr.
13:52Ce qui est fou, et tout à l'heure,
13:54Romain a montré les salaires
13:55qui avaient explosé,
13:56les montants des transferts.
13:57Ils ont complètement explosé
13:58avec cet arrêt Bossman.
14:00403 millions d'euros,
14:01c'était le montant
14:01de l'ensemble des transferts
14:02du top 5 européen
14:03lors de la saison 94-95.
14:05Vous prenez le mercato de Liverpool
14:07cette saison,
14:08c'est 400,
14:09c'est quasiment la même chose,
14:10même plus,
14:11c'est 483 millions d'euros
14:13pour Isaac, Wirtz,
14:15et Kitikey,
14:15Kerkès ou encore Frimpong.
14:17C'est complètement dingue
14:18l'explosion aussi
14:19du montant des transferts.
14:20Et vous disiez, Greg,
14:21en préambule,
14:22que cet arrêt avait brisé
14:23la carrière,
14:24on peut dire ça,
14:25je pense,
14:26de Jean-Marc Bossman.
14:27Il ne s'est pas senti
14:28beaucoup soutenu
14:30par les gens du milieu,
14:31du monde du football
14:32à cette époque-là.
14:34Mais quand même,
14:34il y a des gens
14:35qui lui ont tendu la main
14:37et il nous a confié
14:38avoir été en contact
14:40avec Véronique Rabiot,
14:41la mère d'Adrien Rabiot,
14:42qui l'a appelée un soir
14:44pour l'aider financièrement.
14:46Il m'a dit,
14:47voilà,
14:47je suis la maman d'Adrien Rabiot,
14:49il joue au PSG,
14:49il est le numéro 25,
14:51il m'a bien vous versé
14:51de l'argent sur votre compte.
14:52Je lui avais dit,
14:54madame,
14:55je ne comprends pas bien.
14:56Si, si,
14:56qu'il y a 10 jours,
14:57on veut témoigner
14:58la reconnaissance,
14:59on sait que vous avez été
15:00dans des losses
15:00de tout ça
15:01quand vous étiez joueur.
15:03À cette époque-là,
15:03c'est une somme d'argent.
15:05Contrairement à l'image
15:06qu'on lui donnait,
15:06c'était une femme
15:07très gentille,
15:08très chaleureuse
15:09et franchement,
15:10ça m'a touché au cœur.
15:11Jean-Marc Bosman
15:13qui salue la gentillesse,
15:14la générosité
15:15de Véronique Rabiot
15:16qui lui a donné
15:1720 000 euros
15:18tout de même.
15:19Alors,
15:19c'est vrai que ça me fait penser
15:21à ça,
15:21c'est qu'Adrien Rabiot
15:22c'est le roi des transferts libres.
15:25C'est peut-être pour ça
15:27qu'il s'est senti
15:27retenu.
15:27Ça vous avait fait rire,
15:28mais en fait,
15:29c'était pas une point d'éronique,
15:30mais aujourd'hui,
15:31vous avez remarqué,
15:32toutes les plus grandes stars
15:33aujourd'hui guettent
15:34les fins de contrat,
15:35négocient,
15:35prennent des primes
15:36à la signature.
15:36Ça a engendré tout ça,
15:38évidemment.
15:39Moi,
15:39je trouve ça très bien
15:40de la part de Mme Rabiot.
15:41C'est très classe.
15:43Charlotte,
15:43vous êtes trop jeune,
15:45évidemment.
15:45J'avais même pas un an.
15:46Calme-toi.
15:48Mais aujourd'hui,
15:50est-ce que c'est quelque chose
15:51qui vous intrigue,
15:53ce football d'avant
15:54quand vous voyez
15:54qu'il y avait trois étrangers ?
15:55Moi, c'est ce regard-là
15:56d'une joueuse pro
15:57qui n'a pas connu,
15:58alors que là,
15:59j'ai mes grognards.
16:00Moi, j'avais déjà 20 ans.
16:0219 ans.
16:03On voit un peu
16:03le choc des extrêmes,
16:05donc j'étais ravie
16:06de pouvoir vous entendre
16:07avec vos expériences.
16:09Mais là où je rejoins
16:11mon acolyte,
16:14le fait qu'il y ait des...
16:15Non, je sais.
16:17Le fait qu'il y ait des joueurs
16:19qu'on ne connaît pas,
16:20ni d'Adam, ni d'Eve,
16:21et des jeunes joueurs
16:22qui aient des transferts
16:23à 45 millions.
16:24Moi, j'ai un exemple
16:25avec Luzianov à Lens,
16:26fondamental,
16:27qu'il n'a rien fait du tout.
16:28Il a fait un an et demi
16:29au RC Lens
16:31qu'il arrive à City
16:32pour 45 millions.
16:33En fait, c'est démentiel.
16:35Toutes les révolutions
16:37sont bonnes,
16:38mais il y a beaucoup
16:38de dérives,
16:39notamment dans le football.
16:41Donc moi, j'ai un regard
16:42où je suis admiratif
16:43de ces anciens joueurs
16:44de Vicache
16:45qui a autant galéré
16:47qu'il gagnait
16:50moins que moi.
16:51Il nous a fait croire
16:53qu'il a galéré.
16:54Je vous rappelle
16:54qu'il a signé
16:55à Milan,
16:56au PSG,
16:57à Lyon,
16:57aux Coupes d'Europe,
16:58il a été en internationale.
16:59Non, mais à 23 ans,
17:01il l'a mérité.
17:02Moi aussi,
17:02Madame Rabiot m'a appelé.
17:04À 23 ans,
17:05il commençait à gagner sa vie
17:06à 23 ans
17:06alors qu'il y en a
17:07à 15-16 ans
17:08et il gagnait
17:08le quadruque de toi.
17:10Mais en même temps,
17:11il vous manque quand même
17:1110 ans pour être
17:12complètement peinard.
17:13Mais ça,
17:13vous allez devenir
17:14un entraîneur
17:15de grand renom.
17:15Il est devenu
17:16ce qu'il est devenu
17:17parce qu'il a fait
17:17sa formation
17:18et qu'il est resté au Havre.
17:19Vous avez raison.
17:19C'est un débat
17:20qui pourrait durer longtemps
17:21et on va parler
17:21justement d'un jeune joueur
17:22que vous avez cité.
17:23C'est Cherki dans un instant.
17:25Comment Cherki
17:25a déjà changé
17:26de dimension
17:26en Première Ligue ?
17:27Merci Romain.
17:29Le footoir,
17:29le baromètre de la Ligue
17:30à le petit filet.
17:31A tout de suite.
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