00:00Bon Yannick, 84ème Paris-Nice et tout seul aux manettes maintenant ?
00:08Tout seul aux manettes, c'est vrai que déjà j'ai eu un petit baptême du feu l'année dernière.
00:13Ça fait déjà 10 ans que je travaille avec François sur Paris-Nice, mais c'est vrai que l'année dernière il n'a pas pu venir sur la course,
00:18donc j'ai été tout de suite dans le grand bain. C'était prévu qu'on le fasse en binôme l'année dernière, enfin cette année.
00:24Du coup, il n'y a pas trop de nouveautés, même s'il y a plus de responsabilités sur les épaules, mais ma seule nouveauté c'était la présentation aujourd'hui en fait, seule.
00:37Et comment alors si tu devais nous résumer cette 84ème édition ?
00:41J'aime beaucoup ce parcours, je l'aime beaucoup parce qu'on a quand même deux étapes, on va dire favorable aux sprinters, même si c'est loin d'être gagné.
00:49La première étape, on aura la côte de Chanteloup-Lévingne, c'est 1,1 km à 8% de moyenne, donc c'est quand même très intéressant pour créer une incertitude.
01:00Le lendemain, c'est la fameuse étape des bordures, mais on attend le vent depuis trois ans, mais c'est vraiment une étape dédiée pour les sprinters, avec une vraie arrivée pour les sprinters.
01:07A partir de là, on aura le contrôle à monde par équipe, habituel sur Paris-Nice, mais on voulait surtout que ça revienne l'année prochaine parce qu'il y a la première étape du Tour de France qui suit.
01:20Et après, à partir de là, on n'a que des étapes difficiles jusqu'à Nice.
01:24Quand je dis difficiles, elles ne sont pas du tout identiques.
01:29On propose des arrivées au sommet, on propose une bosse à 5 km de l'arrivée, on propose une arrivée dans les Alpes, même si elle n'est pas aussi longue que Turigny ou la Couillolle,
01:42mais c'est 7 km à 7,2% à Oron.
01:44Et après, on a essayé de conserver cette dernière étape où tout peut se passer.
01:51Le samedi, c'est aussi la considération météo qui a été prise en compte pour que vous dessinez le parcours ou pas du tout ?
01:58En fait, c'est vrai qu'elle se rapproche énormément du plan B de cette année.
02:03Et au final, quand je suis arrivé, j'ai vraiment bien aimé le plan B.
02:07Donc, je me suis dit, la ville de Nice et Nice Métropole Côte d'Azur voulaient absolument revenir aussi à Oron.
02:15Je pense que c'est le bon choix.
02:18Après, on va sûrement enlever la colmie en avant et peut-être qu'on aura des chances qu'il fasse beau, je ne sais pas.
02:25En tout cas, c'était drôle parce que cette étape-là, c'est l'échappé qui a été au bout cette année.
02:31Du coup, au bout d'un moment, je pense que l'échappé gagnera sur ce parc à Nice.
02:36On ne sait pas quelle étape, mais en tout cas, ça peut être aussi l'étape des échappés ce jour-là.
02:40Et Huchon, alors il y a une légende autour de cette dernière montée.
02:45Est-ce qu'elle est vraie ?
02:46Eh bien, j'ai redemandé à M. le maire d'Huchon si c'était vrai.
02:50Ils me l'ont bien confirmé.
02:52Paris-Nice était passé en 1966.
02:54C'était un passage à Huchon, dans cette côte-là.
02:58Et les gens du coin nous racontent que beaucoup avaient mis pieds à terre dans la partie raide.
03:03Sûrement parce qu'ils n'avaient pas les bons braquets et personne ne connaissait cette côte à l'époque.
03:09Et il est vrai que Raymond Poulidor avait mis à mal Jacques-Anctil dans cette côte-là.
03:14Donc la légende est vraie.
03:16On a quelques photos du passage de Paris-Nice à cette époque-là.
03:19Mais tous les coureurs sont à vélo.
03:21Mais si vous demandez aux locaux, ils l'ont bien vu.
03:24Un mot sur l'étape entre Alpilles et Louberon.
03:28Étape à la fois belle pour les paysages mais aussi sportivement.
03:32Ces lunes sont toutes belles.
03:34Mais celle-là, elle est particulièrement esthétique.
03:38On passe dans les Alpilles.
03:39Après, on va dans Louberon.
03:41Et on profite de ces villages perchés dans le final pour avoir des petites côtes.
03:46Et notre but sur cette étape-là, c'était d'essayer de se rapprocher au plus de Milan-Saint-Rémo.
03:51Quand je dis essayer, c'est ces 20 derniers kilomètres.
03:55Pour vous dire, on aura un sprint 2,5 km à 4 % de moyenne.
04:00On aura 3 km de plat entre le sprint et le grimpeur à Seignon.
04:05Le grimpeur à Seignon, ce n'est pas très dur.
04:06C'est du 4-5 % de moyenne.
04:094 km de montée.
04:10Et au sommet, nous sommes à 5 km de l'arrivée.
04:12Donc, on est vraiment dans un schéma très proche de Milan-Saint-Rémo.
04:16Une descente moins technique et ça me rassure.
04:21Par contre, on a les 2 derniers kilomètres de plat pour arriver sur l'arrivée de Abt.
04:27Donc, on est vraiment sur quelque chose qui se rapproche.
04:32Et en fait, je pense surtout à un coureur comme Pedersen,
04:35qui vient régulièrement sur Paris-Nice.
04:37C'est pour tous ces coureurs qui viennent sur Paris-Nice pour préparer Milan-Saint-Rémo.
04:42Ils ont aussi leur étape.
04:43C'est fait aussi pour en attirer, justement, essayer d'attirer les...
04:47On sait par exemple que Pogacar, il rêve de gagner sans Rémo.
04:50Bon, il ne vient pas sur Paris-Nice, mais c'était l'idée aussi un peu pour...
04:54C'est important, c'est important.
04:56Après, moi je dis Paris-Nice, c'est une classique d'un jour par étape.
05:01Tous les jours, une classique.
05:02Et c'était le but.
05:04Après, les coureurs choisissent.
05:06Nous, on a une petite marge de séduction, je dirais.
05:11Et c'est comme ça qu'on essaye de faire venir des coureurs
05:16qui pourront aussi espérer gagner un monument.
05:19Mais il n'y a pas que Milan-Saint-Rémo, il y a d'autres courses.
05:21Mais en tout cas, ça fait partie du jeu de construire un parcours
05:24et de séduire les coureurs pour qu'ils viennent aussi sur Paris-Nice.
05:26Sur l'étape du dimanche, pourquoi l'Alliance-Riviera prend des paroles à la métropolitaine ?
05:33Eh bien, on l'aura compris, ça sera le jour des élections municipales.
05:40Quoi qu'il arrive Paris-Nice, il doit arriver à Nice.
05:43Mais c'est vrai qu'avec les élections, il fallait faire attention au bureau de vote ce jour-là.
05:50Le stade de l'Alliance-Riviera, ce n'est pas la promenade des Anglais, je le conçois.
05:54Pour remplacer l'arrivée sur les Champs-Élysées, on avait trouvé la promenade des Anglais.
05:59Donc c'est difficile de la remplacer.
06:01En tout cas, pour remplacer, c'est très bien.
06:06On est dans Nice, mais pas totalement dans Nice.
06:09Donc c'est sûr que construire un parcours, ce n'est pas que par les sportifs, par les côtes.
06:15Même si sur cette étape-là, on a une nouveauté qui est assez sympa.
06:19Mais on parle aussi politique, on parle aussi enjeux sécurité, on parle de pas mal d'enjeux.
06:22En tout cas, ça en fait partie.
06:24Partir du stade de l'Alliance-Riviera et y revenir, c'est pas mal.
06:31Il n'y a pas les super, super, super stars ? C'est un regret ?
06:36Écoutez, je vais vous dire que l'année dernière, le numéro 2, le deuxième de Paris-Nice et le maillot blanc, c'était Fabian Lipovic.
06:43Maintenant, j'ai l'impression que tout le monde le veut parce qu'il a fini troisième du Tour de France et meilleur jeune.
06:49Le troisième de Paris-Nice l'année dernière, c'était Taïman Arendsman.
06:54Personne ne le connaissait à part les experts en vélo.
06:57Il a gagné deux étapes sur le Tour.
06:59Oui, c'est un regret, mais à côté, je suis persuadé qu'on aura une belle course.
07:03Et on a quand même de très beaux coureurs.
07:05Et je suis vraiment ravi d'avoir beaucoup de Français qui ont brillé sur le Tour de France l'année dernière
07:11ou sur Paris-Nice comme Leni Martinez qui se trouvent au départ avec Kevin Vauclin.
07:15Je pense qu'on va avoir un plateau très intéressant.
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