00:00Alors, 29, ça aurait pu être 30, mais à mon avis, c'est une bonne tranche d'âge où la fertilité, en général, est maintenue.
00:10À partir des 32, il y a déjà un déclin, 35, un autre déclin important, et 38, on n'en parle même pas, voilà.
00:16Donc, effectivement, cette fertilité féminine n'est pas éternelle, et il faut vraiment que les femmes puissent exercer deux droits,
00:24c'est-à-dire décider de quand elles veulent être enceintes, mais surtout les droits d'être informées des risques qu'elles prennent, c'est le décal de leur projet d'enfant.
00:33Parce que, professeur, la situation se dégrade pour les femmes, la fertilité est un vrai sujet de santé publique et un sujet qui se creuse.
00:40Alors, je disais aux jeunes médecins que je suis amené à former que la plus grande cause d'infertilité aujourd'hui est les dysfonctionnements ovariers liés à l'âge,
00:52donc le vieillissement ovarien, sans commune mesure, et c'est la cause la plus importante aujourd'hui.
00:59Donc, il faut qu'on accepte cette réalité qui est relativement nouvelle.
01:05Avant, on voyait plutôt des causes plutôt masculines ou des trompes bouchées.
01:11Aujourd'hui, non, la situation a évolué.
01:13On voit essentiellement des femmes plus âgées en consultation qui disent, voilà, ça ne marche pas, je ne comprends pas pourquoi,
01:20et faites quelque chose.
01:23C'est vrai que la médecine peut faire plein de choses, mais pas tout.
01:26Et ça, c'est une cause très...
01:28Liée à l'âge ou liée aussi à la multiplication des facteurs environnementaux ?
01:32Alors, évidemment qu'il y a...
01:34Nous vivons dans une société de plus en plus polluée, nous sommes exposés effectivement à des agents gonadotoxiques et d'autres,
01:43mais c'est très difficile d'évaluer cette question.
01:46Ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que les reculs de désirs de conception entraînent des problèmes.
01:54Des problèmes, et nous, médecins de la reproduction, nous sommes amenés à voir des femmes de plus en plus âgées
02:00et souvent pas suffisamment informées.
02:03Donc je pense que cette mesure me semble génératrice des libertés.
02:09C'est-à-dire la femme est informée, sans injonction de grossesse, évidemment,
02:14mais qu'on puisse permettre à ces femmes de décider d'aller plus vite,
02:18parce qu'elles peuvent être pénalisées par la suite.
02:21Après, ce message, il est envoyé aux Français, aux femmes, mais aux hommes aussi.
02:25C'est aussi une affaire d'hommes, quand même.
02:27C'est une affaire d'hommes dans une certaine mesure.
02:30Effectivement, nous ne sommes pas égaux, hommes et femmes, devant la biologie.
02:34Et devant le vieillissement.
02:35Dans la société, oui, mais dans la biologie, nous sommes complètement différents.
02:40Et la femme est beaucoup plus déterminante, avec son ovocyte par rapport au spermatozoïde masculin.
02:46Et c'est vrai qu'il y a une contrainte d'un horloge biologique beaucoup plus strict chez la femme.
02:54Donc on note que cette lettre est surtout destinée à la femme,
02:59qui est souvent la motrice du désir d'enfant.
03:02Et puis, effectivement, si on laisse passer le temps...
03:05Mais l'infertilité masculine progresse aussi, professeur, on est d'accord ?
03:08Les causes masculines sont plus importantes, si vous voulez.
03:14Mais comparativement à la cause féminine, ça n'a rien à voir.
03:20C'est vrai que la médecine a fait beaucoup de progrès pour résoudre un peu les problèmes masculins.
03:25Donc il y a des techniques qui sont très efficaces quand il y a une anomalie masculine.
03:30Par contre, sur le plan féminin, le vieillissement, c'est difficile pour nous.
03:36Mais alors, justement, comment on peut libérer les femmes de cette culpabilité ?
03:40C'est quand même un poids qui peut être...
03:42C'est un fardeau.
03:43Évidemment.
03:43Déjà, il faut que nous, médecins, on puisse être à l'écoute de ces femmes.
03:47Il faut savoir aussi que pas toutes les femmes sont égales entre elles.
03:52Il y a des femmes qui vieillissent plus vite, sur le plan ovarien, d'autres moins vite.
03:56Donc je pense que consulter un gynécologue spécialisé est une bonne chose.
04:02Établir sa réserve folliculaire ovarienne.
04:04On peut faire des conservations d'ovocytes.
04:06Justement, c'est dans ce sens que j'ai dit.
04:08Et tôt, en fait, assez tôt, avant même d'envisager, finalement, d'avoir un enfant.
04:12Je disais, donc, il faut qu'on utilise ces marqueurs.
04:15L'AMH, d'ailleurs, j'ai été un des pionniers de l'AMH dans le monde.
04:18C'est un bon marqueur, le comptage folliculaire.
04:21Et à partir de ces résultats, on peut conseiller à cette femme d'aller vers une conservation d'ovocytes,
04:26qui est une très bonne chose.
04:27C'est autorisé en France aujourd'hui, bien que les hôpitaux soient engorgés des demandes et c'est très compliqué à gérer.
04:36Il faut ouvrir sur des techniques efficaces comme le PGTA, qui n'est pas autorisé en France et dans des pays civilisés voisinants.
04:43Oui, donc on a besoin de ça.
04:46Et puis, ouvrir sur le don de vos sites, qui est une technique qui permet d'accéder à la famille et à la grossesse.
04:54Il y a des solutions.
04:55Merci beaucoup, en tout cas, professeur, d'être revenu.
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