Au commencement, il n’y avait ni horloge ni regard. Seulement une dilatation, un frisson primordial, une matière encore hésitante. Le temps n’était pas compté : il se déployait, vaste et silencieux, comme une respiration sans témoin.
00:00au commencement il n'y avait ni horloge ni regard seulement une dilatation un frisson primordial une matière encore hésitante le temps n'était pas compté il se déployait vaste et silencieux comme une respiration sans témoin
00:13les étoiles naissaient brûlaient s'éteignaient indifférentes à leur propre durée le temps coulait non pas parce qu'on le mesurait mais parce que tout changeait puis vint la terre lente à tourner patiente les saisons s'installèrent les marées répondirent à la lune
00:31le temps s'inscrivait dans les strates de la roche dans l'usure des montagnes dans la dérive des continents personne ne le nommait encore mais il laissait des traces un jour l'être qui se disait parfait apparu il était fragile inquiet il leva les yeux et observa le soleil comptant les nuits
00:50il inventa le passé pour se souvenir le futur pour se rassurer le temps devint une ligne puis une course on le divisa on le pressa on tenta de le dominer l'homme devint l'horloge du monde croyant que le tic tac venait de lui
01:06aujourd'hui le temps est saturé seconde avalée vie compressée mémoire numérique on manque de temps comme on manque d'air persuadé qu'il nous appartient
01:16mais si l'homme disparaissait le temps cesserait-il les étoiles continuerait de naître et de mourir les forêts repousserait sur les ruines les pierres vieillirait encore alors que le temps
01:30existerait toujours sans témoin il ne serait plus une question juste un mouvement
Écris le tout premier commentaire