- il y a 11 mois
Cette semaine, on s'enflamme pour Julien Absalon ! Dans sa discipline, le VTT cross-country, il est tout simplement l'un des plus grands athlètes de l'Histoire : double champion olympique à Athènes 2004 et Pékin 2008, quintuple champion du monde, sept fois vainqueur de la Coupe du monde ! Après avoir contribué à populariser la discipline, il a également monté sa propre équipe.
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00:00:00Musique
00:00:00Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien.
00:00:19Je suis très heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission.
00:00:23Aujourd'hui on s'enflamme pour Julien Absalon.
00:00:26Salut Julien, ça va, tu vas bien ?
00:00:27Très bien.
00:00:28Assez à toi.
00:00:28Avec cette petite reprise, parce que Julien est un grand fan de chansons anciennes reprises en musique électro.
00:00:35C'est vrai.
00:00:36C'est des goûts assez originaux, mais c'est sympa.
00:00:38Oui.
00:00:38Depuis toujours ça ?
00:00:40Non, depuis... C'est plutôt en ce moment quoi.
00:00:43D'accord.
00:00:44Bon, Julien, fan de musique électro, mais je vais quand même te présenter.
00:00:47Tu es une légende du VTT Cross Country.
00:00:49On va voir ton palmarès s'afficher.
00:00:52Oui, il y a beaucoup de titres.
00:00:52Beaucoup, beaucoup de titres.
00:00:54Double champion olympique, quintuple champion du monde, quintuple champion d'Europe.
00:00:57Sept fois vainqueur du classement général de la Coupe du Monde.
00:01:0014 fois champion de France également.
00:01:03Julien, quand tu regardes ce palmarès aujourd'hui dans cette émission, qu'est-ce que tu ressens ?
00:01:07C'est du plaisir ? C'est de la fierté ? C'est une pointe de nostalgie ?
00:01:11Non, content d'avoir réussi à décrocher tous les titres possibles dans ma discipline.
00:01:16Et d'avoir réalisé mes rêves.
00:01:19Et quand on gagne autant, Julien, est-ce qu'on garde en tête que la réussite, elle est éphémère ?
00:01:23Ou est-ce que l'habitude de gagner, l'habitude de prendre des titres, te fait un peu oublier tout ça ?
00:01:29Je pense que pour être un champion, il faut être un éternel insatisfait.
00:01:33Et ne te satisfait jamais d'une victoire.
00:01:35Quand elle est obtenue, tu penses déjà à la suivante.
00:01:37Et il faut une petite période de déconvenu pour apprécier à sa juste valeur les victoires.
00:01:45C'est-à-dire que pendant la période de domination entre 2004 et 2008, c'était devenu normal de gagner.
00:01:52Et j'appréciais pas vraiment puisque c'était la routine.
00:01:58Et ensuite, j'ai des nouveaux adversaires qui sont arrivés, notamment le Suisse Nino Schurter.
00:02:04Et ensuite, c'était plus compliqué de gagner.
00:02:05Et là, lorsque je réussissais à gagner à nouveau, j'appréciais vraiment à sa juste valeur la victoire.
00:02:13Et on va en parler de tout ça dans cette émission.
00:02:15Julien, tu as mis un terme à ta carrière en 2018.
00:02:18Finalement, c'est assez récent.
00:02:20Ça te manque un petit peu ou pas du tout ?
00:02:23Oui, forcément.
00:02:24Je n'ai jamais regretté d'avoir arrêté.
00:02:27Avant d'arrêter, j'avais peur de ne pas trouver le bon moment.
00:02:29De faire soit l'année de trop, soit d'arrêter et puis d'avoir envie de reprendre.
00:02:35Et ça a été un peu soudain.
00:02:38C'est-à-dire que j'étais reparti pour une saison en 2018.
00:02:40Et en cours de saison, j'ai décidé d'arrêter.
00:02:43Le problème d'allergie, c'était un peu aggravé.
00:02:45Et lors d'une course en Allemagne, en plein milieu de saison, je suis abandonné.
00:02:49Je suis rentré à mon hôtel.
00:02:50Et lorsque mon ami qui n'est aussi haut est arrivé à l'hôtel, je lui ai dit, j'arrête.
00:02:55Il m'intérêt à quoi ?
00:02:56Ben, j'arrête.
00:02:57Et en quelques secondes, lorsque j'étais sur le vélo, je sentis que c'était un signe que mon organisme me donnait.
00:03:04Et je n'ai pas pris ça comme une fatalité.
00:03:06Je lui ai dit, ok, peut-être que j'ai assez tiré.
00:03:08Et mon corps a quand même...
00:03:12Je n'ai pas eu beaucoup de blessures durant ma carrière.
00:03:14Je n'ai pas mal tiré dessus.
00:03:16Et voilà, c'était...
00:03:18En quelques minutes, je savais que c'était le moment.
00:03:21C'est assez fou, Julien, parce que moi, je suis tombé sur des articles, des propos que tu as tenus
00:03:26quand tu étais encore dans ta carrière de vététiste,
00:03:29où tu as dit que tu aurais besoin, quand tu arrêterais, d'un sevrage progressif.
00:03:33Finalement, là, ce que tu me décris, c'est une fin assez brutale.
00:03:36Alors, le sevrage du sport, je n'ai toujours pas réussi à le faire.
00:03:38Je suis toujours addict totalement en sport.
00:03:41J'ai trouvé le bon moment pour arrêter.
00:03:42Et tu me posais la question, est-ce que ça manque ?
00:03:44Oui, bien sûr.
00:03:45C'est vrai que cette petite mort du sportif,
00:03:48il y a un manque qui est indéniable.
00:03:53Les émotions que tu connais en compétition, tu ne peux les connaître nulle part ailleurs.
00:03:56Et je pense que ces décharges d'adrénaline, de dopamine, c'est de la drogue dure.
00:04:03C'est ultra puissant.
00:04:04Et ça, forcément, ça manque.
00:04:05Tu étais addict, toi ? On peut parler d'addiction ?
00:04:07Ah oui, carrément.
00:04:08Oui, je pense que mon plus gros moteur, c'était ça.
00:04:10C'était rechercher ces émotions que procure la victoire.
00:04:15C'est tellement puissant.
00:04:17Et donc, je ne regrette pas, parce que je sais très bien que je ne pourrais plus faire ça.
00:04:21Il y a un temps pour tout, mais le manque, il est toujours là.
00:04:24Et je sais qu'il y a une part de nostalgie quand tu sais que je ne pourrais plus jamais revivre ça.
00:04:32Il n'y aura jamais quelque chose d'aussi intense qu'une victoire en Coupe du Monde ou aux Jeux Olympiques.
00:04:38Toi, Julien, tu as passé 20 ans dans un monde un peu parallèle.
00:04:42Tout était centré autour de la performance, du résultat.
00:04:45Après ta carrière, tu reviens dans le vrai monde, j'ai envie de dire, dans mon monde aussi.
00:04:50Est-ce que c'est un choc, ça ?
00:04:52Il faut s'adapter aussi à tout ça, revenir dans un quotidien où tout n'est pas centré autour de toi, de la performance, des compétitions à venir ?
00:04:59Oui, ça aussi, c'est une grosse claque, de redevenir normal et de se réhabituer finalement à quelque chose de normal.
00:05:06Alors que, comme tu disais, pendant 20 ans, je suis conscient d'avoir vécu dans un monde parallèle.
00:05:12Et tu en avais conscience quand même ?
00:05:13Oui, oui, on avait conscience.
00:05:14Mais après, c'est vrai que depuis tout jeune, dès mes premières années junior, j'ai commencé à prendre une voie différente de celle de mes amis d'enfance qui étaient à la fac,
00:05:25alors que moi, j'ai voyagé à travers le monde, je gagnais ma vie en faisant du VTT, en étant professionnel.
00:05:33C'était même difficile à faire comprendre, comme on dit, qu'est-ce que tu fais ?
00:05:35Moi, je suis VTTiste.
00:05:37Mais qu'est-ce que tu fais d'autre pour gagner ta vie ?
00:05:39Non, c'est mon métier.
00:05:40En plus, c'est un sport où, quand on dit, mais footballeur, les gens savent très bien qu'un footballeur est professionnel.
00:05:46Mais quand on dit, je suis VTTiste, ce n'est pas très courant comme métier.
00:05:51Et la vie d'un VTTiste pro, oui, c'est un peu particulier.
00:05:58Tu voyages de site de course en site de course, tu es choyé.
00:06:03Et puis ensuite, quand tu deviens champion, c'est vrai qu'assez rapidement, tu es mis en lumière.
00:06:07Mais cette mise en lumière, il faut être conscient qu'elle est très éphémère aussi.
00:06:11C'est-à-dire que tant que tu gagnes, tout tourne autour de toi et tu es choyé.
00:06:17Et tout va bien, mais il faut être conscient que ça peut vite redescendre.
00:06:23Et lorsque la carrière s'arrête, tout ça, ça se termine.
00:06:26En effet, maintenant, tu es sorti un peu de tout ça, mais pas du sport.
00:06:29Parce que le sport, tu pratiques encore énormément, notamment du trail.
00:06:33Le trail, la course en montagne.
00:06:35Est-ce que tu retrouves, alors on ne va pas parler des sensations vraiment de la compétition.
00:06:39Tu m'as dit que ça, c'était quelque chose que tu ne pourras pas retrouver.
00:06:42Mais est-ce que tu retrouves quand même un semblant d'adrénaline quand tu es sur le départ d'un ultra, d'une course de trail ?
00:06:49Est-ce que tu retrouves un petit peu des sensations que tu pouvais ressentir dans ta carrière de vététiste ?
00:06:55Oui, et puis, c'est besoin de faire du sport.
00:06:58Quasi quotidiennement, j'ai besoin de faire du sport.
00:07:00Je n'ai pas réussi à, et je n'ai pas forcément envie de me sevrer de ça.
00:07:05Donc un Julien qui ne fait pas de sport pendant deux, trois jours, il est comment ?
00:07:09Ah, j'ai commencé à devenir irritable, oui, j'ai quelque chose qui manque, il y a un vrai manque.
00:07:13Et à la base, j'ai commencé la course à pied.
00:07:16À l'arène Maca, j'ai créé ma propre équipe, Absolute Absalon, que j'ai managé pendant cinq ans.
00:07:20Et j'avais moins de temps.
00:07:22Et la course à pied me permettait d'avoir ma dose plus rapidement.
00:07:27C'est-à-dire qu'en une heure de vélo, tu ne fais rien.
00:07:29En une heure de course à pied, tu peux faire un entraînement, tu peux te rincer, tu rentres, tu as eu ta dose.
00:07:37Et puis, moi qui n'aimais pas trop le long en VTT, je n'ai jamais été quelqu'un qui m'entraînait avec énormément de volume.
00:07:44J'aimais bien l'intensité.
00:07:46Je ne suis jamais allé sur les formats marathon longue distance parce que je n'aimais pas ça.
00:07:50Et finalement, en course à pied, maintenant, je suis sûr du long.
00:07:53Et mes plus longues séances de sport, je les ai fait à pied et pas à vélo.
00:07:57Et alors, comment on passe du Julien Absalon, champion, légende de sa discipline, à un Julien qui adore courir, mais qui est loin d'être le meilleur ?
00:08:06Est-ce que l'ego de l'ancien sportif de haut niveau en prend un petit coup ?
00:08:10J'ai toujours l'esprit de compétition, mais je ne suis plus athlète, je suis sportif.
00:08:14Ok.
00:08:14Tu as réussi, ça a posé le poste d'athlète.
00:08:16Et je me régale justement à ce que je n'arrive pas à faire en vélo, je n'arrive plus à faire de compétition en vélo parce que j'ai des repères, j'ai été champion et je ne peux plus m'aligner sur une course, sachant que j'irai beaucoup moins vite et j'ai trop de repères.
00:08:31Alors que ce que je me régale en course à pied, c'est de faire l'amateur.
00:08:34J'arrive sur les courses, j'apprends, je progresse et je suis un amateur qui commence à être éclairé, mais je ne me prétends pas à professionnel.
00:08:46Et pour moi, ce n'est pas une seconde carrière, c'est juste du plaisir.
00:08:48On voit des images là, Julien, tu peux nous en parler un peu.
00:08:50C'était où ça ? C'était à l'UTMB ? C'est la CCC de l'UTMB ?
00:08:54Oui, certainement.
00:08:55Là, on voit une descente, mais moi, la question que je me pose sur cette édition 2024 que tu as courue, le Julien Vettetti, je sais qu'il était excellent dans les montées quand ça monte.
00:09:06Est-ce que c'est pareil en course à pied ? Est-ce que le Julien Trailer, c'est aussi sa force ?
00:09:10Clairement. Le problème d'un cycliste lorsqu'il arrive sur la course à pied, c'est les descentes puisqu'on travaille en excentrique.
00:09:18Et un sport porté qu'est le vélo, on n'a pas du tout de travail excentrique.
00:09:21Donc, il faut habituer ses muscles à travailler en descente, à retenir son poids de corps.
00:09:24Et ça, c'est vraiment très douloureux pour un cycliste.
00:09:26D'ailleurs, je me suis blessé quand j'ai voulu aller sur du long, puisque quand on a un gros cardio, quand on vient du vélo, en gros, on a le moteur, mais pas le châssis.
00:09:37Et on se blesse quand même très rapidement parce que mon facteur limitant n'était pas l'épuisement ou le système cardiovasculaire, mais clairement, je me cassais les muscles en descente.
00:09:47Et il faut du temps et de la patience, parce que ce n'est pas trop ma qualité, la patience.
00:09:55Donc, je suis allé un peu trop loin, trop vite dans les distances et je me suis blessé.
00:10:00Bon, vous connaissez toutes et tous le principe de la to-do list.
00:10:04Moi, j'en ai une aussi, sortir les poubelles, faire les courses.
00:10:07Bon, Julien, elle est un peu différente.
00:10:09Tu as la to-do list, toi, tu avais faire un Xterra, ça, c'est cocher.
00:10:12Faire le marathon des sables, tu vas le réaliser prochainement.
00:10:15Et nous, on a un autre petit défi à te proposer.
00:10:18Ce n'est pas moi, d'ailleurs, qui vais te le proposer, c'est cette personne.
00:10:21Écoute.
00:10:22Salut, Julien, je suis en direct de la Corse, du col de Batchine.
00:10:25Je te fais un clin d'œil depuis ce territoire que j'adore et je pense que tu l'aimes aussi beaucoup pour, pourquoi pas, te proposer de rejoindre une prochaine aventure sur le BikingMan.
00:10:33Tu ne t'es pas encore défié à l'ultra distance.
00:10:35Tu actuellement brilles dans beaucoup de disciplines, notamment le trail.
00:10:39Mais je te propose, pourquoi pas un jour, de rejoindre le BikingMan.
00:10:41Et le Maroc, à mon avis, est fait pour toi avec ton expérience VTT parce que tu pourrais, je pense, découvrir un territoire extraordinaire en format ultra distance.
00:10:50Donc, si tu le souhaites, tu peux venir quand tu veux sur le BikingMan du Maroc.
00:10:53Salut !
00:10:54Tu connais cet homme ou pas ?
00:10:56Oui, j'ai écrit la préface de son livre.
00:10:58Magnifique, c'est le livre qu'on a ici.
00:11:00Voilà, le monde à vélo, Axel Carillon, fondateur du BikingMan, donc des courses d'ultra cyclisme en autonomie complète.
00:11:05Vous pouvez d'ailleurs en retrouver sur Sport en France.
00:11:08C'est exceptionnel, ce qu'il a fondé.
00:11:10Ça te plairait, toi ?
00:11:11Carrément.
00:11:11Je ne vois pas participer à des compétitions vélo, mais par contre, un BikingMan, pourquoi pas ?
00:11:16Parce que là, je serais dans une découverte de quelque chose de nouveau.
00:11:21Et ça me plairait, avoir découvert l'ultra-endurance vélo.
00:11:25Là, tout récemment, l'ultra-endurance sur un défi multisport sur 50 heures.
00:11:30C'est quelque chose qui pourrait me plaire.
00:11:31C'est dans la to-do liste.
00:11:33Voilà, on a hâte de te voir faire un BikingMan, Julien.
00:11:37La question que je pose à tous les invités ici dans On s'enflamme, quelle est la dernière fois que tu t'es enflammé ?
00:11:41Ça peut être hors sport, complètement.
00:11:44Ça va être sport, monsieur Jean.
00:11:46Oui, c'est vrai que je vois.
00:11:48Je suis enchaîné à La Réunion avec un défi multisport sur 50 heures et 46 heures après, un marathon, un triathlon vertical, qui s'appelle la 03000.
00:11:57Donc, ma plus grosse semaine de sport, avec 65 heures de sport dans la semaine.
00:12:02D'accord.
00:12:02Bon, oui, tu t'es bien enflammé.
00:12:04Bon, écoute, moi, je vais m'enflammer aussi un petit peu moins que toi quand même, mais on va le faire ensemble, Julien.
00:12:08C'est parti pour allumer le feu.
00:12:10Alors, Julien, toi, tu as grandi dans les Vosges.
00:12:17Enfant, tu rêvais d'être pilote de rallye ou de motocross.
00:12:20Tu pratiquais aussi le ski de descente en compétition.
00:12:23Moi, j'ai envie de dire, la vitesse, tu l'as toujours eu.
00:12:25C'était ancré en toi.
00:12:26Oui, la vitesse et puis un turbulent qui est tout le temps dehors, 10 fois service d'urgence en 10 ans.
00:12:33Ah oui, d'accord.
00:12:34Je me suis mis au judo, ce qui m'a canalisé.
00:12:37Oui.
00:12:37Je ne serai jamais devenu champion de judo ni de ski aussi que j'ai pratiqué longtemps, mais ces deux sports demandent de l'explosivité.
00:12:43Et je pense que j'étais plutôt fait pour les sports d'endurance.
00:12:46Je n'avais pas vraiment les capacités physiologiques pour performer dans ces deux sports-là, mais ils m'ont beaucoup appris.
00:12:51Alors, j'ai cité les sports auto, le ski de descente, tu as cité le judo, le VTT dans tout ça.
00:12:57Ça arrive comment ? Un peu par hasard ?
00:12:59Totalement par hasard et habitant un petit village, un peu perdu, j'étais tout le temps sur mon vélo.
00:13:05Même tout petit, même ça a commencé avec un tracteur à pédale.
00:13:08Je n'avais à peine marché.
00:13:09J'ai tellement roulé avec ce petit tracteur à pédale que les roues sont ouvertes en deux.
00:13:15Donc voilà, tout le temps à l'extérieur.
00:13:16Et le vélo, c'était pour moi le premier, aussi en BMX avec mon frère, on allait faire des bosses, lui derrière la maison.
00:13:23Et ce petit vélo pédale aussi.
00:13:27Le vélo, ça a été le premier outil de liberté.
00:13:30Quand tu es gamin, le vélo, il te permet d'aller découvrir au-delà du tour de la maison.
00:13:36C'était vraiment un outil de liberté avant qu'un ami de mes parents, voisins, me propose d'aller vraiment faire du vrai VTT,
00:13:43c'est-à-dire une balade en forêt dimanche matin.
00:13:46Et puis ensuite, il m'a dit, il se débrouille bien le petit, une compétition pas très loin.
00:13:51Une course de Lorraine ?
00:13:52Voilà, une coupe régionale en Lorraine.
00:13:54Et tout de suite, j'ai su que c'est ça que je voulais faire.
00:13:56Directement, tu fais combien de cette course ?
00:13:58Quatrième.
00:13:59Et tu te dis quand même à ce moment-là, ouais, c'est fait pour moi.
00:14:02Je vais me lancer là.
00:14:03Je m'étais régalé, là déjà, le week-end suivant, il y en a eu une autre que je remporte.
00:14:06Quatre mois après, j'étais quatrième des championnats de France.
00:14:10Ça a été assez vite.
00:14:11Je n'ai pas gagné tout de suite.
00:14:12J'avais du temps avant de gagner.
00:14:13Et ça a été dur, ça ?
00:14:14Ou toi, tu te dis ?
00:14:15Non, parce que je suis tellement passionné.
00:14:18Finalement, ma deuxième année junior, première année junior, j'étais tout le temps sur le podium,
00:14:24mais je n'ai jamais gagné.
00:14:25Je n'ai pas été sélectionné pour les championnats du monde en Australie.
00:14:29Et la deuxième année junior, je continuais à m'amuser, mais je deviens champion de France,
00:14:32champion d'Europe, champion du monde.
00:14:33Et là, c'était un peu, c'était lancé.
00:14:39Ça a été le déclic, c'était en 98 ?
00:14:4198.
00:14:4198, l'année de ma naissance.
00:14:42Bon, voilà, ça ne te rajeunit pas, désolé.
00:14:44Non, ça fait mal, ça.
00:14:45Je suis bien.
00:14:45Merci.
00:14:46Mais le déclic arrive en tout cas à ce moment-là.
00:14:48Moi, j'aimerais revenir deux ans plus tôt, donc en 1996.
00:14:52Tu as 15 ans.
00:14:53Tu suis évidemment les JO d'Atlanta à la télé.
00:14:56C'est la première apparition du VTT au programme olympique.
00:14:58Est-ce que tu peux me parler un peu de ce moment où tu es devant ta télé, à fond,
00:15:02où tu découvres aussi cet univers olympique ?
00:15:05Oui, je me rappelle bien.
00:15:06Finalement, c'est une des premières fois où je suivais vraiment les Jeux
00:15:10et où je me sentais concerné, puisque pratiquant le VTT,
00:15:13j'ai regardé l'épreuve pratiquant le VTT depuis très peu de temps.
00:15:17On était en vacances avec mes parents, je me rappelle, au sud-ouest, vers Biarritz.
00:15:21Et on a regardé dans une télé, dans un bar, l'épreuve VTT.
00:15:25Et c'est la première fois que je me sentais presque concerné,
00:15:29alors que je venais de débuter un sport, j'étais ado, mais ça me parlait.
00:15:34Avec quand même Miguel Martinez qui fait 3, Christophe Dupouet qui fait 4.
00:15:37Ça, ça t'a marqué aussi des résultats français ?
00:15:40Oui, comme on est, médaille française.
00:15:42Donc forcément, derrière, on a parlé médiatiquement,
00:15:46on a parlé du VTT, de cette première médaille française.
00:15:48Et donc, à l'époque, ce n'était qu'un rêve pour toi.
00:15:51Quand on regarde maintenant ton palmarès, tu as disputé 4 Jeux Olympiques.
00:15:56Regarde, on a un petit visuel à te proposer.
00:15:59Bon, ça fait plaisir parce que tes deux premières éditions, c'est de l'or.
00:16:02Athènes et Pékin.
00:16:04Londres et Rio, ça a été un petit peu plus compliqué.
00:16:07Mais on va revenir sur ces éditions en détail.
00:16:09Commençons par le commencement.
00:16:10Athènes 2004.
00:16:12Est-ce que déjà 21 ans plus tard, dans ce canapé,
00:16:14Julien, tu te rappelles précisément de tout ce qui s'est passé là-bas ?
00:16:17La ligne de départ, les sensations, la course ?
00:16:20À Athènes, je ne me rappelle de rien.
00:16:21De rien du tout ?
00:16:22Rien du tout.
00:16:23Comment tu l'expliques, ça ?
00:16:24J'étais tellement dans ma bulle que je n'ai aucun souvenir de la course.
00:16:28Et le seul souvenir de la course que j'ai, c'est ce que j'ai revu après coup à la télé.
00:16:33Et c'est quelque chose qui t'arrivait souvent, ça, de déconnecter complètement ?
00:16:35Non, c'était vraiment la première fois que j'avais ce qu'on appelle l'état de flot.
00:16:39C'est-à-dire, j'étais porté.
00:16:42Même la semaine précédente, aux Jeux Olympiques, j'étais programmé.
00:16:46C'était les heures d'entraînement.
00:16:48J'allais à l'entraînement, il fallait dormir, je dormais.
00:16:50Robotique.
00:16:51Tout était calculé, millimétré.
00:16:54J'étais juste programmé pour arriver le jour J, l'heure H, sur la ligne de départ,
00:16:59et faire ce que j'avais à faire.
00:17:02Évidemment, Julien, on est dans une course olympique, tout peut se passer.
00:17:04Mais là, ce que tu me décris, j'ai l'impression que même,
00:17:07avant même d'avoir disputé la course, tu étais tellement programmé pour gagner,
00:17:12qu'en fait, c'était impossible de laisser échapper une victoire.
00:17:14Que la médaille d'or, elle était presque un petit peu déjà accrochée autour de ton coup.
00:17:19Non, c'est-à-dire que j'ai essayé de, le but de tout programmer,
00:17:23c'est d'enlever tous les aléas possibles et s'enlever la pression,
00:17:27parce qu'en fait, tu vas juste faire au bon moment la chose que tu as à faire.
00:17:32En essayant de supprimer tous les imprévus.
00:17:36Après, en 2004, je n'avais pas encore gagné de course internationale.
00:17:38C'est ma première victoire internationale, je n'avais jamais gagné de Coupe du Monde.
00:17:42Je n'étais pas du tout cité parmi les chances de médailles françaises,
00:17:46ce qui a été une chance pour moi parce que j'étais totalement hors des radars.
00:17:51On n'a pas parlé de moi avant.
00:17:53Je n'avais pas de pression médiatique du tout.
00:17:54Personne ne me connaissait et personne ne s'attendait à ce que je décroche une médaille.
00:17:58Encore moins l'or.
00:17:59Et moi, dans ma tête, j'y croyais.
00:18:03Je savais qu'une médaille était accessible,
00:18:08mais dans le petit coin de ma tête, je voulais l'or.
00:18:11Et tu l'as eu avec notamment ce geste dans la dernière ligne droite.
00:18:15On a une petite photo que tu as dû revoir par la suite à plusieurs reprises.
00:18:20Ce doigt pointé au ciel pour rendre hommage à ton papa,
00:18:23qui était décédé deux ans plus tôt, en 2002.
00:18:26On sait que ton père aussi t'a accompagné.
00:18:30Il était partout avec toi dans le VTT.
00:18:32Ça a été dur à sa mort.
00:18:33Tu as même pensé à mettre le vélo de côté, à arrêter.
00:18:36Ça t'a poussé.
00:18:37Ça t'a permis aussi d'aller décrocher cette belle médaille à Athènes.
00:18:41Tu l'as senti un peu avec toi pendant la course ?
00:18:44Oui, c'est-à-dire que cette épreuve de vie m'a forgé.
00:18:47Et je pense que quand tu as vécu quelque chose de difficile,
00:18:52tu peux t'en servir en force en disant que rien ne peut être plus difficile que ça.
00:18:59Et pas que pendant la course où il était avec moi,
00:19:02mais sur les entraînements, sur les mois précédents,
00:19:06à l'entraînement, j'étais plus fort parce que je me remerberais ça.
00:19:11Et je me disais non, mais ça, avoir mal aux jambes, ce n'est pas dur à côté de ça.
00:19:16Mais comment on fait pour transformer toute cette tristesse en force ?
00:19:21Comment tu fais toi ? Est-ce que tu as une méthode particulière pour réussir à le faire ?
00:19:25Non, je n'ai pas qu'une méthode, ça s'est fait naturellement.
00:19:26Et c'est peut-être aussi une rage intérieure.
00:19:30Et le vélo, l'entraînement étaient un échappatoire pour moi
00:19:34et me permettaient d'extérioriser tout ce qu'il y avait en moi.
00:19:37Et ce jour-là, je pense que tout est sorti.
00:19:43On le sait, l'euphorie d'un titre olympique qui plus est peut laisser après un vide immense.
00:19:48Moi, j'aimerais que tu écoutes Lisa Barbelin,
00:19:50médaillée de bronze au tir à l'arc aux Jeux de Paris,
00:19:52qui était dans le canapé, dans cette émission à ta place, et qui a dit ça.
00:19:56Il y a ce truc de qu'est-ce que je suis maintenant ?
00:20:01Qu'est-ce que je vais devenir une fois que j'ai réalisé un des plus grands rêves de ma vie ?
00:20:07Il y a qu'est-ce que je vais devenir, qu'est-ce que je suis,
00:20:11et qu'est-ce que je suis capable de faire à part ça.
00:20:14Je trouve ça très intéressant, Julien, parce que Lisa Barbelin a 20 ans de moins que toi.
00:20:19Elle est toute jeune, ce n'est pas du tout la même génération.
00:20:22Mais par contre, je pense, tu vas nous le dire, que tu partages le même ressenti.
00:20:26Très juste ce qu'elle dit, et je trouve ça bien maintenant que les jeunes sportifs, à l'heure actuelle, en parlent.
00:20:33Puisque j'ai ressenti exactement ça en 2004, sauf qu'à cette époque-là, ça ne se faisait pas d'en parler.
00:20:40C'était presque tabou.
00:20:42Et je m'étais préparé à la course olympique, mais je n'avais jamais imaginé l'après.
00:20:47Et que ça soit sortir de ces Jeux de 2004 avec ou sans médaille, je n'avais jamais pensé ce que ça pouvait faire, ce qu'il fallait que je fasse.
00:20:57Et là, je réalise un rêve.
00:21:01Derrière, je suis sur mon petit nuage, mais effectivement, je me pose très rapidement ces questions.
00:21:04Ah oui, je viens de réaliser mon rêve, mais ça fait des années que je pense à ça.
00:21:09Et maintenant ? Maintenant quoi ? Qu'est-ce que je vais faire ?
00:21:11Je n'arrivais pas tout de suite à me projeter sur l'élimpiade suivante, même si j'avais 24 ans.
00:21:18Et ça pouvait paraître évident, 24 ans, oui, tu dis, à 28 ans, je serais toujours en mesure.
00:21:25Mais ça me paraissait trop loin.
00:21:27Et j'ai commencé à rentrer en dépression.
00:21:30Et en plus, je me sentais honteux parce que je ne me sentais pas légitime d'être triste.
00:21:36Parce que je me disais, mais attends, je viens de réaliser ton rêve.
00:21:38Et là, pourquoi ça n'irait pas ?
00:21:41Et personne ne parlait de ça.
00:21:43Et ça a été un hiver difficile, cet hiver post-Athènes.
00:21:49Et aussi parce qu'à cette époque-là, en tant que sportif, quand tu ressentais ça,
00:21:53tu te sentais isolé parce qu'il n'y avait personne et on n'était pas armé ni formé pour traverser ça.
00:22:00Mais comment tu as fait alors ?
00:22:01Parce que là, on écoute les propos de Lisa Barbelin.
00:22:03D'autres athlètes se sont exprimés sur ce sujet.
00:22:05Maintenant, ils peuvent être aidés de préparateurs mentaux.
00:22:08Toi, tu l'as dit, c'était un sujet tabou, il n'y avait pas tout ça.
00:22:10Et là, comment toi, Julien, avec toi-même, tu as réussi à sortir de tout ça, à retrouver un but, à te remettre à fond pour la prochaine échéance, tout seul ?
00:22:21L'hiver a été compliqué.
00:22:23Et puis, à un moment, l'envie de remonter sur le vélo a repris le dessus.
00:22:27Et puis, petit à petit, je me suis refixé des objectifs.
00:22:33Je me suis dit, OK, j'ai envie d'y retourner.
00:22:35J'ai envie de revivre ça.
00:22:38Et après, Athènes, les années passent.
00:22:40Toi, tu continues à gagner.
00:22:41Place à Pékin, 2008, quelques temps avant les Jeux.
00:22:45Je sais que ça a été aussi une période difficile pour toi.
00:22:47Je replace un peu dans le contexte.
00:22:49En mai, tu chutes dans une manche de Coupe du Monde en Andorre.
00:22:52Le mois suivant, tu perds aussi ton titre de champion du monde que tu avais depuis 2004.
00:22:57Et en plus de tout ça, quand tu arrives sur le lieu de la compétition à Pékin, tu chutes à l'entraînement.
00:23:01Ça fait quand même beaucoup.
00:23:03Comment, toi, tu encaisses tout ça à cette période, Julien ?
00:23:06Donc, après Athènes, j'ai dominé pendant quatre ans.
00:23:11Et forcément, en 2008, j'étais là, par contre, cité comme ultra, ultra favori pour les Jeux.
00:23:19Donc, j'avais énormément de pression, mais de la part des sponsors, de la part des médias, de la part du public,
00:23:26mais surtout de la part de moi-même.
00:23:28Et c'était un peu dur de savoir que faire deuxième, c'était absolument battu.
00:23:37Et ce que je disais tout à l'heure, les victoires, c'était pas essayer d'aller décrocher une victoire.
00:23:41C'était, il faut que je gagne, sinon j'ai perdu.
00:23:43Et c'était l'obligation de la victoire.
00:23:46Et quelques semaines avant les Jeux, j'ai pris une énorme claque au championnat du monde.
00:23:52Mais sans cette claque et sans cette défaite, je pense que je ne serais pas demi-champion olympique.
00:23:56J'étais dans une mauvaise spirale où, de vouloir bien faire, j'en faisais peut-être aussi un peu trop.
00:24:02J'avais flirté, j'avais dépassé un petit peu la limite et j'étais en surentraînement.
00:24:05Je savais qu'avant, j'abordais pas le championnat du monde dans les meilleures conditions,
00:24:09mais je voulais gagner en sachant que j'étais pas dans les meilleures conditions.
00:24:12Donc, je me mettais à la pression.
00:24:13Et je prenais plus de plaisir parce que c'était l'obligation de, je dois gagner.
00:24:19Et de me prendre une énorme claque, en fait, ça m'enlevait de la pression
00:24:23parce que tous les titres annoncés, Absalon battu, mauvaise posture.
00:24:29Et en fait, c'était confortable parce que ça m'a enlevé un poids sur les épaules.
00:24:33Je me suis dit, ok, vous voyez, je suis humain, je peux perdre.
00:24:39Donc, les autres favoris ont pris de cette pression.
00:24:43Et moi, je me suis dit, voilà, j'arrive au jeu.
00:24:46Ma dernière course internationale, je l'ai perdue.
00:24:49Je me suis fait un énorme malaise.
00:24:52Donc, je ne suis pas l'unique favori.
00:24:54Est-ce qu'à un moment, justement, dans cette période de domination
00:24:56où tu étais l'ultra-favori de toutes tes courses,
00:24:59tu te disais intérieurement, j'aimerais bien redevenir le Julien avant JO 2004,
00:25:05outsider que personne n'attend.
00:25:06Ça t'arrivait à te dire ça, Julien ?
00:25:09Non, mais j'arrivais à l'oublier, ce statut que je n'ai pas réussi à faire en 2008,
00:25:17mais en filer un costume, un costume de champion qui te permet de prendre du recul.
00:25:23D'accord.
00:25:23Comme si ce n'était plus le Julien Absalon que j'ai en face de moi là,
00:25:26mais c'est un Julien qui prend le costume avant d'arriver sur la ligne de départ.
00:25:30Un peu un personnage.
00:25:31Un personnage, tout à fait, comme un acteur pourrait jouer un rôle
00:25:35ou comme un musicien va jouer sa partition.
00:25:39Ça a commencé, ces années-là, j'étais dans une équipe espagnole hors BA
00:25:43et les Espagnols m'appelaient Absalon par mon nom de famille.
00:25:48Au début, ça m'énervait un peu qu'on m'appelait par mon nom de famille.
00:25:51Et puis, en fait, j'ai compris que c'était le champion qui désignait.
00:25:53Et donc, avant les cours, je prenais ce costume de champion
00:25:58et je me détachais de ma personnalité à moi.
00:26:03Ce qui n'est pas facile.
00:26:03Et en gros, si le champion me perdait, ce n'était pas moi qui perdais, c'était le champion.
00:26:07D'accord.
00:26:08Mais réussir à faire ça tout seul, c'est très fort.
00:26:10Parce que tu le sais, il y a énormément de sportifs qui souffrent aussi un peu de crises identitaires.
00:26:15Le sportif, l'athlète, se mêle complètement à la personne qui le sent en dehors.
00:26:19Toi, tu as réussi tout seul à différencier les deux,
00:26:21à avoir un Julien champion qui prend les départs des courses de VTT
00:26:25et un Julien, l'homme en dehors de son sport.
00:26:27Voilà, je pense que j'ai vraiment eu deux personnalités différentes.
00:26:33C'est-à-dire que Julien, le champion sur le vélo, c'est totalement l'opposé de ma vraie personnalité.
00:26:39On va se replonger dans cette course de Pékin.
00:26:42Celle-ci, tu t'en rappelles ?
00:26:43Oui, c'est plus dur.
00:26:44Tu t'en rappelles, conditions pas simples, grosse chaleur.
00:26:48Tu attaques, toi, il y a huit tours.
00:26:49Dès le deuxième, tu attaques.
00:26:51La question que je me suis posée, Julien, c'est à ce que c'est prévu tout ça ?
00:26:54Ou est-ce que c'est à l'instinct ?
00:26:55Tu te dis, là, c'est le bon moment.
00:26:57Je dois le faire.
00:26:59J'ai toujours aimé durcir les courses le plus tôt possible
00:27:04et jouer sur mes qualités de grimpeur
00:27:07et plutôt m'isoler en début de course.
00:27:09Après, lorsque des nouveaux concurrents sont arrivés, justement, après Pékin,
00:27:13je suis revenu dans des scénarii de course qui étaient plus compliqués pour moi,
00:27:19où il fallait attaquer ou voir arriver au sprint.
00:27:22Et ça, ce n'était pas confortable pour moi.
00:27:25Je préférais m'isoler le plus rapidement possible.
00:27:28Mais comment tu sais, là, tu attaques au deuxième tour à Pékin,
00:27:31comment tu sais que c'est le bon moment, toi ?
00:27:32Ça te vient naturellement ?
00:27:36Ou quand même, dans ta tête, il y a tout un circuit avant de te dire,
00:27:39« Allez, là, j'attaque ».
00:27:40Non, il y a eu les deux premiers tours d'observation
00:27:43où j'ai vu les forces et les faiblesses de mes adversaires
00:27:46et je savais que sur un dernier tour, c'était beaucoup plus aléatoire
00:27:51et qu'il valait mieux tout de suite durcir.
00:27:54C'est un jeu d'échecs ou pas, les courses de VTT ?
00:27:56Beaucoup moins que la route,
00:27:57parce qu'il y a quand même moins l'esprit de tactique.
00:28:01En général, le meilleur gagne.
00:28:03Alors maintenant, le VTT a quand même beaucoup évolué.
00:28:05On a de plus en plus des circuits qui sont rapides.
00:28:09Les moyennes horaires sont plus hautes.
00:28:11Donc là, il y a plus de phénomènes d'aspiration
00:28:12et le côté tactique maintenant est plus prépondérant
00:28:15qu'à l'époque sur des circuits ultra difficiles
00:28:18avec des montées raides et plus longues.
00:28:20Alors, Pékin, donc doublé français.
00:28:24Tu fais médaille d'or et Jean-Christophe Perrault fait deuxième podium partagé.
00:28:29Ça aussi, je suppose que c'est quelque chose qui te reste en mémoire.
00:28:32Oui, en plus, on faisait partie de la même équipe.
00:28:35Espagnole avec l'équipe Orbéa.
00:28:37Donc, c'était vraiment carton plein.
00:28:40Alors, en quoi l'après Pékin a-t-il été différent de l'après Athènes pour toi ?
00:28:46J'étais préparé déjà.
00:28:47J'avais vécu une première fois,
00:28:49parce que c'était qu'une médaille olympique.
00:28:52Je ne dirais pas que ça a été facile pour autant,
00:28:54mais j'étais mieux préparé.
00:28:57Mieux préparé à l'après ?
00:28:58Ça a été beaucoup plus dur avant,
00:28:59mais mieux préparé pour l'après.
00:29:02Donc, l'après, tu continues à te faire un palmarès complètement dingue,
00:29:07celui qu'on a vu au début de l'émission.
00:29:09On parle de toi comme une légende.
00:29:10Il y a une autre légende aussi dans ta discipline que tu connais très bien.
00:29:13Je vais te montrer une petite photo, mais évidemment, ça va te parler.
00:29:16Et c'est le Suisse, Nino Schurter,
00:29:18que vous voyez ici à l'image, à la lutte, d'ailleurs, avec Julien Absalon.
00:29:22Juste, je cite quand même le palmarès de Nino Schurter,
00:29:25dix fois champion du monde,
00:29:26neuf fois vainqueur du classement général de la Coupe du monde,
00:29:28triple médaille olympique et retraité depuis peu, depuis fin septembre.
00:29:32Est-ce que cet homme, Julien, qu'on voit sur cette image,
00:29:35à la lutte avec toi, t'a aidé, t'a poussé à progresser,
00:29:39à viser toujours plus haut ?
00:29:41Qui est clairement mon meilleur ennemi.
00:29:43Et c'est grâce à lui, je pense, que j'ai eu cette longévité,
00:29:47parce qu'il m'a permis de me repousser.
00:29:50Et pendant des années, je m'entraînais pour le battre.
00:29:53Et mes plus belles victoires, à partir de 2009,
00:29:57il m'a battu pour la première fois, je ne sais pas du monde,
00:29:59en Australie à Cairns, en 2009, au sprint.
00:30:02Et pendant des années, tous les jours, je pensais à lui.
00:30:07Parce que tous les jours à l'entraînement, je me disais,
00:30:08il faut que je m'entraîne pour le battre.
00:30:10Et c'était une motivation incroyable.
00:30:11Je pense que ça m'a poussé.
00:30:15Et on s'est poussé à être meilleur.
00:30:17C'est-à-dire que lui travaillait mes qualités,
00:30:18et moi, je travaillais les siennes.
00:30:20Oui, donc finalement, ton meilleur ennemi,
00:30:21mais ton meilleur ami dans la performance,
00:30:23pour vous pousser mutuellement.
00:30:25Oui, on n'a jamais pu être ami,
00:30:26parce qu'il y avait trop de rivalités.
00:30:28On a eu toujours beaucoup de respect.
00:30:30La première année, lorsqu'il m'a battu en 2009,
00:30:32j'étais un peu mauvaise quand même.
00:30:34Et puis, sa nouvelle manière d'aborder la compétition,
00:30:38de se mettre dans ma roue et d'attendre le sprint final,
00:30:40sachant plus explosif au sprint,
00:30:43ça m'a un peu énervé au début.
00:30:45Et après, j'ai compris qu'il fallait que je m'adapte.
00:30:48Mais on ne pouvait pas être ami,
00:30:48parce que sur les reconnaissances du circuit,
00:30:52on devait garder nos trajectoires.
00:30:53Même, il y avait de l'intox sur tous les chevaux matériels,
00:30:56sur les trajectoires, etc.
00:30:58Donc, on ne pouvait pas.
00:31:00Et quand on discutait ensemble,
00:31:01on ne savait pas en plus ce qui était vrai, pas vrai,
00:31:04par d'intox ou pas.
00:31:05Et maintenant ?
00:31:06Et maintenant, justement,
00:31:07j'ai tourné un petit film avec lui récemment.
00:31:11Je suis allé chez lui
00:31:12et on a pu partager une séance d'entraînement ensemble.
00:31:16Et on a, pour la première fois, fait du vélo ensemble
00:31:18et partager une journée,
00:31:20ce qui était vraiment sympa.
00:31:22D'ailleurs, l'épisode s'appelle Rivals.
00:31:25Donc, ça illustre bien ce que vous étiez à l'époque.
00:31:31Exactement.
00:31:32Nino Schurter, grande légende, tout comme toi.
00:31:34Donc, les Jeux, Athènes, l'or, Pékin, l'or.
00:31:37Londres et Rio, ça a été plus compliqué pour toi.
00:31:39On peut revoir le petit visuel avec ces quatre Jeux olympiques.
00:31:44Londres, un abandon.
00:31:45Et Rio, une huitième place.
00:31:47Julien, quand on a gagné,
00:31:49quand on est un vaincu au jeu, même avant Londres,
00:31:51qu'est-ce que ça fait d'abandonner à Londres
00:31:55et de faire huitième à Rio ?
00:31:56Est-ce que, là, pour le coup, l'ego du champion
00:31:58en prend vraiment un coup ?
00:32:01Alors, Londres, à chaque fois que je vois cette image,
00:32:04que j'y repense,
00:32:04il y a un petit truc qui se noue dans l'estomac.
00:32:07C'est le pire souvenir de ta carrière ?
00:32:09C'est le pire souvenir de ma carrière
00:32:10parce que j'ai crevé avant même le départ
00:32:13et ne même pas pouvoir défendre mes chances.
00:32:16Ça a été quand même quelque chose de terrible.
00:32:19J'ai mis du temps à digérer.
00:32:21Je ne sais même pas si c'était vraiment digéré.
00:32:23Je n'ai pas beaucoup de regrets dans ma carrière
00:32:25parce que je me dis que, voilà, 50% de réussite,
00:32:28deux fois l'or et deux fois moyen.
00:32:31Mais ça, ça reste quand même dur.
00:32:34Sachant qu'en plus, en VTT,
00:32:36souvent, quand tu crèves, c'est une erreur.
00:32:38Si tu fais une erreur de pilotage, tu crèves.
00:32:40Bon, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même.
00:32:42Mais là, je prends le départ avec une roue crevée.
00:32:44Je ne sais pas.
00:32:46Je ne saurais jamais réellement ce qui s'est passé
00:32:47avant la course.
00:32:50Donc, ça a été vraiment très dur.
00:32:52C'est une obsession pour toi.
00:32:54Ça a été une obsession de décrocher
00:32:56trois médailles d'or sur trois Jeux Olympiques différents
00:32:58comme ont pu le faire un Tony Estanguet,
00:33:00un Teddy Riner plus récemment.
00:33:03Oui, parce que j'ai toujours été constant dans ma carrière
00:33:05et j'ai rarement quitté le podium.
00:33:07C'est-à-dire que même sur les courses internationales,
00:33:09que ce soit en 2016 ou en 2012,
00:33:11j'ai toujours fait podium.
00:33:14Donc, je ne sais pas si j'aurais pu gagner l'or
00:33:18puisque 2012, il y avait un Tchèque qui était très en forme.
00:33:21Ils reçoivent coup la vie.
00:33:22Nino Schorter aussi.
00:33:26Mais clairement, j'étais prêt.
00:33:28Donc, abandon à Londres,
00:33:31huitième à Rio.
00:33:32Après les Jeux de Rio,
00:33:33toi, tu vas remporter la 33e manche de Coupe du Monde
00:33:35de ta carrière, la dernière,
00:33:37et pour la septième fois,
00:33:37le classement général de la Coupe du Monde.
00:33:39Mais moi, j'aimerais te parler d'une course
00:33:40qui a eu lieu avant Rio,
00:33:42une course marquante pour toi.
00:33:43Alors, sur le papier,
00:33:44ce n'est peut-être pas ta plus grande victoire,
00:33:46mais par contre, à tes yeux,
00:33:47je suis sûr que c'est l'une des plus belles,
00:33:49peut-être la plus belle.
00:33:51C'est une étape de Coupe du Monde chez toi.
00:33:53À la Bresse, en 2016,
00:33:55est-ce que tu peux me décrire ce moment
00:33:57qui, d'ailleurs, est peut-être indescriptible ?
00:33:59Oui, ça fait partie de mon plus beau souvenir de carrière
00:34:03pour avoir la chance de courir une course internationale
00:34:06à domicile dans les Vosges,
00:34:09ma terre natale,
00:34:11avec un public qui était incroyable.
00:34:13Le week-end précédent,
00:34:14j'étais en République tchèque,
00:34:15et j'ai une gastro,
00:34:17je n'ai pas pu finir la course.
00:34:18Donc là, je savais que j'allais m'affaire,
00:34:20que j'étais faible.
00:34:22J'ai tout fait pour essayer de retrouver de l'énergie,
00:34:25mais je savais que je n'étais pas au mieux.
00:34:27Une semaine après, forcément,
00:34:29je ne pouvais pas être à 100%,
00:34:30mais j'étais vraiment porté par le public
00:34:31et je voulais donner à ces gens
00:34:34qui m'ont toujours suivi.
00:34:36Les Vosgiens ont toujours été très fidèles
00:34:38depuis mes tout débuts,
00:34:40les premières courses régionales
00:34:42jusqu'à mes titres olympiques.
00:34:44Et je voulais leur offrir cette victoire.
00:34:45et j'ai vraiment été porté par le public.
00:34:48L'ambiance était incroyable
00:34:49et c'est un souvenir très marquant.
00:34:52Un souvenir très marquant.
00:34:54Alors, ta dernière victoire en Coupe du Monde,
00:34:56la 33e victoire de ta carrière,
00:34:58à ce moment-là,
00:34:59tu ne sais pas encore que c'est ta dernière.
00:35:01On a les images.
00:35:02Je voudrais quand même que tu me parles
00:35:03un peu de ce qu'on peut ressentir
00:35:05quand on remporte une étape de Coupe du Monde.
00:35:07Est-ce que, quand c'est la 33e,
00:35:09on a tendance à banaliser un peu la victoire, Julien,
00:35:12ou c'est toujours quelque chose d'intense ?
00:35:15Cette victoire en Andorre,
00:35:16elle était intense.
00:35:17J'étais déçu de cette 8e place à Rio
00:35:20et là, c'était deux semaines après.
00:35:22Et je voulais montrer
00:35:23que ma 8e place à Rio,
00:35:25ce n'était pas ma place.
00:35:29Elle est venue penser les plays un petit peu ?
00:35:31Voilà, et là, en fait,
00:35:31j'avais la rage de cette 8e place.
00:35:34Je voulais montrer que j'étais capable de gagner.
00:35:36Toujours ces images aussi impressionnantes à la lutte.
00:35:42En montée, ton poids fort, on le rappelle.
00:35:45Oui, c'est une montée qui est vraiment très, très réelle.
00:35:47Ça crache toujours à la télé,
00:35:48mais c'est vraiment très réelle ici.
00:35:50Est-ce qu'on pense ?
00:35:51Est-ce qu'on pense ?
00:35:52J'ai posé la question à Asdine Habs,
00:35:53coureur recordman de France du 1500 mètres.
00:35:56Alors, c'est court à 1500 mètres,
00:35:57mais lui me disait que parfois,
00:35:59il pensait un petit peu, en tout cas, à l'entraînement.
00:36:01En compétition, le cerveau, il le débranche un petit peu.
00:36:03Est-ce que toi, sur une course de VTT,
00:36:06toutes celles que tu as pu faire dans ta carrière,
00:36:08l'esprit divague un petit peu ?
00:36:10Non, en VTT, on n'a pas le temps.
00:36:11Il faut vraiment être concentré
00:36:12à la fois sur la gestion de l'effort,
00:36:14à la fois sur le pilotage.
00:36:17Différent de 1500 mètres,
00:36:18mais là, je pense que sur une heure et demie d'effort,
00:36:23le cerveau, il doit justement rester branché
00:36:24pour gérer tous les paramètres.
00:36:28Et là, quand on lève les bras comme ça,
00:36:29c'est juste...
00:36:30Là, il n'y a pas d'explosion de joie
00:36:31puisque c'est plus...
00:36:33Le travail est fait.
00:36:36Non, la rage d'avoir échoué
00:36:39quelques semaines avant aux Jeux Olympiques.
00:36:41Oui, c'est vrai qu'on le voit,
00:36:42il n'y a pas une grosse explosion de joie.
00:36:44C'est vraiment histoire de dire,
00:36:46bon, j'ai fait huitième à Rio,
00:36:48mais vous le voyez,
00:36:49je suis bien le meilleur sur cette étape
00:36:50de Coupe du Monde.
00:36:52Tu nous en as parlé, Julien,
00:36:54le plaisir aussi de gagner à la maison,
00:36:55à la Bresse.
00:36:57Je fais un petit parallèle,
00:36:58mais avec les athlètes qui ont gagné chez eux,
00:37:00aux Jeux de Paris.
00:37:01Toi, ces Jeux de Paris,
00:37:02tu les as vécu de l'intérieur.
00:37:03Tu as été consultant pour France Télévisions.
00:37:06Je me dis, est-ce qu'il y a un moment, Julien,
00:37:08où tu t'es dit, pendant que tu commentais,
00:37:10ah, j'aimerais bien être à leur place.
00:37:12Ah, j'aimerais bien être sur le vélo
00:37:13et pouvoir disputer des Jeux Olympiques
00:37:15à Paris, à la maison.
00:37:16Oui, c'est évident que, pour un sportif,
00:37:19participer à des Jeux Olympiques dans son pays,
00:37:21ça devait être incroyable.
00:37:23À la fois incroyable, à la fois dur,
00:37:24parce que faire des Jeux Olympiques,
00:37:27en plus, quand on est favori,
00:37:29il y a une pression qui est énorme.
00:37:31Mais à la maison, ça devait être encore pire.
00:37:34Donc, à la fois beau,
00:37:35mais à la fois encore plus dur, peut-être.
00:37:36Oui.
00:37:38Avec ce rôle de consultant,
00:37:39que tu vas aussi,
00:37:40ce costume que tu vas aussi enfiler
00:37:42à Los Angeles 2028,
00:37:44on aura des Français,
00:37:45des Françaises performants, on l'espère.
00:37:47On va en parler avec toi, Julien,
00:37:48dans cette rubrique.
00:37:49Chaud devant.
00:37:50C'est parti.
00:37:56Alors, avant de parler des chances,
00:37:58des forces françaises
00:37:59aux Jeux de Los Angeles en 2028,
00:38:01quand même, on va te montrer, Julien,
00:38:03le lieu de la compétition,
00:38:05l'Industry Hills.
00:38:06Alors, on a quelques images,
00:38:07évidemment, pas encore le tracé,
00:38:09mais j'aimerais avoir ton avis rapidement.
00:38:11Une course aux Etats-Unis,
00:38:15à quelques kilomètres
00:38:16à l'est du centre de Los Angeles,
00:38:18ça t'inspire quoi ?
00:38:20Maintenant, on voit,
00:38:21les Jeux olympiques,
00:38:22les tracés VTT
00:38:23lors des Jeux olympiques
00:38:24sont totalement artificiels.
00:38:26Donc, il n'y a pas besoin
00:38:27d'une grosse colline.
00:38:27On a vu à Elencourt,
00:38:28le travail formidable,
00:38:29il y avait le tracé incroyable
00:38:30qui a été fait.
00:38:32Il n'y a plus besoin
00:38:33de gros dénivelé.
00:38:35Je ne suis pas de doute
00:38:36que les Américains
00:38:37sauront faire
00:38:38un tracé intéressant.
00:38:39même si je ne suis pas très fan
00:38:41des tracés olympiques
00:38:42qui s'éloignent un petit peu
00:38:43de la vraie pratique du VTT.
00:38:47Aseptisées,
00:38:47totalement artificielles
00:38:48et je pense que les gens
00:38:49ne peuvent pas trop s'identifier
00:38:51quand on voit
00:38:51une épreuve olympique.
00:38:53On ne peut pas dire
00:38:53je vais prendre mon VTT
00:38:54et je vais faire pareil.
00:38:56Je vais aller rouler
00:38:57parce que le parcours
00:38:59est totalement artificiel.
00:39:01À la base,
00:39:01le VTT,
00:39:02comme l'appellent les Québécois,
00:39:05c'est vélo de montagne.
00:39:05Ça fait partie
00:39:06de toutes les évolutions
00:39:07aussi de ta discipline,
00:39:09Julien.
00:39:10On le voit aussi,
00:39:11les circuits sont
00:39:12de plus en plus courts.
00:39:13Quand on regarde
00:39:14Athènes et Paris,
00:39:16ça se gagne
00:39:17de plus en plus rapidement,
00:39:18évidemment.
00:39:19Tout ça,
00:39:19toi,
00:39:19tu trouves que ce n'est pas
00:39:20forcément une bonne chose
00:39:21pour ta discipline ?
00:39:22Pour le téléspectateur,
00:39:24si.
00:39:24C'est vrai que j'ai gagné
00:39:25les Jeux à Athènes
00:39:27en 2h14
00:39:28ou quelque chose comme ça.
00:39:29Ou peut-être 2h18.
00:39:31C'est trop long.
00:39:33Réduire le format,
00:39:34ça permet de rendre
00:39:35les courses plus attractives,
00:39:37également de réduire
00:39:37les coûts de production télé.
00:39:40Je pense que ça va
00:39:41dans le bon sens
00:39:41pour le sport,
00:39:42mais pour le pratiquant
00:39:45un peu moins,
00:39:46il faut être conscient
00:39:48de vivre avec son temps,
00:39:49c'est le sport business.
00:39:50Il faut que ça soit télévisuel,
00:39:52il faut que ça soit punchy,
00:39:54il faut qu'il y ait de l'action,
00:39:55il faut qu'il y ait des chutes,
00:39:56il faut qu'il y ait du contact.
00:39:59C'est ça qui marche à la télé.
00:40:01Ça t'aurait plu, toi,
00:40:02toujours, à l'heure actuelle
00:40:03de concourir avec ce sport
00:40:05qui a changé,
00:40:07comme tu viens de l'évoquer.
00:40:08Est-ce que tu aurais pu
00:40:09prendre autant de plaisir ?
00:40:11Je ne sais pas si on a pris autant,
00:40:12mais après,
00:40:12il faut s'adapter.
00:40:13Et ce qui a fait aussi,
00:40:15ce qui a été très intéressant
00:40:16du Moiraka,
00:40:17c'est qu'il a fallu
00:40:17que je m'adapte
00:40:18à ces nouveaux formats
00:40:18passés de 2h15 de course
00:40:20à 1h30.
00:40:22Lorsqu'on prend de l'âge,
00:40:23c'est plus facile
00:40:23d'aller dans l'autre sens,
00:40:24d'allonger la distance
00:40:25et diminuer l'intensité.
00:40:26Et là, le challenge,
00:40:27c'était justement ça,
00:40:28de s'adapter
00:40:28à des courses plus intenses,
00:40:33plus puncher-grimpeur
00:40:35que pur grimpeur.
00:40:37J'ai pris ça
00:40:38comme des challenges
00:40:39et pas comme une fatalité.
00:40:41Mince,
00:40:41ce n'est pas mon avantage.
00:40:44Non, j'ai pris ça
00:40:44comme un challenge à révéler
00:40:46et qui était très intéressant.
00:40:48Et eux aussi
00:40:49vont devoir relever
00:40:50un sac à challenge
00:40:50à Los Angeles en 2028.
00:40:52On va faire un petit point bleu,
00:40:53un petit point équipe de France.
00:40:54Moi, j'aimerais avoir ton avis
00:40:55de consultant,
00:40:56d'expert, Julien,
00:40:58sur les différents vététistes
00:41:00qu'on va t'afficher à l'écran.
00:41:01On va commencer par
00:41:02Loana Lecomte,
00:41:03chez les femmes.
00:41:04Qu'est-ce que tu penses
00:41:05de Loana Lecomte,
00:41:06ses chances à Los Angeles ?
00:41:07Parlez-moi un peu d'elle.
00:41:09Clairement,
00:41:09Loana a un talent incroyable.
00:41:11Elle est encore très jeune.
00:41:13Là,
00:41:13elle sort d'une saison
00:41:14très compliquée.
00:41:16Elle tombe aux Jeux Olympiques,
00:41:17une énorme chute.
00:41:18Elle ne peut pas terminer.
00:41:19Je pense que
00:41:20je souhaite qu'elle revienne
00:41:21à son meilleur niveau
00:41:22après cette année blanche.
00:41:24Elle en a le potentiel.
00:41:27Et si elle est
00:41:29à son meilleur niveau
00:41:29en 2028,
00:41:30clairement,
00:41:31elle sera l'une des favorites
00:41:32chez les femmes.
00:41:32Allez,
00:41:33on va passer
00:41:34chez les hommes
00:41:34avec Jordan Sarou.
00:41:38Que tu connaîtras bien.
00:41:39Je connais très bien
00:41:40qui a couru dans mon équipe.
00:41:42Jordan,
00:41:43grand ami,
00:41:44qui est
00:41:44pareil,
00:41:45grand talent,
00:41:45qui sera
00:41:47s'il est sélectionné
00:41:49parmi les chefs
00:41:50de file
00:41:51les plus anciens.
00:41:53Puisqu'on peut dire
00:41:54que derrière,
00:41:55il y a aussi
00:41:56des petits jeunes
00:41:56qui poussent.
00:41:58Donc,
00:41:58les plus anciens
00:41:59pourraient être
00:41:59Jordan Sarou,
00:42:00Victor Koretsky.
00:42:01Mais derrière,
00:42:02il y a énormément
00:42:02de jeunes aussi
00:42:03qui ont les dents longues
00:42:04et qui l'ont prouvé
00:42:05cette année.
00:42:06Justement,
00:42:07un petit mot
00:42:08sur notre vice-champion
00:42:09olympique à Paris
00:42:10en 2024,
00:42:11Victor Koretsky.
00:42:14Victor Koretsky,
00:42:14en plus,
00:42:15oui,
00:42:15qui est l'homme
00:42:17des courses d'un jour.
00:42:18Il sait vraiment
00:42:19préparer les objectifs
00:42:20d'un jour.
00:42:21Il l'a prouvé
00:42:21à Paris.
00:42:24Donc,
00:42:25s'il coche,
00:42:26je pense qu'il va cocher
00:42:27forcément
00:42:28l'échéance
00:42:28de Paris-Los Angeles
00:42:302028.
00:42:31Il faudra compter
00:42:32sur lui.
00:42:32Victor Koretsky,
00:42:33médaillé d'argent,
00:42:34pas médaillé d'or.
00:42:35Et oui,
00:42:35pourquoi ?
00:42:35Parce qu'il y a un homme
00:42:36qui domine en ce moment,
00:42:38le VTT Cross Country.
00:42:39Il s'agit de Tom Pitcock
00:42:40et Thomas Sinecki
00:42:41va nous en parler
00:42:42dans cette émission.
00:42:49Je voudrais vous présenter
00:42:50tous ces applaudissements.
00:42:51Évidemment,
00:42:51toujours les applaudissements
00:42:52pour Thomas Sinecki.
00:42:53Tom Pitcock.
00:42:54Oui,
00:42:54Thomas,
00:42:55Tom parle à un autre Tom.
00:42:56Enfin,
00:42:56bonjour Julien.
00:42:58Et ce que je voudrais surtout,
00:42:59c'est que ce soit toi
00:43:00qui nous parles de Tom Pitcock,
00:43:01évidemment.
00:43:01Est-ce que,
00:43:02je vais peut-être te mettre
00:43:03mal à l'aise,
00:43:03je ne sais pas,
00:43:03mais est-ce que c'est clairement
00:43:04le GOAT qui parle
00:43:05à l'autre GOAT,
00:43:06si je te donne
00:43:07donc le meilleur de l'histoire,
00:43:08Julien Absalon,
00:43:09qui parle de Tom Pitcock.
00:43:10Est-ce que tu confirmes ça ?
00:43:11Tom Pitcock,
00:43:13c'est un peu un des ovnis
00:43:14avec Mathieu Van Der Poel,
00:43:16un des seuls cyclistes
00:43:18capables de passer
00:43:20d'une discipline à une autre
00:43:21et de performer.
00:43:24Il peut être sur la route
00:43:25le week-end après
00:43:25à revenir au VTT.
00:43:27Ce que d'ailleurs
00:43:28n'arrive plus forcément
00:43:29à faire Mathieu Van Der Poel,
00:43:31ça fait au moins
00:43:33deux, trois ans
00:43:33qu'il n'a pas performant
00:43:34en VTT,
00:43:34mais Tom Pitcock,
00:43:35lorsqu'il vient en VTT,
00:43:37en général,
00:43:37il claque,
00:43:38il gagne.
00:43:40Et ça,
00:43:41c'est assez impressionnant.
00:43:42Est-ce qu'un troisième titre
00:43:44olympique de suite,
00:43:46pour lui,
00:43:46c'est clairement envisageable,
00:43:48non ?
00:43:48Oui, vu son âge,
00:43:49il a encore le potentiel.
00:43:51S'il continue,
00:43:52je pense que c'est la clé
00:43:53pour lui,
00:43:54ce qu'il n'a peut-être pas fait
00:43:55de Mathieu Van Der Poel,
00:43:55c'est de revenir quand même
00:43:57régulièrement au VTT
00:43:58pour ne pas perdre
00:43:59le coup de pédale,
00:44:00ne pas perdre le pilotage.
00:44:03Mais s'il continue
00:44:05sur la lancée,
00:44:06ça sera l'épouvantail
00:44:07à Los Angeles.
00:44:08Et ça deviendrait ?
00:44:09Mais il n'est pas imbattable,
00:44:10on l'a vu,
00:44:11Victor, finalement,
00:44:11il ne passe à rien
00:44:12cette année à Paris.
00:44:14il avait quasiment
00:44:17le titre en poche.
00:44:18Donc tu vas compter
00:44:18sur Victor
00:44:19pour que Tom Pitcock
00:44:20ne devienne pas
00:44:21le seul triple champion olympique.
00:44:22Après, il faudra compter
00:44:23aussi sur tous les jeunes
00:44:24parce qu'il va se passer
00:44:24encore beaucoup de choses
00:44:25en deux ans.
00:44:28Il y a des petits jeunes
00:44:29qui vont arriver
00:44:30à maturité d'ici 2028.
00:44:32Est-ce que la perspective
00:44:33si les triples champions olympiques,
00:44:35alors tout le monde dit,
00:44:35donc là,
00:44:36vous êtes les deux seuls
00:44:37doubles champions olympiques
00:44:37de VTT,
00:44:39oui, ce n'est pas grave,
00:44:40je suis battu
00:44:41par quelqu'un de très grand,
00:44:42ça c'est le discours
00:44:43toujours habituel.
00:44:44Est-ce qu'au fond de toi,
00:44:45tu peux quand même nous dire
00:44:45que ça te ferait un petit peu,
00:44:47un petit peu mal quand même
00:44:49ou pas ?
00:44:50Non, non.
00:44:52On parle plus
00:44:52quand Nino Shorter
00:44:55a pris presque
00:44:571-1 de tous mes records,
00:44:58ça me faisait un petit peu
00:45:00mal au début,
00:45:02mais au contraire,
00:45:03ça m'a donné plus de fierté
00:45:04qu'autre chose,
00:45:05de voir que mon grand rival
00:45:08était encore capable
00:45:09de battre les jeunes
00:45:10il y a peu.
00:45:12ça donnait de la crédibilité
00:45:14à nos défis.
00:45:16Avec Tom Pitcock,
00:45:17j'ai beaucoup moins bataillé
00:45:18puisque je crois
00:45:19on avait quelques courses
00:45:20en commun,
00:45:21mais moi,
00:45:21lorsque j'étais plutôt
00:45:23en fin de carrière
00:45:24et puis lui,
00:45:25au tout début
00:45:25de ses apparitions VTT,
00:45:27donc moins d'avis.
00:45:29Voilà,
00:45:29mais en fait,
00:45:30je préférais clairement
00:45:31que ce soit un Français
00:45:32qui gagne,
00:45:32mais ça ne me ferait rien
00:45:34que Tom Pitcock
00:45:34personnellement gagne.
00:45:36Bon,
00:45:37d'accord.
00:45:37Et ce qui est exceptionnel
00:45:38avec lui,
00:45:38c'est ce que tu disais,
00:45:39troisième de la Vuelta,
00:45:41deuxième de Liège-Bastogne-Liège,
00:45:42c'est quelqu'un qui est vraiment
00:45:43sur route
00:45:44et exceptionnel
00:45:46à tel point,
00:45:47comme tu le disais un petit peu aussi,
00:45:49que peut-être ça peut le desservir.
00:45:51Enfin,
00:45:51il faut arriver à se spécialiser,
00:45:53c'est compliqué.
00:45:54Oui,
00:45:55après,
00:45:55ce qui est bien
00:45:55avec ces garçons-là,
00:45:57c'est que,
00:45:58bon,
00:45:58clairement,
00:46:00ils sont passionnés
00:46:00parce qu'ils gagnent
00:46:02beaucoup plus d'argent
00:46:02sur la route.
00:46:04Ils arrivent quand même
00:46:05à imposer leur choix
00:46:05parce que clairement,
00:46:07leurs équipes les payent
00:46:08pour qu'ils performent sur route
00:46:09et ça les embête certainement
00:46:12lorsqu'ils viennent en VTT
00:46:13parce qu'ils prennent des risques.
00:46:16Mais ils arrivent à imposer ça.
00:46:18Donc,
00:46:18je pense que s'ils le font,
00:46:19c'est qu'ils sont vraiment passionnés
00:46:20et qu'ils s'éclatent
00:46:21lorsqu'ils viennent en tout terrain.
00:46:23Quand tu parles de ces garçons,
00:46:24donc on revient bien sûr
00:46:24sur aussi Van Der Poel,
00:46:26Van Aert,
00:46:26même si là,
00:46:27on ne parle pas sur le cyclocross.
00:46:29Plutôt,
00:46:30voilà,
00:46:30donc précisons bien
00:46:30que le cyclo,
00:46:31c'est une...
00:46:31En gros,
00:46:32alors là,
00:46:33évidemment,
00:46:33tu me corriges,
00:46:34c'est une course d'hiver dans la boue
00:46:35alors que le VTT
00:46:36est une course d'été
00:46:38un peu plus longue.
00:46:39Oui,
00:46:39et puis il y a quand même
00:46:40pas mal de cyclistes routiers
00:46:42qui font du cyclocross l'hiver.
00:46:44Le vélo est similaire.
00:46:47Par contre,
00:46:49très peu de courses cyclistes
00:46:50passent du...
00:46:51Passer de la route vers le VTT,
00:46:53c'est un transfert
00:46:53qui est quasi impossible
00:46:54si tu n'as pas pratiqué jeune.
00:46:56Il y a énormément de VTT
00:46:57qui passent sur la route.
00:46:58Dans ce sens-là,
00:46:59le transfert est très facile
00:47:01et fonctionne très bien.
00:47:02On voit énormément
00:47:02de champions VTT
00:47:05et qui performent sur la route.
00:47:08Mais il faut avoir...
00:47:09Pour venir en VTT,
00:47:11il faut le coup de pédale.
00:47:12Tu as commencé
00:47:13à en parler tout à l'heure.
00:47:14Comment est-ce que tu les situes
00:47:15tous les trois,
00:47:16les uns par rapport aux autres ?
00:47:19Parce que...
00:47:20Donc voilà,
00:47:20Pitcock,
00:47:21très spécialisé VTT.
00:47:22Tu disais que Vanderpool
00:47:23commence un petit peu
00:47:23à reculer par rapport au VTT,
00:47:25ce qui fait d'ailleurs
00:47:25qu'il n'était pas en 2024 à Paris,
00:47:28mais il était sur la route.
00:47:29Enfin voilà,
00:47:29il y a ces choix à faire
00:47:30qui sont toujours
00:47:30un peu compliqués
00:47:32quand on veut être
00:47:32un peu sur tous les fronts.
00:47:34Oui,
00:47:34ils veulent être sur tous les fronts.
00:47:36Ils veulent faire
00:47:36du VTT,
00:47:37du cyclocross
00:47:38et de la route.
00:47:41C'est beaucoup.
00:47:42Ça fait beaucoup.
00:47:43Oui,
00:47:43c'est beaucoup.
00:47:44Surtout,
00:47:45bon,
00:47:45ils sont encore...
00:47:46Pitcock est encore
00:47:47vraiment très jeune.
00:47:48Il a performé très,
00:47:49très tôt.
00:47:50Il était encore
00:47:50dans les catégories
00:47:51moins de 23 ans,
00:47:52surclassé en élite
00:47:52lorsqu'il gagnait.
00:47:54Vanderpool commence
00:47:55à arriver plus à maturité.
00:47:56On voit qu'il gère
00:47:57un peu plus ses saisons.
00:47:58Il commence à courir
00:47:59un petit peu moins.
00:48:00Il a présenté
00:48:03son calendrier
00:48:04de course cyclocross
00:48:05il n'y a pas longtemps.
00:48:06On voit qu'il n'en fait
00:48:08que sur une période
00:48:09un peu restreinte.
00:48:10On voit qu'il se préserve
00:48:12un petit peu plus
00:48:12quand même maintenant
00:48:13que par le passé.
00:48:14Avec les championnats du monde
00:48:15toujours en ligne de mire.
00:48:17Van Aert veut toujours
00:48:19y aller aussi.
00:48:19Lui aussi,
00:48:20on attend toujours
00:48:21son calendrier
00:48:22de cyclocross.
00:48:22Notamment en Belgique,
00:48:24la saison de cyclocross
00:48:25est suivie grâce à ce duel
00:48:27entre les deux
00:48:27qui est absolument incroyable.
00:48:28Cyclocross en Belgique,
00:48:29c'est incroyable.
00:48:31Ses coureurs sont vraiment
00:48:32des super sars en Belgique
00:48:33et attirent des fous.
00:48:35l'incroyable.
00:48:36Pour la médiatisation
00:48:37de ton sport,
00:48:38forcément,
00:48:39c'est là que la frontière
00:48:40entre cyclo et VTT,
00:48:42est-ce que ça rejaillit
00:48:43vraiment pleinement
00:48:44pour le VTT ?
00:48:46Tout ça ?
00:48:47Oui.
00:48:48Lorsque ces coureurs
00:48:49arrivent en VTT,
00:48:50ça fait du bien
00:48:51à la discipline
00:48:52parce qu'eux ont
00:48:54une médiatisation
00:48:55qui dépasse
00:48:56le cercle du VTT
00:48:57et clairement,
00:48:59ça met en lumière
00:49:00la discipline.
00:49:02On peut être décrié
00:49:03quelques fois
00:49:04mais moi,
00:49:05je trouve que c'est
00:49:06lorsqu'un match
00:49:07Van Der Poel,
00:49:08un top-pied-coq
00:49:08s'aligne sur une coupe
00:49:09du monde de VTT,
00:49:10forcément,
00:49:11ça met en lumière
00:49:11le sport.
00:49:12Est-ce que,
00:49:13comment tu le vois
00:49:14par rapport à Van Der Poel
00:49:15pour le VTT ?
00:49:16Du coup,
00:49:16est-ce qu'on peut espérer
00:49:18le revoir plus ?
00:49:19Est-ce qu'il pourrait
00:49:20se réaligner
00:49:21sur une épreuve olympique
00:49:22à Los Angeles,
00:49:23par exemple ?
00:49:24Jamais,
00:49:25on ne sait jamais
00:49:25avec ces garçons-là
00:49:27mais comme je le disais,
00:49:28moi,
00:49:28je mets moins d'espoir
00:49:30en lui
00:49:31et je pense qu'il a
00:49:31un petit peu perdu
00:49:32le coup de pédale.
00:49:33Il faudrait qu'il repratique
00:49:35vraiment plus
00:49:36pour à nouveau
00:49:38espérer gagner
00:49:38au niveau international.
00:49:40C'est là qu'il y a
00:49:40une vraie différence
00:49:41entre cyclo et VTT,
00:49:42n'est-ce pas ?
00:49:43Oui.
00:49:44Oui, en cyclocross,
00:49:45il a prouvé encore
00:49:46la saison dernière
00:49:46et lorsqu'il vit en cyclocross,
00:49:48il est imbattable.
00:49:49Il est monstrueux,
00:49:50on a l'impression
00:49:50qu'il est vraiment
00:49:52un ton au-dessus
00:49:53de tous ses adversaires.
00:49:55Ce qui n'est plus le cas
00:49:56en VTT
00:49:56depuis au moins trois ans.
00:49:57Les différences,
00:49:59tu me parles
00:50:00du coup de pédale,
00:50:01c'est...
00:50:03Parce que Pitcock,
00:50:04lui, pour le coup,
00:50:05bon,
00:50:05alors lui,
00:50:05il fait l'impasse
00:50:06peut-être même complètement,
00:50:07je crois,
00:50:07sur la saison de cyclocross
00:50:08cette année.
00:50:10Mais lui,
00:50:10il essaye de faire
00:50:11quasiment les trois encore.
00:50:12Oui.
00:50:13Donc,
00:50:14lui,
00:50:15il arrive à avoir
00:50:15le coup de pédale
00:50:16à la fois en cyclo
00:50:17et à la fois en VTT.
00:50:18Quelles sont les différences
00:50:18un peu techniques ?
00:50:19Peut-être sans trop
00:50:20non plus rentrer dans les...
00:50:21Le cyclocross,
00:50:22c'est un vélo de route
00:50:22en gros avec des pneus
00:50:23crantés,
00:50:24un parcours
00:50:25plutôt herbeux
00:50:26où il faut énormément
00:50:28de puissance.
00:50:29Il y a très peu
00:50:29de dénivelé.
00:50:32Et il y a
00:50:32beaucoup moins
00:50:33d'aspérité de terrain.
00:50:34C'est-à-dire qu'en VTT,
00:50:35on a des racines,
00:50:36on a des roches,
00:50:37on a potentiellement
00:50:38des sauts.
00:50:39Donc,
00:50:39il faut un pédalage
00:50:41spécifique,
00:50:42des montées
00:50:42qui sont plus raides.
00:50:44Alors que sur
00:50:45un cyclocross,
00:50:46on est sur un pédale
00:50:48en puissance.
00:50:49Donc,
00:50:49ça correspond très bien
00:50:51à Mathieu Van Der Poel
00:50:52qui est monstrueux,
00:50:54qui arrive à pédaler,
00:50:54à tirer du gros braquet
00:50:56avec ses reins
00:50:57en bas du dos
00:50:57et à fendre la boue
00:51:00ou le sable
00:51:01sur les terrains
00:51:03hollandais ou belges.
00:51:04Le cyclo,
00:51:04la route,
00:51:05toi,
00:51:06quel était ton regard
00:51:07en carrière là-dessus ?
00:51:08Tu n'as pas été
00:51:09spécialement attiré ?
00:51:11Je fais partie
00:51:11de la première génération
00:51:12de pur VTT
00:51:13qui a connu
00:51:14le cycliste
00:51:15par le VTT.
00:51:16Donc,
00:51:17je n'ai jamais été
00:51:17vraiment attiré
00:51:18par la route
00:51:18parce que
00:51:19je suis un VTT.
00:51:20j'ai eu des propositions
00:51:24pour aller sur route
00:51:24notamment après
00:51:25mes deux premiers
00:51:26titres olympiques.
00:51:27J'aurais gagné
00:51:28plus d'argent sur route
00:51:29mais ma passion
00:51:29c'était le VTT
00:51:31parce que jamais
00:51:31c'était ça
00:51:32et ça n'a jamais été
00:51:34une motivation.
00:51:34On m'a dit quelquefois
00:51:35tu vas voir,
00:51:36tu vas regretter
00:51:37de ne pas être essayé
00:51:39à la route
00:51:39et je me suis toujours
00:51:40égal en VTT
00:51:41et je ne regrette pas
00:51:42de ne pas être passé
00:51:43sur route
00:51:43comme beaucoup l'ont fait.
00:51:46Tu es favorable
00:51:47au cyclocross
00:51:48au jeu d'hiver
00:51:49il y a un gros débat
00:51:50en ce moment
00:51:50en tout cas
00:51:50dans le monde du cyclo
00:51:51dans le monde du cyclisme
00:51:52même les présidents
00:51:53de fédération
00:51:54montent au créneau
00:51:55bon ça est en train
00:51:56d'être plus ou moins recalé
00:51:57mais ça y est
00:51:58le truc est lancé
00:51:59un petit peu
00:51:59pourquoi ?
00:52:00Oui c'est un magnifique sport
00:52:01après j'adore
00:52:01je l'ai pratiqué aussi
00:52:03parce qu'il me manquait
00:52:03un peu de puissance
00:52:04l'hiver
00:52:04le cyclocross
00:52:05me permettait
00:52:06d'aller travailler
00:52:06la puissance
00:52:06d'aller travailler
00:52:07la course à pied
00:52:07les enchaînements
00:52:08des centres
00:52:08montés de vélo
00:52:09parce qu'on avait encore
00:52:10à l'époque
00:52:10en VTT
00:52:11des portions
00:52:12quelques fois à pied
00:52:13et je me régale
00:52:16à regarder
00:52:16parce que c'est un sport
00:52:18très beau à regarder
00:52:19donc ça ferait plaisir
00:52:21de le voir
00:52:21c'est impossible
00:52:22de l'intégrer
00:52:23dans le programme d'été
00:52:24mais s'il peut être intégré
00:52:26au programme
00:52:27des Jeux d'hiver
00:52:28pourquoi pas ?
00:52:30Et là d'un seul coup
00:52:30nul doute que
00:52:31Van Der Poel
00:52:32pourrait être
00:52:32champion olympique
00:52:33d'hiver
00:52:34ce serait à suivre
00:52:36et à noter
00:52:37pour terminer
00:52:38Lucien
00:52:38que l'UCI
00:52:39ça montre quand même
00:52:40une prise en compte
00:52:42de plus en plus globale
00:52:43de toutes ces disciplines
00:52:44l'UCI ajoute
00:52:45à partir de 2026
00:52:46je crois
00:52:46tu me corriges aussi
00:52:47des points
00:52:48VTT
00:52:48et cyclocross
00:52:50au classement UCI
00:52:51global des équipes
00:52:52pour la route aussi
00:52:53et avec la route
00:52:54dedans aussi
00:52:55toutes les disciplines
00:52:56sont maintenant
00:52:57prises en compte
00:52:57et associées
00:52:59Oui ce qui est pas mal
00:53:00parce qu'il y a quelques fois
00:53:01un petit peu
00:53:01des polémiques
00:53:02en VTT
00:53:03la grille de départ
00:53:04est ultra importante
00:53:05et lorsqu'un Mathieu Rondure
00:53:08Poules
00:53:08arrive après une période
00:53:11de route
00:53:11ils n'ont pas forcément
00:53:13les points
00:53:13pour être positionnés
00:53:15à l'avant
00:53:17donc il y a quelques fois
00:53:18eu des passe-droits
00:53:19et au mondial du cyclisme
00:53:23à Glasgow
00:53:24il y a eu
00:53:25une nouvelle réglementation
00:53:27qui permettait
00:53:28aux coureurs
00:53:29classés
00:53:30dans le top 10
00:53:30sur route
00:53:31d'avoir un ranking
00:53:34sur les départs
00:53:35d'une coupe du monde
00:53:36ou d'une championnat du monde
00:53:37VTT
00:53:37Et même la piste
00:53:39c'est ça
00:53:39même la piste aussi
00:53:40intégrée
00:53:40je pense que c'est
00:53:41une bonne chose
00:53:42puisque
00:53:42c'est pas logique
00:53:44qu'ils partent
00:53:46première ligne
00:53:46s'ils n'ont pas fait
00:53:47les points nécessaires
00:53:47mais c'est pas logique
00:53:48que des athlètes comme ça
00:53:49partent au front de grille
00:53:50donc ça pondère
00:53:52c'est bien de légiférer
00:53:54et puis de trouver
00:53:55quelque chose de juste
00:53:57ça met encore plus en lumière
00:53:58du coup
00:53:59de manière encore plus juste
00:54:00le VTT
00:54:01le cyclo
00:54:02magnifique
00:54:04Lucien
00:54:05très belle chronique encore
00:54:06toujours aussi passionnant
00:54:07tu vois j'étais là
00:54:07moi je t'écoutais
00:54:09religieusement
00:54:10on attend les 2028
00:54:11c'est dans longtemps
00:54:12pour voir si Julien
00:54:13restera quand même
00:54:14moi j'aimerais bien
00:54:16il reste double champion olympique
00:54:18donc numéro 1
00:54:19avec à égalité avec Pitcock
00:54:20non mais on compte sur Victor
00:54:21une victoire française
00:54:23ou d'autres
00:54:24magnifique
00:54:25merci
00:54:26merci beaucoup Thomas
00:54:27à la semaine prochaine
00:54:28bonne continuation
00:54:29merci à toi
00:54:30salut
00:54:30allez à la prochaine Thomas
00:54:32on va passer
00:54:33parce que oui Thomas était dans le canapé
00:54:34je vais prendre sa place
00:54:35dans le canapé aussi
00:54:36pour une rubrique un peu plus intimiste
00:54:37entre toi et moi
00:54:38Julien c'est parti pour Au coin du feu
00:54:40alors Julien j'aime bien
00:54:47cette partie de l'émission
00:54:48on va aborder un thème
00:54:49parce que avant l'émission
00:54:50je t'ai demandé ton rêve
00:54:51et tu m'as dit
00:54:53ne pas vieillir
00:54:54et moi ça ça m'a intrigué
00:54:55je me demande en fait
00:54:57si chez un athlète
00:54:58chez un ancien athlète de haut niveau
00:54:59la peur de vieillir
00:55:01c'est aussi la peur un peu
00:55:03de perdre ce qui te définit
00:55:05est-ce que c'est un peu ça Julien ?
00:55:07j'ai l'impression d'être
00:55:08chez le psy
00:55:09oui c'est un peu ça
00:55:10on facturera après
00:55:11oui je pense que la peur de vieillir
00:55:14elle arrive plutôt chez l'athlète
00:55:15parce que
00:55:16quand on est athlète
00:55:18on est vieux à 30 ans
00:55:19dans la vraie vie
00:55:20on est vieux peut-être à 60
00:55:22ou je ne sais pas
00:55:23où est-ce qu'on place le curseur
00:55:24mais 30 ans
00:55:25ça peut paraître très jeune
00:55:28mais dès 30 ans
00:55:29c'est difficile de continuer
00:55:31à progresser
00:55:31dans les sports d'endurance
00:55:33donc on est vieux à 30 ans
00:55:36et on voit
00:55:37ces capacités de récupération
00:55:39qui sont plus lentes
00:55:41on voit forcément un déclin
00:55:43et c'est dur à 30 ans
00:55:45de se dire qu'on est déjà vieux
00:55:47et toi à chaque fois
00:55:47même dans ta carrière
00:55:48tu as repoussé toujours cette chose-là
00:55:50tu as été champion du monde
00:55:50en 2014 à 34 ans
00:55:52c'est quelque chose
00:55:53le temps n'avait pas trop de limites
00:55:56trop de...
00:55:56oui après tu te bats pour
00:55:58alors tu as l'expérience pour toi
00:56:01lorsque plus tu...
00:56:02lorsque tu as passé les 30 ans
00:56:03tu peux jouer avec l'expérience
00:56:05avec...
00:56:07tu prends des atouts
00:56:08les atouts que tu as en main
00:56:09mais c'est clair que
00:56:11c'est plus difficile
00:56:12d'être en forme
00:56:13sur toute la saison
00:56:14il faut plutôt viser
00:56:15les pics de forme
00:56:16mais tu ne peux plus être
00:56:18tout le temps au top
00:56:19alors maintenant
00:56:20tu as 45 ans
00:56:21on le voit
00:56:22tu as encore un corps
00:56:23hyper athlétique
00:56:25malgré tout
00:56:26tu sens quand même
00:56:27que le poids des années
00:56:29pèse un peu sur toi
00:56:30tu as des douleurs
00:56:31dues à ta carrière
00:56:32de sportif de haut niveau
00:56:33non je pense que ça arrivera plus tard
00:56:35je pense que le sport de haut niveau
00:56:36laisse forcément des traces
00:56:37pour le moment ça va
00:56:38un peu les épaules
00:56:40mais bon je ne me plains pas de ça
00:56:41et vu que je ne suis plus
00:56:43dans la recherche
00:56:43d'ultra performance
00:56:45non je ne ressens pas
00:56:48de problématique
00:56:49quand c'est ton métier
00:56:51et que tu as des courses
00:56:52ou les week-ends
00:56:52oui la récupération
00:56:53quand tu sens que tu récupères
00:56:54moins bien
00:56:55c'est difficile
00:56:56mais là c'est plus mon cas
00:56:59je suis athlète
00:56:59je suis plus sportif de haut niveau
00:57:00donc je jongle avec
00:57:02et alors pourquoi m'avoir dit
00:57:04que ton rêve
00:57:04était de ne pas vieillir
00:57:06ça veut dire quoi
00:57:07il se cache quoi
00:57:07derrière cette phrase
00:57:08Julien ?
00:57:09de continuer à faire
00:57:10le plus longtemps possible
00:57:12ce que j'aime
00:57:13c'est à dire
00:57:13parcourir les montagnes
00:57:15et faire du sport
00:57:17et ne pas avoir de limites
00:57:18ce que je me régale
00:57:20c'est par exemple
00:57:20dire je vais faire
00:57:2150 heures de sport d'affilée
00:57:23je vais faire
00:57:2330 activités sportives
00:57:25je vais faire à la réunion
00:57:26finalement
00:57:27en deux jours
00:57:28je vais faire
00:57:28ce que des gens
00:57:30normaux vont faire
00:57:32en un an presque
00:57:34ou alors ce que je me régale
00:57:36à découvrir les montagnes
00:57:38en courant
00:57:39et à faire des parcours
00:57:40que des randonneurs
00:57:42en une journée
00:57:42à faire ce que les randonneurs
00:57:43à pied vont mettre
00:57:456 jours à faire
00:57:45moi j'aimerais parler
00:57:47d'un dernier sujet avec toi
00:57:48qui est assez complexe
00:57:50on sait que le rapport au corps
00:57:51chez les athlètes de haut niveau
00:57:52est pour le coup
00:57:52très complexe
00:57:54on le sait aussi
00:57:54on en a entendu parler
00:57:55notamment dans le cyclisme
00:57:56plus sur route
00:57:57mais je pense que ça concerne
00:57:58aussi le VTT
00:57:58les troubles du comportement alimentaire
00:58:00on sait que c'est quelque chose
00:58:01de très présent
00:58:01notamment dans les sports d'endurance
00:58:03où le poids impacte directement
00:58:05sur la performance
00:58:05le rapport pro-puissance
00:58:07est ultra important
00:58:08voilà
00:58:08est-ce que toi
00:58:09ça c'est quelque chose
00:58:10dont tu avais conscience
00:58:11dans ta carrière
00:58:11est-ce que tu as pu y être
00:58:13directement confronté
00:58:14est-ce que tu as pu observer
00:58:15autour de toi
00:58:17des VTTistes
00:58:17qui étaient atteints
00:58:18de troubles du comportement alimentaire
00:58:19oui énormément
00:58:21encore plus chez les femmes
00:58:23que chez les hommes
00:58:24pour la part
00:58:25j'ai jamais eu trop de problèmes
00:58:26à atteindre mon poids de forme
00:58:27j'ai jamais eu tendance
00:58:29à prendre du poids
00:58:29donc je ne me suis pas battu
00:58:31durant ma carrière
00:58:31j'ai tenté
00:58:33quelques fois
00:58:34de trop optimiser
00:58:36et de flirter
00:58:37un petit peu trop
00:58:38avec les limites basses
00:58:39notamment à Rio
00:58:40notamment non
00:58:41avant Pékin
00:58:43oui ok
00:58:43ah aussi
00:58:44oui
00:58:44justement
00:58:46c'est déconnu
00:58:47je suis pas là du monde
00:58:48en 2008
00:58:48avant Pékin
00:58:49j'étais peut-être
00:58:51un peu trop bas
00:58:51au poids
00:58:52mais j'ai jamais eu
00:58:54de troubles
00:58:54j'ai jamais eu besoin
00:58:55de peser
00:58:56de faire des résumes stricts
00:58:57puisque comme je le disais
00:58:58j'avais une facilité
00:59:00à rester
00:59:00à très bas en poids
00:59:03je pouvais rester
00:59:05entre 6 et 9%
00:59:06de masse grasse
00:59:07sans problème
00:59:09et qu'est-ce que tu dirais
00:59:10là aussi
00:59:10aux jeunes athlètes
00:59:12enfin tu vois
00:59:12moi par exemple
00:59:12j'ai fait de l'athlétisme
00:59:13je sais que c'était
00:59:14très présent aussi
00:59:15on nous met aussi
00:59:16la pression
00:59:17comme tu dis
00:59:17c'est des sports d'endurance
00:59:18il y a un rapport
00:59:19poids-puissance
00:59:20c'est aussi le rôle
00:59:21des coachs
00:59:22de faire attention
00:59:23à tout ça
00:59:23avec leurs athlètes
00:59:24d'être vigilants
00:59:26oui c'est clair
00:59:27que si tu isoles
00:59:29tu prends le rapport
00:59:31poids-puissance
00:59:31et tu dis
00:59:32bon moi je vais
00:59:33descendre mon poids
00:59:34tout en essayant
00:59:35de garder ma puissance
00:59:36au début ça marche
00:59:38c'est ça
00:59:38le problème
00:59:40c'est que ça marche
00:59:40mais ça marche qu'un temps
00:59:42mais c'est grisant
00:59:42parce que tu vois
00:59:43les résultats qui sont immédiats
00:59:44mais ce qu'il faut expliquer
00:59:47aux athlètes
00:59:47c'est que ça peut marcher
00:59:48mais pas longtemps
00:59:49et qu'après tu peux
00:59:50vraiment mettre des mois
00:59:52voire des années
00:59:53à t'en remettre
00:59:55si tu dérègles
00:59:57la machine
00:59:58et si
00:59:59si toutes tes valeurs sanguines
01:00:01si toutes tes hormones
01:00:02se détraquent
01:00:03merci Julien pour ces mots
01:00:05parce que c'est un sujet
01:00:06très important
01:00:06et pas souvent abordé
01:00:08maintenant on va s'amuser
01:00:09un petit peu
01:00:09ok
01:00:10tous les deux
01:00:10pour finir cette émission
01:00:11c'est parti pour le tout fait
01:00:12tout flamme
01:00:13alors Julien
01:00:19la fameuse tierlist
01:00:20vous en avez l'habitude
01:00:21dans l'émission
01:00:22tu vas devoir classer
01:00:23des éléments
01:00:23selon plusieurs catégories
01:00:25flamme olympique
01:00:26c'est le top du top
01:00:27cendre
01:00:27c'est les trucs
01:00:28les plus nuls
01:00:29t'as plein d'éléments
01:00:30et je te laisse
01:00:31les classer
01:00:31et nous commenter
01:00:32tes choix
01:00:33c'est parti
01:00:33la petite tablette
01:00:35alors
01:00:37Marie-Jopérec
01:00:41flamme olympique
01:00:4296
01:00:43évidemment
01:00:44toi qui as suivi
01:00:45ces jeux
01:00:46ça a dû te marquer
01:00:46Roger Federer
01:00:48je peux mettre
01:00:48plusieurs en flamme olympique
01:00:50bien sûr
01:00:51oui oui
01:00:51alors petite question
01:00:52il y a Roger Federer
01:00:53on sait que c'est un
01:00:54un joueur
01:00:55légende du tennis
01:00:56mais qui était plus
01:00:57connu pour
01:00:58son talent
01:00:59c'est un esthète du jeu
01:01:00contrairement peut-être
01:01:01à un Nadal
01:01:01qui était un dur au mal
01:01:02un mec puissant
01:01:03toi est-ce que tu
01:01:04te retrouves un peu
01:01:05dans Roger Federer
01:01:06dans le VTT
01:01:07est-ce que toi aussi
01:01:07tu es un mec talentueux
01:01:09esthète de ta discipline
01:01:10et puis il n'y a pas
01:01:11beaucoup d'athlètes
01:01:13que j'ai admiré
01:01:15mais Roger Federer
01:01:16fait partie de ces athlétats
01:01:17qui inspirent le respect
01:01:18par sa long végévité
01:01:20par son amour du jeu
01:01:23par sa classe
01:01:24j'aime beaucoup
01:01:26flamme olympique
01:01:28alors le carnaval vénitien
01:01:31là on va mettre
01:01:32non
01:01:33c'est pas trop mon truc
01:01:34alors donc c'est un carnaval
01:01:35où tu es né
01:01:37à Romérimont
01:01:38c'est ça ?
01:01:38Romérimont
01:01:39Romérimont
01:01:39voilà
01:01:39ouais
01:01:40non moi je suis pas
01:01:41très carnaval
01:01:41je suis pas très carnaval
01:01:42pourtant t'enfilais
01:01:43des costumes avant les courses
01:01:44mais pas carnaval
01:01:45alors le
01:01:47il y a l'embarras du choix
01:01:51ouais
01:01:52l'embarras du choix
01:01:54je vais faire le découpage
01:01:56aussi dans les cendres
01:01:57alors attends le découpage
01:01:58juste et je suis désolé
01:01:59je vais me faire gronder
01:02:00je vais me faire gronder
01:02:00parce qu'on a déjà dépassé
01:02:01un peu le timing
01:02:02mais le découpage
01:02:03tu sais pourquoi j'ai mis ça
01:02:04parce que tu m'as dit
01:02:05que tu découpais tes dossards
01:02:06ah oui
01:02:07après les courses
01:02:08est-ce que tu peux rapidement
01:02:09Julien nous parler
01:02:10de ce petit rituel
01:02:11ce petit rituel
01:02:12pour gagner un tout petit peu
01:02:14on n'a pas le droit
01:02:15de découper les sponsors
01:02:17qui sont sur les dossards
01:02:18mais je
01:02:18même si il n'y avait
01:02:19qu'un ou deux millimètres
01:02:20à gagner
01:02:21je gagnais les un ou deux millimètres
01:02:22en découpant les quatre côtés
01:02:24incroyable
01:02:24j'ai retiré quelque chose
01:02:26tu penses que ça jouait vraiment
01:02:27ou c'est juste
01:02:28non
01:02:28psychologiquement
01:02:29c'était un petit rituel
01:02:31ok
01:02:31donc on va mettre le découpage
01:02:33dans le feu de camp
01:02:34allez feu de camp
01:02:35le bronzage de cycliste
01:02:38ouais c'est pas fou quand même
01:02:40quelques fois
01:02:42tu as l'impression
01:02:43d'appartenir à une communauté
01:02:45c'est vrai
01:02:45tu repères de moi
01:02:46voilà
01:02:46tu arrives sur la plage
01:02:47et tu as l'impression
01:02:48que tu es habillé
01:02:49alors qu'en fait
01:02:50tu es en maillot de bain
01:02:50on va mettre ça dans l'allumette
01:02:53bon la creuse
01:02:56c'est bien
01:02:57mais je vais le mettre en briquet
01:02:59ouais
01:02:59t'es gentil
01:03:00t'es gentil
01:03:01voilà
01:03:02le cyclisme sur route
01:03:05je le mets un petit
01:03:07en feu de camp
01:03:07parce que j'adore
01:03:08d'accord
01:03:09j'aime moins la quiche Lorraine
01:03:12même si je suis Lorrain
01:03:13ah ouais tu vois
01:03:14ok
01:03:14mais voilà
01:03:16c'est vraiment
01:03:16un petit allumette
01:03:17Julien c'est le poulpe gris
01:03:20alors
01:03:21le dopage
01:03:23on va le mettre
01:03:24dans les cendres
01:03:25sans citer de nom
01:03:27est-ce que dans ta carrière
01:03:28tu as pu
01:03:29constater
01:03:30oui je pense que
01:03:32sans la liste anti-dopage
01:03:33je ne serais pas
01:03:33devenu champion du monde
01:03:34puisqu'en 2004
01:03:36il y a un athlète belge
01:03:37qui dominait le sport
01:03:39Philippe Merag
01:03:39qui a été pris pour EPO
01:03:41donc on a compris
01:03:42pourquoi il était
01:03:43au-dessus du lot
01:03:44et je pense que
01:03:46sans son contrôle positif
01:03:48quelques mois plus tôt
01:03:48il aurait gagné à Athènes
01:03:50le potager
01:03:55bon j'aime plutôt bien
01:03:56je ne suis pas très jardinier
01:03:58mais on va mettre ça
01:03:59en feu de camp
01:03:59un Ironman
01:04:02c'est pas mal
01:04:03un Ironman
01:04:04c'est pas dans les tops
01:04:06de ma to-do list
01:04:07mais pourquoi pas
01:04:08allez
01:04:09un feu de camp aussi
01:04:10ça en fait quand même partie
01:04:11quoi
01:04:11ouais
01:04:12Sébastien Augier
01:04:13il y est deux fois même
01:04:14en plus
01:04:15ah oui c'est vrai
01:04:15bah tu vois
01:04:16on l'adore tellement
01:04:16on l'a mis deux fois
01:04:17dans la tier list
01:04:18on va le mettre aussi
01:04:20dans la flamme olympique
01:04:22avec Mario Pirek
01:04:23et Roger Federer
01:04:25allez il en reste trois
01:04:27Tom Hanks
01:04:28super acteur
01:04:31mais quand même
01:04:32il n'est pas sportif
01:04:33donc on le met
01:04:33un rang en dessous
01:04:35la ligne verte
01:04:37excellent film
01:04:38voilà
01:04:38et les rues Absalon
01:04:40ah oui
01:04:41deux rues Absalon
01:04:42qui existent
01:04:43une rue et une avenue
01:04:44ah mais t'es en briquet
01:04:46c'est pas mal
01:04:46briquet ouais
01:04:47c'est pas mal
01:04:48et donc alors
01:04:49maintenant la petite décision finale
01:04:50entre Mario Pirek
01:04:51Roger Federer
01:04:52et Sébastien Augier
01:04:53tu devais en garder
01:04:55un seul ou une seule
01:04:56ah là c'est dur
01:04:57c'est dur mais
01:04:58Marie-Jo
01:05:02Marie-Jo
01:05:03Marie-Josée Pirek
01:05:04allez
01:05:04et bien nous
01:05:05tu sais quoi
01:05:05on a un dernier petit cadeau
01:05:06pour toi Julien
01:05:07avant de terminer cette émission
01:05:08un petit message
01:05:09qui va te faire plaisir
01:05:09salut Julien
01:05:13cette petite vidéo
01:05:13j'aurais bien aimé
01:05:14te la faire
01:05:15depuis le sommet
01:05:16du piton neige
01:05:17ou du sentier qu'il y a là
01:05:18mais écoute
01:05:19l'important c'est que
01:05:20le message arrive
01:05:22alors là
01:05:23je voulais te dire
01:05:23que
01:05:23moi qui suis sportif
01:05:26depuis toujours
01:05:27et entraîneur
01:05:28quand je te vois
01:05:29j'ai l'impression
01:05:30d'être immobilier
01:05:31qui arrive au pied
01:05:32d'une navette spatiale
01:05:33tellement tu es
01:05:33un champion
01:05:35hors norme
01:05:37et pourtant
01:05:37on se sent tous bien
01:05:39quand on est
01:05:40à tes côtés
01:05:41parce que tu as su
01:05:42rester humble
01:05:44ouvert
01:05:45vraiment accessible
01:05:46à tous
01:05:47en toutes circonstances
01:05:49naturelles
01:05:50et puis
01:05:51ce qui est probablement
01:05:53le plus important
01:05:54pour moi
01:05:54tu le sais
01:05:56à quel point
01:05:57je dirais
01:05:59est vrai
01:05:59dans un monde
01:06:00de paraître
01:06:01qui n'est pas vraiment
01:06:02le mien
01:06:03mais ce que j'apprécie
01:06:05le plus en toi
01:06:07c'est cette
01:06:08envie
01:06:09et cette capacité
01:06:10à comprendre
01:06:10et à apprendre
01:06:11et puis surtout
01:06:11cette soif
01:06:13de vivre
01:06:14et de profiter
01:06:15de tout ce que
01:06:16la nature a de meilleur
01:06:17à nous offrir
01:06:18pour vivre
01:06:19pour vivre
01:06:20des plaisirs
01:06:22simples
01:06:23mais puissants
01:06:24est-ce que finalement
01:06:25maintenant tu es prêt
01:06:26à tenter
01:06:27l'expérience
01:06:28de trois nuits
01:06:29sans en venir
01:06:30ou alors
01:06:31encore mieux
01:06:32un petit défi sportif
01:06:33d'une centaine d'heures
01:06:34on verra combien
01:06:36on s'entorise
01:06:37et bien écoute
01:06:39à bientôt l'ami
01:06:40Ludovic Chornion
01:06:43avec qui tu as réalisé
01:06:44un défi
01:06:45complètement dingue
01:06:47et qui nous a fait
01:06:47ce petit message
01:06:48depuis l'hôpital
01:06:50juste quelques jours
01:06:51après le défi
01:06:51il y a eu un accident
01:06:52de moto
01:06:52donc je suis
01:06:55nouvelle
01:06:55très régulièrement
01:06:57mais en tout cas
01:06:58on a vécu
01:06:58une expérience
01:06:59tous les deux
01:06:59incroyable
01:07:00sur ce tour
01:07:01de l'île de la Réunion
01:07:01en multisport
01:07:02pendant 50 heures
01:07:03lui qui est
01:07:04un grand spécialiste
01:07:05des différents records
01:07:07du monde
01:07:07et de l'ultra
01:07:08ultra endurance
01:07:09il tenait vraiment
01:07:10à faire ce message
01:07:10je lui ai dit
01:07:11mais attends
01:07:11si tu veux
01:07:12ne le fais pas
01:07:13ah si si
01:07:13je tiens à le faire
01:07:14pour Julien
01:07:15la petite réponse
01:07:16à sa question
01:07:16il t'a posé
01:07:17une petite question
01:07:17à la fin
01:07:18sur un nouveau défi
01:07:19ouais 50 heures
01:07:20c'était déjà pas mal
01:07:21c'était la première fois
01:07:22de nuit sans dormir
01:07:23après ça commence
01:07:24à devenir vraiment dur
01:07:25lui
01:07:25plus c'est long
01:07:27et plus il est
01:07:28mais 50 heures
01:07:28c'était déjà bien
01:07:29ouais
01:07:29bon tu peux rajouter
01:07:31à la to do list
01:07:31c'est jamais
01:07:32voilà une to do list
01:07:33qui n'en finit plus
01:07:34merci beaucoup Julien
01:07:35j'ai beaucoup apprécié
01:07:36cette discussion avec toi
01:07:37je me suis régalé
01:07:38merci
01:07:39merci à toi
01:07:40et puis on te retrouve
01:07:41évidemment
01:07:41au commentaire maintenant
01:07:43avec ce statut
01:07:44de consultant
01:07:45et puis plein de défis
01:07:46à venir
01:07:47le marathon des sabres
01:07:48l'écriture aussi
01:07:49d'un bouquin
01:07:49il y a plein de choses
01:07:50concernant Julien Absalon
01:07:51qui vont arriver
01:07:52moi je vais remercier
01:07:53toute l'équipe en régie
01:07:54remercier un autre Julien
01:07:55Julien Perronnet
01:07:55à l'édition
01:07:56Nicolas Bayer
01:07:57à la réalisation
01:07:58Clément Reiter
01:07:59au son
01:07:59et Sandrine David
01:08:00au maquillage
01:08:01salut tout le monde
01:08:02à la semaine prochaine
01:08:02Musique