- il y a 6 semaines
LES DANGERS DE L'OBÉSITÉ : LEUR COMBAT
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00:00Aujourd'hui on a rendez-vous dans un hôpital qui aide les personnes en situation d'obésité.
00:03Le but de la clinique, les aider à perdre du poids.
00:06Ce lieu s'appelle la clinique du château de Verne à 45 minutes de Toulouse.
00:10Dans cette vidéo on va découvrir l'histoire de personnes qui sont en situation d'obésité.
00:13L'amour de ma vie qui est décédé.
00:14Pour mon passé, toutes les souffrances que j'ai accumulées, etc.
00:17Ça m'a fait un burn-out pendant mon école d'ingénieur.
00:19Je perds mon père j'avais 10 ans.
00:20Bah si tu veux, tu n'as plus du tout de contrôle sur rien et notamment sur mon poids.
00:23Donc en clair la vie c'est pas une vie.
00:25Comment ils ont fait pour en perdre ?
00:26J'ai essayé de faire le suivi Team InShape.
00:29Alors le déclic ça a été un ami.
00:31Il m'a bien fait comprendre qu'en fait je suis en train de détruire ma santé.
00:33Quel travail ils font au quotidien pour perdre ce poids ?
00:36Ici ils nous apprennent à bien nous nourrir.
00:38Mon travail a été plus psychologique que rééquilibrage à la main et alimentaire.
00:42Ouais ok.
00:43Le sport mais pas seulement.
00:44J'ai retrouvé le goût de la satiété, très important aussi.
00:46Ok.
00:47Pour perdre du poids.
00:47Les soignants qui travaillent ici vont nous présenter leur métier.
00:50Les différentes méthodes qu'ils utilisent pour aider ces personnes là à perdre du poids.
00:53Vous êtes prêts ? C'est parti.
00:55Thibaut, la forme ou quoi ?
00:56La forme, enchantée.
00:57Très très bien.
00:57T'as quel âge ?
00:58J'ai 28 ans.
00:59Tu pèses combien aujourd'hui ?
01:00Aujourd'hui je pèse 145 kilos.
01:01Et tu pesais combien avant ?
01:02254.
01:03Putain c'est fou.
01:04Et je suis descendu à 141 mais j'ai repris un peu ce qui est normal parce que j'ai vachement perdu très vite.
01:10Ok donc il faut stabiliser maintenant.
01:11Ouais.
01:12Maëlys, tu vas bien ?
01:13Carrément.
01:13La forme ?
01:14Contente de te rencontrer.
01:15Tu connaissais les vidéos un petit peu ?
01:16Ah bah un petit peu bien sûr.
01:17C'est vrai ?
01:17Trop trop bien.
01:17Tu es des fans dans la clinique.
01:19Maëlys, combien tu pèses aujourd'hui ?
01:20Alors ça par contre je le garde pour moi.
01:22D'accord, très très bien.
01:23Il n'y a pas de souci.
01:24Combien tu pesais avant ?
01:25Je le garde pour moi aussi parce que je n'assume pas encore.
01:27C'est encore difficile pour moi.
01:28Il n'y a pas de problème ?
01:28Ta réponse permet aux gens aussi de comprendre.
01:30Ce que je peux te dire c'est que j'ai eu une perte de 15 kilos en l'espace de 6 semaines.
01:34You go girl.
01:36Bravo.
01:37Enchantée Stéphanie.
01:38Enchantée.
01:38Petit check.
01:38Enchantée.
01:39La forme ?
01:40Oui très bien.
01:40Stéphanie ici c'est quoi ton rôle toi alors ?
01:42Alors moi je suis directrice adjointe de l'établissement.
01:45Je travaille ici depuis quasiment 20 ans.
01:46Alors du coup on va commencer la vidéo par une petite visite.
01:49Au niveau des étages alors comment c'est structuré ?
01:51Au niveau 1, au niveau 2 et au niveau 3 de l'établissement,
01:54nous avons la prise en charge de patients en obésité.
01:57Au niveau 4 de l'établissement, nous avons la prise en charge des patients en SSRPAP et polyvalent.
02:01Personnes âgés polypathologiques.
02:03Qui ont plein de maladies.
02:03Voilà c'est ça.
02:04Personnes âgés qui ont plein de maladies.
02:05Vous prenez en charge des personnes obèses de quel âge à quel âge ?
02:08Il faut être majeur et après il n'y a pas de limite d'âge.
02:11Et est-ce qu'il y a une limite de poids ?
02:12Pour être admis dans l'établissement, il faut être en situation d'obésité.
02:15Donc il faut avoir un IMC, un indice de masse corporelle supérieur à 30.
02:19Alex, la forme ou quoi ?
02:20Ouais.
02:20T'as quel âge ?
02:2132 ans.
02:22Ça tu le fais pas ?
02:22T'as 32 ans.
02:23Ah ouais, j'ai toujours.
02:24Ah ouais, putain c'est ouf.
02:25T'es imberbe aussi ?
02:26Ouais un peu.
02:27Moi que t'as aussi t'as du mal.
02:28Ouais ouais, bienvenue dans la team imberbe.
02:31Du coup Alexandre, combien tu pèses aujourd'hui ?
02:33128.
02:33Combien tu pesais avant ?
02:34Mon poids max ça a été 228 kilos.
02:36Waouh, t'as perdu 100 kilos.
02:37C'est incroyable, bravo hein ?
02:39Merci beaucoup.
02:40Max.
02:40Salut Thibaut.
02:41La forme ?
02:41Et toi ?
02:42Très très bien.
02:43Max, t'as quel âge ?
02:4427 ans.
02:44Max, combien tu pèses aujourd'hui ?
02:46144,9.
02:47Je suis arrivé ici, je faisais 155 kilos.
02:49T'as un, trop bien.
02:50Je suis perdu 9,100 kilos en une semaine et demie.
02:53Incroyable que ça continue pour toi.
02:55Exactement.
02:55Trop cool, on te souhaite que ça.
02:56Francine, est-ce que tu peux te présenter ?
02:58Alors attends Thibaut, comme on est à l'intérieur, il faut absolument que l'on mette le masque.
03:02C'est pas fini ces masques encore ?
03:03Non, il faut préserver nos patients.
03:05Exactement, très bonne réponse.
03:07Francine, ici où est-ce qu'on est ?
03:08Au centre médical de la clinique.
03:10Nous avons de nombreux médecins spécialistes qui consultent dans l'établissement.
03:14Des cardiologues, des pneumologues, des angiologues, des psychiatres également.
03:19Dans le cadre de la prise en charge, c'est le médecin qui reçoit le patient à l'entrée,
03:23qui fait un premier bilan.
03:24Il n'est pas rare en fait de découvrir des complications de l'obésité pendant l'hospitalisation.
03:29Une insufférence respiratoire, un diabète, des syndromes d'après-midi du sommeil.
03:33Donc en fait, on fait le dépistage de ces maladies.
03:36Ici.
03:36Ici.
03:37Valérie, la forme ?
03:38Oui, ça va.
03:39Valérie, ton rôle ici, qu'est-ce que c'est alors ?
03:41Alors moi, je suis médecin en fait dans un service d'hospitalisation,
03:44plus spécifiquement sur un service d'obésité, on va dire morbide.
03:46Quand il y a un patient qui vient te voir, comment tu réagis ?
03:49Quelles sont tes premières questions vis-à-vis de lui ?
03:50La première chose, c'est essayer de le comprendre, c'est-à-dire ma première question,
03:54ça va être pourquoi est-ce qu'il veut perdre du poids ?
03:56Parce que ça, c'est important d'évaluer sa motivation, ça va aider pour démarrer un projet avec lui.
04:01Donc c'est sûr que quand quelqu'un me dit, je ne supporte plus mon poids, je suis vraiment très mal,
04:06je m'enferme à cause de ça, ça va être un très gros moteur pour trouver de la motivation.
04:10Ensuite, l'autre question, c'est aussi essayer de comprendre avec lui les raisons de sa prise de poids.
04:14Il n'y a jamais une raison, il y a souvent plein de raisons.
04:16Bien sûr, on va faire le point sur la diététique, l'activité physique, ça c'est la base, on en parle tout le temps.
04:21Mais en fait, derrière, il y a quand même une trame de fond, il y a toujours d'autres choses.
04:25Quand tu dis autre chose, c'est une histoire ?
04:26Oui, derrière, il y a toujours une histoire.
04:28Est-ce que depuis petit, en fait, j'ai des problématiques de poids, de famille, des traumatismes ?
04:32On peut petit à petit démêler les choses pour arriver à mettre en place de la diététique et de l'activité physique.
04:37C'est des personnes qui regardent la vidéo YouTube et qui aimeraient venir ici, comment ils font ?
04:41Il faut que ça passe par leur médecin traitant ou un médecin spécialiste ou un établissement de santé.
04:46Donc, il va y avoir une prescription de séjour, il y a un petit dossier à compléter.
04:50Ce sont des hospitalisations chez nous, donc c'est pris en charge par l'assurance maladie.
04:54C'est pas payant ?
04:55Ce n'est pas payant.
04:56Thibaut, est-ce que tu peux raconter un peu ton parcours, ton enfance ?
04:59Comment t'as pris du poids, comment t'as perdu du poids ? Raconte-nous un peu ta vie.
05:02J'étais un beau bébé, je pesais quand même presque 4 kilos.
05:04J'ai toujours été obèse dans toute ma vie.
05:06Selon toi, ton obésité, elle vient d'où à la base ?
05:08Des gènes.
05:09J'ai fait plein de régimes, j'ai été suivi par plein de nutritionnistes, plein de docteurs.
05:13Ça n'a jamais marché. Et au final, ils m'ont appris qu'en fait, ça vient des gènes.
05:17Mon père est costaud, ma mère est maigre, et en fait, j'ai hérité des gènes de mon père.
05:21Selon toi, qu'est-ce qui t'a fait prendre du poids, alors ?
05:23La séparation avec ma sœur à la maternelle.
05:25Donc, c'était tout bête, même prouvé, etc.
05:28Quand tu dis séparation, ça veut dire qu'elle est passée dans une autre école ?
05:30Non, moi j'étais à la maternelle, elle est passée en école primaire.
05:33Mon corps, il a réagi avec la nourriture pour avoir un peu plus de plaisir, pour compenser ce vide.
05:38Ok, ok. Est-ce que quand tu étais petit, toi, quand tes parents te préparaient à manger, ils te faisaient manger des légumes ?
05:43Comment ça se passait ?
05:44Je mangeais des légumes, je mangeais des protéines, des féculents, mais peut-être mal cuisiné, parce que c'était toujours avec de la graisse.
05:51Vu que je viens du Gers, on a le canard.
05:52Ah oui, le foie gras !
05:54À mes 19 ans, j'ai mon père qui est décédé.
05:56Il est mort dans mes bras, il s'est électro-oculé, j'ai essayé de le réanimer pendant 15 minutes.
06:00Donc c'est très dur.
06:02Tout mon passé, toutes les souffrances que j'ai accumulées, etc., ça m'a fait un burn-out pendant mon école d'ingénieur.
06:07Donc je n'ai pas pu réussir mes études.
06:09J'arrivais plus à me concentrer, plus rien.
06:11Il n'y a plus rien qui passait.
06:12Je passais de 170 à 208 kilos.
06:15La nourriture, c'était vraiment le seul truc qui te procurait un peu de bien ?
06:17Ouais.
06:18La nourriture déclenche au final des hormones.
06:21Des hormones, ouais.
06:21Ces hormones, si on ne les a pas autrement, notre corps va les réclamer et du coup, on va manger pour en avoir.
06:27La TeamShape, c'est le moment de mettre un gros pouce bleu en bas de la vidéo.
06:30Un pouce bleu en bas de la vidéo égale un kilo en moins pour l'équipe.
06:33On compte sur vous, hein.
06:34Attention, s'il y a un million de pouces bleus, là, vous êtes foutus, hein.
06:37Un million de pouces bleus, un million de kilos.
06:39Salut Mehdi.
06:40Salut.
06:40Ça va ?
06:41Oui, ça va et toi ?
06:42Très, très bien.
06:43Du coup, Mehdi, tu es psychologue ici ?
06:44Psychiatre, en réalité.
06:45Quel est ton rôle, alors ?
06:46Mon rôle, c'est d'accompagner certains patients pendant leur séjour ici qui ont besoin de suivi psychiatrique ou d'évaluation psychiatrique,
06:53qui auraient des troubles avant de venir et qui auraient besoin éventuellement d'être aidés ici pendant leur séjour.
06:58Comment la psychiatrie, ça peut aider à combattre, vaincre l'obésité ?
07:02Les causes de l'obésité sont souvent multifactorielles et il y a des facteurs, bien sûr, génétiques, personnels,
07:08mais il y a aussi des facteurs environnementaux et des facteurs psychologiques.
07:12Et donc, c'est cette partie psycho-psychiatrique qui est intéressante à évaluer, à prendre en charge.
07:17À quel moment tu as commencé à prendre du poids, Max ?
07:19J'ai perdu mon père, j'avais 10 ans. Je faisais déjà à 10 ans 80 kg.
07:22Et là, j'ai pris un peu plus de poids encore.
07:24J'ai fait un premier centre d'amégrissement à 14 ans.
07:26Je suis rentré là-bas, je faisais 120 kg à peu près.
07:29J'ai fait un an de centre d'amégrissement, je suis ressorti à 70 kg.
07:31Waouh !
07:32Ouais, j'étais venu fin.
07:33Bon, pas beaucoup de muscles, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de muscles à l'époque.
07:36Et ensuite, il y a eu des périodes dans ma vie qui ont été très dures.
07:39Je me suis mis à fumer beaucoup, beaucoup, beaucoup.
07:42Et beaucoup, j'ai repris, je montais jusqu'à 120 kg jusqu'à l'année dernière, 130 kg.
07:47À quel moment t'as commencé à prendre du poids ?
07:49J'ai toujours arrêté un petit peu au-dessus des curseurs toute ma vie.
07:52Et puis, il y a eu un traumatisme assez fort dans ma vie quand j'avais 19 ans.
07:57Et à partir de là, en fait, je n'ai plus du tout eu la maîtrise de mon corps.
08:01Est-ce qu'on peut dire qu'est-ce que c'est ?
08:02J'ai eu un décès dans ma vie. L'amour de ma vie qui est décédé.
08:05Je pense que c'est important de le dire, parce qu'il y a des gens qui ont vécu les mêmes choses
08:07et qui vont pouvoir s'y rattacher.
08:09Et à partir de là, en fait, tout s'est empiré, c'est ça ?
08:11Si tu veux, tu n'as plus du tout de contrôle sur rien, et notamment sur mon poids.
08:15Et j'avais beau faire du sport, j'avais beau faire des régimes, c'est encore pire après d'ailleurs,
08:18je faisais des jeûnes, des jeûnes qui étaient suivis cliniquement.
08:21Je faisais une semaine de jeûne, je prenais du poids.
08:23Tu ne mangeais quasiment pas ?
08:24Je ne mangeais pas.
08:25Tu ne mangeais pas et tu prenais du poids ?
08:27Oui, c'était incompréhensible, parce qu'en fait, toute la cause était psychologique.
08:30J'avais besoin de me densifier, d'être forte, littéralement.
08:33C'est pour ça que je suis très contente d'avoir pu trouver cette clinique.
08:36Et mon travail a été plus psychologique que rééquilibrage alimentaire et sport,
08:41mais pas seulement.
08:42Il a fallu vraiment que je travaille sur moi.
08:44Quelles questions tu poses aux patients pour les amener à réfléchir un petit peu sur leur parcours ?
08:48Alors, la première des questions, c'est qui ils sont ?
08:51Est-ce qu'ils habitent seuls ? Est-ce qu'ils sont accompagnés ?
08:53Leurs antécédents, bien sûr, ça peut nous orienter vers une piste par rapport à une autre.
08:57Ensuite, on leur demande comment ils se sentent.
08:59Est-ce qu'ils ont des angoisses ? Est-ce qu'ils ont des craintes ?
09:01Est-ce qu'ils sont heureux dans leur vie ? Est-ce qu'ils sont malheureux ?
09:03En gros, on essaye de comprendre et leur contexte de vie, et leur ressenti.
09:07Et c'est comme ça qu'on fait les liens et qu'on essaye de développer des hypothèses diagnostiques.
09:11Et à partir de là, on propose des stratégies thérapeutiques.
09:14Il veut comprendre que beaucoup de personnes qui ont subi des agressions sexuelles
09:17ont plus de risque d'être obèses. Est-ce que c'est vrai ?
09:19C'est vrai. C'est une infirmière qui faisait un diplôme de sexologie,
09:23qui a fait une étude ici sur à peu près 300 patients.
09:26Et sur un mois et demi, on a distribué des questionnaires anonymes.
09:28Et sur ces 300 patients, chez les femmes, on atteignait quasiment les 50% de femmes
09:33qui déclaraient avoir eu des agressions sexuelles avant l'âge de 18 ans.
09:36C'était un fait fréquent, et les hommes déclaraient à peu près 20%.
09:40C'était quand même conséquent.
09:41C'est énorme, parce que j'imagine qu'il y a beaucoup de personnes
09:42qui n'ont pas accepté d'y répondre.
09:44Alors, il y a des personnes qui n'ont pas accepté d'y répondre,
09:46et ça reste quelque chose de déclaratif.
09:48C'est-à-dire que la personne accepte de cocher oui,
09:50il semblerait que ce soit peut-être même sous-estimé.
09:53Il y a des études qui vont même jusqu'à 70%.
09:54Aujourd'hui, la parole se libère petit à petit,
09:56mais il faut être en capacité d'en parler, de se livrer.
09:59Et ça, c'est très difficile. Il y a beaucoup de culpabilité.
10:01Cette partie-là sert à quoi, du coup ?
10:03C'est le service administratif, avec la réception et le bureau des entrées.
10:07Alors, en fait, nous avons de nombreux paramédicaux
10:09qui interviennent dans la prise en charge des patients en situation d'obésité.
10:13Des diététiciennes, des professeurs d'activité physique adaptée,
10:17des ergothérapeutes, des kinésithérapeutes, des psychologues.
10:20Alors, si j'oublie d'autres, j'en oublie très certainement.
10:23Il y en a plein.
10:24Derrière nous, qu'est-ce qu'on a comme bâtiment ?
10:26Donc, ici, nous avons deux cuisines diététiques qui permettent aux patients,
10:29avec les diététiciennes, d'apprendre un petit peu à cuisiner.
10:32Voilà, tout à fait.
10:33Donc, ils ont des cours de cuisine et ils déjeunent après avec la diététicienne.
10:36Karine, enchantée. Ça va ?
10:38Petit check de bienvenue ?
10:39Allez, ça marche.
10:40Karine, c'est quoi ton rôle ici, toi ?
10:42Alors, moi, je suis diététicienne sur la clinique depuis un certain nombre d'années.
10:47Alors, mon rôle, c'est un rôle éducatif.
10:49Accompagner le patient pendant son séjour
10:51et le préparer surtout au retour à la maison.
10:52L'idée, c'est éduquer les patients qui n'ont pas de base de bonnes habitudes alimentaires, c'est ça ?
10:57Leur apprendre à manger différemment.
10:58Se recentrer sur leurs sensations physiques.
11:00Et aussi, peut-être, de leur apprendre qu'on peut manger quelque chose de sain et bon.
11:04Le principe de la tuy cuisine, c'est de leur montrer des recettes sympas, allégées et surtout bonnes.
11:08Le but, c'est pas de se priver et de se dire que pour perdre du poids, c'est juste manger de la salade, par exemple.
11:12Le mot d'ordre, en fait, c'est pas d'interdit alimentaire, pas de frustration.
11:16Et l'alimentation la plus variée possible.
11:17Ici, ils nous apprennent à bien nous nourrir, franchement.
11:21Je ne vous cache pas qu'au début, on trouve la nourriture pas très bonne.
11:24Bien sûr, bien sûr.
11:25Mais c'est équilibré.
11:26C'est légumes, féculents, protéines.
11:29C'est des plats bien préparés, bien construits.
11:31Grâce à ça, on perd énormément de poids très rapidement.
11:34Avant de venir ici, je mangeais 200 grammes de pâtes crues par repas.
11:37Ouais.
11:38Je ne mangeais vraiment aucun légume, aucun fruit.
11:40Je me mettais de steak, beaucoup de fromage.
11:42Et des boissons.
11:43Ah oui.
11:44J'étais accro, je buvais 1,5 litre de soda par jour.
11:46Puis les dernières mois, comme je faisais des efforts,
11:48parce que je commençais à perdre du poids chez moi avant de venir,
11:50parce que je n'aimais pas l'eau.
11:51Donc je mettais un peu de sirop dans mon eau,
11:53de manière que ce n'ait pas le goût de l'eau.
11:54Ok.
11:54Donc il y a ce petit apport sucré avec le...
11:56Ça, il faut y aller étape par étape.
11:57Il y a beaucoup de personnes qui n'aiment pas le goût de l'eau.
11:59Et c'est vrai que quand tu es accro au coca,
12:00il faut 10 minutes à petit, je ne sais pas,
12:01il y a du coca classique, il faut y avoir du coca zéro.
12:03Je voulais réapprendre à manger.
12:14Il n'y a pas d'interdit, il y a juste les quantités à modifier.
12:16On est très, très bien encadrés.
12:18Ce sont des gens qui sont bienveillants,
12:20qui sont sans jugement, qui sont compétents,
12:22parce que c'est très compliqué.
12:24Parce que la plupart parlent de régime.
12:26Et en fait, on comprend qu'au contraire,
12:28il faut arrêter les restrictions.
12:29Parce que quand on est dans les restrictions,
12:31on développe des troubles alimentaires.
12:32Et on le voit beaucoup chez les jeunes
12:35qui sont un peu dans l'automatisme de manger
12:37et pas forcément dans je m'écoute.
12:40C'est-à-dire, je m'écoute, j'écoute ma sensation de faim,
12:41ma sensation de rassasiement
12:43et ma sensation de plaisir.
12:44Donc là, il y a vraiment des ateliers,
12:46on appelle ça des ateliers de pleine conscience,
12:48où le patient, on l'accompagne
12:50à se recentrer sur ses sensations physiques.
12:53De ne plus manger pour manger,
12:54mais manger quand on a faim.
12:55Les accompagner le plus possible
12:57pour que vraiment la sensation de faim,
13:00de plaisir, qui peut être complètement occultée
13:02quand on est dans l'automatisme.
13:04Ok, ok.
13:04Est-ce que tu as des exemples de pathologies ?
13:06Les plus connus dans l'obésité,
13:08c'est le trouble du comportement alimentaire,
13:10boulimie, l'hyperphagie,
13:11le fait de manger beaucoup.
13:12Dans des moments très, très courts,
13:14ça, c'est le plus répandu.
13:16Mais il y a aussi d'autres troubles
13:17qui peuvent amener à l'obésité,
13:18comme la dépression, par exemple,
13:19le trouble de l'humeur
13:20ou des troubles de la personnalité.
13:22Toutes ces maladies-là
13:23favorisent le développement de l'obésité.
13:25Est-ce que tu voyais la nourriture
13:26comme une addiction ou pas ?
13:27En fait, on se dit que
13:29dès qu'on est mal,
13:30dès qu'on est contrarié,
13:31on se réfugie dans le seul truc
13:33le plus facile qu'on a,
13:34c'est la nourriture.
13:35Qui te provoque, qui te fait du bien ?
13:36Pour moi, c'était une sensation de bonheur
13:38parce que je me faisais plaisir
13:40par de la nourriture,
13:40donc je me disais que j'allais me consoler avec ça.
13:44Exactement, c'est une addiction.
13:46Est-ce que tu as eu des troubles alimentaires, toi ?
13:47J'avais des pulsions.
13:49Ça va être une pensée obsédante
13:50sur la nourriture
13:51qu'on ne maîtrise plus du tout.
13:52Moins on a envie d'y céder,
13:54plus elle revient dans la tête.
13:55C'est-à-dire qu'on a un problème
13:55souvent émotionnel,
13:56on va avoir une tristesse,
13:58besoin de réconfort,
13:58de quoi que ce soit.
13:59Et on va aller chercher, du coup,
14:00la réponse.
14:01Pourquoi pas dans l'alimentaire,
14:02mais ça peut être dans d'autres choses.
14:03Le sexe, ça peut être la drogue,
14:05ça peut être l'alcool,
14:06ça peut être toutes sortes de réponses.
14:08La différence avec une personne normale,
14:10qui va l'avoir également,
14:11c'est qu'elle va avoir la pulsion,
14:13elle va y céder,
14:13et puis elle va trouver la réponse émotionnelle.
14:15Et donc ça va s'arrêter.
14:16Une personne, souvent,
14:18qui a des troubles alimentaires,
14:19va culpabiliser,
14:21va avoir honte,
14:22va avoir en fait une émotion négative,
14:23ne va pas profiter de l'instant
14:25où elle sait de sa pulsion,
14:26ce qui n'est pas un problème en fait.
14:27Et du coup, c'est pour ça qu'on continue,
14:29on continue,
14:29et qu'il y a des vrais troubles alimentaires
14:31qui se développent.
14:31Et ça, une fois qu'on a compris,
14:33et c'est ici que je l'ai appris,
14:35grâce au docteur Lai Kwen,
14:36qui est formidable,
14:37c'est qu'une fois qu'on a compris
14:38que la pulsion,
14:39elle a été, on va dire,
14:40complétée, assouvie, exactement,
14:42et bien c'est fini,
14:43à condition qu'on ait la bonne émotion.
14:45Ça change tout.
14:45Et il faut kiffer l'instant.
14:46Donc on va tester un atelier qui s'appelle ?
14:48Un atelier de pleine conscience.
14:49Qu'est-ce qu'on va faire ?
14:50Alors la première des choses,
14:51on va se centrer dans le moment présent.
14:53Pour ça, on va s'aider avec la respiration,
14:55et on va enchaîner
14:57avec une dégustation d'aliments
14:59en pleine conscience.
14:59Je me laisse guider,
15:01c'est toi qui fais le cours.
15:02Je vais demander à chaque patient
15:04de choisir l'aliment
15:06qu'il souhaiterait déguster aujourd'hui
15:07en pleine conscience.
15:09Un chambon, c'est riche en protéines ça.
15:11D'abord, on s'installe confortablement,
15:13on met les pieds bien ancrés au sol,
15:16les épaules un peu relâchées.
15:18Quand j'inspire,
15:19je sens l'air qui rentre dans mes narines.
15:22Quand j'expire,
15:23je sens l'air qui ressort.
15:25J'inspire sur quatre temps,
15:27et on expire sur huit temps.
15:29Si des pensées arrivent,
15:31je les laisse passer.
15:32Et je vais essayer d'identifier
15:34ma sensation de faim
15:36et l'intensité.
15:37Puis, je vais ouvrir les yeux
15:39et poser mon regard
15:41sur l'aliment que j'ai choisi.
15:43Je vais porter mon attention
15:45sur sa forme,
15:46sur sa couleur,
15:47me demander juste
15:48s'il est appétissant.
15:50Et en le regardant,
15:51je peux sentir
15:52qu'est-ce qui se passe dans mon corps
15:54juste en regardant cet aliment.
15:57Fermez les yeux,
15:58et nous allons aller explorer
16:00cet aliment avec le toucher.
16:02Je peux me demander
16:03si c'est juste agréable.
16:05Vous allez maintenant
16:06baisser votre masque
16:08et je vais aller porter
16:10mon aliment près de mon nez.
16:12Et là, je le respire.
16:14Je prends le temps.
16:15Vous allez maintenant croquer.
16:17Mais dès que vous l'aurez en bouche,
16:19vous n'allez pas le mâcher dessus.
16:22Et je le laisse en bouche.
16:24Je vais pouvoir le mâcher.
16:27Tout en le mâchant,
16:28je le maintiens en bouche.
16:30Et je prends conscience
16:31des changements de goût.
16:32Quand je l'ai mâché plusieurs fois,
16:35je prendrai conscience
16:37que je l'avale.
16:39Je casse un peu l'automatisme
16:41de reprendre de suite.
16:43Mais je profite
16:44de ce qui se passe là, maintenant.
16:47Et je peux, comme tout à l'heure,
16:49revenir sur ma sensation de faim.
16:51Où est-ce qu'elle en est maintenant ?
16:52Maintenant.
16:53Nous allons maintenant
16:54préouvrir les yeux.
16:57On est tous revenus.
16:58Qu'est-ce qui s'est passé là ?
16:59C'est vachement intéressant
17:00de prendre le temps de mâcher.
17:02Moi, je sais que je mange en 5 minutes.
17:04Et c'est vrai que c'est intéressant
17:04de prendre le temps
17:05de comprendre ce qui se passe.
17:07Qu'est-ce que tu as ressenti toi alors ?
17:09C'est intéressant toujours
17:09de se poser la question
17:10de savoir si c'est de la faim ou pas.
17:12Parce que souvent,
17:12on a une impression de faim.
17:13La faim, elle n'apparaît pas tout de suite.
17:15On le voit quand on pratique le jeûne,
17:17quand on pratique ce genre de choses.
17:18On a des sensations de creux.
17:19On a des sensations de fatigue.
17:20On a des choses, on va dire, inhabituelles
17:22qui viennent dans le corps.
17:23Mais ça n'a rien à voir
17:24avec la sensation de la faim.
17:25On ressent beaucoup plus de choses.
17:27Déjà rien qu'à l'odorat.
17:28On ressent tout de suite
17:29l'odeur du pain
17:30ou de la charcuterie dans ce cas-là.
17:32Et plus, on reconnaît ces saveurs
17:34et on prend le plaisir
17:34de remanger un petit peu.
17:35Juste toucher, déjà découvrir
17:37cette texture qu'a le fromage, le pain.
17:39Ça redonne envie d'y aller.
17:41Mais tout le sens.
17:42On profite mieux de cet aliment
17:44parce qu'on a tendance
17:44à manger toujours trop vite.
17:46À prendre du plaisir en mangeant.
17:48Ça fait du bien.
17:48Comment cet exercice peut aider
17:50les personnes à prendre conscience
17:52de la nourriture ?
17:53L'aliment, il est là effectivement
17:54pour couvrir les besoins nutritionnels
17:56mais il est là aussi
17:56pour se faire plaisir.
17:57Si je mange dans l'automatisme,
17:59il n'y a plus cette notion de plaisir
18:00où j'y passe à côté.
18:01Je prends l'exemple souvent
18:02des restaurants gastronomiques.
18:04C'est des petites portions.
18:05Comme il y a beaucoup d'attentes
18:06entre chaque plat,
18:07souvent on a quand même
18:08un sentiment de satiété à la faim
18:09alors qu'on n'a pas mangé tant que ça.
18:11Juste le fait d'avoir beaucoup attendu
18:12fait qu'on a moins faim.
18:14Cette sensation de satiété
18:16à la fin du repas.
18:17Si je mange dans l'automatisme,
18:19il peut y avoir des gros volumes
18:20et finalement à la fin du repas,
18:22je peux ne pas la ressentir
18:23ou la ressentir
18:25mais du coup la ressentir trop.
18:26C'est-à-dire que je l'ai dépassée.
18:27Je vous invite chez vous
18:28à faire l'exercice.
18:29Vous avez la voix de Karine
18:29au moment où on fait la vidéo YouTube.
18:31Vous pouvez vous écouter la vidéo
18:32en mangeant un aliment
18:33et je pense que ça peut faire
18:34un super exercice
18:35pour prendre conscience de l'aliment.
18:36Quel a été le déclic
18:37pour toi de te dire
18:38« Ok, là je pèse 250 kilos,
18:40il faut que je me reprenne en main. »
18:41Alors le déclic,
18:42ça a été un ami.
18:43Un ami de la famille
18:43qui m'a attrapé en soirée,
18:45qui m'a mis les quatre vérités en face
18:46et je l'en remercie encore beaucoup aujourd'hui.
18:48Il m'a dit
18:48« Est-ce que tu te vois ? »
18:50Je lui dis « Oui.
18:50Tu te sens bien ? »
18:51Je lui dis « Ben oui. »
18:52Il m'a dit « Non, tu ne te sens pas bien. »
18:53Je lui dis « Pourquoi ? »
18:54Et en fait, il m'a expliqué
18:55« T'es obèse. »
18:55Il ne m'a pas dit que t'es gros
18:56parce que le mot gros,
18:57je n'aime pas ce mot-là
18:58parce que ça décrit...
18:59On ne peut décrire un objet.
19:00Alors quand on dit
19:01d'une personne qui est grosse,
19:02on pourrait le décrire comme un objet
19:03alors que c'est un être humain.
19:04D'accord, ok.
19:04Il m'a dit
19:05« Tu n'arrives pas à vivre.
19:06Tu ne peux pas profiter de ça.
19:07Tu ne peux pas faire ça avec nous.
19:08Tu ne peux pas te promener. »
19:09Et là, en fait,
19:10j'ai eu un déclic dans ma tête.
19:11Ça m'a cassé en fait.
19:12Je me suis vraiment écroulé.
19:13J'ai pleuré devant lui
19:14alors qu'il m'a bien fait comprendre
19:16qu'en fait,
19:16je suis en train de détruire ma santé.
19:18À quel moment tu as eu ce déclic ?
19:19Ok, il faut que je perde du poids.
19:20Là, ça ne va plus.
19:21Déjà pour mon dos
19:21parce que je ne peux plus travailler.
19:23Je ne peux plus...
19:23À la base, je suis logisticien
19:24et ajusteur-monteur.
19:25Je ne suis plus en train de faire du rugby.
19:26J'ai des problèmes d'audition.
19:27Trop de mêlées ?
19:28Non, je n'ai pas eu le temps
19:30de faire des mêlées.
19:30J'ai eu deux cholestéatomes.
19:32Ça peut mener vers un cancer de l'oreille.
19:33Ok, ok.
19:34J'ai l'interdiction de faire du rugby.
19:35C'est sûr qu'à 254 kg,
19:37on ne peut pas faire
19:38tout ce qu'on a envie de faire.
19:39On ne peut pas profiter des gens.
19:41On ne peut pas se promener.
19:41On est vite essoufflé.
19:42On est vite fatigué.
19:43Donc, en clair, la vie,
19:44ce n'est pas une vie.
19:45Grâce à lui, j'ai eu le déclic
19:46et aujourd'hui, je la remercie
19:47parce que je revis.
19:49C'est une nouvelle vie.
19:49Pour moi, il m'a sauvé la vie.
19:50J'ai vu un rhumatologue
19:52il n'y a pas si longtemps que ça
19:52qui m'a dit
19:53que je dois changer de travail.
19:54Je dois arrêter le foot.
19:56Je dois arrêter tout ça
19:56et je ne pourrais pas le reprendre
19:57si je ne fais pas attention à moi.
19:59Tu as dit
19:59que si tu veux reprendre
20:00les activités que tu avais avant,
20:01il faut que tu perds du poids.
20:02Je perds du poids.
20:02Objectif, là, c'était focus.
20:04Ok, où sommes-nous alors ?
20:05Alors ici, c'est la salle de kinésithérapie.
20:08C'est ici que sont pris en charge
20:09les patients pour des soins
20:11de rééducation, réadaptation
20:13en fonction des complications locomotrices
20:15dont ils peuvent souffrir.
20:17Les rendez-vous avec les kinés,
20:17ça se passe ici ?
20:18Mais peuvent se passer également en chambre
20:20puisque nous avons quand même des patients
20:22qui ne peuvent pas venir
20:24juste en salle de kinésithérapie.
20:26Des patients qui pèsent plus de 250 kg par exemple ?
20:28Alors, ce n'est pas forcément en fonction du poids.
20:31C'est par rapport à ses capacités locomotrices.
20:33Sa capacité à marcher ?
20:34Voilà, c'est ça, exactement.
20:35Quel a été le déclic selon toi
20:37de vouloir perdre du poids ?
20:39L'image de soi.
20:39J'ai eu le déclic quand j'ai passé mes 18 ans
20:41où vraiment je voulais perdre énormément de poids.
20:44Je faisais à peu près 170 kg.
20:46Combien tu mesures ?
20:461m80.
20:47Je n'ai jamais accepté mon corps.
20:48Ça a été toujours compliqué de vivre avec ce corps.
20:51Faire ses lacets, prendre une chaise,
20:54on se dit « Ah, elle ne va pas supporter mon poids ».
20:56Stressé continuellement en fait.
20:57Par exemple, si tu veux aller au restaurant,
20:59quelque chose de bête,
21:00c'est la première chose que tu vas regarder,
21:01c'est si les sièges sont adaptés.
21:02C'est quand même quelque chose de terrible
21:03de se dire qu'on ne peut pas vivre normalement.
21:06Quand tu es dans un lieu, tu vas tout analyser.
21:07C'est ça, tu te dis « Est-ce que je peux essayer
21:09de me rapprocher de comment les autres vivent ? »
21:11C'est assez angoissant au final.
21:13C'est des questions bêtes
21:14que les jeunes n'ont pas à se poser
21:16mais que nous, on se pose.
21:17Donc souvent, on prend les personnes obèses
21:18pour des personnes apathiques,
21:20mais on trimballe un poids sans arrêt
21:21qui est assez terrible.
21:23Si la détermination suffisait pour perdre du poids,
21:25ça fait longtemps que beaucoup d'entre nous
21:27serions minces.
21:28Quels sont les risques de l'obésité alors ?
21:30L'obésité est une maladie chronique.
21:32Même si on peut avoir le sentiment
21:33de ne pas être malade,
21:34ça reste une maladie.
21:35Aujourd'hui, c'est étiqueté comme ça.
21:37Pourquoi ?
21:38Parce qu'elle va avoir des conséquences.
21:39En fait, elle va accentuer les problèmes de santé.
21:41Si j'ai des douleurs,
21:42je risque probablement d'avoir de plus en plus mal,
21:44avoir une arthrose de plus en plus importante.
21:46Si j'ai un problème d'essoufflement,
21:47bien sûr, ça va s'accentuer.
21:48Si j'ai un problème de sommeil,
21:49ça va s'accentuer.
21:50C'est une maladie qui va amener
21:51beaucoup de problématiques de santé.
21:54Aujourd'hui, je suis avec Pierre.
21:55Ça va ou quoi ?
21:55Bien et toi ?
21:56D'accord ?
21:56Nickel.
21:57Pierre, c'est quoi ton job ici ?
21:58Alors moi, je suis professeur
21:59en activité physique adaptée.
22:01Je mets en place des programmes
22:02et j'essaye de les adapter
22:03en fonction des différentes pathologies des patients.
22:06Derrière nous, on a une machine
22:06qui ressemble à un tapis.
22:07Comment ça s'appelle ?
22:08Ça s'appelle un altergé.
22:10C'est un tapis de marche normal.
22:11Mais le patient,
22:12une fois qu'il est dans le tapis,
22:14il va pouvoir effectuer de la marche
22:16tout en étant allégé.
22:17On peut alléger une personne
22:18jusqu'à 80% de son poids de corps.
22:19Ça permet aux personnes qui sont en surpoids
22:21de ne pas se faire mal aux articulations.
22:23Exactement.
22:23On va tester ?
22:24Allez.
22:24Let's go.
22:24On va monter ici.
22:25On va passer une jambe.
22:27Ok.
22:27Ça a vraiment emprisonné l'air.
22:29C'est chelou comme impression.
22:30On monte.
22:30Et je calibre l'appareil.
22:31Tu vas te sentir sûrement décollé.
22:33Tu gardes toujours les points de pied au sol.
22:35Je ne vais pas partir vers le toit.
22:36Au pire, il y a le lustre là.
22:37Ok, on l'attrape.
22:39Donc là, la machine calcule mon poids.
22:40C'est ça.
22:40Sans jamais être affiché.
22:42Donc là, ça gonfle.
22:43Ouais, c'est normal.
22:43J'ai les talons qui se lèvent un peu.
22:45Donc là, tu vois, tu as 100% de ton poids de corps.
22:47On va diminuer progressivement ton poids.
22:49Donc là, tu vois, il te reste 80% de ton poids de corps.
22:52C'est impressionnant.
22:52Tu imagines une patiente, par exemple, qui fait 250 kilos.
22:55C'est énorme.
22:56Bah, sûr.
22:56Tu fais du sport un peu, toi ?
22:57Un petit peu.
22:58Ça réduit le poids parce que ça comprime au niveau des jambes.
23:00C'est ça.
23:00En fait, ça te met sous pression.
23:03Je sens que ça rebondit beaucoup plus.
23:04Je suis beaucoup plus léger.
23:05Ah ouais.
23:06Là, je suis à 115 kilos.
23:07Donc c'est comme si je pesais 20% de moins.
23:09On mettra les calculs en bas.
23:10Et là, on va descendre.
23:11Vas-y.
23:12Donc là, déjà, j'ai l'impression que ça me porte, en fait.
23:14Waouh.
23:15Tu ne fais plus que la moitié de ton poids de corps.
23:16Ah ouais, de toute façon, il est sur la lune.
23:19Ah, c'est impressionnant.
23:20Vas-y, va au max.
23:23Là, on est au max.
23:24Ouais, je sens que les genoux, ils ne forcent pas.
23:25Pourtant, je suis à la même vitesse.
23:27Là, tu es à 8 kilomètres.
23:27Tu fais des bonnes de 3 mètres sur l'appareil.
23:30Donc vas-y, remets-moi en poids normal à 100%.
23:32Donc là, tu vas voir, on va remonter progressivement.
23:34Et tu vas vraiment ressentir ton poids sur les articulations.
23:38Ah ouais.
23:38Déjà, je sens.
23:39Ouais, les genoux, ils travaillent plus.
23:41Et pourtant, c'est la même vitesse que tu t'as là.
23:42C'est juste le poids, tu vois.
23:44Ah ouais.
23:44Ça me semble être lourd.
23:45Ouais.
23:46Waouh.
23:46Trop bien.
23:47C'est impressionnant comme machine.
23:48J'adore le sport.
23:49Je crois que j'aime vraiment le sport.
23:50Même en étant à 154 kilos, on peut faire du sport à mon rythme.
23:54Mais j'en faisais.
23:55Et après, comme je suis coach de sport aussi, ça aide aussi.
23:58T'as passé des diplômes ?
23:59Je suis coach de foot en district.
24:01Mais je commence à passer des diplômes.
24:03Et pourquoi pas devenir après coach sportif.
24:05Ça serait un rêve de vie.
24:06Trop bien.
24:06Bien sûr.
24:07J'ai essayé de faire le suivi Team InShape.
24:10C'est vrai ?
24:11Salle tous les jours.
24:12Ris, d'un de salade.
24:13Bien.
24:14Pendant deux ans, j'ai perdu 40 kilos tout seul.
24:18I'm so proud of you.
24:19Putain.
24:20Au début, ça a été hyper compliqué.
24:22Mentalement, il fallait se mettre des terres.
24:24J'étais juste bougé.
24:24Après deux ans et demi où j'ai quasiment pas bougé,
24:26je faisais 50 mètres, j'ai été KO.
24:28Des douleurs de dingue.
24:29Parce que quand on prend du poids, on fait souffrir énormément de nos articulations.
24:32Et donc du coup, rebouger tout le corps, ça prend énormément de temps.
24:36Parce que le corps n'est plus adapté.
24:38Quand t'étais chez toi, ça veut dire que t'étais beaucoup sur ordinateur par exemple ?
24:41Ah oui, j'étais entre guillemets un gamer.
24:43Tu joues à quoi ?
24:44LOL ?
24:45LOL, ARK, CSGO.
24:47Ça occupe bien les journées mais tu bouges pas quoi.
24:48Donc je m'étais remis en forme, c'est la salle de sport.
24:51Ouais, on voit les pecs là, on voit les pecs.
24:52On voit les pecs, ils sont là.
24:53Et j'ai fait deux flébites.
24:55Oh shit.
24:55Est-ce qu'on peut expliquer les flébites ?
24:56Alors les flébites, c'est un caillot de sang qui se crée et qui bloque la circulation du sang.
25:01Tant que ce sera en dessous des cuisses, on va dire, c'est pas trop alarmant.
25:05Du moment, ça menthe, on appelle ça une embolie pulmonaire.
25:07Et là, c'est beaucoup plus important, on risque d'avoir arrêt de sport.
25:10Plus de travail pendant un petit moment.
25:12Donc là, j'avais repris un peu de poids.
25:14Et ensuite, j'ai ma mère qui a eu un cancer.
25:16Donc elle est toujours là, ça a été opérable et tout ça.
25:18Mais à partir de ce moment-là, reprise du poids, j'ai mon dos qui m'a lâché, arrêt de travail.
25:22Et j'ai repris 30 kilos quasiment.
25:23C'est pour ça que dans la vidéo, les parcours de vie sont vachement intéressants.
25:26Parce qu'au final, quand tu prends du poids ou une obésité, c'est pas juste que tu manges beaucoup de Nutella.
25:30Il y a toute une histoire derrière qui fait que les personnes prennent du poids.
25:34C'est pas aussi simple que ça.
25:35Tous ceux qui sont pour moi en obésité, à part ceux qui sont malades, ils ont vraiment une maladie incertaine.
25:40Pour moi, il y a quelque chose qui s'est passé dans leur vie.
25:42Donc un malade, il ne faut pas hésiter à en parler.
25:44Il y a du monde.
25:44Donc là, nous sommes au temple, c'est ça, la salle de sport ?
25:47C'est ça.
25:48Ah, le lieu magique.
25:49Je vois que tu as vraiment, mais vraiment envie de rester parmi nous.
25:53Je pense qu'on va faire une petite séance ici, mais par contre, elles sont où les alters ou pas les alters ?
25:57Alors, il y a encore une autre salle.
25:58Magnifique, c'est ce que je voulais entendre.
26:00Alors, l'activité physique dans l'établissement est un des axes de travail.
26:04Puisqu'en fait, la prise en charge de l'obésité, elle est basée sur quatre axes.
26:07D'abord, une prise en charge qui est médicale, une prise en charge diététique, une prise en charge physique
26:13et une prise en charge psychologique.
26:15Voilà, c'est les quatre axes importants pour aider les personnes à aller mieux.
26:18Toi, tu en fais du sport un petit peu ou pas ?
26:19Ah oui, alors je profite aussi de la salle une fois que les patients sont partis.
26:23Magnifique !
26:24Est-ce qu'aujourd'hui, tu fais du sport ?
26:25Ouais, je pense que c'est une habitude que je ne vais plus perdre.
26:27Ça fait du bien, moralement, on est content de s'occuper de soi aussi.
26:30Tu fais quoi comme sport du coup ?
26:31Là, j'ai une séance de coaching avec un coach qu'on a pris sur une salle de sport.
26:35Du cardio plutôt, exercice cardio avec des poids ?
26:38Cardio, crossfit.
26:39Trop, trop bien.
26:40Ouais, donc c'est génial, c'est vraiment...
26:42Tu te sens bien après, ouais ?
26:43Ouais, je fais une petite dédicace.
26:45Ouais, ouais, ouais.
26:45Enfin, bisous à Mehdi.
26:47Elle sert à quoi la machine qui est derrière nous alors ?
26:48Alors cette machine, c'est une machine de rééducation déjà avant tout.
26:52Travailler la mobilité, la proprioception, l'équilibre et aussi de faire la rééducation au niveau musculaire.
26:58Alors, ce n'est pas en faisant cette machine qu'on va travailler l'hypertrophie.
27:00On reste toujours sur une machine de rééducation.
27:02On va plus facilement cibler les muscles profonds.
27:05En fait, dites-moi dans les commentaires quel prochain thème de vidéo vous aimeriez voir sur ma chaîne YouTube.
27:09Lâchez-vous !
27:09Prochain exercice, qu'est-ce qu'on va faire alors ?
27:11Alors là, on va faire un squat.
27:12Parce que tu as certains patients qui ont des douleurs au genou.
27:14Donc on va adapter les squats.
27:16On ne va pas aller jusqu'à casser la parallèle, mais on va réduire la flexion du genou.
27:20On écarte bien les pieds, monsieur Koss.
27:21Et on va venir descendre jusqu'à essayer de toucher le tabouret et on remonte.
27:26On descend, on regarde, toujours en regard fixe vers l'avant, dos bien droit, les épaules droites.
27:30Donc l'idée, c'est vraiment solliciter les muscles des cuisses, mais sans pour autant faire des douleurs au genou.
27:35Exactement.
27:35Est-ce que tu as des patients qui ont commencé avec des quarts de squat et qui ont fini après avec des squats complets ?
27:39Bien sûr, bien sûr.
27:40C'est le but aussi de la prise en charge.
27:42C'est-à-dire de commencer vraiment en adaptant un maximum et au fur et à mesure du séjour, d'arriver à faire des mouvements.
27:49Prochain exercice, qu'est-ce qu'on va faire alors ?
27:50On va faire un burpees.
27:51Sauf que là, on va essayer de l'adapter.
27:53C'est-à-dire qu'on ne va pas aller au sol.
27:54On peut utiliser une chaise à la maison.
27:56On peut utiliser une petite box.
27:57Je suis en face, je vais venir poser mes mains sur la box, reculer les pieds, ramener et me relever.
28:04Si vraiment c'est encore trop douloureux, on pose, on recule, on ramène et on se relève.
28:09On essaie, monsieur le dard ?
28:10Ok.
28:12Ouais, super.
28:14Parfait.
28:16Il faut dire aussi que monsieur le dard, au départ, il n'en faisait pas du tout.
28:18C'est vrai ?
28:19C'est vraiment, ça a été un progrès.
28:20Il revient de loin là-dessus, là ?
28:22Franchement, respect.
28:22Donc ici, on est à la campagne, à l'extérieur.
28:25Où est-ce qu'on est exactement ?
28:26Alors là, nous sommes sur le parcours de marche qui entoure tout le château.
28:29Voilà, les patients, parfois, sont accompagnés aussi des kinésithérapeutes.
28:33Ça peut être aussi avec les ergothérapeutes et également les professeurs d'activité physique adaptés.
28:38C'est très individualisé comme prise en charge.
28:40Tout le long, en fait, de ce parcours, il y a des équipements pour faire de l'activité physique.
28:44Derrière nous, qu'est-ce qu'on a alors ?
28:45Alors ici, nous sommes devant le bureau de l'assistante sociale.
28:48Ok.
28:48Donc, il y a un rôle à part entière dans l'établissement,
28:50puisque ce qu'il faut savoir, c'est que les patients qui sont en situation d'obésité
28:53sont aussi très souvent en situation de précarité.
28:56Donc, l'assistante sociale les aide à mettre en place des aides au retour à domicile.
29:00Quand tu dis précarité, c'est quoi cette précarité ?
29:02Financière ou de logement, leur condition de vie ?
29:04Ça peut être effectivement financier, ça peut être de logement ou ça peut être les deux.
29:08D'accord.
29:08Le patient arrive, après un passage chez vous, il perd du poids,
29:11mais ensuite, qu'est-ce qui se passe pour ne pas qu'il retombe là-dedans ?
29:13On va travailler avec lui ce qu'on appelle le projet de sortie,
29:15c'est-à-dire essayer vraiment de mettre en place des changements durables.
29:18Dans les études d'aujourd'hui, ce qui fonctionne très bien dans l'obésité,
29:22c'est la mise en place d'un suivi.
29:23Donc, nous, on a constitué vraiment un réseau avec l'hôpital,
29:26avec le centre spécialisé obésité,
29:28et avec, bien sûr, des structures Maisons Sports Santé
29:31qui accueillent des patients, qui s'appelle Capacity, qui est à Toulouse,
29:34et qui permet d'avoir le prolongement de la prise en charge physique
29:36que l'on a ici très spécifique.
29:37Et après, on a un partenariat aussi avec les médecins généralistes
29:40pour pouvoir...
29:41Accompagner les personnes ?
29:42Complètement.
29:42Dès qu'on perd l'accompagnement, on perd en motivation et on rechute.
29:45C'est quoi le pourcentage de taux de rechute ?
29:48En fait, il n'y a pas d'étude qui a été faite sur ce taux-là.
29:50On a fait une étude sur l'hospitalisation de jour.
29:53Il y a 300 patients qui ont été suivis sur 3 ans,
29:55et il y a finalement 90% de maintien de la perte de poids dans le temps.
30:01Ça montre vraiment que le suivi est important.
30:02Vers nous, il y a l'hospitalisation de jour, ça veut dire quoi ?
30:05Ici, nous avons deux types de prise en charge et d'hospitalisation.
30:08Hospitalisation complète et hospitalisation de jour.
30:10Donc, l'hospitalisation complète, ce sont des séjours de 3 semaines minimum.
30:14Les patients restent là, ici, dorment ici dans l'établissement.
30:17Ensuite, l'hospitalisation de jour, c'est un autre mode de prise en charge
30:20où ils viennent une journée par mois,
30:22où des thématiques sur la prise en charge de l'obésité sont abordées.
30:25Donc, des patients qui sont venus en hospitalisation complète
30:28peuvent poursuivre après le suivi en hospitalisation de jour
30:31ou alors débuter un suivi en hospitalisation de jour.
30:33D'accord.
30:34Est-ce qu'il y a des patients qui viennent te voir
30:35parce qu'ils souffrent du regard des gens et des moqueries ?
30:39Effectivement, ça arrive assez fréquemment que des patients en situation d'obésité
30:43souffrent du regard des gens sur eux et le vivent très mal.
30:46Ça ne fait qu'augmenter leur sentiment de honte et de culpabilité
30:50vis-à-vis de leur situation, vis-à-vis de leur poids.
30:53Du coup, ça les isole davantage et ça aggrave leur pathologie.
30:55Est-ce qu'en prenant du poids, tu as souffert du regard des gens ?
30:58Oui, bien sûr.
30:59Est-ce que tu as des témoignages ou des trucs qui te sont arrivés ?
31:01Alors, j'ai eu la chance du coup dans mon métier de ne pas trop avoir eu ce problème-là.
31:06Donc ça, c'est vraiment une grande chance.
31:07Tu travailles dans quoi ?
31:08Je travaille dans la musique.
31:09Trop bien.
31:09Je suis violoniste.
31:10Trop bien.
31:11On le vit tous, c'est-à-dire même au quotidien, que ce soit pour des habits,
31:15que ce soit même pour se véhiculer dans la rue.
31:18On voit bien le regard des autres.
31:19Le pire, c'est le regard des gens envers soi, surtout pour nous et pour les familles
31:22parce que les familles empathisent beaucoup.
31:24Ok, même les familles, ok.
31:25Plus on est dans l'obésité, plus on s'enferme, on se crée une bulle,
31:28on se sert de notre obésité comme une carapace au final.
31:31Plus on est dedans, plus on s'enfonce et plus on prend du poids.
31:34Parce que souvent, l'obésité peut aussi être la conséquence d'une mauvaise image d'eux-mêmes
31:38par rapport à leur histoire, par rapport à leur vécu.
31:41Et du coup, le fait qu'ils ne s'aiment pas, ils vont devenir obèses pour se protéger finalement des autres
31:46en ayant le sentiment que les autres aussi les rejettent.
31:49Les aider à améliorer leur image d'eux-mêmes va les aider à travailler sur leur obésité.
31:52C'est un peu comme s'ils se confortaient en disant « vous ne m'aimez pas, ok,
31:54mais je vais faire en sorte que moi non plus, je ne m'aime pas. »
31:56Exactement, en fait.
31:56J'ai une part de moi qui a besoin de tout contrôler et qui, du coup, a besoin de contrôler également mon corps
32:02et de tenir les gens à distance.
32:04J'ai travaillé sur ce genre de problématiques-là.
32:06Moi, mon corps, en fait, se protège.
32:08C'est un réflexe biologique de survie, mais je ne veux plus de ce réflexe-là.
32:12Donc, c'est difficile à changer parce que c'est ancré.
32:14Quand on est enfant, quand on en parle, la réponse la plus simple, c'est
32:18« votre fils, il faut qu'il mange moins, alors que ça ne vient pas de là. »
32:21C'est un problème surtout dû au psychologique.
32:23Chacun réagit différemment à l'émotion.
32:26Le but, ce n'est pas de leur dire qu'il faut qu'ils restent avec leur surpoids,
32:30mais c'est de leur dire que ce n'est pas en ayant honte d'eux-mêmes qu'ils vont aller mieux.
32:33C'est ça, finalement, le travail aussi que je vais faire avec eux,
32:36pour les aider à s'accepter d'une part, mais à travailler pour, bien sûr,
32:39se faire du poids et se sentir mieux dans leur corps d'air.
32:41Comment tu as perçu le regard des gens, toi ?
32:43On va dire que j'ai choisi mon entourage.
32:44Il y avait des personnes qui faisaient des blagues sur le poids.
32:47Je le prenais en rigolant parce que j'ai toujours été comme ça.
32:49Je me suis caché derrière la blague pendant des années
32:53et maintenant, on va dire que je me suis entouré des personnes
32:56qui allaient me tirer vers le haut.
32:57Ce que j'ai tiré vers le bas, c'est dehors.
32:59Trouver un emploi quand on est gros, c'est un enfer.
33:01Déjà que trouver un emploi de base, c'est compliqué.
33:03En plus, quand on est en surpoids...
33:04J'ai fait 200 à peu près entreprises pour mon stage.
33:07Ah ouais.
33:07Juste pour mon stage, alors que les autres de ma formation,
33:10ils allaient dans une entreprise, sachant que c'est un stage non réénuméré.
33:13Pour vous donner un exemple, il y avait 15 annonces de techniciens
33:16de maintenance industrielle, donc c'était la formation que je faisais.
33:19Je me présente en tant que technicien de maintenance industrielle.
33:22Non, on ne recrute pas.
33:23Ah ouais.
33:24Mais vous avez des annonces quand même...
33:26Actives, quoi.
33:26Actives, vous cherchez.
33:28Oui, mais pas pour vous.
33:29Ah, c'est dur.
33:30Est-ce que tu as une anecdote avec un patient qui t'a marqué ?
33:32Il y a des patients qui nous marquent forcément plus que d'autres.
33:34Je pense à des patients qui sont venus ici avec ce qu'on appelle hyper-obésité,
33:38une obésité très, très importante,
33:40pour lesquelles la prise en charge a donné des résultats spectaculaires
33:43qui dépassaient parfois, je pense, nos expérances à tous.
33:46Régulièrement, j'ai des patients qui arrivent ici
33:48et qui sont en rupture de soins depuis des années.
33:50Ce sont des patients qui sortent de chez eux dans des conditions terribles,
33:53qui sortent par la façade cassée pour sortir le patient.
33:58Des gens qui sont à des poids extrêmes
33:59et qui finalement, avec une prise en charge et avec un suivi,
34:03arrivent à perdre énormément de poids,
34:05retrouver une qualité de vie.
34:06Et c'est possible en fait.
34:07Et ça, ça marque tous les jours.
34:08C'est mon quotidien.
34:09Il y a une alchimie qui se fait entre l'équipe soignante
34:12et le patient et l'établissement
34:14qui fait qu'il y a une émulation.
34:15Le patient va développer de plus en plus une motivation à se dépenser,
34:20à perdre du poids.
34:21Et on a vu des résultats qui dépassaient même certaines chirurgies bariatriques.
34:24Donc, c'est quand même très, très intéressant.
34:27Et donc, une patiente, il me vient à l'esprit,
34:29qui est restée ici plus d'un an,
34:30qui a perdu plus de 100 kg.
34:32Très impressionnant.
34:33C'est impressionnant, hein ?
34:33Le patient, le plus en surpoids que t'aies eu,
34:36il pesait combien ?
34:36Je pense qu'il pesait aux alentours de 320 kg.
34:39Et ce patient, aujourd'hui, a perdu beaucoup de poids.
34:41C'est quelqu'un qui, bien sûr, ne pouvait pas marcher à l'époque,
34:43qui avait plein de maladies.
34:44Et aujourd'hui, il va bien.
34:45Et c'est très satisfaisant pour lui, pour nous.
34:47C'est incroyable.
34:48À présent, abonnez-vous à ma chaîne YouTube
34:50en cliquant sur ma tête, juste ici.
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34:52Et cliquez ici pour regarder une autre vidéo.
34:54Et n'oubliez pas que vous êtes les meilleurs.
34:56BOOM !
34:57Au revoir !
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