- il y a 6 semaines
Un voyage musical à travers nos campagnes ligérienne à la rencontre des orchestres, harmonies et fanfares qui, loin des conservatoires et des grandes scènes, tissent le lien social et culturel de nos villages.
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00:00Elliot a 13 ans. Il est adepte des jeux vidéo, écoute beaucoup de musique,
00:12notamment de la fonque, et joue du corps d'harmonie depuis l'âge de 9 ans.
00:16Un choix plutôt surprenant pour un enfant de cet âge face à un instrument méconnu,
00:20issu de la tradition de la chasse à cour, qui aurait pu lui paraître désuet.
00:25Cet instrument, c'est lui qui l'a choisi, et depuis quelques années,
00:28il a intégré un orchestre dans un village, à quelques kilomètres de chez lui.
00:33Car dans toutes les régions de France, la pratique musicale amateur est massivement adoptée
00:36et intégrée dans la vie de tous, dépassant la sphère des initiés
00:40et indépendamment des origines sociales ou professionnelles.
00:46Les sociétés musicales sont ancrées dans nos villes, nos villages,
00:50et rythment l'année par les réunions, les fêtes, les concerts, les animations,
00:54où la musique devient prétexte à se retrouver, à rompre la monotonie,
00:58à renforcer la convivialité et la solidarité.
01:01De véritables micro-sociétés avec leurs codes, leurs rites, leurs règles,
01:06dont l'objectif est autant moral que culturel,
01:10élever le peuple par l'art, cimenter des communautés,
01:13créer du mieux-être collectif.
01:15Et c'est en accompagnant Elliot aux répétitions et aux concerts
01:19que j'ai découvert cet univers de passionnés
01:21qui font vivre la musique loin des conservatoires et d'en faire un film.
01:28Je vous propose donc de sillonner avec moi les routes de nos campagnes
01:31pour découvrir le peuple musicien.
01:34Mon département, la Loire, compte environ 110 sociétés musicales,
01:47regroupant 7000 musiciens et choristes amateurs.
01:51Comme dans de nombreuses régions en France, le vivier est énorme,
01:53et je sais déjà que je ne pourrais pas montrer toutes les formations,
01:56tous les styles, ni donner la parole à toutes les personnes
01:59qui œuvrent dans cette dynamique collective.
02:00Je ne ferai certainement qu'effleurer certaines notions
02:03et certains faits historiques en faisant l'impasse sur les chorales
02:06dont le succès croissant mériterait un film à elle seule.
02:09Je m'intéresserai davantage aux orchestres ruraux
02:12et à la façon dont ils font vivre nos villages.
02:15Pour commencer notre périple, direction l'école de musique de Saint-Éan
02:18pour rencontrer Sylvain Haid, son directeur,
02:20et le professeur de musique d'Eliott.
02:23Sylvain est multi-instrumentiste, il joue dans différents orchestres,
02:26il dirige aussi l'harmonie de Saint-Éan
02:28et l'harmonie de Saint-Bonnet-les-Houles.
02:30Il baigne dans la musique depuis tout petit grâce à son père,
02:33musicien de renom et fondateur de l'école de musique de Saint-Bonnet-les-Houles.
02:36Quand il est arrivé ici, en fait,
02:43il s'est tout de suite rapproché du monde amateur de la musique.
02:46Moi, avec mes yeux de gamin,
02:48en sachant que mon père, en fait,
02:50il avait un niveau exceptionnel
02:54et que personne ne le savait, en fait.
02:55c'était un petit village.
02:58Personne ne savait que ce monsieur,
03:00il était la trompette solo dans les plus grands orchestres de Paris,
03:03qu'il avait fait ci, qu'il avait fait là.
03:05Et moi, je me disais,
03:06mais comment c'est possible qu'il transmette ces choses-là ?
03:09Ça, je n'arrivais pas à le comprendre au départ.
03:11Et au plus, en fait,
03:13j'ai commencé à rentrer un peu dans ce milieu amateur,
03:16au plus j'ai compris que ce milieu amateur,
03:19en fait, c'était une famille, tout simplement.
03:20Pour moi, c'est tellement logique de faire partager.
03:32J'ai tellement vu toutes ces personnes
03:34qui sont hyper importantes pour moi donner,
03:38alors qu'ils pouvaient très bien rester tranquilos.
03:42Moi, j'ai fait ci, j'ai fait là,
03:43je n'ai plus rien à prouver.
03:44Effectivement, tu n'as plus rien à prouver,
03:45mais tu as tellement à donner.
03:47Et ça, c'est tellement exceptionnel.
03:50Pour moi, c'est vraiment l'aboutissement
03:55d'un jeune musicien,
03:57c'est de jouer en ensemble.
03:59C'est de jouer en ensemble.
03:59Alors, moi, dès les premières années,
04:02je crée un petit groupe
04:05où ils ne peuvent que trois, quatre,
04:08où on essaye de jouer un petit peu ensemble.
04:10Alors, au début, c'est des choses très simples,
04:11mais tout de suite,
04:12ils cherchent à jouer ensemble.
04:14Et ça, c'est hyper important
04:15d'entendre le copain qui joue un autre instrument,
04:17même si, ou le même, ce n'est pas un problème,
04:18mais qu'ils entendent, qu'ils essayent
04:20d'écouter ce qui se passe.
04:23Et petit à petit, après,
04:24ils vont rentrer dans l'orchestre junior,
04:27après dans l'orchestre d'harmonie, etc.
04:30Et j'avais pas ce discours-là au début.
04:38J'avais pas le regard qu'il fallait, en fait.
04:41J'avais un regard qui était très tourné
04:43vers la musique classique,
04:44donc orchestre, etc.
04:47Le reste, on écoutait ça un petit peu
04:48en disant, ça, c'est quand même bizarre,
04:50quoi, le genre truc.
04:51Et puis, on voit,
04:53en prenant de l'expérience, certainement,
04:56et on voit que toutes les musiques
04:57apportent quelque chose,
04:59que ça soit de la variété,
05:01que ça soit du classique,
05:02que ça soit du...
05:03Toutes les musiques vont apporter quelque chose.
05:06Vendredi, 20h.
05:13C'est l'heure de la répétition pour Elliot
05:14qui retrouve Martin,
05:15son camarade d'orchestre
05:17avec qui il partage une passion commune
05:18pour le corps d'harmonie.
05:22J'ai testé trois instruments.
05:23Je voulais faire dans les cuivres,
05:25donc j'ai testé trompette, corps et trombone.
05:28Le corps, la guitare et la batterie.
05:30Je trouvais ça original de faire du corps.
05:35On n'en voit pas beaucoup.
05:37Des fois, il y a des gens
05:38qui ne savent pas ce que c'est.
05:39J'ai aimé la sensation,
05:42la façon de jouer et tout ça.
05:45Quand c'est bien joué,
05:47c'est un peu une boule de son
05:50bien ronde, bien...
05:52une bulle, en fait.
05:54Et dès que c'est mal joué,
05:55la bulle, elle éclate un peu.
05:57Ça peut être très beau, fin
05:59et aussi, ça peut être aussi fort
06:02et puissant.
06:05Ça fait du bien de souffler fort dans l'oufure.
06:07Jouer seul du corps, c'est bien.
06:11On peut faire beaucoup de choses,
06:13mais dans un groupe, c'est encore mieux
06:15parce qu'il y a plusieurs instruments,
06:19du coup, plusieurs tonalités,
06:21plusieurs mélodies et basses.
06:26Ça fait une sorte de mélodie générale
06:29qui est encore mille fois mieux
06:31que jouer tout seul.
06:33Même si jamais, des fois,
06:35on n'est pas trop sûr
06:36sur certains morceaux,
06:38il y aura toujours les autres
06:39qui sont là pour aider,
06:40pour porter, et voilà.
06:41Entre le musicien et son instrument,
06:45il existe un rapport physique,
06:46naturel, presque primaire,
06:48puisque le son produit
06:50est entièrement créé par l'homme,
06:51à l'image des premières flûtes
06:52taillées par les homo sapiens
06:53dans des eaux d'oiseaux ou de mammouths.
06:56Les sons naturels
06:57inspiraient alors
06:58les premières productions musicales
06:59pour exprimer des émotions collectives.
07:01Nous prenons la route vers Pellussin
07:16pour rencontrer Tanguy Mouche-Boeuf.
07:19Il est artisan d'art
07:19en facture instrumentale
07:21spécialisée dans les cuivres.
07:22Soudure, débausslage, polissage,
07:24vernis, étui,
07:25il soigne les instruments
07:26si chers à leurs propriétaires.
07:28Un métier de niche
07:29qui lui permet à la fois
07:30d'exprimer son savoir-faire artisanal
07:32et d'assouvir sa passion
07:33pour la musique
07:34et particulièrement
07:35pour le cornet à pistons
07:36qu'il pratique
07:37au sein d'une fanfare.
07:38Le cuivre,
07:39ça fait partie
07:40de la famille des instruments avant.
07:42En fait, les cuivres,
07:42c'est un embouchure.
07:44Donc c'est des embouchures.
07:45J'en ai une de trompette là,
07:46c'est un petit embout
07:47buccal qu'on pose.
07:49Et donc l'anche,
07:51contrairement au sax
07:52ou aux clarinettes,
07:53c'est les lèvres
07:53qui se mettent en vibration
07:54avec une pression d'air dessus.
07:57Couplé à un doigté de pistons,
07:58donc quand on appuie
08:00sur un piston,
08:01on rajoute une longueur de tube
08:02donc on varie
08:03la note.
08:07On essaie de dessouder
08:08sans dessouder
08:09ce qu'il y a autour.
08:10C'est pas un métier
08:14où on devient riche.
08:16C'est un métier
08:16où on devient riche
08:17à se faire plaisir
08:18tous les jours
08:19en allant au boulot.
08:20Puis quoi,
08:21de les faire briller,
08:21le machin.
08:22Puis quand il ouvre sa boîte,
08:25je suis content.
08:25Si je vois son sourire,
08:26je suis payé aussi un peu.
08:29On parle musique,
08:30on parle sonorité.
08:31Ce grain de son,
08:32t'as entendu ce solo
08:32avec ce grain de son ?
08:34Il a quoi ?
08:35Il a cette marque-là.
08:36Quand tu te retrouves
08:37avec des instruments
08:37qui valent 50 000 euros,
08:40déjà,
08:41tu fais gaffe.
08:44Puis derrière,
08:45t'as le privilège de...
08:46Moi, je dis toujours
08:47le privilège du réparateur,
08:48c'est que tu testes ton travail.
08:50Je vais peut-être
08:50me faire 10 minutes
08:51sur son tuba.
08:53Je lui dis,
08:54mais voilà.
08:56Moi, comme ça,
08:56toi, c'est...
08:58On parle toujours musique.
09:00Peu importe le style,
09:01peu importe l'âge aussi.
09:05Les papys peuvent venir
09:06pendant une heure.
09:08Elle me parlait
09:08de son grand-père
09:09qui faisait du cléon.
09:11Et puis le petit jeune
09:12qui a fait la vogue
09:13dans le coin
09:13et qui a vu
09:15le trompettiste
09:15debout sous le bar
09:16qui balance des aigus
09:18ces 2 heures du matin.
09:19Il dit,
09:19ah ouais,
09:19c'est super.
09:20Et là,
09:20il s'y met comme ça.
09:22Il y a de la curiosité
09:23qui amène après
09:24plein de questions.
09:25On parle musique
09:27au sens large.
09:30Voilà.
09:30Saint-Bonnet-les-Houles,
09:36le 4 avril.
09:38C'est le traditionnel
09:38concert de printemps,
09:40l'un des 3 rendez-vous
09:41qui rythment l'année musicale
09:42avec le concert
09:43de la Sainte-Cécile
09:44et celui de la Fête de la Musique.
09:46L'occasion pour nos musiciens
09:47de présenter publiquement
09:48le fruit de plusieurs mois
09:49de répétitions.
09:53Quand on fait du sport,
09:54il faut être bon
09:55pour être appelé
09:56le samedi ou le dimanche
09:57pour jouer.
09:58Quand on fait partie
09:59d'une harmonie,
10:01on est toujours appelé.
10:03On dit à personne,
10:04on leur dit,
10:04vous restez sur le banc de touche
10:06ou vous ne venez pas
10:07parce que vous n'êtes pas
10:08assez bon,
10:09parce que vous n'avez pas
10:09assez répété.
10:11Donc ça crée une autre façon
10:13de voir l'association
10:14puisqu'en fait,
10:14on est obligé d'être bon
10:15pour la communauté
10:16parce que de toute façon,
10:18on va partir avec.
10:21Sabrina Moulin
10:22a été une des premières élèves
10:23de l'école de musique.
10:25Elle a pris la relève
10:26de ses parents
10:26en tant que coprésidente
10:27de l'association,
10:29une fonction qu'elle assure
10:30avec Véronique Hetz,
10:31la femme de Sylvain
10:32et membre historique
10:33de l'Harmonie.
10:34Pour vous dire
10:35que c'est une famille,
10:37j'ai rencontré mon mari ici.
10:39Donc ma belle-sœur
10:41et mon beau-frère
10:41sont arrivés
10:41sur Saint-Bonnet-les-Houles,
10:42c'était des Voschois.
10:43Ils sont arrivés
10:43sur Saint-Bonnet-les-Houles,
10:44ils ont mis des flyers
10:46dans la boîte aux lettres.
10:47Ils ont eu
10:48une quinzaine d'élèves.
10:49On se retrouvait
10:50à la cantine de l'école
10:51et on a commencé
10:53à jouer de la flûte à bec,
10:55du solfège
10:55et puis de fil en aiguille,
10:59on se retrouve coprésidente,
11:00je ne sais pas trop comment.
11:01On vit ensemble
11:02la naissance de nos enfants,
11:05les maladies,
11:06les deuils.
11:08C'est vraiment
11:08une bouffée d'oxygène
11:09le vendredi soir.
11:11On commence le week-end
11:12par se retrouver
11:13et par jouer.
11:14On vit à la musique
11:15pour éviter d'aller
11:16chez le thérapeute
11:17peut-être pour certains.
11:18Non mais c'est clair,
11:19c'est thérapeutique,
11:19c'est sûr.
11:20Ça fait un bien fou,
11:22c'est une évidence.
11:23On se fait des amis
11:24via les cours de solfège
11:26qu'on a en commun
11:27et en fait,
11:29on reste
11:30parce que les amis restent.
11:31C'est un peu
11:32ce qu'on a l'impression
11:32sur cette jeunesse
11:35qui est encore là
11:35et qui a l'air
11:38de prendre plaisir
11:39à avoir un nouveau
11:40groupe d'amis
11:41qui n'est pas le même
11:42qu'on a à l'école,
11:44dans son village.
11:46Avec les études,
11:46parfois,
11:47ils sont obligés
11:47de s'en aller
11:48mais parfois,
11:48ils reviennent.
11:49Pour notre jeunesse actuelle,
11:50c'est compliqué la musique.
11:52Ça demande de travailler.
11:53Donc c'est automatiquement
11:55une activité
11:56qui est compliquée.
11:58Donc on a des enfants
11:59qui ne restent pas
11:59parce que c'est difficile.
12:01Et puis après,
12:02on a des belles surprises.
12:03Les enfants
12:03qui arrêtent les cours
12:05et qui viennent
12:06à l'harmonie
12:06qui restent.
12:08Alors qu'on s'était
12:08plutôt dit
12:09qu'ils ont fini
12:10leur cursus,
12:12ils ne vont pas revenir.
12:13Heureusement,
12:13on a la chance
12:14de nous serrer
12:14dans le bureau
12:15spontanément
12:16quand on a eu
12:17deux ou trois démissions.
12:19On a trois jeunes
12:19qui se sont présentés
12:21et qui ont plein
12:21de nouvelles idées.
12:23C'est vraiment important
12:24pour pouvoir perdurer.
12:26Sous-titrage Société Radio-Canada
12:29Sous-titrage Société Radio-Canada
12:59C'est au travers d'un mémoire
13:21de sociologie
13:22écrit par Fabrice Juste
13:23portant sur l'histoire
13:24de la musique d'orchestre
13:25à Saint-Etienne
13:26que je découvre
13:27la notion de société
13:28orphéonique.
13:29Fabrice est musicien
13:30depuis sa jeunesse
13:30et il a joué
13:31avec de nombreux orchestres
13:32de la région.
13:33Avec lui,
13:33j'aimerais comprendre
13:34d'où vient cette tradition
13:35associative musicale
13:36populaire.
13:38On se téléporte
13:39au XIXe siècle.
13:40On est dans une période
13:40de bouleversement politique.
13:42Le temps que la République
13:43s'installe,
13:44il y a quelque chose
13:44qui bouge dans la société.
13:46C'est-à-dire qu'on substitue
13:47une société dans laquelle
13:47tout est organisé
13:49autour de...
13:49Enfin, socialement,
13:50autour de cette monarchie
13:52et puis la religion,
13:54quelque part,
13:55on passe à quelque chose
13:56d'un petit peu différent.
13:57Et on met en place
13:58une série de...
13:59Que je vais qualifier
13:59de rituels républicains.
14:01C'est-à-dire que
14:02dans l'organisation du loisir,
14:03on met en place
14:04des choses structurées.
14:06Et puis,
14:06on est dans une époque,
14:07on est dans un contexte quand même
14:07où les lumières
14:08se sont passées par là.
14:10On a beaucoup de gens
14:11qui sont intéressés
14:14par des idéaux
14:14un peu philanthropiques
14:15et il y a vraiment l'idée
14:16de faire une nation musicienne.
14:17Ça, c'est la version noble
14:21avec des intérêts esthétiques.
14:22Mais dans le même temps,
14:23quand vous mettez les gens
14:24dans une organisation sociétaire,
14:26il y a quelque chose
14:27qui relève d'un cadre
14:28un peu régimentaire.
14:29Il y a l'idée aussi
14:30d'encadrer le loisir.
14:32Finalement,
14:32quand vous êtes un citoyen
14:34du début du XXe siècle
14:35et que vous travaillez
14:37dans une usine,
14:38vous êtes toujours
14:38dans quelque chose d'organisé.
14:40Il faut imaginer aussi
14:41qu'on est dans un contexte
14:42dans lequel le rapport
14:43à la musique
14:43n'est pas du tout
14:44celui qu'on connaît aujourd'hui.
14:45Il faut imaginer
14:46qu'à l'époque,
14:46la musique n'existe
14:47que quand elle est
14:48jouée physiquement.
14:49Jusqu'au début du XIXe siècle,
14:51on joue dans des salles
14:52de spectacles dédiées.
14:53Il y a des opéras,
14:54il y a des théâtres.
14:56Mais finalement,
14:56la musique populaire,
14:58regardez les kiosques,
14:59à quel moment
14:59on les installe dans les villes.
15:01Ça, c'est vraiment
15:01l'outil de diffusion
15:02pour le grand public,
15:05pour la masse
15:05qui vient découvrir
15:06le répertoire classique
15:08dans des transpositions
15:09qui ont été faites
15:10pour l'harmonie locale.
15:12Et les gens connaissent
15:13à l'époque
15:13les grands classiques
15:15du répertoire
15:16par des transpositions
15:17et par cette diffusion-là
15:19qui est assurée
15:19par des musiciens
15:20qui jouent physiquement
15:21la musique.
15:24Chorale,
15:25harmonie,
15:26fanfare,
15:26batterie fanfare,
15:28voilà à peu près
15:29la gamme,
15:30l'éventail des sociétés
15:31musicales amateurs
15:32qu'on peut rencontrer
15:33à l'époque.
15:33Mais on a d'autres choses
15:35qui sont plus exotiques
15:37qui pouvaient exister
15:38aussi à l'époque,
15:39des ensembles de cordes,
15:41des ensembles de mandolines
15:41qui ont complètement
15:42disparu du paysage,
15:43des orchestres à plectres.
15:45C'était lié aussi
15:45parfois à des vagues
15:47de migration
15:47qu'on pouvait connaître.
15:49On est en territoire
15:49minier si on est
15:50à Saint-Étienne,
15:51donc immigration italienne,
15:52immigration belge,
15:53polonaise,
15:54etc.
15:55Donc chacun vient
15:55avec ses apports
15:56et parfois il y a
15:57la recréation
15:58à l'échelle d'un quartier
15:58d'activités
16:00qui relèvent
16:00du folklore local
16:02qu'on a laissé
16:03dans son pays d'origine.
16:04On veut faire de la musique
16:05mais c'est aussi un prétexte
16:07pour faire des choses ensemble
16:07et finalement,
16:08il suffit de trouver
16:09un dénominateur commun.
16:10On a tous envie de jouer
16:11de tel instrument,
16:12de telle ou telle chose.
16:13Finalement,
16:13on peut monter
16:14une société de musique
16:15sur cette base-là.
16:18Quand on lit
16:19les écrits du 19e siècle
16:21où on se dit
16:21on va monter
16:22des Orphéons partout
16:23et comme ça,
16:25les gens,
16:26ça va les élever,
16:27ils vont être plus sensibles
16:28à la dimension esthétique
16:29de ce qui les entoure
16:31parce qu'ils vivent
16:31dans un monde qui est laid,
16:32qui est plein d'usines,
16:33plein de poussière
16:34et qui est tout noir.
16:35Quelque part,
16:36c'était noble.
16:37Mais il y avait
16:37ces idéaux philanthropiques
16:38qui existaient
16:39au 19e siècle.
16:40Aujourd'hui,
16:41on ne parle plus
16:41de philanthropie.
16:42En 2025,
16:43ça ne relève plus
16:44de notre champ culturel.
16:46Mais quand même,
16:47en France,
16:47il y a un ministère
16:48de la Culture.
16:49Son action,
16:50c'est bien toujours ça.
16:52Le ministère de la Culture,
16:53il ne s'adresse pas
16:53qu'aux gens
16:54qui sont cultivés.
16:55Il a pour vocation
16:57de démocratiser la culture.
16:59C'est bien en ce sens-là
16:59qu'il a été imaginé,
17:01inventé.
17:02Quelque part,
17:03ces sociétés,
17:05elles sont nées
17:05bien avant
17:05le ministère de la Culture.
17:07Elles ont fait,
17:08aujourd'hui,
17:08quelque chose
17:09qui est endossé
17:09par des structures
17:10qui relèvent
17:11du politique
17:11au sens large.
17:12Donc,
17:13il y a toujours
17:13cette noblesse
17:15qui existe derrière,
17:16même si elle est
17:17moins revendiquée.
17:18pour aider le développement
17:26de ces sociétés,
17:27la Fédération musicale
17:28de la Loire
17:29a vu le jour
17:29en 1906.
17:31Elle comptait alors
17:3180 sociétés
17:32et 4000 musiciens.
17:34Adhérente à la Fédération
17:35musicale de France,
17:37elle promeut,
17:37développe
17:38et transmet
17:38la culture musicale
17:39sur le territoire
17:40ligérien
17:40en organisant
17:42notamment des formations.
17:43Elle remet également
17:44des médailles
17:44qui valorisent
17:45les parcours associatifs
17:46et musicaux.
17:49Parmi les membres
17:49de l'association,
17:50j'interroge
17:51Daniel Fayol,
17:51son président.
17:53Nous avons quand même
17:54des sociétés
17:56qui,
17:57comme la Talaudière,
17:59qui est déjà
17:59à plus de 160 ans,
18:01qui vont fêter
18:01leur 160e anniversaire.
18:03Nous avons des sociétés
18:05de plus de 120,
18:06130 ans,
18:07notamment
18:08l'Harmonie
18:09des mineurs de Roche
18:09et vous avez aussi
18:11l'Harmonie
18:12des mineurs
18:12de la Ricamari.
18:14donc
18:16ce sont des harmonies
18:19qui avaient été créées
18:20à l'époque
18:21des mines,
18:24des houillères.
18:25Et donc là,
18:26eux,
18:26ils n'avaient pas
18:27des problèmes financiers
18:28puisque c'était
18:29les houillères
18:29qui fournissaient
18:31l'argent
18:33et qui payaient
18:35les chefs et tout.
18:36Et puis,
18:37les très bons éléments
18:39avaient toujours
18:40une place
18:40qui était privilégiée
18:42pour pouvoir jouer
18:44dans ces harmonies.
18:49Paul Jouffray,
18:50le secrétaire
18:51de la Fédération
18:51musicale de la Loire
18:52est l'auteur du livre
18:53« 110 ans de faits
18:54et de sociétés »
18:55qui raconte
18:56le quotidien
18:57des sociétés musicales
18:58dans la Loire
18:58depuis plus d'un siècle.
18:59On favorisait
19:01ces gens
19:02qui jouaient
19:03dans des instruments
19:04avant
19:04pour expurger
19:06ces poumons
19:07bien touchés
19:09par la silicose.
19:11Et d'ailleurs,
19:12à l'époque,
19:13c'était très bien vu
19:14d'aller à la société
19:15de musique
19:15et ces gens-là
19:17avaient droit
19:18à une permission
19:19de sortir du trou
19:21pour aller
19:22à la répétition
19:23et voir même
19:24une prime.
19:25Donc,
19:26c'était tout à fait
19:27bien vu
19:28par le système
19:29administratif
19:30de la mine.
19:46Les jeunes
19:46allaient au patronage
19:47pour les sortir
19:48un petit peu
19:48de la maison
19:49pour éviter
19:50qu'ils fassent des bêtises
19:50et là,
19:51il y avait des découvertes
19:52culturelles,
19:53sportives,
19:55musicales.
19:56Ces patronages
19:57étaient très souvent
19:58organisées
19:58dans les amicales laïques.
20:00Et les jeunes
20:00venaient au patronage
20:02mais aussi
20:02intégraient les sociétés,
20:04les fanfares,
20:05ce qu'on appelait
20:05les fanfares.
20:06Les cliques,
20:08à l'époque,
20:09c'était les cliques.
20:13Aujourd'hui,
20:14le temps des patronages
20:15est révolu,
20:16tout comme celui
20:16du bénévolat
20:17chez les professeurs
20:18de musique.
20:19Les sociétés musicales
20:20doivent compter
20:20sur les subventions
20:21et le soutien
20:22des collectivités
20:23pour subsister,
20:24car les sponsors
20:25ne s'intéressent
20:26principalement
20:26qu'au domaine sportif.
20:30Direction l'harmonie
20:31des mineurs
20:31de la Ricamari.
20:33Là-bas,
20:33j'y rencontre
20:34Philippe Touche.
20:35C'est un de ses aïeuls
20:36mineurs
20:37qui a créé
20:37le Cercle Saint-Jean
20:38en 1857.
20:40Un ensemble
20:41à l'origine
20:41essentiellement composé
20:42d'instruments avant,
20:44clarinettes,
20:44flûtes,
20:45saxophones,
20:45trompettes,
20:46pistons,
20:46bugles,
20:47des instruments populaires
20:48dont l'apprentissage
20:49restait accessible
20:50et qui,
20:50pour certains
20:51comme le sax horn,
20:52ne se comprennent
20:53que dans un orchestre.
20:55Son grand-père
20:55puis son père
20:56ont dirigé l'harmonie
20:57et à son tour,
20:58il a pris le relais
20:59pendant 27 ans.
21:04En 1857,
21:06lorsqu'ils ont créé
21:06par les potes
21:08sociétés
21:09de loisirs
21:09comme aujourd'hui,
21:10pour eux,
21:13c'était leur bouée
21:15de sauvetage.
21:15Il y avait aussi
21:16les clubs de Sarbacane
21:17qui étaient
21:18parce que pour le poumon,
21:20toutes ces choses-là
21:20et les orchestres d'harmonie
21:22dans les villes minières,
21:24il y en avait de partout.
21:28J'ai l'impression
21:28que tant que cette harmonie,
21:29elle vivra,
21:31il restera un fil
21:31avec le passé,
21:34un petit peu
21:34l'histoire de la ville,
21:37ses origines,
21:37sa culture,
21:38etc.
21:39Ça, ça date,
21:40je suis sûr
21:40qu'il y en a
21:40qui datent de 1850.
21:44C'est important
21:44de ne pas oublier
21:45d'où l'on vient,
21:46qui l'on est,
21:47d'où l'on vient.
21:48C'est peut-être
21:48pas toujours reluisant,
21:52mais moi,
21:53je dis d'avoir
21:53des grands-parents
21:54qui étaient mineurs de fond,
21:55pour moi,
21:56mais c'est une fierté,
21:57une richesse.
21:58Je pense qu'il y a
21:59à peu près 70%
22:01des morceaux
22:02qui ont été joués
22:02par l'harmonie.
22:03On va retrouver
22:04en haut à gauche
22:05les plus anciens.
22:07Et voilà,
22:08donc en ligne,
22:08comme ça,
22:09vous voyez,
22:09tout a été classé
22:10par Henri Prévosteau,
22:11c'était l'archiviste,
22:1324, 25, 26, 27,
22:15et on arrive
22:16à peu près
22:17dans les années 50,
22:2160,
22:21à peu près,
22:23avec des morceaux
22:24déjà un peu plus
22:26populaires.
22:27il y avait beaucoup
22:29avant d'arrangements
22:30de morceaux classiques.
22:32Les ballets de Faust,
22:34les copélia,
22:36les choses comme ça,
22:37symphonie en hutte,
22:38bref.
22:40Et petit à petit,
22:41il y a des compositeurs
22:42qui se sont mis
22:42à écrire des musiques
22:43originales pour harmonie,
22:45donc on en trouve
22:45quelques-unes,
22:47et puis la mine d'or
22:48des harmonies,
22:49les musiques de film.
22:50Dans l'arrangement,
22:53soit on part,
22:54par exemple,
22:54d'une partition de piano,
22:56je dis,
22:57voilà,
22:57j'adore ce morceau,
22:58comment jouer l'arranger ?
22:59Ça,
23:00je le fais jouer aux trompettes,
23:01ça,
23:01je le fais jouer là,
23:03comment je l'enchaîne,
23:04etc.
23:04Mais ça,
23:05c'est passionnant.
23:06C'est un jeu de construction.
23:09Déjà,
23:09si on prend ça,
23:10alors là,
23:11ceux-là,
23:12ils sont plus que vous.
23:13Celui-là,
23:13il est carrément...
23:15L'UMC,
23:17par doublé,
23:18je ne sais même pas
23:18ce que c'était,
23:19Frédéric Petit.
23:21Parce que les orchestres d'harmonie
23:23jouaient beaucoup,
23:24beaucoup dans les rues aussi,
23:26avec les batteries fanfare.
23:28Par exemple,
23:29c'est d'arranger,
23:30d'adapter les morceaux
23:31à notre effectif.
23:33Histoire que le morceau sonne,
23:35malgré qu'il peut y avoir
23:36des trous dans les pupitres.
23:39On peut,
23:39si on a 4,
23:415 saxoténors,
23:43en prendre 2
23:43et leur faire faire
23:44la partie de phonium.
23:46Alors,
23:46il faut tout réécrire,
23:47bien sûr,
23:47parce qu'il faut le mettre
23:48dans la tessiture de l'instrument
23:49et éventuellement
23:50dans sa tonalité.
23:52Donc,
23:52à partir de là,
23:53on va faire en sorte
23:54de faire un arrangement
23:56qui mette en valeur
23:58chaque instrument.
23:59Moi,
23:59j'aimais bien leur dire
24:00faites sourire vos instruments.
24:02Donc,
24:02si on veut faire
24:03s'ouvrir nos instruments,
24:04il faut forcément
24:05que ce soit
24:05sur la tessiture
24:08où l'instrument
24:09est le plus beau,
24:11le son est le plus beau
24:12et le musicien
24:12le plus à l'aise.
24:14Et puis,
24:15comme moi,
24:15j'ai fait uniquement
24:16des arrangements
24:17pour mon harmonie,
24:19aussi le niveau de chacun.
24:21Je sais que si je veux
24:22mettre quelqu'un à l'aise,
24:23il faut que je fasse
24:24une partition.
24:25On avait un monsieur
24:26qui a eu 90 ans
24:27qui a arrêté,
24:28qui faisait de le phonium.
24:29Souvent,
24:29ces partitions de phonium,
24:31je les retransposais
24:32un peu plus simples,
24:34moins dans l'aigu,
24:35moins dans le grave
24:35pour qu'ils puissent
24:36faire plaisir à jouer
24:37et continuer à venir.
24:38Il faut savoir
24:39que les morceaux
24:39sont gradués
24:40en fonction
24:41de leurs difficultés.
24:43Et la difficulté
24:44provient
24:44s'il y a un soliste,
24:47le niveau du soliste,
24:51l'étendue,
24:52tout ce qu'il faut avoir
24:54comme instrument
24:54pour pouvoir jouer
24:55ce morceau.
24:55Quand on va jouer
24:58à la maison de retraite
24:59à la Ricamari,
24:59pour nos anciens,
25:01il n'y a plus vraiment
25:02de morceaux
25:03dans le répertoire
25:04qui regroupent
25:06des vieilles mélodies
25:06ou alors il faut ressortir
25:07des vieilles partitions
25:08de 1900.
25:09Bon, ben là,
25:10j'ai repris
25:10des partitions de piano,
25:12de valse,
25:13de trucs comme ça
25:13et j'ai fait
25:14un morceau
25:16où on enchaîne
25:167-8 morceaux
25:18qu'ont connus
25:19les anciens.
25:20Ça donne du travail
25:21mais ça économise
25:22aussi à l'harmonie
25:23parce qu'une partition
25:24maintenant,
25:24c'est vide 300 euros.
25:25un pack.
25:29Bon, ben,
25:29ça me faisait plaisir
25:30de le faire.
25:36En presque 170 ans
25:38d'existence,
25:39l'harmonie a vu
25:40de nombreuses évolutions.
25:41De nouveaux instruments
25:42ont pris leur place,
25:43les femmes sont devenues
25:44de plus en plus présentes,
25:46les rencontres
25:46avec d'autres ensembles
25:47se sont multipliées
25:48et un partenariat
25:49s'est créé
25:50avec l'école intercommunale
25:52des arts.
25:52Philippe a laissé
25:59sa place
25:59aux plus jeunes
26:00leur laissant
26:01le soin
26:02de perpétuer
26:02cette culture
26:03en préservant
26:04l'esprit
26:04de fraternité
26:05qui a fait naître
26:06l'harmonie.
26:08Récemment,
26:09Fabrice Villemagne
26:10est devenu président
26:1035 ans après avoir
26:12débuté la flûte
26:13traversière
26:13et joué
26:14dans différentes formations
26:15du département.
26:18C'est ces valeurs
26:19de plaisir,
26:20c'est ces valeurs
26:21quand même
26:21de travail,
26:22de convivialité.
26:24On travaille
26:25sérieusement
26:26sans se prendre au sérieux.
26:27Je pense que c'est ça
26:28l'idée commune.
26:31C'est-à-dire qu'on se retrouve,
26:32on est flûtiste,
26:32on est clarinettiste,
26:33on est trompettiste,
26:34on est instrumentiste,
26:36on n'est pas médecin,
26:38on n'est pas étudiant,
26:40on n'est pas à la recherche.
26:41On a un niveau musical,
26:43on apporte aux morceaux,
26:44ça permet vraiment
26:46d'avoir
26:46justement cette cohésion.
26:52Défi, c'est
26:53aujourd'hui,
26:54pour avoir
26:54une bonne qualité musicale,
26:57il faut avoir
26:57un minimum de musiciens
26:58avec un équilibre
27:00entre pupitres
27:01parce qu'on peut être 50,
27:03mais si on a 40 clarinettes,
27:04ça ne va pas faire.
27:05C'est toujours cet équilibre-là,
27:07c'est un vrai défi
27:08aujourd'hui
27:08puisqu'on sait
27:09qu'il y a
27:10un renouvellement
27:10qui se fait automatiquement,
27:12les jeunes
27:12qui partent en étude,
27:13les anciens
27:14qui quittent l'harmonie,
27:17donc c'est
27:18un vrai défi.
27:19Le deuxième défi,
27:20c'est toujours
27:20de se renouveler musicalement,
27:22d'avoir des projets,
27:24d'embarquer
27:25les musiciens
27:25dans les projets.
27:27Donc on est tout le temps
27:28en train de réfléchir
27:29et les chefs notamment,
27:30avoir un morceau
27:31qui intéresse tout le monde,
27:32qui soit difficile à monter,
27:34comme ça,
27:34ça permet de garder
27:35tout le monde en tension,
27:36que tout le monde
27:37vienne bien en répétition,
27:38etc.,
27:38mais pas trop dur non plus,
27:39pour ne pas les décourager.
27:55Quel plaisir de voir
27:56qu'un morceau
27:57qu'on monte
27:59au mois de septembre,
28:00au mois d'octobre,
28:01novembre, décembre,
28:02selon les cas,
28:03on est capable
28:03d'avoir un rendu
28:05qui montre
28:06tout le travail
28:07qui a été effectué.
28:09Parce qu'effectivement,
28:09quand le public
28:10nous écoute,
28:11ils n'imaginent pas
28:12parfois certains morceaux,
28:14comme ils ont été joués
28:15au départ,
28:16et la difficulté
28:17qu'on a pu avoir
28:17à les mettre en œuvre.
28:19Et je pense que
28:20tout le monde ressent
28:21vraiment un vrai plaisir
28:22à se dire,
28:23ben ouais,
28:23on y est arrivé,
28:25l'ambition,
28:26elle est plus collectif
28:28qu'individuel,
28:29au final.
28:29Autrefois,
28:40il y avait un chef
28:41pour une harmonie.
28:42Il y avait même
28:42plutôt un chef
28:43qui était assez prégnant
28:45en termes de fonctionnement.
28:46C'est-à-dire que
28:47c'était vraiment le chef,
28:49j'ai envie de dire,
28:50à côté,
28:51le président
28:51avait un petit peu
28:52un rôle
28:52de présentation.
28:56Les choses ont évolué,
28:57et souvent,
28:58maintenant,
28:58on se retrouve
28:59souvent avec deux chefs.
29:00En termes de direction,
29:01en termes pour les musiciens,
29:02ça fait des rythmes,
29:04ça permet d'avoir
29:04des sensibilités,
29:05et on le voit
29:06avec Larry Camarie
29:06où on a trois chefs.
29:10Donc on a David,
29:11on a Catherine,
29:12et on a Alexis,
29:13qui lui,
29:14donc,
29:14a travaillé
29:16avec la Fédération
29:17Musicale de la Loire,
29:18et il progresse,
29:19et ça permet,
29:20justement,
29:21d'attirer aussi
29:23des jeunes,
29:23et aussi
29:24de prévoir l'avenir.
29:29face aux défis qui s'accumulent,
29:54baisse des subventions,
29:55raréfaction des jeunes musiciens,
29:56transformation des pratiques musicales,
29:59des répertoires,
30:00concurrence des loisirs numériques,
30:02il s'agit pour ces sociétés musicales
30:03de dessiner un nouvel horizon,
30:05transmettre,
30:06attirer,
30:07innover,
30:07sans jamais perdre le souffle collectif
30:09qui les anime.
30:1021 juin,
30:17fête de la musique
30:18à Saint-Éan.
30:19Elliot est présent
30:19avec ses camarades
30:20de l'école de musique
30:21pour l'occasion.
30:22J'en profite
30:22pour m'entretenir
30:23avec Benjamin.
30:24Il a 16 ans,
30:25joue du saxophone
30:26depuis l'âge de 6 ans,
30:27et il fait depuis peu
30:28ses premiers pas
30:28dans la direction d'orchestre.
30:31On est sur une harmonie
30:32qui est dans un village,
30:34donc voilà,
30:35tout le monde se connaît bien,
30:36donc c'est très agréable
30:36de répéter,
30:38on arrive à bien se comprendre,
30:40on fait ça dans le calme,
30:41et voilà,
30:42on arrive à comprendre
30:43ce qui ne va pas
30:44ou ce qui va.
30:47Je regarde le conducteur
30:48à l'avance,
30:50ou je trouve des partitions
30:51sur Internet
30:52ou des audios,
30:54et comme ça,
30:54ça me permet de m'entraîner
30:55chez moi pour diriger,
30:57et ensuite aux répétitions
30:58appliquer ce que j'ai appris.
31:01Le plus dur,
31:02c'est vraiment de réussir
31:04à écouter tous les instruments
31:06et d'en faire
31:07quelque chose
31:08qui sonne vraiment bien.
31:11C'est l'oreille,
31:12on écoute,
31:13après on a la partition
31:14devant nous,
31:15on suit la partition,
31:16mais il faut savoir
31:17se détacher,
31:18regarder tous les instruments,
31:20et qu'eux aussi
31:20nous regardent
31:21pour suivre nos gestes.
31:22C'est vraiment une grosse partie de ma vie,
31:43parce qu'après les cours,
31:44je viens par exemple
31:45à l'harmonie de Saint-Éan,
31:47ou alors je vais au conservatoire,
31:48j'ai un groupe de musique
31:50à côté aussi
31:51avec lequel je joue,
31:52donc c'est vrai
31:53que c'est très important,
31:54ça prend beaucoup de temps.
31:55J'essaye de toujours
31:56me caler un temps
31:58dans la semaine
31:59pour vraiment travailler
32:00chez moi la musique.
32:03Après c'est sûr que des fois
32:03on n'a pas forcément l'envie,
32:04on n'a pas forcément
32:05la tête à jouer,
32:08à s'entraîner,
32:08à diriger,
32:09mais j'aime ça.
32:10En route pour Saint-Jus-Saint-Rambert
32:18pour rencontrer Philippe Carreau,
32:20multi-instrumentiste,
32:21c'est un chef d'orchestre
32:22expérimenté
32:23avec ses 40 années de direction
32:24dans différents ensembles.
32:27J'avais des musiciens
32:28de très haut niveau
32:28et des personnes,
32:31notamment des adultes
32:32qui ont appris la musique
32:33sur le tard
32:33et qui avaient vraiment
32:34du mal à jouer,
32:36mais bon,
32:37on a toujours
32:38des simplifications
32:39aussi en musique.
32:41Je leur disais,
32:41quand vous avez,
32:42je ne vais pas vous parler
32:43en technique,
32:44mais quand vous avez
32:45une grappe de 8 notes
32:46qui vont faire
32:47à toute allure,
32:49je leur disais,
32:49vous faites la première,
32:51vous divisez,
32:53vous divisez,
32:54vous faites un petit peu
32:55moins de musique,
32:57si ça passe,
32:58vous essayez de passer,
32:59après,
33:00ça c'est une mise au point
33:01qui se fait entre le chef
33:02et les musiciens,
33:03je leur dis,
33:03attention,
33:03là vous appuyez trop,
33:04là vous jouez trop fort,
33:06donc vraiment,
33:07c'est vraiment quelque chose
33:08qui se fait
33:09pour adapter justement
33:10le niveau des personnes
33:12un peu plus faibles.
33:13Alors bien entendu,
33:14on leur dit,
33:15de toute façon,
33:15il faut travailler,
33:16ça je leur dis toujours,
33:17vous travaillez à la maison,
33:19mais ça je le dis à tout le monde,
33:20que ce soit les très bons
33:21ou ceux qui ont des difficultés.
33:25Je ne vais pas dire
33:25les mauvais
33:25parce qu'il n'y a pas
33:26de mauvais musiciens,
33:27s'il a la volonté,
33:28il n'est pas mauvais.
33:30Un mot d'un membre du jury,
33:32il m'avait dit,
33:33vos percussionnistes,
33:34ils ne sont pas très bons,
33:35il faudrait les remplacer,
33:36et je leur ai dit,
33:37écoutez,
33:38jamais je ferai ça
33:39parce que certes,
33:41ils sont comme ils sont,
33:42ces personnes,
33:43mais ils sont là
33:44depuis des années,
33:44c'est leur passion,
33:46et si je leur dis,
33:48je vais vous remplacer,
33:50mais je les aurai tués
33:50certainement,
33:51ces personnes-là.
33:52Et le juré,
33:53on a tenu compte
33:54de ma réponse
33:54pour le résultat du concours.
33:57Et ça,
33:57c'est le côté humain
33:58de ce genre d'orchestre.
34:09À chaque musicien,
34:10son ensemble,
34:11avec son style,
34:12son répertoire.
34:13Il y en a pour tous les goûts.
34:14Les big bands,
34:15par exemple,
34:16abordent le répertoire du jazz,
34:17mais en grand ensemble.
34:19Nous sommes au théâtre
34:19de verdure de Chambœuf,
34:21car je souhaite rencontrer
34:21Michel Goutani.
34:22Il dirige le jazzure big band,
34:24son credo,
34:25mettre tout le monde
34:26sur le même groove.
34:28Un big band,
34:28ça doit être une mécanique
34:29qui tourne comme une horloge,
34:31une montre suisse.
34:32C'est-à-dire que tout doit être huilé,
34:33toutes les sections,
34:35le moins de petites pièces
34:35qu'il y a à l'intérieur du groupe,
34:37ça doit tout fonctionner.
34:38Il y a la section des saxes,
34:39la section des trombones,
34:40la section des trompelles,
34:41il y a la section rythmique,
34:42il y a les chœurs et les chants.
34:43Chaque section doit marcher
34:44les uns avec les autres.
34:46Les sections doivent pouvoir
34:47s'intégrer les uns avec les autres.
34:49Donc il faut que chaque section
34:50soit quand même assez haut point.
34:53Du coup, des fois,
34:54dans une des sections,
34:56une sorte de sous-section du big band,
34:58il y a un musicien
34:59qui a moins travaillé.
35:01Moi, je n'hésite pas
35:02à leur dire
35:03« Accroche-toi,
35:04tu n'es pas loin,
35:05c'est presque ça,
35:07tu as le truc,
35:07tu as le truc,
35:08tu as le truc,
35:08encore dans 15 jours,
35:09tu l'as. »
35:10Voilà, c'est ça.
35:11Et même si dans 15 jours
35:12il ne l'a pas,
35:13tant pis.
35:13Mais des fois,
35:14la plupart du temps,
35:15ils le travaillent
35:16et ils l'ont.
35:20Le truc,
35:21c'est d'arriver
35:21à faire jouer
35:22tout le monde.
35:23j'allais dire
35:24au même tempo,
35:27le même rythme,
35:27le même groove,
35:29le même état d'esprit.
35:32Quand on fait du swing,
35:33si on fait le swing
35:33de Glenn Miller,
35:34ce ne sera pas tout à fait
35:35le même swing
35:36que Duke Ellington
35:37ou de Count Basie.
35:39Essayer de les faire
35:40aller vers ça.
35:41donc c'est un réglage fin.
35:43Mais c'est intéressant.
35:44Du coup,
35:45je leur fais écouter
35:45les musiques
35:46et on essaye
35:47de travailler
35:47un groove particulier.
35:50Ce sont des gens
35:51qui sont tous amateurs.
35:54Donc eux,
35:54à ce moment-là,
35:55ils viennent faire
35:55leur pratique amateur.
35:56Donc ils veulent
35:57rencontrer des gens,
35:59jouer de la bonne musique,
36:00s'amuser
36:01et puis passer
36:02à un bon moment.
36:02mais il faut que ça soit
36:05un bien-être
36:05sans que ça soit,
36:06j'allais dire,
36:07des fois certains disent
36:08oui, mais nous,
36:09on fait ça en amateur.
36:10Souvent,
36:11l'amateur,
36:11il lit ça
36:12à mauvaise qualité,
36:14ce qui n'est pas le cas.
36:15Et il faut être,
36:15moi je trouve
36:16qu'il faut être vigilant
36:17à ce que les musiciens,
36:18quand ils viennent
36:18dans un groupe comme ça,
36:20on exige
36:22d'eux de la qualité,
36:24même s'ils sont des amateurs.
36:25Parce que du coup,
36:25ça valorise.
36:26Quand ils savent
36:27qu'ils ont fait
36:28un truc qui est bon,
36:29qu'ils savent
36:29que quand le public
36:30vient les voir,
36:31ils disent
36:31vos trucs, c'est bien,
36:32ils sont valorisés.
36:36Ceux qui sont un peu forts
36:38tirent vers le haut
36:39ceux qui sont peut-être
36:39un peu plus faibles.
36:41Ceux qui sont un peu plus faibles
36:41ne se sentent pas
36:42vraiment les pousser,
36:44les aider
36:44à aller vers des progrès,
36:46aller vers ça.
36:48Et puis l'aspect humain,
36:49c'est faire attention
36:50à tout le monde.
36:51Il faut être vigilant
36:52à comment est chacun,
36:55chaque musicien,
36:56chaque musicienne
36:56dans l'ensemble.
37:02Nous reprenons la route
37:15vers Belgaard en forêt
37:16pour découvrir
37:17sa batterie fanfare.
37:19Ce type d'ensemble
37:20est issu
37:20de la tradition militaire
37:21et fait jouer
37:22des instruments naturels,
37:23c'est-à-dire
37:23dépourvus
37:24de systèmes mécaniques.
37:26Autrement dit,
37:26ils ne peuvent pas jouer
37:27toutes les notes chromatiques,
37:29mais seulement
37:29celles de la série naturelle.
37:30Là-bas,
37:32je rencontre
37:33Maëlys Moine-Goutagnon.
37:34Elle a 22 ans
37:35et elle a repris récemment
37:36la direction
37:37de la batterie fanfare.
37:40J'y suis depuis
37:41l'âge de mes 6 ans
37:42grâce à mon papy.
37:44Quand il venait jouer
37:45aux répétitions le vendredi,
37:46je venais avec lui
37:48parce que j'avais déjà
37:49envie de...
37:50J'aimais déjà la musique
37:51et puis j'avais déjà
37:52envie de venir l'écouter.
37:53Et donc après,
37:54dès que j'ai pu,
37:55je suis venue jouer.
37:56Donc voilà.
37:57Mon père qui nous dirigeait
37:58en ce moment,
37:59il y a d'autres bonhommes
38:01qui sont venus,
38:01il y a eu un groupe.
38:03Alors on s'est tous mis ensemble
38:04pour faire une bonne clique,
38:07une bonne beauté fanfare.
38:10Alors maintenant,
38:12ils sont tous partis.
38:16Ils ne restent plus que moi.
38:18Alors je tâche moyen.
38:20À l'âge que je suis,
38:22j'ai encore des lèvres,
38:24comme on dit,
38:24et c'est le souffle
38:25qui me manque.
38:25J'ai des jeux
38:27à côté de moi,
38:28ils me couvrent.
38:29Parce que moi,
38:29je joue doucement.
38:31Alors ça va.
38:32Maintenant,
38:33je ne prends pas
38:33de jouer tout seul,
38:34c'est impossible.
38:35Alors c'est pour ça
38:36que maintenant,
38:37toutes les répétitions
38:38qu'il y a,
38:39je viens.
38:40Et puis j'ai ma petite fille.
38:42J'ai mon petit-fils aussi,
38:43qui est venu tout à l'heure,
38:44qui joue du corps de chasse.
38:46Alors ça me fait plaisir
38:47qu'il vienne.
38:48Alors moi,
38:48ça me donne du courage.
38:50Et je viens toujours.
38:51Je manque très peu de répétition.
38:55Et il y a des moments,
38:57ma femme me dit,
38:58bon,
38:58tu ne vas pas le répétition.
38:59On va sortir.
39:00Elle lui dit non.
39:01Elle lui dit,
39:01c'est la répétition,
39:02je viens.
39:04Je ne joue pas
39:04cinq ans d'instruments,
39:06je joue du clairon.
39:07Mais ça fait 60,
39:0870 ans
39:09que je joue toujours
39:10le même instrument.
39:12Alors à force,
39:12à force,
39:13c'est mon servir.
39:15Voilà.
39:15Comment on dit ça ?
39:16Je n'ai pas fait des canards,
39:17comment on dit,
39:18en jouant.
39:19Mais enfin,
39:20si,
39:21ça me fait plaisir.
39:22Alors voilà,
39:22je viens au répétition.
39:26Je veux faire
39:26de la clique
39:28de Belgarde en forêt.
39:30Quelque chose
39:31de moderne,
39:32mais qui reste toujours
39:33dans la batterie fanfare,
39:36en fait,
39:37dans la culture française.
39:38Parce que je trouve ça
39:39assez important
39:41de garder ça
39:44pour justement
39:45faire les commémorations
39:46aux morts,
39:47les retraites
39:48aux flambeaux,
39:49tout ça,
39:49il ne faut pas
39:49que ça se perde
39:50puisque ça fait partie
39:50de notre culture.
39:52Et je trouve ça
39:52hyper important.
39:55Donc c'est pour ça
39:55que je cherche
39:56à faire des morceaux
39:57qui vont mettre
39:59un petit peu d'ambiance,
40:00qui trouvent ça intéressant
40:01tout en gardant
40:02nos instruments
40:03naturels.
40:11Prochainement,
40:12je vais essayer
40:12de leur faire apprendre
40:13l'incendie à Rio.
40:15Ça reste un morceau
40:16qui bouge un peu,
40:17même si c'est ancien,
40:18ça bouge un peu.
40:20Ça fait bien dix ans
40:21qu'ils n'avaient pas
40:21appris un nouveau morceau
40:22et là,
40:22il fallait commencer
40:23à changer le répertoire.
40:26C'est compliqué
40:27puisqu'ils apprennent
40:28tous les morceaux
40:28à l'oreille.
40:29C'est en répétant
40:30plusieurs fois la mélodie
40:31que ça rentre dans la tête
40:33et qu'ils y arrivent,
40:34donc en répétant,
40:35en répétant,
40:35en répétant.
40:37Et au fur et à mesure,
40:38vu que je connais
40:39un petit peu plus
40:41la musique,
40:42on arrive à leur faire
40:44apprendre des choses
40:45pour qu'ils s'y repèrent
40:46dans le morceau,
40:47les temps,
40:48les mesures.
40:50C'est vrai qu'ils me disent
40:52souvent
40:52« Ah, mais ça va jamais,
40:54c'est jamais parfait ! »
40:56Je lui dis
40:56« Oui, mais bon,
40:57c'est pour vous pousser
40:58à être de plus en plus,
41:02enfin,
41:02à être meilleur. »
41:05Donc voilà.
41:06Et du coup,
41:07ils s'y prêtent au jeu.
41:08Donc au fur et à mesure,
41:10ils deviennent meilleurs.
41:12Mais je leur remonte
41:12toujours plus
41:13parce que je veux
41:13qu'ils deviennent meilleurs.
41:17Elle me tient beaucoup
41:18à cœur,
41:19cette batterie fanfare.
41:20Et c'est pour ça
41:22que je veux
41:23qu'elle perdure au maximum.
41:38Nous sommes au Prioret de Chandieu,
41:56un lieu plutôt atypique
41:57pour accueillir
41:58un festival de bandas,
42:00des orchestres de rue
42:01nés dans le sud-ouest
42:02de la France,
42:03historiquement inspirés
42:04par les traditions espagnoles
42:06et qui incarnent
42:07la convivialité
42:08et l'improvisation collective.
42:11Ici,
42:11c'est l'esprit festif,
42:13populaire
42:13et intergénérationnel
42:14qui prédomine.
42:16On joue pour le plaisir,
42:18sans restriction d'instrument,
42:20un répertoire accessible
42:21et varié
42:21entre musique traditionnelle
42:23régionale,
42:24standard populaire
42:25et musique festive
42:26internationale
42:27en laissant la place
42:29aux interactions
42:29avec le public,
42:30au chant
42:31et à la danse.
43:06Ces ensembles
43:08et cette musique festive,
43:09on les retrouve
43:10lors des défilés,
43:11des rencontres sportives,
43:12des fêtes de villages,
43:14comme à Saint-Paul-en-Jarré
43:15qui entretient
43:15une tradition vivace
43:16et atypique,
43:18la fête de la quintaine.
43:20Tous les ans,
43:20durant un week-end de janvier,
43:22les classards,
43:23les jeunes de la commune
43:24qui fêtent leur passage
43:25à l'âge adulte,
43:26défilent,
43:27dansent,
43:27jouent de la musique
43:28et passent de porte en porte
43:29pour vendre une brioche
43:30jusque dans les fermes
43:31les plus reculées.
43:32Steve a grandi
43:35à Saint-Paul-en-Jarré.
43:36Il a découvert la musique
43:37au travers de ses fanfares
43:38et c'est cette rencontre
43:40improbable
43:40avec des musiciens
43:41venus jouer devant sa porte
43:42qui a dessiné
43:43son parcours professionnel.
43:46Il y a un souvenir
43:47d'enfant
43:47qui m'a beaucoup marqué,
43:51c'est que
43:51quand j'arrêtais,
43:53quand la quintaine
43:53était finie,
43:54j'entendais la fanfare
43:55au loin encore
43:56et il y a ce truc
43:57gamin
43:57de tendre l'oreille
43:59pour,
44:00en plus ça fait
44:00plusieurs équipes
44:01de dire
44:01« Ah, ils sont là-bas,
44:02ils sont là-bas »
44:02et d'entendre
44:03la fanfare au loin
44:05et je sais qu'au bout
44:06de quatre jours
44:06de quintaine,
44:07il y avait toujours
44:08ce truc
44:09de continuer
44:09d'entendre la fanfare
44:10un peu
44:10en hallucination auditive.
44:22Moi,
44:23j'étais président
44:24des conscrits
44:24en 2009.
44:27J'ai suivi
44:27la fanfare
44:28avec une percu
44:29et j'ai fait ça
44:31pendant huit ans
44:31pour finir
44:32par passer
44:34à la grosse caisse
44:34finalement
44:35et ça a été
44:36très formateur
44:38aussi moi
44:38de commencer
44:39la musique
44:39un peu
44:40par hasard
44:41comme ça
44:41en tapant la cruchte
44:43finalement
44:44et aujourd'hui
44:46du coup
44:46je fais partie
44:47de ce fanfare.
44:51Je pense vraiment
44:52que dans mon histoire
44:53personnelle
44:54s'il n'y avait pas eu
44:56cette chose
44:57un peu folle
44:57d'avoir une fanfare
44:58qui débarque
44:59sur les parents
45:00je n'aurais pas
45:03accroché
45:04je pense.
45:07S'il y a un rêve
45:07d'enfant
45:08qui se réalise
45:08parce que le gamin
45:09je voyais
45:10des gens
45:11avec qui je joue
45:11aujourd'hui
45:12des gens
45:13que j'attendais
45:14toute l'année
45:15quelque part
45:15parce que c'est
45:16quelque chose
45:17que j'attendais
45:18enfin que j'attends
45:19toujours toute l'année
45:20je ne sais pas lire
45:23la musique
45:23je ne connais pas
45:24le solfège
45:24je compense
45:25par des petites choses
45:27mais je sais que
45:27le fait d'être
45:28dans un truc
45:29de devoir jouer
45:30tout de suite
45:30et justement
45:31d'être dans un ensemble
45:32et pas tout seul
45:34dans son truc
45:34c'est une bonne
45:35expérience pour ça
45:37de pouvoir
45:38ambiancer comme ça
45:39sans passer
45:41par de l'électronique
45:44ou des machines
45:45ou quoi que ce soit
45:45il y a quelque chose
45:46un peu brut
45:47dans la musique
45:48qui ramène un peu
45:49un truc de la musique
45:49un peu archaïque
45:51dans le sens où
45:52on est là
45:53on est ensemble
45:53on n'a pas de métronome
45:55il faut qu'on y aille
45:57je sais que moi
45:58j'ai des souvenirs
45:59de morceaux
46:00c'est des moments
46:02de grâce incroyables
46:03des états de trans
46:06un peu
46:06tout le monde danse
46:07à un moment
46:08ça vrille
46:08c'est assez dingue
46:11à chaque fois
46:11dans les yeux
46:13des milliers
46:14je vais chanter
46:16ma vie
46:17avant tout
46:18de suite
46:1922 novembre
46:25jour de la Sainte Cécile
46:26patronne des musiciens
46:28et des sociétés musicales
46:29inspiratrice
46:30pour tous les amoureux
46:31de la musique sacrée
46:32et profane
46:32pour ce concert
46:39au profit des amis
46:40du Téléthon
46:40Elliot et Martin
46:42sont bien sûr
46:42au rendez-vous
46:43et vont jouer
46:43pour la première fois
46:44avec trois chorales
46:45de la région
46:46pour moi
46:48c'est la fin
46:49de ce voyage
46:49et je garde en mémoire
46:51les mélodies
46:51de chaque concert
46:52et répétition
46:53auxquelles j'ai assisté
46:54ainsi que les moments
46:55qui leur sont associés
46:56car la musique
46:58crée du lien
46:58aussi avec le passé
46:59c'est souvent grâce
47:03à la musique
47:03que je me rappelle
47:04de mon père
47:05par exemple
47:05qui jouait
47:06Petite Fleur
47:06à chaque réunion
47:07de famille
47:07ou faisant souffler
47:09mon fils de 4 ans
47:10dans sa clarinette
47:10de ma mère
47:11qui dirigeait la chorale
47:12des chanteurs
47:13et musiciens
47:14qui ont accompagné
47:15chaque étape de ma vie
47:16à chaque air
47:17chaque chanson
47:18est accroché
47:19à un souvenir
47:19ce film comme un hommage
47:39à tous ceux qui
47:40à travers la musique
47:41entretiennent
47:42les valeurs de partage
47:43de transmission
47:44de générosité
47:45d'entraide
47:46pour que ces mots
47:47restent dans notre lexique
47:48et celui de nos enfants
47:49et que nous continuions
47:51à jouer
47:51chanter
47:52danser ensemble
47:53un acte collectif
47:55autant qu'un soin invisible
47:56face à la solitude
47:57la peur
47:58la fatigue du monde
47:59au moment où le chef
48:04lève sa baguette
48:04et que chacun retient
48:06son souffle
48:07j'ai la conviction
48:07que tant qu'il restera
48:08des gens pour donner
48:09le rythme
48:10Orphée et son chant
48:11miraculeux
48:12charmera
48:13élèvera les esprits
48:15et continuera
48:16à nous faire vibrer
48:16à l'unisson
48:17à l'unisson
48:18Вот
48:19l'unisson
48:19qui est en train
48:20d'unisson
48:22qui est en train
48:22de la States
48:22qui est en train
48:23où il y a les deux
48:24à l'unisson
48:25qui est en train
48:26d'unisson
48:27à l'unisson
48:28qui est en train
48:28pour les deux
48:30et il y a le
48:30défendre
48:30Sous-titrage MFP.
49:00Sous-titrage MFP.
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