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00:00Bienvenue à vous toutes et à vous tous et merci d'être avec nous pour cette émission avec Judith
00:07que vous pouvez retrouver sur Youtube et toutes les plateformes de podcasts.
00:11Mes invités reviendront sur leur parcours, les changements dans leur vie,
00:15les circonstances de ces changements et leurs conséquences.
00:19Bonjour Claire Nouvian.
00:20Bonjour.
00:21Vous êtes fondatrice et directrice générale de l'ONG Blum
00:24qui mène le combat pour la protection de l'océan et du climat.
00:27Vous avez reçu le prestigieux prix Goldman en 2018 pour l'environnement,
00:32considéré comme le prix Nobel de l'écologie,
00:35pour votre combat contre les lobbies de la pêche industrielle
00:38et pour la protection des océans profonds.
00:41Vous êtes autrice de l'ouvrage Abyss qui fait découvrir pour la première fois
00:46la vie jusqu'à 10 000 mètres de profondeur.
00:50Mais avant de démarrer notre entretien,
00:52vous vouliez revenir sur l'abrogation au Parlement européen
00:55par une majorité de députés de droite et d'extrême droite
00:59de la loi sur le devoir de vigilance imposant aux multinationales
01:03de respecter les droits environnementaux et les droits humains.
01:07Oui, merci de m'en donner l'opportunité.
01:10En fait, ils n'ont pas abrogé, ils ont vidé de sa substance
01:13cette loi absolument fondamentale, la loi devoir de vigilance,
01:16qui est donc la seule loi qui existe et qui soit à notre disposition
01:20pour contraindre les multinationales de respecter les droits humains,
01:24de respecter les droits sociaux, de s'engager à transformer leurs activités
01:28pour atteindre la neutralité carbone, donc l'objectif de l'accord de Paris.
01:32Donc c'est la seule façon qu'on a de faire rentrer les multinationales,
01:35ces mastodontes, ces géants, qui ont parfois plus de pouvoir que les États,
01:39comme Total Energy par exemple,
01:41les faire rentrer dans le champ de la démocratie et de la contrainte,
01:45y compris judiciaire.
01:47Et en effet, ce qui s'est passé le 13 novembre,
01:49ça a été une déflagration démocratique,
01:52et j'insiste sur ce sujet,
01:54puisqu'on n'a jamais vu ce qui s'est passé au Parlement européen le 13 novembre.
01:59C'est-à-dire qu'il peut y avoir des amendements
02:02qui sont déposés par les uns ou les autres
02:04qui font que des votes droite, extrême droite ont lieu,
02:08mais là en fait c'est une stratégie politique
02:10qui a été élaborée entre la droite et l'extrême droite.
02:12Et donc on se retrouve en fait avec un Parlement
02:14qui a accepté de légiférer ensemble
02:17cette alliance droite-extrême droite,
02:19la droite qui s'allie avec le diable de l'extrême droite.
02:22C'est un choix délibéré de la droite,
02:25qui est honteuse là-dessus,
02:26qui a dit non, non, on n'a pas fait ça, etc.
02:28Mais au moment où les amendements ont été déposés
02:30par les différents groupes,
02:31on a vu que la droite et l'extrême droite,
02:33sur 30, 35 amendements qu'ils avaient déposés,
02:36il y en avait 30 qui étaient absolument identiques à la virgule près.
02:39Ça veut dire qu'évidemment, ils avaient échangé leurs amendements,
02:42ils avaient élaboré cette stratégie ensemble.
02:44Donc on peut vraiment dire qu'il y a eu une bascule
02:46le 13 novembre de l'Union européenne,
02:49en fait de ce Parlement européen,
02:50qui est passé aux mains de vraiment des forces
02:53qui sont les plus proches des lobbies les moins fréquentables.
02:57Les lobbies industriels comme Siemens,
02:58comme ExxonMobil,
03:00qui ont demandé littéralement,
03:02d'ailleurs le Qatar, Donald Trump,
03:04ont demandé explicitement
03:05l'abrogation du devoir de vigilance.
03:07Et donc, ils veulent en fait que le règne des lobbies
03:10advienne tout de suite maintenant.
03:13C'est comme s'ils en avaient marre
03:14de faire du lobbying autour des institutions
03:16pour obtenir les lois qui leur sont favorables.
03:20Maintenant, ils veulent être dans la maison,
03:21ils veulent tenir les rênes,
03:23ils veulent que ce soit leur moment,
03:24et c'est leur moment.
03:25Et on voit en fait que l'Union européenne, du coup,
03:27se couche, complètement s'aplatit,
03:29devant les demandes de Donald Trump,
03:31alors qu'en fait, lui-même d'ailleurs,
03:33accepte qu'on le traite de fasciste.
03:34Vous avez vu cette séquence hallucinante
03:36entre Zoran Mamdani,
03:38le nouveau maire de New York,
03:39où en fait, il accepte,
03:41il lui dit, je peux vous traiter de fasciste ?
03:42Il dit, mais allez-y, traitez-moi de fasciste.
03:44On voit bien que Donald Trump accepte même
03:46d'être traité de fasciste,
03:48puisqu'il est fasciste.
03:49Et donc, on se retrouve en fait
03:50dans ce moment sidérant,
03:52où l'Union européenne,
03:53au moment où elle devrait vraiment
03:54tenir tête aux lobbies
03:56les plus destructeurs de la planète,
03:58ceux qui sont en fait responsables
04:00d'un globocide,
04:01de la destruction de la biosphère toute entière,
04:02pas juste de drames environnementaux
04:05et sociaux ici et là.
04:06Eh bien, on voit qu'au moment
04:08où nous, on devrait leur tenir tête
04:09pour des raisons d'intégrité du climat,
04:12d'intégrité de sécurité des civilisations
04:14et d'intégrité de la protection
04:15de nos territoires face à des monstres
04:17comme Poutine à l'Est
04:18et Trump à l'Ouest,
04:19eh bien, on est en train de tout laisser
04:20partir à volo.
04:21C'est vraiment un moment
04:23de grande inquiétude démocratique.
04:25Alors, revenons maintenant
04:26à votre itinéraire de vie
04:28et à vos engagements.
04:29Comment êtes-vous passée
04:30de journaliste
04:31à militante écologiste
04:33reconnue, Claire Nouvian ?
04:34Quel a été l'événement déclencheur ?
04:38Ça, c'est toujours difficile
04:39de savoir le moment où...
04:43Je pense que la bascule,
04:44finalement, elle se fait quand même
04:45de façon un petit peu progressive.
04:48C'est-à-dire qu'à partir du moment
04:49où je suis vraiment, j'avoue,
04:50tombée amoureuse
04:51des grandes profondeurs de l'océan
04:52et j'ai découvert tous ces animaux
04:53merveilleux, ces écosystèmes
04:55qui étaient totalement, mais inconnus,
04:56à peine décrits,
04:59complètement en dehors
05:00de notre champ, en fait.
05:01C'était fascinant.
05:02J'ai l'impression d'être
05:03Livingstone au cœur de la jungle.
05:05C'était complètement dingue
05:06ce moment-là.
05:07Et en fait, à partir du moment
05:08où, en fait, on découvre
05:09que le plus grand milieu
05:10vivant sur Terre
05:12est inexploré
05:13et qu'il est en dehors
05:15de notre imaginaire,
05:16il est comme en marge
05:17de tout ça,
05:18et qu'on tombe
05:20dans cette marmite,
05:21en fait.
05:22Je suis tombée vraiment
05:22dans la marmite.
05:25J'ai découvert simultanément,
05:28ou peut-être un petit peu
05:28en différé,
05:29mais pas longtemps après,
05:30que ce milieu-là,
05:32sauvage, sublime,
05:33incroyable,
05:34extrêmement fragile,
05:35était aussi
05:36violemment,
05:38brutalement exploité
05:39par des bateaux
05:40de pêche industrielles.
05:42Et donc, ça fait un bug.
05:43Et donc, si, si,
05:44je vois,
05:46en fait, je peux vous dire...
05:48L'aquarium, peut-être ?
05:48Alors, l'aquarium,
05:49c'est le moment
05:50où je suis tombée amoureuse
05:50des abysses,
05:51l'aquarium de Monterey,
05:53en Californie,
05:54qui est un aquarium
05:54extraordinaire,
05:55vraiment sublime.
05:56Et il faisait, en effet,
05:58une exposition
05:58sur les animaux
05:59des profondeurs
06:00parce qu'ils ont un canyon,
06:01en fait,
06:01un canyon profond
06:02à Monterey
06:03qui entaille
06:04le plateau continental américain.
06:07Et donc, c'est un canyon
06:07qui descend jusqu'à
06:084000 mètres de profondeur,
06:09mais juste là,
06:09devant chez eux.
06:10C'est dans leur jardin,
06:11quoi, en fait.
06:12Littéralement,
06:13les bateaux peuvent partir
06:14et une heure après,
06:15ils ont, sous eux,
06:16sous la coque,
06:17ils ont 4000 mètres
06:18de profondeur,
06:18ce qui est quand même dingue.
06:19En général,
06:19on a une pente
06:21qui est assez douce
06:22et lente
06:22vers les profondeurs.
06:24C'est un peu ça,
06:24la forme de nos plateaux,
06:26à moins qu'on soit
06:27sur des îles volcaniques
06:28où, en effet,
06:28la descente est abrupte.
06:30Mais nous, par exemple,
06:31à part le gouffre
06:32de Cap-Breton,
06:32donc, en effet,
06:33on a nous-mêmes
06:33un canyon
06:34qui entaille
06:35vers Cap-Breton,
06:35donc, dans les Landes,
06:37on a aussi un canyon
06:38un peu similaire.
06:39Mais voilà,
06:43sinon, c'est une pente douce.
06:44Et donc, en effet,
06:46l'exposition
06:47de l'aquarium de Monterey
06:48sur les grandes profondeurs
06:49où ils montraient
06:49toutes les découvertes
06:50qu'ils avaient faites
06:51dans cet incroyable canyon
06:53avec des animaux
06:54spectaculaires,
06:55c'était un moment
06:56de bascule d'amour
06:57dans cette découverte.
07:00Mais je pense
07:00que le moment
07:00de l'engagement,
07:03il est venu, en effet,
07:03par un choc.
07:04C'est le professeur
07:04Les Watling,
07:06un Américain
07:07de l'université
07:07de Hawaii et du Maine
07:08et la deux affiliation.
07:10Il m'a montré
07:11les expéditions
07:12qu'ils avaient faites
07:13sur une série
07:15de monts sous-marins,
07:16donc des montagnes
07:17sous l'eau
07:17qui ne percent pas
07:19la surface.
07:20Donc, ce sont des montagnes,
07:21ce qu'on appelle
07:22les monts sous-marins,
07:23c'est-à-dire que par principe,
07:23c'est une énorme montagne,
07:25mais elle ne dépasse pas.
07:28Et ils avaient fait
07:29une exploration
07:29le long
07:30du Cornerise Sea Mount,
07:32donc tous les monts
07:34sous-marins
07:34de Cornerise
07:35à côté de New York,
07:36pas très loin de New York.
07:37et ils avaient filmé
07:39des coraux
07:40multimillénaires,
07:42sublimes
07:43sur ces grandes montagnes
07:44sous-marines
07:45à 2000 mètres de profondeur,
07:46c'est incroyable.
07:47Et sur les monts
07:48sous-marins d'à côté,
07:50ils avaient vu
07:50des énormes traces
07:52sur toute la surface
07:55de ces montagnes sous-marines.
07:57Ils ne comprenaient
07:57vraiment pas
07:57d'où ça venait,
07:58donc ils ont même pensé
07:59que c'était peut-être
08:00des cachalots,
08:01parce que parfois
08:01les cachalots
08:02vont descendre,
08:03vous savez,
08:03très profondément,
08:04les cachalots,
08:04ils peuvent descendre
08:05à 2000 mètres
08:05et ils peuvent aller manger
08:06des œufs de calamars
08:08qui sont posés
08:09comme ça sur le fond.
08:11Et ils pensaient
08:11que c'était peut-être
08:12un peu le rostre
08:13comme ça
08:13des cachalots
08:14qui étaient passés
08:15sur les fonds
08:15et qu'ils laissaient
08:16ces grandes traces.
08:18Mais c'était bizarre
08:18parce qu'il y en avait
08:19quand même partout.
08:20Et en fait,
08:20en faisant des recherches,
08:21ils se sont rendus compte
08:22que c'était les passages
08:23des chalutiers soviétiques
08:25des années avant
08:27et que rien n'avait repoussé.
08:29Et donc,
08:30ils m'avaient montré,
08:30en effet,
08:31on était à un symposium
08:32scientifique en Angleterre
08:34et il m'a montré
08:35ces traces
08:36des chalutiers soviétiques
08:39en me disant
08:39tu te rends compte
08:40rien ne repousse en fait.
08:42Donc,
08:42les dégâts qu'on fait
08:43dans ces grandes profondeurs
08:45c'est irréversible
08:46parce qu'on est en phase
08:48comme vous savez
08:49on est en train de vivre
08:50on est responsable
08:52de la sixième
08:52grande extinction
08:54de masse sur Terre.
08:56Donc,
08:56les espèces disparaissent,
08:57les espèces sauvages
08:58disparaissent
08:58à une cadence
09:00absolument sidérante
09:01de par nos activités.
09:04par notre emprise
09:05par la destruction
09:06des habitats
09:07par les masses
09:10qu'on extrait
09:10les extractions
09:12d'animaux sauvages
09:13qu'on a faites
09:13et puis maintenant
09:14le coup fatal
09:15c'est le changement climatique
09:16qui vient accélérer
09:17la destruction
09:18des espèces.
09:20Donc,
09:20clairement,
09:21c'était à ce moment-là
09:21je pense la bascule
09:22où je me suis dit
09:23on ne peut pas laisser faire ça.
09:25Donc,
09:26cet engagement en écologie
09:27et à ce moment-là
09:28il y a comme une rupture
09:29dans votre vie
09:29ce n'est pas juste
09:30une simple évolution.
09:31non,
09:32en effet,
09:34je me suis vraiment
09:35mis en tête
09:36j'ai découvert
09:37simultanément
09:38quand j'ai commencé
09:38à découvrir
09:39ce grand problème
09:40de la pêche
09:40en eau profonde
09:41je suis allée lire
09:43les quelques rapports
09:44qui existaient
09:44il n'y en avait pas beaucoup
09:45et il y en avait un
09:46de quelqu'un
09:48qui est devenu
09:48mon principal collègue
09:49d'ailleurs
09:50Matthew Gianni
09:51qui a monté
09:53une coalition
09:54d'ONG
09:55qui s'appelle
09:55Deep Sea Conservation Coalition
09:57DSCC
09:58et cette coalition
09:59c'est celle maintenant
10:00qui se bat
10:00contre l'extraction
10:01minière
10:02en eau profonde
10:05et en eau internationale
10:07et Matt avait fait
10:08un rapport
10:09pour l'ONU
10:10en quantifiant
10:12le nombre de bateaux
10:13au niveau mondial
10:13qui étaient impliqués
10:14dans cette dévastation
10:16des milieux
10:17les plus fragiles
10:18les plus vulnérables
10:20et il avait calculé
10:21qu'il y avait
10:23au niveau mondial
10:24285 chalutiers
10:26qui détruisaient
10:27en gros
10:28les deux tiers
10:28de la planète
10:29et donc moi
10:30là ça a vraiment
10:31fait tilt
10:32en fait je me suis dit
10:32bon ok
10:33285 c'est vraiment
10:34facile à arrêter
10:35donc on va arrêter ça
10:36et donc je suis partie
10:37comme une
10:38oui
10:39comme une quête
10:40ou une mission
10:41enfin
10:41en pensant que ça
10:43allait être facile
10:44puisque je me suis dit
10:44285 c'est quand même
10:45pas très compliqué
10:46la France était
10:47la sixième nation
10:48impliquée dans
10:50cette pêche profonde
10:51on avait vraiment
10:52une des plus grosses
10:53flottes de pêche
10:54profonde au monde
10:54donc je me suis dit
10:55on va commencer
10:55par la France
10:56à partir de là
10:56on aura l'Europe
10:57les Nations Unies
10:58puis voilà
10:58ça va rouler quoi
10:59bon après voilà
11:00j'ai découvert
11:01le vrai monde
11:01la politique
11:02et j'ai découvert
11:03que les choses
11:04qui s'imposaient
11:04par elles-mêmes
11:05on va dire
11:06d'un point de vue
11:06rationnel
11:07ne se traduisaient
11:07pas toujours
11:08politiquement
11:09et vous diriez
11:10que cet engagement
11:11qui est également
11:11une passion
11:13est-ce qu'il se fait
11:14au détriment
11:15d'autres activités
11:16oui tout
11:17tout
11:18pas tout
11:19on peut pas
11:21la politique
11:22c'est finalement
11:23même quand on est
11:25une ONG
11:25reprenons les choses
11:27disons
11:28je remonte
11:28quand on travaille
11:30sur l'océan
11:30on travaille sur
11:31des politiques publiques
11:32un petit peu sur
11:33des politiques privées
11:34parce qu'en effet
11:35par exemple
11:35on consomme du poisson
11:36donc ceux qui nous
11:37vendent du poisson
11:38les trois quarts des poissons
11:39sont vendus
11:40par la grande distribution
11:41donc on peut en effet
11:42avoir des programmes
11:43qui sont destinés
11:44à transformer
11:45les politiques d'achat
11:46de la grande distribution
11:47mais le gros
11:49de votre travail
11:50c'est de transformer
11:50les politiques publiques
11:51et donc c'est de travailler
11:52avec des politiques
11:54en politique
11:55dans des systèmes politiques
11:57et quand on est seul
11:59quand on est une ONG
12:00avec des collègues
12:00extraordinaires
12:01mais on est quand même
12:02pas très nombreux
12:02face à un état
12:06la France
12:06et ensuite
12:0726 autres états
12:08les 27 de l'Union
12:11et les 720
12:12députés européens
12:13et la Commission européenne
12:15avec ses milliers
12:15de fonctionnaires
12:16avec l'entrisme
12:17des lobbies
12:18à l'intérieur
12:19de la Commission
12:19puisque la Commission
12:20a cette grande tradition
12:23de consulter
12:24les lobbies industriels
12:25pour élaborer
12:25des propositions législatives
12:27mais maintenant
12:27elle a carrément fait rentrer
12:28le loup dans la bergerie
12:29enfin on a à l'intérieur
12:30des cabinets
12:31des commissaires
12:32les lobbyistes
12:33enfin ceux qui fabriquaient
12:35les positions
12:37de tous les industriels
12:38qui ravagent l'océan
12:39vous voyez
12:39donc quand on est en politique
12:41globalement
12:42on n'a pas de vie
12:43et vous êtes devenue
12:44une spécialiste
12:45on le voit
12:46des fonds marins
12:46et de la flore
12:47et de sa faune
12:47mais comment vous avez fait
12:49il faut travailler
12:49la question
12:50vous avez travaillé
12:51avec des scientifiques
12:52vous avez suivi
12:53une formation
12:54je me suis formée
12:57je pense sur le tas
12:58en fait moi déjà
12:58avant j'étais journaliste
13:00scientifique
13:01je faisais des documentaires
13:03animaliers
13:03donc j'avais quand même
13:04déjà un gros réseau
13:05scientifique
13:05et j'étais habituée
13:07à prendre une matière
13:08scientifique
13:09à lire des publications
13:10scientifiques
13:11et à en tirer
13:13la narration
13:15qui allait impacter
13:16et qui concernait
13:17l'opinion publique
13:18parce qu'il y a de la matière
13:21la communication scientifique
13:23est parfois un peu ardue
13:24un petit peu
13:25puisque l'exercice veut
13:27on passe par les fourches codines
13:28de la publication scientifique
13:29donc c'est
13:29c'est un peu illisible
13:32en vrai
13:32pour le grand public
13:33alors qu'au fond
13:34ça raconte des histoires
13:35fascinantes
13:36et donc à la base
13:38en fait de mon livre
13:38j'ai quand même lu
13:39toutes les publications
13:40scientifiques
13:40qui concernaient
13:41l'océan profond
13:42il n'y en a pas tant que ça
13:42c'est quelques milliers
13:44de publications
13:45peut-être centaines
13:45quelques centaines
13:46quelques milliers
13:46et à partir de là
13:49en effet
13:49j'avais déjà
13:49cette habitude
13:50de travailler
13:51la matière scientifique
13:52et j'ai compris
13:55et je sais
13:56qu'en fait
13:56une politique publique
13:57il y a une partie
13:59d'arbitraire
14:00dans une politique
14:01dans des seuils
14:02le politique
14:04a le pouvoir
14:05de fixer des seuils
14:06ou de faire des arbitrages
14:07qui sont par définition
14:08arbitraires
14:09mais quand même
14:10si les politiques publiques
14:11étaient basées
14:12sur des données scientifiques
14:13et des données objectives
14:15et rationnelles
14:15ce serait quand même
14:16mieux pour tout le monde
14:16et donc la force
14:19qu'on a nous
14:19je pense
14:19c'est d'avoir intégré
14:20très tôt
14:21la production scientifique
14:23à l'intérieur
14:24de notre façon
14:25de procéder
14:25et en réalité
14:26on n'a pas eu le choix
14:27parce que la France
14:28est une nation
14:28de pêche industrielle
14:30et la production scientifique
14:32autour des questions
14:33d'usage
14:34et d'exploitation
14:35de l'océan
14:35sont des questions
14:37qui sont verrouillées
14:38par une science d'état
14:39qui est très peu libre
14:41de poser des questions
14:42qui fâchent le secteur
14:43et donc
14:43on avait besoin
14:44d'avoir une recherche
14:45indépendante
14:46qui soit parfaitement libre
14:47de poser des questions
14:48qui piquent
14:50des vérités
14:51qui dérangent
14:52comme aurait dit Al Gore
14:53il y a
14:54il me semble
14:55200 ans
14:56les fronts marins
14:57en tout cas
14:58ils sont encore mal connus
14:59il y a encore
15:00beaucoup de choses
15:00à découvrir
15:01c'est essentiel
15:02de bien connaître
15:03cette vie
15:04dans la nuit profonde
15:05si on veut la protéger
15:06et vous avez réalisé
15:07donc un ouvrage
15:09sur les abysses
15:10avec plus de 200 photos
15:12inédites
15:12réalisées
15:13grâce à de très rares
15:14submersibles
15:15et robots
15:16capables de plonger
15:16à plus de 6000 mètres
15:18et vous avez
15:19choisi
15:20de nous faire parler
15:21de découvrir
15:22deux clichés
15:24de cet ouvrage
15:25alors on les aperçoit
15:27le premier
15:28c'est une méduse
15:29qui s'appelle
15:29le Atola Waiwilei
15:31qui est une méduse
15:33sublime
15:33qui ressemble
15:34à une énorme
15:35corolle
15:36rouge
15:37avec au centre
15:38en fait on dirait
15:39une céramique
15:40japonaise
15:41en réalité
15:42ou un papier découpé
15:44pour les fêtes de Noël
15:45vous savez
15:46pour faire
15:46les roues
15:47en papier
15:48qu'on déroule
15:49et qu'on peut pendre
15:51qui sont sublimes
15:52donc cette méduse
15:54c'est une méduse profonde
15:55qui a été
15:56beaucoup travaillée
15:58par une chercheuse
15:58qui s'appelle
15:59Edith Wider
15:59qui était une grande
16:03chercheuse
16:03parmi
16:04ils sont deux trois
16:06qui ont vraiment travaillé
16:06la question de la bioluminescence
16:07mais Edith Wider
16:08a vraiment travaillé
16:09sur cette méduse
16:10et elle a montré
16:12qu'en fait
16:12elle avait un système
16:13de défense
16:14qui était
16:14d'utiliser sa bioluminescence
16:16de façon
16:17donc radiale
16:19donc elle
16:19elle va
16:20déclencher
16:21un cycle
16:22de lumière
16:23donc on appelle ça
16:24the burglar alarm
16:25donc c'est vraiment
16:26comme une
16:27une alerte
16:28quand on a un domicile
16:30qui est protégé
16:31par une surveillance
16:32avec une alarme
16:33contre les cambrioleurs
16:36et en fait
16:36ils l'ont appelé
16:37comme ça
16:37parce qu'en fait
16:37c'est l'alarme
16:38cambriolage
16:39de cette méduse
16:40c'est qu'elle lance
16:41un signal
16:42donc le point de bioluminescence
16:44commence à un point
16:45et ça fait tout le tour
16:46de la méduse
16:47donc on voit la lumière
16:49se déplacer
16:50et ça revient
16:52au point de départ
16:52comme une fête foraine
16:54vous voyez une roue
16:55dans une fête foraine
16:55qui est éclairée
16:56et on voit la roue
16:58les lumières se déplacer
17:00et bien la méduse
17:01fait ça
17:01c'est pas comme si
17:02elle s'allumait
17:03juste d'un coup
17:03elle allume
17:04l'ensemble
17:06de ses points
17:07de bioluminescence
17:08de façon à perturber
17:09son prédateur
17:10et à pouvoir s'échapper
17:11donc elle est sublime
17:13et vraiment
17:14elle a un système
17:15d'alarme
17:16et de défense
17:16avec la bioluminescence
17:18qui est assez spectaculaire
17:19et l'autre
17:21alors l'autre cliché
17:22maintenant
17:23oui l'autre
17:24alors c'est
17:25vraiment mon chouchou
17:27mon chouchou
17:28adoré
17:28il s'appelle
17:29Staurototis
17:31sur scène 6
17:32c'est un poulpe à oreille
17:33un tout petit poulpe à oreille
17:35hyper mignon
17:36mais hyper hyper mignon
17:38qui était à peu près
17:39grand comme ça
17:39et on l'a
17:41en fait on l'a attrapé
17:42avec un submersible
17:43au cours d'une expédition
17:45océanographique
17:45à laquelle je participais
17:47au nord-est
17:47des Etats-Unis
17:48avec un institut
17:50qui s'appelle
17:50Harbor Branch
17:51et on l'a attrapé vivante
17:54en fait cette pieuvre
17:55et on l'a remonté
17:56à bord du bateau
17:57et on l'a gardé
17:58dans une chambre froide
17:59pendant plusieurs jours
18:00en fait
18:00et ce qui m'a donné
18:02l'occasion
18:02de la photographier
18:03littéralement
18:04sous tout
18:05je ne sais pas combien
18:07de milliers de photos
18:08elle est extraordinaire
18:12et on voit
18:12dans les grandes profondeurs
18:14il y a des poulpes
18:15qui n'ont pas d'oreilles
18:17parce qu'en fait
18:17ce sont des nageoires
18:18mais ils ont des grandes oreilles
18:20sur les côtés
18:20et ce sont leurs nageoires
18:21et ils peuvent être
18:23en effet
18:23celle-là
18:24elle faisait
18:2415-20 cm
18:26mais on peut avoir
18:27des poulpes à oreilles
18:28qui font plus de 2 mètres
18:29et qu'on appelle
18:31les Dumbo Octopus
18:32aussi
18:33les pieuvres Dumbo
18:34parce que c'est vrai
18:35qu'elles ressemblent un peu
18:35à ce grand éléphant
18:36à grandes oreilles
18:37et voilà
18:40et cet animal aussi
18:41le poulpe à oreilles
18:43là
18:45Stereotitis cirtensis
18:46on voit qu'elle a des
18:47en fait
18:48dans ses ventouses
18:49elle a des points
18:50de bioluminescence aussi
18:51donc
18:52dans la nuit
18:53en fait
18:53elle peut se mettre
18:54comme un
18:55elle peut se replier
18:56à l'intérieur
18:57donc elle peut sortir
18:58son manteau
18:59et s'abriter
19:00derrière son manteau
19:00et alors
19:01il y a
19:02cette boule
19:03elle forme une boule
19:05avec ces ventouses
19:07qui sont donc
19:08à l'extérieur
19:09et elle se met
19:10comme dans sa robe
19:10en fait
19:11elle se replie
19:11comme si c'était
19:12une robe
19:12du 18e siècle
19:15et qu'elle l'a remontée
19:16sur elle
19:17et qu'en fait
19:18on voyait
19:18toutes les baleines
19:19de la robe
19:20s'éclairer
19:20de bioluminescence
19:21donc en fait
19:22ça fait partie
19:23de son mécanisme
19:24aussi de protection
19:25et de défense
19:26et dans quel état
19:26ils sont aujourd'hui
19:27les océans
19:28vous dénoncerez
19:29la pêche aux chaluts
19:31et la pêche industrielle
19:32qui raclent
19:32les fonds marins
19:33c'est une catastrophe
19:34en fait
19:35là
19:35je pense
19:38qu'on est très loin
19:39d'avoir conscience
19:40de la gravité
19:40de la situation
19:41dans laquelle on est
19:42les paléontologues
19:44pensent à l'humanité
19:46et nous décrivent
19:47comme une espèce invasive
19:48parce qu'on est la seule espèce
19:50qui a détruit son milieu
19:51et
19:52ce qui est fou
19:54c'est que
19:54c'est allé très très vite
19:55déjà
19:56d'un point de vue
19:57géologique
19:58des temps géologiques
19:59c'est allé très très vite
20:00cette destruction
20:01de l'humanité
20:02de l'ensemble
20:03de son milieu
20:03en fait
20:03c'est vraiment
20:04la révolution industrielle
20:05l'avènement
20:06des énergies fossiles
20:07avec cette puissance
20:07de feu
20:08que ça nous a donné
20:09et
20:10on a déployé
20:12des énergies fossiles
20:13accumulées
20:14donc l'énergie
20:15accumulée par
20:16la biomasse naturelle
20:17au cours de millions d'années
20:19parce que c'est le temps
20:19que ça prend
20:20pour fabriquer
20:20des hydrocarbures
20:21et en gros
20:22cette énergie
20:23accumulée sur des millions
20:25d'années
20:25on a frappé
20:27la nature avec
20:28en quelques dizaines
20:29d'années
20:29donc c'est
20:30c'est ça la puissance
20:32de la destruction
20:33qu'on a déployée
20:34et qu'on est en train
20:34de déployer
20:35et donc il y a un décalage
20:37entre la puissance
20:38de destruction
20:39dont on est capable
20:41et la conscientisation
20:43et l'évolution
20:44de nos cerveaux
20:45de nos systèmes empathiques
20:46de nos systèmes cognitifs
20:48et de nos systèmes économiques
20:49les énergies fossiles
20:50nous ont donné
20:51une telle capacité
20:53de s'émanciper
20:55de toute forme
20:56de contrainte
20:57de rentrer dans un confort
20:59inédit
21:00pour certains d'entre nous
21:01je rappelle qu'on est
21:02une minorité
21:02au niveau mondial
21:03à pouvoir jouir
21:05de ce confort
21:05mais c'est addictif
21:08et on est devenu
21:09complètement
21:10dépendant
21:12en fait
21:12de ce niveau-là
21:13de confort
21:13et de superflu
21:14et de
21:15consommation
21:17et de cette vie
21:18facile
21:18qui est totalement
21:20artificielle
21:20est absolument pas durable
21:21et ça a été décrit
21:24par des esprits brillants
21:25par des économistes
21:26des chercheurs
21:26en sciences sociales
21:27en biologie
21:28en écologie
21:29en physique
21:30en tout ce que vous voulez
21:31parce que
21:31notre puissance
21:32aujourd'hui
21:33c'est que
21:33non seulement
21:34on a détruit
21:34les systèmes
21:35biologiques
21:36on a changé
21:37l'attribution
21:39des terres
21:40on a changé
21:40la composition
21:41des sols
21:42mais en fait
21:42maintenant
21:42on transforme
21:44la chimie
21:45de l'atmosphère
21:46c'est ça
21:47le changement climatique
21:47et croire
21:48qu'on peut aller
21:49au-delà
21:50de quelque chose
21:51comme la transformation
21:52de la composition chimique
21:54de l'atmosphère
21:54et c'est ça qu'on fait
21:55en augmentant
21:56nos émissions
21:57de gaz à effet de serre
21:58en permanence
21:59c'est de la folie
22:00en fait
22:00on se retrouve
22:00avec des niveaux
22:01de concentration
22:02de particules
22:03de dioxyde de carbone
22:06dans l'atmosphère
22:06qui ne sont pas vivables
22:08en fait
22:08pour le vivant
22:08donc on est rentré
22:09dans une grande phase
22:10de destruction
22:11et on pourrait
22:13vous dites pas vivables
22:13mais par exemple
22:14les mers
22:14elles sont également
22:15polluées par le plastique
22:16quelles sont les conséquences
22:17pour la santé
22:18des animaux marins
22:19et pour la santé
22:20des êtres humains
22:20et bien
22:21en fait
22:23je hiérarchise
22:24je hiérarchise
22:25là-dedans
22:26parce qu'il y a
22:27d'abord
22:28cette réalité physique
22:30physico-chimique
22:31qui s'impose à nous
22:33qu'on le veuille ou non
22:33en fait
22:34on est des êtres
22:35autour de nous
22:36nous avons des êtres
22:37faits de molécules
22:38ces molécules peuvent
22:39ou non
22:39vivre avec une composition
22:41chimique différente
22:42de l'atmosphère
22:42c'est oui ou c'est non
22:43en fait
22:44et donc là
22:44on est rentré dans une phase
22:46où la réponse va être
22:47non
22:47il n'y aura pas
22:48de possibilité
22:49de conserver
22:50le vivant sur Terre
22:51si on continue
22:52à détruire
22:52tout ce qu'on est en train
22:53de faire aussi rapidement
22:54et en plus de ça
22:56on rajoute
22:57dans ce drame
22:59en fait
22:59ce drame essentiel
23:01vraiment à la racine
23:02de la vie sur Terre
23:04de la possibilité
23:05de vie sur Terre
23:06on rajoute évidemment
23:07les effets collatéraux
23:10les dégâts collatéraux
23:12de nos systèmes
23:13de production
23:13et de consommation
23:14complètement hors de contrôle
23:17que sont évidemment
23:18la pollution
23:18et la pollution
23:19très répandue
23:21absolument
23:21invasive
23:23en fait
23:24de l'ensemble
23:24des écosystèmes
23:25et donc
23:26des corps humains
23:27et on se retrouve
23:28dans cette aberration absolue
23:30où on a
23:31d'un côté
23:31ce qui se passe
23:33en ce moment en Europe
23:33c'est-à-dire
23:34une grande dérégulation
23:35qui a été
23:36demandée par Trump
23:38et par les lobbies
23:39à laquelle
23:40Ursula von der Leyen
23:41la présidente
23:42de la Commission européenne
23:43a acquiescé
23:44en fait
23:44à accepter
23:45qu'elle a accepté
23:48de mettre en oeuvre
23:48alors que
23:49donc on va déréguler
23:51on va déréguler
23:52les produits chimiques
23:52on va déréguler
23:53l'alimentation
23:53on va déréguler
23:54on va tout déréguler
23:55ça veut dire
23:55qu'on va rendre possible
23:56encore plus facilement
23:58la pollution
23:59des écosystèmes
24:00de l'eau
24:01la mise sur le marché
24:02de pesticides
24:03sans limite
24:04dans le temps
24:05c'est ça le projet
24:06de la Commission
24:07actuellement
24:07ils veulent déréguler
24:08sur les pêches
24:10industrielles
24:10pour qu'il y ait
24:11encore plus de bateaux
24:12c'est dystopique
24:14au moment même
24:15où la Commission européenne
24:16vous dit
24:17qu'il y a une vague
24:19de cancers
24:19sans précédent
24:22et qu'elle coûte
24:22des milliards d'euros
24:23à l'Union européenne
24:24donc en fait
24:25on va
24:26on va se retrouver
24:27dans cette situation
24:28délirante
24:29où on va payer
24:30des milliards
24:31pour extraire
24:32des polluants
24:33de l'ensemble
24:34de nos systèmes
24:35d'eau
24:36de nourriture
24:37etc
24:37et on ne saura pas
24:39quoi en faire
24:39donc on va les réinjecter
24:41dans l'eau
24:42et l'atmosphère
24:42et les sols
24:43et donc on est dans un cycle
24:44franchement
24:45je pense qu'un enfant
24:46de CM2
24:47il vous dit
24:48c'est insensé
24:49en fait il mettrait
24:50le mot très simple
24:51en face
24:51il mettrait
24:51c'est de la folie
24:52c'est de la folie
24:53ce qu'on est en train
24:54de faire
24:54et c'est la fin
24:56du pacte vert
24:56visiblement
24:57européen
24:57c'est une démolition
24:58du pacte vert
24:59pour avoir des actions
25:00efficaces
25:01il faut pour cela
25:02connaître
25:02et influencer
25:03les décideurs
25:04est-ce pour cela
25:05que vous étiez engagée
25:06en politique
25:06en 2018
25:07pour la création
25:08de place publique
25:09vous avez quitté
25:10place publique
25:11un an après
25:11ça c'est pour la France
25:12pourquoi vous avez été déçue
25:14oui mon projet
25:16c'était
25:17j'étais vraiment déprimée
25:18quand Emmanuel Macron
25:19a été élu
25:20parce que je crois
25:21que je n'ai pas
25:21beaucoup de talents
25:23objectifs
25:24mais je crois
25:24que j'ai celui
25:24de savoir
25:25réunir des faits
25:29et par
25:29et leur donner du sens
25:30avant les autres
25:31je vois les trucs
25:32à devenir en fait
25:33je pense que
25:34j'ai fait de l'histoire
25:36j'ai étudié l'histoire
25:37et je pense
25:38que ça me donne ça
25:39et j'ai vu ça
25:40j'ai vu qu'Emmanuel Macron
25:42est élu
25:42ça allait être
25:43je l'ai d'ailleurs
25:44dit publiquement
25:45j'ai dit
25:45ça allait être
25:45le faux soyeur
25:46de la démocratie
25:47en France
25:47et qu'il allait
25:48nous amener
25:49l'extrême droite
25:49au pouvoir
25:50je voyais comment
25:50le néolibéralisme
25:51en France
25:54au moment
25:55enfin en gros
25:56avoir Margaret Thatcher
25:57en 2017 en France
25:58allait nous amener
25:59forcément
26:00à l'extrême droite
26:01ça ne pouvait pas
26:01être autrement
26:02et donc j'ai vraiment
26:03j'ai vraiment déprimé
26:05et c'était d'autant plus dur
26:06que vous vous souvenez
26:08que Nicolas Hulot
26:09à l'époque
26:09avait donné son crédit
26:10à Emmanuel Macron
26:11et je me suis dit
26:12mais comment peut-on
26:13donner du crédit
26:14à quelqu'un
26:15qui va en fait
26:16faire des chèques en blanc
26:18à tous ceux
26:19qui ont financé
26:19sa politique
26:20c'est-à-dire
26:21les financiers
26:21etc
26:22et donc j'étais seule
26:24en fait
26:24à voir ce qui allait se passer
26:25et voilà
26:26je suis navrée
26:27pour moi-même
26:28et pour la France
26:29d'avoir eu raison
26:30et donc j'étais très déprimée
26:33je me suis dit
26:33il faut absolument
26:34faire quelque chose d'utile
26:35et donc je me suis dit
26:37voilà
26:37s'il y a
26:37Raphaël Glucksmann
26:39et d'autres
26:39qui lancent
26:40un mouvement politique
26:41il faut les soutenir
26:42Raphaël Glucksmann
26:43pour moi
26:43c'était celui
26:44qui osait
26:45dénoncer
26:46la honte absolue
26:48la faillite morale
26:50de l'Europe
26:51de ne pas avoir soutenu
26:52les Syriens
26:53au moment de la guerre en Syrie
26:54et du massacre
26:55de son peuple
26:56par Bachar Al-Assad
26:58et moi j'étais dévastée
27:00par la guerre en Syrie
27:01en fait
27:01c'est un peu
27:04ce qu'on a revécu
27:05là avec Gaza
27:06et ce qu'on vit avec Gaza
27:06enfin c'est un truc
27:07qui rentre dans la
27:08enfin moi
27:10qui détruit mes nuits
27:11ma guettée
27:12et donc
27:13j'étais vraiment
27:14je m'accrochais un peu
27:15à la parole
27:15de Raphaël Glucksmann
27:16et donc je lui avais donné
27:17tout un crédit
27:18et après
27:20la politique
27:20c'est la politique
27:21et finalement
27:21dès que vous mettez
27:22le mot politique
27:23ou que ça ressemble
27:24à un parti politique
27:25arrive toute une faune
27:26qui sort
27:28de sous les tapis
27:29et qui sont
27:30pas les gens
27:31avec lesquels
27:31j'ai envie de passer mon temps
27:32votre jugement
27:33il est assez sévère
27:34sur les responsables
27:35politiques nationaux
27:35et européens en général
27:36vous dénoncez notamment
27:37le greenwashing
27:38en France
27:39vous dites que
27:40les zones maritimes
27:41soi-disant protégées
27:42ne sont en réalité
27:43pas du tout protégées
27:44vous dénoncez également
27:46la discordance
27:47entre les discours
27:48et les actes
27:49je suis pas la seule
27:50mais les responsables
27:52politiques
27:52c'est pas
27:53il y a des gens très bien
27:54qui se battent
27:55mais c'est vraiment
27:56la faune autour
27:57c'est un écosystème
27:59moi ce que je trouve
27:59vraiment déprimant
28:00en politique
28:00c'est que
28:01au lieu
28:02pour moi la politique
28:03il n'y a pas plus grand
28:04il n'y a pas plus beau
28:05il n'y a pas plus utile
28:05c'est ce qu'on peut faire
28:07de mieux de sa vie
28:08mais pour
28:10s'occuper du destin
28:11de tout le monde
28:12pour s'assurer
28:13qu'une mère seule
28:15qui doit
28:16s'occuper
28:17de gagner de l'argent
28:18et de
28:18payer les factures
28:20mais d'être là
28:21pour ses enfants
28:21de s'occuper d'eux
28:22de prendre soin d'eux
28:23en même temps
28:24que quelqu'un
28:25qui va s'occuper
28:25d'un parent
28:26qui est malade
28:26pour moi
28:27la chose publique
28:28c'est ça
28:28c'est partir du dénominateur
28:30le plus vulnérable
28:31commun
28:32pour faire en sorte
28:33qu'on puisse protéger
28:34toutes ces trajectoires
28:36individuelles
28:36dans un collectif
28:38qui n'est que ça
28:39qui n'est que
28:40mission publique
28:41mission de créer
28:42du bien-être collectif
28:43et
28:44la réalité
28:47de la politique
28:47c'est que les gens
28:48passent leur temps
28:48à se bouffer le nez
28:50pour se faire de la place
28:51et exister
28:51individuellement
28:52et ça
28:53moi ça me déprime
28:54donc c'était juste
28:54pour clore ça
28:55parce que je ne veux pas
28:55qu'on croit
28:56j'ai quand même
28:56beaucoup de respect
28:57pour ceux qui s'engagent
28:58parce que la plupart
28:58des engagés
28:59en politique
28:59sont quand même des gens
29:00qui font beaucoup
29:01de sacrifices
29:02y compris
29:02les maires
29:03on arrive sur les élections
29:04municipales
29:04ils le font vraiment
29:05par devoir
29:06et je suis très reconnaissante
29:07qu'il y ait des gens
29:08qui fassent ça
29:08donc je ne veux juste
29:09pas jeter le bébé
29:10avec l'eau du bain
29:10et pour les discours
29:12ça a été
29:13alors je ne suis pas la seule
29:14maintenant je pense
29:14qu'on a compris
29:15que Emmanuel Macron
29:16avait été dans l'imposture
29:18écologique
29:19il avait fait des grandes promesses
29:20au moment des campagnes électorales
29:22et puis par derrière
29:22a fait tout à fait le contraire
29:23de ce qu'il a dit
29:24ce qui est vraiment très gênant
29:26à part sur le deep sea mining
29:28ça c'est vrai que sur l'extraction
29:29des minerais
29:30en haute mer
29:31là on avait obtenu
29:32en lui forçant un peu la main
29:33on avait obtenu
29:34une victoire
29:35la France a changé sa position
29:37et ça je pense que c'est
29:38le seul dossier
29:38sur lequel la France
29:39du coup s'accroche
29:40à cette victoire
29:40parce que c'est la seule chose
29:41sur laquelle la France
29:43peut quand même
29:43clamer un tout petit peu
29:44de cohérence
29:45pour le reste
29:45ça a été un carnage
29:46et notamment
29:47cette fameuse conférence
29:49des Nations Unies
29:50sur l'océan
29:50qui s'est tenue en juin
29:51à Nice
29:52et qui a été un naufrage
29:54diplomatique pour la France
29:55puisque tout le monde
29:57s'attendait évidemment
29:58à ce qu'Emmanuel Macron
29:58annonce l'interdiction
30:00du chaludage
30:00c'est-à-dire la méthode
30:01de pêche la plus destructrice
30:02des grands filets
30:03qui raclent les fonds
30:05en permanence
30:06tout ça pour attraper
30:06quasiment plus de poissons
30:07parce qu'il n'y a quasiment
30:08plus de poissons
30:09et c'est financé évidemment
30:11sur la base
30:11de subventions publiques
30:13c'est financé
30:14avec l'impôt
30:14les impôts
30:15que nous payons
30:16et au lieu d'annoncer
30:18la fin du chaludage
30:19Emmanuel Macron
30:21a annoncé
30:22soi-disant
30:23de nouvelles aires marines
30:25protégées
30:25qui étaient des confettis
30:26sur une carte
30:27et en fait
30:27on s'est rendu compte
30:28que ces fameuses aires marines
30:30protégées
30:30n'étaient pas du tout nouvelles
30:32et que cette carte
30:33était mensongère
30:34et donc on a travaillé
30:35toute la nuit
30:36avec mes équipes
30:37et on a montré
30:40on a eu un petit peu chaud
30:42quand on a sorti
30:43notre carte le matin
30:44puisqu'il fallait
30:45vous savez les médias
30:46c'est très réactif
30:47donc il faut être
30:48un peu dans la seringue
30:49et la France a sorti
30:51une carte
30:51en disant
30:52voilà nos nouvelles aires marines
30:53protégées
30:53où on va interdire
30:54le chaludage
30:54et on a vu
30:55que ça sentait
30:57le mensonge
30:58mais il fallait quand même
30:59corroborer nos propos
31:00et donc on a travaillé
31:01toute la nuit
31:01à faire de la cartographie
31:03en croisant
31:04les différentes réglementations
31:06qui existaient
31:07et en recroisant tout ça
31:08on a sorti
31:09notre propre carte
31:10pour montrer
31:10que c'était un mensonge
31:11et ça a été repris partout
31:14donc ça a été le sommet
31:15de la honte
31:15pour la France
31:16mais voilà
31:17et en fait la France
31:18est très déterminée
31:18à protéger
31:19les pêches destructrices
31:20mais pas du tout
31:21ni l'océan
31:22ni la pêche artisanale
31:23ni le climat
31:24il faut dire
31:25que les hommes politiques
31:26ils font face aux lobbies
31:27et que les poissons
31:28ils ne votent pas
31:29et il n'y a pas de lobby
31:30ils n'ont pas de lobby
31:31oui mais ce qui est regrettable
31:33c'est que 78%
31:34des pêcheurs en France
31:35sont en fait des pêcheurs
31:37de petites pêches artisanales
31:38qui en fait bénéficieraient
31:40de mesures de protection aussi
31:41simplement
31:42comme en toutes choses
31:43finalement
31:43on écoute ceux
31:44qui se représentent
31:46politiquement
31:47de façon efficace
31:48et qui ont donc
31:48des lobbies puissants
31:49et qui tiennent
31:50les politiques
31:51au niveau local
31:52et donc
31:53oui il y a une emprise
31:54très forte
31:55des lobbies
31:56industriels
31:58de la pêche industrielle
31:59qui sont des lobbies
32:00ravageurs
32:01et qui en fait
32:02se retrouvent aujourd'hui
32:03dans cette situation
32:04ahurissante
32:06où les bateaux
32:08de pêche industrielle
32:08n'ont vraiment
32:09plus énormément
32:10de poissons à pêcher
32:11parce qu'ils ont vraiment
32:12il faut imaginer
32:12qu'on a vidé l'océan
32:13de plus de 90%
32:16des poissons
32:17de grande taille
32:18c'est déjà fait ça
32:19on a vidé l'océan
32:20comment vous expliquez
32:21qu'on continue
32:21et qu'on va dans le mur
32:22et bien
32:23parce que maintenant
32:24il y a souvent
32:25des liens
32:26entre la pêche industrielle
32:27et le trafic de drogue
32:28parce qu'avoir des grands bateaux
32:30qui sillonnent l'océan
32:32sans aucun contrôle
32:33c'est quand même
32:34une invitation
32:34à transporter de la drogue
32:36et donc les sujets
32:37sont en train de sortir
32:38les rares contrôles
32:40qu'il y a
32:41sur ces grandes
32:41embarcations industrielles
32:43et même
32:44les petits chalutiers
32:45comme il y a eu un article
32:45dans Le Monde cet été
32:46on voit que
32:47souvent ils sont sur des missions
32:49d'aller récupérer
32:49de la cocaïne
32:50qui a été fabriquée
32:51en Amérique du Sud
32:52donc voilà
32:53quand on a vidé les poissons
32:54et bien
32:55les bateaux sont
32:56très enclins
32:57à devenir
32:58des trafiquants de drogue
33:00Vu l'urgence climatique
33:01et la défaillance
33:01des responsables politiques
33:03dont vous venez parler
33:03il est quand même
33:04indispensable
33:04de mobiliser du coup
33:06l'opinion publique
33:07mais c'est pas facile
33:08comment y arriver
33:09quelle est la bonne stratégie ?
33:11Mon Dieu
33:11en ce moment
33:12c'est vrai que
33:13il va falloir
33:16faire attention
33:17à ne pas tomber
33:18dans une forme
33:18de dépression démocratique
33:19parce que
33:21ce qui se passe
33:21On parle déjà de fatigue
33:22Oui alors je vois
33:24je sens
33:24les gens sont
33:25en partie
33:26je pense
33:29désemparés
33:30effrayés
33:31en fait
33:31je sens de l'effroi
33:32au sens propre
33:33mais c'est pas le moment
33:36de déposer les armes
33:37enfin je le dis
33:38très solennellement
33:39parce que
33:40on est
33:40clairement
33:41en anglais
33:43on dit
33:43Winter is coming
33:44vous savez
33:44c'est de la grande série
33:45non on peut dire
33:47que ça y est
33:48l'hiver est arrivé
33:49on est rentré
33:49dans le tunnel démocratique
33:50on est rentré
33:51dans une période
33:52qui va être dure
33:53puisque vraiment
33:54on est pris en tenaille
33:55entre un psychopathe
33:58dictateur à droite
33:59et un autre psychopathe
34:00dictateur à gauche
34:01entre Poutine et Trump
34:02donc on est vraiment
34:03dans une phase horrible
34:04où au lieu de résister
34:06et d'inventer nous
34:07notre route
34:09c'est à dire
34:09ce Green Deal
34:10ce pacte vert
34:10qui justement
34:11cherchait à faire
34:13se marier
34:14et se rejoindre
34:15l'économie
34:17et l'écologie
34:18et faire en sorte
34:19que nos entreprises
34:20se transforment
34:21il y en a plein
34:21des PME
34:22qui se transforment
34:22mais aujourd'hui
34:22ce qu'on est en train
34:23de faire en dérégulant
34:24c'est qu'on les jette
34:25sous les roues du camion
34:25parce qu'on les jette
34:26sous la concurrence déloyale
34:28avec des multinationales
34:29qui ne vont pas du tout
34:30s'embarrasser
34:31d'avoir recours
34:32au travail
34:32forcé des enfants
34:34sur leur chaîne de production
34:35ou des esclaves ouïghours
34:36donc c'est une horreur
34:38ce qu'on est en train de faire
34:38mais il faut traverser ça
34:40c'est jamais la fin de l'histoire
34:41avec un grand H
34:42on a l'impression de la vivre
34:43mais ce n'est jamais
34:45la fin de l'histoire
34:45il restera des humains
34:47sans doute beaucoup moins
34:48parce qu'on va rentrer
34:48dans des phases
34:49où on va détruire l'humanité
34:50par millions
34:51ou par dizaines de millions
34:53à quelle échéance
34:55parce que vous dites
34:55que le dérèglement climatique
34:57et la montée des eaux
34:58c'est progressif
35:01et donc au-delà
35:02d'un certain seuil
35:03il y aura une lutte
35:04pour la survie
35:05qui peut déboucher
35:06sur des violences sociales
35:07c'est déjà le cas
35:08c'est déjà le cas
35:09sauf que nous
35:10on ne s'en rend pas compte
35:11parce que ce n'est pas
35:11chez nous
35:11que ça se passe encore
35:12nous on a des dégâts
35:14auxquels on peut
35:15en partie parer
35:17par nos infrastructures
35:19qui sont solides
35:20dans les pays du sud
35:21qu'on a colonisés
35:22exploités
35:23et qu'on continue
35:24à piller
35:25les dégâts
35:26ils sont vraiment
35:27beaucoup plus meurtriers
35:28évidemment
35:29que chez nous
35:30puisque les infrastructures
35:30ne sont pas en place
35:31donc c'est déjà
35:33en millions
35:33de personnes
35:34qu'on peut chiffrer
35:36les impacts
35:38très concrets
35:39du dérèglement climatique
35:41donc on est déjà
35:42rentré dans cette phase
35:43de conséquences meurtrières
35:45c'est pour ça
35:46qu'on a attaqué
35:47au pénal
35:48Total Energy
35:49pour les conséquences
35:50meurtrières
35:51de leur choix
35:51Total Energy
35:53est en train de développer
35:53au Qatar
35:55un énorme projet
35:56gazier
35:57qui va être le plus grand
35:58projet de gaz
35:59au monde
36:00c'est donc la plus grande
36:02bombe climatique
36:03en développement
36:04et Total Energy
36:06a les moyens
36:07d'investir
36:09tout son argent
36:10et tous les milliards
36:11de bénéfices
36:12que cette entreprise
36:12fait chaque année
36:13dans des énergies renouvelables
36:15et uniquement
36:16des énergies renouvelables
36:17en fait
36:18ils disent
36:18vous voulez consommer
36:19et ils remettent en plus
36:21la faute sur les consommateurs
36:22c'est quand même formidable
36:22vous voulez consommer
36:23nous on produit
36:24ce que vous voulez consommer
36:25et nous on leur dit
36:26non
36:26faites juste en sorte
36:27que le choix énergétique
36:29ce soit un choix
36:29d'énergie renouvelable
36:31ils en ont les moyens
36:31ils ne le font pas
36:32et donc ils ont une responsabilité
36:34éthique absolument
36:35primordiale
36:36dans ce globocide
36:38qui a commencé
36:39et donc
36:40voilà
36:41on traverse
36:42on traverse ça
36:43il faut traverser ça
36:44on n'est quand même
36:45que à 1,5 degré
36:47de réchauffement climatique
36:48aujourd'hui
36:49on est sur des trajectoires
36:51de beaucoup plus
36:52sans doute 2,8
36:533 degrés
36:54c'est pas le même monde
36:55comme disait
36:56Valérie Masson-Delmotte
36:57la climatologue
36:58ou Jean Jouzel
36:59chaque dixième de degré compte
37:01donc voilà
37:03ne vous dites pas
37:04que le pire
37:05est déjà advenu
37:05pas du tout en fait
37:06on peut aller vers
37:07de la barbarie
37:08et c'est ça
37:09ce que disent en fait
37:10l'ensemble des rapports scientifiques
37:12et des rapports de sociologues
37:13et même d'assurance
37:15de réassureurs
37:16de banques
37:17ils disent que
37:18les deux immenses dangers
37:19auxquels on fait face
37:20c'est la désinformation
37:21d'un côté
37:22et le changement climatique
37:23la désinformation
37:23pour mobiliser l'opinion
37:25les médias
37:25ils devraient jouer
37:26un rôle important
37:26justement
37:27est-ce que vous pensez
37:27qu'ils jouent cette mission
37:29en dehors des événements
37:30critiques
37:31qui font l'actualité
37:32comme les incendies
37:33ou les inondations
37:34pas du tout
37:35pas du tout
37:36je pense que d'ailleurs
37:37vous savez quoi
37:38je pense que vous touchez
37:39merci de France 24
37:40d'exister
37:41parce que
37:42c'est le coeur
37:44du sujet
37:44on ne peut pas avoir
37:45de démocratie
37:46sans qu'on ait
37:47un espace
37:48informationnel
37:49partagé
37:50ce qui fait société
37:51c'est de partager
37:52une conscience
37:53et une connaissance
37:55de faits objectifs
37:56ensemble
37:57si chacun vit
37:58dans des bulles
37:59informationnelles
38:00qui disent des choses
38:01complètement sidérantes
38:02comme TikTok
38:03votre passage mouvementé
38:04aussi à CNews
38:05oui CNews
38:06Pascal Praud
38:06vous a dit
38:07que vous pouviez
38:08vous tromper
38:09depuis 25 ans
38:10et que vous donniez
38:11une image hystérique
38:13de votre pensée
38:13fin de citation
38:14oui bien sûr
38:15en fait
38:15Pascal Praud
38:17fait ça
38:17il fait de la provocation
38:18de façon à avoir
38:19du clash sur ses plateaux
38:20de façon à faire
38:21de l'audimat
38:21parce que ça fait
38:22comme un spectacle
38:23c'est un peu
38:23les jeux du cirque
38:24romains
38:24où on va jeter
38:25une personne
38:26entre des lions
38:26des fauves
38:27et on va regarder
38:28comment ça combat
38:30en fait
38:30c'est vraiment
38:30les jeux du cirque
38:31et cette chaîne
38:33d'opinion
38:34qui se présente
38:35comme une chaîne
38:35d'information
38:36a fait énormément
38:38de mal à la démocratie
38:39et a permis en effet
38:39de faire un tapis rouge
38:40aux idées populistes
38:42extrémistes
38:42complètement idiotes
38:43en plus
38:43qui ne sont pas basées
38:44sur des faits scientifiques
38:45donc ils inventent
38:47une réalité parallèle
38:48et donc ils font arriver
38:49l'ère de la post-vérité
38:50on invente la vérité
38:51qu'on veut
38:51comme Donald Trump
38:52qui invente des faits
38:54toute la sainte journée
38:55qui ne s'embarrasse plus
38:56du tout
38:56d'une forme d'attache
38:58déontologique
38:58à la réalité
38:59de ce qui se produit
39:00en vrai
39:01dans le vrai monde
39:02évidemment
39:02l'intelligence artificielle
39:03vient rajouter
39:04la couche ultime
39:06pour faire advenir
39:07ce moment sidérant
39:10où les humains
39:11commencent à être
39:12dans un système
39:13de croyances
39:13complètement parallèles
39:15dans des bulles
39:15et chacun dans son couloir
39:16de nage
39:16on ne peut pas faire société
39:18sur ces bases-là
39:19et donc je regrette
39:20amèrement
39:20que ce sujet
39:22de l'information
39:22ne soit pas pris en main
39:24de façon vraiment
39:26déterminée
39:26et très volontaire
39:28par les pouvoirs publics
39:29avant qu'on ait peut-être
39:30la menace
39:31d'avoir l'extrême droite
39:32au pouvoir
39:32parce qu'il faut
39:33sanctuariser
39:33notamment le service public
39:34et au lieu de ça
39:35le libéralisme
39:36qu'a incarné Emmanuel Macron
39:38n'a fait que des charges
39:39contre le service public
39:40alors qu'il fallait
39:40non seulement le sanctuariser
39:42certainement pas faire
39:43la réforme du visuel
39:44augmenter les budgets
39:45renforcer ce pôle
39:46et le sanctuariser
39:47d'un point de vue
39:48vraiment politique
39:48et même constitutionnel
39:50et donc on a
39:50on a joué avec le feu
39:51donc clairement
39:53le feu a pris maintenant
39:54Vous parliez tout à l'heure
39:55du risque de violence sociale
39:57qui pourrait débaucher
39:58surtout des règlements climatiques
39:59vous dites que c'est déjà le cas
40:00et la violence
40:01elle existe d'ores et déjà
40:03vous en avez eu un aperçu
40:04votre appartement a été vandalisé
40:06en juin dernier
40:07les lobbies de la pêche industrielle
40:09essaient de me faire taire
40:10avez-vous déclaré
40:11vous avez porté plainte
40:12sur quoi a débouché l'enquête ?
40:14Rien
40:14pour le moment rien
40:16c'est fou
40:17c'est comme ça en fait
40:18c'est que
40:18et je peux même pas incriminer
40:20la justice
40:20puisque je pense que
40:21les enquêteurs
40:23les magistrats
40:24les juges
40:25ont littéralement
40:262000 dossiers
40:27sur leur bureau
40:27ils ont un rythme
40:28qui est inhumain
40:29et donc dans le
40:30c'est pour ça
40:31c'est pour ça qu'en 2017
40:33j'ai déprimé
40:33quand Emmanuel Macron
40:34a été élu
40:35parce que je voyais
40:35que c'était le moment
40:37de bascule
40:37où on pouvait encore
40:38sauvegarder
40:39tous nos acquis sociaux
40:41la construction
40:42de nos services publics
40:44et je me disais
40:45mais si arrive
40:46Margaret Thatcher
40:47au masculin
40:48maintenant
40:48on va perdre
40:49évidemment
40:50tous les joyaux
40:52de la couronne
40:52on va vendre
40:54des services publics
40:55on va les privatiser
40:56au moment où on en a besoin
40:57et je vois le débat
40:58sur ArcelorMittal
40:59aujourd'hui
40:59évidemment
41:00mais comment peut-on
41:01même se poser la question
41:02de laisser passer
41:03un des fleurons
41:04de l'industrie
41:04au moment où on parle aussi
41:06de remettre un service
41:07militaire
41:08enfin je veux dire
41:09on peut pas à la fois
41:09tenir un discours
41:10de souveraineté
41:11de nos territoires
41:12et de souveraineté
41:12d'intégrité
41:14de nos territoires
41:14face à des menaces russes
41:16et ne pas en tirer
41:17les conséquences
41:18et en fait
41:18ce qu'on a fait
41:19c'est ça
41:20c'est qu'on a laissé
41:20filé à volo
41:22tout ce dont on avait besoin
41:23au moment où on avait besoin
41:25de renforcer
41:26l'intégrité
41:28de la mission
41:30d'intérêt général
41:31et c'est ça
41:31l'intérêt général
41:32et quand on ne tient pas
41:33la barque
41:34de l'intérêt général
41:35on se fait dévorer
41:36par les lobbies
41:37et ces lobbies industriels
41:38ils se sentent
41:39tellement à l'aise
41:41ils se sentent
41:41tellement sûrs
41:42de leurs faits
41:43qu'ils sont capables
41:44de venir attaquer
41:45notre appartement
41:45en sachant
41:46que derrière la justice
41:47va être débordée
41:48en fait
41:49mais en plus
41:49cette agression
41:50elle a quand même
41:50un impact
41:51forcément psychologique
41:52sur le plan personnel
41:53dans votre entourage
41:54familial
41:55et est-ce que ça limite
41:56aussi votre liberté
41:57de parole
41:57est-ce que vous
41:58contrôlez ce que vous dites
42:00Claire Nouvian
42:00non pas du tout
42:01mais en fait
42:03je crois que les lobbies
42:03je les trouve vraiment
42:04très bêtes
42:05ça je vous le dis
42:05franchement
42:06mais ça depuis longtemps
42:07c'est quand même pas
42:08des gens qui sont très fins
42:09enfin en même temps
42:10quand on est un grand bandit
42:11bon
42:11quand on fait
42:13de l'évasion fiscale
42:14qu'on vole
42:16qu'on massacre
42:17qu'on triche
42:18qu'on ment toute la journée
42:19j'avoue
42:20je n'ai aucun respect
42:20pour ces gens-là
42:21et du coup
42:22ils ont vraiment
42:24dans leur bêtise
42:25crasse
42:25ils n'ont toujours pas compris
42:27qui j'étais en fait
42:27donc ils pensent que
42:28venir chez moi
42:29et balancer de la peinture
42:30sur ma porte
42:31ça va m'empêcher de parler
42:32non mais ils n'ont rien compris
42:33non mais non seulement
42:33ça ne va pas m'empêcher de parler
42:34mais en plus je veux dire
42:35encore plus fort
42:36et je vais les combattre
42:39vraiment jusqu'à ma mort
42:40ils ont réussi à me déterminer
42:42mais alors là
42:42moi ils m'ont remis
42:44une pièce de détermination
42:44je peux vous dire
42:45et voilà
42:46s'ils veulent jouer
42:48à ce jeu-là
42:49moi je ne vais pas lâcher
42:50ils n'ont pas bien compris
42:51l'affaire
42:52donc non
42:54surdéterminés
42:55Merci infiniment Claire
42:56nous viendrons
42:57d'être venus sur France 24
42:58Merci à vous
42:59Et merci à vous tous
43:00de votre attention
43:01vous pouvez retrouver
43:02cette émission avec Judith
43:03sur Youtube
43:04et toutes les plateformes
43:05de podcast
43:05et on vous dit à très vite
43:06Merci à vous tous
43:07Merci à vous
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