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00:00Musique
00:00Ces tableaux, souvent de très grande taille, sont saisissants.
00:18De loin, ils ressemblent à des photos, mais ce sont bien des huiles sur toile.
00:22Une exposition tout à fait exceptionnelle se déploie au Petit Palais, intitulé Paname.
00:28Elle représente le pari du peintre surdoué, Bilal Hamdad.
00:36Bonjour Bilal Hamdad.
00:38Bonjour Sonia.
00:39Et bienvenue dans le studio de Alaphiche sur France 24.
00:42Si vous deviez vous présenter en trois mots, vous choisiriez lesquels ?
00:46Si je choisis trois mots, ça sera voyage, parce que j'adore voyager.
00:51Et métissage, parce que c'était le sujet de fin d'études, du mémoire.
00:57Et aussi éphémère. Je trouve que dans la vie, tout est éphémère.
01:02Et vous n'avez pas tort.
01:03Vous êtes né en Algérie, donc, en 87, non loin de Sidi Bellabès, où vous êtes formé au Beaux-Arts.
01:09Vous arrivez en France en 2012 pour la première fois.
01:12Et six ans plus tard, vous êtes diplômé des Beaux-Arts de Paris.
01:15Rien que ça.
01:17Pourtant, la peinture, je crois que c'était loin d'être une évidence au départ.
01:20Oui, au départ, je voyais mon père qui est artiste-peintre.
01:25Mais j'ai commencé un peu tard, parce que je ne voyais pas prendre cette voie-là.
01:31Vous vouliez être footballeur.
01:32Exactement. Je voulais être footballeur.
01:34Et le destin, il a changé.
01:37Donc, je suis devenu artiste.
01:39Et je profite de ça en ce moment.
01:41Et j'aime bien ça.
01:42Pour notre plus grand bonheur, vous créez la sensation avec cette exposition au Petit Palais
01:48qui mêle le pari d'aujourd'hui, finalement, l'actualité avec l'histoire de l'art.
01:52Les tableaux des grands maîtres comme Manet ou Courbet, entre autres.
01:56Pourquoi ce titre Paname, tout d'abord ?
01:58Paname, c'est le titre d'un tableau que j'ai réalisé.
02:01En fait, c'est un tableau qui m'a pris presque un an pour la réalisation.
02:05Et en cours de réalisation, j'ai pensé au titre de Paname.
02:08Et au final, on a pensé ensemble avec les commissaires d'exposition
02:14pour que j'ai proposé ce titre.
02:17Et je trouve que ça marche très bien pour l'exposition.
02:20C'est un mot populaire, presque affectueux, pour désigner Paris.
02:24Effectivement, c'est un nom populaire et aussi familier.
02:28Et pour moi, ça représente vraiment Paris d'aujourd'hui.
02:31Justement, on s'arrête sur cette œuvre Paname, créée spécialement pour l'exposition.
02:35Elle est en regard avec une autre œuvre classique de Léon-Augustin Lermitte,
02:40Les Halles, de la fin du XIXe siècle.
02:42Pouvez-vous la décrire ? On la voit en ce moment, votre œuvre Paname.
02:46Et comment avez-vous travaillé cette composition ?
02:49Donc, en fait, pour la composition, quand ils m'ont proposé l'exposition,
02:53je suis allé plusieurs fois sur place pour voir qu'est-ce qu'il y a sur...
02:57Qu'est-ce que je peux faire ?
02:59Et j'ai pensé directement de faire un grand format en réponse ou en dialogue
03:05avec la peinture de Lermitte, qui représente les Halles de Paris de l'époque.
03:11Et aussi un autre tableau de Courbet qui est à côté, qui est un peu sombre.
03:15Donc, c'est un peu un mélange entre les deux.
03:17Et l'idée, en fait, c'est de représenter un quartier que peut-être j'ai traité avant,
03:21un quartier populaire qui, avant, c'était Barbès.
03:23Et là, c'est un peu quartier imaginaire, mais c'est un peu la continuité de mon travail.
03:31Alors, on va écouter maintenant Bila Lamdad, la directrice du Petit Palais, Annick Lemoyne.
03:35Elle vous a découvert grâce à un ami.
03:37Elle explique ce qui fait votre singularité.
03:41Il peint le Paris de tous les jours.
03:42Il peint son Paris.
03:44Une présence cidadine actuelle où chacun peut se reconnaître.
03:49La sortie du métro de Barbès-Rochochoir.
03:53Une scène de terrasse, de café.
03:56Et il arrive à y ajouter une pointe de poésie et une évocation des sujets contemporains.
04:05Par exemple, dans cette série Horizon, le drame des migrants.
04:12Mais de manière toujours très subtile, retenue, poétique.
04:15Ensuite, ce qui est aussi très spécifique à Bila Lamdad, c'est qu'il s'inspire de l'histoire de l'art et des maîtres du passé.
04:24Et ensuite, il insère des clins d'œil, des subtiles références à l'histoire de l'art cachées dans ses œuvres.
04:32Alors si on regarde par exemple un tableau comme Rive droite, cette fameuse scène à la sortie du métro, quels sont les détails cachés ?
04:42Les détails cachés, en fait, ça c'est, on peut dire, une interprétation du tableau de Courbet, de l'atelier du peintre.
04:51Donc il y a plein d'éléments qui sont dans l'œuvre originale, qui se retrouvent dans la composition.
04:56Donc il y a un petit jeu de piste, quoi.
05:00Exactement, c'est toujours un jeu de piste.
05:02Combien de temps vous faut-il pour réaliser ce type de toiles, qui sont quand même, pour la plupart, des très grands formats ?
05:08Ça dépend, en fait. En général, je fais 3-4 grands formats en même temps.
05:13Et je n'ai pas la date, le temps exact, mais on verra entre un mois, deux mois, ça dépend.
05:19Ou des fois, même 8 mois, par exemple, pour le tableau de Panam, ça m'a pris à peu près 8 mois.
05:25Plus les recherches, donc ça fait un an à peu près.
05:28Quel travail ! Alors, Anaïs Chénel, notre reporter, est allée à la rencontre de quelques visiteurs.
05:35Tous, je dois le dire, assez subjugués par votre art. On écoute quelques réactions.
05:39Je ne connaissais pas l'artiste, et donc je suis vraiment très impressionnée par la grandeur des tableaux, déjà.
05:45Et puis par les petits détails qu'on voit et qu'on observe et qui nous permettent de nous sentir à Paris.
05:54L'artiste ne cherche pas à cacher ce qu'on aime moins, comme la tristesse, du béton, la saleté, parfois, ce genre de choses.
06:04C'est tout à fait visible, mais c'est beau.
06:09On dit, mais qu'est-ce que c'est ? C'est de la photo ? Et en fait, ce n'est pas de la photo, c'est ça qui surprend.
06:13Ce n'est pas de la photo. Il s'inspire de photos qu'il prend sur le vif.
06:17Et on est obligé de regarder quand même de près.
06:20Je dis, mais c'est vraiment de l'huile sur toile.
06:22C'est bien marqué, l'huile sur toile.
06:24Mais bon, c'est vraiment de la peinture.
06:26On voit des gens dans le métro, dans les restaurants, dans les cafés.
06:32Ils sont souvent en groupe autour d'une table en train de papoter.
06:37C'est une scène qu'on voit souvent à Paris.
06:42Et ces œuvres sont très réalistes, simples.
06:49Ils évoquent de la joie, de la vie.
06:53De la joie, de la vie.
06:56Alors que moi, j'y vois plutôt une forme d'ultra-moderne solitude.
07:01Chaque interprétation est différente.
07:03Bilal Hamdad avec vous.
07:04Quels sont les grands thèmes finalement qui traversent vos tableaux ?
07:08Les thèmes, en fait, je ne pars pas avec l'idée d'un thème.
07:11Je présente ce que je vois de mon quotidien.
07:14Et j'essaie toujours de faire des petites histoires, des petits clins d'œil.
07:18Et au final, c'est l'interprétation du spectateur qui va décider ce qu'il voit, en fait.
07:25Quels grands maîtres ont eu une influence majeure sur vous ?
07:29Il y en a plusieurs, mais surtout, c'est Velázquez.
07:32En fait, j'ai découvert ces peintures pour la première fois en visitant le musée de Prado en 2017.
07:39Et ça m'a vraiment marqué.
07:40Ça m'a donné envie de peindre.
07:41Et à cette période, en fait, j'étais encore étudiant.
07:45J'étais un peu...
07:47Je ne savais pas comment je peux présenter, comment je peux faire travailler picturalement mes peintures.
07:54Donc, ça a donné sens pour mes peintures.
08:00Et vous exposez aussi en ce moment d'autres toiles au musée Goya de Castres.
08:04L'exposition s'intitule Francis Arbuget Bilal Hamdad, l'Espagne entre deux siècles.
08:09Vous nous en dites quelques mots ?
08:11Oui, c'est une exposition, c'est une collaboration entre la Casa Velázquez et le musée Goya à Castres.
08:17Et ça représente les peintures d'un pensionnaire qui était parmi les premiers pensionnaires en 1930, je pense, ou 28.
08:29Et moi, donc, c'est l'écart d'un siècle et un regard différent de deux artistes de deux générations différentes.
08:37Quel regard portez-vous sur la peinture figurative aujourd'hui dans un monde saturé d'images numériques et d'intelligence artificielle ?
08:49Moi, je trouve qu'elle a sa place et maintenant, avec le numérique, elle a vraiment sa place plus qu'avant.
08:56Donc, il y a plein d'artistes qui ont travaillé dans la figuration avant moi, en ce moment et après moi.
09:05Et je trouve qu'elle a toujours sa place et plus en ce moment.
09:11Pourquoi, justement ? Quelle place on trouve ?
09:13Parce qu'il y a plein d'images, il y a plein de photos qu'on voit un peu partout.
09:20Mais la peinture, elle est spéciale.
09:21Ce n'est pas une image, c'est vrai, c'est une image, mais c'est particulier.
09:25Ça raconte des histoires, même si ça ressemble à la photo, mais ça peut raconter plein d'histoires.
09:30Et c'est un témoignage très important.
09:32Ça ressemble à la photo, c'est quelque chose qui revient souvent quand on parle de vos œuvres.
09:36Et je crois qu'à la base, dans votre processus de création, vous saisissez sur le vif un croquis avec votre appareil photographique, c'est ça ?
09:45Oui, exactement. Donc ça dépend du projet, mais en général, je prends plein de photos, j'ai une banque d'images et à partir de ça, j'essaye de faire des compos avec ça.
09:56Et on a pour habitude de demander le coup de cœur culturel de nos invités.
10:00Le vôtre, c'est l'excellent film de Paul Thomas Anderson avec Leonardo DiCaprio, Une bataille après l'autre.
10:08Qu'est-ce qui vous a plu dans ce film ?
10:09Ça, c'est un film que je l'ai regardé récemment avec ma femme.
10:12Et j'ai adoré, parce que surtout la mise en scène, les jeux des acteurs, l'histoire qu'ils racontent.
10:20Donc c'était vraiment, même si je ne suis pas trop sur les films d'action, mais celui-là, il m'a marqué.
10:25Il y a un côté artistique, en fait, ce qu'ils racontent, le film, l'histoire et aussi les jeux d'acteurs, les mises en scène.
10:33Et tout ça, en fait, je trouve que c'est très bien réussi et c'est surtout très poétique.
10:39Donc, malgré qu'au départ, je n'ai pas trop compris l'histoire, mais vers la fin, j'essayais de comprendre.
10:47Et pour moi, je le voyais comme, si on parle de la peinture maintenant, c'est comme une peinture.
10:53Merci infiniment.
10:55Le Paname de l'artiste Bilal Hamdad est exposé au Petit Palais à Paris jusqu'au 8 février.
11:01Et on se quitte donc avec quelques images du film Une bataille après l'autre.
11:05L'info continue sur France 24 et tous nos réseaux sociaux.
11:09A très vite.
11:09Vous savez, vous êtes tellement insuidable pour ma fille.
11:16Mon enfant vient d'une whole linee de révolutionnaires.
11:21Et vous semblez-vous tellement perdu.
11:23Qu'est-ce que vous allez faire avec ce bébé ?
11:26Vous savez ce que c'est la liberté ?
11:27Qu'est-ce que c'est la liberté ?
11:27Qu'est-ce que c'est la liberté ?
11:27Qu'est-ce que c'est la liberté ?
11:28Qu'est-ce que c'est la liberté ?
11:29Qu'est-ce que c'est la liberté ?
11:29Go !
11:30Qu'est-ce que c'est la liberté ?
11:43Qu'est-ce que c'est la liberté ?
11:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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