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DB - 28-11-2025
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12:11Je ne sais pas à quoi je me déciderai.
12:13Et vous, vous avez l'air mon neveu d'une bête.
12:15N'êtes-vous point honteux de vous poudrer la tête et de perdre à courir dans votre cabinet plus de temps qu'il n'en faut pour écrire un sonnet.
12:22Allons, venez dîner, votre assiette s'ennuie.
12:24Vous ne voudriez pas, au prix de votre vie, me traîner au salon sans rouge? Et deux minutes.
12:30Quel habit faut-il mettre?
12:32Et... le premier venu.
12:34Allons, écoutez-moi.
12:36Vous trouverez à table le nouvel arrivé.
12:38C'est un jeune homme aimable qui vient pour épouser un de mes chers enfants.
12:42Jetez au nom de Dieu vos regards triomphants sur un autre que lui.
12:45Ne cherchez pas à plaire et n'avalez pas tout comme à votre ordinaire.
12:49Il est simple et timide et de bonne façon.
12:52Enfin, c'est ce qu'on nomme un honnête garçon.
12:55Tâchez, si vous trouvez ces manières communes,
12:59de ne point décocher en prenant du tabac votre charmant sourire et vos mots d'almanat.
13:04Tarissez, s'il se peut, sur vos bonnes fortunes.
13:06Ne vous inondez pas de vos flacons damnés qu'on puisse vous parler sans se boucher le nez.
13:12Vos gants blancs sont de trop, on dîne les mains nues.
13:16Je suis presque tenté pour carré à vos vues d'ôter mon habit vert et de me mettre en noir.
13:21Non, de part tous les seins, non. Je vous remercie.
13:24La peste soit de vous.
13:26Qui dit entre ce souci, si votre habit est vert, de s'en apercevoir ?
13:31Puis-je savoir du moins le nom de ce jeune homme ?
13:34Qu'est-ce que ça vous fait ?
13:37C'est Silvio qu'il se nomme ?
13:39Silvio.
13:41Tout le parmi.
13:43Silvio.
13:44Le nom est bien.
13:48Iris.
13:50Iris.
13:51Silvio.
13:52Mais j'aime mieux le mien.
13:56Son père est mon ami, celui de votre mère.
13:59Nous avons le projet depuis plus de vingt ans de mourir en famille et d'unir nos enfants.
14:03Plutôt ciel pour tous deux que son fils eut un frère.
14:08Vrai Dieu, monsieur le duc, qu'entendez-vous par là ?
14:10Ne dois-je pas aussi devenir votre genre ?
14:12C'est bon, je le sais bien.
14:14Vous pouvez vous attendre à trouver votre tour.
14:17Mais Silvio choisira.
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15:23Ce baiser singulier me fait encore frémir.
15:46Nous verrons cette nuit.
15:49Il faudra que je le veille.
15:53Cette nuit, cette nuit, je ne veux pas dormir.
16:00Toi dont la voix est douce, est douce la parole.
16:06Chanteur mystérieux, reviendras-tu me voir ?
16:10Ou comme en soupirant, l'hirondelle s'envole, mon bonheur fera-t-il, n'ayant duré qu'un soir ?
16:19Audacieux fantôme à la forme voilée, les ombrages ce soir seront-ils sans danger ?
16:26Te reverrai-je encore dans cette sombre allée où disparaîtras-tu comme un chamois léger ?
16:31L'eau, la terre, les vents, tout s'emplit d'harmonie.
16:37Un jeune rossignol chante au fond de mon cœur.
16:40J'entends sous les roseaux murmurer les génies.
16:43Ai-je de nouveau sens inconnus à ma sœur ?
16:48Pourquoi ne puis-je voir sans plaisir et sans peine les baisers du zéphyr trembler sur la fontaine ?
16:54Et l'ombre des tilleuls passer sur mes bras nus ?
16:59Ma sœur est une enfant, et je ne le suis plus.
17:02Ma sœur est une enfant, et je ne le suis plus.
17:32Toutes les deux, si belles, si conformes en tout, si saintement jumelles,
17:39De corps si transparents attachés par le cœur.
17:46On dirait que l'aînée est l'étui de sa sœur.
17:51Pâles toutes les deux, toutes les deux craintives,
17:56Frêles comme un roseau, blondes comme les blés,
18:00Prêtes à tressaillir comme deux sensitives au toucher de la main.
18:07Tous mes sens sont troublés.
18:11Je n'ai pu leur parler, j'agissais dans la fièvre.
18:14Mon âme, à chaque mot, arrivait sur ma lèvre.
18:19Mes ailes,
18:21Quel bon goût !
18:22Quelle simplicité.
18:26Hélas, je sors d'hier de l'université.
18:32Eh bien, notre convive, où ces dames sont-elles ?
18:34Quoi, vous sortez de table et vous ne fumez pas ?
18:37Oh, mon père.
18:39Oh, mon duc, je ne puis faire un pas, tout mon être est brisé.
18:41Voilà ces demoiselles.
18:42Mais Ninon, ma barbe est fraîche et je vais t'embrasser.
18:51Ne seriez-vous, Iris, dîner sans vous griser ?
18:55Vous courtez donc, Florent ?
19:21Mon Dieu, la belle chêne !
19:24Voyez donc, les beaux glands, qui t'a donné cela ?
19:27Voyons, laisse-moi voir.
19:30Je suis hors d'haleine.
19:31Qu'est-ce que c'est, Iris ?
19:33Tu l'as trouvé, Flora ?
19:37Le beau collier, ma foi !
19:41Vraiment, comme un être fière !
19:44Je voudrais vous parler.
19:47Quoi donc ?
19:47C'est un mystère ?
19:49Rentrez dans votre chambre et lisez ce billet.
19:51Un billet ?
19:53D'où vient-il ?
19:54Mettez-le, s'il vous plaît, dans ce petit coin-là, sur votre cœur, ma belle.
19:58Tu sais donc ce que c'est ?
19:59Moi ?
20:00Non, je n'en sais rien.
20:04Qu'as-tu dit à ma sœur ?
20:06Et pourquoi s'en va-t-elle ?
20:08Tenez, lisez ceci.
20:11Pourquoi ?
20:11Je le veux bien, mais qu'est-ce que c'est donc ?
20:14Lisez toujours, ma chère.
20:16Mais prenez garde à vous, j'aperçois votre père.
20:19Allez vous enfermer dans votre appartement.
20:21Pourquoi ?
20:22Vous lirez mieux et plus commodément.
20:31Je crois que notre aborde met ces dames en fuite.
20:35Ah mon seigneur, j'ai peur de leur avoir des pluies.
20:38Bon, bon, laissez-les fuir.
20:42Vous leur plairez bien vite.
20:43Dites-moi, mon ami, dans votre temps perdu, n'avez-vous jamais fait la cour à quelques belles ?
20:50Quel moyen preniez-vous pour donter les cruelles ?
20:53Père, ne raillez pas, je me défendrai mal.
20:57Bien que je sois sorti d'un sang méridional,
21:00jamais les imbroglios, ni les galanteries,
21:03ni l'art mystérieux des douze flatteries,
21:05ce bel art d'être aimé, ne m'ont appartenu.
21:07Je vivrai sous le ciel comme j'y suis venu.
21:12Un serment de main, un regard de clémence,
21:15une larme, un soupir,
21:18voilà pour moi l'amour.
21:20Et j'aimerai dix ans comme le premier jour.
21:22J'ai de la passion et n'ai point d'éloquence.
21:29Mes rivaux, sous mes yeux, seront plaire et charmés.
21:32Je resterai muet.
21:35Moi, je ne sais qu'aimer.
21:38Les femmes, cependant, demandent autre chose.
21:42Bien plus.
21:43Sans les aimer, du moment que l'on ose,
21:46on leur plaît.
21:48La faiblesse est si chère à leur cœur
21:49qu'il leur faut un combat pour avoir un vainqueur.
21:53Croyez-moi, j'ai connu ces êtres variables.
21:57Il n'existe, dit-on, ni de feuilles semblables,
22:00ni de cœur fait de même.
22:02Et moi, je vous promets qu'en en séduisant une,
22:05on séduit tout un monde.
22:07L'une aura les pieds plats,
22:09l'autre la jambe ronde.
22:11Mais la communauté ne changera jamais.
22:17Avez-vous jamais vu les courses d'Angleterre ?
22:19On prend quatre coureurs, quatre chevaux scellés,
22:22on leur montre un clocher, puis on leur dit aller.
22:24Il s'agit d'arriver, n'importe la manière.
22:26L'un choisit un ravin, l'autre un chemin battu.
22:29Celui-ci gagnera s'il ne rencontre un fleuve.
22:33Celui-là fera mieux s'il n'a le couron pu.
22:35Tel est l'amour, Silvio.
22:37L'amour est une épreuve.
22:40Il faut aller au but, la femme et le clocher.
22:43Prenez garde au torrent, prenez garde au rocher.
22:46Faites ce qui vous plaît.
22:48Le but est immobile.
22:50Mais croyez que c'est prendre une peine inutile
22:52que de rester en place et de crier bien fort
22:55« Clocher, clocher, je tais, Marie, vous, je suis mort. »
23:00Je sens la vérité de votre parabole.
23:03Mais si je ne puis rien trouver, même en parole,
23:06que pourrais-je valoir, Seigneur, en action ?
23:09Tout le réel, pour moi, n'est qu'une fiction.
23:13Je suis dans un salon comme une mandoline
23:15oubliée en passant sur le bord d'un coussin.
23:17Elle renferme en elle une langue divine.
23:20Mais si son maître dort, tout reste dans son sein.
23:25Écoutez donc alors ce qu'il vous faudra faire.
23:27Recevoir un mari de la main de son père
23:30pour une jeune fille est un pauvre régal.
23:33C'est un serpent doré qu'un anneau conjugal.
23:36C'est dans les nuits d'été,
23:38sur une mince échelle, une épée à la main,
23:41un manteau sur les yeux
23:42qu'une enfant de 15 ans rêve ses amoureux.
23:45Avant de se montrer, il leur faut apparaître.
23:49Le père ouvre la porte au matériel époux,
23:53mais toujours l'idéal entre par la fenêtre.
23:57Voilà, mon cher Silio, ce que j'attends de vous.
24:00Connaissez-vous l'escrime ?
24:02Oui, je tire l'épée.
24:03Et pour le pistolet, vous tuez la poupée, n'est-ce pas ?
24:06C'est très bien.
24:08Vous tuerez mes valets.
24:11Mes filles, tout à l'heure, ont reçu deux billets.
24:15Ne cherchez pas.
24:16C'est moi qui les ai fait remettre.
24:18Ah, si vous compreniez ce que c'est qu'une lettre,
24:21une lettre d'amour lorsque l'on a 15 ans.
24:24Quelle charmante place elle occupe longtemps.
24:27D'abord auprès du cœur, ensuite à la ceinture.
24:30La poche vient après.
24:32Le tiroir vient enfin.
24:34Mais comme on la promène entre nous, en voiture,
24:36comme on la mène au bal,
24:37que de fois en chemin, dans le fond de la poche,
24:40on la presse, on la serre.
24:42Et comme on rit tout bas du bonhomme de père
24:44qui ne voit jamais rien de temps immémorial,
24:46quel travail il se fait dans ses petites têtes.
24:51Voulez-vous, mon ami, savoir ce que vous êtes,
24:53vous, à l'heure qu'il est ?
24:54Vous êtes l'idéal.
24:56Le prince Galahor, le berger d'Arcadie.
24:59Vous êtes un Lara.
25:02J'ai signé votre nom.
25:05Le vieux duc, vous prenez pour son genre.
25:07Mais non, non vous tombez du ciel comme une tragédie.
25:10Vous rossez mes valets, vous forcez mes verrous,
25:13vous caressez le chien, vous séduisez la fille,
25:15vous faites le malheur de toute la famille.
25:19Voilà ce que l'on veut trouver dans un époux.
25:22Quelle mélancolique et déchirante idée.
25:25Elle est juste, pourtant.
25:28Qu'elle me fait de mal.
25:31Oh, jeune homme, avez-vous aussi votre idéal ?
25:35Pourquoi pas comme tous.
25:37Leur étoile est guidée vers un astre inconnu
25:39qu'ils ont toujours rêvé.
25:41Et la plupart de nous meurent sans l'avoir trouvé.
25:43Attachez-vous du prix à des enfantillages.
25:47Cela n'empêche pas les femmes d'être sages,
25:50bonnes, franges de cœur.
25:53C'est un goût seulement.
25:55Cela leur va, leur plaît.
25:57Tout cela, c'est charmant.
25:59Écoutez-moi, Silvio.
26:00Ce soir, à la veillée,
26:04vous vous cuirasserez d'un large manteau noir.
26:08Flora dormira bien, c'est moi qui l'ai payé.
26:10Ces dames, pour leur part, descendront en ténoir.
26:13Or, vous vous doutez bien par cette double lettre
26:15que ce que vous vouliez, c'était un rendez-vous,
26:17car acceptez cela que veut un billet d'eau.
26:19Vous pénétrerez donc par la chaire fenêtre.
26:22On vous introduira comme un conspirateur.
26:25Que ferez-vous alors, vous, double séducteur ?
26:28Vous entendrez des cris.
26:31C'est alors que le père,
26:32semblable au commandeur dans le festin de pierre,
26:34dans sa robe de chambre, apparaîtra soudain.
26:36Il vous provoquera sa chambre elle à la main.
26:39Vous la lui soufflerez du vent de votre épée.
26:41S'il ne reste par terre une tête coupée,
26:43il y pourra du moins rester un grand seau d'eau
26:45que Flora lestement nous versera d'en haut.
26:47Ce sera tout le sang que nous devrons répandre.
26:50Les valets, aussitôt, le couvriront de cendres.
26:52On ne saura jamais où vous serez passés.
26:55Et mes filles crieront,
26:56« Oh, ciel ! Il est blessé ! »
27:00Je n'achèverai pas cette plaisanterie.
27:04Calculez, mon cher duc, où cela mènera.
27:07Savez-vous, puisqu'il faut enfin qu'on nous marie,
27:09si je me fais aimer, laquelle m'aimera ?
27:11Peut-être toutes deux.
27:13N'est-il pas vrai, mon gendre ?
27:15Si je le trouve bon, qu'avez-vous à reprendre ?
27:17Oh, mon fils bien-aimé !
27:19Laissons parler les sons.
27:21On a bouleversé la terre avec des mots.
27:22Et que m'importe à moi, je n'ai que vous, au monde,
27:25à pour mes deux enfants.
27:26Que me faites un brocard.
27:28Vous êtes assez mûr sous votre tête blonde
27:30pour porter du respect à l'honneur d'un vieillard.
27:33Je mourrai plus tôt.
27:35Ce n'est pas ma pensée.
27:36Supposons que des deux, vous vous fassiez aimer.
27:40Celle qui restera voudra vous pardonner.
27:43Votre image, Silvio, sera bientôt chassée
27:45par un rêve nouveau, par le premier venu.
27:49Croyez-moi, les enfants n'aiment que l'inconnu.
27:53Dès que vous deviendrez le bourgeois respectable
27:55qui viendra tous les jours s'asseoir à déjeuner,
27:57qu'on verra se lever, aller, retourner mettre
28:00après le café ses coudes sur la table,
28:03on ne cherchera plus l'être mystérieux.
28:06On aimera le frère.
28:08Et c'est ce que je veux.
28:10Si mon sceau de neveu parle de mariage,
28:11on en détestera quatre fois davantage.
28:14C'est encore mon souhait.
28:16Mes enfants du cœur,
28:18l'une soit votre femme
28:20et l'autre votre sœur.
28:22Qui sait ?
28:24Peut-être un jour, ma pauvre délaissée
28:25trouvera quelque part le mari qu'il lui faut.
28:29Mais l'important à faire est d'éviter ce sceau...
28:31À souper, à souper, messieurs, l'heure est passée.
28:34Vous avez, Dieu me dame,
28:36encore changé d'habit.
28:39Oui, oui.
28:40Celui-là va mieux.
28:42L'autre était trop petit.
28:43Sous-titrage Société Radio-Canada
28:52Sous-titrage Société Radio-Canada
29:01Sous-titrage Société Radio-Canada
29:09Sous-titrage Société Radio-Canada
29:39Lorsque cette lueur que vous voyez là-bas,
29:57après avoir erré de fenêtre en fenêtre,
30:00tournera vers ce coin pour ne plus reparaître.
30:03Il saura tant d'agir.
30:06Elle y marche à grands pas.
30:08Je vous l'ai dit, seigneur, cela ne me plaît pas.
30:11Eh bien, moi, tout cela m'amuse à la folie.
30:13Je ne fais pas la guerre à la mélancolie.
30:15Après loisiveté, c'est le meilleur des mots.
30:18En général, d'ailleurs, c'est ma pierre de touche.
30:21Elle ne pousse pas cette plante farouche
30:23sur la majestueuse obésité des sceaux.
30:27Figurez-vous, Sylvio,
30:28que j'ai la nuit dernière chanté fort joliment,
30:32pendant une heure entière.
30:33C'était pour intriguer mes filles.
30:35Mais ma foi, je crois en vérité que j'ai chanté pour moi.
30:38Moi aussi dans tout cela, cher Duc, c'est vous que j'aime.
30:43Il faudra bien pourtant redevenir moi-même.
30:47Songez donc, mon ami, qu'il ne restera rien du héros de roman.
30:49Mon Dieu, je le sais bien,
30:51un roman dans un lit, on n'en saurait que faire.
30:55On réalise là tout ce qu'on a rêvé.
30:58Après la bagatelle, il faut le nécessaire.
31:01Et j'espère pour vous, mon cher, que vous l'avez.
31:04Très ordinairement, dans ces sortes de choses,
31:06ceux qui parlent beaucoup réalisent très peu.
31:10C'est ce qui montre en tout la sagesse de Dieu.
31:13Tous ces galants musqués,
31:15fleuris comme des roses,
31:16qu'on voit soirée matin courir les rendez-vous,
31:18s'assouplir comme un gant autour des jeunes filles,
31:21escalader les murs et danser sur des grilles,
31:24savent au bout du doigt ce qui vous manque à vous.
31:27Vous avez dans le cœur, Silvio,
31:30ce qui leur manque.
31:31Je me moque d'avoir pour gendre un saltimbanque.
31:34Si vous étiez comme j'en serais, désolé.
31:36Mais la méthode existe.
31:38Il faut songer à plaire.
31:40Une fois mariée, parbleu,
31:43c'est votre affaire.
31:44Si ma femme pourtant croit trouver un roué,
31:47quel misérable effet fera mon ignorance.
31:50N'appréhendez-vous rien de ces étonnements ?
31:52Ceci pourrait sonner comme une impertinence.
31:55Mes filles n'ont, monsieur, que de très bons romans.
31:59La lumière s'en va de fenêtre en fenêtre.
32:02Elle se perd dans l'ombre.
32:04Elle va disparaître.
32:05Ton rôle est bien appris, tu n'as rien oublié ?
32:07La lumière s'éteint.
32:08Bravo, l'heure est venue.
32:10Suivons tout doucement le mur de l'avenue.
32:12Allons, mon cavalier,
32:15sur la pointe du pied.
32:17Sous-titrage Société Radio-Canada
32:19Sous-titrage Société Radio-Canada
32:49Que fais-tu là-ci tard, ma petite lunette ?
32:52Il est temps de dormir.
32:54Tu prendras le serein.
32:55Je regardais la lune.
32:57Elle a trouvé coquette.
33:00Que d'étoiles au ciel.
33:03Il fera beau demain.
33:04Léonore avait un amant qui lui disait,
33:33Ma chère enfant.
33:35Je crains vraiment pour toi que le froid ne te prenne.
33:38J'étouffe de chaleur.
33:42Je tremble qu'il ne vienne.
33:44Tu l'es misère, ma chère enfant.
33:46Je crois que son décès de coucher ici.
33:49Mon téléscalier.
33:51Mon Dieu, si c'était lui.
33:55Léonore avait un amant.
33:57Elle ne songe pas à me céder la place,
33:58s'il allait t'arriver.
34:01Ma chère soeur,
34:02de grâce va-t-on te mettre au lit.
34:04Pourquoi ?
34:04Je suis très bien.
34:07Écoute.
34:09Promets-moi que tu n'en diras rien.
34:12Je vais te confier.
34:13Il faut que je t'avire.
34:13Jure-moi sur l'honneur.
34:14Garde-moi le secret.
34:17Tiens.
34:18Ouvre cette lettre.
34:19Et toi, lis ce biais.
34:20Si l'amour peut faire excuser la folie,
34:27au nom du ciel,
34:28ma belle demoiselle,
34:29accordez-moi.
34:30Si l'amour peut faire excuser la folie,
34:32au nom du ciel,
34:33ma chère demoiselle,
34:35grand Dieu,
34:36le même nom,
34:37ma chère Anjou.
34:38Quelle horreur.
34:39J'en mourrai
34:40quand il est très franté.
34:43Flora me fera cher
34:44pour l'avoir apporté.
34:46Ce beau collier,
34:46sans doute,
34:47était sa récompense.
34:50Hélas,
34:52hélas,
34:54ma chère,
34:56à présent que j'y pense,
34:59c'est lui qui t'a suivi hier
35:00au parc anglais.
35:02C'était lui qui chantait.
35:04Tu le sais ?
35:06J'écoutais.
35:09Je le trouvais si beau.
35:11Je l'avais cru si tendre.
35:13Nous le dirons son fait, ma chère.
35:14Il faut l'attendre.
35:15Je veux bien.
35:16Restons là.
35:20Comment crois-tu qu'il soit,
35:23brun ?
35:25Avec de grands yeux.
35:30Il n'a pas ce qu'il croit.
35:32Nous allons nous venger
35:33de la belle manière.
35:36Brun,
35:37mais pâle.
35:39Je crois que c'est un mousquetaire.
35:43Nous allons joliment lui faire la leçon.
35:44Bien tourner,
35:47la main blanche
35:48et de bonne façon.
35:51C'est un monstre, ma chère,
35:53un être abominable.
35:55Les dents belles,
35:57l'œil vif,
35:58un monstre véritable.
36:00Quant à moi,
36:00je voudrais déjà qu'il fût ici.
36:03Et le parler si doux,
36:06je le voudrais aussi.
36:07Pour lui dire en deux mots,
36:08sans lui pouvoir apprendre.
36:10Il a l'air si langoureux
36:11qu'on pourrait s'y méprendre.
36:12Ah, mon Dieu, quelqu'un vient.
36:14Je crois que c'était lui.
36:17C'est lui.
36:19C'est lui, ma chère.
36:29Entrez-vous par ici.
36:30Sous-titrage Société Radio-Canada
36:35Sous-titrage Société Radio-Canada
37:10Oh là, quel est ce bruit.
37:16Oh là, quel est cet homme ?
37:17Monsieur !
37:24Demandez-lui s'il est bon aux Antilles.
37:28Non, non, c'est un bolet.
37:34Oh, mon Dieu !
37:41Monsieur !
37:42Demandez-lui s'il est bon aux Antilles.
37:44Non, non, c'est un bolet.
37:47Oh !
37:48Il m'a tué.
37:56Il m'a tué.
37:59Oh !
38:00Oh !
38:00Arzocco !
38:02Oh, mais, un million !
38:04Je suis t'envoyée.
38:07Qui est devenu, Sylvio ?
38:10Je ne vois pas mon père.
38:14Oh, Martin !
38:15Thomas !
38:16Rétovée-la, par terre !
38:17Oui, oui, n'attendez pas que j'aille me lever.
38:25Si je disais un mot, il viendrait m'achever.
38:33Êtes-vous là, Seigneur Sylvio ?
38:36Laissons-la croire.
38:38C'est moi.
38:40Je suis Sylvio.
38:40Vous avez donc reçu quelques coups de rapier.
39:01Entrez dans cette armoire.
39:10Vous êtes perdus.
39:40Sous-titrage ST' 501.
40:10Je n'entends plus de bruit.
40:24Je ne vois plus personne.
40:28Par là, mort bleu, monsieur, que faites-vous ici ?
40:30C'est une question qui m'appartient tôt aussi.
40:32À tant que vous voudrez, mais la mienne est la bonne.
40:34Je vous la laisse donc, n'y répondant pas.
40:35Eh bien, moi, j'y réponds.
40:37Si j'y suis, c'est ma place.
40:38Ce n'est pas par-dessus le mur de la terrasse
40:40que j'y suis arrivé comme un larron d'honneur.
40:42Je suis venu, cordier, comme un homme de cœur.
40:45Je ne m'en cache pas.
40:45Vous vous sortez d'une armoire.
40:47S'il faut que vous le prouvez pour vous y faire croire,
40:49je suis votre homme au moins, mon petit obreau.
40:51Je ne suis pas le vôtre et vous criez trop haut.
40:54Par le sang, par la mort, mon petit gentilhomme,
40:57il faudra vous apprendre à respecter les gens.
40:59Voilà votre façon de relever les gants.
41:01Écoutez-moi, monsieur.
41:01Votre scène m'assomme.
41:02Je ne sais ni pourquoi ni de quoi vous criez.
41:04Ce qu'il ne fait pas bon, me marcher sur les pieds.
41:07Vive Dieu !
41:08Savez-vous que je n'en crains pas quatre ?
41:10Palsan bleu, ventre bleu, je vous avalerai.
41:13Tenez, mon cher monsieur.
41:15Allons plutôt nous battre.
41:16Si vous continuez, je vous soufflèterai.
41:18Mon Dieu, ne croyez pas au moins que je balance.
41:21Ninette !
41:22Hola !
41:23Ninon !
41:23Super, silence !
41:26Esquivons-nous, monsieur.
41:29Nous nous retrouverons.
41:30Ninon !
41:37Ninon !
41:39Mon père !
41:43Après l'histoire affreuse qui s'est passée ici,
41:46j'attends tous vos pardons.
41:49Je n'aime plus Sylviaux.
41:52Je vivrai malheureuse.
41:54Et mon intention est d'épouser Iris.
41:56Je suis vraiment ravi que vous ne l'aimiez plus.
42:01Quel roman lisiez-vous, Ninon, cette semaine ?
42:04Oh, mon père !
42:05Oh, mon maître !
42:07Après l'horrible scène dont cette nuit nos murs ont été les témoins,
42:10à supporter mon sort, je mettrai tous mes soins.
42:13Je hais mon séducteur.
42:15Je me hais moi-même.
42:17Si vous y consentez, Iris peut m'épouser.
42:20Je n'ai, mes chers enfants, rien à vous refuser.
42:24Vous m'avez offensé.
42:28Cependant, je vous aime.
42:30Et je ne prétends pas m'opposer à vos voeux.
42:34Enfermez-vous chez vous.
42:36Ce soir, à la veillée, vous trouverez en bas la famille assemblée.
42:39Comme vous ne pouvez l'épouser toutes deux,
42:42Iris fera son choix.
42:46Tachons donc d'être belles.
42:48Il n'est point ici-bas de douleur éternelle.
42:51Et qui pleure aujourd'hui, relèvera le nez demain.
42:59Retirez-vous.
43:05Moi, je vais déjeuner.
43:08Eh bien, mon cher monsieur, vous avez entendu ?
43:23À merveille, monsieur, et je suis confondu.
43:27Laquelle prendrez-vous ?
43:29Je ne rends point de compte.
43:30Vous daignerez me dire au moins, monsieur le comte,
43:34laquelle des deux sœurs il me reste à fléchir ?
43:36Je n'en sais rien, monsieur.
43:37Laissez-moi réfléchir.
43:41Ninette vous plaisait davantage, il me semble.
43:43Vous l'avez dit, je crois que je la préférais.
43:46Fort bien.
43:48Maintenant donc, allons-nous battre ensemble.
43:51Je vous ai dit, monsieur, que je réfléchirai.
44:12Mon Dieu, tu m'as béni.
44:13Tu m'as donné deux filles.
44:17Autour de ce trésor, je n'ai jamais veillé.
44:21Tu me l'avais donné, je te l'ai confié.
44:26Je ne suis point venu sur les barreaux des grilles,
44:29briser les ailes d'or de leur virginité.
44:33J'ai laissé dans leur sein fleurir ta volonté.
44:36La vigilance humaine est une triste affaire.
44:43C'est la tienne, oh mon Dieu, qui n'a jamais dormi.
44:47Mes enfants sont à toi.
44:49Je leur savais un père.
44:51J'ai voulu seulement leur donner un ami.
44:59Qui se bat par ici ?
45:01Quel est donc ce tapage ?
45:03Je dis, entre, faites-vous dans ce saut d'équipage, mon neveu.
45:15Je suis mort.
45:17Il vient de me pisser.
45:19Il était bien matin et russe pour vous griser.
45:21Mais regardez mon chapeau.
45:23Vous girez sa balle.
45:24Alors votre chapeau se meurt, mais non pas vous.
45:28Que nous veut à présent cet habit de vestal ?
45:31Sommes-nous par hasard à l'hôpital des fous ?
45:33Mon père, permettez à deux infortunés d'aller finir leur jour dans le fond d'un couvent.
45:41Ah, voilà ce matin par où souffle le vent.
45:44Mon père et mon seigneur, vos filles sont bannées.
45:50Elles n'auront jamais que leur Dieu pour époux.
45:54Voyez, mon cher Hérus, jusqu'au va votre empire.
45:55On prend toujours le mal pour éviter le pire.
45:59Mes filles aiment mieux épouser Dieu que vous.
46:02Levez-vous, mes enfants.
46:04Je suis ravi du reste de voir que vous aimez Sylviaux toutes les deux.
46:09Rentrez chez moi.
46:11Ce jour doit être un jour heureux.
46:13Et vous, mon cher garçon,
46:22Allez changer de veste.
46:27Et j'ai du sang sur moi.
46:29Mon oreille me cuit.
46:30Oui, monsieur.
46:30Non, monsieur.
46:35Je me suis bien conduit.
46:37Écoutez-moi, Ninon.
46:58Je ne suis point coupable.
47:01Oubliez un roman où rien n'est véritable que l'amour de mon cœur,
47:05dont je ne me sens pas moins.
47:06Taisez-vous.
47:07J'ai promis de ne pas vous aimer.
47:10Flora seule a tout fait par une maladresse.
47:14Les billets d'hier soir portaient la même adresse,
47:15c'est en les envoyant que je me suis trompée.
47:19Le nom de votre sœur sous ma plume est tombé.
47:23Le vôtre de si près comme vous lui ressemble.
47:27La main n'est pas bien sûre, hélas, quand le cœur tremble.
47:30Et je tremblais.
47:32Je suis un enfant comme vous.
47:33Quoi pouvaient servir ces deux lettres pareilles?
47:38Je vous écouterai de toutes mes oreilles si vous ne mentiez pas avec des mots si doux.
47:43Je vous aime, Ninon.
47:44Je vous aime à genoux.
47:46On relit un billet, monsieur, quand on l'envoie.
47:48Quand on le recopie, on jette le brouillon.
47:51Ce n'est pas mal aisé de bien écrire un nom.
47:52Mais comment voulez-vous, Silvio, que je vous croie?
47:57Vous ne répondez rien.
47:59Je vous aime, Ninon.
48:03Lorsqu'on n'est pas coupable, on sait bien se défendre.
48:06Quand vous chantiez hier de cette voix si tendre, vous saviez bien mon nom, je l'ai bien entendu.
48:11Et ce baiser du parc que ma sœur a reçu,
48:14aviez-vous oublié d'y mettre aussi l'adresse?
48:16Regardez donc, monsieur, que le scélératesse!
48:19Chantez sous mon balcon et embrassez ma sœur.
48:23Je vous aime, Ninon,
48:25comme voilà mon cœur.
48:28Vos yeux sont de cristal.
48:31Vos lèvres sont vermeilles
48:33comme ce ciel de pourpre autour de l'Obsidem.
48:36Je vous trompais hier.
48:39Vous m'aimiez cependant.
48:41Que voulez-vous qu'on dise à des raisons pareilles?
48:44Votre taille flexible,
48:46est comme un palmier vert.
48:49Vos cheveux sont légers
48:50comme la cendre fine
48:52qui voltige au soleil autour d'un feu d'hiver.
48:56Ils frémissent au vent comme la balsamine.
49:00Sur votre front d'ivoire,
49:02ils courent en glissant
49:03comme une huile craintive au bord d'un lac d'argent.
49:07Vos yeux sont transparents
49:09comme l'ambre fluide au bord d'une Yémen.
49:13Leur regard est limpide
49:14comme une goutte d'eau sur la grenade en fleurs.
49:18Les vôtres, mon ami, sont inondés de pleurs.
49:22Le son de votre voix est comme un bon génie
49:23qui porte dans ses mains un vase plein de miel.
49:28Toute votre nature est comme une harmonie.
49:31Le bonheur vient de vous comme il vous vient du ciel.
49:33Laissez-moi seulement baiser votre chaussure.
49:38Laissez-moi me repaître et m'ouvrir ma blessure.
49:41Ne vous détournez pas.
49:43Laissez-moi vos beaux yeux.
49:45N'épousez pas Iris, je serai bien heureux.
49:49Laissez-moi rester là, près de vous, en silence.
49:52La main dans votre main.
49:55Passez mon existence à sentir jour par jour
49:57mon cœur se consumer.
49:58Devez-vous, j'ai promis de ne pas vous aimer.
50:31La main dans votre main.
51:01Me voici sur mon trône, assis comme un grand juge.
51:06L'innocence à mes pieds peut chercher un refuge.
51:10Iris, c'est le bourreau.
51:12Silvio, le confesseur.
51:15Nous sommes justiciers de l'honneur des familles.
51:19Chambelan, Quinola, faites venir mes filles.
51:23C'est en mon nom, grand duc, comme au nom de ma soeur.
51:53Que je viens déclarer à votre seigneurie
51:56l'immuable dessin que nous avons formé.
51:58Voici la bique claustrale, galamant transformée.
52:04Nous vivrons loin du monde, au fond d'une prairie,
52:07à garder nos moutons sur le bord des ruisseaux.
52:10Nous filerons la laine ainsi que nos vassaux.
52:13Nous renonçons au monde, au bien de notre mère.
52:16Nous suffit, Seigneur, qu'une juste colère vous ait donné le droit d'oublier vos enfants.
52:20Vous viendrez, n'est-ce pas, dîner de temps en temps ?
52:25Nous vous demanderons un éternel silence.
52:28Si notre séducteur vous brave et vous offence,
52:30notre avis, monseigneur, est d'en écrire au roi.
52:33Le roi, si j'écrivais, me répondrait, je crois,
52:37que nous sommes bien loin et qu'il est en affaire.
52:41Tout ce que je puis donc, c'est d'en écrire aux mères.
52:44Et c'est ce que j'ai fait, car il souffre avec nous.
52:51Allons, mon Angélique, embrassez votre époux.
52:56Il ne s'en ira point.
52:58Ne pleurez pas, Ninette, embrassez votre frère.
53:02Il est aussi le mien.
53:05Et vous, mon cher Irusque, ne baissez point la tête.
53:10Soyez heureux aussi.
53:15Votre habit vous va bien.
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