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Emission TV : L'Equipe de Greg sur l'Equipe TV Main de Thierry Henry contre lIrlande Pourquoi la France entière était-elle devenue folle (extrait, Fr, Nov 2025)
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00:00C'est le pourquoi du soir.
00:04Le pourquoi de la biencour !
00:10J'ai envie de vous dire, il y a tellement de choses que ça en devient fascinant.
00:16Il y a des bêtes, il y a du fou, il y a tout.
00:18Il fallait se faire beau.
00:20C'est de la faute.
00:23En plus, ça vous va bien, il n'y a qu'à vous qui savez.
00:26Je m'habille comme ça, je crois que je suis de jouer dans Friends quand je mets toutes les fringues.
00:28Il fallait se faire beau pour défendre un homme, défendre l'honneur d'un bonhomme et surtout le réhabiliter.
00:33On parle de Thierry Henry.
00:34Et oui, parce que ça fait 16 ans aujourd'hui.
00:36La main d'Henri, rappelez-vous ce moment fou.
00:3816 ans après, pourquoi la France entière était devenue folle ?
00:42On a mené l'enquête avec Baptiste Vautier, avec Arthur Girand.
00:45Et c'est vrai que c'est assez fou ce qui s'est passé après ce match.
00:47C'est un générique qui fait flipper, j'adore.
00:48Alors d'abord, c'est quoi le contexte du match ?
00:51Ce match, c'est un barrage.
00:52Il faut savoir que c'est un barrage retour.
00:53Pourquoi on est en barrage ?
00:54Parce qu'on a terminé deuxième de notre groupe de qualification à la Coupe du Monde, derrière la Serbie à l'époque.
00:58On est quand même en galère durant ces années-là.
01:00Alors que l'Irlande de son côté est aussi barrageiste pour avoir terminé deuxième derrière l'Italie.
01:05À l'aller, on gagne 1-0 à Dublin.
01:07Donc on est plutôt serein.
01:09Puis il vient le 18 novembre, le grand soir.
01:10Celui du retour au Stade de France.
01:12On ne sait pas encore, mais il fera couler beaucoup d'encre.
01:14Pour le raconter, je me suis appuyé sur un superbe document, l'équipe Explore.
01:18C'est la plateforme de documentaire de l'équipe qui est dispo sur l'appli, sur le site,
01:21dans une série qui s'appelle Tourbillon et qui raconte ce fameux match.
01:25Les Bleus dominés, trimballés.
01:30C'est Robic, il vient servi par Duff, qui met la pression sur l'équipe de France.
01:37103ème minute.
01:38Les Bleus menés à zéro obtiennent un coup franc dans la prolongation.
01:41Comme un joueur de hand, Thierry Henry guide le ballon et l'accompagne.
01:48Puis il le dépose sur la tête de Galas.
01:55Un partout, direction le Mondial.
02:00Et là, tout de suite, la France s'embrase.
02:03Oui, parce qu'il y a une main d'Henri.
02:04Ça va aller très, très vite.
02:05Le sélectionneur Raymond Domenech, à l'époque, il n'a pas vu la main sur le cou.
02:09Mais dès qu'ils rentrent du vestiaire, ils sentent vraiment que la tornade est en train d'arriver.
02:14Je vais direct à la conférence de presse.
02:16Je me retrouve devant un parterre de journalistes.
02:19Et je vois tout le monde qui fait la gueule.
02:21J'ai l'impression que ça ne vous fait pas plaisir.
02:23Expliquez-moi, on vient de se qualifier et tout le monde fait la gueule.
02:26Comment vous seriez-vous senti si c'était l'équipe de France qui avait encaissé un pareil but ?
02:31Et c'est là que j'apprends qu'il y a Thierry Henry qui a mis la main.
02:39Et moi, je n'ai rien vu, je suis désolé.
02:41Vous me parlez de quoi ?
02:41Moi, je vous le dis, on est qualifiés pour la Coupe du Monde.
02:44C'est quand même l'essentiel.
02:45On est qualifiés pour la Coupe du Monde.
02:48J'ai envie d'en profiter.
02:50Les journalistes font la gueule.
02:51Et même les supporters font la gueule.
02:52On l'a retrouvée grâce à Sophie Bellouard, de la documentation des archives de l'équipe TV,
02:57à l'époque, à la sortie du stade.
02:58Et vous verrez, les supporters, ils ne sont pas très contents.
03:01On ne mérite pas quand même.
03:02Mais on aurait aimé que ça se joue...
03:04On ne mérite pas.
03:05On aurait aimé que ça se joue dignement.
03:07La main d'Henri, quand même...
03:09Pas là-dessus.
03:10C'est dommage.
03:11C'est dommage sur une fin de match comme ça.
03:13Il aurait fallu quand même un peu plus d'équité dans le match.
03:16Mais bon.
03:17Alors la une du journal à l'époque, c'est quoi ?
03:18Le lendemain, le journal de l'équipe va plutôt prendre la défense de Thierry Henry avec cette une.
03:23La main de Dieu.
03:25Évidemment, la référence à Maradona.
03:26Même si tout le monde n'est pas forcément d'accord dans le groupe.
03:31Est-ce qu'on doit...
03:32Est-ce qu'il doit rendre plus exactement son brassard de capitaine ?
03:35Quand on voit au sein et autour de l'équipe de France,
03:39tellement tout le monde était content et fier du geste de Thierry Henry.
03:43Parce que ça, on va peut-être en dire en mots, je trouve ça complètement hallucinant.
03:46Non, au contraire, je pense qu'ils vont lui mettre une statue dans le château Clairefontaine,
03:50juste à côté de la Coupe du Monde.
03:52Mais où est la grandeur française là-dedans ?
03:53Le panache à la française.
03:55De toute manière, la nation française, ce n'est pas construit sur la tricherie du mensonge.
03:58Le football, ce n'est plus un sport.
04:00Et puis du côté irlandais, évidemment, ils sont tous dégoûtés, à commencer par le président de la fédération.
04:04Il s'appelle Joel Delany, il va tenir une conférence de presse très spéciale quelques jours après le match.
04:09Et tout ça, bien évidemment, parce que les récupérateurs, c'est pas que du numéro 6, ça va prendre une tournure politique.
04:29Oui, parce qu'on a vu qu'il a demandé à rejouer le match et ça va enfler avec la classe politique irlandaise d'abord.
04:34Ça, c'est une citation de RTE, la télé irlandaise.
04:37Arrivant à une réunion au sommet des dirigeants de l'Union Européenne à Bruxelles,
04:40Brian Cohen, le chef du gouvernement, a déclaré qu'il était d'accord avec les demandes de rejouer le match,
04:44car le fair play est une partie fondamentale du jeu.
04:46Il a ajouté qu'il discuterait de la question avec le président français, Nicolas Sarkozy.
04:50Donc, si je résume bien, on est à un sommet de l'Union Européenne à Bruxelles, ça parle foot.
04:54Et puis, évidemment, nos chers politiques français vont aussi s'en mêler.
04:59Ce matin, coup de tonnerre, on a cru, un instant, que le gouvernement français partageait cet avis.
05:04Ça serait bien de pouvoir, dans de telles circonstances, décider peut-être de faire rejouer un match.
05:09Donc là, c'est la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, qui parle de rejouer le match.
05:12L'économie, le football, etc.
05:13Et attention, Florilège, parce qu'on a quand même ressorti les principales déclarations de la classe politique.
05:18Philippe Devilliers, cette victoire est volée.
05:20Raymond Domenech devrait exprimer des regrets publics.
05:23Daniel Cohn-Bendit, il fallait avoir le cœur bien accroché pour soutenir la France après un match comme celui-là.
05:28François Béroud, dans un monde idéal, il faudrait rejouer la partie.
05:30Mais le monde n'est pas encore idéal.
05:31Et alors, la palme, elle est pour le célèbre publicitaire Jacques Attali, qui va publier une tribune.
05:36Attention, préparez-vous, c'est extraordinaire.
05:38Nous sommes tous des Irlandais.
05:40Je me sens Irlandais parce que ce peuple magnifique, unis dans la défaite comme il lui était dans la victoire,
05:45est privé d'un avenir ludique qu'il méritait mieux que la lamentable équipe de France.
05:49Ce match sera oublié, la France ira en Afrique du Sud.
05:51Elle gagnera peut-être la Coupe du Monde, il n'empêche.
05:54Je soutiendrai désormais l'équipe d'Irlande, à moins que les dirigeants du football français aient la courage d'exclure à vie de l'équipe nationale
06:00ceux qui l'ont ainsi fait honte, naturellement.
06:02Ils ne le feront pas.
06:03Trop d'argent, trop d'égo, en jeu.
06:05Bref, vous le voyez, le pays était devenu complètement fou.
06:09Je me permets juste de préciser que Jacques Atteli est écrivain, économiste et pas publicitaire.
06:13Mais ça, ce n'est pas grave, c'était pour l'anecdote.
06:14Le pays était devenu fou, regardez.
06:17J'ai été effaré.
06:19Et effaré que l'opinion publique s'en prenne à nous, en fait.
06:25Alors que, je l'ai dit et répété quelques fois, si ça avait été en Italie, en Angleterre, en Allemagne, au Portugal, en Espagne,
06:32ils auraient dit génial, super, l'Argentine, c'est la main de Dieu.
06:35Mais oui, et nous, on s'est fait massacrer.
06:39Alors, cette main, elle va rentrer dans la culture française.
06:43Même dans la pop culture.
06:44Internet est ce qu'il est en 2010.
06:47Mais on a quand même des jeux sympas.
06:48Regardez, avec Arthur Girand, on a retrouvé ces jeux mythiques.
06:51Et on marquait un but si on arrivait à faire rebondir le ballon sur la main de Thierry Henry.
06:55Il y a des chansons aussi qui vont naître un peu partout, alors avec plus ou moins de goût.
06:59C'est bien fait.
07:02Et puis, dans les cours de récré, ceux qui avaient l'âge d'être à la cour de récré à l'époque,
07:24avaient une blague qu'on entendait souvent à l'époque.
07:25Monsieur et madame de la main ont trois fils.
07:27Comment s'appelle-t-il, à votre avis ?
07:29C'est facile.
07:30Thierry, Henry.
07:33Thierry, oui, effectivement.
07:34On commence par Thierry Henry.
07:35Et puis le dernier, c'est Marc.
07:36Thierry Henry, Marc, de la main.
07:40Bien évidemment.
07:41Alors, moins drôle, le principal intéressé, comment il l'a vécu ?
07:44Au début, il n'est pas forcément abattu.
07:46Il a fait une faute de main, oui.
07:48Et il l'assume.
07:48Oui, oui, oui, à main.
07:51Oui, à main.
07:52Quand la balle rebondit, elle me tape la main, elle reste devant moi.
07:55Forcément, je centre.
07:57Après, comme je disais à vos collègues irlandais, je ne suis pas à l'arbitre.
08:01Vous avez imaginé un instant le dire à l'arbitre ?
08:04Est-ce que...
08:05Oui, je l'ai dit après.
08:07Mais il faut le moment.
08:09Alors que j'arrête, je lui parle et puis je centre.
08:12Vous êtes marrant.
08:13Ça devait être un héros parce qu'il a qualifié la France.
08:17Mais malheureusement, ça va vite se transformer en bourbier pour lui.
08:21Dans le vestiaire, je l'ai vu à peine cinq minutes.
08:23Et c'est là, il me dit, je l'ai un peu touché quand même.
08:26Mais on en rigolait, nous, à ce moment-là.
08:28Parce que bon, ça fait partie du jeu.
08:30Mais c'est l'arbitre qu'il faut incriminer.
08:32Ce n'est pas Thierry Henry.
08:33Qu'est-ce qu'on voulait qu'il fasse ?
08:34Qu'il s'arrête, qu'il disait, non, M. l'arbitre, s'il le fait.
08:37Non, M. l'arbitre, j'ai touché à la main.
08:39Et qu'on ne se qualifie pas, c'est lui qui se fait allumer par tout le monde.
08:42La polémique qui lui tombait dessus, c'était lourd.
08:44Il était vraiment perturbé par ce qui s'est passé.
08:48Maradona est devenu un dieu.
08:50Et lui, c'était le diable.
08:52Et cette histoire, comment elle s'est terminée ?
08:54Je ne vais pas vous parler de l'équipe de France, évidemment.
08:55On sait tous comment ça s'est terminé du côté de l'Afrique du Sud.
08:58Mais on va plutôt parler de ce qui s'est passé pour cette équipe d'Irlande.
09:01Quelque chose qu'on a peut-être complètement oublié.
09:03En tout cas, moi, je l'ai découvert.
09:04Je ne le savais pas en préparant cette chronique.
09:06Vous allez être aiguillé par une déclaration du président de la Fédération.
09:08Le même qu'en 2010, 5 ans plus tard, à la radio irlandaise.
09:12Eh oui, Le Monde a précisé le 4 juin 2015, effectivement, et a confirmé les propos du président que,
09:29selon les infos du Monde, la FIFA aurait accordé un prêt de 5 millions de dollars à la Fédération irlandaise
09:32destinée à la construction d'un stade en Irlande.
09:34En janvier 2010, l'accord conclu entre les deux fédérations spécifiait que si l'Irlande
09:39se qualifiait pour le Mondial 2014, elle devrait rembourser le prêt.
09:42Or, l'Irlande n'ayant pas validé son billet pour le tournoi organisé au Brésil,
09:46la FIFA n'a pas exigé de remboursement.
09:47Et en échange, il n'y a pas eu de procès de la part de l'Irlande envers la FIFA.
09:50Comme quoi, grâce à Henry, l'Irlande a gagné 5 millions d'euros.
09:54Donc, les Irlandais devraient faire ce qu'on aurait tous dû faire à l'époque,
09:56dire merci à Thierry Henry.
09:58– Bravo, merci à Thierry Henry, Baptiste Gauthier,
10:02qui ont travaillé avec vous d'arrache-pied sur ce formidable
10:04pourquoi, qui nous ramène quelques années en arrière.
10:07J'étais au stade, à ce moment-là, d'Amapadou.
10:11Je suis emporté par l'égalisation après un match terriblement poussif et douloureux.
10:16Mais je vois la main.
10:17Je suis très en hauteur, je n'ai pas encore votre pouvoir de chat,
10:19donc je la vois d'en haut.
10:21Je suis placé dans le banc.
10:23Et on voit le mouvement.
10:26Je vous assure, moi au stade,
10:27d'un moment où il y a but, j'en ai rien à faire.
10:30Je vous le dis, je suis peut-être un mauvais français,
10:32le diable, qui vous voulez,
10:33mais quand il y a le but sur l'instant,
10:34moi je jure le de joie.
10:35Je ne me soucie pas que derrière, ça va être une affaire d'État.
10:38– Oui, bien sûr.
10:38Non, mais en fait, ça a mis en lumière quelque chose
10:42qu'on savait en creux,
10:45c'est qu'il y a quand même, en tout cas à ce moment-là,
10:47un manque de culture foot,
10:49presque de culture sport énorme en France.
10:51C'est-à-dire qu'en gros, tu es devenu un pays de foot en 1998.
10:55Avant, celui qui joue au foot, Saint-Paul-Roy des Amotis,
10:57etc., enfin voilà, 1998, tu bascules dans le grand public.
11:00Mais tu n'acquiers pas cette culture-là.
11:02Et effectivement, Raymond le résume
11:05d'une façon qui est assez juste,
11:07parce qu'on a tous pensé à la même chose.
11:08C'est-à-dire que les Argentins,
11:09ils ont fait des églises pour Maradona,
11:12après la main de Dieu.
11:13Alors OK, le contact n'était pas le même, etc.
11:16Henri, c'est presque devenu un traître à la nation.
11:19– Mais c'est devenu un traître à la nation.
11:19– Exactement.
11:20Or, quiconque a joué, ne serait-ce qu'en district,
11:23dans le championnat du dimanche matin,
11:25quand il y a une main ni vue ni connue,
11:26il n'y a personne qui se résume pour aller dire à l'arbitre.
11:29Non mais c'est ça.
11:30Et quand Raymond le dit,
11:31et pour des gens qui sont non-initiés,
11:33ils vont se dire, mais c'est choquant qu'ils en aient rigolé.
11:35Mais non, c'est la réalité du sport.
11:37N'importe quel sport.
11:38Je vais vous donner, pour finir,
11:39juste la phrase de Gary Lineker,
11:40qui lui a subi la main la plus célèbre de l'histoire,
11:42celle de Maradona.
11:44Il a dit sur le coup,
11:45mais on est vert,
11:46on en veut à la terre entière,
11:47on en veut à Maradona,
11:48on en veut à l'arbitre.
11:49Et vous savez ce qu'il dit ?
11:50Il dit, mais en réalité,
11:51j'aurais adoré marquer le même but.
11:53Mais oui, on l'a possédé.
11:54Le truc, c'est que,
11:56moi, ce que je n'ai pas aimé à l'époque,
11:58Ludo,
12:00c'est que tout le monde se met à dos au Thierry Henry,
12:03qui a une carrière extraordinaire.
12:04Il n'est plus aimé dans son pays pendant très longtemps.
12:07Je veux dire,
12:07avant qu'il redorce son image,
12:09il a fallu du temps.
12:11Des chroniqueurs,
12:12alors moi, je n'étais pas sur la chaîne,
12:13évidemment,
12:14des hommes politiques,
12:16qui vous voulez,
12:17deviennent des heures-leçons
12:18et ont, d'un coup,
12:19eux, ils sont complètement sains.
12:21Voilà, tout le monde est incroyable à ce moment-là.
12:24Je trouve ça absolument dingue.
12:26Et des années après,
12:27moi, ça me choque encore plus.
12:29Je ne mets surtout pas en avant,
12:30et je suis père en plus,
12:31la tricherie,
12:32ce n'est pas la même chose.
12:34Ma question est simple,
12:35est-ce que vous avez été choqué à l'époque ?
12:37Est-ce que vous avez déjà triché sur un terrain,
12:39ce genre de petits seins ?
12:40Je triche même au jeu ici.
12:44On ne fera pas mieux.
12:48Le problème,
12:49c'est que non seulement vous trichez,
12:50mais vous perdez.
12:51Donc, c'est assez arrêtant.
12:52C'est magnifique.
12:54À quel point le curseur de la vertu morale,
12:58chez moi,
12:59il n'est pas high-level.
13:00À un moment donné,
13:01tous les coups sont permis.
13:05Non, ce qui me choque,
13:07et ce qui est encore toujours le cas,
13:09c'est-à-dire,
13:10c'est le ressort de la vertu
13:12pour les gens
13:12qui se rachètent,
13:14à un moment donné,
13:14une morale.
13:14Oui, bien sûr.
13:15Parce que tous ceux qu'on a cités,
13:17le ressort s'est aussi cassé
13:18à un moment donné
13:19au niveau de la vertu
13:21et de la morale.
13:22Jacques Attali,
13:23bon, moi, je veux bien,
13:24on est tous irlandais,
13:25mais nous,
13:25on n'a pas oublié non plus,
13:26tu vois,
13:27à un moment donné.
13:28Je ne fais pas de politique,
13:29ne déliez pas,
13:30mais je vois ce que vous voulez dire.
13:31Mais voilà,
13:32en fait,
13:32c'est souvent en France
13:35l'occasion de pointer
13:37quelqu'un du doigt
13:38pour soi-même
13:39se valoriser.
13:40Et ça,
13:40ça m'a toujours
13:41beaucoup gêné
13:42dans ce pays-là.
13:43J'ai eu beaucoup
13:43de tristesse
13:44et de compassion
13:45pour ce qu'a vécu
13:46Thierry Henry
13:46parce que ça fait partie
13:48du jeu, en fait.
13:49Dans tous les sports,
13:50il y a une histoire
13:51comme ça racontée.
13:52Aujourd'hui,
13:53on peut dire aussi
13:55que l'avancée de la VAR,
13:56ça aurait peut-être
13:56annulé ce but-là.
13:58– Moi, j'étais un pro-VAR,
13:59j'ai toujours parfois
13:59quelques doutes,
14:00je me dis qu'aujourd'hui
14:01avec la VAR,
14:01terminé,
14:02il y a un.
14:02– Et quelque part,
14:03on voulait qu'on refasse
14:06les débats
14:06de toutes les mains
14:07qui ne sont pas sifflées,
14:08alors qu'on doit
14:08tous les siffler.
14:09– Vous foutez-moi.
14:10– Allez dire ça
14:11aux supporters de l'OM
14:12qui se sont pris la main
14:13contre la Talenta,
14:14c'est exactement la merde.
14:15– Exactement.
14:17Contrôle et il met la main.
14:18– L'avancée a joué.
14:19– Contrôle et il met la main.
14:19– L'avancée a joué.
14:20– C'est incroyable.
14:21– Pas vous, pas ici.
14:22– 99,9%
14:24de Français
14:26qui se seraient retrouvés
14:26dans cette situation
14:27n'auraient rien dit.
14:28– Évidemment.
14:29– Mais c'était facile.
14:30– Même 100%.
14:31– C'était facile de…
14:31– Non mais de là à le dire.
14:32– Moi, ce qui m'embête,
14:33c'est qu'ils soient allés
14:35lui dire,
14:36mais pourquoi vous n'êtes pas
14:37allés le dire à l'armée
14:37pour dire,
14:38j'ai mis la main.
14:39Mais on voit régulièrement
14:41dans votre hat-trick,
14:43Romain ou celui de Raphaël
14:44qui est à votre place,
14:45ou dans le footwear,
14:46mais il y a des joueurs
14:47où il n'y a pas Péno,
14:48c'est sifflé,
14:48il tire à côté.
14:49On l'a vu trois fois
14:50en 20 ans de carrière.
14:51Vous voyez ce que je veux dire.
14:52Et pas avec un tel enjeu.
14:53– Mais franchement, Greg,
14:55tu qualifies ta nation,
14:57ton équipe pour le mondial.
14:58Est-ce que tu crois vraiment
14:59que tu allais dire
14:59« Heu, Odoin, lui, le but ? »
15:01– Moi, non, je ne pense pas.
15:01– Mais jamais de la vie.
15:02Mais par contre,
15:03moi, je me souviens très bien.
15:03– Mais à l'inverse,
15:04il aurait pris la même limonade.
15:05C'est-à-dire que
15:06ceux qui ont dit qu'il y a,
15:07s'il avait fait l'inverse,
15:08il l'aurait fustigé
15:10de la même manière.
15:10– Ce qui était horrible,
15:11c'est qu'on le traitait de tricheur.
15:12Et qu'en fait,
15:12ça a entaché limite…
15:14– Mais ça, c'est les gens
15:14qui ne connaissent pas le foot.
15:15– Mais c'est horrible.
15:15– Même si tricher
15:16n'était pas parti du jeu normalement.
15:17– Exactement.
15:18Je me souviens très très bien.
15:18C'était devenu un tricheur,
15:20un traître de la nation,
15:20alors qu'il a, au final,
15:21qualifié, peu importe.
15:22Évidemment, on n'est pas en train de dire
15:24que c'était génial de faire une main
15:25et peu importe.
15:25– Non, on n'est pas ça du tout.
15:26– Au final, le résultat,
15:27c'est qu'il a qualifié son équipe
15:29pour le mondial.
15:30Mais je me souviens
15:30l'image qu'il avait après.
15:32Même nous, en tant que Belges,
15:33je me souviens,
15:33c'était too much.
15:34C'était beaucoup trop intense
15:35pour, au final,
15:36ce qu'il a fait.
15:37– La question, quand même,
15:38c'est que je pense là,
15:40j'en sais rien
15:41parce que j'y vais de moins en moins,
15:42mais sur les réseaux,
15:43il est possible
15:50j'imagine qu'il y a 2-3 personnes
15:53qui vont s'amuser à nous dire
15:54voilà quel exemple.
15:55– C'est ça pour moi.
15:55– Non mais pour vous,
15:56mais quel exemple de nos enfants ?
15:58– Je fais volontairement ça
15:58parce que chacun écrit bien ce qu'il veut
16:00et pense ce qu'il veut
16:00tant que je suis fait
16:01dans le cadre de la loi
16:02et qu'il n'y a pas de harcèlement
16:03ou de violence.
16:04– Mais Olivier Bossard,
16:06ce n'est pas une question de footeux
16:08on encourage la triche
16:09ou on dit à vos enfants de faire ça
16:10parce qu'on a eu un débat
16:11pourquoi la simulation
16:12fera toujours partie du foot
16:13et que le Var pourra faire changer
16:14ce genre de choses et compagnie.
16:16Là, on parle sur un homme
16:17qui était un héros
16:18pendant des années
16:18qui devient un moins que rien.
16:21On a oublié
16:22à quel point
16:23il y a eu un déshonneur
16:24sur Thierry Henry
16:25de manière dégueulasse
16:26pendant des années
16:27et que quand il gagnait
16:28avec le Barça
16:29après coup
16:30on s'en fichait
16:30tout ce qu'il avait fait
16:31avec Arsenal
16:32c'était limite trop.
16:32– L'enchaînement
16:33la main à Neissner
16:34– Voilà,
16:34il y a eu une mauvaise fenêtre.
16:36– Il s'est pris
16:37un raz-de-marée
16:39heureusement pour lui
16:40les réseaux sociaux
16:41n'existaient pas encore trop
16:42à l'époque
16:42mais quoique je me souviens
16:43que le lendemain
16:44sur Wikipédia
16:45ce n'était plus un footballeur
16:45c'était un voileur
16:46ça avait été changé
16:47dans la nuit
16:49non ce n'était pas moi
16:50– Vous avez une connexion
16:51à l'eau le neuf
16:52– Tout le monde
16:53s'était emparé
16:54on a dit
16:54les politiques
16:55moi je me souviens aussi
16:56que même Christophe de Chavannes
16:57avait lancé une pétition
16:58pour faire rejouer ce match
16:59où il était parti
17:00dans un truc
17:01pas possible
17:03et il y en a un
17:04dont on ne parle pas aussi
17:05et qui avait pris cher aussi
17:07c'était l'arbitre
17:07de ce match-là
17:08Jansson le Suédois
17:09qui disait que ce match-là
17:11avait un peu ruiné sa carrière
17:13parce que ça avait été
17:13le pire moment
17:15de toute sa carrière d'arbitre
17:16– Il a pleuré dans le vestiaire
17:17– Il avait pleuré dans le vestiaire
17:18et il avait dit
17:19que s'il recroisait Thierry
17:20plusieurs années plus tard
17:21il ne lui parlerait pas
17:22parce que ça avait été
17:23un moment trop difficile
17:24pour lui
17:25et il avait même dit
17:26qu'il était très content
17:27d'être bien entouré
17:28par des bons amis
17:28à ce moment-là
17:29parce que la pression
17:30avait été tellement énorme
17:31que ça aurait pu être
17:32très négatif pour lui
17:33donc imaginons Thierry Henry
17:35franchement il fallait
17:36être très costaud
17:36pour subir tout ce qu'il a costaud
17:37– La réalité c'est qu'on n'est
17:38peut-être pas un pays de foot
17:40Dave
17:45nous c'était devenu
17:46un enjeu national
17:47parce que louper une coupe du monde
17:48quand on sortait d'années de gloire
17:50comme on les a vécues
17:51ça paraissait impossible
17:53l'enjeu
17:56il faut se rappeler
17:57mais vraiment au stade
17:58j'ai rarement moi ressenti
18:00une telle pression
18:01même une peur de spectateur
18:03en me disant
18:03qu'est-ce qui se passe
18:04si on n'y va pas
18:05il faut vraiment recontextualiser
18:07– Et je pense que ça explique aussi
18:09cette espèce de peur
18:10la performance mais terrible
18:13de l'équipe de France ce soir
18:14ils prennent un bouillon
18:16par les fiers
18:16– Et quand tu joues avec la peur
18:17de toute manière c'est ça aussi
18:18– Exactement
18:18et ça transpire
18:19– Mais bien sûr
18:20– Je veux dire
18:21si Lloris il ne sort pas
18:22un de ses premiers matchs
18:23totem en équipe de France
18:25à ce moment-là
18:26parce que c'est là
18:26où il déteint le truc
18:27– Tu passes à la trappe
18:27– Exactement
18:28tu passes à la trappe
18:29et je pense que ce que
18:30les joueurs avaient
18:31c'était contagieux en tribune
18:33ou et vice versa
18:33mais c'est vrai
18:35et nous devant nos télés
18:35moi j'étais pas au stade
18:36mais tu te dis
18:37mais jamais tu vas passer
18:38– Mais il y a un truc
18:40quand même assez incroyable
18:41c'est que Raymond
18:42nous l'a dit en plateau
18:43il l'a redit brillamment
18:45Adrien
18:46puis il l'avait évoqué
18:47mais en conférence de presse
18:49il se retrouve là
18:50il se dit
18:50mais en fait moi
18:51je voudrais juste célébrer
18:52je vais à la coupe du monde
18:53on a souffert
18:55j'ai pas vu l'action
18:56et je sais que c'est vrai
18:57il a pas vu l'action
18:58mais vous imaginez
19:00vous avez été sportif de haut niveau
19:01tout est gâché sur la fin
19:03– Vous voyez d'ailleurs
19:04la tête qu'il a
19:05c'est-à-dire que là
19:05il s'attend pas
19:07il est dans une espèce de
19:09il part ailleurs
19:11il se dit
19:11il se passe quoi
19:12– C'est un monde parallèle
19:13c'est le métier inverse
19:14– Mais la vérité de tout ça
19:15c'est que si c'est arrivé aux Irlandais
19:17où ils se seraient arrêtés
19:19ils auraient dit quelque part
19:19– Si ça arrive à trop
19:20– Alors après moi je comprends
19:23la scène devient verte
19:25je comprends après
19:26la force de l'injustice
19:28parce que c'est vrai
19:28qu'à un moment donné
19:30ils se sont sentis
19:31que ça a pu gâcher
19:32que ça aille créer même
19:33une espèce de trouble psychologique
19:37pour les joueurs
19:38qui ont vécu
19:38et même certains Irlandais
19:40qui en sont peut-être
19:41– Les Irlandais
19:42n'ont plus jamais
19:43reçu la Coupe du Monde
19:43– Ça c'est pas à remettre
19:45ça c'est pas à remettre en cause
19:46après Thierry Henry
19:47c'est pas quelque chose
19:49où il s'est dit
19:49tiens
19:49si je faisais
19:50en fait c'est un mauvais rebond
19:52où elle se retrouve là
19:53bon bah elle est là
19:54bon bah ok
19:55– Il a fait le petit mouvement
19:55– Il l'amène quand même
19:57– C'est à se demander
19:58si tu n'as pas les germes là
20:00dans cette qualification
20:02qui devient sale
20:04teinté
20:04etc
20:05en fait
20:05ouais exactement
20:06parce qu'en fait
20:07tu as l'impression
20:07que tu n'as plus du tout
20:08l'adhésion
20:08de ton
20:09– Mais les bases sont passées
20:10– Le jeu tout à l'heure
20:11était nice now
20:11parce qu'il était vieux
20:12– Exactement
20:13et tu as l'impression
20:14que là en fait
20:14le truc est empoisonné
20:16il est teinté
20:16– Mais la base
20:17n'est pas du tout solide
20:18tu vois tout simplement
20:18– Et même Thierry Henry
20:20à un moment
20:21il ne va pas à la Coupe du Monde
20:22c'est à dire
20:23– Il a raté
20:24– C'est qui aurait été terrible pour lui
20:26– Oui c'est qui aurait été terrible
20:27aujourd'hui Olivier
20:29au mot de la fin
20:29vous en gardez
20:30quel souvenir de ça
20:31on ne le célèbre pas
20:31on ne dit pas 16 ans
20:32on ne fait pas des affichettes
20:34c'est juste que ça nous permet
20:35de faire un
20:35pourquoi ?
20:36– Allez continue
20:37– Vous partez en Irlande
20:39ce week-end
20:40– Qu'est-ce qu'on aura
20:40– C'est passé
20:42c'est oublié
20:43il y a eu trop de choses
20:43il y a eu un titre mondial
20:44il y a eu une défaite
20:45au tir au but
20:46contre l'Argentine de Messi
20:47il y a eu une finale
20:48de l'Euro
20:49une demi-finale de l'Euro
20:50c'est fini terminé ?
20:51– Complets
20:52je pense que les Irlandais
20:53n'ont peut-être pas tourné la page
20:54mais nous
20:54c'était en notre faveur
20:57donc forcément
20:57il y a un moment
20:58et puis en plus
21:00Dave l'a dit
21:00Naïsna est arrivée
21:02tellement vite derrière
21:03qu'on s'est retrouvés
21:04dans quelque chose
21:04– C'est vrai que d'un coup
21:05ça devenait mignonnette
21:05– Bah oui
21:06ça devenait un peu
21:06– C'est vrai qu'on a réussi
21:08à faire
21:08du truc qui mettait
21:10le plus gros carreau
21:11dans le pays
21:11le plus gros désaccord
21:13un truc de bisounours
21:14– C'était un warm-up
21:15– C'était l'apéro
21:17vous voyez c'est ça
21:18c'était l'apéro
21:19et on s'est fait le banquier
21:20d'Astérix-Eubénie
21:21– C'est toujours un peu
21:22d'échauffement
21:22– Merci Adrien
21:24– Bravo
21:24– Vive la l'anniversaire
21:26de l'Astérix-Eubénie
21:27– On va réhabiliter
21:29l'église
21:30– Appelez-vous
21:31c'est le même
21:31appelez-vous
21:32il sera à disposition
21:33– Sous-titrage ST' 501
21:33– Sous-titrage ST' 501
21:34– Sous-titrage ST' 501
21:35– Sous-titrage ST' 501
21:36– Sous-titrage ST' 501
21:37– Sous-titrage ST' 501
21:38– Sous-titrage ST' 501
21:39– Sous-titrage ST' 501
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