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  • il y a 2 jours
Les professionnels de la santé mentale se sont réunis à Lisieux pour dresser un constat inquiétant : les demandes de consultations pour des souffrances mentales sont en forte hausse. Mais la Normandie souffre d’une pénurie de médecins spécialisés.

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Transcription
00:00Premier sur l'actu local en Normandie.
00:03Ici Matin, une journée consacrée à la santé mentale a été organisée hier à Lisieux.
00:08La Normandie est l'une des régions les plus touchées par ces souffrances psychologiques.
00:12Pour en parler ce matin avec nous Didier, notre invité est Arnaud Lecoq,
00:15directeur de l'Union régionale interfédérale des oeuvres et organismes privés, sanitaires et sociaux.
00:20Bonjour Arnaud Lecoq.
00:21Bonjour.
00:22Vous dirigez donc cette union de fédérations normandes qui regroupe différents acteurs
00:26dans ces secteurs sanitaires et médico-socials.
00:30Quand on regarde les chiffres, on peut dire qu'il y a vraiment un gros problème en Normandie.
00:36La situation est à la remonte sur la santé mentale.
00:38Oui tout à fait.
00:39Juste rappelez que cette journée de santé mentale hier a été organisée par 5 fédérations normandes
00:43qui participent elles-mêmes à la conférence régionale de santé et de l'autonomie soutenue par l'ARS
00:48et que cette journée s'appuyait sur un rapport qui vient de sortir du Césaire.
00:52Quels sont les chiffres ?
00:54Sur la question des chiffres, aujourd'hui un jeune sur quatre en Normandie
00:57sera touché par des sujets de santé mentale.
01:01Un adulte sur cinq.
01:03On est la deuxième région après la Bretagne à avoir un taux de suicide très conséquent
01:09puisqu'on est à 18 décès pour 100 000 habitants.
01:11Il augmente ce taux de suicide ?
01:13Il a augmenté de plus de 29% depuis 2019, ce qui est très important.
01:18Très important effectivement.
01:19Est-ce qu'on peut expliquer pourquoi les Normands ont moins le moral, voire sont en grande souffrance ?
01:25Je ne sais pas si les Normands ont moins le moral ou sont en grande souffrance.
01:28Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte, ce qu'on appelle dans les déterminants de santé,
01:31c'est-à-dire à la fois des facteurs sociaux, des facteurs environnementaux, territoriaux.
01:35Le fait d'avoir peut-être un milieu rural, une population plus vieillissante qu'ailleurs,
01:41avec un isolement de certaines populations, notamment chez les jeunes et aussi chez les personnes âgées,
01:46sont de multiples facteurs qui expliquent peut-être ce sujet-là.
01:50Est-ce que la société moderne, les réseaux sociaux qui peuvent amener du harcèlement,
01:54les conditions de travail avec des burn-out expliquent aussi pourquoi ça augmente en Normandie
01:59comme ailleurs en France potentiellement ?
02:00Alors tout à fait, on est dans une société qui évolue aujourd'hui.
02:02Oui, effectivement, il y a de nouveaux enjeux, notamment le harcèlement sur les réseaux sociaux
02:06qui prend une place importante et aussi dans le débat public aujourd'hui.
02:10Le monde du travail qui évolue.
02:12Une question aussi qui reste encore taboue, malgré tout, la santé mentale est surtout vue aujourd'hui
02:17par la population comme étant liée aux problèmes psychiatriques.
02:21Or, la santé mentale, elle peut toucher tout le monde et ça reste encore un tabou.
02:25C'est le coup de blues, le malaise, la dépression comme on dit ?
02:27Alors, ça peut être le coup de blues, la dépression, ça peut être lié effectivement
02:30à des conditions de travail intenses.
02:35Il y a des secteurs d'activité aujourd'hui où c'est encore tabou, le monde du bâtiment,
02:39par exemple, chez les agriculteurs, on sait aussi qu'il y a un taux de suicide assez important.
02:44Est-ce que les gens n'osent pas, de temps en temps, dire « je ne vais pas bien et j'ai besoin de consulter ? »
02:50Alors, effectivement, il y a une retenue des personnes à pouvoir mettre en avant le fait qu'elles sont en difficulté.
02:58D'ailleurs, il existe un numéro qui est le 3114 national, que vous pouvez appeler si vous vous sentez un jour en difficulté.
03:06Il faut passer ce pas. Il existe d'ailleurs des dispositifs, ce qu'on appelle d'entraide mutuelle,
03:10où vous pouvez venir partager avec des pairs qui sont aussi en difficulté.
03:14Notre invité ce matin, Arnaud Lecoq, directeur de l'Union régionale interfédérale des œuvres et organismes privés, sanitaires et sociaux.
03:20On a fait le constat, il y a de plus en plus de demandes, de consultations.
03:24Est-ce que l'offre suit parallèlement dans notre région ?
03:28Alors, l'offre ne suit pas à la hauteur des besoins, effectivement,
03:31puisque aujourd'hui, vous pouvez avoir plusieurs mois de délai d'attente pour pouvoir obtenir un rendez-vous,
03:36voire même plusieurs années auprès d'un médecin psychiatre.
03:38Plusieurs années ?
03:39On est à plus d'un an pour certains rendez-vous, effectivement.
03:44Dans certaines structures médico-sociales, où là, vous pouvez aussi consulter simplement un psychologue ou un travailleur social.
03:50On est aussi sur des délais d'attente de plusieurs mois.
03:52Et on sait bien que quand on est en difficulté et qu'on...
03:57Ça veut dire que ça va prendre du temps ? On ne va pas former comme ça des médecins qui pourraient consulter tout de suite ?
04:01C'est plusieurs années, enfin voilà, c'est plus de 11 ans de formation.
04:04On ne va pas en sortir tout de suite.
04:06Mais voilà, il y a d'autres dispositifs qui existent aujourd'hui, notamment les dispositifs médicaux sociaux,
04:12des associations qui peuvent amener une aide au travers des travailleurs sociaux, des psychologues.
04:18Et puis, ce que je disais, des groupes d'entraide mutuelle, effectivement,
04:21où vous pouvez venir partager avec des pères qui, eux aussi, ont été en difficulté à un moment donné, s'en sont sortis.
04:26Donc des personnels qui n'ont pas été formés pour traiter de santé mentale, mais qui l'ont vécu et qui peuvent apporter leur solution.
04:32Qui l'ont vécu et qui sont aussi formés, parce que les pères aidants sont également formés aux questions de santé mentale.
04:36Ils sont aussi accompagnés par des professionnels.
04:38Voilà, ce sont des dispositifs qui existent depuis plusieurs années,
04:40qui sont aussi déployés dans d'autres pays, comme au Québec, par exemple.
04:44On rappelle ce numéro que vous avez donné, 31-14.
04:4631-14, ce qui est le numéro national, voilà.
04:48De s'enseigner.
04:49Merci beaucoup, Arnaud Lecoq, directeur de l'Union régionale interfédérale des oeuvres et organismes privés, sanitaires et sociaux,
04:55et invité ici, Normandie ce matin.
04:57Bonne journée.
04:57Merci beaucoup.
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