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  • il y a 1 semaine
Dans le Calvados, entre 400 et 600 personnes n'ont pas de logements stables et vivent, pour certaines, dans la rue. Le département ne dispose pas d'assez de places d'hébergement d'urgence explique Eric Séguin, directeur de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités.

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Transcription
00:00Ici Matin
00:017h48, Didier Charpin, nous enregistrons aujourd'hui les premières températures négatives de l'automne
00:06l'occasion de faire le point sur les capacités d'hébergement d'urgence dans le Calvados
00:10pour accueillir des personnes sans abri
00:12Notre invité est Eric Séguin, le directeur de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités
00:18Bonjour Eric Séguin
00:19Chaque année on peut dire qu'on se met en veille à partir du 1er novembre
00:24au moment où chutent les températures
00:25ça veut dire quoi très très concrètement ?
00:27Il y a différents paliers qui déterminent autant d'actions
00:30Alors très concrètement, effectivement c'est important de rappeler qu'on est en veille
00:32même si cette veille elle est d'une manière générale permanente tout au long de l'année
00:36pour être très précis parce qu'il y a d'autres événements climatiques
00:38qui peuvent justifier une mobilisation des services de l'État
00:40comme la canicule également
00:41Et sur le front
00:42Voilà, donc dans le cas présent du plan hiver
00:44effectivement sur la période du 1er novembre au 31 mars
00:47il y a une veille qui est intensifiée par une surveillance constante et quotidienne
00:50du bulletin météo qui nous est transmis par Météo France
00:52donc nos services en lien avec nos partenaires qui peuvent être le SIAO
00:56qui peuvent être également les associations qui offrent dans le champ de l'hébergement
00:58mais également dans le champ des maraudes à la rue
01:01sont en relation permanente pour détecter les problématiques les plus fragiles à la rue
01:07et envisager en fonction de l'intensification du froid sur la période hivernale
01:11des mesures qui sont graduées pour orienter les...
01:14Là par exemple, on tourne au niveau de température légèrement positive
01:18ça veut dire quoi concrètement ? Il y a des choses qui sont faites pour les sans-abri ?
01:21Alors aujourd'hui, quand on est en température positive le jour et nocturne la nuit
01:25on va demander à nos opérateurs par exemple d'étendre leurs horaires d'ouverture de l'accueil de jour
01:29on va également peut-être solliciter nos partenaires qui gèrent des accueils de nuit
01:35uniquement sur des périodes de froid un peu plus intenses
01:38de maintenir des accueils sur des périodes en journée
01:42pour éviter l'exposition au froid des personnes les plus fragiles
01:45Et les cas extrêmes, c'est quand il faut ouvrir des gymnases ?
01:48Bah typiquement...
01:49Mais c'est prévu au cas où ?
01:50Alors c'est prévu, en fait, il y a un plan qui existe déjà depuis des années
01:54qui est actualisé régulièrement en fonction des retours d'expérience
01:57et qui permet aux services de l'État avec les partenaires d'être réactifs
02:00de s'appuyer sur nos partenaires pour armer de manière extrêmement rapide
02:03notamment en phase de froid très intense
02:05des centres d'hébergement temporaire qui vont reposer par exemple sur la mobilisation d'un gymnase
02:09qui peut être sollicité auprès de l'EPSM par exemple
02:12qui peut être aussi sollicité auprès des collectivités
02:14que ce soit Caen ou l'agglomération ou d'autres bassins de vie du département
02:18si effectivement les épisodes de froid intense se présentent dans d'autres lieux que la ville de Caen
02:22On parle d'accueil de jour et vous évoquez d'autres bassins de vie
02:25au-delà de la boussole qui est assez connue des cadets
02:27Il y a ce genre de structure à Lisieux, à Bayeux, à Vire ?
02:29Alors à Lisieux, il y a effectivement un accueil de jour qui a été ouvert l'an dernier
02:33de manière temporaire également sur la période hivernale
02:36en partenariat avec la collectivité Lisieux
02:38mais aussi en partenariat avec l'association Accéa
02:42qui a au pied levé en fin d'année dernière
02:45armé l'accueil de jour pour accueillir un public
02:47dont la file active s'est intensifiée tout au cours de l'hiver
02:50et qui nous a amené à considérer que pour l'année 2025
02:52en tout cas la période hivernale 2025-2026
02:55la réitération de ce dispositif nous semblait nécessaire
02:58et donc il a été préparé, il a été anticipé
03:00et Accéa a armé le dispositif dès le 1er novembre de cette année
03:037h50 de notre invité Éric Séguin
03:05le directeur de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités
03:08On essaye donc de prendre des mesures
03:10mais est-ce qu'il est possible de quantifier le nombre de personnes
03:14qui vivent à la rue dans le département du Calvados ?
03:16De manière permanente, ça aussi là, il n'y a pas de chiffre ultra précis
03:20on est entre 400 et 600 personnes
03:22selon les périodes
03:24il n'y a pas véritablement de saisonnalité
03:26mais les retours que nous font le SIAO font état de ces volumes-là
03:29et de manière hebdomadaire, on est sur un rythme d'appel au SIAO
03:32qui est de l'ordre de 1100 appels par semaine
03:34Qui sont ces personnes ?
03:36Des hommes seuls, mais des familles aussi ?
03:37Il peut y avoir tout profil, effectivement
03:39principalement des hommes seuls
03:40mais beaucoup de familles
03:42des familles isolées, avec ou sans enfants
03:44parfois enceintes
03:45donc avec des enfants parfois en très bas âge
03:47et donc dans ce cadre-là
03:49lorsqu'un appel du SIAO est manifesté par les personnes
03:53nous essayons d'apporter une réponse
03:55plus particulièrement pour les publics les plus vulnérables
03:57On va dire les choses clairement
03:59est-ce que des femmes avec enfants n'ont pas de solution parfois ?
04:02Il arrive que nous ne trouvions pas de solution immédiate
04:06en tout cas pour des femmes avec enfants
04:08mais le travail qui est mené également avec les services du SIAO
04:11nous permet progressivement de désengorger notre capacité d'hébergement
04:15pour privilégier l'accès à ces publics-là prioritairement
04:18pour les mettre à l'abri
04:19Mais ça peut se produire plusieurs nuits, on doit dire non ?
04:23Ça peut se produire plusieurs nuits
04:24où effectivement on doit dire non
04:26Pourquoi on doit dire non ?
04:28On n'a pas assez de moyens, pas assez de places ?
04:31Alors il peut y avoir plusieurs cas de figure
04:32pas forcément ceux des moyens financiers
04:34parce que les moyens octroyés aux structures
04:38normalement leur permettent de fonctionner de manière normale
04:40à savoir que l'offre d'hébergement d'urgence
04:44repose sur deux grands piliers
04:45l'hébergement d'urgence au sens structurel du terme
04:47que ce soit en établissement, que ce soit en diffus
04:49et on a aussi une capacité hôtelière
04:51de 275 places
04:53qui nous permet de mettre à l'abri les situations les plus critiques
04:56de manière très urgente
04:57Il s'avère que quand bien même nous accordons une mise à l'abri
05:01qu'on se prononce favorablement pour une mise à l'abri
05:04on va se heurter à une réalité purement matérielle
05:06qui est l'incapacité physique des places d'hôtels
05:08pour pouvoir héberger les personnes
05:10à qui on a pour autant validé
05:12la chambre sera réservée en permanence
05:15Les chambres sont toutes réservées à hauteur de 275 nuitées
05:18on est en capacité déroger dans des conditions
05:21très temporaires et très exceptionnelles
05:23mais au-delà de cette capacité de dépassement
05:26de notre trajectoire hôtelière
05:27il faut aussi qu'il y ait les capacités physiques d'accueil
05:29et on ne les a pas forcément
05:30Merci beaucoup Eric Séguin
05:32vous nous avez bien détaillé cette situation
05:34vous êtes directeur de la direction départementale
05:38de l'emploi, du travail et des solidarités dans le Calvados
05:40Merci
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