00:00Les ponts seront plus entre vous et Emmanuel Macron ?
00:02Avant que je ne rentre au gouvernement.
00:05Je rentrais au gouvernement parce que François Bayrou me l'a proposé et l'a décidé.
00:11Mais j'étais déjà très critique sur une dissolution folle,
00:15sur ces prises de position sur Israël ou l'absence à la grande manifestation contre l'antisémitisme,
00:20ou sur les choix qu'il y avait présidé à la Nouvelle-Calédonie.
00:23Oui, nous avons, nous nous sommes vus ce 13 novembre,
00:26pour le président de la République, comme Anne Hidalgo,
00:29eu des mots que nous avons appréciés, François Hollande, Bernard Cazeneuve,
00:32et moi-même sur notre rôle lors de cette journée terrible.
00:37Mais déjà parce que j'ai lu quelque part que vous n'aviez plus envie de lui parler.
00:40Mais non, c'est pas une question personnelle en plus,
00:43puisque c'est le président de la République et moi je respecte le chef de l'État et les institutions.
00:48Mais maintenant il faut penser à l'avenir.
00:50Vous l'en voulez à Emmanuel Macron et à Sébastien Lecornu ?
00:54J'en veux pas pour moi, j'en veux parce que quand les Outre-mer,
00:59dont on voit bien qu'il faut face à beaucoup de difficultés,
01:01ont le sentiment d'une forme parfois d'infantilisme, de paternalisme, de mépris.
01:06Quand vous nommez un ancien Premier ministre, ministre d'État,
01:08qui fait le job et que tout ça est balayé,
01:14il y a un sentiment d'humiliation dans les Outre-mer.
01:16Comment vous envisagez la suite ?
01:20Est-ce que pour vous la politique c'est fini ?
01:22Ou est-ce que vous comptez continuer à jouer un rôle ? Et comment ?
01:25Si la politique c'est fini, je ne vous répondrai pas à vos questions.
01:29Je ne répondrai pas à votre invitation.
01:32Je suis un républicain, patriote, j'aime mon pays.
01:34Je suis tellement préoccupé pour l'avenir.
01:36Enfin écoutez, la situation économique,
01:38les finances publiques et sociales sont dans un État épouvantable.
01:41Je pense que nous allons avoir un problème pour notre démocratie,
01:43pas seulement en France.
01:44Donc il faut participer au débat, s'investir intellectuellement,
01:49essayer de rapprocher des gens en termes de méthode pour former des coalitions.
01:53On aura l'occasion d'en parler, mais ça nécessite un travail titanesque.
01:56Mais quand on aime son pays, on s'engage au continent.
01:58Comment vous voyez la fin de ce quinquennat ?
02:00Emmanuel Macron pourra aller jusqu'au bout de son mandat ?
02:02Il faut le souhaiter pour nos institutions, bien évidemment.
02:06Mais ce deuxième quinquennat est difficile.
02:09C'est le moins qu'on puisse dire.
02:10C'est même un naufrage.
02:12Un naufrage ?
02:13Écoutez, sa réélection, qui était quand même incroyable,
02:17mais n'a pas permis de donner sens au deuxième quinquennat.
02:22La dissolution est une erreur que lui paye,
02:27mais que nous payons, que nos institutions, notre démocratie payent.
02:31Et on voit bien que ça crée des conditions d'instabilité.
02:34Vous dites que ce deuxième quinquennat est un naufrage ?
02:37Ça veut dire qu'Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et leur ministre sont sur le Titanic ?
02:41Non, j'ai parlé, faisant très attention, d'une forme de suicide collectif il y a quelques semaines.
02:50Et si je disais cette formule que je n'aime pas beaucoup du Titanic,
02:54nous y sommes tous sur le Titanic.
02:55Tous, oui, mais ça existe.
02:56Donc, nous soyons...
02:57La France est sur le Titanic.
02:59Nous sommes dans un de ces moments de basculement dans l'étrition.
03:02Écoutez, crise des finances publiques,
03:04crise des finances sociales,
03:08risque d'une victoire du RN,
03:11antisémitisme, véritable tsunami qui balaie sur notre pays.
03:15Des phénomènes de violence.
03:16J'aime mon pays, je n'aime pas les thèses des clinistes
03:20et la France a beaucoup d'atouts.
03:22Mais nous sommes dans un moment très, très, très difficile.
03:24Vous dites un naufrage, ça veut dire qu'on est au-delà de la crise de régime ?
03:28Il y a une crise de régime et une crise démocratique, bien évidemment.
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