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  • il y a 3 mois
Chaque vendredi et chaque samedi, Paola Puerari vous accompagne de 17h à 20h le vendredi et de 18h à 20h le samedi dans Le Club BFM.

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00:00:00Générique
00:00:00Il est 18h20 sur BFM TV et l'information continue ce soir.
00:00:16Bienvenue dans le club BFM.
00:00:18L'information, elle se passe en ce moment même en Occitanie, à Béziers.
00:00:22La détresse des viticulteurs et la détresse des viticulteurs qui manifestent.
00:00:26Ils sont environ 10 000 pour cette manifestation de la dernière chance
00:00:29pour interpeller les pouvoirs publics sur la gravité de la situation
00:00:33qui traverse les territoires viticoles.
00:00:36Sécheresse, accès à l'eau, vendange toujours plus faible, marché en brenne, en berne.
00:00:40Dans un instant, nous serons en direct avec le maire de Béziers, Robert Ménard.
00:00:44Mais tout de suite, nous retrouvons Justine Barraud qui se trouve dans cette manifestation.
00:00:49Justine, qui est peut-être en train de se terminer.
00:00:52Dites-nous comment ça s'est passé.
00:00:53On a entendu toute l'après-midi la colère des viticulteurs.
00:00:58La manifestation est en train d'être dispersée et même célébrée par quelques pétards.
00:01:05Des pétards qu'on a entendus tout le long de cette manifestation.
00:01:08Une manifestation qui s'est globalement passée dans le calme.
00:01:11Le cortège est parti vers 16h15 depuis le théâtre de Béziers.
00:01:15Béziers, une ville qui n'a pas été choisie au hasard puisqu'en 1907, c'est là qu'a démarré la grande révolte de viticoles.
00:01:24D'ensuite, le cortège est parti à 16h15.
00:01:26Il a marché pendant presque deux heures, une heure et demie environ.
00:01:31Quelques échauffourées, au début, ça s'est un peu bousculé entre les gendarmes et les viticulteurs.
00:01:36De pétards, mais globalement, tout s'est bien passé.
00:01:40Évidemment, on a échangé avec 10 viticulteurs tout au long du cortège.
00:01:45On a senti ce désarroi, ce cri d'alarme.
00:01:48Il y avait urgence à manifester, nous ont-ils dit.
00:01:51Certains même redoutent qu'il ne reste plus qu'un ou deux ans à tenir pour tenir leur exploitation viticole.
00:01:59Voilà pour cette manifestation de Béziers qui a recueilli presque 5000 manifestants.
00:02:06C'est notre ressenti.
00:02:07La préfecture, elle, selon les chiffres officiels, annonce 4000 manifestants.
00:02:11Et les organisateurs annoncent, eux, 7000 manifestants.
00:02:15Merci Justine Barraud et merci à Donovan Dezan qui vous accompagne.
00:02:20Victor Hérault, bonsoir.
00:02:21Bonsoir Paola.
00:02:22Vous êtes journaliste politique à Valeurs Actuelles.
00:02:24On entendait effectivement la colère et la détresse de ces agriculteurs, ces viticulteurs,
00:02:30qui sont pris de plein fouet par le changement climatique.
00:02:34On rappelle qu'il y a eu des incendies d'une violence exceptionnelle au mois d'août
00:02:38qui ont ravagé quand même l'Occitanie, qui est le premier territoire viticole de France.
00:02:43Alors vous le dites, détresse climatique dans le sens où une grande partie des viticulteurs
00:02:49ont vu jusqu'à 50% de leur récolte soit brûler dans les incendies, vous le rappeliez,
00:02:53soit ne serait-ce que par la sécheresse des récoltes qui sont à l'abandon, un rendement donc bien moindre.
00:02:59Il y a la détresse climatique d'un côté.
00:03:00Il y a aussi, il faut l'entendre dans la critique ou le cri du cœur de ces viticulteurs,
00:03:06comment dire, la difficulté de vivre grâce à leur métier.
00:03:09C'est-à-dire que les charges, il faut le comprendre, notamment l'électricité, le gasoil, etc.,
00:03:13toute l'énergie qui explose, alors que le prix du vin, lui, stagne.
00:03:17C'est-à-dire qu'il n'y a pas de rendement, mais les charges explosent.
00:03:19Donc, pour les consommateurs, a priori, les consommateurs seront heureux de savoir que le prix du vin ne s'envole pas.
00:03:24Mais en revanche, les producteurs, eux, se trouvent étouffés entre les charges et le prix de vente.
00:03:28Donc ça, ce sont deux demandes de la part des agriculteurs et qui se tournent vers l'État en disant
00:03:33l'État devrait, d'une part, soit nous aider vis-à-vis du climat ou vis-à-vis du prix des charges,
00:03:37soit, à minima, nous laisser tranquilles sur tout le volet également administratif qui pèse beaucoup sur la viticulteur.
00:03:41Les normes, évidemment, qui pèsent sur les viticulteurs.
00:03:44Et on va aller voir, justement, la réalité du terrain et les revendications de ces viticulteurs.
00:03:49Avec Fabien Castelboux, bonsoir.
00:03:51Vous êtes président des coopérateurs vignerons d'Occitanie.
00:03:55Je crois que vous avez manifesté, que vous manifestez peut-être encore.
00:03:58Quelles sont vos revendications ce soir ?
00:04:00Et est-ce que vous vivez de votre métier ?
00:04:02Oui, on est à l'arrivée de la manifestation.
00:04:06Nous avons manifesté 7000 aujourd'hui à Béziers pour revendiquer le droit de vivre de notre métier.
00:04:13Actuellement, c'était très compliqué.
00:04:15La récolte 2025 a été la plus faible historiquement parlant.
00:04:19Et donc, aujourd'hui, entre les charges, vous venez de l'expliquer, qui augmentaient,
00:04:23par exemple, en 2019, les charges pour un hectare de vignes, c'était 4000 euros.
00:04:28Aujourd'hui, c'est plutôt 5200, donc plus de 25% d'augmentation.
00:04:31Et donc, aujourd'hui, le prix de vente ne suffit pas à nous faire vivre.
00:04:37On voit bien aussi que dans les revendications, il y a la simplification des contraintes administratives.
00:04:43Est-ce que ça, vous souffrez de ces normes qui étouffent finalement votre métier ?
00:04:48Bien évidemment, il y a une bureaucratisation de l'agriculture.
00:04:51Et depuis les manifestations qui ont eu lieu en 2024, nous n'avons pas avancé là-dessus, en tout cas pas assez vite.
00:04:56Alors, les difficultés politiques du pays font que nos revendications n'avancent pas.
00:05:01Mais aujourd'hui, il y a urgence.
00:05:02Donc, nous redemandons fortement un assouplissement des règles.
00:05:06Nous voulons moins de bureaucratie, moins d'administratif et pouvoir nous consacrer au travail de nos vignes et pouvoir vivre dans notre métier.
00:05:13Ce qu'on a vu aussi dans la manifestation, ce sont des pancartes qui voulaient assouplir la loi qui interdit finalement la publicité pour le vin.
00:05:21On le voit bien dans les chiffres. En France, la consommation de vin a chuté de 70% en 60 ans.
00:05:28Est-ce que pour vous, le vin est un patrimoine à défendre ?
00:05:33Bien évidemment, le vin est un patrimoine culturel. Il est inscrit dans le repas français au patrimoine de l'UNESCO.
00:05:39Donc, c'est un produit culturel par excellence de la France.
00:05:42Il faut le protéger. Il faut en être fier. Il faut faire une exception agriculturelle pour le vin dans la loi des vins.
00:05:49Le vin n'est pas un alcool comme un autre. Nous prenons la modération.
00:05:52Et donc, il faut vraiment changer d'état d'esprit sur le vin.
00:05:55Le vin n'est pas une boisson avec laquelle on fait du bijin-drinking.
00:06:01On est sur un produit qui est festif, un produit qui est de table, de partage.
00:06:06Et donc, ce n'est pas un alcool comme un autre.
00:06:08Et ça, nous voulons le préserver et faire un emblème culturel de la France.
00:06:12Les autres pays ne se trompent pas. Dès qu'il y a un conflit commercial,
00:06:15que ce soit la Chine qui tape sur le cognac ou les États-Unis qui nous met des taxes sur les vins et spiritueux,
00:06:21ils ont bien vu que c'était une force de la France.
00:06:22Eh bien, soyons fiers de cette force française et remettons le vin au centre du débat culturel.
00:06:29Le vin en France, effectivement, c'est 800 000 emplois pour 15 milliards d'euros d'exportation.
00:06:35Quel message, ce soir, vous voulez adresser au pouvoir public ?
00:06:39C'est un message de sauvetage, finalement ?
00:06:42On est en tournant.
00:06:44Cette force économique que vous venez de citer,
00:06:47qui est la force à la fois de faire vivre les territoires et l'exportation
00:06:51et pour faire du bien à notre balance commerciale, elle est en danger aujourd'hui.
00:06:55Donc, il nous faut nous ressaisir, à la fois travailler sur les prix du vin,
00:06:58aider à développer de l'irrigation pour pouvoir atteindre des rendements
00:07:02qui permettent d'atteindre la rentabilité, même si, pour certains de nos députés,
00:07:07la rentabilité n'est pas importante, comme certains peuvent le dire.
00:07:11Il faut vraiment un coup d'accélérateur, aujourd'hui, pour nous aider à passer le cap.
00:07:15Parce que là, on sent bien qu'il y a du désespoir
00:07:17et qu'il nous faut des mesures rapides pour pouvoir continuer, donner en cap,
00:07:22une vision pour nos jeunes, les jeunes viticulteurs, les jeunes vignerons coopérateurs
00:07:26et que nous puissions vivre dans notre métier pendant encore longtemps.
00:07:31Merci, monsieur, d'avoir été en direct avec nous depuis Béziers.
00:07:34On va retrouver, justement, le maire de Béziers, Robert Ménard,
00:07:38maire d'hiver droite de Béziers, dans les Raux.
00:07:41Vous êtes avec nous ce soir. Bonsoir, monsieur.
00:07:43Je crois que vous avez pris la parole le premier dans cette manifestation.
00:07:47On a entendu, effectivement, le désarroi de ces viticulteurs.
00:07:52Comment est-ce que vous avez trouvé les mots pour les soutenir, ce soir ?
00:07:55Mais d'abord parce qu'ils vivent une situation dramatique.
00:08:00Vous vous rendez compte aujourd'hui, aujourd'hui, le vin d'ici des Pays d'Oc
00:08:04se vend parfois à 55 centimes le litre, 55 centimes le litre.
00:08:11C'est moins que de l'eau minérale.
00:08:13Vous vous rendez compte comment vous voulez qu'ils vivent comme ça ?
00:08:16Ils ne vivent pas, ils survivent.
00:08:18Et aujourd'hui, les gens étaient terrifiés parce qu'ils ne savent pas
00:08:21comment ils pourront s'en sortir.
00:08:23C'est juste ça, la réalité.
00:08:25La réalité, c'est qu'ils ne demandent pas qu'on les aide, les viticulteurs.
00:08:29Ils demandent juste qu'on paye leurs produits à un prix suffisant
00:08:32pour qu'ils arrivent à survivre avec ça.
00:08:35Et là, c'était un cri d'alarme.
00:08:37Et j'étais évidemment tout à fait favorable pour les recevoir chez moi à Béziers
00:08:41parce que Béziers, historiquement, c'était la capitale du vin,
00:08:45parce que toute l'histoire de la viticulture fait partie de l'histoire de ma ville.
00:08:49Et on voulait dire qu'avec eux, on était solidaires.
00:08:52On est solidaires.
00:08:53Si ici, la viticulture se porte mal, toute l'économie se porte mal.
00:08:58Si les viticulteurs se cassent la figure, toute ma région, tout ce coin de province se casse la figure.
00:09:04C'est pour ça que j'ai essayé d'être là et de trouver les mots pour leur parler.
00:09:08Est-ce que ça suffira ? Je ne sais pas.
00:09:10Il faut prendre des mesures.
00:09:11Aujourd'hui, on vend moins de vin, on consomme moins de vin.
00:09:15Il faut les aider à arracher des vignes.
00:09:19Il faut les aider surtout à obtenir un prix normal.
00:09:22Ce n'est pas possible que les grandes surfaces ne jouent pas le jeu par rapport à la viticulture.
00:09:27Vous croyez que c'est ça qui se joue ?
00:09:29Effectivement, c'est un bras de fer qui n'est pas du tout à l'équilibre, finalement,
00:09:34entre les petits producteurs de vin et les prix bas de la grande consommation ?
00:09:40Bien sûr que c'est ça.
00:09:41Aujourd'hui, vous avez d'un côté des gens qui tentent de vivre de leurs produits,
00:09:46de leur travail, de ce qu'ils font au jour le jour.
00:09:49Et Dieu sait qu'ils ont des problèmes avec les histoires climatiques.
00:09:52Vous avez vu la sécheresse, vous avez vu ce que ça donnait.
00:09:55Le fait qu'il y ait de moins en moins d'eau, ça pose un problème.
00:09:57La vigne, elle a besoin d'eau.
00:09:59Et de l'autre côté, vous avez des intermédiaires,
00:10:01certains intermédiaires et certaines grandes surfaces qui ne pensent qu'à leur profit.
00:10:05C'est-à-dire qu'ils leur demandent toujours qu'ils font en sorte qu'ils payent toujours moins les produits,
00:10:10en l'occurrence le vin.
00:10:11Ce n'est pas possible.
00:10:12Les gouvernements ne peuvent pas continuer à faire comme si de rien n'était.
00:10:16Aujourd'hui, il y a un certain nombre de promesses qui ont été faites aux viticulteurs.
00:10:21Il faut les tenir, à commencer par le chef de l'État.
00:10:24Ils sont ici inquiets, les agriculteurs et les viticulteurs, par exemple, par le Mercosur.
00:10:28Vous avez vu, Emmanuel Macron, quand il est au Brésil, il trouve que le Mercosur,
00:10:33donc le marché avec notamment le Brésil,
00:10:35ce n'est pas si grave que ça pour la France et son agriculture.
00:10:38Il arrive ici, il dit le contraire.
00:10:40Comment voulez-vous croire quelqu'un qui change d'avis comme de chemise ?
00:10:44C'est pour ça qu'il y a une telle appréhension, de tel doute,
00:10:48de telle méfiance de la part des agriculteurs et ici des viticulteurs.
00:10:51Ils ont en face d'eux des gens qui leur font des promesses,
00:10:54qui ne les tiennent pas ou qui leur disent une fois une chose et qui font le contraire.
00:11:00Est-ce que vous avez interpellé, justement, le président de la République à ce sujet ?
00:11:04Quel message vous voulez lui faire passer ce soir ?
00:11:08Je veux lui dire qu'il faut entendre la détresse des gens du Sud.
00:11:13Le Sud, le midi, aujourd'hui, il est à deux pas d'une explosion.
00:11:18Tant les problèmes financiers, les problèmes de nos agriculteurs sont énormes.
00:11:24On ne peut pas se réjouir.
00:11:26Vous vous rappelez quand il y a eu les incendies, on disait
00:11:28« Ah, heureusement qu'il y a des agriculteurs qui entretiennent des vignes, ça sert de coupe-feu ».
00:11:33On ne peut pas dire « Ah, c'est important qu'on ait une souveraineté alimentaire ».
00:11:38On ne peut pas dire tout ça et ne pas prendre en compte, aujourd'hui, immédiatement,
00:11:43la détresse des viticulteurs et des agriculteurs.
00:11:47Alors, j'ai envie de dire uniquement à Emmanuel Macron,
00:11:51« Monsieur le Président, on en a marre des grands mots, on en a marre des promesses,
00:11:56on en a marre des discours, on en a marre des sommets,
00:11:59on en a marre des colloques, on en a marre des réunions ».
00:12:03Vous arrêtez de faire tout ça et vous dites tout de suite à nos agriculteurs
00:12:07et ici, dans le midi, à nos viticulteurs,
00:12:09« Voilà, on va faire ça, ça et ça pour vous sauver ».
00:12:13Je vous rappelle, je vous rappelle que c'est ces gens-là, les paysans,
00:12:17ce sont les paysans qui nous nourrissent, qui vous nourrissent,
00:12:21« Monsieur le Président ».
00:12:22Alors, il faut être un peu attentif à eux.
00:12:25Robert Ménard, une question de Victor Hérault.
00:12:28Bonsoir, Robert Ménard.
00:12:30Écoutez, moi, je comprends très bien qu'il y a deux problèmes.
00:12:32Il y a, d'une part, le prix en bout de course qui est trop faible,
00:12:34le prix de vente du vin,
00:12:35et les prélèvements, au tout départ, qui sont trop hauts.
00:12:38Dans un pays comme la France, où la consommation de vin est en perpétuelle baisse,
00:12:42est-ce qu'on n'aurait pas tort d'augmenter les prix du vin,
00:12:45c'est-à-dire de faire en sorte que les Français boivent encore moins de vin,
00:12:48et au contraire, est-ce qu'on n'aurait pas plutôt raison
00:12:50de baisser les prélèvements, les charges, les taxes, au départ de la chaîne ?
00:12:54Bien sûr qu'il faut baisser un certain nombre de choses.
00:12:58Aujourd'hui, les agriculteurs de chez moi, les viticulteurs ici, autour de Béziers,
00:13:03ils font face à une concurrence, par exemple, espagnole,
00:13:07qui n'est pas normale, au sens où je suis pour la concurrence,
00:13:09mais la concurrence à armes égales.
00:13:12Il y a un certain nombre de produits phytosanitaires,
00:13:14un certain nombre de produits qui sont interdits ici,
00:13:18et qui sont autorisés en Espagne, à 100 km de chez moi,
00:13:22et qui, évidemment, augmentent les rendements,
00:13:24et font en sorte que la production est plus importante.
00:13:27Vous êtes viticulteur, enfin, attendez, c'est comme si vous,
00:13:30vous étiez à BFM, face à des gens qui ont une chaîne,
00:13:33où les conditions de concurrence ne sont pas les mêmes,
00:13:35où vous, on vous empêche de faire un certain nombre de choses,
00:13:38alors que la chaîne concurrente, on lui autorise à les faire.
00:13:42C'est ça, les réalités, c'est pour ça qu'ils en ont ras-le-bol.
00:13:44Et puis, ils ont ras-le-bol encore d'autres choses,
00:13:47c'est d'une réglementation qui n'en finit pas.
00:13:49Demandez aux viticulteurs, demandez aux agriculteurs,
00:13:52le temps qu'ils sont obligés de passer à la maison,
00:13:56à remplir de la paperasse, à remplir des papiers.
00:13:59C'est ça, la réalité de tout ça, ils n'en peuvent plus.
00:14:01Et néanmoins, M. Ménard, est-ce que vous ne voyez pas là une bascule culturelle française ?
00:14:07On a vu le succès, par exemple, de ce mois qui s'appelle le janvier sec,
00:14:11le dry january, on a vu la consommation du vin baisser,
00:14:15le marché du sans-alcool augmenter.
00:14:18Est-ce que, finalement, les Français ne vont pas cesser de boire du vin ?
00:14:21Et est-ce qu'il faut vraiment défendre ce patrimoine ?
00:14:25D'abord, c'est le vin. Il y a des vins différents.
00:14:30Il y a un vin de vacances, il y a un vin de plaisir, il y a un vin de fête.
00:14:35Et puis, il y a un vin du quotidien qui, lui, a diminué.
00:14:38Vous avez raison, et je pense que c'est inéluctable.
00:14:40On boit de moins en moins, on le voit, du vin.
00:14:43Donc, je ne fais pas une apologie du vin.
00:14:46En plus, je suis tombé avec quelqu'un qui n'en boit pas.
00:14:47Je n'ai à peine le dire aux viticulteurs, mais ils le savent et ils ne m'en veulent pas.
00:14:51Pour ça, je ne défends pas une position personnelle.
00:14:55Bien sûr qu'il faut que les agriculteurs et les viticulteurs évoluent sur le marché.
00:15:01Aujourd'hui, vous avez raison de le dire, il y a du vin sans alcool,
00:15:05il y a du vin pétillant et sans alcool.
00:15:07Il faut faire s'adapter au marché.
00:15:10Mais ils sont capables de le faire.
00:15:12Ils sont capables de le faire à condition quoi ?
00:15:15À condition que la concurrence des vins des autres pays ne soit pas avantagée par rapport à eux.
00:15:23Je vous signale qu'aujourd'hui, on importe en France 25% des vins qu'on consomme.
00:15:30On doit défendre notre agriculture.
00:15:33On doit défendre notre viticulture.
00:15:35Les agriculteurs, les viticulteurs sont prêts à faire des efforts.
00:15:38Ils en font tous les jours.
00:15:39Regardez ce qu'ils produisaient.
00:15:40Moi, je sais ce qu'on produisait chez moi il y a 30 ans et la qualité de ce qu'ils produisent aujourd'hui.
00:15:44Ils ont fait des efforts.
00:15:45Ils ont su s'adapter.
00:15:47Mais aujourd'hui, il faut les aider.
00:15:49Il faut les aider en arrachant un certain nombre de vignes qui produisent du vin qui est de mauvaise qualité
00:15:54et aider les gens à donc diminuer la production.
00:15:58Il faut les aider à irriguer.
00:16:00Aujourd'hui, il faut amener de l'eau.
00:16:02Il faut les aider à mieux commercialiser.
00:16:05Il faut les aider à s'adapter.
00:16:06Mais c'est une richesse, la viticulture.
00:16:08Sur les vins de chez nous, de quoi on vous parle quand vous allez à l'étranger ?
00:16:12Des parfums, de la bonne bouffe et de nos vins.
00:16:15Nos vins, ils sont connus dans le monde entier.
00:16:17Il faut les défendre.
00:16:18Ça s'appelle le patrimoine, madame.
00:16:21Merci, monsieur.
00:16:23Une dernière question, puisque la semaine prochaine s'ouvre le congrès des maires.
00:16:27Et puisque vous êtes maire de Béziers, je vous le demande.
00:16:29Est-ce que vous avez l'impression d'être en première ligne ?
00:16:31Est-ce que vous souffrez de cette instabilité politique ?
00:16:34On sait que les maires, justement, ont du mal à s'organiser puisqu'ils ne savent pas de quelle dotation ils vont avoir.
00:16:41Qu'est-ce que vous pensez de ce théâtre à l'Assemblée nationale ?
00:16:43C'est insupportable.
00:16:47J'en ai ras-le-bol de ces partis politiques.
00:16:50Je ne peux plus les supporter, les partis politiques.
00:16:53C'est une plaie pour nous.
00:16:55Vous vous rendez compte que, j'allais dire, on ricane, oui, on ricane ou on rigeonne en voyant les débats à l'Assemblée nationale.
00:17:01Quand ces gens-là vont enfin se soucier des problèmes de ma ville, pas de moi, pas du maire que je suis, de ma ville, des gens qui vivent dans ma ville.
00:17:10Il y a des réponses à avoir sur les problèmes d'insécurité.
00:17:14Vous savez, les gens, ils ne me parlent pas de tout un tas de choses.
00:17:16Ils me disent, nous, on va être tranquilles dans nos rues.
00:17:18Quand, enfin, on va donner à ma police municipale, comme à toutes les autres polices municipales, les pouvoirs dont on a besoin.
00:17:26Vous vous rendez compte que la police municipale, quand il y a des problèmes, et il y a des problèmes régulièrement,
00:17:31elle ne peut pas vous demander vos papiers d'identité.
00:17:34Elle ne peut pas vous faire ouvrir votre coffre.
00:17:36Elle n'a pas accès aux fichiers des assurances ou des véhicules volés.
00:17:40Je demande des choses aussi simples que ça.
00:17:43Ça ne nécessite même pas de nouvelles lois.
00:17:46Ça nécessite, vous savez quoi, que les partis politiques, que les hommes politiques se soucient un peu moins d'eux,
00:17:52qu'on n'en a pas seulement pour leur gueule.
00:17:54Moi, j'en ai marre qu'ils n'en aient que pour leur gueule.
00:17:57Je veux juste qu'ils se soucient des autres, qu'ils se soucient des autres,
00:18:01pas de leur lendemain, mais du quotidien des bitérois chez moi et des Français.
00:18:06Il y a des gens qui vivent dans des conditions difficiles aujourd'hui.
00:18:09Il faut répondre à leurs besoins.
00:18:11J'en ai marre des promesses.
00:18:12Je l'ai dit pour la viticulture, je le dis pour tout.
00:18:14J'en ai marre de la démagogie.
00:18:16J'en ai marre de ces partis qui, quand ils sont dans l'opposition,
00:18:19proposent des choses dont ils savent pertinemment qu'ils ne le feront pas si demain ils sont au pouvoir.
00:18:23Et j'en ai marre de ceux qui sont au pouvoir,
00:18:25qui nous ont fait des promesses et qui ne les tiennent jamais.
00:18:28Il y en a assez. Il y en a juste assez.
00:18:30Merci, Robert Ménard, pour votre coup de gueule.
00:18:34On voit bien et bien que la coupe est pleine.
00:18:36En tout cas, nous a rejoint Victor Oberdorf.
00:18:38Bonsoir, merci d'être avec nous.
00:18:38Antoine, Antoine, Antoine.
00:18:40Victor Hérault, Antoine Oberdorf, vous êtes là.
00:18:43Antoine, qu'est-ce que ça vous évoque, effectivement, le coup de gueule ?
00:18:47On sait que Robert Ménard, quand même, ça a l'air dans sa poche.
00:18:50Il a le verbo.
00:18:51Et néanmoins, chez tous les maires ruraux, on entend effectivement des mots comme
00:18:55« ce sont des guignols à l'Assemblée nationale ».
00:18:57Finalement, ils ne nous respectent pas.
00:18:59Nous sommes en première ligne.
00:19:00Il y a une forme de montée de l'antiparlementarisme,
00:19:03en tout cas une tentation antiparlementaire chez une partie des maires.
00:19:05Évidemment, on ne les mettra pas tous dans le même sac.
00:19:08Ils sont 35 000 à l'échelle du pays.
00:19:10Ils essayent d'assumer leur mission de premier magistrat comme ils le peuvent,
00:19:14avec des demandes de leurs administrés qui sont, je veux dire, mais sans cesse accrues.
00:19:19Il faut bien voir qu'aujourd'hui, les maires, là, on est à la veille,
00:19:22il y a un congrès important pour eux, et des études paraissent,
00:19:28notamment commandées par l'Association des maires de France,
00:19:31avec un politologue qui fait office de référence à la matière, Martial Foucault.
00:19:34Vous avez 58% des maires qui décident de rempiler en 2026,
00:19:40qui tenteront de conserver leur écharpe tricolore en 2026,
00:19:45ce qui est plutôt rassurant dans la mesure où on craint toujours la crise des vocations.
00:19:49Pourquoi des maires, au vu des émoluments très modestes dont ils bénéficient,
00:19:54au vu de la tâche que ça représente d'être maire de petites communes parfois,
00:19:58pourquoi ils retournent-ils ?
00:20:00Ils y retournent à hauteur de 58-60%
00:20:02pour des gens qui, pour beaucoup d'entre eux, n'ont pas d'ambition politique,
00:20:07n'ont pas d'ambition nationale.
00:20:09Certes, les maires des métropoles que nous connaissons ont des ambitions politiques,
00:20:13ont une existence à l'intérieur de leur parti.
00:20:15Mais il faut bien voir que pour ceux, pour le maire du Gers, de la Creuse,
00:20:19peut-être des alentours de Béziers chez Robert Ménard,
00:20:22qui doit à la fois faire face à la désertification médicale,
00:20:26parfois on est rendu à mettre des petites annonces pour recruter des médecins de campagne.
00:20:32On est très, très loin des préoccupations, effectivement, de l'Assemblée nationale.
00:20:36D'où la montée de ce dégoût.
00:20:37Mais encore une fois, il faut leur tirer leur chapeau, au maire.
00:20:39Et on dit souvent, ou ils disent eux-mêmes, qu'ils sont à portée de baffe, effectivement.
00:20:44Et on a entendu cette crise des vocations dont vous parliez à Victor Hérault.
00:20:47Et la tâche est encore plus compliquée pour les prochaines municipales,
00:20:50parce qu'on leur impose aussi la parité.
00:20:52Alors, effectivement, c'est un beau principe, la parité,
00:20:56mais c'est très difficile pour les maires de trouver des listes faites de la moitié d'hommes, la moitié de femmes.
00:21:01C'est l'une des très nombreuses difficultés auxquelles font face les maires.
00:21:03Vous avez raison de dire à portée de baffe, l'image peut faire rire,
00:21:06mais c'est ceux qui sont dans première ligne.
00:21:08Si vous voyez bien la pyramide des responsabilités,
00:21:11on a un président de la République qui est en immense difficulté
00:21:14et qui lui-même se résout à ne s'occuper que de l'international
00:21:17et à venir très rarement sur le terrain national.
00:21:19On a juste en dessous un gouvernement le plus fragile de la Ve République,
00:21:22à la tête duquel le Premier ministre lui-même a concédé
00:21:24qu'il était le Premier ministre le plus fragile et le plus en sursis de la Ve.
00:21:28On a juste en dessous une Assemblée nationale dont tous les députés,
00:21:31par l'équilibre des forces, se neutralisent.
00:21:34C'est-à-dire que les trois tiers font en sorte que les députés
00:21:36n'arrivent pas à trouver de consensus, de décision,
00:21:38donc un budget qui n'avance pas.
00:21:39Vous descendez toute la pyramide.
00:21:40À la fin, qui se retrouvent en première ligne, les maires ?
00:21:42On a l'impression, et ils ont l'impression sûrement à juste titre,
00:21:45qu'ils sont les derniers à tenir la baraque,
00:21:46qu'ils sont les derniers à pouvoir prendre des décisions.
00:21:48Et toutes les discussions parlementaires,
00:21:49toute l'impossible discussion sur le budget,
00:21:52on en parle beaucoup vis-à-vis des Français,
00:21:54mais vis-à-vis des maires, des communes, des budgets des communes,
00:21:56tout ça est très important.
00:21:57Ils sont complètement coincés,
00:21:58autant vis-à-vis des entreprises qu'ils administrent sur leur territoire,
00:22:02que vis-à-vis de leur budget propre.
00:22:04Tout ça est un casse-tête insoluble pour les maires
00:22:07qui n'attendent qu'une chose,
00:22:08c'est que le pays accouche d'un budget
00:22:09et que les responsabilités se restaurent dans cette pyramide que j'évoquais.
00:22:13Et à portée de bave, c'est tout sauf une image.
00:22:15Souvenez-vous des catastrophes qu'on a vécues,
00:22:18notamment au moment des émeutes consécutives
00:22:20à la mort du jeune Naël en 2023.
00:22:24Vous avez Vincent Jambrun, là il est rose,
00:22:26maire LR, commune d'une Val-de-Marne,
00:22:28qui voit sa voiture pilonner à la voiture Bélier.
00:22:30Je veux dire, vous avez le maire de Saint-Brévin,
00:22:33rappelez-vous ce maire d'une commune de Loire-Atlantique,
00:22:35qui est parce qu'il y a un conflit lié à l'installation
00:22:37d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile,
00:22:40voit sa maison incendiée,
00:22:41au risque de mettre sa famille en péril.
00:22:44Donc effectivement, à portée de bave,
00:22:46c'est tout sauf une image.
00:22:48Vous avez des témoignages qui se multiplient.
00:22:50Je pense aussi à cette maire,
00:22:51une femme pour le coup, Camille Pouponneau,
00:22:53maire d'une commune de Haute-Garonne, Pibrac,
00:22:56qui avait témoigné, qui avait écrit un livre,
00:22:59qui avait fait un petit peu date
00:23:00pour dire combien on avait un sentiment d'isolement
00:23:04quand on est maire, qu'on doit faire face
00:23:05à l'insécurité, au trafic de drogue,
00:23:08à la désertification médicale pour certains.
00:23:10J'en passe, et des meilleurs.
00:23:12Vraiment, encore une fois, pour être maire,
00:23:13il faut quand même avoir le sens de l'État
00:23:15et du service public sacrément chevillé-corps aujourd'hui.
00:23:17Et on salue tous les maires de France.
00:23:20On se retrouve dans un petit quart d'heure.
00:23:21On va faire un point sur l'international ce soir.
00:23:24Et on va parler de l'affaire Epstein.
00:23:25C'est un des scandales les plus retentissants
00:23:28des dernières décennies,
00:23:29qui implique le trafic sexuel,
00:23:31la corruption,
00:23:32et aussi la relation avec les élites mondiales.
00:23:36Et si on en parle ce soir,
00:23:36c'est parce que Donald Trump
00:23:38pourrait être mêlé à l'affaire.
00:23:41On va tout de suite retrouver notre correspondant aux États-Unis,
00:23:43Axel Monnier.
00:23:45Cette affaire ne cesse d'avoir des rebondissements.
00:23:49Et là, il pourrait peut-être éclabousser Donald Trump,
00:23:52tout du moins le fragiliser,
00:23:54puisque des milliers de courriels de Jeffrey Epstein,
00:23:56donc ce milliardaire,
00:23:58ont été publiés.
00:23:58– Effectivement,
00:24:02et ils sont accablants pour le président américain,
00:24:04notamment deux petites phrases.
00:24:05La première, c'est « il savait pour les filles »
00:24:08et la deuxième, c'est « il a passé plusieurs heures chez moi,
00:24:11sous-entendu avec une victime ».
00:24:13Et c'est vrai que depuis,
00:24:14on sent une énorme fébrilité ici,
00:24:16à la Maison-Blanche,
00:24:17comme jamais depuis l'arrivée de Donald Trump
00:24:19sur la scène politique américaine en 2015.
00:24:22Il a tenté d'allumer des contrefeux.
00:24:24Il parle de rumeurs,
00:24:26de fausses informations répandues par les démocrates.
00:24:29Il a même demandé au FBI
00:24:31et au département de la justice
00:24:33de lancer une grande enquête
00:24:35contre les possibles figures démocrates
00:24:37qui seraient liées à cette affaire Epstein
00:24:41ici aux États-Unis.
00:24:43Oui, mais le problème,
00:24:44c'est qu'il sait aussi qu'il est lâché
00:24:45par une partie des Républicains.
00:24:47D'abord, les élus.
00:24:48Il y en a plusieurs qui votent avec les démocrates
00:24:51pour permettre justement
00:24:52que soit rendu public
00:24:53l'intégralité des documents
00:24:55de cette affaire Epstein.
00:24:57Et l'autre, c'est la base.
00:24:59Les électeurs républicains,
00:25:00ils sont très divisés sur le sujet.
00:25:02Ils sont d'ailleurs plutôt une majorité
00:25:03à vouloir réclamer la sortie de ces documents.
00:25:07D'ailleurs, un sondage sorti avant
00:25:09les dernières révélations de cette semaine,
00:25:11il y a quelques semaines,
00:25:13montrait que 90% des Américains
00:25:15sont favorables à ce que ces documents
00:25:18soient rendus publics.
00:25:19Et voilà, vous comprendrez pourquoi
00:25:21Donald Trump est en train
00:25:23de parer au plus pressé
00:25:25et d'essayer d'allumer des contre-feux
00:25:27pour montrer qu'il n'est peut-être pas
00:25:29le seul à être mêlé dans cette affaire.
00:25:31Merci Axel Meunier.
00:25:33En direct, donc, des États-Unis.
00:25:35L'affaire Epstein,
00:25:36Donald Trump savait-il pour les filles ?
00:25:39Je vous rappelle qu'il exploitait
00:25:40ce milliardaire.
00:25:41Tout un système de très, très jeunes filles,
00:25:43souvent issues de milieux défavorisés,
00:25:45et qu'il les utilisait dans des résidences luxueuses
00:25:48en Floride, au Nouveau-Mexique
00:25:50ou encore sur son île privée des Caraïbes.
00:25:52On en parle ce soir avec Christine Ocren.
00:25:54Bonsoir.
00:25:54Bonsoir.
00:25:54Vous publiez le Trump de A à Z,
00:25:57un premier dictionnaire,
00:25:58et il y a tout un chapitre réservé à Epstein.
00:26:02On va en parler.
00:26:02À la lettre E.
00:26:03À la lettre E.
00:26:04Alors déjà, est-ce qu'on dit Epstein ou Epstein ?
00:26:06Reprennez-moi.
00:26:06Alors, tout dépend si vous pratiquez l'anglais américain
00:26:10ou l'anglais anglais.
00:26:12D'accord.
00:26:12Donc, vous pouvez choisir ce soir.
00:26:14Bon, je choisis.
00:26:15Merci d'être avec nous, Anne Désine,
00:26:17professeure de droit et de civilisation américaine
00:26:19à l'Université de Paris-Nanterre,
00:26:21et auteur de Les États-Unis et la démocratie,
00:26:23et Thierry Arnaud,
00:26:25éditorialiste politique internationale de BFM TV.
00:26:27Qu'est-ce que vous pouvez nous dire, alors,
00:26:29de ce chapitre à la lettre E,
00:26:30comme Epstein ?
00:26:32J'ai choisi mon camp.
00:26:33Et pourquoi est-ce que, finalement,
00:26:35cette affaire de mœurs
00:26:37pourrait éclabousser toute l'administration de Donald Trump ?
00:26:43Pour deux raisons.
00:26:45D'abord, parce que c'est Donald Trump lui-même
00:26:48qui, pendant la campagne électorale de 2024,
00:26:51a agité cette idée
00:26:53que les élites des riches démocrates
00:26:56qui étaient d'affreux pédophiles
00:26:59et qui étaient mêlées, donc,
00:27:02aux agissements de ce pervers sexuel
00:27:05qui, véritablement, avait une espèce d'écurie
00:27:07de très jeune fille,
00:27:10lequel Epstein a fini par mourir en prison.
00:27:13Et donc, vous avez...
00:27:14Mourir ou...
00:27:16C'est la double théorie du complot.
00:27:19Et le problème avec les complotistes,
00:27:22auxquels Trump et sa base MAGA
00:27:24contribuent avec appétit,
00:27:26c'est qu'à un moment donné, ça se retourne contre eux.
00:27:29Et donc, il y a la théorie du complot.
00:27:31Est-ce qu'Epstein a été assassiné
00:27:33pour éviter que les noms des usagers,
00:27:39encore une fois, des endroits que vous avez cités,
00:27:42ne soient pas divulgués par lui ?
00:27:45Ou est-ce que cette liste va être publiée ?
00:27:49Et ce qui est extraordinaire depuis janvier,
00:27:53c'est la maladresse de l'administration Trump
00:27:57à gérer cette histoire.
00:28:00Parce qu'ils ont commencé par dire
00:28:01la ministre de la Justice,
00:28:03qui n'est autre que l'avocate de Donald Trump.
00:28:07Il a nommé sa propre avocate
00:28:08à la tête du ministère de la Justice.
00:28:10Et donc, cette dame, Pam Bondi,
00:28:11dit au début, dès la fin janvier,
00:28:14« Ah, mais nous sommes transparents. »
00:28:16Et donc, tout le dossier Epstein est sur mon bureau
00:28:19et tous les élus vont pouvoir venir le consulter.
00:28:22Là-dessus, changement de braquet,
00:28:24changement d'avis.
00:28:25« Ah ben non, ce n'est pas la peine
00:28:26parce qu'il n'y a rien dedans. »
00:28:28Et donc, de mois en mois,
00:28:30vous avez eu une gesticulation contradictoire
00:28:34avec le patron des Républicains
00:28:37à la Chambre des représentants,
00:28:38je parle sous contrôle de Thierry Arnault,
00:28:40qui a mis en vacances
00:28:44la Chambre des représentants
00:28:47pour éviter un examen par le Congrès.
00:28:51Cet examen a quand même eu lieu
00:28:52parce que, je vous passe les détails,
00:28:55c'est toute une machinerie politique.
00:28:57Et donc, en fait,
00:28:59beaucoup de ce dossier
00:29:01a été publié la semaine dernière
00:29:03par les élus démocrates.
00:29:05Et là-dessus, les Républicains aussi ont dit
00:29:08« Mais nous publions tout. »
00:29:10Et là, Donald Trump,
00:29:12comme d'habitude,
00:29:12qu'est-ce qu'il fait ?
00:29:13Il essaye de changer de sujet.
00:29:16Il essaye de changer de sujet.
00:29:17Il dit « Il faut enquêter sur les démocrates,
00:29:21sous-entendu pas sur moi. »
00:29:24Et donc, évidemment...
00:29:25Et il allume un autre feu.
00:29:27Il allume un autre feu de Mike Trump
00:29:28et regardez qui il cible.
00:29:30C'est Bill Clinton,
00:29:32l'ancien patron des démocrates.
00:29:33« Je ne sais rien de cela.
00:29:36Sinon, ça aurait été annoncé il y a longtemps.
00:29:38Ce qui m'intéresse plutôt,
00:29:39c'est que voulait-il dire
00:29:41lorsqu'il passait tout ce temps
00:29:42avec Bill Clinton,
00:29:43avec le président de Harvard,
00:29:45vous savez, Summers,
00:29:46Larry Summers,
00:29:47quel que soit son nom,
00:29:48et tous les autres avec qui il passait du temps.
00:29:50Jeffrey Epstein et moi
00:29:51avons eu une très mauvaise relation
00:29:53pendant de nombreuses années. »
00:29:54Anne Désine,
00:29:56vous qui êtes professeure de droit,
00:29:58on parle à propos de cette affaire de Epstein.
00:30:01Eh bien, c'est même pas un scandale.
00:30:04C'est-à-dire qu'on parle d'un trafic
00:30:05quasiment pédocriminel de jeunes filles.
00:30:09Qu'est-ce que Donald Trump risque
00:30:11si on découvre qu'il savait
00:30:13que ce milliardaire faisait venir
00:30:15à la chaîne des dizaines de jeunes femmes
00:30:17sur des îles ?
00:30:19Alors, ce qui est curieux,
00:30:20c'est que la divulgation de ces e-mails,
00:30:22bon, tout le monde en parle depuis,
00:30:24il y en a qui datent de 2002,
00:30:25d'autres de 2008,
00:30:26d'autres qui sont plus récents,
00:30:29ne disent pas grand-chose.
00:30:30Alors, je ne parle même pas
00:30:31du témoignage de la campagne d'Epstein
00:30:33qui a été convoquée
00:30:35par le ministre adjoint de la Justice
00:30:37qui est un autre ex-avocat de Trump.
00:30:39Donc, on se doute de l'ambiance.
00:30:42Et elle, elle a envie d'être changée
00:30:43dans une prison moins dure
00:30:45et peut-être d'obtenir une grâce.
00:30:46Donc, elle a dit tout et n'importe quoi,
00:30:48à savoir que Trump était un gentleman,
00:30:50ce qui est quand même le terme
00:30:51qui s'applique le mieux à ce monsieur.
00:30:53Ou le moins.
00:30:54Oui, non, mais c'est une plaisanterie.
00:30:56Et donc, en fait, curieusement,
00:30:58il semblerait que peut-être Trump savait,
00:31:01mais ce n'est pas nécessairement poursuivable,
00:31:03si j'ose dire, en justice.
00:31:05Donc, moi, ce qui me frappe,
00:31:06c'est les efforts que tous ont mis en place
00:31:09pour que ça ne sorte pas,
00:31:11y compris les pressions sur les quatre républicains
00:31:13qui se sont mis d'accord avec les démocrates
00:31:15pour faire un vote spécial
00:31:16pour contourner l'opposition du speaker de la Chambre.
00:31:19Alors que, finalement,
00:31:22il n'est pas sûr qu'il se passe grand-chose.
00:31:23Or, on sait très bien que dans les théories du complot,
00:31:25plus on résiste, plus la théorie grandit.
00:31:28Et c'est exactement ce qu'il est en train de se passer.
00:31:31Sur le plan juridique,
00:31:32moi, ce qui me frappe beaucoup,
00:31:33c'est qu'en allumant un contre-feu,
00:31:36en disant qu'il faut enquêter
00:31:37sur des gens qui n'ont pas quand même une image
00:31:41dans leur relation avec les femmes,
00:31:42que ce soit Clinton ou Larry Summers,
00:31:44donc il y aurait certainement des choses à dire.
00:31:46Mais en donnant ordre à son ministre de la Justice,
00:31:49qui elle-même donne ordre
00:31:50au procureur spécial du Southern District of New York,
00:31:53qui a une image d'indépendance,
00:31:55de poursuivre ces gens-là,
00:31:56c'est toute la réputation du ministère de la Justice
00:31:58et de l'indépendance des poursuites
00:32:00qui est jetée à la poubelle.
00:32:01Enfin, moi, ce qui me choque dans vos propos,
00:32:04en tout cas, ce qui m'interpelle,
00:32:06ça veut dire qu'effectivement,
00:32:08des grands dirigeants politiques,
00:32:09comme par exemple peut-être Bill Clinton,
00:32:11peut-être Donald Trump,
00:32:12savait que donc ce milliardaire,
00:32:14ce financier,
00:32:16eh bien, faisait venir un trafic de jeunes femmes.
00:32:20Tout le monde savait, finalement,
00:32:21c'était notoirement connu.
00:32:22Peut-être certains sont même allés sur ces îles.
00:32:25C'est tout ce milieu de fêtards new-yorkais.
00:32:27Et ce qui est très singulier,
00:32:29quand Trump parle de ça pendant sa campagne électorale,
00:32:31comme s'il avait oublié
00:32:33qu'ils avaient quand même été copains.
00:32:35Alors, ça ne veut pas dire du tout,
00:32:36et je n'insinue pas,
00:32:37que Donald Trump, lui-même,
00:32:39a participé à tous ces ébats.
00:32:41– Dans les mails qui ont filtré,
00:32:46Epstein écrit que Trump n'a pas participé.
00:32:49Il savait, mais qu'il n'a pas participé.
00:32:50– Mais cette fille qui s'est suicidée l'été dernier,
00:32:56Virginia Jufri,
00:32:57qui avait poursuivi André,
00:33:00qu'on appelle maintenant André Mountbatten-Windsor,
00:33:03puisqu'on ne peut plus l'appeler le prince en dos,
00:33:06qu'il avait poursuivi en justice.
00:33:08– Le prince en dos qui a donc été déchu par le roi.
00:33:12– Ce n'est pas plus simple d'ailleurs,
00:33:15Andrew Mountbatten-Windsor.
00:33:18Mais encore une fois, comme le dit Anne Désine,
00:33:21on peut imaginer que Ghislaine Maxwell,
00:33:24qui a négocié un confort,
00:33:27une prison beaucoup plus confortable,
00:33:30et les surveillants de cette prison se plaignent
00:33:32parce qu'elle exige d'être traitée,
00:33:37d'avoir un chien.
00:33:38Donc on peut imaginer là qu'il y a un deal
00:33:42à la manière de Trump.
00:33:44Mais Trump lui-même, souvenez-vous,
00:33:46quand il rentre d'Ecosse l'été dernier,
00:33:49où il avait négocié avec Ursula von der Leyen,
00:33:52les droits de douane.
00:33:54Il rentre avec Air Force One,
00:33:56et il a l'habitude, il parle tout le temps,
00:33:58c'est pour ça que j'ai écrit ce livre comme un dictionnaire,
00:34:01il parle tout le temps de tout.
00:34:02Donc c'est fascinant de voir le vocabulaire qu'il emploie,
00:34:07et la mise en page, et les images.
00:34:10Et Trump, à ce moment-là, dit,
00:34:12Epstein s'est très très mal conduit.
00:34:14Alors on se dit, mais ça y est, il va sortir un truc ?
00:34:16Non, il dit, il m'a piqué une fille
00:34:19qui travaillait dans mon spa,
00:34:21j'ai le plus beau spa du monde à Mar-a-Lago,
00:34:25et donc, les journalistes insistent en disant,
00:34:28mais est-ce qu'il s'agit précisément
00:34:30de cette malheureuse jeune femme,
00:34:31Virginia Jeffrey, etc.
00:34:33Et Trump dit, mais Epstein s'est très très mal conduit,
00:34:37et puis il y a la fameuse histoire de la lettre,
00:34:40la lettre d'anniversaire,
00:34:42avec le dessin qui serait de la main de Donald Trump
00:34:46pour l'anniversaire d'Epstein,
00:34:48lettre publiée par le Wall Street Journal,
00:34:51auquel maintenant Donald Trump réclame
00:34:5310 milliards de dollars.
00:34:56Mais le Wall Street a gagné en première instance,
00:34:58et Trump n'a pas fait appel,
00:35:00ce qui prouve bien qu'une fois de plus,
00:35:01ce sont des manœuvres d'intimidation contre les médias.
00:35:04Et si les médias résistent,
00:35:06généralement, il ne se passe pas.
00:35:07Ce qui est intéressant dans toutes ces actions en justice,
00:35:09c'est qu'il y a beaucoup de rejets,
00:35:13parfois la Cour suprême le sauve,
00:35:14mais on ne pense pas au bout de l'isberg qui est caché,
00:35:17c'est-à-dire le nombre de fois
00:35:18où Trump prend sa défaite et ne fait rien,
00:35:21parce qu'il sait que c'est non défendable.
00:35:23Oui, mais Anne, il va sur les réseaux.
00:35:26Et avec des majuscules, il la fait encore aujourd'hui même.
00:35:30Parce qu'il y a quand même une déflagration
00:35:32au sein du mouvement MAGA,
00:35:35avec cette passionnariat qui s'appelle Marjorie Taylor Greene,
00:35:40et Trump, avec ce talent de vocabulaire,
00:35:42c'est un communicant hors pair,
00:35:44Tout à coup, la traite,
00:35:47donc Marjorie Taylor Greene,
00:35:50devient Marjorie Traitor Greene,
00:35:53la traîtresse.
00:35:54Et ça, dans le mouvement MAGA,
00:35:56c'est véritablement une fissure.
00:36:00Il ne faut pas anticiper sur les résultats politiques,
00:36:03mais dans le climat actuel,
00:36:05la baisse dans les sondages,
00:36:07l'inflation,
00:36:08ce n'est pas bon pour le président.
00:36:11Thierry Arnaud, en tout cas,
00:36:12on sent évidemment que les démocrates
00:36:13cherchent ce moyen pour déstabiliser Donald Trump
00:36:16et vont s'engouffrer tout à fait dans cette brèche.
00:36:19Bien sûr, parce qu'on voit bien
00:36:20qu'il y a deux problèmes aujourd'hui, Donald Trump.
00:36:22D'abord, il y a une incohérence fondamentale
00:36:24entre le fait de dire
00:36:25« je ne savais rien, je ne suis au courant de rien,
00:36:27je ne suis pas concerné par cette affaire »
00:36:29et mener toute cette opération,
00:36:31toutes ces initiatives,
00:36:33faire toutes ces déclarations,
00:36:35demander cette enquête sur les démocrates,
00:36:37lancer une contre-offensive.
00:36:38Ce n'est pas le comportement de quelqu'un
00:36:39qui n'a rien à se reprocher
00:36:42et qui est totalement serein
00:36:44sur ce que pourraient contenir ces mails.
00:36:46Et puis, le deuxième sujet, c'est que…
00:36:48D'autant plus, effectivement,
00:36:50que Mme O'Krent le rappelait,
00:36:51on sait que Donald Trump,
00:36:54comment est-ce que je pourrais dire ça ?
00:36:56Tiens, je vais être bien embêtée
00:36:57à l'idée de finir ma phrase, etc.
00:36:59On aurait pu avoir de la sympathie, finalement,
00:37:02pour ce financier Jeffrey Epstein.
00:37:05Ils étaient très copains.
00:37:05Ils étaient très copains.
00:37:07Il a même dit, effectivement,
00:37:08« Jeffrey Epstein, c'est un homme à femme.
00:37:10Il me ressemble. »
00:37:11On dit même que Mélania…
00:37:14L'a rencontrée par l'intermédiaire
00:37:16de Jeffrey Epstein.
00:37:17Voilà.
00:37:17Alors, Mélania menace de procès.
00:37:19C'est une famille qui aime faire le procès.
00:37:22Donc, Mélania menace de procès
00:37:24tous ceux qui disent que c'est Epstein
00:37:25qui l'a présenté…
00:37:28Juste pour souligner un élément important,
00:37:29c'est que les Américains
00:37:31ne croient pas la version de Donald Trump,
00:37:34n'achètent pas, pour parler comme un Américain,
00:37:36son argumentaire sur l'affaire Epstein.
00:37:39Il y a une très large majorité,
00:37:41Axel Meunier l'a rappelé tout à l'heure,
00:37:42des Américains qui souhaitent
00:37:43que l'ensemble des documents soient publiés.
00:37:45Et lorsqu'on interroge les Américains
00:37:47sur la question de savoir
00:37:48s'ils ont une bonne opinion
00:37:50de la manière dont ils traitent son dossier,
00:37:52la réponse est très, très largement négative.
00:37:54Merci infiniment d'avoir fait le point
00:37:57sur cette affaire de corruption.
00:37:59Mais vous pouvez en savoir plus
00:38:00si vous venez au théâtre du Montparnasse.
00:38:02Oui.
00:38:04Donc, lundi, il vient,
00:38:06et les deux lundis qui suivent à 18h,
00:38:09parce que je ferai une conférence
00:38:10à partir de ce dictionnaire
00:38:12du vocabulaire de Trump.
00:38:14Et vous aborderez la lettre J comme justice.
00:38:17Et moi, j'ajoute quelque chose,
00:38:19c'est que ce ne serait pas une bonne idée
00:38:20que les démocrates mettent tous les œufs
00:38:21dans le panier Einstein,
00:38:23parce que Trump a montré
00:38:24qu'il était capable de faire glisser
00:38:26les pires scandales sur lui.
00:38:27Donc, ils auraient intérêt
00:38:28à s'intéresser au coût de la vie.
00:38:30Merci infiniment, Anne Désine,
00:38:32d'avoir été notre invitée.
00:38:33Christine Kren, le Trump de A à Z,
00:38:35vous dites,
00:38:35je peux faire ce que je veux,
00:38:37je suis le président des États-Unis.
00:38:38Ça, c'est signé par Donald Trump.
00:38:40Merci.
00:38:40À 19h sur BFM TV,
00:38:42nous allons faire le point
00:38:43sur cette coupure d'antenne
00:38:45qui a eu lieu cet après-midi.
00:38:48Déjà, je vous prie de bien vouloir
00:38:49m'excuser au nom de la rédaction
00:38:50parce que l'antenne a dû être interrompue.
00:38:53Elle n'a repris que vers 18h
00:38:54puisqu'il y a eu une alerte à la bombe
00:38:56dans les locaux de BFM TV.
00:38:59Une alerte à la bombe
00:39:00qui a été prise très, très au sérieux
00:39:02puisque tout le quartier a été bouclé
00:39:04et que la direction de BFM TV
00:39:06a décidé d'évacuer les lieux,
00:39:10d'évacuer les lieux
00:39:11de tous les étages du groupe RMC,
00:39:15de la tribune dimanche,
00:39:16mais aussi de BFM.
00:39:17Nous avons dû quitter le bâtiment
00:39:19puisqu'il y a eu une alerte à la bombe.
00:39:21Paul Conge, merci d'être avec nous.
00:39:23Vous êtes journaliste police-justice
00:39:25pour BFM TV.
00:39:26Est-ce que vous pouvez expliquer
00:39:28à nos téléspectateurs
00:39:29cette alerte très grave
00:39:31qui a été lancée cet après-midi ?
00:39:32Oui, toute la rédaction de BFM TV,
00:39:33vous l'avez dit,
00:39:34a été évacuée ce samedi
00:39:35après la réception par la police parisienne
00:39:37d'un message extrêmement menaçant
00:39:39vers 14h30.
00:39:40Un individu anonyme
00:39:43affirmait avoir déposé
00:39:44des engins explosifs
00:39:45dans nos locaux
00:39:46et menacé de faire sauter le bâtiment
00:39:48à 15h20.
00:39:49Il donnait même l'horaire.
00:39:50Message reçu vers 14h30
00:39:51par la police
00:39:52et jugé suffisamment inquiétant
00:39:54et suffisamment crédible
00:39:55pour que la préfecture de police de Paris
00:39:57ordonne de boucler le quartier.
00:39:59La décision a été prise ensuite
00:40:00par la direction de BFM TV
00:40:02d'évacuer le bâtiment.
00:40:03Il faut rappeler
00:40:03le contexte particulier à Paris.
00:40:05Très particulier au lendemain
00:40:07des 10 ans du 13 novembre.
00:40:08Non seulement les 10 ans du 13 novembre
00:40:11mais aussi le plan Vigipirate
00:40:12Urgence Attentat
00:40:13qui s'applique toujours à Paris.
00:40:15L'alerte incendie a retentit
00:40:16vers 15h20.
00:40:18Tous les salariés
00:40:19ont quitté les locaux.
00:40:21Un périmètre de sécurité
00:40:22a été très vite établi.
00:40:23Les routes ont été coupées
00:40:24aux abords du bâtiment.
00:40:25Cinq équipes cynophiles
00:40:27ont sillonné les étages du bâtiment
00:40:29étage par étage
00:40:30à la recherche d'engins explosifs.
00:40:32Ils n'en ont heureusement
00:40:33pas trouvé.
00:40:34L'alerte a été levée
00:40:35finalement vers 17h35
00:40:36et les salariés et les journalistes
00:40:37ont pu regagner les locaux.
00:40:39Thibaut Chevillard,
00:40:40merci d'être avec nous.
00:40:41Consultant police-justice
00:40:43pour BFM TV
00:40:44nous a rejoint également
00:40:45Bruno Pommard,
00:40:46président du Think Tank
00:40:47Initiative Sécurité Intérieure,
00:40:49ancien instructeur du RAID
00:40:50et Jacques-Charles Fonbonne,
00:40:52général de gendarmerie,
00:40:53consultant police-justice
00:40:55pour BFM TV.
00:40:56Merci d'être avec nous.
00:40:57Ce qui s'est passé,
00:40:58c'est quand même
00:40:59extrêmement, extrêmement grave.
00:41:01C'est-à-dire que
00:41:02la police appelle en disant
00:41:04il y a une alerte à la bombe.
00:41:06Il faut rappeler que
00:41:07la personne qui a envoyé
00:41:09ce message à la police
00:41:10pour dire qu'ils allaient poser
00:41:11une bombe dans le bâtiment
00:41:13risque du pénal.
00:41:14C'est très, très grave.
00:41:15Oui, oui, tout à fait.
00:41:16C'est l'article 322-14
00:41:18du code pénal.
00:41:19C'est deux ans d'emprisonnement,
00:41:2030 000 euros d'amende.
00:41:22Et je dirais que c'est normal
00:41:23parce que c'est quelque chose
00:41:25qui est très difficile
00:41:27à vérifier en amont.
00:41:28Donc c'est toujours grave
00:41:30à partir du moment,
00:41:31je dirais,
00:41:31où les propos qui sont tenus
00:41:32par la personne
00:41:33sont cohérents.
00:41:34On ne peut pas ne pas.
00:41:35C'est-à-dire que forcément
00:41:37se lancent en même temps
00:41:38deux opérations.
00:41:41La première
00:41:41et qui est évidemment
00:41:42la plus importante,
00:41:43c'est de mettre
00:41:44les personnes à l'abri.
00:41:45Donc comme vous l'avez fait,
00:41:46on évacue les bâtiments.
00:41:48Il y a des plans
00:41:49qui sont prévus,
00:41:50notamment avec un serre-fil
00:41:51par exemple,
00:41:52c'est-à-dire qu'il y a une personne
00:41:53qui doit partir la dernière
00:41:54et qui doit s'assurer
00:41:55qu'il ne reste personne
00:41:56dans les bâtiments.
00:41:57Et puis ensuite,
00:41:58ce sont les forces de l'ordre
00:41:59qui interviennent.
00:42:00Alors police ou gendarmerie
00:42:01selon la zone
00:42:01dans laquelle on se trouve ici,
00:42:02évidemment,
00:42:03c'est la préfecture de police
00:42:04et on quadrille la zone
00:42:05avec des chiens
00:42:06qui ont d'ailleurs
00:42:07un entraînement extraordinaire,
00:42:09les chiens anti-explosifs.
00:42:13Et puis,
00:42:14on ratisse
00:42:14petit à petit.
00:42:16Si l'on trouve quelque chose
00:42:17à ce moment-là
00:42:18dont le doute,
00:42:19on ne touche pas.
00:42:20Même les démineurs,
00:42:21ils font exploser
00:42:22s'il y a une valise,
00:42:22s'il y a un objet quelconque.
00:42:24Et puis une fois
00:42:24que tout est sécurisé,
00:42:26à ce moment-là,
00:42:26on lève l'alerte
00:42:27avec toujours
00:42:28cette difficulté
00:42:29qui existe dans les...
00:42:30C'est l'IRA
00:42:31qui avait inventé ça
00:42:32dans les années 70,
00:42:33c'est-à-dire
00:42:34la double attaque.
00:42:35On fait une alerte
00:42:37à la bombe
00:42:37dans un bâtiment
00:42:38et lorsque les gens
00:42:40sont à l'extérieur
00:42:41du bâtiment,
00:42:42à ce moment-là,
00:42:43c'est une poubelle,
00:42:43c'est une voiture piégée
00:42:44qui explose
00:42:45au moment où tout le monde
00:42:46est rassemblé,
00:42:46ce qu'on appelle
00:42:47le sur-attentat.
00:42:48Et on imagine effectivement
00:42:49Bruno Pommard
00:42:49le courage aussi
00:42:50de ces hommes
00:42:51qui sont allés
00:42:52dans cette tour
00:42:52puisque quand même,
00:42:53je le rappelle,
00:42:53cette alerte à la bombe
00:42:54a été jugée suffisamment crédible
00:42:56pour qu'on boucle
00:42:57l'ensemble du quartier.
00:42:58C'est des précautions
00:42:59tout à fait normales
00:43:00qui sont prises,
00:43:00le général l'a bien signalé,
00:43:01effectivement,
00:43:02et nos spécialistes
00:43:04explodent effectivement
00:43:04avec leurs chiens,
00:43:05effectivement,
00:43:06prennent beaucoup de risques.
00:43:07Oui, parce qu'à un moment donné,
00:43:08il faut aller au contact
00:43:09et essayer de trouver
00:43:09effectivement s'il y a
00:43:10une charge explosive
00:43:11qui a été déposée ici.
00:43:12Et c'est d'autant plus
00:43:13inquiétant, je dirais,
00:43:18que nous avons à côté
00:43:18d'une zone militaire
00:43:19hyper sensible
00:43:20avec Ballard.
00:43:21Donc c'est un secteur
00:43:23qui est quand même
00:43:23assez précis
00:43:25à protéger
00:43:26et vous êtes un média,
00:43:28un média,
00:43:28écoutez,
00:43:29vous faites évidemment
00:43:30de l'actu tous les jours
00:43:31et effectivement,
00:43:31ça peut déplaire à des gens.
00:43:32Donc tout est possible,
00:43:33il y a une enquête
00:43:33sûrement qui est en cours
00:43:34et qui va permettre
00:43:35de déterminer pourquoi
00:43:36effectivement BFM
00:43:37a été sujet à cette affaire.
00:43:39Thibaut Chiverillard,
00:43:40on a rappelé,
00:43:41Paul Conge l'a rappelé
00:43:42à l'instant,
00:43:42effectivement,
00:43:43on fait partie
00:43:43d'une période
00:43:45où nous sommes
00:43:45en vigilance attentat
00:43:47et les médias
00:43:48peuvent être ciblés.
00:43:49On attache une sécurité
00:43:51très importante
00:43:52à évidemment,
00:43:53on imagine,
00:43:54les lieux de culte
00:43:55et les lieux de rassemblement
00:43:56comme les matchs de football
00:43:57mais aussi les médias.
00:43:58Bien sûr,
00:43:59il faut quand même
00:44:00se rappeler
00:44:00qu'en janvier 2015,
00:44:03il y a une rédaction
00:44:04qui a été visée
00:44:04par un groupe terroriste.
00:44:07On sait que les médias
00:44:08font une cible
00:44:10pour les terroristes
00:44:12notamment
00:44:12mais il y a également
00:44:14tout un tas de personnes
00:44:15qui pourraient en vouloir
00:44:16à un média
00:44:17parce que la ligne éditoriale
00:44:19ne lui convient pas,
00:44:20parce qu'il y a des choses
00:44:21qui sont dites
00:44:21qui ne correspondent pas
00:44:22finalement à la façon
00:44:23de penser de ces gens
00:44:24et du coup,
00:44:26effectivement,
00:44:26les médias reçoivent
00:44:27régulièrement
00:44:28des menaces,
00:44:28des lettres,
00:44:29des insultes,
00:44:31des choses comme ça.
00:44:32Alors,
00:44:32heureusement,
00:44:33on en arrive rarement
00:44:34à des situations
00:44:35comme celle d'aujourd'hui
00:44:36mais ce sont des choses
00:44:37qui peuvent effectivement
00:44:38se produire malheureusement.
00:44:39Jean-Charles Fontbonne,
00:44:41vous rappeliez effectivement
00:44:42ce que risque une personne
00:44:46si jamais,
00:44:47même un guignol
00:44:48qui appelle
00:44:48pour une alerte
00:44:49à la bombe
00:44:50risque du pénal
00:44:51et ce qu'il faut dire aussi
00:44:53c'est qu'on retrouve
00:44:54toujours ces personnes
00:44:56a priori,
00:44:56même si elles envoient
00:44:58des messages
00:44:58sur les réseaux sociaux
00:44:59sous des faux comptes,
00:45:01etc.
00:45:01Ça n'existe pas,
00:45:02l'anonymat,
00:45:03la police retrouve.
00:45:03Oui,
00:45:04la police retrouve.
00:45:06Je pense qu'il ne faut pas
00:45:07que l'on dise ici
00:45:09les méthodes d'enquête
00:45:12parce que comme
00:45:13toutes les enquêtes
00:45:14techniques,
00:45:15elles sont,
00:45:16on va dire,
00:45:17relativement facilement
00:45:18contournables.
00:45:19Ce qu'il faut dire
00:45:19c'est qu'il y a eu,
00:45:21alors je crois que
00:45:21les derniers chiffres
00:45:22c'est 2022,
00:45:23il y a eu 670 personnes
00:45:25qui ont été poursuivies
00:45:26par des alertes à la bombe
00:45:27et puis...
00:45:28Et condamnées.
00:45:29Et condamnées.
00:45:29Et condamnées.
00:45:30Oui, poursuivies et condamnées.
00:45:31Et c'était peine
00:45:32avec quelquefois
00:45:33de la prison ferme
00:45:34et en tout cas
00:45:34des amendes
00:45:35et puis surtout
00:45:35la constitution
00:45:36est quasi judiciaire
00:45:37puisque c'est un délit
00:45:38donc c'est le tribunal correctionnel.
00:45:40Parce qu'en plus
00:45:40ça cause aussi
00:45:41un préjudice
00:45:42non seulement
00:45:43aux forces de police
00:45:44qui sont mobilisées
00:45:45pour rien
00:45:45mais aussi
00:45:46aux personnes
00:45:47qui sont concernées
00:45:48par cette alerte à la bombe
00:45:49parce qu'on a déjà eu des cas
00:45:50où dans des fausses
00:45:51alertes à la bombe
00:45:51des personnes peuvent aussi
00:45:52ressentir ensuite
00:45:53des formes de traumatisme
00:45:54être en tout cas
00:45:55terrorisées
00:45:56par l'expérience
00:45:57qu'elles ont vécue.
00:45:58Donc même si ces alertes
00:45:59s'avèrent fausses
00:46:00en tout cas
00:46:01elles restent bel et bien
00:46:02malveillantes
00:46:02et c'est pour ça
00:46:03que les autorités
00:46:04s'attachent à retrouver
00:46:04ensuite
00:46:05les auteurs
00:46:06de ces appels malveillants
00:46:07de ces messages malveillants
00:46:09et prennent ça
00:46:09très au sérieux
00:46:10des poursuites
00:46:10sont systématiquement
00:46:11déclenchées
00:46:12ce sera très certainement
00:46:13le cas ici
00:46:15et puis ces internautes
00:46:16même s'ils se cachent
00:46:17derrière
00:46:18de fausses adresses
00:46:19IP
00:46:20de fausses adresses mail
00:46:21ou des VPN
00:46:21vous savez
00:46:22ces systèmes
00:46:22qui permettent
00:46:23de se dissimuler
00:46:24et bien
00:46:25ils retrouvent
00:46:25systématiquement leurs traces
00:46:27et vous l'avez dit
00:46:27la peine encorue
00:46:282 ans de prison ferme
00:46:2930 000 euros d'amende
00:46:302 ans de prison ferme
00:46:3230 000 euros d'amende
00:46:33effectivement
00:46:33là il y a de quoi
00:46:34décourager
00:46:35ceux qui voudraient faire
00:46:36des blagues idiotes
00:46:37Thibaut Chevalier
00:46:38effectivement
00:46:38par exemple
00:46:39on se rappelle
00:46:39c'était il y a 2 ans
00:46:40en 2023
00:46:41il y avait une série
00:46:42d'alertes à la bombe
00:46:43qui touchaient
00:46:43notamment le château de Versailles
00:46:45qui a été évacué
00:46:45à plusieurs reprises
00:46:47et là encore
00:46:48finalement
00:46:48il y a un auteur
00:46:49qui avait été arrêté
00:46:50c'est un homme de 37 ans
00:46:51il avait été condamné
00:46:52lui
00:46:52alors à 8 mois de prison
00:46:54avec sursis
00:46:54c'est à dire
00:46:55qu'on avait quand même
00:46:56au cours du procès
00:46:57pris en compte
00:46:58sa personnalité
00:46:59il souffrait de schizophrénie
00:47:01mais ce qui est intéressant
00:47:02c'est qu'il avait été condamné
00:47:03lors d'une deuxième audience
00:47:04à verser
00:47:0467 500 euros
00:47:06au château de Versailles
00:47:08ce qui correspondait
00:47:09à la perte
00:47:10du chiffre d'affaires
00:47:11du château de Versailles
00:47:11le jour où
00:47:13il a causé
00:47:14cette alerte à la bombe
00:47:15c'est à dire que finalement
00:47:16non seulement
00:47:16il y a le fait
00:47:17de faire venir des policiers
00:47:19etc
00:47:19tout ce qui entraîne
00:47:21cette alerte à la bombe
00:47:23mais il y a également
00:47:23le préjudice
00:47:24qui est pris en compte
00:47:25par l'institution
00:47:26qui est visée
00:47:27par les dommages
00:47:28intéressés
00:47:28il faut rappeler
00:47:30d'ailleurs
00:47:30à ces plaisantins
00:47:31qu'à un moment donné
00:47:32ils se sont retrouvés
00:47:33vous savez qu'on a
00:47:33des services de police
00:47:34comme de gendarmerie
00:47:34d'ailleurs
00:47:35qui travaillent beaucoup
00:47:35sur les réseaux sociaux
00:47:36je pense à Faros
00:47:36je pense à la division cyber
00:47:38de la direction générale
00:47:40de la sécurité intérieure
00:47:41qui font un travail remarquable
00:47:42et je peux vous assurer
00:47:43qu'à chaque fois
00:47:44ils retrouvent
00:47:45les individus concernés
00:47:46donc à bon entendeur
00:47:48salut
00:47:48à bon entendeur
00:47:49effectivement
00:47:50vous voulez rajouter quelque chose
00:47:51non non
00:47:51je voulais dire
00:47:52qu'il y a des fois
00:47:53des motivations
00:47:54qui ont des conséquences énormes
00:47:55il y avait eu
00:47:56il y a quelques années
00:47:57quelqu'un qui avait
00:47:57fait une alerte à la bombe
00:47:59à la gare Montparnasse
00:48:00tout simplement
00:48:00parce qu'il allait retrouver
00:48:01sa petite amie
00:48:02il avait peur de rater le train
00:48:03et il s'était dit
00:48:04le temps que le dispositif
00:48:05de police se mette en place
00:48:06finalement je vais pouvoir
00:48:07monter dedans
00:48:07et surtout monter
00:48:08dans le camion du 17
00:48:10police secours
00:48:11pour aller s'expliquer
00:48:12alors il y a effectivement
00:48:14ceux qui veulent retarder
00:48:15des trains
00:48:15ça c'est quand même
00:48:16une drôle d'excuse
00:48:17mais il y a ceux
00:48:17qui veulent aussi agir
00:48:18vraiment pour de vrai
00:48:20et poser une bombe
00:48:21effectivement
00:48:22quand on a une alerte
00:48:23à la bombe comme ça
00:48:24Bruno Poma
00:48:24on est obligé
00:48:25de la prendre
00:48:26très très au sérieux
00:48:27en fait il n'y a pas
00:48:27d'autre chose à faire
00:48:29que d'évacuer tout de suite
00:48:30le bâtiment
00:48:31et d'envoyer effectivement
00:48:32les démineurs
00:48:32aucun risque à prendre
00:48:33de la part des forces de l'ordre
00:48:34que ce soit la police
00:48:35ou la gendarmerie
00:48:35effectivement c'est évacuer
00:48:36les lieux avec discernement
00:48:38il faut faire attention
00:48:39qu'il n'y ait pas
00:48:39une bousculade
00:48:41ça c'est essentiel
00:48:42on l'a vu d'ailleurs
00:48:42dans un autre domaine
00:48:44avec ce qui s'est passé
00:48:45à Montparnasse
00:48:45ça a été quand même
00:48:46très bien géré je trouve
00:48:47et effectivement
00:48:49j'ai perdu le fil
00:48:50de ce que je voulais dire
00:48:51vous dites effectivement
00:48:52on est obligé d'évacuer
00:48:54surtout si la menace
00:48:55on est obligé d'être
00:48:56oui absolument
00:48:57surtout si la menace
00:48:57est assez sérieuse en fait
00:48:59il y a tout un process
00:48:59qui est mis en place
00:49:00il faut saluer d'ailleurs
00:49:01le travail de vos gardiens
00:49:02de garde de sécurité
00:49:03qui font un très bon travail
00:49:04de filtrage
00:49:04et c'est un travail
00:49:06encore une fois
00:49:06qui est méthodique
00:49:07et qui demande
00:49:08une mise en place
00:49:09très claire
00:49:10de façon à permettre
00:49:11aux équipes synophiles
00:49:12de pouvoir intervenir
00:49:13le plus efficacement possible
00:49:14merci infiniment
00:49:16de nous avoir éclairé
00:49:17effectivement
00:49:17sur cette coupure d'antenne
00:49:20et encore une fois
00:49:21nous vous prions
00:49:22de bien vouloir
00:49:23nous excuser
00:49:24l'information continue
00:49:26désormais en direct
00:49:27sur BFM
00:49:28à 19h12
00:49:29on va faire un point
00:49:30sur un parc de loisirs
00:49:32un parc d'attractions
00:49:33qui s'appelle
00:49:34le Puy du Fou
00:49:35où peut-être
00:49:35vous êtes allé
00:49:36en famille
00:49:37peut-être vous faites partie
00:49:37d'ailleurs
00:49:38de ces 3 millions
00:49:39de visiteurs
00:49:40en 2025
00:49:42puisque le Puy du Fou
00:49:43a connu
00:49:43un cap historique
00:49:45vous savez
00:49:46c'est le parc de loisirs
00:49:47désormais
00:49:48le plus visité
00:49:49de France
00:49:49il a battu
00:49:50le parc Astérix
00:49:51une saison record
00:49:53mais ce parc
00:49:53le Puy du Fou
00:49:54et bien c'est aussi
00:49:55devenu un objet
00:49:57un objet politique
00:49:58certains disent
00:49:59un objet culturel
00:50:00qui fait partie
00:50:01d'une bataille
00:50:02souvent décriée
00:50:03par l'extrême gauche
00:50:04ou portée par l'extrême droite
00:50:06bref
00:50:06on fait le point
00:50:07sur ce parc d'attractions
00:50:09ou parc politique
00:50:10avec
00:50:10et bien son président
00:50:11bonsoir
00:50:12monsieur
00:50:13Nicolas De Villiers
00:50:15président donc
00:50:16du Puy du Fou
00:50:17je suis accompagnée
00:50:17de Victor Hérault
00:50:18et Nesrin Slaoui
00:50:20qui nous a rejoint
00:50:21bonsoir
00:50:22monsieur je le signale
00:50:22tout de suite
00:50:23vous êtes donc
00:50:23le fils de Philippe De Villiers
00:50:24homme politique
00:50:26très connu
00:50:26bien connu des français
00:50:27et bien connu aussi
00:50:28de la Vendée
00:50:29je le disais
00:50:30vous voulez étendre
00:50:31votre empire
00:50:32puisque effectivement
00:50:33ce parc
00:50:33connaît un succès
00:50:35magistral
00:50:36comment est-ce que
00:50:36vous expliquez
00:50:37finalement
00:50:38qu'autant de français
00:50:39aiment l'aventure
00:50:40du Puy du Fou
00:50:41alors d'abord
00:50:41merci de votre invitation
00:50:43effectivement
00:50:43nous avons 3 millions
00:50:44de visiteurs cette année
00:50:45ce qui est incroyable
00:50:45c'est un record historique
00:50:46pour nous
00:50:47mais c'est un record historique
00:50:48même dans les sites
00:50:49de loisirs privés
00:50:50vous savez que c'est la première fois
00:50:51qu'un site privé
00:50:52franchit cette barre fatidique
00:50:54des 3 millions
00:50:54ça fait de nous
00:50:55le premier parc français
00:50:56le deuxième parc de France
00:50:58parce que le premier
00:50:58c'est un parc américain
00:50:59et en effet
00:51:01même si vous talonnez
00:51:02effectivement Disneyland
00:51:03ça j'imagine
00:51:03que c'est une fierté pour vous
00:51:04disons que
00:51:05c'est un bon repère
00:51:06en tout cas
00:51:06donc c'est effectivement
00:51:07une fierté
00:51:08et une joie
00:51:09ce qui est certain
00:51:09c'est que
00:51:10il y a pour le Puy du Fou
00:51:11un engouement
00:51:11qui est incroyable
00:51:12c'est-à-dire certes
00:51:13il y a tout le travail
00:51:13de toutes nos équipes
00:51:14ce bouillonnement créatif
00:51:17qui est une grande force
00:51:17du Puy du Fou
00:51:18vous savez que nous créons
00:51:18tous nos spectacles nous-mêmes
00:51:19et que ces spectacles
00:51:21plaisent beaucoup
00:51:21au grand public
00:51:22ils touchent le grand public
00:51:23mais il y a aussi
00:51:24c'est vrai
00:51:25un engouement
00:51:26qui dépasse finalement
00:51:27tout ce travail créatif
00:51:28et qui est sans doute
00:51:29le fait
00:51:29d'une aspiration de l'époque
00:51:32clairement
00:51:32pour un loisir
00:51:34qui est enraciné
00:51:34un loisir
00:51:35qui est familial
00:51:36dans lequel on va
00:51:37avec les petits-enfants
00:51:39avec les grands-parents
00:51:40vivre des émotions
00:51:41communes
00:51:42et puis dans lequel
00:51:43on va ressentir
00:51:44je crois
00:51:44et ça c'est la singularité
00:51:45du Puy du Fou
00:51:46que nous avons ensemble
00:51:47un imaginaire commun
00:51:48avec des gens
00:51:49qu'on ne connaît pas
00:51:50ceux qui sont assis
00:51:51sur les bandes tribunes
00:51:52ou les sièges
00:51:53des gradins
00:51:54de spectacles
00:51:55avec nous
00:51:56et qui sont
00:51:56ces 3 millions de visiteurs
00:51:58qui ne se connaissent pas
00:51:58entre eux
00:51:59mais qui pourtant
00:51:59se retrouvent tous
00:52:00dans cet imaginaire
00:52:01dans ces images d'épinal
00:52:02qu'on met en scène
00:52:03alors vous dites justement
00:52:03images d'épinal
00:52:05alors sans me faire
00:52:06l'avocat
00:52:07de vos détracteurs
00:52:08mais effectivement
00:52:09certains diraient
00:52:10une image d'épinal
00:52:11complètement nostalgique
00:52:13voire quasiment
00:52:14monarchique
00:52:15trop catholique
00:52:16trop blanche
00:52:16et vous avez été d'ailleurs
00:52:17vous-même enraciné
00:52:18est-ce que cette image-là
00:52:20pour vous que vous véhiculez
00:52:21correspond à ce qu'est la France
00:52:22aujourd'hui ?
00:52:23alors d'abord il y a les gens
00:52:24qui ne sont jamais venus
00:52:25au Puy-du-Fou
00:52:25qui parfois commentent
00:52:26puis en général
00:52:27quand ils viennent
00:52:28ils changent leurs commentaires
00:52:29et donc la bonne nouvelle
00:52:30c'est que lorsque le cinéma français
00:52:33par exemple
00:52:34s'inscrit un peu dans cette idée
00:52:36de faire un grand loisir
00:52:37très spectaculaire
00:52:38très enraciné
00:52:39comme on l'a vu
00:52:40avec le conte de Montecristo
00:52:41et bien c'est 10 millions
00:52:41de spectateurs
00:52:42même davantage
00:52:43donc ça veut dire
00:52:43que les français aspirent
00:52:45à ce grand spectacle
00:52:46qui consiste à puiser
00:52:47dans l'histoire
00:52:48un imaginaire
00:52:49un légendaire
00:52:49qu'on revendique
00:52:50vous savez nous sommes des artistes
00:52:51nous ne sommes pas des historiens
00:52:53ah vous n'êtes pas
00:52:54c'est bien de le dire
00:52:55alors parce que je crois
00:52:56que le slogan
00:52:56de votre parc
00:52:58c'est bien
00:52:59nous avons rendez-vous
00:53:00avec l'histoire
00:53:01non c'est ça ?
00:53:01non non non
00:53:02nous avons effectivement
00:53:03parmi les signatures
00:53:04du Puy-du-Fou
00:53:05l'histoire n'attend que vous
00:53:06l'histoire n'attend que vous
00:53:07mais l'histoire
00:53:07ça peut être l'histoire
00:53:08la petite histoire
00:53:10qu'on tire de la grande histoire
00:53:11vous savez je ne sais pas
00:53:12qui a l'apanage
00:53:13de la vérité historique
00:53:14mais en tout cas nous
00:53:15à la façon
00:53:16des grands écrivains français
00:53:17par exemple
00:53:18qui ont marqué notre imaginaire
00:53:19au 19ème
00:53:19et bien au 21ème siècle
00:53:21on invente un nouveau langage
00:53:22avec le spectacle
00:53:23et ce langage
00:53:24il met en scène
00:53:24de façon libre
00:53:25comme tout artiste
00:53:26cet imaginaire
00:53:27est-ce que vous revendiquez
00:53:29le fait de
00:53:30au fond de prendre
00:53:31des libertés aussi
00:53:32avec l'histoire
00:53:33et de tendre
00:53:35vers ce qu'on appelait
00:53:36autrefois
00:53:37une forme de roman national
00:53:38ou en tout cas
00:53:39là on l'espèce
00:53:39de roman vendéen
00:53:41alors non
00:53:42pas le roman vendéen
00:53:43le roman national
00:53:44pourquoi pas
00:53:44c'est une belle expression
00:53:45en tout cas
00:53:46c'est l'oeuvre
00:53:48de gens qui revendiquent
00:53:49d'aimer la France
00:53:50et nous nous sommes
00:53:51très fiers
00:53:52d'être les héritiers
00:53:54de ce pays magnifique
00:53:55qui a encore tellement
00:53:56de choses à offrir au monde
00:53:57ce que nous croyons
00:53:58et je crois que le plus fou
00:53:59en est la démonstration
00:54:00parce que c'est un fleuron
00:54:01qui se développe maintenant
00:54:02à l'international
00:54:02c'est que
00:54:03la France a un patrimoine
00:54:05encore une fois
00:54:05en commun
00:54:06qui lui permet
00:54:07un destin commun
00:54:08il n'y a pas de destin commun
00:54:09s'il n'y a pas de souvenirs
00:54:10en commun
00:54:10vous savez
00:54:11c'est comme dans une famille
00:54:12une famille
00:54:13c'est pas tant les liens
00:54:14de la carte d'identité
00:54:15ou du nom
00:54:16qui forment une famille
00:54:17ce qui fait une famille
00:54:18c'est d'abord
00:54:18les souvenirs communs
00:54:19et donc
00:54:20en effet
00:54:20nous n'avons pas
00:54:22de complexe
00:54:23à dire
00:54:23nous avons
00:54:24au plus du fou
00:54:25les images d'épinales
00:54:26en référence
00:54:26nous les mettons en scène
00:54:27donc c'est les racines chrétiennes
00:54:29la grandeur monarchique
00:54:30la France rurale
00:54:31c'est ça
00:54:31ce sont ça
00:54:32les images d'épinales
00:54:33alors toutes les images d'épinales
00:54:34elles passent au-delà
00:54:35de ce que vous venez de dire
00:54:37par exemple
00:54:37le mime et l'étoile
00:54:38qui est le succès
00:54:39du plus du fou
00:54:40qui a obtenu
00:54:41plusieurs Oscars
00:54:42l'année passée
00:54:44et bien c'est un spectacle
00:54:45qui se déroule
00:54:45pendant la première guerre mondiale
00:54:46donc vous voyez
00:54:47c'est pas un spectacle
00:54:48qui se déroulerait
00:54:49sous l'ancien régime
00:54:50puisque c'est votre sous-entendu
00:54:51donc non non
00:54:52nous nous sommes
00:54:53des français amoureux
00:54:54de toute l'histoire de France
00:54:55jusqu'à nos jours
00:54:56et donc nous considérons
00:54:57que tout peut trouver
00:54:59sa place au plus du fou
00:54:59dès lors qu'il y a
00:55:01je dirais
00:55:01une histoire
00:55:02qui fait vibrer
00:55:03qui peut permettre
00:55:04une émotion
00:55:04il y a aussi
00:55:05beaucoup d'historiens
00:55:06je lisais un livre
00:55:07qui s'appelle
00:55:07le plus du fou
00:55:08qui estime
00:55:10que vous n'êtes pas
00:55:11en total en accord
00:55:12avec l'histoire
00:55:12notamment sur ce fameux
00:55:13mythe du génocide
00:55:14vendéen
00:55:15pendant la terreur en France
00:55:16dans les années 593
00:55:17et ça c'est aussi une réalité
00:55:18c'est que vous vous targuez
00:55:19d'être de divertissement
00:55:20d'être artistique
00:55:21mais on sent quand même
00:55:22qu'il y a un véritable
00:55:23projet politique
00:55:24quand même
00:55:24vous faites aussi
00:55:25vous avez une volonté
00:55:25de réécrire une partie
00:55:26de l'histoire
00:55:27qui convient aussi
00:55:28à la Vendée
00:55:28mais qui convient aussi
00:55:29à une partie des français
00:55:30je pense que c'est une manière
00:55:31un peu de se cacher
00:55:32de cacher votre volonté
00:55:33d'hégémonie culturelle
00:55:34c'est-à-dire de poser
00:55:35une vision de la France
00:55:36en disant
00:55:36nous ne faisons pas d'histoire
00:55:37nous ne faisons pas de la politique
00:55:38vous en faites fondamentalement
00:55:40si le Pudifou a autant de succès
00:55:42c'est aussi
00:55:42parce qu'il a une vision politique
00:55:44de ce qu'est l'histoire de France
00:55:45et de ce qu'est la France
00:55:46ce n'est pas seulement artistique
00:55:47vous savez
00:55:47tout artiste
00:55:49a un message
00:55:49tout artiste
00:55:50a une vision
00:55:51de la société
00:55:52et tout artiste
00:55:54et bien
00:55:54je dirais
00:55:55a son message
00:55:57à faire passer
00:55:57en effet
00:55:58donc nous
00:55:58nous sommes
00:55:59très libres
00:56:00et très décomplexés
00:56:01quant à l'idée
00:56:02que la France
00:56:04que nous montrons
00:56:04c'est une France
00:56:05glorieuse
00:56:06c'est une France
00:56:07qui fait envie
00:56:07c'est une France
00:56:08qui n'a aucun complexe
00:56:09c'est une France
00:56:10qui revendique
00:56:11et bien
00:56:12des grandes figures historiques
00:56:13héroïques
00:56:14et tous ces héros
00:56:15hommes ou femmes
00:56:16qui ont fait la France
00:56:17et bien nous considérons
00:56:18qu'ils ont
00:56:19non seulement existé
00:56:20et que même s'il y a
00:56:21quelques grincheux
00:56:22qui écrivent
00:56:23parfois un petit article
00:56:24ou un livre
00:56:25c'est des historiens
00:56:25pour le coup
00:56:26c'est pas des grincheux
00:56:26c'est plutôt des ça
00:56:27oui mais vous savez
00:56:28il y a beaucoup d'historiens
00:56:29vous savez
00:56:30dans la préparation
00:56:30des spectacles qui viennent
00:56:31je fais le tour
00:56:32de beaucoup d'historiens
00:56:33qui sont des grandes références
00:56:34dans leur domaine
00:56:35et qui eux valident
00:56:36aussi nos scénarios
00:56:37donc on peut mettre
00:56:38des historiens dos à dos
00:56:39et même si
00:56:40vous avez une poignée
00:56:41de quelques historiens
00:56:42qui peuvent un peu
00:56:42grommeler dans leur coin
00:56:44et je les entends
00:56:45et pourquoi pas
00:56:45nous ne sommes pas
00:56:46des historiens
00:56:47nous sommes vraiment
00:56:48des artistes
00:56:49et librement
00:56:50on s'inspire de l'histoire
00:56:51on va donner la parole
00:56:52justement à un historien
00:56:53un historien ce soir
00:56:54Jean-Clément Martin
00:56:55spécialiste de la révolution française
00:56:57de la contre-révolution
00:56:58et justement
00:56:59de la guerre de Vendée
00:57:00Jean-Clément Martin
00:57:01qui est allé
00:57:02plusieurs fois
00:57:02au Puy du Fou
00:57:03qui a apprécié
00:57:05cette expérience
00:57:06de part d'attraction
00:57:07Jean-Clément Martin
00:57:08est-ce que vous pensez
00:57:09effectivement
00:57:09que ce parc d'attraction
00:57:12fait partie
00:57:12de la bataille culturelle
00:57:14si je puis dire
00:57:15et est-ce que ça fait partie
00:57:16d'une forme
00:57:17de métapolitique
00:57:18ce genre de spectacle
00:57:19pour vous ?
00:57:21Oui, comme tous les spectacles
00:57:23importants
00:57:24c'est évident
00:57:25que ça participe
00:57:26des batailles culturelles
00:57:27mais depuis
00:57:292000 ans
00:57:31ou même
00:57:32pendant la Grèce antique
00:57:34quand il y avait
00:57:34des spectacles
00:57:35les spectacles
00:57:35participaient
00:57:36de la vie politique
00:57:37et là je crois
00:57:38que le Puy du Fou
00:57:39alors avec des outils
00:57:41des instruments
00:57:42tout à fait nouveaux
00:57:44et tout à fait impressionnants
00:57:45évidemment
00:57:46change la nature
00:57:48du débat
00:57:48enfin tout au moins
00:57:49exacerbe le débat
00:57:51mais on est là
00:57:53dans des luttes
00:57:54qu'on connaît
00:57:54depuis vraiment
00:57:56très très longtemps
00:57:56On a parlé
00:57:58d'Acerine à l'instant
00:57:59effectivement
00:57:59des guerres de Vendée
00:58:01qui ont eu lieu
00:58:01pendant la Révolution
00:58:02si j'avais vraiment
00:58:03à schématiser
00:58:04ce sont donc
00:58:05les révolutionnaires
00:58:06contre les catholiques
00:58:08si je puis dire
00:58:08on parle d'un
00:58:09premier génocide français
00:58:11est-ce que vous pouvez
00:58:11nous dire en tant qu'historien
00:58:12si pour vous
00:58:13il a eu lieu
00:58:13vu que vous êtes
00:58:14historien spécialiste
00:58:15des guerres de Vendée
00:58:16et qu'est-ce qui se joue là
00:58:17comme clivage
00:58:18finalement qu'on retrouve
00:58:19aujourd'hui
00:58:20entre les français
00:58:21Alors deux choses
00:58:23la première
00:58:24c'est qu'il y a bien eu
00:58:25cette lutte
00:58:27essentiellement
00:58:29pour des raisons religieuses
00:58:30et des raisons
00:58:31économiques et sociales
00:58:33des paysans
00:58:35dont en gros
00:58:38un bon quart de la France
00:58:39quand même
00:58:40contre la Révolution
00:58:41avec l'épisode
00:58:42beaucoup plus important
00:58:43et beaucoup plus marquant
00:58:45qui ont été
00:58:45les guerres de Vendée
00:58:46de 1793
00:58:47à 1796
00:58:49et ces guerres de Vendée
00:58:50ont provoqué
00:58:51certainement
00:58:51200 000 morts
00:58:52ceci étant
00:58:54cette importance
00:58:55des morts
00:58:56causées par la guerre
00:58:57de Vendée
00:58:58pour moi
00:58:58ne peut pas être
00:58:59assimilée à un génocide
00:59:00parce qu'on ne voit pas
00:59:02de désignation précise
00:59:05d'un groupe social
00:59:06ethnique
00:59:07ou religieux
00:59:07qui s'appellerait
00:59:09les Vendéens
00:59:10qui auraient été
00:59:10délibérément
00:59:11mis à mort
00:59:12alors il faut
00:59:14en revanche
00:59:15absolument assister
00:59:16sur l'importance
00:59:17des massacres
00:59:18et comprendre
00:59:19que c'est
00:59:20les enjeux politiques
00:59:21et puis les enjeux
00:59:23mémoriels
00:59:23ensuite
00:59:24les enjeux mémoriels
00:59:25effectivement
00:59:25parce que les Français
00:59:26n'ont pas peut-être
00:59:27fait le deuil
00:59:30de cette période
00:59:30ou en tout cas
00:59:31toute la lumière
00:59:31Nicolas de Villiers
00:59:32vous reprenez
00:59:32ce terme
00:59:33de génocide français
00:59:35le terme de génocide
00:59:36il appartient
00:59:37aux historiens
00:59:38de dire
00:59:39si c'est ou non
00:59:39un génocide
00:59:40ce qui est certain
00:59:41c'est que ce mot-là
00:59:41n'est pas cité
00:59:42dans nos spectacles
00:59:43donc on nous fait
00:59:43un mauvais procès
00:59:44là vous avez
00:59:45l'attitude
00:59:46que je comprends
00:59:47de gens qui ne sont pas
00:59:48encore venus au Puy du Fou
00:59:49c'est pour ça que je serais
00:59:49ravi que vous veniez
00:59:50pour découvrir nos spectacles
00:59:51et voir que finalement
00:59:53vous seriez très détendus
00:59:54après avoir vu nos spectacles
00:59:56en vous disant
00:59:56finalement c'est une photographie
00:59:58de la France
00:59:58qui fait du bien
01:00:00qui amène de la fraîcheur
01:00:01et c'est ça le seul but
01:00:02vous savez
01:00:03on est conscient
01:00:03qu'on a beaucoup de familles
01:00:04on a deux tiers
01:00:05de nos visiteurs
01:00:06qui viennent avec des enfants
01:00:07donc vous imaginez
01:00:08que c'est une responsabilité
01:00:09pour nous
01:00:09et on ne peut pas jouer
01:00:10avec cela
01:00:11donc vouloir nous attribuer
01:00:13des messages
01:00:14qui seraient
01:00:15je ne sais quoi
01:00:15subliminaux
01:00:16etc
01:00:16je pense que c'est projeter
01:00:18ses propres turpitudes
01:00:19sur une oeuvre
01:00:20qui n'a pas cet esprit-là
01:00:21Victor Hérault est allé
01:00:22au Puy du Fou
01:00:23oui alors tout à fait
01:00:24j'y suis allé même
01:00:24plusieurs fois
01:00:25il faut reconnaître
01:00:26que la qualité des spectacles
01:00:28et même
01:00:28nous en parlions en coulisses
01:00:29de l'ambiance
01:00:30dans ce parc du Puy du Fou
01:00:33au beau milieu de la nature
01:00:34est absolument spectaculaire
01:00:36je tiens le signalier
01:00:37auprès de nos téléspectateurs
01:00:38maintenant
01:00:38c'est vrai que je ne comprends pas bien
01:00:40ce débat
01:00:41qui consisterait à dire
01:00:42que le Puy du Fou
01:00:42serait maître
01:00:43de l'histoire
01:00:44et de la bonne histoire
01:00:45de la vraie histoire
01:00:46déjà la vraie histoire
01:00:46n'existe pas
01:00:47et ensuite
01:00:48on n'envoie pas les enfants
01:00:49faire une thèse d'histoire
01:00:50au Puy du Fou
01:00:51pas plus qu'on les envoie
01:00:53à Disneyland
01:00:53pour croire au prince charmant
01:00:55je ne crois pas au prince charmant
01:00:56j'espère que mes filles
01:00:57et mes fils iront
01:00:57à Disneyland
01:00:58donc je ne comprends pas du tout
01:00:59cette histoire-là
01:01:00et qui plus est
01:01:01on les envoie chercher
01:01:02du beau
01:01:03du grand du rêve
01:01:04et j'ai envie de vous demander
01:01:04vous qui présidez
01:01:06un parc
01:01:06qui s'installe
01:01:08à l'étranger désormais
01:01:09est-ce que ces débats
01:01:10qu'on a ici en France
01:01:11vous les avez aussi
01:01:12en opposition
01:01:13à l'étranger
01:01:14notamment en Espagne
01:01:15où vous êtes déjà installé ?
01:01:16Mais nul n'est prophète
01:01:16dans son pays
01:01:17et donc par conséquent
01:01:18je vous répondrai que non
01:01:19on ne les a pas
01:01:20quand nous allons en Espagne
01:01:22nous avons créé
01:01:22un Puy du Fou en Espagne
01:01:24nous sommes accueillis
01:01:25à bras ouverts
01:01:26par d'ailleurs
01:01:27toutes les sensibilités politiques
01:01:29et pour autant
01:01:31chacun voit
01:01:32que le Puy du Fou
01:01:33ait l'occasion
01:01:33même de réconcilier
01:01:34d'ailleurs d'une certaine façon
01:01:35le peuple espagnol lui-même
01:01:37le président de la Castille
01:01:38qui est socialiste
01:01:40disait dans le discours
01:01:41d'inauguration
01:01:41je ne sais pas pourquoi
01:01:42vous l'abrontez du toit
01:01:43quand vous dites
01:01:43qu'il est socialiste
01:01:44mais
01:01:45personne ne sait pas non plus
01:01:46ben voilà
01:01:46personne ne sait
01:01:47d'accord
01:01:48le président de la Castille
01:01:49non mais je sais
01:01:50que je suis à BFM TV
01:01:50ah parce que vous pensez
01:01:52que BFM TV est socialiste
01:01:53mais moi je laisse
01:01:54les français juger
01:01:54mais en tout cas
01:01:55vous laissez les français juger
01:01:56d'accord
01:01:57le président de la Castille
01:01:57disait
01:01:58seuls des français
01:01:58seuls des français
01:02:01sont capables
01:02:02de faire des spectacles
01:02:03tels que nous les avons fait
01:02:05parce que nous avons
01:02:05osé aborder
01:02:06des sujets historiques
01:02:07qui pouvaient parfois
01:02:09être des souffrances
01:02:10et nous les avons abordés
01:02:11de sorte
01:02:12à ce qu'elles soient
01:02:13l'occasion
01:02:14d'une réconciliation
01:02:14et c'est ça
01:02:15le sens même
01:02:16de nos spectacles
01:02:16donc vous savez
01:02:17quand bien même
01:02:18on aborde un drame historique
01:02:19on ne le fait pas
01:02:20pour rouvrir une plaie
01:02:21on le fait
01:02:22véritablement
01:02:23pour montrer aux français
01:02:24que
01:02:25eh bien
01:02:25l'histoire avance
01:02:26et que
01:02:27s'il n'y a pas de pardon
01:02:28il n'y a pas de nation possible
01:02:29c'est ça peut-être
01:02:31le seul message
01:02:32que nous portons
01:02:32avec beaucoup de conviction
01:02:33et d'enthousiasme
01:02:34mais est-ce qu'au fond
01:02:35on ne peut pas se réjouir
01:02:36qu'il y ait ces controverses
01:02:38c'est-à-dire que
01:02:38si on parle franchement
01:02:40ce n'est pas la même chose
01:02:41que de valoriser
01:02:42le lieutenant général
01:02:44de Charette
01:02:45et Robespierre
01:02:46ce n'est pas la même chose
01:02:46de parler
01:02:46de la commune de Paris
01:02:48ou de parler du baptême
01:02:49de Clovis
01:02:50comme vous le faites
01:02:50il y a des choix
01:02:51qui sont faits
01:02:52dans le champ de l'histoire
01:02:54et au fond
01:02:54c'est heureux
01:02:55que
01:02:55ce n'est pas
01:02:57une injure
01:02:58et insultant
01:02:58pour le Puy-du-Fou
01:02:59que de dire
01:02:59que vous participez
01:03:01d'une bataille
01:03:01pour l'hégémonie culturelle
01:03:03et peut-être d'ailleurs
01:03:04au fond
01:03:05ceux qui
01:03:06adressent des critiques
01:03:08à la présentation
01:03:09de l'histoire
01:03:10que vous faites
01:03:10sont un petit peu
01:03:11frustrés
01:03:13quelque part
01:03:14de eux-mêmes
01:03:14ne pas pouvoir mener
01:03:15cette bataille culturelle
01:03:16par ailleurs
01:03:16je pense par exemple
01:03:18à une époque
01:03:19où François Mitterrand
01:03:20avait fait un certain
01:03:21nombre de choix
01:03:22pour le bicentenaire
01:03:22de la révolution
01:03:23et des choix
01:03:24qui avaient été
01:03:25contestés
01:03:26débattus
01:03:27par les historiens
01:03:27je pense aussi
01:03:28à la cérémonie
01:03:29d'ouverture
01:03:30des Jeux Olympiques
01:03:30qui a donné à voir
01:03:31une vision
01:03:32de la France
01:03:33qui personnellement
01:03:35me s'y est bien
01:03:35mais qui est une vision
01:03:36de la France
01:03:37qui est la vôtre
01:03:37par exemple
01:03:38vous êtes reconnue
01:03:38dans la cérémonie
01:03:40des Jeux Olympiques
01:03:40je pense qu'il y avait
01:03:41des très bonnes idées
01:03:42de mise en scène
01:03:42je pense que le fait
01:03:43de sortir du stade
01:03:43de France
01:03:44c'était formidable
01:03:44et qu'il fallait
01:03:45embrasser non pas
01:03:47le stade
01:03:47mais toute la ville
01:03:48de Paris
01:03:48ça c'était
01:03:49à mon avis
01:03:50une excellente intuition
01:03:50je pense même
01:03:52qu'on aurait pu aller
01:03:52au-delà
01:03:52c'est à dire
01:03:53qu'on aurait pu aller
01:03:54dans toutes les villes
01:03:54de France
01:03:55la province a été
01:03:56un peu oubliée
01:03:57vous savez moi
01:03:57je vis en province
01:03:58et on a un peu
01:03:59ce sentiment parfois
01:04:00quand on est en province
01:04:00et qu'on regarde
01:04:01par exemple
01:04:01les chaînes de télé
01:04:02donc c'est bien
01:04:03d'aller aussi
01:04:04de faire participer
01:04:06à la province
01:04:06je pense ensuite
01:04:08que ce que je n'ai pas trouvé
01:04:10c'est l'émotion
01:04:11peut-être parce que
01:04:12cette émotion
01:04:13elle serait venue
01:04:14d'images d'épinales
01:04:16qu'on a en commun
01:04:17encore une fois
01:04:18j'y reviens
01:04:19d'un légendaire commun
01:04:20et je ne l'ai peut-être
01:04:21pas toujours trouvé
01:04:22voire parfois
01:04:24pas du tout trouvé
01:04:24dans cette cérémonie
01:04:25c'est vrai
01:04:25maintenant
01:04:26chaque artiste
01:04:28est libre
01:04:28moi je trouve ça formidable
01:04:29comme vous l'avez dit
01:04:30qu'il y a un débat
01:04:31autour de la cérémonie
01:04:32des Jeux Olympiques
01:04:33et qu'il y a un débat
01:04:34autour du Puy du Fou
01:04:35je trouve ça formidable
01:04:36à partir du moment
01:04:37où il y a un débat
01:04:37ça veut dire que
01:04:38on connaît le succès
01:04:39et que ce succès
01:04:40pose question
01:04:41tant mieux
01:04:41moi si j'ai amené
01:04:42la dimension politique
01:04:43ce n'était pas
01:04:44adressé à vous directement
01:04:45mais c'est parce que
01:04:46votre père a été
01:04:47vous n'êtes pas votre père
01:04:48donc je ne vous prêle pas
01:04:49les mêmes opinions politiques
01:04:50mais il a été quand même
01:04:51très engagé auprès d'Éric Zemmour
01:04:52qui l'a soutenu
01:04:53publiquement plusieurs fois
01:04:55il s'est prononcé
01:04:55contre l'avortement
01:04:56dans les années 80
01:04:57également
01:04:57donc c'est vrai
01:04:58qu'il y a ce mélange
01:04:59quand même
01:05:00en tout cas
01:05:01chez votre prédécesseur
01:05:02entre le politique
01:05:03et l'artistique
01:05:04et donc moi je vous donne
01:05:05le bénéfice du doute
01:05:06peut-être que votre approche
01:05:08du Puy du Fou
01:05:08est différente
01:05:09peut-être que vous
01:05:09vous avez vocation
01:05:10à seulement produire de l'artistique
01:05:11mais je me pose quand même
01:05:12la question
01:05:12est-ce qu'il n'y a pas
01:05:13aussi une volonté
01:05:14d'imposer votre vision
01:05:15de la société
01:05:16de le faire
01:05:16par du soft power
01:05:17et ce serait juste
01:05:18bien de le reconnaître
01:05:19en fait
01:05:19c'est-à-dire
01:05:19ce n'est pas en reproche
01:05:20qu'on peut vous adresser
01:05:21de manière frontale
01:05:22si nous étions financés
01:05:23par de l'argent public
01:05:24par le contribuable français
01:05:25ce qui n'est pas le cas
01:05:26au Puy du Fou
01:05:27on pourrait parler
01:05:28à ce moment-là
01:05:28d'imposer une vision
01:05:29en l'occurrence
01:05:30nous sommes un site privé
01:05:31indépendant
01:05:32et donc nous n'imposons
01:05:33à personne de venir
01:05:34au Puy du Fou
01:05:35vous voyez
01:05:35personne ne vient
01:05:36avec un pistolet sur la tempe
01:05:37et c'est quand je vous invite
01:05:38je vous invite avec un sourire
01:05:39mais pas avec un pistolet
01:05:40donc vraiment
01:05:40nous dire qu'on impose
01:05:42quoi que ce soit
01:05:43c'est absurde
01:05:43à partir du moment
01:05:44où un visiteur paye
01:05:45et parfois
01:05:46pour des familles françaises
01:05:47ça coûte de venir
01:05:48au Puy du Fou
01:05:49même si on est le parc
01:05:50le moins cher d'Europe
01:05:50mais pour autant
01:05:51c'est un véritable effort
01:05:53cet effort-là
01:05:54chacun le fait librement
01:05:56les 3 millions de visiteurs
01:05:57qui sont venus
01:05:57je vous annonce
01:05:58une très bonne nouvelle
01:05:59ils sont venus librement
01:06:01et donc
01:06:01on n'impose à personne
01:06:03notre vision
01:06:03chacun a le droit
01:06:05de critiquer
01:06:0598% de nos visiteurs
01:06:07recommandent le Puy du Fou
01:06:08à la sortie du Puy du Fou
01:06:10et 95% d'entre eux
01:06:12disent qu'ils veulent revenir
01:06:13et c'est même 20% d'entre eux
01:06:15qui reviennent tous les ans
01:06:16parce que pour eux
01:06:17donc vous personnellement
01:06:18vous tiendrez à l'écart de la politique
01:06:19vous ne ferez pas
01:06:19les mêmes choix que votre père
01:06:21vous ne soutiendrez pas de candidat
01:06:22vous ne défendrez pas
01:06:22alors non c'est
01:06:23voilà c'est un choix
01:06:24que vous faites
01:06:25vous êtes un homme d'affaires
01:06:26je vous préviendrai
01:06:27oui c'est ça
01:06:27moi je ne suis pas un homme d'affaires
01:06:29je considère que je suis
01:06:30simplement un artiste
01:06:32modeste
01:06:33qui essaye de créer des spectacles
01:06:34avec toute une équipe fantastique
01:06:36avec maintenant 4000 personnes
01:06:37qui travaillent
01:06:38grâce au Puy du Fou
01:06:38et qui font rayonner
01:06:41en quelque sorte
01:06:42la France
01:06:43non seulement ici en France
01:06:44mais aussi dans le monde
01:06:45et alors ce qui est fascinant
01:06:47à voir
01:06:48c'est que effectivement
01:06:49tous les politiques
01:06:50maintenant se battent
01:06:51pour venir au Puy du Fou
01:06:52alors on a vu
01:06:53effectivement
01:06:54des hommes à droite
01:06:55on se souvient d'ailleurs
01:06:56que Bruno Retailleau
01:06:57a été je crois cascadeur
01:06:58pour le Puy du Fou
01:06:59évidemment
01:07:00Cavalier
01:07:00Cavalier
01:07:01évidemment
01:07:03non je crois qu'il a fait
01:07:05il n'a pas fait de cascade
01:07:06alors j'ai lu ça
01:07:07dans la presse
01:07:08pourtant bien renseigné
01:07:09donc Bruno Retailleau
01:07:11on parle d'Éric Zemmour
01:07:12mais on a vu aussi
01:07:13Emmanuel Macron
01:07:13là c'était quand même
01:07:14quelque chose
01:07:15de voir le président de la République
01:07:16venir chez vous
01:07:18c'était un signe finalement
01:07:19de reconnaissance
01:07:20comment vous l'avez
01:07:21comment vous l'avez pris
01:07:22il y en a beaucoup d'autres
01:07:22qui viennent sans le dire
01:07:24ah bon
01:07:24tout l'été nous avons eu
01:07:25beaucoup de représentants politiques
01:07:27donnez nous des noms alors
01:07:28des gens de gauche aussi
01:07:29non non je ne suis pas un délateur
01:07:30donc je les laisse communiquer
01:07:32par eux-mêmes
01:07:32ce n'est pas un délateur
01:07:33mais vous avez vu
01:07:33de tous les bords
01:07:34de la classe politique
01:07:35exactement
01:07:35dont des gens qui viennent
01:07:37un peu en catimini d'ailleurs
01:07:38et qui repartent
01:07:39en général enchantés
01:07:40mais en effet
01:07:41nous recevons
01:07:42tous les français
01:07:43donc nous recevons
01:07:44aussi des gens
01:07:45qui ont des engagements politiques
01:07:46pourquoi pas
01:07:47après tout
01:07:48moi ça ne me dérange pas
01:07:49au contraire
01:07:49je trouve que c'est très bien
01:07:50que les femmes
01:07:51et les hommes politiques
01:07:52de notre temps
01:07:52voient un phénomène
01:07:54qui attire 3 millions de visiteurs
01:07:55ce qui fait quand même
01:07:56près de 5%
01:07:58de la population française
01:07:59qui passe dans une année
01:08:00au plus du fou
01:08:00donc ce n'est pas rien
01:08:01c'est un phénomène intéressant
01:08:02à observer
01:08:03évidemment
01:08:03et effectivement
01:08:04il y a un certain classicisme
01:08:06qui représente à la France
01:08:07comment est-ce que vous voyez
01:08:08ce débat qu'on a aujourd'hui
01:08:09en France
01:08:09sur ce qu'on appelle
01:08:10le phénomène woke
01:08:11par exemple
01:08:12c'est-à-dire de prendre
01:08:13je ne sais pas
01:08:14des artistes racisés
01:08:15pour jouer Blanche-Neige
01:08:16etc
01:08:17comment est-ce que vous voyez
01:08:17le fait qu'on
01:08:19revisite l'histoire
01:08:21pour donner plus de place
01:08:22aux minorités
01:08:23pour vous ça
01:08:23qu'est-ce que ça vous inspire
01:08:24alors d'abord
01:08:25il faut faire attention
01:08:25avec le mot woke
01:08:26parce qu'il englobe
01:08:27tellement de choses différentes
01:08:28et tellement de sensibilités
01:08:29et de réalités différentes
01:08:31qu'il faut un peu le définir
01:08:32avant d'en parler correctement
01:08:33il a surtout été créé
01:08:34par l'extrême droite
01:08:35il n'y a personne de gauche
01:08:36qui se revendique woke
01:08:37c'est-à-dire
01:08:38c'est un mot qui vient de l'américain
01:08:39qui veut dire éveillé
01:08:40qui vient de awake
01:08:41mais ce n'est pas quelque chose
01:08:42que les concernés revendiquent
01:08:44c'est très bien
01:08:45c'est important de le dire
01:08:46écoutez je rejoins moi
01:08:47ce point de vue
01:08:48c'est vrai que je ne me reconnais pas
01:08:49je ne me reconnais pas
01:08:50dans le wokeisme
01:08:51clairement
01:08:51parce que je pense que
01:08:54on cherche à forcer
01:08:55en effet
01:08:56la nature
01:08:58tout simplement
01:08:59alors même que
01:08:59on donne le sentiment
01:09:01à mon avis
01:09:02par exemple
01:09:02aux femmes
01:09:03qu'elles n'ont pas
01:09:04de valeur par elles-mêmes
01:09:06et qu'on va donc mettre
01:09:06des quotas
01:09:07dans les entreprises
01:09:08pour qu'elles puissent réussir
01:09:10alors même que moi
01:09:10je suis entouré de femmes
01:09:11par exemple chez nous
01:09:13au Puy-du-Fou
01:09:13qui sont extrêmement talentueuses
01:09:15et qui n'ont pas accédé
01:09:16à des postes
01:09:17parce qu'elles étaient des femmes
01:09:18mais parce qu'elles étaient talentueuses
01:09:19donc vous êtes contre les quotas
01:09:20vous ne pensez pas que ça fait avancer
01:09:21je pense que
01:09:22quand une femme est talentueuse
01:09:23elle est talentueuse
01:09:24comme c'est votre cas
01:09:25et donc elle n'a pas besoin
01:09:26de revendiquer le fait
01:09:27d'être une femme
01:09:28et pourtant aujourd'hui
01:09:30l'homme est toujours mieux payé
01:09:31que la femme
01:09:31je peux le comprendre
01:09:32je peux le comprendre
01:09:32mais c'est ainsi
01:09:33vous comprenez l'écart salarial
01:09:34non je peux
01:09:36évidemment comprendre l'argument
01:09:37je peux comprendre l'argument
01:09:38en tout cas
01:09:39en tout cas je signale effectivement
01:09:41une tournée des Zéniths de France
01:09:44un train nouveau
01:09:45effectivement
01:09:45un nouveau parc au Royaume-Uni
01:09:48en route vers les Etats-Unis
01:09:50aussi pour le Puy-du-Fou
01:09:51pour l'instant
01:09:52c'est un peu tôt pour le dire
01:09:53en tout cas nous avons en effet
01:09:54des projets à l'étude
01:09:55c'est clair
01:09:56mais ce qui nous intéresse
01:09:57c'est d'abord l'Europe
01:09:58donc nous avons un parc en Espagne
01:10:00vous l'avez compris
01:10:00nous sommes aussi aux Pays-Bas
01:10:02avec un spectacle
01:10:02et nous préparons un projet
01:10:04en Angleterre
01:10:05où nous avons déposé
01:10:06une demande de permis de construire
01:10:07qui pour l'instant est instruite
01:10:09donc dans à peu près un an
01:10:11nous saurons si oui ou non
01:10:12nous pouvons construire
01:10:13un Puy-du-Fou
01:10:14en Angleterre
01:10:14nous allons aussi partir
01:10:15en tournée
01:10:16en novembre 2027
01:10:17dans toute la France
01:10:18avec un grand spectacle
01:10:19qui va aller dans tous les Zéniths
01:10:21de France
01:10:21et puis nous aurons la joie aussi
01:10:23d'ouvrir la période de Noël
01:10:25l'année prochaine
01:10:26en 2026
01:10:26donc effectivement
01:10:27on a une grosse actualité
01:10:28avec beaucoup de nouveautés
01:10:29en préparation
01:10:30et un empire
01:10:30qui s'ouvre pour vous
01:10:31merci d'avoir été
01:10:32l'invité de BFM
01:10:34ce soir
01:10:35le coût du ticket
01:10:37pour aller au Puy-du-Fou
01:10:37c'est à peu près
01:10:3946 euros
01:10:40pour une personne
01:10:41pour une journée
01:10:42mais vous verrez
01:10:43tous les spectacles
01:10:4446 euros
01:10:45quand même
01:10:45c'est pas donné
01:10:46mais je crois que Victor
01:10:46était très satisfait
01:10:48de sa journée
01:10:49et pour ceux qui aiment
01:10:50les animaux
01:10:51que ce soit pour le dressage
01:10:52des chevaux
01:10:52des oiseaux
01:10:53la pyrotechnie
01:10:53c'est absolument
01:10:54époussoufflant
01:10:55c'est vrai
01:10:55quand nous créons un spectacle
01:10:56nous avons un principe
01:10:57il faut que
01:10:57le seul spectacle
01:10:59le premier que vous voyez
01:11:00dans la journée
01:11:00vale les 46 euros
01:11:02et après
01:11:02tout le reste
01:11:03c'est du plus
01:11:04merci monsieur
01:11:05d'avoir été l'invité
01:11:05de BFM
01:11:07à 19h30
01:11:08on va faire le point
01:11:09sur la menace
01:11:10terroriste
01:11:11juste après
01:11:12les 10 ans
01:11:12du 13 novembre
01:11:14avec le premier
01:11:15le premier homme
01:11:16qui a parlé
01:11:16d'un djihadisme
01:11:17d'atmosphère
01:11:18Gilles Kepel
01:11:18bonsoir
01:11:19merci d'être avec nous
01:11:20vous co-écrivez
01:11:22avec Jean-François Ricard
01:11:23anti-terrorisme
01:11:25la traque des djihadistes
01:11:26Thierry Arnaud
01:11:28est avec moi
01:11:28ce soir pour réaliser
01:11:29cette interview
01:11:30une question simple
01:11:32déjà est-ce que vous avez
01:11:32regardé les cérémonies
01:11:34du 13 novembre
01:11:35et est-ce que vous pensez
01:11:37qu'en 10 ans
01:11:38la France
01:11:38est plus prête
01:11:39à affronter
01:11:40une potentielle
01:11:41attaque terroriste
01:11:42alors bien sûr
01:11:44j'ai regardé les cérémonies
01:11:45qui sont
01:11:46très émouvantes
01:11:47c'est un moment
01:11:49d'une certaine manière
01:11:50la commémoration
01:11:51où la nation
01:11:52tout entière
01:11:53s'unit
01:11:55dans le deuil
01:11:56et dans le rappel
01:11:58dans l'hommage
01:11:59aux victimes
01:11:59il y a deux choses
01:12:02qui m'ont impressionné
01:12:03d'abord
01:12:03c'est que
01:12:04il y a un certain malaise
01:12:06puisque cela se produit
01:12:07à un moment
01:12:08où notre société
01:12:09est plus fragmentée
01:12:10que jamais
01:12:10
01:12:11nos institutions politiques
01:12:14semblent dans un état
01:12:16de catalepsie
01:12:17le pouvoir
01:12:18de la 5ème République
01:12:19il est dans les mains
01:12:20du président
01:12:20aujourd'hui
01:12:22le président
01:12:23a dû céder son pouvoir
01:12:24à une assemblée
01:12:25qui est éparpillée
01:12:27on ne sait pas trop
01:12:28comment elle se passe
01:12:29il y a une angoisse
01:12:30qui monte dans la société
01:12:31avec
01:12:32les groupes identitaires
01:12:35d'un bord
01:12:35ou de l'autre
01:12:36qui semblent
01:12:37aujourd'hui
01:12:38être ceux
01:12:38qui polarisent
01:12:39le débat
01:12:39avec une raréfaction
01:12:41de ce qu'on appelle
01:12:41l'espace central
01:12:42dans une exclusion
01:12:44réciproque
01:12:45et pour ce qui est
01:12:47de ce djihadisme là
01:12:49celui que nous avons vu
01:12:51en 2015
01:12:52il ne me semble pas
01:12:54qu'il ait
01:12:55la capacité
01:12:55aujourd'hui
01:12:56de se reproduire
01:12:57à l'identique
01:12:58puisqu'il supposait
01:13:00un réseau
01:13:01une organisation
01:13:02un territoire
01:13:03surtout
01:13:04il faut bien se rappeler
01:13:05qui venait de l'étranger
01:13:06oui
01:13:07enfin
01:13:07qui était des gens
01:13:08qui étaient venus
01:13:09qui étaient nés
01:13:10en Belgique
01:13:11ou en France
01:13:11la plupart
01:13:12même s'ils étaient
01:13:13originaires
01:13:13pour l'essentiel
01:13:14d'Afrique du Nord
01:13:15qui étaient partis
01:13:17dans ce qu'on appelait
01:13:18le territoire
01:13:19de l'état islamique
01:13:20d'une certaine manière
01:13:21ils s'étaient reconstitués
01:13:22une sorte d'identité
01:13:23fantasmée
01:13:24de combattants du djihad
01:13:26et ensuite
01:13:26à travers notamment
01:13:27les filières migratoires
01:13:29illégales
01:13:29à des Balkans
01:13:30puis la Belgique
01:13:32ils s'étaient organisés
01:13:33répartis les cibles
01:13:35et avaient commis
01:13:36la série de massacres
01:13:38épouvantables
01:13:39que nous avons connus
01:13:40ce type là
01:13:41on a le sentiment
01:13:43aujourd'hui
01:13:43qu'il aura
01:13:44beaucoup de mal
01:13:45à se produire
01:13:45parce qu'il n'y a
01:13:46plus d'équivalent
01:13:47à l'état islamique
01:13:48à Daesh
01:13:49ou à l'organisation
01:13:50état islamique
01:13:51néanmoins
01:13:52il y a quelque chose
01:13:53donc que j'ai appelé
01:13:55avec d'autres
01:13:55le djihadisme
01:13:56d'atmosphère
01:13:57c'est à dire
01:13:58une diffusion
01:13:59et c'est un peu
01:14:00ce qu'ont indiqué
01:14:02les différentes communications
01:14:03qui ont été faites
01:14:04par les services
01:14:04d'enseignement
01:14:05en amont
01:14:06de la commémoration
01:14:08c'est à dire
01:14:09une menace
01:14:10qui s'est considérablement
01:14:11rajeunie
01:14:12féminisée
01:14:13qui est présente
01:14:14sur les réseaux sociaux
01:14:15et ce djihadisme d'atmosphère
01:14:18d'une certaine manière
01:14:19vous en avez eu
01:14:19l'exemple
01:14:20avec l'assassinat
01:14:21de Samuel Paty
01:14:23et sa décapitation
01:14:24de l'assassinat
01:14:26du professeur
01:14:27Dominique Bernard
01:14:27aussi
01:14:28donc dans les deux cas
01:14:29il y a des enseignants
01:14:30des sachants
01:14:31qui transmettent
01:14:32non seulement
01:14:32des savoirs
01:14:33mais des valeurs
01:14:34aux élèves
01:14:35et qui sont tués
01:14:36par des individus
01:14:36qui eux
01:14:37sont informés
01:14:39j'ose dire
01:14:39latéralement
01:14:40par les réseaux sociaux
01:14:41mais en même temps
01:14:43il faut faire attention
01:14:44parce que
01:14:45on peut se dire
01:14:46bon il n'y aura plus
01:14:47d'équivalent
01:14:48dans ce cas
01:14:49du 13 novembre
01:14:51parce que
01:14:52ce sont des attaques
01:14:53au couteau
01:14:54etc
01:14:55si vous regardez
01:14:56quand même
01:14:56l'analyse
01:14:58du 14 juillet 2016
01:15:00l'attentat de Nice
01:15:01même si Daesh
01:15:03l'a revendiqué
01:15:03c'était une location
01:15:05opportuniste
01:15:06ce n'était pas du tout
01:15:06crédible
01:15:07et la personne
01:15:08qui l'a fait
01:15:09était déjà
01:15:10dans cette logique
01:15:10et il a suffi
01:15:12de
01:15:12le coût
01:15:13de l'attentat
01:15:14c'est la location
01:15:14d'un camion
01:15:15est-ce que vous pensez
01:15:17justement
01:15:17que ce genre d'attaque
01:15:18on a vu effectivement
01:15:19cette attaque
01:15:21qui a eu lieu
01:15:22il y a quelques jours
01:15:23sur l'île de Léron
01:15:24alors le parquet
01:15:25national antiterroriste
01:15:26ne sait pas
01:15:27si il l'a fait
01:15:28il s'agissait
01:15:28d'une personne
01:15:29marginale
01:15:30qui buvait
01:15:30qui se droguait
01:15:31qui avait probablement
01:15:32des troubles mentaux
01:15:33et néanmoins
01:15:33effectivement
01:15:34c'était encore
01:15:35une attaque
01:15:35à bord d'une voiture
01:15:36on l'a vu effectivement
01:15:37l'année dernière
01:15:38en Allemagne aussi
01:15:39est-ce que vous pensez
01:15:40que ce mode
01:15:40de fonctionnement
01:15:41d'attaque
01:15:42à la voiture
01:15:43pourrait se multiplier
01:15:45on n'espère pas
01:15:46bien sûr
01:15:47mais ça fait partie
01:15:48du répertoire
01:15:49et non seulement
01:15:50l'attaque à la voiture
01:15:51mais même si l'individu
01:15:53apparemment
01:15:54on n'en sait rien
01:15:55à l'état actuel
01:15:56se serait converti
01:15:58à l'islam
01:15:58et ensuite reconverti
01:16:00au christianisme
01:16:00ou je ne sais quoi
01:16:01néanmoins le vocabulaire
01:16:02qu'il a utilisé
01:16:03il a crié à la Wabar
01:16:05il aurait pu se référer
01:16:08à telle chose
01:16:10auxquelles se réfèrent
01:16:11les gens
01:16:12aux Etats-Unis
01:16:13qui attaquent
01:16:14les lycées
01:16:15à la mitraillette
01:16:16donc il a pris
01:16:17ce vocabulaire là
01:16:18qui lui semblait
01:16:19aujourd'hui
01:16:19le plus prégnant
01:16:20si j'ose dire
01:16:21peut-être
01:16:21pour passer à la télé
01:16:22puisque c'est autrefois
01:16:24quand on se réclamait
01:16:25de Daesh
01:16:25on était sûr
01:16:26de faire le 20h
01:16:27si c'était autre chose
01:16:29ce n'était pas le cas
01:16:30mais il y a cette dimension là
01:16:31et puis il y a aussi
01:16:32ce fait qu'aujourd'hui
01:16:35on est complètement perturbé
01:16:37par une nouvelle géographie numérique
01:16:39qui passe par les réseaux sociaux
01:16:41Alors justement
01:16:42c'est ce qu'on appelle
01:16:43de l'entrisme
01:16:44est-ce que vous pouvez nous dire
01:16:45ce que c'est
01:16:45justement cet entrisme
01:16:47effectivement
01:16:47la semaine dernière
01:16:48il y a eu un projet
01:16:50d'attentat
01:16:51qui a été déjoué
01:16:52qui datait de début octobre
01:16:53on a vu trois très très très jeunes femmes
01:16:55se radicaliser
01:16:57sur les réseaux sociaux
01:16:58effectivement
01:16:59elles étaient abreuvées
01:17:00de propagande
01:17:01djihadiste
01:17:02est-ce que vous pensez
01:17:02que ça aussi
01:17:03c'est une arme
01:17:04de manipulation
01:17:05pour notre jeune génération
01:17:07et une arme
01:17:07une voie d'entrisme
01:17:09pour les frères musulmans
01:17:10Alors c'est un peu différent
01:17:12parce que le terme
01:17:13entrisme
01:17:14qui appartient au vocabulaire
01:17:15des trotskistes
01:17:16si vous voulez autrefois
01:17:17quand Mélenchon
01:17:17était trotskiste
01:17:18il faisait de l'entrisme
01:17:20dans les partis
01:17:21lui ou ses camarades
01:17:22dans des partis plus gros
01:17:23le parti socialiste
01:17:25le syndicat
01:17:26force ouvrière
01:17:27etc
01:17:27c'était
01:17:28que des groupes
01:17:29qui étaient marginaux
01:17:30à l'extrême gauche
01:17:31entraient dans des organisations
01:17:33pour essayer
01:17:34de les utiliser
01:17:35de l'intérieur
01:17:36de les subvertir
01:17:38ou de les faire agir
01:17:38de l'intérieur
01:17:39Jospin
01:17:40au parti socialiste
01:17:41qui était au départ
01:17:41trotskiste
01:17:42dans la même logique
01:17:43et les frères musulmans
01:17:44effectivement
01:17:45ont cette stratégie
01:17:48c'est-à-dire
01:17:48qu'en s'alliant
01:17:49notamment
01:17:50avec un certain
01:17:50nombre de groupes
01:17:52ils vont s'assurer
01:17:53d'avoir par exemple
01:17:54aux prochaines élections
01:17:55municipales
01:17:56des individus
01:17:57qui vont contrôler
01:17:58telle ou telle
01:17:59délégation
01:18:00d'adjoints
01:18:01qui vont leur permettre
01:18:02de mettre leurs hommes
01:18:03etc
01:18:03ça c'est la définition
01:18:05de l'entrisme
01:18:05qui est passé paradoxalement
01:18:06de l'extrême gauche
01:18:08française
01:18:08à des mouvements
01:18:09d'autres crèmes gauches
01:18:10aujourd'hui
01:18:10proches des islamistes
01:18:11mais je ne crois pas
01:18:13que ce soit exactement
01:18:14Vous pensez à qui par exemple
01:18:15vous dites
01:18:15des mouvements proches
01:18:16des islamistes ?
01:18:17La France insoumise
01:18:18qui va vous dire
01:18:20on n'est pas du tout
01:18:21proche des islamistes
01:18:21mais qui a rejoint
01:18:23les islamistes
01:18:24sur par exemple
01:18:25la manifestation
01:18:26de novembre 2019
01:18:27où Jean-Luc Mélenchon
01:18:28qui était auparavant
01:18:29un grand bouffeur de curés
01:18:30devant l'éternel
01:18:31et un laïc absolu
01:18:32qui voulait enlever
01:18:33le voile des fils
01:18:34disait à la télévision
01:18:35dans le public
01:18:36a abondé
01:18:39dans la logique
01:18:41de la lutte
01:18:41contre l'islamophobie
01:18:42qui était quelque chose
01:18:44un slogan
01:18:44mis en place
01:18:45par le comité
01:18:46contre l'islamophobie
01:18:48en France
01:18:48qui appartient
01:18:49à la nébuleuse
01:18:50des frères musulmans
01:18:50voilà vous avez
01:18:51ce type de phénomène là
01:18:52en revanche
01:18:54ce que vous avez évoqué
01:18:55tout à l'heure
01:18:56c'est-à-dire
01:18:56autant qu'on puisse le savoir
01:18:58on a simplement
01:18:58les informations
01:19:00que nous a diffusées
01:19:01la DGSI
01:19:01donc l'enseignement intérieur
01:19:04ce sont ces jeunes filles
01:19:06qui regardaient
01:19:07des vidéos
01:19:10etc
01:19:11sur TikTok
01:19:12le réseau principal
01:19:13des jeunes
01:19:14je n'ai pas vu
01:19:15qu'il y avait
01:19:16des liens
01:19:16avec les frères musulmans
01:19:17comme ça
01:19:18les frères musulmans
01:19:18eux
01:19:19dans le spectre
01:19:20si vous voulez
01:19:21islamiste
01:19:22ils sont plutôt
01:19:22précisément
01:19:23dans la dimension
01:19:23entriste
01:19:25dans le système politique
01:19:26et à l'autre bout
01:19:27du spectre
01:19:28il y a peut-être
01:19:28des porosités
01:19:31parfois
01:19:31vous avez
01:19:32ceux qui vont passer
01:19:33à la violence politique
01:19:34et eux
01:19:35méprisent
01:19:36les frères musulmans
01:19:37parce qu'ils disent
01:19:37qu'ils font des compromis
01:19:39avec le système
01:19:39donc c'est une palette
01:19:42qui est assez large
01:19:43on ne lutte pas
01:19:44contre une organisation
01:19:45structurée
01:19:46qui a une base arrière
01:19:47un territoire
01:19:48comme vous le rappeliez
01:19:49une hiérarchie
01:19:50une organisation
01:19:52locale aussi
01:19:54comme on peut lutter
01:19:55contre un mouvement
01:19:56beaucoup plus diffus
01:19:57beaucoup plus jeune
01:19:58que vous décrivez
01:19:59ce djélisme atmosphère
01:20:00qui opère
01:20:00et qui recrute
01:20:02sur les réseaux sociaux
01:20:03est-ce qu'aujourd'hui
01:20:04dans la lutte
01:20:06et dans la prévention
01:20:07des attentats
01:20:08ce virage
01:20:09on l'a pris complètement
01:20:10est-ce qu'on est
01:20:10équipé pour lutter
01:20:12contre ce djihadisme
01:20:13atmosphère
01:20:13et cette nouvelle
01:20:14catégorie de menaces
01:20:15vous savez
01:20:15déjà il faut arriver
01:20:17à comprendre
01:20:17ce qui s'est passé
01:20:18et ce qu'on a essayé
01:20:18de faire avec
01:20:19Jean-François Ricard
01:20:20qui était le procureur
01:20:22national antiterroriste
01:20:23qui a créé ce parquet
01:20:24en 2019
01:20:25il faut bien se rappeler
01:20:25qu'on vient d'un moment
01:20:26où quand il a commencé
01:20:28ses études de droit
01:20:29le mot terrorisme
01:20:30n'existait pas
01:20:31dans le vocabulaire juridique
01:20:32on a eu d'abord
01:20:33une cour de sûreté
01:20:34de l'état
01:20:34qui jugeait
01:20:36qu'il était un tribunal
01:20:37d'exception
01:20:37ensuite il n'y a plus
01:20:38rien du tout
01:20:39pendant quelques années
01:20:40de la présidence Mitterrand
01:20:41après que la cour
01:20:42a été supprimée
01:20:43et puis finalement
01:20:44s'est créé un tribunal
01:20:46qui juge
01:20:46selon le droit
01:20:47selon la loi
01:20:48selon le nom du peuple français
01:20:51et qui a permis
01:20:53surtout d'acquérir
01:20:54une connaissance extraordinaire
01:20:56de ce phénomène
01:20:56avec des magistrats spécialisés
01:20:58et le livre
01:20:59retrace un peu tout ça
01:21:00depuis les années
01:21:02de début des années 90
01:21:03les années GIA
01:21:05que les plus jeunes
01:21:06n'ont pas connu
01:21:07mais nous nous en souvenons
01:21:08assez fort
01:21:08l'attentat à Saint-Michel
01:21:09etc
01:21:10ensuite
01:21:11tout ce qui s'est passé
01:21:13c'est un peu
01:21:13tu avais pensé
01:21:14à la période actuelle
01:21:15à l'époque d'Al-Qaïda
01:21:16on s'est dit
01:21:17ça ne nous concerne pas
01:21:18ça se passe aux Etats-Unis
01:21:20mais Ricard et ses collègues
01:21:23à ce moment-là
01:21:23étaient déjà en train
01:21:24de suivre
01:21:25les gens qui étaient
01:21:26dans le gang
01:21:27la bande de Roubaix
01:21:28ou le groupe de Roubaix
01:21:29leurs ramifications internationales
01:21:31qui allaient partout
01:21:32qui allaient en Irak
01:21:33qui passaient par les buts-chaumont
01:21:35qui repassaient par le Maghreb
01:21:36qui allaient
01:21:37jusqu'aux Etats-Unis
01:21:38un peu avant
01:21:41le 11 septembre
01:21:42ils ont des informations
01:21:43qu'ils transmettent
01:21:45à leurs collègues américains
01:21:45qui n'y croient pas
01:21:46donc tout ça
01:21:47si vous voulez
01:21:47pour arriver
01:21:49à faire face
01:21:50à la situation actuelle
01:21:51il faut avoir
01:21:52une bonne connaissance
01:21:52de ce qui s'est passé
01:21:54jusqu'alors
01:21:54de l'histoire
01:21:55et d'arriver
01:21:56à comprendre
01:21:58comment gérer
01:21:59comment analyser
01:22:00les questions aujourd'hui
01:22:01évidemment
01:22:02cette mutation
01:22:03elle s'est opérée
01:22:04parmi ceux qui
01:22:05parmi ceux qui enquêtent
01:22:05oui visiblement
01:22:06puisque par exemple
01:22:08vous parlez
01:22:08de l'informatique
01:22:10et autres
01:22:10bien évidemment
01:22:12face à un ado
01:22:13qui bidouille
01:22:14son ordinateur
01:22:15les super ordinateurs
01:22:18des services
01:22:19de renseignement
01:22:20le repèrent
01:22:21assez rapidement
01:22:21indéniablement
01:22:22mais comme je vous l'ai dit
01:22:23tout à l'heure
01:22:23en entrée
01:22:25il n'y a pas
01:22:26que des gars
01:22:27qui bidouillent
01:22:28leur truc
01:22:28dans leur garage
01:22:29il y a aussi
01:22:30la possibilité
01:22:31de louer un véhicule
01:22:33et de le jeter
01:22:33sur la foule
01:22:34il y a une différence
01:22:36multiple
01:22:37en plus
01:22:37on est aujourd'hui
01:22:38dans le monde
01:22:39de numérique
01:22:40dans une phase
01:22:41particulièrement complexe
01:22:43où au début
01:22:44l'internet
01:22:45c'est la liberté
01:22:45on pouvait tout faire
01:22:47ensuite on a commencé
01:22:48à créer des réseaux
01:22:49et aujourd'hui
01:22:50l'internet
01:22:51c'est le monde
01:22:51de l'intrusion
01:22:52c'est-à-dire
01:22:52le monde
01:22:53de l'arnaque
01:22:53je pense
01:22:55je ne sais pas
01:22:55dans les 15 derniers jours
01:22:56vous avez reçu
01:22:57un certain nombre
01:22:58même
01:22:58que vous n'avez pas ouvert
01:22:59pensant que c'était
01:23:00des choses
01:23:00vous piquez
01:23:01votre numéro
01:23:01de carte de crédit
01:23:02et c'est la même chose
01:23:03qui se produit
01:23:04en politique
01:23:06à travers les jeux vidéo
01:23:07en particulier
01:23:07où vous avez des gens
01:23:09qui vous contactent
01:23:10quand vous jouez
01:23:11et qui vous font passer
01:23:12un certain nombre
01:23:13de contenus
01:23:14avec des influenceurs
01:23:16qui sont très habiles
01:23:17qui vous mettent
01:23:18en situation de malaise
01:23:19qui vous déstabilisent
01:23:20et qui petit à petit
01:23:22vont vous amener
01:23:23à prendre des positions
01:23:24ou à vous engager
01:23:25dans des actions
01:23:26qui ne sont pas connues
01:23:26et ça c'est vraiment
01:23:27le défi
01:23:28qu'on a aujourd'hui
01:23:28qui n'est pas seulement
01:23:29un enjeu
01:23:30de justice
01:23:31qui n'est pas seulement
01:23:31un enjeu de services secrets
01:23:32mais qui est un enjeu
01:23:33aussi d'éducation
01:23:34et là
01:23:35c'est le problème
01:23:37qu'on a aujourd'hui
01:23:37est-ce que l'école
01:23:38avec les moyens limités
01:23:40dont elle dispose
01:23:41peut faire face
01:23:42face à des jeunes
01:23:44dont les sources
01:23:45d'informations
01:23:46sont latérales
01:23:47les deux professeurs
01:23:48tués
01:23:48par-delà le drame atroce
01:23:50que ça a été
01:23:51pour eux-mêmes
01:23:52bien sûr
01:23:52leur famille
01:23:53et pour toute la France
01:23:53c'est aussi quelque chose
01:23:55dont il faut bien
01:23:56tirer les leçons
01:23:57ça a une dimension
01:23:58beaucoup plus profonde
01:23:59et c'est ça
01:24:01la difficulté
01:24:01aujourd'hui
01:24:02je crois que ça demande
01:24:03une mobilisation
01:24:03beaucoup plus grande
01:24:04de la société
01:24:05de notre université
01:24:06vous parliez tout à l'heure
01:24:07avec la personne
01:24:08de notre université
01:24:09du wokisme
01:24:10justement
01:24:11et ça c'est aussi
01:24:12un débat assez complexe
01:24:14parce que le wokisme
01:24:15autant d'un côté
01:24:16du spectre politique
01:24:17vous avez une exacerbation
01:24:18xénophobe
01:24:20autant de l'autre côté
01:24:21la logique wok dit
01:24:23il circuler
01:24:24il n'y a rien à voir
01:24:24ces trucs là
01:24:25c'est du racisme
01:24:26n'en parlons pas
01:24:27donc la position
01:24:28est assez difficile
01:24:29à tenir
01:24:29assez difficile
01:24:30à tenir
01:24:31et vous le faites
01:24:31parfaitement
01:24:32dans ce livre
01:24:33avec Jean-François
01:24:34Ricard
01:24:34anti-terrorisme
01:24:35la traque des djihadistes
01:24:36à lire
01:24:37aux éditions
01:24:37plomb
01:24:38effectivement
01:24:38on voit bien
01:24:39la fracture
01:24:41de notre société
01:24:42et effectivement
01:24:43comment le djihadisme
01:24:44se met
01:24:45se glisse là
01:24:46dans cette société
01:24:47qui est si polarisée
01:24:48et qui a souvent peur
01:24:49de parler
01:24:50merci d'avoir été
01:24:50l'invité du club BFM
01:24:52merci Thierry Arnaud
01:24:54et tout de suite
01:24:55vous retrouvez
01:24:56Alice Darfeuil
01:24:57pour le 21 BFM
01:24:58merci de nous avoir su
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