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  • il y a 3 mois

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00:00Voilà, si vous nous rejoignez à l'instant sur CNews et sur Europe 1, évidemment ce sont les cloches, le bourdon de Notre-Dame de Paris,
00:07mais aussi de toutes les églises de la capitale qui résonnent pour rendre hommage aux victimes du terrorisme, aux victimes du 13 novembre 2015,
00:15ces attentats qui ont commencé au Stade de France, ensuite les Bataclan, les terrasses, des victimes, 132 victimes,
00:23deux d'entre elles se sont donné la mort il y a peu de temps, des centaines de blessés et des traumatisés évidemment qui tentent chacun à leur façon de surmonter ce qui s'est déroulé.
00:34Il y a tout juste dix ans, nous allons vivre en direct dans cette édition spéciale les prises de parole, celle du président Macron,
00:41il ne s'est pas exprimé depuis le début de la journée, il y a eu plusieurs cérémonies dans cette journée devant les lieux de chaque attentat
00:50et nous allons vivre avec vous, chers amis auditeurs et téléspectateurs, cette journée de commémoration, d'émotion avec nos invités,
00:59nous sommes avec Eric Nelot, bonsoir Eric, Michel Auboin, nous sommes avec le docteur Mathieu Langois, ancien médecin chef du RAID,
01:05merci d'être avec nous, Laetitia Guinan, Louis de Ragnel, Louis on est étreint par l'émotion parce que ce bourdon que l'on entend de Notre-Dame de Paris,
01:14on sait qu'il ne résonne que dans les cas les plus graves, évidemment, les drames, et là aujourd'hui on commémore un drame.
01:21Là on assiste à beaucoup de stigmates quand même des années récentes de notre pays, à la fois Notre-Dame évidemment,
01:26qui avait brûlé et puis effectivement ces dixièmes commémorations, ce dixième anniversaire comme on dit,
01:34des attentats du 13 novembre, qui a créé un avant et un après, qui a plongé la France quand même dans une nouvelle période dans laquelle on est maintenant,
01:43avec certes peut-être un peu moins la menace des commandos projetés, mais une menace endogène au sein de la société française,
01:51une menace terroriste qui est encore très présente, on voit bien qu'il y a beaucoup de mesures aussi qui ont été prises en matière de sécurité,
01:57il y a des lois qui ont été votées, même au niveau des peines et des sanctions, il y a beaucoup de choses qui ont été faites depuis,
02:04mais ce qu'il reste à faire quand même, c'est le terreau, c'est ce qu'il y a de plus difficile, c'est le terreau qui sommeille au fond de notre société,
02:12et on est quand même rappelé, on est plongé, malheureusement assez régulièrement, dans les stigmates de ce terrorisme dont on n'arrive pas à se débarrasser,
02:21et on est dans une société qui malgré tout reste extrêmement fragile, c'est-à-dire qu'on a des forces de sécurité robustes, très fortes,
02:30mais humaines aussi, et une société, c'est vrai, qui a mis du temps à savoir comment il fallait réagir, il y a eu un moment où vous n'aurez pas ma aide,
02:39et puis il y a beaucoup de gens qui se sont dit quand même, la menace est très violente, et il va falloir qu'on se réarme,
02:46et à mon sens, alors je sais que les avis sont un peu différents, mais je trouve que le réarmement moral de la société n'a pas encore commencé,
02:52et il est indispensable.
02:54Plusieurs lieux ce soir pour ces commémorations du 13 novembre 2015, le bourdon de Notre-Dame que nous pouvons entendre,
03:02amis auditeurs et téléspectateurs, le jardin du souvenir qui sera inauguré dans quelques instants par Emmanuel Macron,
03:07la place de la République où l'on voit de nombreuses bougies, des messages, beaucoup de Parisiens qui viennent se recueillir,
03:14docteur Mathieu Langlois, vous êtes l'ancien médecin-chef du RAID, vous êtes intervenu dans cette nuit du 13 novembre 2015 à l'intérieur du Bataclon,
03:22et je le précise, alors que les terroristes étaient encore sur place, vous avez découvert une scène de guerre,
03:29et vous avez, avec la colonne du RAID dans laquelle vous êtes arrivés, porté secours aux premiers blessés, c'est bien cela ?
03:37Racontez-nous.
03:38Avec tous les policiers aussi du quotidien qui étaient déjà là avant nous,
03:43Et donc ce qu'on avait anticipé, c'était que sur des situations de terrorisme de masse,
03:55l'action des unités spéciales, RAID, GIGN, BRIPP, c'était d'être en capacité évidemment de sécuriser,
04:03de neutraliser les menaces, quelles qu'elles soient, mais aussi, et c'est pour ça qu'on avait intégré des médecins,
04:10être capables, dans une zone où personne ne peut aller, parce que la menace est telle,
04:17de gagner un autre combat, qui est celui du temps, et pour les blessés les plus graves,
04:23et donc notre rôle là, c'était d'organiser les secours, de faire du sauvetage, des chaises de sauvetage,
04:30mais surtout de mettre en sécurité, donc d'extraire l'ensemble des gens qui sont encore vivants,
04:36et de les mettre en sécurité, parce que tout le monde comprend que la neutralisation,
04:40des menaces, ça prend du temps, ou ça peut prendre du temps, moi je suis pas, c'est pas ma spécialité,
04:46je peux pas dire, voilà, il faut arrêter, je suis médecin, et je sais que ça peut prendre du temps,
04:52et donc tout ce qu'on avait construit depuis 2012, en particulier, sous l'impulsion d'Amori de Hotlock,
04:57c'était de dire, ce temps-là, il faut pas le perdre, en plus, pour les blessés graves,
05:02et donc, moi si j'ai le feu vert, je peux pas faire seul, je peux pas décider seul,
05:08de rentrer dans la fosse, si un des officiers me dit, si tu rentres dans la fosse,
05:14on va te tirer dessus, et ça va exploser, en principe, je suis pas complètement fou,
05:19vous écoutez les ordres, j'obéis aux ordres.
05:22Personne ne le savait, à ce moment-là, justement, parce que personne ne savait,
05:25s'il y avait des explosifs, vous ne saviez pas de combien de temps vous alliez disposer,
05:29justement, peut-être, avant qu'il y ait d'autres tirs, ou...
05:31Donc, il faut aller vite, il faut que ce soit coordonné entre nous,
05:36donc tout ça, ça demande énormément d'exercice,
05:38et après, il y a une part d'incertitude évidente,
05:42mais sinon, on n'y va pas, personne n'y va, donc, voilà,
05:45après, c'est, la décision, elle nous appartient tous,
05:50elle appartient au commandement, dire on engage ou on n'engage pas.
05:54Clairement, si les terroristes étaient juste sur le balcon,
05:57en train de tirer dans la fosse, je suis certain,
06:01alors déjà, moi, je pense que j'aurais eu l'attitude appropriée,
06:05mais je suis certain que le commandement du RAID m'aurait dit,
06:08Doc, pour l'instant, tu restes...
06:10En arrière ?
06:12Voilà, après, on est habitué à être très engagé par rapport à la menace.
06:16Alors là, ce soir-là, on l'a été un peu plus...
06:18Bien entendu, parce que vous nous racontez que vous avez vu les premiers blessés
06:21déjà sur le trottoir, et quand vous entrez dans la salle,
06:25il y a des plaies terribles,
06:26enfin, je veux dire, ce sont des armes de guerre
06:28qui ont déchiré les jeunes gens qui étaient dans le public, docteur.
06:32Mais, voilà, il faut, à ce moment-là,
06:36il faut vous passer dans un autre rôle, une autre dimension,
06:40mon rôle, il est d'organiser, d'avoir une vision globale,
06:45et surtout pas de s'arrêter aux premières horreurs que vous allez voir.
06:53C'est pas comme si je soignais quand je suis chez les pompiers,
06:56au SAMU ou à l'hôpital,
06:59où là, on est concentré à 100% sur le blessé.
07:02Là, c'est autre chose.
07:05C'est ce qu'on connaît bien en médecine de catastrophe.
07:07Enfin, on connaît bien.
07:08C'est des situations qu'on a anticipées en médecine de catastrophe.
07:11Après, dans ce qui était vraiment, pour mon avis, nouveau pour tout le monde,
07:17c'est qu'on est tous pris au piège.
07:19On est enfermés dans un lieu clos.
07:21Si vous êtes dehors, moi j'avais beaucoup discuté après,
07:24avec ceux qui avaient vécu, par exemple, la tuerie de Las Vegas.
07:26La tuerie de Las Vegas, ils sont à l'extérieur.
07:30Les blessés fuient de tous les côtés.
07:32Là, on est tous pris au piège.
07:34Si ça explose, on sera tous condamnés dans ce piège-là.
07:39Et ça change beaucoup votre appréciation,
07:45ou en tout cas votre compréhension de la menace.
07:46Et ce que vous découvrez, ce sont des dizaines de cadavres ?
07:51Oui, alors, encore une fois, je vais être très pudique.
07:55Mais, en tout cas pour les deux médecins du RAID,
07:58je le connais bien, celui qui était avec moi,
08:01c'était malheureusement pas nos premiers cadavres.
08:04D'accord.
08:04Mais dans cette proportion-là, évidemment,
08:06personne n'avait jamais vu ça dans notre pays.
08:08Mais personne n'avait vu ça.
08:10Et c'est là où il ne faut surtout pas rester
08:12et subir cette situation en disant
08:15« mince, je ne l'ai pas vécu, qu'est-ce que je fais ? »
08:17Il faut dire, en effet, il faut l'accepter de ne jamais l'avoir vécu,
08:20que ce soit beaucoup plus violent et brutal
08:22que tout ce que vous avez pu imaginer,
08:24tout ce que vous avez pu préparer.
08:26Mais ce qu'on attend de vous, c'est maintenant...
08:29Allez, et que ce soit efficace.
08:31Et que ce soit pas efficace, que ce soit très efficace.
08:33Très, très efficace.
08:34Vous avez revu certaines des personnes qui étaient dans la salle depuis ?
08:37Très peu, j'ai surtout pas cherché ça.
08:40Et surtout avec l'horreur quand on entre
08:41et qu'on voit ce spectacle,
08:43et surtout d'entendre les portables qui sonnent,
08:46c'est-à-dire des parents des victimes,
08:48et qui cherchent à rentrer en contact.
08:51Et les portables, la sonnerie s'arrête et ça recommence.
08:55Le docteur Blanclois, allez-y.
08:56Oui, je l'ai dit juste avant,
08:59c'est que nous, quand on rentre,
09:02à partir du moment où, en tout cas pour ma part,
09:04quand je suis rentré, je pense que je me suis mis
09:06dans ce que j'appelle une bulle sensorielle
09:08qui me protège.
09:10Moi, je suis obligé aussi de me protéger,
09:12je suis là pour faire mon métier
09:13de la manière la plus efficace possible,
09:16tout en gardant la lucidité.
09:17On n'est pas des robots,
09:19ce n'est pas de la dissociation
09:20qui nous permettrait de faire des gestes réflexes.
09:24On est obligé de comprendre,
09:25on voit les visages,
09:26on voit ce qu'est la terreur,
09:28on voit les blessures, on parle.
09:30Mais il faut, pour rester calme,
09:34pour rester déterminé,
09:36pour rester lucide,
09:38moi, je suis obligé de me protéger.
09:41Et donc, je pense que c'est par cette protection,
09:44je n'ai absolument pas entendu
09:45le moindre portable sonner
09:47pendant toute la soirée.
09:50Et on est resté plusieurs heures à l'intérieur.
09:52Je ne m'en souviens pas.
09:53Je ne vous dis pas que ce que vous dites
09:55est sûrement vrai.
09:56D'autres, je l'ai déjà entendu.
09:57Oui, oui, oui.
09:58J'avais lu, j'avais lu ces témoignages.
10:01Après, j'ai entendu des âneries aussi.
10:02Mais sur les portables,
10:06je pense que,
10:07même sur la lumière qu'elle était,
10:10l'intensité lumineuse,
10:12je ne sais même pas vous dire.
10:13Je sais que je n'ai pas, moi,
10:14utilisé de...
10:16De lampe-torche.
10:17De lampe.
10:18Et vous avez dialogué
10:19avec certains des blessés ?
10:20Oui, oui.
10:20Qu'est-ce qui se passait ?
10:21Vous leur avez dit évacuer ?
10:24Vous êtes en sécurité maintenant ?
10:26Encore une fois,
10:27ce n'est pas le même métier
10:28que quand je travaille au SAMU
10:31ou à l'hôpital
10:32ou chez les pompiers.
10:33C'est un autre métier.
10:34Et il faut être...
10:36En quelques secondes,
10:37il faut être à la fois...
10:38Moi, je dis souvent,
10:39il faut être empathique.
10:40Mais empathique,
10:41ce n'est pas...
10:41Est-ce que ça va ?
10:42Parce que si vous dites à la victime
10:43que ça fait une heure et demie
10:44qu'elle est dans le Bataclan
10:45et que vous la regardez
10:46en lui demandant si ça va,
10:48vous avez bien compris,
10:49ça va même aggraver son...
10:52Donc vous lui dites quoi ?
10:54Je lui dis, regardez-moi
10:55et on va sortir.
10:57Et ça dure...
10:59Et je le dis d'une manière,
11:01peut-être pas comme là,
11:02je le dis peut-être d'une manière
11:03un peu encore plus infirmée.
11:05Et voilà,
11:08et c'est ce qui...
11:09Et je sais que d'autres policiers
11:11du RAID
11:12ont fait exactement la même chose.
11:14C'est l'assurance de la voix
11:15qui peut réconforter.
11:16Le non-verbal,
11:17ce qui est sûr,
11:18c'est que le non-verbal
11:18est beaucoup plus efficace
11:21que les mots que vous allez dire.
11:24Donc, il faut les deux.
11:26Alors, la cérémonie a commencé
11:28au Jardin du Souvenir.
11:30On entend, je le dis pour nos auditeurs,
11:32de la musique.
11:32Il y a aussi des discours.
11:34Peut-être qu'on va écouter
11:35un extrait du discours
11:36qui est donné.
11:38C'est une chanson.
11:40Une chanson, voilà,
11:41pour rendre hommage aussi
11:42à ces victimes
11:43à la fois du Bataclan
11:44et des terrasses
11:45parce que c'était des jeunes gens
11:46qui étaient là pour la musique,
11:47pour Eric Nolo,
11:49parce qu'ils avaient envie
11:50de boire un verre ensemble
11:51et qu'ils célébraient
11:52notre mode de vie à la française.
11:53C'était tous les gens
11:54qui s'amusaient en toute innocence,
11:56voilà, boire un verre,
11:57aller au concert,
11:58des choses anodines
11:59même qu'ils ne le sont plus.
12:00Maintenant, on ne peut pas
12:00s'empêcher d'y penser.
12:01Je pense qu'en s'asseyant
12:03à une terrasse de café,
12:04ce n'est plus le même acte
12:05qu'avant.
12:06Ce n'est pas tout à fait
12:06le même acte.
12:07Il y a quelque chose
12:07qui vous reste en tête
12:08et une salle de concert
12:09peut-être un peu anxiogène.
12:11Vous avez parlé
12:12de ce qui s'est passé
12:13à la Philharmonie.
12:14Moi, récemment, au cinéma,
12:15il y a une femme
12:16qui a posé un sac
12:17sous son siège
12:18et qui est sortie
12:19quelques minutes.
12:20Je vous ai jure,
12:20j'ai pensé jusqu'à
12:22ce qu'elle revienne
12:22et ça ne me serait pas venu
12:24à l'idée il y a dix ans.
12:25Michel Auboin,
12:25ancien préfet,
12:27nous avons changé,
12:29la société a changé
12:30depuis dix ans
12:30depuis ces attentats.
12:30Moi, je pense que la société
12:31a changé, oui.
12:32Alors, évidemment,
12:33c'est un peu l'acmé
12:34de la violence,
12:36le Bataclan.
12:36On a eu des attentats avant,
12:38on en a eu d'autres après.
12:39Parce que, d'ailleurs,
12:40j'aimerais bien
12:40qu'on parle de la totalité
12:42des victimes
12:43et pas uniquement.
12:45C'est très important
12:47d'avoir fait cette journée
12:48sur le Bataclan.
12:49Il ne faut pas oublier
12:49ceux qui sont intervenus après.
12:51Je pense que
12:52on a, surtout que c'est
12:53toujours la même origine
12:54d'une certaine façon
12:55et même le même mode d'action,
12:57même si c'est des victimes
12:58plus isolées.
12:59Mais, oui,
13:02je pense que la société
13:03a changé
13:04après le Bataclan,
13:06devant l'ampleur,
13:07d'abord,
13:07la réaction
13:08de la population
13:09le lendemain même.
13:12Une espèce
13:12d'émotion nationale
13:14qu'on n'avait pas connue
13:15quand même
13:15depuis extrêmement longtemps
13:16dans ce pays.
13:17Et ensuite,
13:19la prise de conscience
13:21qui a été plus lente
13:21quand même
13:22de cette menace
13:23qui plane
13:24et qui subsiste
13:26dans notre pays.
13:27Je pense que
13:28le regard est différent.
13:29Ça n'empêche pas
13:30de faire la fête,
13:31ça n'empêche pas
13:32d'aller boire des coups
13:33avec les copains,
13:34mais l'esprit
13:36n'est pas tout à fait le même
13:37parce que la menace
13:38existe
13:38et on a fini
13:40par l'identifier.
13:41Bien sûr.
13:42Catherine Ney ?
13:42Oui, en tout cas,
13:43c'est un événement.
13:44On se souvient tous
13:45de ce que l'on faisait
13:47où on était
13:48quand on a appris
13:49les attentats
13:50et qu'on a commencé
13:51à écouter la radio,
13:52à rentrer chez moi
13:53en voiture
13:53et à rester devant
13:55la télévision
13:56toute la nuit
13:56pour suivre les événements
13:58et on a bien vu
13:59qu'il se passait
13:59quelque chose
14:00de hors normes.
14:02Les terrorismes islamistes,
14:03on en avait déjà parlé,
14:04mais là,
14:05c'était tellement
14:05d'une telle ampleur
14:07que c'est quelque chose
14:09qui est marqué chacun
14:12comme un fer rouge
14:13et qui accroît
14:14la peur
14:14et la peur demeure
14:16surtout,
14:16qu'il ne faudra oublier
14:17l'an prochain,
14:18il y a un autre
14:18On va écouter
14:20un tout petit exprès
14:21de cette...
14:22Bien sûr,
14:24et on n'oublie pas
14:24ce qui s'est passé à Nice,
14:25mais il y a une chorale
14:25qui est en train de chanter,
14:27on va écouter
14:27quelques instants
14:28cette chorale.
14:29Je crois que
14:36il y a encore
14:37un dérace
14:37qu'il y a
14:38un dérace
16:09Voilà pour cette cérémonie,
16:21on va y retourner,
16:23évidemment,
16:23et joli pour nos auditeurs,
16:24il y a un jeu de lumière
16:26qui forme comme une voûte
16:27éclairée au-dessus
16:30de ce jardin du souvenir.
16:32J'aimerais bien
16:32qu'on laisse la musique,
16:32s'il vous plaît,
16:33comme ça,
16:34nos auditeurs pourront
16:35en profiter
16:36comme nos téléspectateurs.
16:37Non, c'est important,
16:38Éric Melot,
16:39de faire ces cérémonies,
16:40on entendra
16:40notamment Arthur Desnouveaux
16:43qui a créé une association,
16:44d'autres personnes témoigneront,
16:46le président Macron
16:46prendra la parole.
16:47C'est important,
16:48ces moments de commémoration
16:49sont importants
16:50pour ceux qui ont survécu
16:51et qui disent
16:51ne nous oubliez pas.
16:53Parce que c'est le risque
16:54d'oublier
16:55ce genre de cérémonie,
16:56ça prend quand même
16:57ça prend au trip
16:58cette cérémonie
16:59quand on voit Notre-Dame,
17:00quand on voit le reste.
17:01Donc c'est très important
17:02de raviver,
17:04sinon ça s'efface,
17:06avec le temps
17:07ça devient de moins en moins vivace,
17:09il ne faut pas oublier, non.
17:10Docteur Langlois.
17:12Vous voulez savoir qui il est ?
17:13Oui, alors qui s'exprime là ?
17:14C'est le président
17:15de l'autre association,
17:17donc c'est...
17:17Philippe Duperron,
17:18on va écouter ce qu'il dit.
17:1913-11-15,
17:20écoutons ce qu'il dit.
17:21Merci, M. le Président,
17:23de votre présence
17:24en ce jour et en ce lieu,
17:26marquant ainsi
17:27votre attention
17:28jamais prise en défaut
17:30pour toutes les victimes.
17:32Par votre présence,
17:34c'est toute la nation
17:35qui aujourd'hui se souvient,
17:37c'est toute la nation
17:38qui aujourd'hui se recueille.
17:42C'est à vous,
17:44Mme la maire de Paris,
17:45que nous le devons
17:45ce jardin
17:46qu'aujourd'hui nous inaugurons.
17:49Dès 2016,
17:50au nom de la Ville de Paris,
17:52victime elle aussi,
17:54vous preniez devant
17:55les associations
17:55envers les victimes
17:56l'engagement
17:58de l'édification
17:59d'un lieu de mémoire
18:00dédié à toutes les victimes
18:03des attentats du 13 novembre.
18:05Il fait consensus
18:06qu'il ne peut
18:07en aucun cas s'agir
18:09d'un monument aux morts
18:11de plus
18:11dans le paysage parisien.
18:14Le lieu
18:14ne doit pas faire oublier
18:17que les attentats ont touché
18:18le Stade de France
18:20à Saint-Denis d'abord,
18:21le Carillon
18:22et le Petit Cambodge
18:24ensuite,
18:26puis
18:26le Casanostra,
18:28la Bonne Bière,
18:29la Belle Équipe,
18:30le Comptoir Voltaire
18:31et le Bataclan
18:32enfin.
18:33Mais l'accord
18:34était plus difficile
18:35à dégager
18:36quant à la nature même
18:38de la réalisation envisagée.
18:41Deux lieux
18:41sont même évoqués
18:42un temps,
18:43l'un pour les morts,
18:44l'autre pour les vivants.
18:45L'introduction
18:48dans la réflexion
18:49du Labo des idées
18:50et la présence
18:51de Sarah Gainsburger,
18:52sociologue de la mémoire,
18:54ont permis
18:54de remettre le chantier
18:55sur les rails
18:56qui le mèneraient
18:58à bonne fin.
19:00En effet,
19:00pour les associations
19:01de victimes
19:02qui ont toujours
19:04reçu l'écoute
19:05la plus attentive
19:05et la plus bienveillante
19:07de la part
19:07de tous les acteurs,
19:09plusieurs demandes
19:10sont essentielles.
19:11Il doit s'agir
19:14d'un lieu
19:15où tous les sites
19:16des attentats
19:17sont représentés
19:18et traités
19:18à égalité entre eux
19:19sans que l'un
19:21ou l'autre prévale.
19:23D'un lieu central
19:24dans Paris,
19:25d'un lieu facilement
19:26identifiable
19:27et accessible.
19:29Ce sera un lieu
19:30où toutes les victimes
19:31qui ont perdu la vie
19:32le 13 novembre
19:33seront identifiées.
19:36Mais ce sera aussi
19:37un lieu
19:37où les survivants
19:39se retrouvent
19:40tout à la fois
19:41de déambulation
19:42et de recueillement.
19:45Ce sera un lieu
19:45où la vie
19:47est présente
19:47par les symboles
19:48de lumière,
19:50d'eau,
19:50de végétation.
19:52Ce sera
19:52un jardin.
19:56Ce sera un lieu
19:56où la vie
19:57est renaît
19:57à chaque printemps.
19:59Et,
20:00alors,
20:02je fais volontiers
20:03mienne
20:03la parole
20:04de Robert Badinter.
20:06Oui,
20:07la vie
20:08est plus forte
20:09que la mort.
20:10mais
20:11Dieu
20:13qu'il nous manque.
20:16Au cours
20:17de ces dix
20:17années passées,
20:19nous nous sommes
20:20relevés.
20:21Nous avons fait face,
20:23debout.
20:25La colère
20:25s'est apaisée,
20:27les plaies
20:27ont été pensées,
20:30celles du corps
20:30et celles
20:32de l'âme.
20:33Mais les cicatrices
20:34demeurent
20:35indélébiles.
20:36au cours
20:38de ces dix ans,
20:39le temps du deuil
20:40s'est écoulé
20:41et après la tristesse,
20:44l'acceptation
20:45s'est imposée.
20:47Nous avons
20:47vaillamment
20:48traversé
20:49notre
20:49douloureux
20:50mais nécessaire
20:51procédé 13
20:52au cours
20:53duquel
20:54tant de larmes
20:54ont coulé,
20:55mais où,
20:56comme le dit
20:57Mme la procureure
20:58Camille
20:59dans ses réquisitions,
21:02ici,
21:03c'est la justice
21:04et le droit
21:04qui ont le dernier mot.
21:07Ces témoignages,
21:08ils nous ont bouleversés
21:09par la violence
21:10de ce qu'ont vécu
21:11ceux qui sont venus
21:12le dire à la barre.
21:15Ils nous ont ainsi,
21:16ils nous ont aussi
21:17permis d'appréhender
21:19la réalité
21:20de ce qu'ont vécu
21:21ceux qui ne sont plus là.
21:25Si ce procès
21:26a apporté des réponses
21:27à la question du comment,
21:28ils laissent en revanche
21:30encore largement
21:31sans réponse
21:32la question du pourquoi.
21:35Alors,
21:36au jour où débute
21:37le procès
21:38du cimentier Lafarge,
21:40nous devons
21:40persévérer
21:41dans notre quête
21:43de vérité.
21:46Il y a dix ans,
21:48c'est la société
21:48qui a fait front,
21:50tous unis.
21:52Ce sont des milliers
21:53de témoignages,
21:55de fleurs,
21:55de dessins,
21:56de messages
21:57qui étaient déposés
21:58sur tous les lieux
21:59des attentats
22:00et partout en France.
22:03Qu'en serait-il aujourd'hui
22:05alors que nombre
22:06de politiciens
22:07ici et en Europe
22:09et au-delà
22:10de présidentes
22:11irresponsables
22:12s'emploient
22:13à semer
22:14les graines
22:15de la discorde
22:16et de la désunion,
22:18alors que les réseaux
22:19sociaux inondent
22:20les esprits
22:21de nos plus jeunes,
22:22les envahissent
22:23de contenus
22:24haineux ?
22:25À cette question,
22:28point de réponse
22:29et formons
22:31le souhait
22:31que nous n'ayons
22:32jamais à l'éprouver.
22:35Nous devons
22:36résister
22:37à ces tentatives
22:39de fracturation
22:40et nous résisterons.
22:43Nous résisterons
22:44par notre engagement
22:46à vos côtés,
22:47M. le Président,
22:48M. le Ministre
22:49de l'Intérieur
22:50pour construire
22:52la sécurité
22:53sans sacrifier
22:54les libertés.
22:56Nous,
22:57victimes de ces attentats,
22:58nous continuerons
22:58de porter témoignage
23:00devant les jeunes générations
23:01pour la raison
23:02que la mémoire
23:03doit être incarnée
23:04et non seulement
23:06portée
23:06par des proclémations
23:08solennelles.
23:10Nous entretiendrons
23:11la mémoire
23:12par des gestes,
23:14par des créations,
23:15par des rencontres,
23:16par des initiatives
23:17pour que toutes
23:18les générations
23:19se souviennent.
23:22Nous poursuivrons
23:22la réflexion,
23:24nous chercherons
23:25à comprendre
23:25pourquoi,
23:26pourquoi des jeunes gens,
23:29pourtant souvent
23:29normalement intégrés,
23:31s'engagent
23:32sur ces voies mortifères.
23:35Nous résisterons
23:36pour montrer
23:37que toutes les générations
23:38sont liées
23:39à ces victimes,
23:40parce que l'on se doit,
23:42on doit se battre
23:43pour la liberté,
23:44pour la démocratie,
23:45pour les valeurs
23:46qui sont les nôtres,
23:47pour que l'on puisse
23:49être les vainqueurs.
23:52Enfin,
23:54alors qu'aujourd'hui
23:54nous dévoilons
23:55la plaque inaugurale
23:57de ce nouveau lieu
23:58de mémoire,
23:59je renouvelle ici
24:00le vœu,
24:01et vous nous avez,
24:02Monsieur le Président,
24:04il y a peu,
24:05rassuré à cet égard,
24:07je renouvelle le vœu
24:08qu'à de ces jours prochains,
24:10nous puissions
24:11parillement inaugurer
24:12le musée mémorial
24:14des sociétés
24:14face au terrorisme.
24:16Ce musée
24:17qui a une autre vocation,
24:19ce musée
24:19qui a une autre ambition,
24:22non seulement
24:22de cultiver la mémoire,
24:24mais aussi
24:25l'ambition
24:26de transmettre,
24:27l'ambition
24:28d'éduquer
24:28pour éveiller
24:30les consciences,
24:32pour que
24:32les lumières
24:32de la connaissance
24:34éclairent
24:35les ténèbres
24:36de la barbarie.
24:38Ainsi l'exprime
24:39Henri Rousseau,
24:41le président
24:41de la mission
24:42de préfiguration
24:43lorsqu'il nous dit
24:45« Ça ne sert
24:46à rien
24:47de commémorer
24:48des événements
24:49si on ne les connaît pas
24:51et surtout
24:52si on ne les comprend pas. »
24:56Pour conclure,
24:58une fois encore,
24:59Monsieur le Président,
25:00merci
25:01pour votre présence.
25:03Merci
25:03pour avoir gravé
25:05sur le calendrier
25:06de la nation
25:06la journée nationale
25:08d'hommage
25:09aux victimes
25:10du terrorisme
25:11qui honore toutes
25:12les victimes
25:13en France
25:14et françaises
25:15à l'étranger
25:16sur tous les lieux.
25:18Merci à vous,
25:20Madame la maire
25:20de Paris,
25:21chère Anne.
25:23Merci aux élus
25:24du Conseil de Paris
25:24pour votre engagement,
25:27votre soutien,
25:28votre émotion
25:29sincère
25:30pendant ces dix années
25:32et tout au long
25:33du parcours
25:34qui aura mené
25:36à cette réalisation.
25:37Merci
25:38pour cette cérémonie.
25:42Pareillement,
25:43mes très sincères
25:44remerciements
25:45aux membres
25:45de l'équipe
25:46de Wagon Landscaping
25:48et à tous les maîtres
25:49artisans,
25:50à tous les compagnons,
25:52tailleurs de pierre,
25:52paveurs,
25:53paysagistes,
25:54jardiniers
25:55qui ont mis
25:56tout leur cœur
25:57à cet ouvrage
25:58à l'ombre
25:59de la maison
25:59des compagnons
26:00du devoir.
26:02Merci à Thierry Reboule
26:04et à Victor Le Mans,
26:05à tous ceux
26:07qui autour d'eux
26:08ont contribué
26:08à la réalisation
26:09de ce moment
26:10où l'émotion
26:12le dispute
26:13à la beauté.
26:15Merci
26:15d'avoir sublimé
26:17ce lieu de mémoire
26:18par la lumière
26:19et la musique.
26:20Merci pour cette cérémonie
26:21d'hommage
26:22où le rock
26:23prend sa place
26:24si symbolique.
26:26Cette cérémonie
26:27dont les victimes
26:29forment le cœur
26:30dans les deux
26:31orthographes
26:32du mot.
26:33Merci pour l'infinie
26:35délicatesse
26:36du choix
26:37des textes.
26:39Merci à vous tous.
26:41Merci pour eux.
26:44Dans ce jardin fleuri
26:45ce soir,
26:47ils sont présents
26:47avec nous.
26:49Voilà donc pour le discours
26:57de Philippe Duperron
26:58de l'association
26:5913-11-15.
27:00On est en édition spéciale
27:01sur CNews
27:01et sur Europe 1
27:02pour cette cérémonie.
27:05Évidemment,
27:06et l'inauguration
27:07du jardin mémoriel
27:08du 13 novembre 2015.
27:10Je le dis pour nos auditeurs,
27:11une cérémonie
27:12qui se déroule
27:13avec de la musique,
27:15on entendra des chants,
27:16il y a des jeux
27:18de lumière aussi.
27:19C'est important
27:20de pouvoir
27:21évidemment
27:22partager ce moment
27:23avec
27:24tous les Français
27:25qui ont en mémoire
27:27cette date terrible
27:28du 13 novembre 2015.
27:30Éric Nolo,
27:32on a entendu
27:32ce discours
27:33de Philippe Duperron,
27:35on l'entendra
27:35dans un instant
27:36celui d'Arthur,
27:36des nouveaux,
27:37peut-être sera-t-il
27:37sur un autre registre.
27:39De l'Aif au Paris,
27:39ce sont des gens
27:40qui étaient là.
27:41Chacun se reconstruit
27:43comme il le veut
27:43et comme il le peut.
27:45Et ça,
27:45c'est très important.
27:46Oui, mais la cérémonie
27:47est importante
27:47parce que ça devient,
27:48même si c'est une tragédie
27:50aux dimensions inédites,
27:52ça finit par devenir abstrait.
27:54En fait,
27:55pour ceux qui ne l'ont pas vécu,
27:57ça devient un drame
27:57parmi d'autres
27:58et là,
27:58on touche un peu,
28:00on revient un peu
28:01à la dimension tragique.
28:02Après,
28:03dans les discours,
28:03on a bien vu
28:04que chacun se reconstruit
28:05vraiment comme il peut.
28:06Comme il le veut
28:07et puis avec le discours
28:08qu'il veut,
28:08après tout,
28:09nous n'avons pas vécu
28:10ce qu'ils ont vécu.
28:11Il y a des choses
28:11un peu surprenantes
28:12dans ce qui vient d'être dit.
28:13Alors là,
28:13on a les visages
28:14de tous ceux
28:15qui sont morts
28:16lors des attentats
28:17qui sont projetés
28:18sur la façade
28:19et je pense que peut-être
28:21de la poésie qui est lue.
28:24Louis Dragnel.
28:24Oui,
28:25et puis ensuite,
28:25on aura le discours
28:26du maire de Paris,
28:28Anne Hidalgo,
28:29puis il y aura la lecture,
28:31et je pense que ce sera
28:31un moment très émouvant,
28:33la lecture de tous les noms
28:34des personnes
28:35qui ont été tuées
28:37ce 13 novembre-là
28:38et ensuite,
28:39un discours du président
28:40de la République
28:41avant le dévoilement
28:42de la plaque.
28:42Il figurera dans ce jardin
28:46en mémoire
28:47du 13 novembre 2015.
28:51Laetitia Guinan.
28:52Oui,
28:53les actes mémoriels
28:54ont pas mal de fonctions.
28:55La première est quand même
28:56de rendre hommage
28:57et de respecter
28:59la mémoire
28:59de ceux qui sont là,
29:00de leur donner la parole,
29:01de les mettre en image,
29:03de composer autour
29:04quelque chose
29:04qui sacralise
29:05un petit peu
29:06ce qui leur est arrivé.
29:08C'est aussi
29:09une cohésion de la nation
29:10et puis,
29:10c'est une inscription
29:11dans l'histoire
29:12parce que quand même,
29:13cette place va rester,
29:14ces noms vont rester gravés.
29:16Après,
29:17sur la vertu pédagogique
29:18du mémoriel,
29:19j'aimerais quand même saluer
29:20parce qu'Emmanuel Macron,
29:21la cérémonie
29:22à laquelle on assiste
29:24est quand même magnifique.
29:25C'est Thierry Reboul
29:25qui a été en charge
29:27de la cérémonie
29:28des Jeux Olympiques
29:29qu'il a faite.
29:30La musique,
29:30c'est Victor Le Mans,
29:31je crois,
29:32son compositeur.
29:33Et je dois dire
29:34quand même,
29:35on a une culture
29:36de critiquer beaucoup
29:37à Emmanuel Macron.
29:38Mais malgré tout,
29:39resteront de ces quinquennats
29:41de très,
29:42très,
29:42très belles cérémonies
29:43de tout ordre.
29:44Et celle-ci,
29:45qui vient de commencer,
29:46est très belle
29:47et très adaptée,
29:49disons qu'à la circonstance.
29:50Après,
29:51ce qui est au cœur là,
29:52ce sont les victimes
29:53et c'est une forme
29:54de réunion quand même
29:55de la nation.
29:56Bien entendu.
29:56Et là,
29:57on entend Edith Preto
29:58qui interprète
29:59l'absence de Gilbert Beco.
30:01Ma chère Catherine,
30:03il y a ce moment
30:04de communion,
30:04comme elle disait
30:05Laetitia Guénant,
30:06autour de ces victimes,
30:07un moment de communion nationale.
30:09C'est sûr.
30:10Et entendre ces musiques,
30:12voir ces visages
30:13qui apparaissent à l'écran,
30:14ça vous prend au trip.
30:17Ça fait revivre,
30:18en tous les cas,
30:18en nous,
30:19quelque chose
30:19qui ne doit pas s'éteindre
30:20et qui devrait être présent
30:22et laisser une trace pérenne.
30:24Mais c'est bien
30:25que chaque année,
30:28un hommage soit rendu
30:29comme ceux qui veulent
30:31se retrouvent dans ce jardin.
30:32Même,
30:33ils passent à Paris,
30:35viennent.
30:36Oui,
30:37c'est un nouveau lieu de mémoire
30:39qui était souhaitable
30:43et qui est créé.
30:44Michel Lebois,
30:45ancien préfet.
30:46J'étais un peu circonspect
30:47quand on a parlé de jardin,
30:48mais en fait,
30:49en voyant ces images,
30:50je me dis que c'était
30:50tout à fait ça
30:51qu'ils voulaient faire.
30:52Absolument.
30:53Docteur Langlois,
30:54on évoquait la façon
30:55de se reconstruire.
30:57Certains le font
30:58à partir de la colère,
31:00d'autres pas du tout.
31:01Chacun a sa propre méthode
31:02pour se reconstruire
31:03et surmonter le trauma.
31:04Alors,
31:05je ne suis pas spécialiste
31:05du psychotrauma.
31:06Mais vous êtes médecin.
31:08En tout cas,
31:08je suis sûr
31:08qu'il n'y a pas une méthode.
31:09Il y en a une par individu.
31:13Et puis après,
31:14il y a la bulle familiale,
31:15il y a la bulle professionnelle.
31:16Il y a tout ça
31:17qui fait qu'on va
31:19ou pas se reconstruire,
31:21chacun à son rythme.
31:22Et que c'est un moment
31:24là où je suis assez ému
31:26quand même
31:26quand je vois ça.
31:28Après,
31:28moi,
31:28ma vie,
31:29elle n'a pas été brisée
31:29ce soir-là.
31:32Même si,
31:32évidemment,
31:33elle m'a impacté
31:34très fortement.
31:36Je ne suis plus
31:37le même médecin,
31:38je ne suis plus
31:39le même homme
31:39depuis 2015.
31:42C'est-à-dire
31:43que vous agissez
31:44différemment ?
31:44Bien sûr.
31:46Bien sûr.
31:47Mais ma vie
31:49personnelle
31:50n'a pas été brisée.
31:51Je n'ai pas perdu
31:52ma soeur,
31:53mes enfants.
31:56Et je pense à eux
31:57quand je dis ça.
31:57C'est-à-dire que,
31:59évidemment,
32:00je sais,
32:00des victimes,
32:01j'en croise
32:01tous les jours
32:02dans mon métier
32:03de médecin.
32:05Donc,
32:05des vies brisées,
32:06je sais ce que ça peut être.
32:07Je sais aussi
32:08dans le temps,
32:09parce que,
32:09vous l'avez dit,
32:10il ne faut pas oublier.
32:10et que souvent,
32:13toutes ces familles
32:15vont vivre
32:15toute leur vie
32:16avec ces séquelles.
32:19Et on sait
32:19que parfois,
32:20ça peut surprendre,
32:22mais les séquelles physiques
32:23sont plus faciles
32:24pour se reconstruire
32:26que les séquelles
32:26psychologiques.
32:28Ça a été...
32:29Exactement.
32:31Deux dans tous les...
32:31En plus,
32:32c'est très facile
32:32à comprendre.
32:33Je ne suis pas psychiatre,
32:34mais quand vous luttez
32:35contre la douleur,
32:36quand vous luttez
32:37contre une amputation,
32:38contre des vraies séquelles
32:40physiques,
32:40vous luttez,
32:42vous êtes dans l'action,
32:43le traumatisme psychologique,
32:45c'est terrible.
32:49Et...
32:49Et...
32:50Et ça nous touche tous,
32:52et attention,
32:53parce que...
32:54Nick Alexander.
32:56Là, on est aux 10 ans,
32:57mais il y a...
32:59Vous avez parlé déjà
33:00de nouvelles victimes
33:02qui se sont suicidées
33:06il n'y a pas si longtemps
33:07que ça.
33:08Mais il faut tout faire
33:10pour qu'il n'y en ait pas d'autres,
33:11y compris chez les intervenants.
33:12Enfin,
33:12je mets tout le monde...
33:14Je pense aux policiers,
33:15aux pompiers,
33:17même aux médecins,
33:19même aux psychologues
33:20qui ont ensuite travaillé,
33:21qui ont suivi.
33:22il y a les avocats
33:23qui ont participé
33:24au procès,
33:25il y a tout un tas
33:26de personnes
33:26qui se sont
33:27à différents niveaux,
33:28chacun dans leur métier,
33:29impliquées énormément,
33:31et dont ils peuvent aussi
33:33avoir des traumatismes
33:34et qui peuvent évoluer
33:36dans le temps,
33:36malheureusement.
33:37Docteur,
33:37on va écouter
33:38ces noms aigrenés,
33:39ces noms des victimes
33:40des attentats du 13 novembre.
33:46Ludovic Bumbas,
33:49Véronique de Bourgie,
33:53Elodie Breuil,
33:56Cypria Nounoud Calciu
33:58et Lacrimura Mariana Popp,
34:03Claire Camax,
34:07Nicolas Catina,
34:12Baptiste Chevro,
34:15Nicolas Classo,
34:19Cécile Coudon Pégadot de Lille,
34:24Nicolas Degenhardt,
34:28Elsa Delplace
34:29et Patricia Sainte-Martine,
34:34Alban Denuit,
34:37Vincent Détoc,
34:50Frédéric Calizot,
34:52dit Fred Deville,
34:57Asta Diakité,
35:01Manuel Dias,
35:03Romain Didier
35:07et Lamia Mondeguer,
35:12Lucie Dietrich,
35:16Elif Dogan,
35:20Fabrice Dubois,
35:22Romain Dunet,
35:25Romain Dunet,
35:29Thomas Duperron,
35:33Justine Dupont,
35:38Mathias Dimarski
35:39et Marie Loche,
35:40Salaire Emad El-Djebali,
35:56Germain Ferret,
36:00Romain Feuillade,
36:04Grégory Foss,
36:05Christophe Foultier,
36:08Christophe Foultier,
36:11Julien Galisson,
36:15Susan Garrigue,
36:19Mayeul Gobert,
36:23Michéli Gilles Raimez,
36:25Cédric Ginestou,
36:28Cédric Ginestou,
36:31Mathieu Giroud,
36:34Cédric Gomet,
36:38Noemi Gonzales,
36:40Juan Alberto Gonzales Garrido,
36:57Stéphane Grégoire
36:59et Frédéric Enino,
37:04Anne Guillomar,
37:05Né Cornet
37:07et Pierre-Yves Guillomar,
37:10Stéphane Hache,
37:17Thierry Ardouin
37:18et Marie-Aimée Dallose,
37:23Olivier Haut-du-Cœur,
37:27Pierre-Antoine Henri,
37:31Raphaël Hils,
37:33Mathieu Hoche,
37:37Jamila Oud,
37:43Mohamed Hamid Imnol Moubarak,
37:56Pierre Innocenti,
37:58Nathalie Jardin,
38:00Nathalie Jardin,
38:03Marion Jouano,
38:07Milko Jozic,
38:10Jean-Jacques Kirchheim,
38:15Yacinthe Coma,
38:16Nathalie Lorraine Nébouligina,
38:23Guillaume Ledran,
38:26Renaud Le Gouen,
38:30Gilles Leclerc,
38:33Christophe Lelouch,
38:34Claire Métrot-Taprest,
38:38Claire Métrot-Taprest,
38:40Cécile Martin,
38:52Antoine Marie,
38:55Cédric Mauduit,
39:02Charlotte et Émilie Maud,
39:06Isabelle Merlin,
39:10Fanny Minot,
39:14Yannick Minviel,
39:16Cécile Miss et Louis-Philippe Choré,
39:25Marie Mausser,
39:29Justine Moulin,
39:34Quentin Mouriez,
39:42Victor Munoz-Kilemoès,
39:46Christophe Muntez,
39:51Hélène Mouyal Léris,
39:55Romain Naufre,
39:59Bertrand Navaret,
40:02Christopher Noé-Chalter Bodineau,
40:07Léla Ouzugnan,
40:10David Berchirin,
40:13Aurélie de Peretti,
40:16Manuel,
40:17Manu Pérez et Priscilia Correa,
40:19Marion et Anna Pétard-Léfrig,
40:24Franck Piteau,
40:35Caroline Prenat,
40:40François-Xavier Prévost,
40:44Sébastien Proisi,
40:46Richard Raman,
40:50Valentin Ribé,
40:56Mathieu de Rorté,
41:00Estelle Roua,
41:04Thibaut Rousse-Lacordaire,
41:06Raphaël Ruiz,
41:09Oda Saadi et Alima Ndiaye Né Saadi,
41:17Madeleine Sadin,
41:22Madeleine Sadin,
41:31Kérédine Sabi,
41:35Lola Saline,
41:36Hugo Sarrad,
41:44Djalal Seba,
41:47Maud Serraud,
41:53Sven Alejandro Silva-Peluccini,
41:56Valéria Soulezine,
42:03Fabien Stesch,
42:06Ariane Teller,
42:11Éric Thoumé,
42:15Guillaume Vallette,
42:16Olivier Vernadal,
42:23Stella Soanirina Yasmine Véry.
42:36Voilà pour cette lecture bouleversante des noms des victimes du 13 novembre 2015.
42:41Nous sommes en direct sur CNews et sur Europe 1.
42:43Cette litanie évidemment qui nous bouleverse,
42:47qui évidemment nous émeut.
42:49Mon cher Louis de Ragnel,
42:51on a entendu ces noms égrenés.
42:54Autant de vies,
42:54autant de visages,
42:56de parcours interrompus dans un drame absolu ce soir du 13 novembre 2015.
43:00Ce qui est assez marquant, je trouve, c'est aussi cette lenteur, ce rythme,
43:04qui fait que pour chaque nom,
43:06on peut penser ou essayer d'imaginer la personne.
43:10Et je pense que c'est ça qui est,
43:11moi c'est peut-être ça que je trouve le plus marquant,
43:13dans toutes ces cérémonies.
43:15Et puis ça rappelle à toutes les familles
43:16qui ont vécu différemment
43:19ce massacre,
43:22cette tuerie terroriste.
43:24Ça montre qu'on ne les oublie pas.
43:27Il faut quand même avoir en tête,
43:28et c'est un peu ce que disait tout à l'heure
43:29l'ancien médecin-chef du RAID,
43:32c'est que pour les familles,
43:33il y a eu certes la période des attentats
43:35qui était épouvantable.
43:37Il y a eu, pour ceux qui pouvaient,
43:38la reconstruction.
43:39Et puis ensuite, il y a eu le procès.
43:40Et le procès, ça a été une épreuve épouvantable
43:43pour beaucoup de familles.
43:45Certains voulaient oublier,
43:46enfin voulaient passer à autre chose.
43:48Ils ont été contraints de se replonger
43:50dans un dossier d'instruction
43:51avec des personnages,
43:52avec des détails,
43:54parfois des reconstitutions.
43:55Et ça a été extrêmement douloureux.
43:57D'autres, pour qui ça a été salvateur.
43:59Et donc, chacun a vécu à son rythme
44:01le temps des réparations, du deuil.
44:04Certains ne feront peut-être jamais leur deuil.
44:07Bref, chacun est à son rythme.
44:08Et c'est vrai que la difficulté
44:10dans ces cérémonies,
44:11c'est de réussir à essayer
44:13de parler à tous
44:14en ne blessant personne
44:16et sachant que chacun avance à sa vitesse.
44:19On entend de la guitare, Eric.
44:21D'ailleurs, c'est.
44:23D'ailleurs, c'est.
44:23D'ailleurs, c'est.
44:23D'ailleurs, c'est, évidemment,
44:24merci, Laetitia.
44:25D'ailleurs, c'est.
44:26Pour votre culture musicale,
44:27c'était un moment de musique,
44:28évidemment, ce soir-là.
44:29Je crois.
44:29Même si c'était de la musique rock
44:31au Bataclan,
44:32les Girls of Death Metal.
44:33mais c'est réussi parce que ça nous replonge
44:35dans l'atmosphère de ce soir-là et du lendemain
44:37il y a des images qui reviennent
44:39de cette atmosphère, il y avait en Paris
44:41un silence de mort au sens littéral de la chose
44:43et là on replonge dans cette ambiance
44:45c'est humain, le temps a passé, on n'y pense pas
44:47quand même tous les jours, et là ça nous revient
44:49comme si c'était un événement d'actualité
44:51et pas un événement historique
44:53et de ce point de vue-là c'est très réussi
44:55Michel Auboin ?
44:56Moi en écoutant cette litanie des morts
44:59j'ai un souvenir qui me revient
45:00parce qu'on a tous autour de nous
45:03des jeunes qui avaient cet âge
45:05qui auraient pu être au Bataclan, qu'on a appelés
45:07et qui on connaissait
45:09directement, indirectement
45:11au bout du compte derrière
45:12parce que c'était beaucoup une population jeune
45:15qui était ce soir-là au spectacle
45:17et autour d'eux en fait c'est des milliers
45:19des milliers, enfin des milliers en tout cas
45:21de jeunes parisiens, parce que c'était beaucoup
45:23des franciliens et des parisiens qui en fait
45:25ont été touchés eux-mêmes indirectement
45:27et qui ce soir doivent ressentir
45:30cette émotion particulière
45:32qu'on avait ressentie aussi
45:33Et je le dis pour nos auditeurs
45:35les projecteurs qui surplombaient la cérémonie
45:37se sont tous dressés vers le ciel
45:39et ça donne comme des étoiles
45:41ma chère Catherine Ney
45:42qui représente évidemment
45:43tous ceux qui sont morts ce soir-là
45:45qui sont inscrits dans le ciel
45:47Oui, non mais c'est une cérémonie très poignante
45:50qui vous prend aux tripes
45:51et c'est très beau
45:53C'est très beau
45:54Laetitia Guinan, c'est un hommage vraiment
45:58C'est un hommage parce qu'effectivement là
46:01le terrorisme atteint toujours
46:03nous terrorise évidemment
46:04mais atteint à tous nos sacrés
46:06enfin brise nos tabous
46:08là c'est en l'occurrence la jeunesse, la liberté
46:10nos libertés, une certaine façon de vivre aussi
46:13et d'insouciance, l'art aussi
46:16et donc effectivement il faut
46:18à d'autres moments ça a pu être la presse
46:20ou l'humour
46:21c'est en fait tout ce qu'on adore
46:25ils détestent en gros
46:27et donc effectivement il y a un moment
46:29évidemment pour commémorer, pour respecter les victimes
46:32pour montrer ce que sont nos valeurs aussi
46:36il y a un autre moment qui est celui de l'analyse
46:38de la situation et de la sécurité
46:39mais maintenant on est dans le moment effectivement
46:41du respect à ses morts
46:43et du respect à ce qui nous compose aussi
46:46une certaine élévation, une certaine liberté
46:49un certain sens de l'art, de la culture, de la légèreté
46:54et surtout de la liberté je dirais
46:57En ce moment on vit la nation
47:02un peu un moment de cafard politique
47:04où chaque jour on se désole
47:07on a quelquefois honte, on est malheureux
47:09et là on est malheureux autrement
47:11mais c'est un malheur qui vous élève
47:14qui vous amène à quelque chose
47:17qui vous soulève l'âme
47:19et qui est de ce point de vue là réconfortant
47:23et parce qu'il y a la beauté aussi
47:26il y a le souvenir
47:27et on va écouter Arthur Desnouveaux
47:31de l'association Life for Paris
47:33Madame la maire de Paris
47:34chers tous, chers amis réunis
47:37ici ce soir
47:38je crois qu'une seule chose
47:42réunit toutes les victimes de terrorisme
47:44quelles que soient leurs origines
47:46leurs croyances, leurs religions
47:48leur culture
47:50la volonté que cela n'arrive
47:52jamais à d'autres
47:54voilà pourquoi ce soir
47:58ce n'est pas tant à vous
47:59que j'ai envie de m'adresser
48:01qu'à la jeunesse
48:02une jeunesse qui ne sait pas exactement
48:06voire peut-être pas du tout
48:08ce que nous commémorons
48:11le 13 novembre
48:13en quelques mots
48:15ce sont les pires attentats
48:17sur le sol français
48:18depuis des décennies
48:19une tuerie perpétrée
48:22par des djihadistes
48:23dont beaucoup sont nés
48:26comme nous
48:27en France et en Europe
48:29132 morts
48:31des centaines de blessés
48:33des milliers de traumatisés
48:35qui se sont rendus compte
48:37il y a aujourd'hui 10 ans
48:39que leur vie ne pourrait
48:41jamais plus être comme avant
48:43nous n'avions aucun chemin
48:47tracé devant nous
48:48alors nous avons fait
48:49ce qui nous semblait
48:50le plus humain
48:51au-delà du malheur
48:53ce qui compte
48:54c'est ce que l'on en fait
48:56nous avons commencé
48:59par nous rassembler
49:01d'abord dans des cérémonies
49:03qui ressemblaient un peu
49:03à celles d'aujourd'hui
49:05je nous revois
49:07tous
49:07le 27 novembre 2015
49:09dans la cour des Invalides
49:10nous regardant
49:12sans nous connaître
49:13essayant de jauger
49:14nos malheurs respectifs
49:16puis vint le temps
49:18du rassemblement
49:19celui des associations
49:21des combats
49:23et des commémorations
49:24nous avons fait
49:26fraternité
49:27ensuite
49:29nous avons accepté
49:31de nous confier
49:32à des institutions
49:33médecine
49:34fonds de garantie
49:35et surtout justice
49:37nous avons témoigné
49:39partout
49:40de notre malheur
49:41de notre douleur
49:43et de notre difficulté
49:45à discerner
49:46un avenir heureux
49:48à la barre
49:49de notre grand procès
49:50nous avons étalé
49:51nos douleurs
49:52mais aussi et surtout
49:53rappelé devant nos bourreaux
49:55que nous ne céderions
49:57jamais
49:57et ils nous ont écoutés
50:00et ils nous ont répondu
50:02nous leur avons montré
50:04qu'en France
50:06devant la loi
50:07il y a la force
50:08de l'égalité
50:08reste
50:11aujourd'hui
50:13pour nous tous
50:14dix ans après
50:15la question
50:15de pouvoir
50:16se détacher
50:17du drame
50:17le peut-on
50:19le peut-on
50:20quand on est endeuillé
50:21le doit-on
50:23chacun y trouvera
50:25la réponse
50:26qu'il veut
50:27ou qu'il peut
50:27mais nous sommes liés
50:29par ce drame
50:30nous ne pouvons
50:31que constater
50:32une chose
50:32heureux
50:33ceux qui ont
50:35toute leur liberté
50:35j'aurais aimé
50:39vous dire
50:40que l'espérance
50:41nous avait porté
50:41mais c'est faux
50:42elle ne trace
50:43aucun chemin
50:44les grecs
50:45nous l'avaient d'ailleurs
50:46bien dit
50:46elle faisait partie
50:48des mots
50:48de la boîte
50:49de Pandore
50:49au fond
50:51nous
50:52victimes
50:53nous n'avons rien
50:54d'autre à vous proposer
50:55qu'une exigence
50:57celle de vivre
50:58en société
50:59selon les valeurs
51:01et les lois
51:02qui ont fait de la France
51:03et de sa démocratie
51:04un modèle
51:05nous n'avons pas
51:08de remède
51:08contre la claustrophobie
51:10de ce présent
51:11que le passé
51:11n'éclaire plus
51:12et dont le futur
51:13semble insaisissable
51:14mais nous avons appris
51:16une chose
51:17on ne défend bien
51:19que ce qu'on aime
51:20défendre la vie
51:22dans ce qu'elle a de plus beau
51:23c'est refuser
51:24de céder à la peur
51:25refuser de croire
51:26que l'on peut aller
51:27plus loin seul
51:28qu'ensemble
51:28et refuser de croire
51:30que l'on peut
51:31s'abstenir
51:31de réfléchir
51:32mais c'est aussi
51:35et surtout
51:36beaucoup plus
51:36que refuser
51:38c'est aimer
51:39aimer l'humour
51:41aimer la transmission
51:42aimer autrui
51:43aimer enfin
51:45ceux qui se plient
51:46aux lois
51:47les autres
51:48il faut les combattre
51:49sans pitié
51:50je crois
51:52qu'il ne faut pas
51:53souhaiter laisser
51:54un monde meilleur
51:54à nos enfants
51:55il faut se battre
51:56tous les jours
51:56pour habiter
51:58un monde meilleur
51:58avec eux
51:59maintenant
52:01et sans répit
52:02ne rien céder
52:03ne rien relativiser
52:05les 132 noms
52:07derrière moi
52:08vous le disent
52:09avec beaucoup plus
52:09de force
52:10la vie
52:11est si fragile
52:12il faut l'aimer
52:13aimons-nous
52:15et merci
52:17à tous ceux
52:17qui nous aiment
52:18depuis 10 ans
52:19voilà pour les mots
52:22très forts d'Arthur
52:23Dénouveau
52:24le président
52:24de Life for Paris
52:25ne rien céder
52:26ne rien relativiser
52:28il s'adresse
52:29à la jeunesse
52:30il rappelle
52:30que la tuerie
52:31a été perpétrée
52:31par des djihadistes
52:32nés en France
52:33Eric Nolo
52:34et que voilà
52:35c'est des enfants
52:37de France
52:37qui ont commis
52:37en partie
52:38pas tous
52:39ces massacres
52:40non mais c'était
52:40remarquable
52:41comme discours
52:42parce qu'il a réussi
52:42à tenir
52:43un discours un peu
52:44offensif quand même
52:45pas lénifiant
52:46parce que c'est
52:46la tentation
52:47dans ces moments-là
52:48et puis de rendre hommage
52:49de parler d'amour
52:50mais aussi de nécessiter
52:51de la lutte
52:52et de rappeler en effet
52:52le mot djihadiste
52:54qui est quand même
52:54le mot clé
52:55de cette tragédie
52:57ce sont des djihadistes
52:57et en effet
52:58des djihadistes
52:59qui pour la plupart
53:01étaient nés en Europe
53:01et certains en France
53:02des jeunes
53:03des jeunes
53:03tués par des jeunes
53:04là ils s'adressent aussi
53:06parce qu'effectivement
53:07c'est dans la jeunesse
53:08que se trouvent
53:09malheureusement peut-être
53:09les nouveaux
53:10futurs terroristes
53:12il y a aussi
53:13évidemment ces phrases
53:15il faut rappeler
53:16devant nos bourreaux
53:17Michel Aumbois
53:18que nous ne céderons
53:19jamais
53:20oui évidemment
53:21que c'est très important
53:23de le dire
53:23c'est très important
53:24de dire que nous
53:25ne céderons jamais
53:25et de dire que tout ça
53:27se fait au nom
53:28de la démocratie
53:28et de la liberté
53:29comme ça a été dit
53:29tout à l'heure
53:30on ne doit pas
53:32se céder à la peur
53:33mais moi
53:34j'appartiens au ministère
53:35de l'intérieur
53:35avec mes amis de la police
53:37la gendarmerie
53:38et les sapeurs-pompiers
53:39mais nous
53:40notre travail
53:41c'est quand même
53:41d'identifier la menace
53:42clairement
53:43donc on ne cède pas
53:44la peur
53:45mais en même temps
53:46on n'est pas naïf
53:47la menace existe
53:48il faut l'identifier
53:50moi ce n'est pas
53:51mon travail le plus direct
53:52ils le font pour nous
53:54mais en tout cas
53:56donner un nom
53:58à cette menace
54:00identifier les auteurs
54:01savoir comment
54:02les choses naissent
54:03devant cette
54:04pensée presque impossible
54:07qui est
54:07comment est-ce qu'on
54:09donne la mort
54:10pour son Dieu
54:11nous qui appartenons
54:14à une autre
54:14église
54:15d'une certaine façon
54:16pour laquelle
54:17on acceptait de mourir
54:19pour son Dieu
54:20on n'aura jamais accepté
54:21de donner la mort
54:22à d'autres
54:22pour son Dieu
54:23et ça c'est
54:24dans nos sociétés
54:25qui sont devenues
54:26très éloignées
54:28du fait religieux
54:29c'est un élément
54:29qui est quand même
54:30très complexe
54:33Catherine Ness
54:33c'était un très beau discours
54:34d'Arthur Desnouveaux
54:35qui dit
54:36heureux ceux qui ont
54:37toute leur liberté
54:38nous victimes
54:39nous n'avons qu'une exigence
54:41qu'il faut vivre en société
54:42selon nos valeurs
54:43les valeurs de la République
54:44évidemment
54:44oui oui oui
54:45le discours est d'autant plus fort
54:47qu'il est bref
54:48parce qu'il a le temps
54:49de vous entrer
54:50dans la tête
54:52de le retenir
54:53alors que
54:54trop long
54:55on se perd un peu
54:57dans le raisonnement
54:58et on est déçu
55:00tandis que là
55:01c'était une force
55:03d'abord parce que
55:04je crois que c'est un homme
55:05qui a fait un travail
55:07formidable avec son association
55:09qu'il a décidé
55:10de dissoudre aujourd'hui
55:11qu'il a décidé
55:12de dissoudre aujourd'hui
55:13pour ne pas rester enfermé
55:14à vie
55:15enfermé dans son statut
55:16de victime
55:16voilà
55:17et qu'il dit
55:18que le message
55:19c'est d'aimer
55:20c'est d'aimer la vie
55:21parce que dit-il
55:22elle est fragile
55:23voilà
55:23de défendre nos libertés
55:25effectivement
55:26on peut défendre
55:28on peut justement
55:29acter
55:29qu'il ait besoin
55:30d'une sécurité
55:32qui va nous permettre
55:34aussi de défendre
55:35nos valeurs
55:35nos valeurs de liberté
55:36de fraternité
55:37et d'égalité
55:38et cette articulation
55:40entre les deux
55:40elle est très importante
55:41c'est-à-dire qu'on n'est pas
55:42dans un monde
55:42où effectivement
55:43on est simplement
55:45dans une naïveté
55:45qui peut nous conduire
55:46à la catastrophe
55:47non
55:47on articule les deux
55:48ça ne veut pas dire
55:49céder à la terreur
55:50ça veut dire simplement
55:51préserver nos libertés
55:53avec la force
55:55s'il le faut
55:55c'est-à-dire que l'amour
55:56sans la sécurité
55:57ça ne suffira pas
55:58ça ne suffira pas
55:59absolument
55:59Louis Dragnet
56:00alors je suis assez d'accord
56:02avec ce que disait Catherine
56:02alors sur l'amour
56:03et aussi sur la puissance
56:05de ce qu'il a dit
56:07et ça m'a
56:08je me suis souvenu
56:09du moment où
56:11donc trois ans après
56:12Jean-Yves Le Drian
56:14en 2016
56:14qui était le ministre
56:15de la défense
56:16de François Hollande
56:17publie un livre
56:18qui s'appelle
56:19Qui est l'ennemi
56:19un an après donc
56:21pardon
56:21un an après
56:23excusez-moi
56:23et à ce moment-là
56:25je me souviens
56:26que ça a fait polémique
56:27parce que
56:28alors certes
56:29il venait de la gauche
56:30à la limite
56:31ce n'est pas ça le sujet
56:31mais au sein
56:32de la société française
56:33il y avait encore
56:34cette fragmentation
56:35et je pense que ça n'a pas
56:36totalement disparu
56:37c'est-à-dire qu'on a
56:38encore aujourd'hui
56:39énormément de mal
56:41à désigner le mal
56:42parce que
56:43on a une société
56:45on a un modèle
56:46de société
56:46qui n'est pas très clair
56:47parce qu'il y a
56:48le relativisme
56:49qui est passé par là
56:49parce qu'on ne nous donne pas
56:52l'amour de notre pays
56:53alors c'est quelque chose
56:54qui revient un tout petit peu
56:55avec quelques balbutiements
56:57depuis quelques années
56:58mais on voit bien
56:59à quel point
57:00ces sujets
57:01font encore débat
57:02il n'y a pas un consensus
57:02absolu
57:03autour de ces questions
57:04et c'est pour ça
57:05que je trouve que
57:06ce discours-là
57:07était extrêmement limpide
57:08et clair
57:08voilà
57:09il trace quelque chose
57:10mon discours ne s'adresse pas
57:11à vous
57:12mesdames messieurs
57:13les élus
57:13monsieur le président
57:13de la république
57:14mais à la jeunesse
57:15discours court
57:16ce qui compte
57:17dans la souffrance
57:19c'est ce qu'on en fait
57:20moi je retiendrai
57:20cette phrase-là
57:21ne rien céder
57:22ne rien relativiser
57:23aussi Michel Aubouinte
57:24Arthur Desnouveaux
57:25ne rien céder
57:26ne rien relativiser
57:27tout à fait
57:28ne pas dire
57:29il ne s'est rien passé
57:30non on ne peut pas dire
57:31qu'il ne s'est rien passé
57:32il faut ajouter quelque chose
57:33c'est que
57:34pour rebondir
57:35sur ce que disait le docteur
57:36tout à l'heure
57:37c'est qu'on est souvent
57:39malheureusement
57:40confronté à des catastrophes
57:41etc
57:41mais là
57:42un attentat
57:42c'est pas du tout
57:43la même chose
57:43les blessés sont les mêmes
57:45sauf que là
57:46ils sont blessés
57:47par la haine
57:47d'un ennemi
57:48et quand l'ennemi
57:49est insaisissable
57:50parce que quand l'ennemi
57:51est en situation de guerre
57:52il est connu
57:53quand il est insaisissable
57:54le traumatisme collectif
57:56individuel évidemment
57:57mais collectif aussi
57:58il est beaucoup plus important
57:58et quand il a de nos propres reins
58:00d'ailleurs c'est pas une catastrophe
58:01moi je vais parler
58:02rapidement Louis
58:03au choix des mots
58:04je trouve que c'est extrêmement important
58:05c'est un attentat
58:06c'est quelque chose
58:07pour lequel on ne peut pas faire
58:09c'est un attentat de terrorisme
58:10c'est pas un tsunami
58:10c'est un attentat de terrorisme
58:12c'est un massacre
58:13c'est une tuerie de masse
58:14commise au nom d'une religion
58:16et ça on peut le dire
58:17c'est une tuerie de masse
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