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  • il y a 2 mois

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00:00Voilà, si vous nous rejoignez à l'instant sur CNews et sur Europe 1, évidemment ce sont les cloches, le bourdon de Notre-Dame de Paris,
00:07mais aussi de toutes les églises de la capitale qui résonnent pour rendre hommage aux victimes du terrorisme, aux victimes du 13 novembre 2015,
00:15ces attentats qui ont commencé au Stade de France, ensuite les Bataclan, les terrasses, des victimes, 132 victimes,
00:23deux d'entre elles se sont donné la mort il y a peu de temps, des centaines de blessés et des traumatisés évidemment qui tentent chacun à leur façon de surmonter ce qui s'est déroulé.
00:34Il y a tout juste dix ans, nous allons vivre en direct dans cette édition spéciale les prises de parole, celle du président Macron,
00:41il ne s'est pas exprimé depuis le début de la journée, il y a eu plusieurs cérémonies dans cette journée devant les lieux de chaque attentat
00:50et nous allons vivre avec vous, chers amis auditeurs et téléspectateurs, cette journée de commémoration, d'émotion avec nos invités,
00:59nous sommes avec Eric Nelot, bonsoir Eric, Michel Auboin, nous sommes avec le docteur Mathieu Langois, ancien médecin chef du RAID,
01:05merci d'être avec nous, Laetitia Guinan, Louis de Ragnel, Louis on est étreint par l'émotion parce que ce bourdon que l'on entend de Notre-Dame de Paris,
01:14on sait qu'il ne résonne que dans les cas les plus graves, évidemment, les drames, et là aujourd'hui on commémore un drame.
01:21Là on assiste à beaucoup de stigmates quand même des années récentes de notre pays, à la fois Notre-Dame évidemment,
01:26qui avait brûlé et puis effectivement ces dixièmes commémorations, ce dixième anniversaire comme on dit,
01:34des attentats du 13 novembre, qui a créé un avant et un après, qui a plongé la France quand même dans une nouvelle période dans laquelle on est maintenant,
01:43avec certes peut-être un peu moins la menace des commandos projetés, mais une menace endogène au sein de la société française,
01:51une menace terroriste qui est encore très présente, on voit bien qu'il y a beaucoup de mesures aussi qui ont été prises en matière de sécurité,
01:57il y a des lois qui ont été votées, même au niveau des peines et des sanctions, il y a beaucoup de choses qui ont été faites depuis,
02:04mais ce qu'il reste à faire quand même, c'est le terreau, c'est ce qu'il y a de plus difficile, c'est le terreau qui sommeille au fond de notre société,
02:12et on est quand même rappelé, on est plongé, malheureusement assez régulièrement, dans les stigmates de ce terrorisme dont on n'arrive pas à se débarrasser,
02:21et on est dans une société qui malgré tout reste extrêmement fragile, c'est-à-dire qu'on a des forces de sécurité robustes, très fortes,
02:30mais humaines aussi, et une société, c'est vrai, qui a mis du temps à savoir comment il fallait réagir, il y a eu un moment où vous n'aurez pas ma aide,
02:39et puis il y a beaucoup de gens qui se sont dit quand même, la menace est très violente, et il va falloir qu'on se réarme,
02:46et à mon sens, alors je sais que les avis sont un peu différents, mais je trouve que le réarmement moral de la société n'a pas encore commencé,
02:52et il est indispensable.
02:54Plusieurs lieux ce soir pour ces commémorations du 13 novembre 2015, le bourdon de Notre-Dame que nous pouvons entendre,
03:02amis auditeurs et téléspectateurs, le jardin du souvenir qui sera inauguré dans quelques instants par Emmanuel Macron,
03:07la place de la République où l'on voit de nombreuses bougies, des messages, beaucoup de Parisiens qui viennent se recueillir,
03:14docteur Mathieu Langlois, vous êtes l'ancien médecin-chef du RAID, vous êtes intervenu dans cette nuit du 13 novembre 2015 à l'intérieur du Bataclon,
03:22et je le précise, alors que les terroristes étaient encore sur place, vous avez découvert une scène de guerre,
03:29et vous avez, avec la colonne du RAID dans laquelle vous êtes arrivés, porté secours aux premiers blessés, c'est bien cela ?
03:37Racontez-nous.
03:38Avec tous les policiers aussi du quotidien qui étaient déjà là avant nous,
03:43Et donc ce qu'on avait anticipé, c'était que sur des situations de terrorisme de masse,
03:55l'action des unités spéciales, RAID, GIGN, BRIPP, c'était d'être en capacité évidemment de sécuriser,
04:03de neutraliser les menaces, quelles qu'elles soient, mais aussi, et c'est pour ça qu'on avait intégré des médecins,
04:10être capables, dans une zone où personne ne peut aller, parce que la menace est telle,
04:17de gagner un autre combat, qui est celui du temps, et pour les blessés les plus graves,
04:23et donc notre rôle là, c'était d'organiser les secours, de faire du sauvetage, des chaises de sauvetage,
04:30mais surtout de mettre en sécurité, donc d'extraire l'ensemble des gens qui sont encore vivants,
04:36et de les mettre en sécurité, parce que tout le monde comprend que la neutralisation,
04:40des menaces, ça prend du temps, ou ça peut prendre du temps, moi je suis pas, c'est pas ma spécialité,
04:46je peux pas dire, voilà, il faut arrêter, je suis médecin, et je sais que ça peut prendre du temps,
04:52et donc tout ce qu'on avait construit depuis 2012, en particulier, sous l'impulsion d'Amori de Hotlock,
04:57c'était de dire, ce temps-là, il faut pas le perdre, en plus, pour les blessés graves,
05:02et donc, moi si j'ai le feu vert, je peux pas faire seul, je peux pas décider seul,
05:08de rentrer dans la fosse, si un des officiers me dit, si tu rentres dans la fosse,
05:14on va te tirer dessus, et ça va exploser, en principe, je suis pas complètement fou,
05:19vous écoutez les ordres, j'obéis aux ordres.
05:22Personne ne le savait, à ce moment-là, justement, parce que personne ne savait,
05:25s'il y avait des explosifs, vous ne saviez pas de combien de temps vous alliez disposer,
05:29justement, peut-être, avant qu'il y ait d'autres tirs, ou...
05:31Donc, il faut aller vite, il faut que ce soit coordonné entre nous,
05:36donc tout ça, ça demande énormément d'exercice,
05:38et après, il y a une part d'incertitude évidente,
05:42mais sinon, on n'y va pas, personne n'y va, donc, voilà,
05:45après, c'est, la décision, elle nous appartient tous,
05:50elle appartient au commandement, dire on engage ou on n'engage pas.
05:54Clairement, si les terroristes étaient juste sur le balcon,
05:57en train de tirer dans la fosse, je suis certain,
06:01alors déjà, moi, je pense que j'aurais eu l'attitude appropriée,
06:05mais je suis certain que le commandement du RAID m'aurait dit,
06:08Doc, pour l'instant, tu restes...
06:10En arrière ?
06:12Voilà, après, on est habitué à être très engagé par rapport à la menace.
06:16Alors là, ce soir-là, on l'a été un peu plus...
06:18Bien entendu, parce que vous nous racontez que vous avez vu les premiers blessés
06:21déjà sur le trottoir, et quand vous entrez dans la salle,
06:25il y a des plaies terribles,
06:26enfin, je veux dire, ce sont des armes de guerre
06:28qui ont déchiré les jeunes gens qui étaient dans le public, docteur.
06:32Mais, voilà, il faut, à ce moment-là,
06:36il faut vous passer dans un autre rôle, une autre dimension,
06:40mon rôle, il est d'organiser, d'avoir une vision globale,
06:45et surtout pas de s'arrêter aux premières horreurs que vous allez voir.
06:53C'est pas comme si je soignais quand je suis chez les pompiers,
06:56au SAMU ou à l'hôpital,
06:59où là, on est concentré à 100% sur le blessé.
07:02Là, c'est autre chose.
07:05C'est ce qu'on connaît bien en médecine de catastrophe.
07:07Enfin, on connaît bien.
07:08C'est des situations qu'on a anticipées en médecine de catastrophe.
07:11Après, dans ce qui était vraiment, pour mon avis, nouveau pour tout le monde,
07:17c'est qu'on est tous pris au piège.
07:19On est enfermés dans un lieu clos.
07:21Si vous êtes dehors, moi j'avais beaucoup discuté après,
07:24avec ceux qui avaient vécu, par exemple, la tuerie de Las Vegas.
07:26La tuerie de Las Vegas, ils sont à l'extérieur.
07:30Les blessés fuient de tous les côtés.
07:32Là, on est tous pris au piège.
07:34Si ça explose, on sera tous condamnés dans ce piège-là.
07:39Et ça change beaucoup votre appréciation,
07:45ou en tout cas votre compréhension de la menace.
07:46Et ce que vous découvrez, ce sont des dizaines de cadavres ?
07:51Oui, alors, encore une fois, je vais être très pudique.
07:55Mais, en tout cas pour les deux médecins du RAID,
07:58je le connais bien, celui qui était avec moi,
08:01c'était malheureusement pas nos premiers cadavres.
08:04D'accord.
08:04Mais dans cette proportion-là, évidemment,
08:06personne n'avait jamais vu ça dans notre pays.
08:08Mais personne n'avait vu ça.
08:10Et c'est là où il ne faut surtout pas rester
08:12et subir cette situation en disant
08:15« mince, je ne l'ai pas vécu, qu'est-ce que je fais ? »
08:17Il faut dire, en effet, il faut l'accepter de ne jamais l'avoir vécu,
08:20que ce soit beaucoup plus violent et brutal
08:22que tout ce que vous avez pu imaginer,
08:24tout ce que vous avez pu préparer.
08:26Mais ce qu'on attend de vous, c'est maintenant...
08:29Allez, et que ce soit efficace.
08:31Et que ce soit pas efficace, que ce soit très efficace.
08:33Très, très efficace.
08:34Vous avez revu certaines des personnes qui étaient dans la salle depuis ?
08:37Très peu, j'ai surtout pas cherché ça.
08:40Et surtout avec l'horreur quand on entre
08:41et qu'on voit ce spectacle,
08:43et surtout d'entendre les portables qui sonnent,
08:46c'est-à-dire des parents des victimes,
08:48et qui cherchent à rentrer en contact.
08:51Et les portables, la sonnerie s'arrête et ça recommence.
08:55Le docteur Blanclois, allez-y.
08:56Oui, je l'ai dit juste avant,
08:59c'est que nous, quand on rentre,
09:02à partir du moment où, en tout cas pour ma part,
09:04quand je suis rentré, je pense que je me suis mis
09:06dans ce que j'appelle une bulle sensorielle
09:08qui me protège.
09:10Moi, je suis obligé aussi de me protéger,
09:12je suis là pour faire mon métier
09:13de la manière la plus efficace possible,
09:16tout en gardant la lucidité.
09:17On n'est pas des robots,
09:19ce n'est pas de la dissociation
09:20qui nous permettrait de faire des gestes réflexes.
09:24On est obligé de comprendre,
09:25on voit les visages,
09:26on voit ce qu'est la terreur,
09:28on voit les blessures, on parle.
09:30Mais il faut, pour rester calme,
09:34pour rester déterminé,
09:36pour rester lucide,
09:38moi, je suis obligé de me protéger.
09:41Et donc, je pense que c'est par cette protection,
09:44je n'ai absolument pas entendu
09:45le moindre portable sonner
09:47pendant toute la soirée.
09:50Et on est resté plusieurs heures à l'intérieur.
09:52Je ne m'en souviens pas.
09:53Je ne vous dis pas que ce que vous dites
09:55est sûrement vrai.
09:56D'autres, je l'ai déjà entendu.
09:57Oui, oui, oui.
09:58J'avais lu, j'avais lu ces témoignages.
10:01Après, j'ai entendu des âneries aussi.
10:02Mais sur les portables,
10:06je pense que,
10:07même sur la lumière qu'elle était,
10:10l'intensité lumineuse,
10:12je ne sais même pas vous dire.
10:13Je sais que je n'ai pas, moi,
10:14utilisé de...
10:16De lampe-torche.
10:17De lampe.
10:18Et vous avez dialogué
10:19avec certains des blessés ?
10:20Oui, oui.
10:20Qu'est-ce qui se passait ?
10:21Vous leur avez dit évacuer ?
10:24Vous êtes en sécurité maintenant ?
10:26Encore une fois,
10:27ce n'est pas le même métier
10:28que quand je travaille au SAMU
10:31ou à l'hôpital
10:32ou chez les pompiers.
10:33C'est un autre métier.
10:34Et il faut être...
10:36En quelques secondes,
10:37il faut être à la fois...
10:38Moi, je dis souvent,
10:39il faut être empathique.
10:40Mais empathique,
10:41ce n'est pas...
10:41Est-ce que ça va ?
10:42Parce que si vous dites à la victime
10:43que ça fait une heure et demie
10:44qu'elle est dans le Bataclan
10:45et que vous la regardez
10:46en lui demandant si ça va,
10:48vous avez bien compris,
10:49ça va même aggraver son...
10:52Donc vous lui dites quoi ?
10:54Je lui dis, regardez-moi
10:55et on va sortir.
10:57Et ça dure...
10:59Et je le dis d'une manière,
11:01peut-être pas comme là,
11:02je le dis peut-être d'une manière
11:03un peu encore plus infirmée.
11:05Et voilà,
11:08et c'est ce qui...
11:09Et je sais que d'autres policiers
11:11du RAID
11:12ont fait exactement la même chose.
11:14C'est l'assurance de la voix
11:15qui peut réconforter.
11:16Le non-verbal,
11:17ce qui est sûr,
11:18c'est que le non-verbal
11:18est beaucoup plus efficace
11:21que les mots que vous allez dire.
11:24Donc, il faut les deux.
11:26Alors, la cérémonie a commencé
11:28au Jardin du Souvenir.
11:30On entend, je le dis pour nos auditeurs,
11:32de la musique.
11:32Il y a aussi des discours.
11:34Peut-être qu'on va écouter
11:35un extrait du discours
11:36qui est donné.
11:38C'est une chanson.
11:40Une chanson, voilà,
11:41pour rendre hommage aussi
11:42à ces victimes
11:43à la fois du Bataclan
11:44et des terrasses
11:45parce que c'était des jeunes gens
11:46qui étaient là pour la musique,
11:47pour Eric Nolo,
11:49parce qu'ils avaient envie
11:50de boire un verre ensemble
11:51et qu'ils célébraient
11:52notre mode de vie à la française.
11:53C'était tous les gens
11:54qui s'amusaient en toute innocence,
11:56voilà, boire un verre,
11:57aller au concert,
11:58des choses anodines
11:59même qu'ils ne le sont plus.
12:00Maintenant, on ne peut pas
12:00s'empêcher d'y penser.
12:01Je pense qu'en s'asseyant
12:03à une terrasse de café,
12:04ce n'est plus le même acte
12:05qu'avant.
12:06Ce n'est pas tout à fait
12:06le même acte.
12:07Il y a quelque chose
12:07qui vous reste en tête
12:08et une salle de concert
12:09peut-être un peu anxiogène.
12:11Vous avez parlé
12:12de ce qui s'est passé
12:13à la Philharmonie.
12:14Moi, récemment, au cinéma,
12:15il y a une femme
12:16qui a posé un sac
12:17sous son siège
12:18et qui est sortie
12:19quelques minutes.
12:20Je vous ai jure,
12:20j'ai pensé jusqu'à
12:22ce qu'elle revienne
12:22et ça ne me serait pas venu
12:24à l'idée il y a dix ans.
12:25Michel Auboin,
12:25ancien préfet,
12:27nous avons changé,
12:29la société a changé
12:30depuis dix ans
12:30depuis ces attentats.
12:30Moi, je pense que la société
12:31a changé, oui.
12:32Alors, évidemment,
12:33c'est un peu l'acmé
12:34de la violence,
12:36le Bataclan.
12:36On a eu des attentats avant,
12:38on en a eu d'autres après.
12:39Parce que, d'ailleurs,
12:40j'aimerais bien
12:40qu'on parle de la totalité
12:42des victimes
12:43et pas uniquement.
12:45C'est très important
12:47d'avoir fait cette journée
12:48sur le Bataclan.
12:49Il ne faut pas oublier
12:49ceux qui sont intervenus après.
12:51Je pense que
12:52on a, surtout que c'est
12:53toujours la même origine
12:54d'une certaine façon
12:55et même le même mode d'action,
12:57même si c'est des victimes
12:58plus isolées.
12:59Mais, oui,
13:02je pense que la société
13:03a changé
13:04après le Bataclan,
13:06devant l'ampleur,
13:07d'abord,
13:07la réaction
13:08de la population
13:09le lendemain même.
13:12Une espèce
13:12d'émotion nationale
13:14qu'on n'avait pas connue
13:15quand même
13:15depuis extrêmement longtemps
13:16dans ce pays.
13:17Et ensuite,
13:19la prise de conscience
13:21qui a été plus lente
13:21quand même
13:22de cette menace
13:23qui plane
13:24et qui subsiste
13:26dans notre pays.
13:27Je pense que
13:28le regard est différent.
13:29Ça n'empêche pas
13:30de faire la fête,
13:31ça n'empêche pas
13:32d'aller boire des coups
13:33avec les copains,
13:34mais l'esprit
13:36n'est pas tout à fait le même
13:37parce que la menace
13:38existe
13:38et on a fini
13:40par l'identifier.
13:41Bien sûr.
13:42Catherine Ney ?
13:42Oui, en tout cas,
13:43c'est un événement.
13:44On se souvient tous
13:45de ce que l'on faisait
13:47où on était
13:48quand on a appris
13:49les attentats
13:50et qu'on a commencé
13:51à écouter la radio,
13:52à rentrer chez moi
13:53en voiture
13:53et à rester devant
13:55la télévision
13:56toute la nuit
13:56pour suivre les événements
13:58et on a bien vu
13:59qu'il se passait
13:59quelque chose
14:00de hors normes.
14:02Les terrorismes islamistes,
14:03on en avait déjà parlé,
14:04mais là,
14:05c'était tellement
14:05d'une telle ampleur
14:07que c'est quelque chose
14:09qui est marqué chacun
14:12comme un fer rouge
14:13et qui accroît
14:14la peur
14:14et la peur demeure
14:16surtout,
14:16qu'il ne faudra oublier
14:17l'an prochain,
14:18il y a un autre
14:18On va écouter
14:20un tout petit exprès
14:21de cette...
14:22Bien sûr,
14:24et on n'oublie pas
14:24ce qui s'est passé à Nice,
14:25mais il y a une chorale
14:25qui est en train de chanter,
14:27on va écouter
14:27quelques instants
14:28cette chorale.
14:29J'en ai encore
14:37un des resquelles.
26:33Merci pour l'infinie délicatesse
26:37du choix des textes
26:38Merci à vous tous
26:40Merci pour eux
26:43Dans ce jardin fleuri ce soir
26:45Ils sont présents
26:47avec nous
26:49Voilà donc pour le discours
26:57de Philippe Dupérron
26:58de l'association 13-11-15
27:00On est en édition spéciale
27:01sur CNews et sur Europe 1
27:02pour cette cérémonie
27:04évidemment
27:06et l'inauguration du Jardin Mémoriel
27:08du 13 novembre 2015
27:09et je le dis pour nos auditeurs, une cérémonie
27:12qui se déroule avec
27:14de la musique, on entendra des chants
27:16il y a des jeux de lumière
27:18aussi, c'est important
27:20de pouvoir évidemment
27:22partager ce moment avec
27:24tous les français qui ont
27:26en mémoire cette date terrible
27:28du 13 novembre 2015
27:30Eric Nolo, on a entendu
27:32ce discours de
27:34Philippe Duperron, on entendra dans un instant celui d'Arthur
27:36des nouveaux, peut-être sera-t-il sur un autre registre
27:38de l'Aifo-Paris, ce sont des gens qui étaient là
27:40et chacun
27:42se reconstruit comme il le veut et comme il le peut
27:44et ça c'est très important
27:46la cérémonie est importante parce que ça devient
27:48même si c'est une tragédie
27:50aux dimensions inédites
27:52ça finit par devenir abstrait
27:54en fait, pour ceux qui ne l'ont pas
27:56vécu, ça devient un drame parmi d'autres
27:58et là on touche un peu
27:59on revient un peu à la dimension
28:02tragique, après dans les discours
28:03on a bien vu que chacun se reconstruit
28:05vraiment comme il peut
28:06comme il veut et puis avec
28:07le discours qu'il veut
28:08après tout, voilà
28:09nous n'avons pas vécu ce qu'ils ont vécu
28:11il y a des choses un peu surprenantes
28:12dans ce qui vient d'être dit
28:12alors là on a les visages
28:14de tous ceux qui sont morts
28:16lors des attentats qui sont projetés
28:18sur la façade
28:19et je pense que peut-être
28:21de la poésie qui est lue
28:23Louis Dragnel
28:24oui et puis ensuite on aura
28:26donc le discours du maire de Paris
28:28Anne Hidalgo
28:29puis il y aura la lecture
28:31et je pense que ce sera un moment
28:32très émouvant
28:32la lecture de tous les noms
28:34des personnes qui ont été tuées
28:37ce 13 novembre là
28:38et ensuite un discours du président
28:40de la République avant le dévoilement
28:42de la plaque
28:42donc il figurera dans ce jardin
28:46en mémoire du 13 novembre 2015
28:50Laetitia Guinan
28:52oui les actes mémoriels
28:54ont pas mal de fonctions
28:55la première est quand même
28:56de rendre hommage
28:57et de respecter la mémoire
28:59de ceux qui sont là
29:00de leur donner la parole
29:01de les mettre en image
29:02de composer autour
29:04quelque chose qui sacralise
29:05un petit peu ce qui leur est arrivé
29:07c'est aussi une cohésion de la nation
29:10et puis c'est une inscription
29:11dans l'histoire
29:12parce que quand même
29:12cette place va rester
29:14ces noms vont rester gravés
29:16après sur la vertu pédagogique
29:18du mémoriel
29:19et j'aimerais quand même saluer
29:20parce qu'Emmanuel Macron
29:21la cérémonie
29:22à laquelle on assiste
29:24est quand même magnifique
29:24c'est Thierry Reboul
29:25qui était en charge
29:27de la cérémonie
29:28des Jeux Olympiques
29:29qui l'a faite
29:30la musique
29:30c'est Victor Le Mans
29:31je crois
29:31son compositeur
29:33et je dois dire quand même
29:34on a
29:35c'est de culture
29:36de critiquer beaucoup
29:37Emmanuel Macron
29:38mais malgré tout
29:39resteront de ces quinquennats
29:41de très très très belles cérémonies
29:43de tout ordre
29:44et celle-ci
29:45qui vient de commencer
29:46est très belle
29:47et très adaptée
29:49disons qu'à la circonstance
29:50après
29:50ce qui est au cœur là
29:52ce sont les victimes
29:53et c'est une forme de réunion
29:55quand même de la nation
29:56bien entendu
29:56et là on entend
29:57Edith Preto
29:58qui interprète
29:59l'absence de Gilbert Beko
30:00ma chère Catherine
30:02il y a
30:03ce moment de communion
30:04comme elle disait
30:05Leticia Guénant
30:05autour de ces victimes
30:07à un moment de communion nationale
30:08c'est sûr
30:09et entendre ces musiques
30:11voir ces visages
30:13qui apparaissent à l'écran
30:14ça vous prend au trip
30:16ça fait revivre
30:18en tous les cas
30:18en nous
30:19quelque chose
30:19qui ne doit pas s'éteindre
30:20et qui devrait
30:21être présent
30:22et laisser une trace pérenne
30:24mais c'est bien
30:25que chaque année
30:27un hommage soit rendu
30:29que ceux qui veulent
30:31se retrouvent dans ce jardin
30:32même ils passent
30:33à Paris
30:35viennent
30:35et que
30:36oui c'est
30:37un nouveau lieu
30:38de mémoire
30:39qu'il fallait
30:40qui était souhaitable
30:43et qui est créé
30:44Michel Aubouin
30:45oui moi
30:45j'ai été un peu circonspect
30:47quand on a parlé de jardin
30:48mais en fait
30:49en voyant ces images
30:50je me dis que c'était
30:50quand même tout à fait ça
30:51qu'ils voulaient faire
30:52absolument
30:52vous avez raison
30:53docteur Langlois
30:54on évoquait la façon
30:55de se reconstruire
30:56certains le font
30:58à partir de la colère
31:00d'autres pas du tout
31:00chacun a sa propre méthode
31:02pour se reconstruire
31:03et surmonter le trauma
31:04alors je ne suis pas spécialiste
31:05je sais
31:06mais vous êtes médecin
31:07en tout cas je suis sûr
31:08qu'il n'y a pas une méthode
31:09il y en a
31:10une par individu
31:12et puis après
31:14il y a la bulle familiale
31:15il y a la bulle professionnelle
31:16il y a tout ça
31:17qui fait que
31:18on va
31:19ou pas
31:20se reconstruire
31:21chacun à son rythme
31:22chacun
31:22et que c'est un moment
31:24
31:24je suis assez ému
31:26quand même
31:26quand je vois ça
31:27après moi
31:28ma vie
31:29elle n'a pas été brisée
31:29ce soir-là
31:31même si
31:32évidemment
31:33elle m'a impacté
31:34très fortement
31:36que je ne suis plus
31:37le même médecin
31:38je ne suis plus
31:39le même homme
31:39depuis
31:41depuis 2015
31:42mais
31:42c'est-à-dire
31:43que vous agissez
31:44différemment
31:44bien sûr
31:45j'ai bien sûr
31:46mais
31:47mais j'ai pas
31:48ma vie personnelle
31:50n'a pas été brisée
31:50bien sûr
31:51j'ai pas perdu
31:52ma soeur
31:53mes enfants
31:54enfin
31:54je
31:55et je pense à eux
31:57quand je dis ça
31:57c'est-à-dire que
31:58évidemment
31:59je sais
32:00des victimes
32:01j'en croise
32:01tous les jours
32:02dans mon métier
32:03de médecin
32:03donc des vies brisées
32:06je sais ce que ça peut être
32:07je sais aussi
32:08dans le temps
32:08parce que
32:09vous l'avez dit
32:10il ne faut pas oublier
32:10et que souvent
32:11toutes ces familles
32:15vont vivre
32:15toute leur vie
32:16avec
32:17ces séquelles
32:19et on sait
32:19parfois même
32:20parfois ça peut surprendre
32:22mais les séquelles physiques
32:23sont plus faciles
32:24pour se reconstruire
32:26que les séquelles
32:26psychologiques
32:27ça a été
32:28ça a été
32:29exactement
32:30mais en plus
32:31c'est très facile à comprendre
32:33moi je suis pas psychiatre
32:34mais quand vous luttez
32:35contre la douleur
32:36quand vous luttez
32:37contre une amputation
32:38contre des vraies séquelles
32:40physiques
32:40vous luttez
32:41vous êtes dans l'action
32:42le traumatisme psychologique
32:45c'est terrible
32:46et
32:47ça nous touche tous
32:52et attention
32:53parce que
32:54là on est aux 10 ans
32:57mais il y a
32:58vous avez parlé déjà
33:00de
33:01de nouvelles victimes
33:02qui se sont
33:04suicidées
33:06il n'y a pas si longtemps
33:07que ça
33:07mais il faut
33:09il faut tout faire
33:10pour qu'il n'y en ait pas d'autres
33:11y compris chez les intervenants
33:12enfin je mets tout le monde
33:13je pense aux policiers
33:15aux pompiers
33:16même aux médecins
33:18même aux psychologues
33:20qui ont ensuite travaillé
33:21qui ont suivi
33:22il y a les avocats
33:23qui ont participé
33:24au procès
33:25il y a tout un tas
33:26de personnes
33:26qui se sont
33:27à différents niveaux
33:28chacun dans leur métier
33:29impliqué énormément
33:30et dont
33:32ils peuvent aussi
33:33avoir des traumatismes
33:34qui peuvent évoluer
33:36dans le temps
33:36malheureusement
33:37docteur on va écouter
33:38ces noms égrenés
33:39ces noms des victimes
33:40des attentats du 13 novembre
33:41Ludovic Bumbas
33:48Véronique de Bourgie
33:51Elodie Breuil
33:54Cypria
33:57Nyonud Calciu
33:58et Lacrimura
33:59Mariana Pop
34:00Claire Camax
34:04Nicolas Katina
34:09Baptiste Chevro
34:13Nicolas Classo
34:16Cécile Coudon
34:20Pégadot de Lille
34:21Nicolas Degenhardt
34:26Elsa Delplas
34:29et Patricia Sain-Martin
34:31Alban Denui
34:35Vincent Detoc
34:47Frédéric Calizot
34:52dit Fred Deville
34:53Asta Diakite
34:58Manuel Dias
35:03Romain Didier
35:07et Lamia Mondeguer
35:09Lucie Dietrich
35:14Elif Dogan
35:18Fabrice Dubois
35:22Romain Dunet
35:26Thomas Duperon
35:30Justine Dupont
35:34Mathias Dimarski
35:39et Marie Loche
35:40Saler
35:52Emad El-Djebali
35:54Germain Ferret
35:58Romain Feuillade
36:01Grégory Foss
36:05Christophe Foultier
36:09Julien Galisson
36:13Suzon Garrigue
36:17Maïol Gobert
36:21Michely Gilles Raimez
36:25Cédric Ginestou
36:28Mathieu Giroud
36:32Cédric Gomes
36:35Cédric Gomes
36:36Noemi Gonzales
36:38Noemi Gonzales
36:40Juan Alberto Gonzales
36:54Garido
36:55Stéphane Grégoire
36:59et Frédéric Enino
37:01Anne Guillaumard
37:03Anne Guillaumard
37:05Né Cornet
37:07et Pierre-Yves Guillaumard
37:09Stéphane Hach
37:14Thierry Ardouin
37:18et Marie-Aimée Dallose
37:20Olivier Haut-du-Cœur
37:25Pierre-Antoine Henri
37:29Raphaël Hils
37:33Mathieu Oche
37:38Jamila Oud
37:43Mohamed Hamid
37:53Imnol Mubarak
37:54Pierre Innocenti
37:58Nathalie Jardin
38:01Marion Jouano
38:04Milko Josic
38:08Jean-Jacques Kirchheim
38:12Yacinthe Koma
38:16Nathalie Lorraine
38:19Nébouligina
38:20Guillaume Ledran
38:24Renaud Le Gouen
38:28Gilles Leclerc
38:31Christophe Lelouch
38:34Claire Métrotaprest
38:37Cécile Martin
38:50Antoine Marie
38:55Cédric Mauduit
38:59Charlotte et Émilie Maud
39:03Isabelle Merlin
39:05Isabelle Merlin
39:08Fanny Minot
39:11Yannick Minviel
39:16Cécile Miss
39:20et Louis-Philippe Choré
39:22Marie Mausser
39:25Justine Moulin
39:30Quentin Moulin
39:32Quentin Mourier
39:34Victor Munoz-Kilemoès
39:36Victor Munoz-Kilemoès
39:38Christophe Muntez
39:44Christophe Muntez
39:46Hélène Mouyal Léris
39:48Romain Neuf
39:50Hélène Mouyal Léris
39:52Hélène Mouyal Léris
39:54Romain Neuf
39:56Bertrand Navaret
39:58Bertrand Navaret
40:00Christopher Noé Chalter Bodineau
40:04Léla Ouzugnan
40:06David Berchirin
40:08David Berchirin
40:10Aurélie de Peretti
40:14Manuel, Manu Perez et Priscillia Correa
40:18Marian et Priscillia Correa
40:20Marian et Anna Pétard Liffry
40:22Franck Pithiau
40:24Caroline Prenat
40:26François-Xavier Prévost
40:28Sébastien Proisy
40:30Richard Ramant
40:32Valentin Ribet
40:34Mathieu de Rorté
40:36Estelle François-Xavier
40:37Estelle
40:39Franck Pithiau
40:42Caroline Prenat
40:44Caroline Prenat
40:46Franck Pithiau
40:48Caroline Prenat
40:50François-Xavier Prévost
40:52Sébastien Proisy
40:54Mathieu de Rorté, Estelle Roua, Thibaut Rousse-Lacordaire, Raphaël Ruiz, Oda Saadi et Alima Ndiaye Né Saadi,
41:17Madeleine Sadin, Kheredine Sabi, Lola Saline, Hugo Sarad,
41:41Djalal Sebaa, Maud Serraud, Sven Alejandro Silva-Berugini, Valéria Soulezine,
41:59Fabien Stesch, Ariane Teller, Eric Thoumé, Guillaume Vallette, Olivier Vernadal,
42:20Stella Souanirina Yasmin Véry
42:26Voilà pour cette lecture bouleversante des noms des victimes du 13 novembre 2015.
42:41Nous sommes en direct sur CNews et sur Europe 1.
42:44Cette litanie évidemment qui nous bouleverse, qui évidemment nous émeut.
42:49Mon cher Louis de Ragnel, on a entendu ces noms égrenés, autant de vie, autant de visages, de parcours interrompus dans un drame absolu ce soir du 13 novembre 2015.
43:00Ce qui est assez marquant je trouve c'est aussi cette lenteur, ce rythme, qui fait que pour chaque nom, on peut penser ou essayer d'imaginer la personne.
43:10Et je pense que c'est ça qui est, moi c'est peut-être ça que je trouve le plus marquant dans toutes ces cérémonies.
43:15Et puis ça rappelle à toutes les familles qui ont vécu différemment ce massacre, cette tuerie terroriste.
43:24Ça montre qu'on ne les oublie pas.
43:27Il faut quand même avoir en tête, et c'est un peu ce que disait tout à l'heure l'ancien médecin-chef du RAID,
43:32c'est que pour les familles, il y a eu certes la période des attentats qui était épouvantable.
43:37Il y a eu pour ceux qui pouvaient la reconstruction et puis ensuite il y a eu le procès.
43:40Et le procès ça a été une épreuve épouvantable pour beaucoup de familles.
43:45Certains voulaient oublier, enfin voulaient passer à autre chose.
43:48Ils ont été contraints de se replonger dans un dossier d'instruction avec des personnages, avec des détails,
43:54parfois des reconstitutions, et ça a été extrêmement douloureux.
43:57D'autres pour qui ça a été salvateur.
43:59Et donc chacun a vécu à son rythme le temps des réparations, du deuil.
44:04Certains ne feront peut-être jamais leur deuil.
44:07Bref, chacun est à son rythme.
44:08Et c'est vrai que la difficulté dans ces cérémonies, c'est de réussir à essayer de parler à tous en ne blessant personne,
44:17et sachant que chacun avance à sa vitesse.
44:19On entend de la guitare, Eric.
44:21D'ailleurs straight.
44:22C'est d'ailleurs straight, évidemment.
44:24Merci Laetitia.
44:25D'ailleurs straight.
44:26Votre culture musicale, c'était un moment de musique, évidemment, ce soir-là.
44:29Je crois que c'était de la musique de rock au Bataclan,
44:32les Girls of Death Metal.
44:33Mais c'est réussi parce que ça nous replonge dans l'atmosphère de ce soir-là et du lendemain.
44:37Bizarre, il y a des images qui reviennent de cette atmosphère.
44:40Il y avait en Paris un silence de mort au sens littéral de la chose,
44:43et là on replonge dans cette ambiance.
44:45C'est humain, le temps a passé, on n'y pense pas quand même tous les jours,
44:48et là ça nous revient comme si c'était un événement d'actualité,
44:51et pas un événement historique.
44:54De ce point de vue-là, c'est très réussi.
44:55Michel Auboin.
44:56Moi, en écoutant cette litanie des morts,
44:59j'ai un souvenir qui me revient,
45:00parce qu'on a tous autour de nous des jeunes qui avaient cet âge,
45:05qui auraient pu être au Bataclan, qu'on a appelés,
45:08et qui on connaissait directement, indirectement,
45:11au bout du compte, derrière,
45:13parce que c'était beaucoup une population jeune
45:15qui était ce soir-là au spectacle,
45:18et autour d'eux, en fait, c'est des milliers, des milliers,
45:20enfin des milliers en tout cas, de jeunes parisiens,
45:22parce que c'était beaucoup des franciliens et des parisiens,
45:24qui, en fait, ont été touchés eux-mêmes, indirectement,
45:27et qui, ce soir, doivent ressentir cette émotion particulière
45:32qu'on avait ressentie aussi.
45:33Et je le dis pour nos auditeurs,
45:35les projecteurs qui surplombaient la cérémonie
45:37se sont tous dressés vers le ciel,
45:39et ça donne comme des étoiles,
45:41ma chère Catherine Ney,
45:42qui représente évidemment tous ceux qui sont morts ce soir-là,
45:45qui sont inscrits dans le ciel.
45:47Oui, non, mais c'est une cérémonie très poignante
45:50qui vous prend aux tripes,
45:52et c'est très beau, c'est très beau.
45:55Laetitia Guinan, c'est un hommage vraiment...
45:59C'est un hommage, parce qu'effectivement, là,
46:01le terrorisme atteint toujours,
46:03nous terrorise évidemment,
46:04mais atteint à tous nos sacrés,
46:06enfin, brise nos tabous, là,
46:08c'est en l'occurrence la jeunesse, la liberté,
46:10nos libertés, une certaine façon de vivre aussi,
46:14et d'insouciance, l'art aussi,
46:16et donc, effectivement, il faut...
46:19À d'autres moments, ça a pu être la presse ou l'humour,
46:21c'est en fait tout ce qu'on adore,
46:25ils détestent, en gros.
46:27Et donc, effectivement, il y a un moment,
46:30évidemment, pour commémorer,
46:31pour respecter les victimes,
46:33pour montrer ce que sont nos valeurs aussi.
46:36Il y a un autre moment qui est celui
46:37de l'analyse de la situation et de la sécurité,
46:39mais maintenant, on est dans le moment,
46:41effectivement, du respect à ses morts
46:43et du respect à ce qui nous compose aussi.
46:46Il y a une certaine élévation,
46:48une certaine liberté,
46:50un certain sens de l'art,
46:52de la culture, de la légèreté,
46:55et surtout de la liberté, je dirais.
46:57En ce moment, on vit la nation un peu un moment de cafard politique,
47:05où chaque jour, on se désole,
47:07on a quelquefois honte, on est malheureux.
47:10Et là, on est malheureux autrement,
47:11mais c'est un malheur qui vous élève,
47:15qui vous amène à quelque chose,
47:17qui vous soulève l'âme,
47:19et qui est, de ce point de vue-là,
47:22réconfortant, vous voyez ?
47:24Vous avez raison.
47:24Et parce qu'il y a la beauté aussi,
47:27il y a le souvenir de...
47:29Voilà.
47:29Et on va écouter Arthur Desnouveaux
47:31de l'association Life for Paris.
47:33Bonjour, maire de Paris.
47:35Chers tous, chers amis réunis ici ce soir,
47:40je crois qu'une seule chose
47:42réunit toutes les victimes de terrorisme,
47:44quelles que soient leurs origines,
47:46leurs croyances,
47:48leurs religions,
47:49leurs cultures,
47:51la volonté que cela n'arrive jamais à d'autres.
47:56Voilà pourquoi ce soir,
47:58ce n'est pas tant à vous
47:59que j'ai envie de m'adresser qu'à la jeunesse.
48:03Une jeunesse qui ne sait pas exactement,
48:06voire peut-être pas du tout,
48:09ce que nous commémorons le 13 novembre.
48:14En quelques mots,
48:16ce sont les pires attentats sur le sol français
48:18depuis des décennies.
48:20Une tuerie perpétrée par des djihadistes
48:23dont beaucoup sont nés,
48:26comme nous, en France et en Europe.
48:29132 morts,
48:31des centaines de blessés,
48:34des milliers de traumatisés
48:35qui se sont rendus compte
48:37il y a aujourd'hui dix ans
48:39que leur vie ne pourrait
48:41jamais plus être comme avant.
48:43Nous n'avions aucun chemin tracé devant nous,
48:48alors nous avons fait ce qui nous semblait
48:50le plus humain.
48:52Au-delà du malheur,
48:54ce qui compte,
48:55c'est ce que l'on en fait.
48:57Nous avons commencé
48:59par nous rassembler,
49:02d'abord dans des cérémonies
49:03qui ressemblaient un peu à celles d'aujourd'hui.
49:05Je nous revois tous
49:07le 27 novembre 2015
49:09dans la Cour des Invalides,
49:10nous regardant sans nous connaître,
49:13essayant de jauger
49:14nos malheurs respectifs.
49:17Puis vint le temps du rassemblement,
49:20celui des associations,
49:22des combats
49:23et des commémorations.
49:25Nous avons fait
49:26fraternité.
49:29Ensuite,
49:30nous avons accepté
49:31de nous confier à des institutions,
49:33médecine,
49:35fonds de garantie
49:35et surtout justice.
49:37Nous avons témoigné partout
49:40de notre malheur,
49:42de notre douleur
49:43et de notre difficulté
49:45à discerner
49:46un avenir heureux.
49:48À la barre
49:49de notre grand procès,
49:50nous avons étalé
49:51nos douleurs,
49:52mais aussi et surtout
49:53rappelé devant nos bourreaux
49:55que nous ne céderions jamais.
49:59Et ils nous ont écoutés
50:00et ils nous ont répondus.
50:03Nous leur avons montré
50:04qu'en France,
50:06devant la loi,
50:07il y a la force
50:08de l'égalité.
50:11Reste aujourd'hui
50:13pour nous tous
50:14dix ans après
50:15la question
50:15de pouvoir se détacher
50:17du drame.
50:18Le peut-on ?
50:19Le peut-on
50:20quand on est endeuillé ?
50:22Le doit-on ?
50:24Chacun y trouvera
50:25la réponse
50:26qu'il veut
50:27ou qu'il peut,
50:28mais nous sommes liés
50:29par ce drame.
50:30Nous ne pouvons
50:31que constater
50:32une chose.
50:32heureux
50:33ceux qui ont
50:35toute leur liberté.
50:38J'aurais aimé
50:39vous dire
50:40que l'espérance
50:41nous avait portés,
50:41mais c'est faux.
50:42Elle ne trace
50:43aucun chemin.
50:45Les Grecs
50:45nous l'avaient d'ailleurs
50:46bien dit.
50:47Elle faisait partie
50:48des mots
50:48de la boîte de Pandore.
50:51Au fond,
50:52nous,
50:53victimes,
50:53nous n'avons rien d'autre
50:54à vous proposer
50:55qu'une exigence.
50:57Celle de vivre
50:58en société
50:59selon les valeurs
51:01et les lois
51:02qui ont fait
51:02de la France
51:03et de sa démocratie
51:04un modèle.
51:06Nous n'avons pas
51:08de remède
51:08contre la claustrophobie
51:10de ce présent
51:11que le passé
51:11n'éclaire plus
51:12et dont le futur
51:13semble insaisissable.
51:14Mais nous avons
51:15appris une chose.
51:18On ne défend bien
51:19que ce qu'on aime.
51:21Défendre la vie
51:22dans ce qu'elle a
51:22de plus beau,
51:23c'est refuser
51:24de céder à la peur,
51:26refuser de croire
51:26que l'on peut aller
51:27plus loin seul
51:28qu'ensemble
51:28et refuser
51:30de croire
51:30que l'on peut
51:31s'abstenir
51:31de réfléchir.
51:34Mais c'est aussi
51:35et surtout
51:36beaucoup plus
51:36que refuser,
51:39c'est aimer.
51:40Aimer l'humour,
51:41aimer la transmission,
51:43aimer autrui,
51:44aimer enfin
51:45ceux qui se plient
51:46aux lois.
51:47Les autres,
51:48il faut les combattre
51:49sans pitié.
51:52Je crois
51:52qu'il ne faut pas
51:53souhaiter laisser
51:54un monde meilleur
51:54à nos enfants.
51:55Il faut se battre
51:56tous les jours
51:56pour habiter
51:58un monde meilleur
51:58avec eux.
52:00Maintenant,
52:01et sans répit,
52:02ne rien céder,
52:03ne rien relativiser.
52:06Les 132 noms
52:07derrière moi
52:08vous le disent
52:09avec beaucoup plus
52:09de force,
52:11la vie est si fragile,
52:13il faut l'aimer.
52:14Aimons-nous
52:15et merci à tous
52:17ceux qui nous aiment
52:18depuis 10 ans.
52:21Voilà pour les mots
52:22très forts d'Arthur
52:23Dénouveau,
52:24le président de
52:24Life for Paris,
52:25ne rien céder,
52:26ne rien relativiser.
52:28Il s'adresse
52:29à la jeunesse,
52:30il rappelle que la tuerie
52:31a été perpétrée
52:31par des djihadistes
52:32nés en France,
52:34Eric Nolo,
52:35et que voilà,
52:35c'est des enfants de France
52:37qui ont commis,
52:38en partie,
52:38pas tous,
52:39ces massacres.
52:40Non,
52:40mais c'était remarquable
52:41comme discours
52:42parce qu'il a réussi
52:42à tenir un discours
52:44un peu offensif quand même,
52:45pas lénifiant
52:46parce que c'est la tentation
52:47dans ces moments-là
52:48et puis de rendre hommage,
52:49de parler d'amour
52:50mais aussi de nécessiter
52:51de la lutte
52:52et de rappeler en effet
52:52le mot djihadiste
52:54qui est quand même
52:54le mot-clé
52:55de cette tragédie.
52:57Ce sont des djihadistes
52:57et en effet,
52:58des djihadistes
52:59qui pour la plupart
53:01étaient nés en Europe
53:01et certains en France.
53:02Des jeunes,
53:03des jeunes,
53:03tués par des jeunes.
53:04Là,
53:05il s'adresse aussi
53:06parce qu'effectivement
53:07c'est dans la jeunesse
53:08que se trouvent
53:08malheureusement
53:09peut-être
53:09les nouveaux
53:10futurs terroristes.
53:11il y a aussi évidemment
53:14ces phrases
53:15et il faut rappeler
53:16devant nos bourreaux,
53:17Michel Auboin,
53:18que nous ne céderons jamais.
53:21Oui, évidemment
53:21que c'est très important
53:23de le dire.
53:23Oui, c'est très important
53:24de dire que nous ne céderons jamais
53:25et de dire que tout ça
53:27se fait au nom
53:28de la démocratie
53:28et de la liberté
53:29comme ça a été dit
53:29tout à l'heure.
53:31On ne doit pas se céder
53:32à la peur
53:33mais moi,
53:34j'appartiens au ministère
53:35de l'Intérieur
53:36avec mes amis de la police,
53:37la gendarmerie
53:38et les sapeurs-pompiers
53:39mais nous,
53:40notre travail,
53:41c'est quand même
53:41d'identifier la menace.
53:43Clairement.
53:44Donc, on ne cède pas la peur
53:45mais en même temps,
53:46on n'est pas naïf.
53:47La menace existe.
53:49Il faut l'identifier.
53:50Moi, ce n'est pas
53:51mon travail le plus direct.
53:52Ils le font pour nous.
53:55Mais en tout cas,
53:56donner un nom
53:58à cette menace,
54:00identifier les auteurs,
54:02savoir comment
54:02les choses naissent
54:03devant cette pensée
54:06presque impossible
54:07qui est
54:07comment est-ce qu'on
54:09donne la mort
54:10pour son Dieu.
54:12Nous qui appartenons
54:14à une autre église
54:15d'une certaine façon
54:16pour laquelle
54:17on acceptait de mourir
54:19pour son Dieu,
54:20on n'aura jamais accepté
54:21de donner la mort
54:22à d'autres
54:22pour son Dieu.
54:23Et ça,
54:24c'est dans nos sociétés
54:25qui sont devenues
54:26très éloignées
54:28du fait religieux.
54:29C'est un élément
54:29qui est quand même
54:30très complexe.
54:33Catherine Ness,
54:33c'était un très beau discours
54:34d'Arthur Desnouveaux
54:35qui dit
54:36« Heureux ceux qui ont
54:37toute leur liberté,
54:38nous, victimes,
54:40nous n'avons qu'une exigence
54:41qu'il faut vivre en société
54:42selon nos valeurs,
54:43les valeurs de la République,
54:44évidemment. »
54:44Oui, oui, oui.
54:45Le discours est d'autant plus fort
54:47qu'il est bref.
54:48Parce qu'il a le temps
54:49de vous entrer
54:50dans la tête,
54:52de le retenir,
54:54alors que,
54:55trop long,
54:55on se perd un peu
54:57dans le raisonnement
54:58et on est déçus.
55:00Tandis que là,
55:02c'était une force,
55:03d'abord parce que
55:04je crois que c'est un homme
55:05qui a fait un travail formidable
55:08avec son association.
55:10Qu'il a décidé
55:10de dissoudre aujourd'hui.
55:12Qu'il a décidé
55:12de dissoudre aujourd'hui.
55:13Pour ne pas rester enfermé à vie,
55:15enfermé dans son statut de victime.
55:16Voilà.
55:17Et qu'il dit
55:18que le message,
55:19c'est d'aimer.
55:20C'est d'aimer la vie
55:21parce que, dit-il,
55:22elle est fragile.
55:23De défendre nos libertés.
55:25Effectivement,
55:26on peut défendre,
55:28on peut justement acter
55:29qu'il ait besoin
55:30d'une sécurité,
55:32qui est une sécurité
55:33qui va nous permettre aussi
55:34de défendre nos valeurs,
55:35nos valeurs de liberté,
55:37de fraternité
55:37et d'égalité.
55:39Et cette articulation
55:40entre les deux,
55:40elle est très importante.
55:41C'est-à-dire qu'on n'est pas
55:42dans un monde
55:42où, effectivement,
55:43on est simplement
55:45dans une naïveté
55:45qui peut nous conduire
55:46à la catastrophe.
55:47Non, on articule les deux.
55:48Ça ne veut pas dire
55:49céder à la terreur.
55:50Ça veut dire simplement
55:51préserver nos libertés
55:53avec la force
55:55s'il le faut.
55:56Ça veut dire que l'amour
55:56sans la sécurité,
55:58ça ne suffira pas.
55:58Ça ne suffira pas, absolument.
56:00Louis Dragnet.
56:00Alors, je suis assez d'accord
56:02avec ce que disait Catherine
56:02sur l'amour
56:03et aussi sur la puissance
56:05de ce qu'il a dit.
56:07Et je me suis souvenu
56:09du moment où,
56:11donc trois ans après,
56:13Jean-Yves Le Drian,
56:14en 2016,
56:14qui était le ministre
56:15de la Défense
56:16de François Hollande,
56:17publie un livre
56:18qui s'appelle
56:19« Qui est l'ennemi ? »
56:20Un an après, donc.
56:21Pardon ?
56:21Ah oui, un an après.
56:23Excusez-moi.
56:24Et à ce moment-là,
56:25je me souviens
56:26que ça a fait polémique
56:27parce que,
56:29alors certes,
56:29il venait de la gauche,
56:30à la limite,
56:31ce n'est pas ça le sujet,
56:32mais au sein
56:32de la société française,
56:33il y avait encore
56:34cette fragmentation
56:35et je pense que ça n'a pas
56:36totalement disparu.
56:37C'est-à-dire qu'on a encore
56:39aujourd'hui énormément de mal
56:41à désigner le mal
56:42parce qu'on a une société,
56:45on a un modèle de société
56:46qui n'est pas très clair
56:47parce qu'il y a le relativisme
56:49qui est passé par là,
56:49parce qu'on ne nous donne pas
56:52l'amour de notre pays.
56:53Alors, c'est quelque chose
56:54qui revient un tout petit peu
56:55avec quelques balbutiements
56:57depuis quelques années,
56:59mais on voit bien
56:59à quel point
57:00ces sujets font encore débat.
57:02Il n'y a pas un consensus
57:03absolu autour de ces questions.
57:05Et c'est pour ça que je trouve
57:05que ce discours-là
57:07était extrêmement limpide et clair.
57:09Voilà, il trace quelque chose.
57:10Mon discours ne s'adresse pas
57:11à vous,
57:12mesdames, messieurs les élus,
57:13monsieur le président de la République,
57:14mais à la jeunesse.
57:15Discours court.
57:17Ce qui compte dans la souffrance,
57:19c'est ce qu'on en fait.
57:20Moi, je retiendrai cette phrase-là.
57:21Ne rien céder,
57:22ne rien relativiser aussi,
57:23Michel Aubouinte,
57:24Arthur Desnouveaux.
57:25Ne rien céder...
57:27Ne rien relativiser.
57:28Tout à fait.
57:28Ne pas dire
57:29qu'il ne s'est rien passé.
57:30Non, on ne peut pas dire
57:31qu'il ne s'est rien passé.
57:32Il faut ajouter quelque chose,
57:34c'est que,
57:34pour rebondir sur ce que disait
57:36le docteur tout à l'heure,
57:37c'est qu'on est souvent,
57:39malheureusement,
57:40confrontés à des catastrophes,
57:41etc.
57:41Mais là,
57:42un attentat,
57:43ce n'est pas du tout la même chose.
57:44Les blessés sont les mêmes,
57:45sauf que là,
57:46ils sont blessés par la haine
57:47d'un ennemi.
57:49Et quand l'ennemi est insaisissable,
57:50parce que quand l'ennemi
57:51est en situation de guerre,
57:53il est connu,
57:53quand il est insaisissable,
57:54le traumatisme collectif,
57:56individuel évidemment,
57:57mais collectif aussi,
57:58il est beaucoup plus important.
57:58Et quand il a de nos propres reins.
58:01D'ailleurs,
58:01ce n'est pas une catastrophe.
58:02Au choix des mots,
58:04je trouve que c'est extrêmement important.
58:06C'est quelque chose
58:07qu'on publie
58:08et pour lequel on ne peut pas
58:09faire une chose.
58:09C'est un attentat de terrorisme.
58:10Ce n'est pas un tsunami,
58:11c'est un attentat de terrorisme,
58:12c'est un massacre,
58:13c'est une tuerie de masse
58:14commise au nom d'une religion.
58:16Et ça, on peut le dire.
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