00:00On n'a même pas parlé de votre rôle, Pascal Elbé, dans ce film, parce que vous jouez aussi dans ce rôle.
00:04Oui, accessoirement.
00:05Accessoirement. Sam Goldstein, un coiffeur qui porte l'étoile jaune, qui va croiser la route de Jean Chevalin, enfin Jean Chevalowicz.
00:13Et les deux vont s'entraider pour essayer d'échapper aux nazis.
00:17Et j'imagine que si vous avez décidé de faire ce rôle-là, c'était aussi pour donner la réplique à Poulverne ?
00:22Oui.
00:24Oui, comme je dis souvent, ça devait toujours être un acteur de moins à caster.
00:27C'est une petite économie aussi.
00:30Évidemment, je peux vous le dire.
00:33Belle économie.
00:34Non, mais c'était le plaisir d'être dans la cour de récréation, de leur envoyer la balle.
00:38J'avais pas envie, égoïstement, j'avais envie de le faire moi.
00:42Et puis, vous savez, quand vous êtes dans cette espèce de tourbillon de faire un film,
00:46vous finalement êtes devant, derrière, vous savez plus où vous êtes.
00:49C'est la première fois que vous jouez avec Poulverne ?
00:51Oui, on ne se connaissait pas.
00:53Et quand je lui ai envoyé le scénario, je me rappelle de ce mot qu'il m'avait écrit immédiatement,
00:57ce qu'il avait lu tout de suite, en me disant, c'est terrible, mais qu'est-ce que j'ai ri.
01:00Alors, je me suis dit, il faut qu'on se rencontre.
01:02Et puis voilà, ça s'est fait, j'allais dire, très vite.
01:05Il était très impliqué.
01:06Il y a une scène très drôle, tous les deux, quand vous faites Shabbat,
01:09et que Jean Chevalovitch commence à réciter le Notre Père.
01:13Ah ouais, c'est exceptionnel.
01:14Sur la tête.
01:15Ah ouais.
01:16En vise de kippa, ça c'est formidable.
01:18Et qui dit, enfin il donne une excuse qui est quand même très étonnante.
01:21Pourquoi il dit Notre Père à la place de la prière ?
01:24C'est ça, il dit, on ne sait jamais les murs des oreilles.
01:27C'est pour tromper l'ennemi, vous voyez.
01:29Et c'est vrai que même à nous à jouer, ce jour-là, c'était complètement fou.
01:33Benoît Poulverne n'avait jamais fait un Shabbat,
01:35et il participait à la prière du Shabbat, qu'on appelle le Kiddush.
01:38Et donc quand il en a commencé, il était comme dans le personnage,
01:40c'était vraiment rendez-vous en terre inconnue.
01:42Il ne savait pas s'il fallait applaudir, se lever.
01:44C'est vrai qu'il y a le pique dans son regard.
01:46On est donné en rond le pain, et on sait par le pain,
01:48en petit par petit bout pour le distribuer.
01:50Lui, il croyait que c'était une bataille de petits pains,
01:52une bataille de mille pains qui s'engageaient.
01:54Vraiment, c'était finalement comme le personnage,
01:57c'est là où ça dépasse presque le cadre de la fiction.
01:59Et puis c'est un film historique quand même,
02:01avec de la reconstitution historique, des costumes.
02:05J'ai deux vélos d'époque, je te l'ai enseigné.
02:07C'est un blockbuster.
02:09Mais ce n'est pas évident, ça,
02:11parce que vous êtes obligés de faire attention à tout.
02:12Il ne faut pas qu'il y ait d'anachronisme.
02:14C'est quand même un gros boulot, ça.
02:15Alors, ce qui nous a aidé,
02:17c'est d'avoir tourné ça dans le Grand Est,
02:19dans la région des Vosges.
02:20Et c'est vrai qu'il y a certaines communes
02:22qui ont été, j'allais dire presque,
02:23qui sont restées dans leur jus, j'allais dire,
02:25heureusement pour nous,
02:27et un peu malheureusement pour eux par moment.
02:29Et c'est vrai que ça nous a beaucoup aidés,
02:32mais c'est même quand on reproduit
02:34le défilé de l'armée de la Wehrmacht
02:39sur une place d'hôtel de vie.
02:40Il y a de l'énorme calico-nazis.
02:42On n'a quasiment rien à toucher.
02:44C'est assez vertigineux.
02:47Moi, je cherchais vite où était ma caméra
02:48pour me rassurer.
02:49Oui, parce que quand vous reproduisez
02:52un drame historique,
02:53cette reconstitution-là,
02:55elle ne vous laisse pas intacte.
02:56C'est-à-dire qu'il ne faut pas
02:57beaucoup d'imagination pour se dire
02:58« Waouh, c'était comme ça. »
03:00Mais en revanche, je pense qu'il faut vraiment
03:02que ça soit très bien fait,
03:04parce que sinon, c'est moins drôle.
03:06Ça peut vite être ridicule, bien sûr.
03:08La comédie, elle vient aussi
03:09de la justesse du drame.
03:13En fait, de la justesse du drame.
03:15Allez, on va jouer avec un auditeur maintenant.
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