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  • il y a 2 mois
Le 13 novembre 2015, des terroristes font irruption dans la salle parisienne du Bataclan en plein concert, tirent sur la foule et prennent des spectateurs en otage. Cette attaque sans précédent, qui coûtera la vie à 90 personnes, donnera lieu à l'une des interventions policières les plus marquantes du XXIe siècle, menée par la Brigade de Recherche et d'Intervention de Paris. Dix ans plus tard, des membres de cette unité d'élite se souviennent de cette nuit d'horreur. 

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Transcription
00:00On comprend qu'il y a une prise d'otage massif,
00:03on comprend qu'il y a plusieurs assaillants,
00:05on comprend qu'il y a des armes de guerre et on comprend qu'il y a de l'explosif.
00:08On comprend que c'est très grave
00:11et on continue notre progression.
00:16L'entrée du Bataclan, elle desserre un vestiaire.
00:20Il y a une espèce de barre et un vestiaire
00:22et on arrive à l'entrée de la salle en fait.
00:30Quelqu'un a allumé les spots de la scène,
00:35donc on a une lumière crue, très très blanche.
00:38Et face à nous, on a à peu près, c'est dur à estimer,
00:41mais 5-600 personnes qui sont couchées par terre.
00:45Il y a une drôle d'odeur, de poudre,
00:48il y a une chaleur qui vient d'un coup
00:51et c'est particulier, très très particulier.
00:55Drôle de sensation, quand je vous en parle là, je l'ai encore.
00:58Je ne saurais pas comment l'expliquer en fait.
01:01Je me dis des fois qu'il n'y a pas de mots dans la langue française
01:04qui puissent exprimer vraiment ce que moi j'ai ressenti à ce moment-là.
01:10On comprend qu'il y en a qui sont morts,
01:11on pense que quasiment tout le monde est blessé ou mort d'ailleurs,
01:14c'est la première impression.
01:17Mais nous, on est 12.
01:18Donc là, ça nous prend quelques secondes,
01:22quelques minutes pour décider de la meilleure stratégie.
01:24Les gens, eux, ils pensent qu'ils sont sauvés puisqu'on est là.
01:28Et on essaie de leur faire comprendre par quelques mots,
01:30par un geste, par un regard que non, il ne faut pas bouger,
01:32on va revenir, mais pour l'instant,
01:34nous, on a une mission à faire.
01:36Ça, c'est difficile.
01:36Il y en a qui ne comprennent pas pourquoi on ne soigne pas leurs proches
01:40et qui ne sont pas contents, vraiment, qu'ils l'expriment.
01:43Il y en a qui nous attrapent un peu les pantalons
01:45et qui se plaignent du fait qu'on ne les aide pas.
01:47On comprenait bien qu'il fallait qu'on permette l'évacuation
02:00des gens qui étaient blessés.
02:03Mais bon, nous, on a une mission à faire
02:04et si nous, on ne remplit pas notre mission,
02:06de toute façon, tout est figé.
02:07Donc il faut absolument qu'on aille au contact de ces terroristes
02:11pour voir où ils sont et créer ce périmètre un peu sécurisé.
02:13On se concerte, on décide au plus vite d'aller prendre le haut,
02:18c'est-à-dire de monter sur le balcon, côté gauche,
02:22pour essayer de prendre une vision sur l'ensemble du théâtre.
02:28On entend la chef dire aux victimes qu'ils pouvaient se lever
02:32et de lever les mains et de partir, de sortir du bataillon.
02:37On les fait sortir un peu en groupe,
02:54on va les canaliser tous.
02:56On lève les mains, on lève les mains !
02:58Et on va vérifier que ces gens-là ne sont pas des terroristes.
03:03On ne peut pas avoir un sur-attentat
03:07avec quelqu'un qui aurait un gilet piégé ou ce genre de choses.
03:11Reculez, reculez !
03:13Il y a des gens qui arrivent.
03:15D'abord, les gens valides,
03:16ils sortent plus ou moins en courant.
03:18Et puis, des blessés marchaient.
03:21Et puis, très rapidement, des blessés qui ne marchent pas,
03:23qui sont entraînés par leurs copains.
03:24Les premiers qui arrivent, on les lâche là.
03:29On commence à faire mettre des pansements compressifs,
03:34mettre un ou deux garrots.
03:36Et puis après, moi, je n'ai plus rien.
03:38Donc, quand ça saigne, je prends mes ciseaux,
03:40je découpe les t-shirts, je le mets en boule,
03:42je l'appuie là où ça saigne.
03:45Et je dis aux copains, appuie dessus.
03:46Et de toute façon, il faut le sortir.
03:49Pour les sortir,
03:51ceux qui sont vraiment très gravement blessés sont allongés.
03:53pour les mettre sur des brancards.
03:55Oh, des brancards, on n'en a pas.
03:57Je me souviens qu'en arrivant,
03:58j'avais vu des dizaines de barrières,
04:01qu'on appelle des barrières Vauban.
04:02C'est ces barrières métalliques.
04:04Et je dis aux policiers,
04:05attrapez-moi des barrières,
04:06vous me les mettez à l'horizontale,
04:08on va s'en servir de brancard.
04:09C'est comme ça que sur les images,
04:10vous voyez des Noria,
04:12barrières métalliques avec des gens dessus.
04:21Donc, on continue notre cheminement.
04:22Ça dure à peu près 20 minutes, 25 minutes.
04:27On a fait donc tout ce côté gauche
04:28et on arrive au bout de ce couloir
04:30qui desserre le balcon gauche,
04:32en haut à gauche,
04:34où se trouve en fin de couloir
04:35une porte en bois classique.
04:38Et on se rapproche de cette porte.
04:41Comme on a fait plein de pièces avant,
04:43on continue dans la foulée.
04:44On se dit, on va aller jusqu'au bout.
04:46Comme ça, on saura s'ils sont là ou pas.
04:47On pensait à ce moment-là
04:49qu'ils étaient peut-être partis.
04:49Donc, on va pour ouvrir cette porte.
04:53Là, mon collègue
04:55remarque un chargeur de Dakar 47,
04:59de Kalashnikov.
05:01C'est la première fois qu'on en voyait un
05:02depuis qu'on était rentrés.
05:03On s'est dit, tiens, c'est peut-être un signe
05:04que les terroristes ne sont pas très loin.
05:07Donc, on enlève la main de la poignée.
05:08On était prêts à l'ouvrir, la porte.
05:10Et quasiment dans la foulée,
05:12il y a quelqu'un qui prend contact avec nous.
05:13En fait, une voix
05:14nous dit
05:16« Vous reculez ?
05:20Sinon, je vais tuer tout le monde. »
05:21« Vous êtes content ? »
05:25« Recule, mon pied ! »
05:28« Ne t'attachez pas,
05:29vous êtes comme mort ! »
05:31« Ne t'attachez pas,
05:32c'est pas lui ! »
05:33« C'est moi ! »
05:36« Ne t'attachez pas,
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