00:00Ce soir-là, j'étais chez moi, à Vachy, dans mon canapé.
00:28Première action en place, bien amorcée par l'équipe de France.
00:33Dommage que le centre soit contrôlé.
00:35J'avais mis le match de foot en front.
00:37On avait eu une semaine un petit peu difficile, puisqu'on avait eu une affaire d'enlèvement
00:41assez compliquée, avec coup de feu, remise de rançon, et ça c'était le mardi.
00:46Donc on se reposait un petit peu, parce que c'était effectivement éprouvant.
00:53On doit se dire, mais qu'est-ce que cette équipe qui attend les Français ?
00:56Ils abattonnent la possession du ballon à l'équipe de France.
01:03Très, très vite, j'ai remarqué que quelque chose n'allait pas.
01:05Et en fait, on a une équipe de spécialistes explosifs à la BRI.
01:10Certains d'entre eux étaient en poste à Saint-Denis, pour sécuriser le match.
01:14Et ils nous font un retour d'information, et très vite.
01:17On comprend qu'il ne s'agit pas d'un accident, mais d'une attaque,
01:21parce qu'ils nous donnent des types d'explosifs, et tout ça.
01:39Nous, on prend notre service à 19h, on prend les consignes à la préfecture.
01:42Et à l'issue, à 22h30, on sort pour faire une déronde anti-criminalité,
01:48comme on fait toutes les nuits.
01:51On entend sur les ondes les premières alertes qui tombent sur le stade de France.
01:54J'ai deux décédés, 6, 5 et 1, 6 urgences absolues, 6 urgences relatives, reçues par l'équipe.
02:04Et là, il y a notre état-major qui nous commande, pour nous diriger sur place.
02:11Et arrivée porte de Clignancourt, entre Saint-Ouen et Clignancourt,
02:15on commençait à avoir quelques petites informations au niveau des ondes radio-police,
02:20comme quoi on commençait à avoir des détonations, d'armes à feu, sur Paris.
02:34Ils annonçaient donc les terrasses, c'était le début des terrasses sur le 11ème.
02:38Et nous, on était commandés pour Saint-Denis.
02:41Et là, on se regarde, et puis on sentait vraiment que Paris était important.
02:45Donc on échange, du coup, il me dit, on prend Paris.
02:48Et là, de Clignancourt, je descends Barbès, direction le 11ème.
02:53On se dirigeait vers les terrasses.
02:57Pour une urgence, ne quittez pas, un opérateur va vous répondre.
03:01L'urgence pompier ?
03:03Le Bataclan, c'est le Yad.
03:04D'accord, ok, vous êtes sortis ?
03:06Non, tous dedans.
03:07Vous êtes tous dedans ? Vous êtes enfermés avec combien de personnes ?
03:09Oui, deux personnes qui s'y rendent du criat.
03:11Ils sont toujours dedans, eux ?
03:13Ça tire dans le Bataclan, là.
03:18Ouais ? Regarde, on entend les coups de feu.
03:28On arrive au bas de Magenta, quasiment à la place de la République.
03:33Et sur les ondes, passe l'annonce pour le Bataclan.
03:37Et là, on est à 200 mètres.
03:38On traverse la place de la République et on y est.
03:40En moins de 7-8 minutes, on était là.
03:50On se rassemble, on prend du matériel, tout ce qu'on peut.
03:52On a pris du matériel de protection balistique et du matériel offensif.
03:55Des fusils d'assaut, de la grenade offensive, des boucliers balistiques.
04:01Tout ce qu'on pourrait avoir à faire usage dans ce genre de contexte.
04:10On prend la route assez vite vers le Bataclan.
04:17On a décidé d'aller au Bataclan parce qu'on était à proximité.
04:20On coupe la place de la République en deux.
04:22On prend le boulevard Voltaire et on arrive directement devant le Bataclan.
04:25Je roulais tellement fort que je n'ai pas visualisé l'endroit exact du Bataclan.
04:32Et c'est le commissaire qui m'a dit, c'est là, c'est là, c'est là.
04:35Donc j'ai écrasé tout ce que j'ai pu écraser.
04:37Et en fait, on s'est arrêté en perpendiculaire d'un bus loge du groupe, là, de The Eagles, devant un peu du Bataclan.
04:44Le commissaire, lui, dans son angle de vue, à un moment donné, les portes s'ouvrent.
05:14Et il voit le terreau avec une calache.
05:19Il m'annonce, calache, calache.
05:21À l'époque, le protocole nous a permis de rentrer.
05:24Il nous a demandé de figer la situation et de faire appel aux ABRI, aux RAID.
05:29Avec le commissaire, on se regarde.
05:32On ne se parle pas parce qu'il n'y a pas besoin.
05:34Et on rentre.
05:37On voit évidemment une scène indescripible.
05:40Quand on passe les portes, il y a des corps.
05:44Les corps sont enchevêtrés les uns sur les autres, sur trois, trois, deux, trois, quatre niveaux.
05:49La salle est janché de corps.
05:51Et on voit sur la scène le premier terroriste en train de lever sa calache en direction d'une victime qui était là.
05:58La salle est janché d'il y a un névait de force.
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