00:00Si on prend les chiffres de l'année dernière, puisqu'on a bouclé le bilan au mois de juillet,
00:12on est à peu près à 200 signalements qui nous arrivent au niveau du rectorat.
00:15Sur ces 200 signalements, on va dire une grosse moitié qui sont effectivement du harcèlement avéré.
00:22Mais ces chiffres, on va dire, ne reflètent pas la réalité du terrain,
00:26puisque signalement qu'en déclenchement du protocole phare,
00:31et il y a énormément de situations dites de conflits qui ne relèvent pas forcément du harcèlement,
00:38ou que les équipes n'ont pas jugé ou qualifié comme un début de harcèlement.
00:43Quelle serait la définition du harcèlement scolaire ?
00:45Il y a l'intentionnalité, la répétition aussi de ce qui arrive,
00:49et on va dire la variété aussi de ce qui est fait sur le long terme, sur une période.
00:56Mais cette idée d'intentionnalité, c'est peut-être, et de répétition,
01:02de conscientisation de ce qu'on fait,
01:05qui est peut-être la clé aussi, finalement, de comment est-ce qu'on va régler ces situations.
01:12Le service, lui-même, fonctionne, dans le cadre du protocole national,
01:16vraiment de façon cadrée, depuis l'année dernière,
01:18avec une plateforme nationale qu'on complète régulièrement, même quotidiennement.
01:23Donc on a le recul d'une année seulement.
01:26Pour l'instant, on ne peut pas comparer avec les chiffres précédents,
01:29mais les questionnaires anonymes qui sont déployés actuellement,
01:34et sur 15 jours au niveau de l'Académie,
01:36nous montrent qu'on est à peu près dans les mêmes chiffres que le national.
01:39Donc entre 3 et 5 % d'élèves qui se sentent harcelés à l'école,
01:45tous niveaux confondus, école, collège, lycée.
01:48Et bien évidemment, la petite différence de cette année,
01:52et c'est peut-être ça qui va nous permettre d'agir encore plus de manière approfondie,
01:56c'est que les élèves, cette année, pourront, s'ils le souhaitent,
01:59mettre leur nom sur les questionnaires,
02:02qu'il est réalisé une fois par an du CM2 à la terminale,
02:06pour justement avoir des chiffres d'ampleur et analyser au niveau académique.
02:12Mais ils étaient totalement anonymes jusqu'à présent,
02:16ce qui parfois pouvait, on va dire, quelquefois freiner les révélations de situation,
02:22ou en tout cas quand il y a une situation qui se révélait,
02:24les équipes disaient qu'ils n'avaient pas forcément la main
02:26pour pouvoir aller investiguer de manière plus approfondie.
02:29Il faut savoir aussi que nous, on travaille dans le protocole national,
02:33dans le programme phare de manière globale.
02:36Donc la démarche est la même dans tous les établissements de toutes les académies.
02:41Et vous savez le fameux numéro 3018,
02:44qu'on véhicule de plus en plus et qu'il faut continuer à véhiculer,
02:48c'est une entrée au niveau national pour toutes les familles
02:51ou pour n'importe quel porteur d'alerte,
02:53en fait, sur les situations de harcèlement.
02:55Ces situations sont répercutées dans chaque académie.
02:59C'est-à-dire qu'il y a une alerte au national,
03:01on les récupère aussi et on les traite au niveau...
03:03Le 3018, c'est le numéro, voilà.
03:05On peut signaler...
03:06C'est un numéro qu'il faut vraiment avoir en tête
03:09parce qu'ils sont disponibles 24 heures sur 24.
03:12Dès lors qu'il y a une alerte sur une situation de harcèlement potentiel
03:15au niveau d'un établissement ou d'une école,
03:18eh bien, cela déclenche la mise en œuvre du protocole phare.
03:22Donc, on s'entretient avec les élèves cibles,
03:25l'élève cible ou les présumés auteurs.
03:29Et puis, au fil de ces entretiens, on a aussi des témoins,
03:32des noms de témoins qui peuvent être cités.
03:35Et donc, on s'entretient avec eux également.
03:38Ce qui est important de dire, c'est que les familles sont associées à ce protocole,
03:42associées et informées du déroulé.
03:44Alors, ils n'assistent pas aux entretiens de leurs enfants
03:47pour garantir aussi la liberté de la parole.
03:49Nous traitons des situations post-bac,
03:53puisque nous avons traité des situations de BTS,
03:55par exemple, l'année dernière, ou à l'IUT.
03:58Il faut savoir que tout ce protocole est le même dans toutes les écoles.
04:05À la différence près, que chaque établissement du second degré
04:09possède sa propre équipe ressource,
04:11qui est formée par nous, les référents académiques harcèlement,
04:13mais que les circonscriptions, eux, ont une équipe ressource de circonscriptions
04:18et des protocoles écrits pour chaque école, en revanche.
04:21Le harcèlement est vraiment extrêmement varié dans sa forme,
04:25varié dans son âge.
04:27Je dirais qu'il y a quand même un âge qui est plus sensible.
04:29Nous, on le note.
04:30C'est vraiment l'âge du collège.
04:32Où là, nous, on a quand même le maximum de nos situations,
04:36parce que c'est lié aussi à l'adolescence,
04:39au fait qu'on le regarde des autres,
04:41l'appartenance à un groupe aussi,
04:43qui peut...
04:44Les réseaux sociaux, le cyberharcèlement, nous, on l'a vu,
04:47est quand même en augmentation dans les situations qu'on traite.
04:51Et on le traite, du coup, avec d'autres partenaires de l'académie
04:54et de la région.
04:56Il y a ce qu'on appelle des micro-signaux.
04:58Et les familles sont également de plus en plus informées
05:01sur ces micro-signaux, les équipes également.
05:03Et il y a un plan de formation actuellement
05:06des personnels de premier degré et second degré
05:09qui doit se terminer en décembre 2026.
05:11C'est une obligation pour que chaque adulte de l'établissement
05:14soit aussi formé au repérage de situations potentielles.
05:20Alors, on a par exemple un élève qui devient mutique,
05:24qui se renferme ou qui s'absente.
05:28Vous voyez, qui commence à peut-être...
05:29Alors, ce sont des micro-signaux qui peuvent concerner
05:32d'autres types de mal-être.
05:33Et dans le cadre du foyer familial ?
05:35Alors, dans le cadre du foyer familial,
05:37ça, ça relève après de la discussion
05:39que l'établissement peut engager avec la famille.
05:41Mais qu'est-ce qu'il peut révéler un harcèlement à un parent ?
05:44Un élève qui peut en venir à l'école, voilà,
05:45ou dont les parents sentent qu'il n'a plus de relation avec ses amis,
05:50qui se renferme,
05:51ou qui est aussi parfois sur son téléphone,
05:54qui ne mange plus, ou moins.
05:56En tout cas, qui change d'attitude.
05:57Voilà.
05:58Où il y a un très net changement d'attitude.
06:01Et si le dialogue engagé dans la famille ne permet pas...
06:06Parce que, vous savez,
06:07ce qui nous freine dans le traitement de ces situations,
06:10c'est que très souvent,
06:11les enfants ne parlent pas.
06:13Voilà.
06:14Et par besoin aussi de ne pas culpabiliser
06:17ni les uns ni les autres.
06:18Ils ne savent pas.
06:19Donc, on forme aussi les élèves.
06:20Il y a des élèves ambassadeurs dans les établissements
06:22qui sont aussi formés
06:24pour pouvoir accompagner la parole de leurs camarades.
06:27On a eu quelques situations où, effectivement,
06:29il y a eu des appels à l'aide
06:31sous cette forme-là de tentative de suicide.
06:33Et des situations qui ont été gérées par l'établissement
06:35de manière plus large.
06:36De toute façon, dans les textes,
06:38le harceleur doit être sanctionné.
06:40Voilà.
06:40Maintenant, la sanction ou la mesure éducative
06:43qui est prise,
06:44elle est toujours adaptée
06:45à la situation aussi du harceleur.
06:48Ça, c'est quelque chose que tout le monde doit bien comprendre.
06:50Parce que ce qu'on essaye de travailler
06:53à travers le traitement de ces situations de harcèlement,
06:55c'est vraiment faire grandir tout le monde
06:57et faire en sorte que ces comportements-là
06:59ne se reproduisent pas.
07:01Il peut y avoir des changements d'établissement,
07:03des exclusions temporaires, définitives.
07:06Ce qu'on appelle aussi des exclusions-inclusions.
07:08C'est-à-dire qu'on marque l'exclusion,
07:10on marque la sanction,
07:12mais l'élève reste à l'intérieur de l'établissement
07:14et, quelque part, vit sa sanction
07:16en grandissant et en apprenant,
07:18en réfléchissant à ce qu'il a fait
07:20avec l'équipe éducative.
07:21En tout cas, tout est fait pour libérer la parole.
07:23C'est la priorité des priorités.
07:24Oui, c'est la priorité numéro une,
07:26à la fois au sein des familles
07:27et à la fois au sein des établissements.
07:29Et on voit que c'est un problème
07:30qui est pris à bras-le-corps quand même dans les rectorats.
07:31Oui, vraiment, c'est une mission, nous,
07:34dans laquelle on se sent très utile,
07:36qui est extrêmement importante,
07:37mais on doit vraiment axer tout le collectif
07:41et tous les adultes
07:42autour de ce mal-être des enfants.
07:48C'est la priorité de l'établissement de l'établissement de l'établissement de l'établissement.
Commentaires