Plusieurs années après les opérations militaires françaises Barkhane et Serval, les jihadistes organisent maintenant des blocus autour des principales villes maliennes, ce qui leur permet de faire pression sur les putschistes actuellement au pouvoir. Une montée en puissance qui s'est surtout accélérée suite au départ des mercenaires russes qui étaient au Mali.
00:00François, vous nous parlez ce matin d'un pays qu'on connaît bien, en France, le Mali, à cause des opérations militaires françaises Serval et Barkhane.
00:08Et il pourrait désormais tomber aux mains des djihadistes.
00:12Oui, ça fait plus d'un mois maintenant qu'il y a, de la part des djihadistes, un blocus sur les principales villes du pays, et notamment de la capitale Bamako.
00:21C'est une montée en puissance qui s'est accélérée depuis le départ des Français, chassés par l'agente militaire poutchiste,
00:27mais surtout depuis le départ des Russes, des mercenaires russes qui sont partis du pays au mois de juin.
00:33Pour l'instant, c'est un blocus uniquement de l'essence, mais évidemment, quand vous bloquez l'essence, vous bloquez tout.
00:38C'est une paralysie économique, c'est une paralysie de la vie quotidienne, et c'est une paralysie de l'armée qui a besoin évidemment de carburant pour ses opérations militaires.
00:47Regardez la carte d'ailleurs pour voir à quel point toutes les routes du pays,
00:51celles qui notamment mettent en relation le pays avec ses pays voisins, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, la Côte d'Ivoire, sont bloquées.
00:58Autrement dit, les djihadistes aujourd'hui sont en mesure de s'emparer du pays s'ils le voulaient.
01:04Ils ne le font pas pour l'instant, parce que le rapport de force militaire n'est pas en leur faveur.
01:09Le JNIM, cette organisation djihadiste, n'est forte que de 5 000 hommes à peu près, c'est une évaluation des Nations Unies,
01:16alors qu'en face, l'armée malienne, c'est au moins deux fois ça.
01:19Parmi les scénarios envisagés à présent, quel est le pire des scénarios, François ?
01:24Le pire des scénarios, c'est le scénario Kaboul, c'est-à-dire qu'à partir du moment où vous avez toutes les ambassades étrangères
01:31qui font évacuer leur personnel, là c'est le cas des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, du Canada, de l'Italie,
01:39bref, de tous les grands pays, les Français sont partis depuis longtemps,
01:42à partir du moment où il y a cette sorte d'appel d'air pour partir,
01:45eh bien, le gouvernement peut se dire, nous ne sommes plus soutenus,
01:49et donc, à ce moment-là, les djihadistes peuvent se dire, on va rentrer, c'est exactement ce qui s'était passé à Kaboul.
01:54Les talibans ne voulaient ou ne pouvaient pas prendre Kaboul,
01:57parce qu'ils étaient en infériorité numérique par rapport à l'armée,
02:00mais il a suffi qu'il y ait un vent de panique pour que l'armée s'en aille,
02:04le gouvernement s'en aille, et que les talibans arrivent dans Kaboul.
02:07Là, pour l'instant, ce qu'on dit, c'est que le Jnim, les djihadistes, préféraient négocier une forme de reddition
02:14ou de collaboration avec les putschistes qui sont en place,
02:18mais ou alors faire en sorte que la ville tombe comme un fruit mûr pour qu'il n'y ait plus qu'à s'en emparer.
02:2612 ans après l'opération Serval que vous mentionnez, qui a sauvé le Mali du terrorisme et du califat,
02:32c'est un épouvantable retour en arrière.
02:35En tout cas, cette perspective-là fait peur à tout le monde.
Écris le tout premier commentaire