00:0016h, 18h, Pascal Praud sur Europe 1, Richard Millet, écrivain, éditeur, longtemps chez Gallimard,
00:08lecteur, prof de français, amoureux de la langue, amoureux des romans, et 700...
00:15Merci pour ce commentaire !
00:16Vous savez, il y avait Olivier Guenay tout à l'heure, 750 pages, ne serait-ce que lire 750 pages,
00:21et c'est intéressant, parce que c'est un jeune, 750 pages pour lui, mais il n'a jamais lu un livre de 750 pages.
00:28Eh bien, ce n'est pas un livre difficile à lire, malgré les 750 pages.
00:33Pourquoi ? Parce que c'est un livre qui...
00:34D'abord, je voudrais dire que c'est un, pour une fois, les Goncourt, depuis longtemps, en couronnant un véritable écrivain.
00:41D'habitude, c'est des semi-écrivains, ou c'est des arrangements entre éditeurs.
00:45Alors là, c'est un véritable écrivain, qui est né en 1967, si je me souviens bien, oui c'est ça,
00:51qui a écrit d'ailleurs un livre, un roman qui vous plairait, Pascal, puisque c'est sur le ESL.
00:55Mais je le connais ce roman, mais je le connais Laurent Mauvignier, j'avais rencontré à ce moment-là d'ailleurs.
01:00Et donc, de quoi s'agit-il ? Dans la maison vide, c'est au fond une enquête.
01:06Une enquête sur une maison que le père du narrateur rouvre 20 ans après, qui est resté fermé pendant 20 ans.
01:14Et dans cette maison, le narrateur cherche une médaille de son arrière-grand-père,
01:19de la guerre de 1914, qui est mort à Verdun.
01:22Cette médaille, il passe du temps à la trouver, et de fil en aiguille,
01:27c'est toute la famille, toute l'histoire de cette famille,
01:30pour faire chic, je vais dire transgénérationnelle,
01:33pour compenser les frimas de tout le monde,
01:36et je dirais que ça veut dire transgénérationnelle sur trois ou quatre générations.
01:41Et c'est là que c'est très talentueux, c'est un beau livre pour ça,
01:45c'est-à-dire qu'on voit le narrateur plutôt,
01:48parce qu'il ne faut pas confondre avec l'auteur directement,
01:50chercher un peu toutes les preuves de l'existence de ces personnages,
01:54de chercher au fond qui sont ces femmes,
01:58notamment, les femmes sont très importantes,
02:00et pourquoi une photo d'une femme,
02:03de son grand-mère, a été enlevée de la bonne famille.
02:07Tout est là.
02:08On va marquer une pause et on va continuer après.
02:10Vous auriez eu un professeur de français comme M. Millet,
02:13vous auriez lu dix fois consécutivement Les Misérables.
02:16J'en suis sûr, Olivier Guénac.
02:18C'est possible.
02:18Les Misérables ?
02:19Moi c'est Olivier Guénac.
02:20Olivier Guénac.
02:22Mais vous avez vu comment il vous a capté par sa voix ?
02:25Il m'a hypnotisé ses mesmères.
02:27Par sa voix.
02:29Chacun a sa référence.
02:32Chacun a sa référence.
02:33Il est 17h27.
02:35A tout de suite, à tout de suite, à tout de suite.
02:38Il y a une information également qui vient de tomber.
02:48Jean-Paul Roux va incarner un professeur librement inspiré de Samuel Paty.
02:53C'est une information qui est tombée il y a quelques minutes.
02:56Et puis on est toujours avec Sarah Salmane, avec Christophe Bordet,
02:58avec Georges Fenech, avec Gautier Lebrecht, avec Olivier Guénac.
03:01Il y en a également appris la mort de Claude de Bébéa.
03:04Un grand patron, un grand capitaliste, un grand AXA, c'est lui.
03:09L'Institut Montaigne, c'est sa création également.
03:12Et c'était un homme, je me souviens, il m'avait dit, je l'ai connu, il se trouve,
03:15qu'il arrêtait de travailler toutes les semaines, le jeudi, à midi, pour se consacrer à sa famille.
03:21Comme vous, non ?
03:22Non, mais pour un grand patron, libérer pratiquement la moitié de la semaine pour sa famille, c'est quand même rare.
03:28Il avait 90 ans, et il est le fondateur d'AXA.
03:36L'information est tombée, je pense, en fin d'après-midi, c'est bien cela ?
03:40Laurent Tessier.
03:42Nous étions avant la pause avec notre ami Richard Millet, pour parler de Laurent Mauvignier, du Goncourt 2025.
03:53Et il y a une chose qui est importante, parce que les gens sont parfois effrayés par la lecture,
03:57et ils ont peur que ce soit long, ils ont peur que ce soit difficile à lire.
04:01Non, on leur raconte simplement une histoire.
04:03Et ce qui est intéressant d'ailleurs, c'est que les histoires de famille dans la littérature française ces dernières années, il y en a beaucoup.
04:09Oui, mais celle-là est particulière, parce que c'est en quelque sorte une enquête.
04:13Donc on peut lire ce livre comme une sorte de roman policier, comme je le disais tout à l'heure.
04:17Alors, vous allez me dire, la langue de Mauvignier est parfois un peu ample, ses phrases sont amples,
04:22mais ça ne veut pas dire pour autant qu'elles soient difficiles.
04:24Une fois qu'on est dans ce petit fleuve, ce fleuve qui coule, eh bien on se laisse emporter.
04:29Voilà, c'est ce que je veux dire.
04:30Laissez-vous emporter, parce que parfois, les romans avec des phrases très courtes sont tellement insipides qu'on s'y noie.
04:36Beaucoup de jeunes gens ne lisent plus aujourd'hui de romans.
04:42Qu'est-ce que vous pouvez leur dire pour qu'ils comprennent combien le roman est important pour eux-mêmes ?
04:49Parce qu'à la question pourquoi vous lisez, la vraie réponse, la seule, c'est par plaisir.
04:54Le plaisir d'avoir sur le monde un regard un peu différent de celui, par exemple, de vous autres, journalistes.
05:02On peut parler de la même chose, mais autrement, et avec peut-être de façon plus plaisante.
05:07Voilà, ça c'est une chose.
05:08Et il y a aussi la question du style.
05:10Alors, la question du style, aujourd'hui, c'est la chose la plus oubliée du monde.
05:12Mais malheureusement, je pense qu'elle est oubliée aussi par les romanciers.
05:17Et quelqu'un comme Mauvigny est quelqu'un qui a un style, ou une écriture, si vous voulez faire, plus chic.
05:23Voilà, et c'est rare.
05:23C'est pour ça que je disais tout à l'heure que, enfin, les Goncourt ont couronné un véritable écrivain.
05:28Comment on définit le style ?
05:30Le style, c'est ce qui n'appartient qu'à un écrivain.
05:35On le reconnaît.
05:37C'est comme la beauté d'une femme, ou l'élégance d'un homme, ou la voix de quelqu'un.
05:40On le reconnaît uniquement à ça.
05:42Le style de Proust, on le reconnaît tout de suite.
05:44Voilà.
05:45Le style de Balzac aussi.
05:48Les uns, les autres, je ne sais pas si vous lisez, si vous aimez.
05:51Non, mais est-ce que vous aimez ?
05:52Je parle du roman, je parle de la fiction.
05:55Parce qu'évidemment, on lit tous des essais, pourquoi pas, des revues, des articles de journaux.
06:00Il y a un rapport à la lecture qui existe.
06:02Quoiqu'il y a des gens qui n'ont pas de rapport à la lecture du tout, sauf à la lecture du programme de télévision.
06:08C'est la seule chose qu'ils lisent dans la journée.
06:10Bon, est-ce que vous avez le goût du roman ?
06:13Est-ce que, par exemple, vous avez tous un roman chantier, Christophe Bandeil ?
06:17Non, mais pendant les congés, je suis un peu comme vous, moi.
06:19C'est-à-dire que j'aime bien entamer un livre et pouvoir le terminer.
06:23Et si je le fais maintenant, je ne pourrais pas le terminer avant les vacances de Noël, par exemple.
06:27Donc c'est quand même très embêtant.
06:29Donc mon rapport à la lecture, il est quand même très lié à chaque fois aux vacances.
06:33Alors moi, j'adore Roberto Coelho, qui est un auteur brésilien.
06:39Donc j'ai lu à peu près...
06:41Paolo Coelho.
06:41Paolo Coelho, pardon.
06:43J'adore Roberto Coelho.
06:46Roberto Coelho.
06:46Roberto Coelho, ok.
06:47J'aime beaucoup parce que je l'ai découvert il y a longtemps.
06:51Ça marche bien, oui.
06:52J'adore Jérémy de Balzac.
06:54C'est le, il s'exprime.
06:57Qu'est-ce qu'il sent mon cœur.
07:00On a le droit d'être fatigués, mais...
07:02Bonjour, c'est...
07:03J'aime beaucoup Jérémy de Balzac.
07:06Oui, très bon.
07:07J'ai lu tous les livres.
07:08Germinat, Jean-Pierre Jolay, formidable.
07:10Vous m'avez compris.
07:10Bon, voilà.
07:11Vous avez vu qu'Amélie de Bourbon-Parmes a eu le prix Renaudot.
07:15Mais bien sûr, exactement.
07:18Bon, non mais c'est...
07:19Et le Goncourt, ce qui est quand même bien dans cette nation littéraire,
07:22parce que Jean-Marie Roy dit ça souvent,
07:24la France, c'est d'abord une nation littéraire.
07:26Et c'est vrai qu'on est le seul pays où le Goncourt
07:27est un prix suffisamment important
07:31pour qu'on en parle dans les médias.
07:34Mais la place de la littérature diminue.
07:37Je regardais le journal de 72,
07:40lorsqu'Henri de Monterland meurt.
07:42C'est là, pendant un quart d'heure,
07:44c'est Claude Brovéli qui était un ancien présentateur.
07:46Un quart d'heure au journal de 20 heures,
07:49l'ouverture en 1972.
07:51Pour aujourd'hui, ce n'est plus le cas.
07:52Je vous donne un autre exemple, Pascal.
07:54Souvenez-vous, en 1970 ou 11 ou 12,
07:57chaque fois que vous faisiez le plein chez Total,
07:59vous aviez un folio.
08:01Ah oui ?
08:02Oui.
08:03Je me souviens très bien,
08:03il y avait folio l'étranger,
08:05folio ceci, folio cela,
08:07folio les mots de Sartre, etc.
08:09Et derrière, il y avait offert par Total.
08:11Aujourd'hui, c'est impossible.
08:12Oui, on préfère donner, je ne sais pas,
08:15des bonbons.
08:15Des trucs de chez Shine.
08:17Chine.
08:18Chine, on dit Chine.
08:18Chine.
08:19Je crois que c'était Shine.
08:20En tout cas, Laurent Mouinière,
08:22en part donc le Goku de 2025.
08:25La maison vide,
08:26une histoire familiale sur trois générations,
08:28marquée par deux guerres mondiales,
08:30élue au premier tour,
08:31par six voix contre quatre,
08:32à Caroline Lamarche,
08:34le bel obscur,
08:34Emmanuel Carrère n'a obtenu aucune voix.
08:38Aucune voix, Emmanuel Carrère,
08:39sur les dix.
08:40C'est très rare,
08:41élue au premier.
Commentaires