00:00Autour de l'ISF, une certaine forme d'ISF, ça veut dire impôts sur la fortune immobilière, plus d'autres choses.
00:06On inclut par exemple la crypto-monnaie, il y avait un autre économiste qui disait aussi les œuvres d'art pourraient être aussi impactés par ça.
00:13Si vous détenez des œuvres d'art, vous allez, même si vous n'avez qu'une maison de 120 mètres carrés, mais plusieurs œuvres d'art, être susceptible de payer ce nouvel impôt ?
00:21Ah oui, tout à fait, les œuvres d'art, comme ça a été dit, le patrimoine mobilier aussi, et puis le patrimoine immobilier également.
00:27Donc c'est un impôt sur la fortune, un petit peu nouvelle version, évidemment, pour essayer de contenter un petit peu tout le monde dans un monde,
00:34effectivement, qui aujourd'hui est très incertain et avec une forte pression fiscale.
00:37Mais oui, oui, effectivement, ça va permettre d'élargir un petit peu l'assiette des contribuables.
00:42Maintenant, le taux reste quand même assez élevé, et quand on observe un petit peu ce qui s'est passé sur l'ISF dans les pays étrangers,
00:47je pense en particulier la Suisse et la Norvège, ça a fonctionné uniquement dans un seul cas,
00:52si le taux est extrêmement faible, 0,1% ou 0,2%, sur une assiette extrêmement large.
00:56Là, on est à 1%, c'est ça ?
00:58Là, on est à 1%. L'assiette est quand même bien plus élevée, évidemment, que la taxe Juckmann au sens propre du terme.
01:03Ça pourrait concerner, j'ai vu, 150 000, peut-être 200 000 foyers, on ne sait pas encore bien.
01:09Il faut encore bien périmétrer le tout.
01:11Mais en tout cas, voilà, on a quand même une question sur les recettes à venir, puisqu'il y a de fortes chances que ce soit assez peu rentable.
01:16Alors, expliquez-nous, parce que j'essaye aussi de bien vulgariser pour déjà les spectateurs qui ont suivi cette journée,
01:21peut-être à distance, et qui se disent « Ouh là là, tout ce qui s'est passé hier, c'est dingue ».
01:23L'assiette de l'impôt, ça signifie quoi pour ceux qui nous regardent ?
01:26C'est le nombre de personnes qui vont payer l'impôt.
01:27Voilà, c'est ça. Et là, si jamais cette... Bon, on voit, c'est pas fini, ça est loin d'être fini,
01:32et on en parlera avec vous, Anthony Lebeau, puisqu'il y a la navette Sénat, Assemblée nationale,
01:36et même, ils sont nombreux, ceux du Parti Socialiste, à dire qu'ils sont conscients que, bien évidemment,
01:41pour l'instant, on en est loin, mais s'il devait être mis en place, ça concernerait combien de foyers, par exemple ?
01:47Combien de personnes ? Plus de 300 000 personnes ?
01:49Un petit peu moins de 300 000, moi je dirais entre 200 000 et 250 000 foyers,
01:53qui seraient concernés par l'impôt, donc sur le patrimoine mobilier, immobilier, plus œuvres d'art,
01:58voilà, les assurances-vies, on en a parlé, ça c'est un premier problème.
02:01Donc c'est beaucoup plus, évidemment, que la taxe Zuckmann, on était entre 1 800 et 4 000.
02:05C'est ça, 1 800, gros sortement.
02:065 000, parfois on dit, les chiffres sont un petit peu, mais bon, ça n'a plus rien à voir.
02:09Donc c'est plus intéressant, c'est peut-être, on l'espère, plus rentable,
02:13mais le taux reste encore élevé, c'est-à-dire que 1 %, ça reste un taux élevé,
02:17c'est-à-dire relativement désincitatif pour l'économie,
02:19avec la possibilité de contournement, évidemment, pour ceux qui ont les meilleurs moyens juridiques
02:24de contourner, évidemment, cet impôt-là.
02:27Et il ne faut pas oublier que, c'est très important ce que je vais dire,
02:30c'est que l'immobilier, le mobilier, l'assurance-vie est déjà taxée.
02:36Donc on parle d'une taxe sur une taxe, en fait.
02:38C'est là où est le problème.
02:39Donc il faut bien faire comprendre aux gens que, voilà.
02:43Et il y a un autre point que je voulais dire.
02:44Oui, et ce qui rejoint aussi ce que disait, par exemple, Laurence Saillé,
02:47qui est sur nos plateaux hier, qui disait, on a dit aux Français
02:49que les milliardaires ne payaient pas d'impôts, alors qu'il y a 33% d'imposition,
02:52disait-elle, sur les foyers les plus riches.
02:53Et la moyenne pour les Français, c'est environ 19.
02:55Elle dit, il n'y a pas eu tout ce travail de pédagogie, ça c'est elle qui le dit.
02:59Mais néanmoins, si cet impôt devait voir le jour, ça rapporterait combien ?
03:02On se souvient que l'ISF supprimée en 2017-2018,
03:05c'était 5 milliards d'euros seulement ?
03:06Oui, c'est ça.
03:07Là, on serait un ISF autour de, moi je dirais, 3-4 milliards d'euros,
03:11s'il fonctionne, s'il est rentable.
03:13Parce qu'il y a le périmètre administratif et opérationnel qu'il faut déterminer.
03:17Et là, on n'est pas encore tous certains des choses, vous savez.
03:19Et puis il y a aussi le fait qu'un certain nombre de personnes
03:22peuvent contourner cette fiscalité.
03:24Donc c'est ça qu'il faut évaluer.
03:25In fine, on sera à 2 milliards.
03:26Donc 2 milliards, est-ce que ça en valait vraiment le coup ?
03:29C'est ça la question.
03:30Par ailleurs, il y a un vrai problème,
03:31c'est qu'on cherche à mettre un impôt, si vous voulez,
03:34sur, en gros, les plus riches, je résume.
03:37Mais quelque part, pourquoi ne pas baisser les impôts
03:40de tous les autres qui ne sont pas riches ?
03:42On aurait un rendement 10 fois plus élevé.
03:44Vous voyez ce que je veux dire ?
03:45On est toujours sur un nivellement à tirer un petit peu vers le bas.
03:47Donc vous vous dites que ce n'était pas une bonne idée ?
03:49Moi, je dis que peut-être que de baisser globalement les impôts
03:52sur tous ceux qui ne sont pas riches
03:53ferait relancer la consommation,
03:55sachant que la consommation, c'est 50% du PIB quand même.
03:57On était, il y a quelques minutes, avec Priska Thévenot,
03:59députée Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine.
04:01Et je lui demandais un peu son état d'esprit,
04:02puisque hier, on a vu sa colère qui était perceptible.
04:06Elle a eu un échange sur X où elle affirmait
04:07qu'il y avait des tractations entre Olivier Faure et Marine Le Pen.
04:10Olivier Faure lui a répondu en lui conseillant
04:13de retirer son tweet mensonger.
04:16Et est-ce qu'elle maintient aujourd'hui cette information ?
04:18Eh bien oui, elle le maintient.
04:19Et elle va même un peu plus loin.
04:20Écoutons Priska Thévenot.
04:22Je maintiens mon tweet.
04:24Je maintiens ce que j'ai vu hier.
04:27Et il n'est pas question aujourd'hui
04:28de me faire censurer la parole par le Parti Socialiste.
04:33À un moment, je pense qu'il faut essayer d'avoir
04:34la responsabilité de ses actes et de ses mots.
04:38Ce qui me désole ce matin,
04:39c'est que le Premier ministre a fait un choix courageux.
04:41Celui du compromis et de bâtir une feuille de route
04:43avec le Parti Socialiste.
04:44Et je demande au Parti Socialiste
04:46de ne pas se mettre de fait sous la tutelle
04:49de l'écriture du budget de Marine Le Pen, tout simplement.
04:53Parce que hier, ce qui a été voté
04:54au travers de l'amendement TI,
04:56c'est des sous-amendements
04:57écrits aussi bien par le Rassemblement National
04:59que par le Parti Socialiste
05:01qui ont été votés conjointement,
05:02main dans la main entre les deux,
05:04avec avant la suspension de séance,
05:05Marine Le Pen qui disait de façon extrêmement claire
05:07que oui, c'était des amendements quasi identiques.
05:09Donc à un moment, il faut pouvoir aussi assumer
05:11la responsabilité de ses actes
05:13et ne pas venir pleurnicher le lendemain matin.
05:16Moi, je pense qu'il faut faire confiance au Premier ministre.
05:19C'est celui qui a, au bout de plusieurs semaines
05:22et notamment deux jours de mission
05:24du Président de la République,
05:25a expliqué qu'il avait une feuille de compromis
05:27mise en place, un chemin d'espoir
05:29qui pouvait se dessiner.
05:31Et donc je pense que plus que jamais aujourd'hui,
05:33il faut lui faire confiance.
05:34Oui, ce n'est pas facile tous les jours dans les débats.
05:36Oui, ce n'est pas facile tous les jours sur les votes.
05:38Et je peux vous le dire d'autant plus
05:40entre hier la séance et hier la commission
05:42où d'un côté, il y avait des taxes supplémentaires
05:44et de l'autre, la suspension de la réforme des retraites.
05:47Mais pour autant, la mission qu'a le Premier ministre
05:49est extrêmement difficile.
05:51Et plus que jamais, nous, au sein du groupe
05:52Ensemble pour la République,
05:54nous lui faisons confiance
05:55et nous lui donnons mandat
05:56pour continuer à bâtir ce compromis nécessaire
05:59pour notre pays.
06:01Anthony Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres
06:03de réunir les différents groupes politiques.
06:05La suite, c'est quoi ?
06:07Est-ce qu'il est piégé ?
06:07Est-ce qu'il apparaît comme piégé, là, Sébastien Lecornu ?
06:09Ou il essaie quand même de trouver des solutions ?
06:11Il essaie, encore une fois, de gagner un peu de temps.
06:13C'est vrai qu'il a renoncé au 49-3.
06:16Il travaille avec une assemblée sans majorité.
06:19Lui-même dit de quelle majorité suis-je le chef, finalement ?
06:23Parce que c'est vrai que parfois,
06:24il y a des votes qui ne correspondent pas
06:27à la volonté du gouvernement.
06:28Je pense, par exemple, à un sous-amendement
06:31qui avait été déposé par surprise du gouvernement
06:33qui augmentait, encore une fois,
06:35la surtaxe sur le bénéfice des entreprises.
06:37C'était ce lundi.
06:38Ça n'a pas été voté par le groupe Renaissance
06:40qui fait partie de la majorité
06:42un peu bancale et relative de Sébastien Lecornu.
06:46Donc, finalement, on voit bien qu'il y a quand même
06:47un petit peu de dissension,
06:50y compris au sein de cette majorité.
06:51Là, il a proposé, c'est vrai hier,
06:52encore une fois, ce changement de méthode.
06:54Là encore, pour gagner du temps une nouvelle fois,
06:56il a missionné ses ministres
06:57qui sont chargés des débats budgétaires
06:59de réunir les chefs de file budget
07:02de chaque groupe parlementaire
07:03pour essayer, finalement, d'atterrir
07:05sur un projet assez cohérent.
07:07Parce que c'est vrai que, pour l'instant,
07:09on voit qu'il y a beaucoup de flou
07:10et qu'il y a peu de lisibilité
07:11sur la copie budgétaire.
07:12Ensuite, lui-même, Sébastien Lecornu,
07:14recevra de nouveau les présidents
07:16des groupes parlementaires, là encore,
07:17pour essayer de trouver des solutions,
07:18pour essayer de trouver un compromis.
07:20C'est vrai que le vote, pour l'instant,
07:21du budget n'est pas acquis.
07:22Olivier Faure l'a dit, en l'État,
07:23on ne vote pas ce budget.
07:24Par ailleurs, on peut douter
07:25que le PS votera ce budget en l'État
07:26puisqu'effectivement, il y a encore
07:27beaucoup d'irritants d'une certaine manière.
07:29Même si Sébastien Lecornu
07:30n'a fait aucune annonce
07:32pour les socialistes
07:33sur les recettes sur la taxation
07:35des plus revenus.
07:36En revanche, il leur a fait quelques cadeaux.
07:37Dégel des pensions de retraite,
07:39dégel des minima sociaux,
07:40ça, ça fait partie des débats
07:42qu'il y a en commission
07:43des affaires sociales
07:44sur le budget de la sécurité sociale
07:46qui arrivera mardi prochain
07:48dans l'hémicycle.
07:49Là où d'ailleurs, hier, en commission,
07:51la suspension de la réforme des retraites
07:53a été votée
07:54par un certain nombre de députés
07:56et ce sera encore une fois débattu
07:57la semaine prochaine
07:58dans l'hémicycle cette fois.
Commentaires