- il y a 8 mois
La commission des affaires économiques auditionne Philippe Aghion, lauréat du prix Nobel d'économie 2025, sur la croissance, l'innovation et l'industrie. Le 13 octobre dernier, il devenait le cinquième Français à obtenir le prix Nobel d'économie, conjointement avec l'Israélo-Américain Joel Mokyr et le Canadien Peter Howitt, pour leur "théorie de la croissance durable à travers la destruction créatrice". L'économiste, professeur au Collège de France et à la London School of Economics, prend régulièrement position sur la politique économique de la France. Suivez son audition par les députés de la commission des affaires économiques.
La rédaction de LCP vous propose les morceaux choisis des séances publiques dans l'hémicycle et des séances de travaux ou des auditions en commissions.
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00:00:00Bonjour à tous, soyez les bienvenus à l'Assemblée nationale. Nous sommes au cœur du travail parlementaire.
00:00:13Le 13 octobre dernier, il a été sacré prix Nobel d'économie avec deux de ses confrères pour ses travaux sur la croissance.
00:00:20Il est professeur au Collège de France, mais aussi à la London School of Economics.
00:00:25Il est d'orientation plutôt sociale-libérale et il a contribué à la mise en œuvre de la politique économique de François Hollande et d'Emmanuel Macron.
00:00:34L'invité du jour à l'Assemblée, c'est Philippe Aguillon.
00:00:37Il était auditionné par les députés de la Commission des affaires économiques pour l'ensemble de son œuvre dans les pas de Joseph Schumpeter,
00:00:45l'économiste qui a théorisé la croissance comme étant un processus permanent de création et de destruction de richesses par l'innovation.
00:00:56Autre époque, autre contexte avec la situation de la France que l'on connaît et ses 3 300 milliards d'euros de dettes publiques.
00:01:04Le regard de Philippe Aguillon en pleine bataille budgétaire, c'est tout de suite sur LCP.
00:01:09Merci beaucoup de m'avoir invité.
00:01:13Donc en fait, ce qu'on a fait avec mon co-auteur Peter Howitt, qui est co-lauréat de cette année du prix,
00:01:22c'est de développer ce qu'on appelle la théorie de la croissance schumpeterienne,
00:01:26c'est-à-dire c'est une nouvelle théorie de la croissance où l'entreprise est au cœur du processus de croissance.
00:01:31Le modèle dominant jusqu'à présent, c'était le modèle néoclassique de Robert Solow,
00:01:38qui est un modèle où la croissance est tirée par l'accumulation de capital.
00:01:42Je produis du PIB avec du stock de capital.
00:01:46Une partie du PIB que je produis, je l'épargne.
00:01:49Ça finance de l'investissement qui augmente le stock de capital et qui donc permet d'augmenter le PIB.
00:01:55Solow lui-même montrait que sous des hypothèses raisonnables de rendement décroissant
00:01:59par rapport à l'accumulation de capital, je ne peux pas croître indéfiniment
00:02:02uniquement sur la base de l'accumulation de capital.
00:02:05Donc j'ai besoin d'innovation.
00:02:07Et donc Schumpeter parlait de destruction créatrice, mais il n'y avait pas de modèle schumpeterien.
00:02:13Donc on a développé avec Peter Howitt un modèle de croissance schumpeterien
00:02:16qui repose sur trois idées de base.
00:02:18La première idée, c'est que l'innovation de long terme résulte d'un processus cumulatif d'innovation
00:02:22où chaque innovateur bâtit sur la base d'innovation précédente,
00:02:26on marche toujours sur les épaules de géants.
00:02:27La deuxième idée, c'est que l'innovation ne tombe pas du ciel,
00:02:31elle est le résultat d'investissements de R&D et autres qui visent à innover
00:02:36parce que l'innovation vous donne des rentes d'innovation.
00:02:39Donc quand vous innovez, vous avez un meilleur produit ou vous produisez moins cher que d'autres,
00:02:42ça vous donne une position de monopole pendant un certain temps
00:02:44jusqu'à ce qu'il y ait quelqu'un qui fasse mieux que vous.
00:02:47Et puis la troisième idée, c'est la destruction créatrice.
00:02:49Les nouvelles innovations rendent obsolètes les anciennes technologies.
00:02:52Et on voit qu'il y a tout de suite une contradiction au cœur du processus de croissance.
00:02:56D'un côté, il faut des rentes d'innovation pour encourager l'innovation.
00:03:00Mais d'un autre côté, les innovateurs d'hier sont tentés d'utiliser leur rente pour empêcher de nouvelles innovations.
00:03:06Et réguler l'économie de marché, c'est comment je gère cette contradiction-là.
00:03:11Voilà, ça c'est le modèle de base.
00:03:13Alors je vais parler maintenant d'Europe-États-Unis.
00:03:16Entre 1945 et le milieu des années 80, l'Europe, en PIB par tête, rattrape les États-Unis.
00:03:23Quand je parle de l'Europe, la zone euro notamment.
00:03:25On rattrape les États-Unis et on fait du rattrapage surtout grâce au plan Marshall
00:03:29qui nous permet de reconstituer nos stocks de capital
00:03:31et également grâce à l'éducation, notre système éducatif
00:03:35qui nous permet d'intégrer la révolution technologique de l'électricité
00:03:39qui a eu lieu aux États-Unis en 1920.
00:03:41Voilà, et donc on a une croissance de rattrapage en grande partie jusqu'aux années 90.
00:03:46Et puis à partir des années 90, on décroche à nouveau.
00:03:49Le PIB par tête européen se met à décroître par rapport au PIB par tête américain.
00:03:54Et c'est surtout parce que se produit la révolution des technologies de l'information
00:03:58et nous ne sommes pas capables en Europe de pleinement intégrer cette révolution.
00:04:01En fait, le high-tech innovation de rupture, c'est aux États-Unis
00:04:05et nous on se cantonne dans l'innovation incrémentale mid-tech.
00:04:08On fait très bon dans les machines à laver, dans les voitures, etc.
00:04:11On fait des trucs très bien, mais on n'innove pas assez dans le high-tech
00:04:15et l'innovation de rupture, l'Internet, les logiciels, les biotech, etc.
00:04:22On est en retard, voilà.
00:04:24Et donc, c'est là que vient le rapport Draghi, si vous voulez.
00:04:26Mais le rapport Draghi, c'est très basé sur nos théories.
00:04:29Il dit qu'est-ce que peut faire l'Europe pour se réveiller ?
00:04:31Parce que maintenant, c'est la Chine également qui se met à faire de l'innovation de rupture high-tech.
00:04:36Donc, qu'est-ce que peut faire l'Europe pour se réveiller ?
00:04:38Et moi, je crois que c'est important de voir ça,
00:04:39parce que je vois beaucoup de débats franco-français
00:04:41et on perd de vue où nous sommes
00:04:43et le fait que le réveil européen est urgent
00:04:46et que sans la France, il ne peut pas y avoir de réveil européen.
00:04:48Nous sommes un pilier indispensable du réveil européen technologique.
00:04:52Il faut que l'Europe se réveille
00:04:54et sans la France, elle ne peut pas y arriver.
00:04:56Et donc, nous, il faut qu'on raisonne comme ça.
00:04:58Qui en France prend ça, internalise ça
00:05:00et il dit qu'on doit être là, présent, pour un réveil de l'Europe.
00:05:05Et donc, qu'est-ce que dit Draghi ?
00:05:07Draghi, il dit d'abord qu'il vous faut un marché unique, véritablement unique.
00:05:11D'accord ?
00:05:12Il vous faut vraiment...
00:05:13Pourquoi ?
00:05:14Parce qu'un innovateur aux Etats-Unis, il a un gros marché pour son innovation.
00:05:17En Chine aussi, c'est une grande économie.
00:05:19Et en France et en Europe, c'est très segmenté.
00:05:22Parce que chaque pays européen, il fait du gold plating.
00:05:25Il ajoute ses propres réglementations sur les réglementations européennes.
00:05:28Donc, on n'a pas un vrai marché.
00:05:30Et ça, c'est mauvais parce que ça veut dire qu'il y a une taille trop petite du marché
00:05:33pour une innovation européenne.
00:05:34Et puis, il n'y a pas assez de concurrence.
00:05:36Et on sait que la concurrence, c'est très important pour l'innovation de rupture.
00:05:39J'innove pour échapper au concurrent.
00:05:42Et on sait que la concurrence, c'est une force très importante motrice de l'innovation de rupture.
00:05:46Donc, la première chose, il faut un marché intégré.
00:05:48La deuxième chose que vous dites, Draghi, c'est qu'il vous faut un écosystème financier de l'innovation.
00:05:54Quand vous faites de l'innovation de rupture,
00:05:55il vous faut du capital risque quand vous êtes au début.
00:05:58Et puis, il vous faut des investisseurs institutionnels, des fonds de pension, des fonds de retraite.
00:06:02Eh bien, nous, dans nos systèmes, parce qu'on a des systèmes par répartition,
00:06:05on n'a pas assez d'investisseurs institutionnels.
00:06:08Et en fait, il y a une exception, c'est la Suède que vous mentionniez.
00:06:14Parce que les Suédois, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
00:06:16Eh bien, qu'est-ce qu'ils ont fait en Suède ?
00:06:20Eh bien, ils ont fait la chose suivante.
00:06:25Eh bien, en Suède, ils ont créé le pension premium.
00:06:30C'est-à-dire que 2,5% du revenu imposable des Suédois est automatiquement alloué à un fonds de pension,
00:06:36avec la possibilité de choisir les investissements.
00:06:38Ça a favorisé les actions domestiques et le financement des introductions en bourse,
00:06:41ce qu'on appelle les IPOs en anglais.
00:06:44Et les Suédois peuvent aussi investir facilement dans les PME via des comptes d'épargne fiscalement avantageux.
00:06:51Les Investorings par Compton, ISK, sans exigeant de déclarations complexes.
00:06:56Et donc, du coup, à l'arrivée, finalement, eh bien, plus de 500 offres en bourse en 10 ans en Suède,
00:07:05beaucoup plus que l'Allemagne, la France, les Pays-Bas et l'Espagne réunis.
00:07:07Donc, ils ont trouvé un moyen de créer des investisseurs institutionnels,
00:07:10bien qu'ils n'aient pas un système par capitalisation de retraite.
00:07:14Donc, je pense qu'il faut que l'Europe se dote davantage de capital risque,
00:07:19davantage de, disons, d'investisseurs institutionnels,
00:07:23et puis davantage de titrisation des banques.
00:07:24Alors, si on fait trop de titrisation, ça vous redonne la crise de 2008,
00:07:27mais entre pas du tout de titrisation et ce que font les États-Unis ou d'autres,
00:07:31on peut titriser davantage.
00:07:32Donc, ça, c'est l'écosystème.
00:07:34Et puis, on n'a pas les DARPA.
00:07:35Les DARPA, c'est la manière moderne de faire de la politique industrielle.
00:07:38En gros, le problème de la politique de concurrence européenne, c'est la suivante.
00:07:41Elle est trop statique.
00:07:42On regarde les parts de marché.
00:07:44Pas assez la dynamique.
00:07:45Est-ce qu'une fusion va, disons, décourager l'innovation future et l'entrée future ?
00:07:50Donc, elle est trop statique, part de marché.
00:07:52Et puis, l'autre chose, c'est qu'elle est trop anti-politique industrielle.
00:07:55Au nom de la politique de concurrence en Europe,
00:07:57on empêche toute aide sectorielle d'État.
00:08:00Et ça, c'est pas bon.
00:08:01Aux États-Unis, ils ont les DARPA, les Defense Advanced Projects Agency,
00:08:04que ça a été dans les années 50 pour l'espace et la défense.
00:08:08Ensuite, ils ont créé ARPA Infrastructure,
00:08:09APA Énergie et la BARDA, qui est l'équivalent de la DARPA pour les biotech,
00:08:13grâce auxquelles on est tous là.
00:08:14Les vaccins ARN messagers ont été développés énormément grâce à la BARDA.
00:08:18Eh bien, nous n'avons pas...
00:08:20C'est une manière très intelligente.
00:08:21L'argent vient d'en haut du ministère.
00:08:23Vous avez des chefs d'équipe, et les chefs d'équipe suscitent des projets concurrents.
00:08:26Donc, c'est une manière pro-concurrence de faire de la politique industrielle.
00:08:29Nous n'avons pas en Europe l'équivalent des DARPA.
00:08:31Voilà.
00:08:31Et les Chinois, à leur manière, font aussi réconcilier concurrence et politique industrielle,
00:08:36parce qu'ils ont des politiques industrielles où ils mettent en concurrence des entreprises.
00:08:39Ils font ce qu'on appelle de la yardstick competition.
00:08:41Et donc, nous, en Europe, on ne sait pas faire.
00:08:43On ne sait pas réconcilier politique industrielle et politique de concurrence.
00:08:46Donc, voilà.
00:08:47En gros, l'idée, c'est de dire, voilà, on a en Europe des potentialités formidables.
00:08:51Pourquoi l'Europe, c'est un endroit merveilleux ?
00:08:53Parce que, d'abord, on a des chercheurs fantastiques.
00:08:56On a des ingénieurs, des mathématiciens, des chercheurs formidables.
00:09:00Et d'ailleurs, les innovations de rupture mondiale citent beaucoup des papiers faits en Europe,
00:09:04citent beaucoup des articles de recherche faits en Europe.
00:09:05Mais la recherche européenne ne se traduit pas par de l'innovation de rupture en Europe.
00:09:10Voilà.
00:09:10Donc, ça, c'est le gros problème que nous avons.
00:09:12Et donc, on a cette force d'avoir des chercheurs.
00:09:16On est quand même l'espace de liberté, de démocratie.
00:09:18Pour le moment, nous n'avons pas un Trump en France.
00:09:22J'espère que nous ne l'aurons pas.
00:09:24Voilà.
00:09:25Nous avons la démocratie et la liberté.
00:09:27Et en Europe, plus généralement, nous avons un modèle social.
00:09:31Alors, on peut encore l'améliorer.
00:09:33Et on peut beaucoup l'améliorer.
00:09:34Et on peut réconcilier beaucoup mieux innovation et protection sociale et inclusion.
00:09:39Et puis, on a quand même un engagement vert, un engagement en termes environnementaux.
00:09:45Eh bien, l'Europe est une force.
00:09:46On a ces chercheurs formidables.
00:09:48On a ce soft power que nous donne cet attachement à ces valeurs.
00:09:51Et donc, maintenant, il faut qu'on mobilise cette force pour devenir une force d'attraction.
00:09:56Et on peut tout à fait le faire.
00:09:57Je vois, par exemple, dans le domaine de l'IA, comme vous le savez, Yann Lequin, les Français ont joué un rôle majeur dans le développement de l'IA.
00:10:03Donc, on peut attirer des chercheurs en IA.
00:10:06Et il faut qu'on se donne les moyens.
00:10:07Mais pour ça, il faut qu'on ait un budget.
00:10:09Et il faut qu'on ait une stabilité politique.
00:10:11Si on a une instabilité politique et pas de budget, eh bien, la France, elle n'a plus de voix en Europe.
00:10:17Elle ne peut plus imposer.
00:10:18Je crois beaucoup que le Draghi, ça ne se fera pas.
00:10:21Certaines choses se feront au niveau des 27.
00:10:23Mais je crois que beaucoup, en grande partie, Draghi, ça sera coalition of the willing.
00:10:26C'est-à-dire des pays qui voudront faire des choses ensemble.
00:10:29Je vois beaucoup l'Allemagne avec Merz qui veut investir maintenant.
00:10:32L'Angleterre, même qui n'est pas dans l'Union européenne, mais avec Starmer, on peut faire beaucoup de choses.
00:10:36Ils sont très bons dans le domaine défense, biotech et tout ça.
00:10:40Il faut que la France soit présente.
00:10:41Et pour ça, la France doit avoir une voix.
00:10:43Pour ça, elle a besoin d'un budget.
00:10:44Il faut que vous votiez un budget et que vous montriez un minimum de stabilité politique.
00:10:49On peut être en désaccord sur plein de choses.
00:10:51Après la Deuxième Guerre mondiale, De Gaulle a réussi autour de lui à réunir des forces, des communistes.
00:10:56Et il a réuni plein de forces.
00:10:58Et il a dit on retrousse les manches et on se met au travail pour reconstruire la France.
00:11:01On est à un moment comme ça.
00:11:03Et je pense que j'espère qu'il y aura des forces qui vont dire que la France doit être un pilier de l'Europe.
00:11:09Et on doit mettre de côté nos divergences et se mettre d'accord.
00:11:13Je suis désolé, madame.
00:11:14Je vous dérange.
00:11:16Voilà.
00:11:16Et donc, on doit se mettre pour aller pour quelque chose de plus grand que nous.
00:11:19qui est de...
00:11:22Voilà.
00:11:22La France, c'est...
00:11:23Rien en Europe ne peut se faire sans nous.
00:11:25Et ce réveil de l'Europe est indispensable.
00:11:28Sinon, on va être rayé de la carte.
00:11:30Et la France a un rôle pilier à jouer.
00:11:32Et la France ne peut le jouer que s'il y a un minimum de cohésion entre nous autour de ces objectifs-là.
00:11:38Ah !
00:11:40Je fais ça, c'est un rappel d'alarme.
00:11:42Je ne sais pas ce qui se passe.
00:11:44Donc, voilà.
00:11:44Donc, c'est un petit peu cet appel-là.
00:11:46Et je...
00:11:46Voilà.
00:11:47J'ai été un petit peu...
00:11:47Je ne sais pas si je réponds un peu à vos questions avec ce propos liminaire.
00:11:52Et cet appel un petit peu draguiste à une union de toutes les forces vives, constructives en France.
00:12:00Voilà.
00:12:00Merci, professeur.
00:12:03On a bien noté dans vos propos qu'il fallait, effectivement, pour les innovations de rupture, pour la croissance, nous doter d'un budget.
00:12:11Et c'est là-dessus que nous planchons actuellement, jour et nuit, je dirais, semaine après semaine.
00:12:18Nous allons passer à prise de parole des orateurs des groupes.
00:12:23Je vous rappelle la règle.
00:12:24Trois minutes maximum pour poser votre question.
00:12:28et nous laisserons une minute au moins au professeur Aguillon pour pouvoir répondre à votre question.
00:12:36Pour le groupe Rassemblement National, monsieur Frédéric Falcon, vous avez la parole, monsieur le député.
00:12:45Merci, monsieur le président, chers collègues, monsieur Aguillon.
00:12:49Alors, vous avez récemment pris à partie le Rassemblement National,
00:12:51oubliant que derrière nos bancs se trouvent 12 millions de Français,
00:12:5412 millions de citoyens dont je me fais ce soir le porte-parole devant vous,
00:12:58qui travaillent, qui peinent, qui subissent, et qui, eux aussi, ont droit au respect.
00:13:02Quand vous parlez d'économie, nous parlons de vie réelle.
00:13:05Vous incarnez, monsieur Aguillon, cette élite économique qui a conseillé tour à tour François Hollande, Emmanuel Macron,
00:13:10et qui, aujourd'hui, vient donner des leçons après plus de 13 années d'échecs patents.
00:13:14La France croule sous 1 200 milliards d'euros de dettes publiques supplémentaires
00:13:17depuis que vos recettes sociales libérales et mondialistes ont été appliquées sans relâche.
00:13:21Vous avez soutenu un modèle où tout devait être ouvert, dérégulé, mondialisé.
00:13:25Le résultat est une désindustrialisation massive, des salaires qui stagnent,
00:13:29des classes moyennes françaises pressurées et des jeunes contraints de s'exiler pour trouver un avenir.
00:13:34Vous dites craindre le repli national.
00:13:36Mais ce que les Français refusent, ce n'est pas le progrès, monsieur, c'est l'impuissance organisée.
00:13:40Ils rejettent un système où les décisions sont prises à Bruxelles,
00:13:43ou dans les bureaux des think tanks sans jamais leur demander leur avis.
00:13:46Nous, nous croyons à une autre économie, fondée sur l'économie réelle,
00:13:49et non sur la financiarisation ou l'ubérisation, celle du travail, de la souveraineté,
00:13:53de la production locale avec nos TPE et ZETI, de la planification stratégique
00:13:57et du retour de l'État dans les secteurs vitaux, comme l'énergie,
00:14:00avec un prix garanti au service de la compétitivité des entreprises françaises,
00:14:03qui peut aujourd'hui, rappelons-le, l'électricité deux fois plus chère qu'aux États-Unis.
00:14:07Ce n'est pas du populisme, c'est du réalisme.
00:14:10D'ailleurs, les libéraux anglo-saxons, eux, ont toujours défendu la souveraineté de leur peuple,
00:14:14là où les élites libérales européennes ont eu de cesse de les trahir.
00:14:17Pour preuve, l'Union européenne est aujourd'hui la zone du monde avec la plus faible croissance.
00:14:21Pendant que les États-Unis réindustrialisent la marche forcée,
00:14:23nous continuons à obéir à des contrats normatifs délirantes,
00:14:27à des dogmes budgétaires absurdes et à une banque centrale déconnectée de la réalité.
00:14:31Aujourd'hui, vous venez au secours du budget le cornu
00:14:33et préférez les hausses de taxes à la baisse des dépenses.
00:14:36L'immigration, la fraude, la contribution à l'Union européenne
00:14:39et la suppression des agences sont pour vous des tabous.
00:14:41Alors, M. Aiguillon, avant de donner des leçons de morale politique,
00:14:44peut-être faudrait-il faire le bilan de vos propres idées.
00:14:47Car si la France est aujourd'hui si fracturée, si endettée, si dépendante,
00:14:51c'est bien que le modèle que vous avez inspiré a échoué.
00:14:54Et puisque vous avez participé à l'orientation économique de notre pays
00:14:57pendant plus d'une décennie, il serait temps, je crois, d'en tirer les conséquences.
00:15:00D'abord de présenter vos excuses aux Français,
00:15:02mais je me fais peu d'illusions là-dessus,
00:15:04et ensuite de vous retirer de la vue publique.
00:15:06Je vous remercie.
00:15:06M. Falcons, si je peux me permettre,
00:15:10nous invitons ici un professeur d'économie
00:15:15qui vient de se voir doté du prix Nobel d'économie.
00:15:18Vous avez parfaitement le droit d'être en désaccord
00:15:21avec les propos et les théories qu'il défend,
00:15:24mais comme tout invité ici, sur les bancs de cette commission,
00:15:28et que l'on doit l'ensemble des invités,
00:15:30quel que soit leur point de vue,
00:15:32nous leur devons, dans les propos qui doivent être les vôtres,
00:15:36pour la bonne tenue de nos travaux
00:15:38et le respect même de notre institution,
00:15:40nous leur devons le respect.
00:15:41Je vous remercie, M. Falcons, d'en prendre note.
00:15:44M. le professeur, vous avez la parole.
00:15:47Je ne vais pas polémiquer ici, donc ce n'est pas le but.
00:15:50D'abord, je veux dire la chose suivante,
00:15:51j'ai énormément de respect,
00:15:53et je l'ai dit à plusieurs reprises,
00:15:55pour les électeurs et vos électeurs,
00:15:57j'ai énormément de respect,
00:15:58parce que souvent, ils viennent vers vous
00:16:00parce qu'ils se sentent abandonnés.
00:16:03Ils sentent qu'ils n'ont pas la sécurité à laquelle ils ont droit.
00:16:05Ils sentent que l'école n'est pas à la hauteur de leurs espérances,
00:16:09que la santé, pour se faire soigner,
00:16:11selon qu'eux, s'ils ne sont pas dans des régions privilégiées,
00:16:14c'est difficile.
00:16:15Donc il y a un sentiment d'abandon,
00:16:16et je reconnais et je respecte le sentiment d'abandon
00:16:19qui pousse de nombreux électeurs à se tourner vers vous,
00:16:22parce qu'ils disent finalement,
00:16:23on a essayé à gauche, on a essayé à droite,
00:16:26et ces problèmes-là, urgentes, ne sont pas traités.
00:16:29Donc on va essayer ce qui n'a pas été essayé,
00:16:31c'est-à-dire vous.
00:16:32Je pense, donc eux, je les respecte énormément,
00:16:35mais je ne crois pas que les solutions que vous proposez
00:16:38répondent à leurs attentes.
00:16:40J'ai le droit, on a le droit de ne pas être d'accord.
00:16:41Donc d'abord, je les respecte infiniment.
00:16:43Et je pense qu'il faut traiter le problème de l'abandon.
00:16:46Je pense qu'ils ont droit à sécurité et justice, absolument.
00:16:48Il faut améliorer les choses.
00:16:49Je pense que l'école doit être profondément réformée.
00:16:53Et il y a tous des débats sur la réforme de l'école.
00:16:55J'ai des idées, d'autres ont d'autres idées.
00:16:57Et donc, moi, je travaille beaucoup,
00:16:58je vais beaucoup dans les lycées de zones défavorisées.
00:17:00Et je vois beaucoup de gens des lycées dans ces zones-là.
00:17:04Je vais beaucoup dans ces zones.
00:17:05Je m'investis énormément.
00:17:06J'ai un campus de l'innovation pour les lycées,
00:17:08je vais beaucoup dans ces zones.
00:17:09Sur la santé, il y a des grandes réformes à faire.
00:17:12Je pense que quand on a transformé,
00:17:14on a voulu que les hôpitaux deviennent rentables.
00:17:16Et on a été trop dans...
00:17:17Il y a eu des réformes qui ont été faites dans le système hospitalier
00:17:20qui, à mon avis, n'ont pas été de très bonnes réformes.
00:17:23Et je n'ai jamais poussé pour elles, personnellement.
00:17:25Donc, je pense qu'il y a tout un effort à faire
00:17:27pour traiter ce sentiment d'abandon.
00:17:30Et que les gens qui perdent un emploi
00:17:31savent qu'ils peuvent avoir une garantie d'assurance chômage
00:17:35et qu'on va les aider à retrouver un emploi.
00:17:37Donc, je pense tout à fait que ce sentiment d'abandon
00:17:39doit être traité avec le plus grand respect
00:17:41et le plus grand sérieux.
00:17:43Donc, j'ai le plus grand respect pour les gens
00:17:45qui viennent vers vous par désarroi.
00:17:47Mais ce que je veux dire, c'est que je pense
00:17:49qu'on peut en discuter, mais je ne veux pas
00:17:50que ce soit un débat avec vous aujourd'hui,
00:17:52peut-être un autre moment.
00:17:53Je ne serai pas prêt à débattre.
00:17:54Je ne pense pas que les solutions que vous proposez
00:17:56permettront de résoudre ces problèmes-là.
00:17:58Voilà. Je pense que...
00:17:59Voilà. Ça, c'est mon...
00:18:00Donc, voilà.
00:18:02Merci, professeur.
00:18:02Merci.
00:18:03Voilà. Ça que je voulais...
00:18:04D'accord. Je voulais dire...
00:18:05Pour pouvoir répondre aux questions.
00:18:07D'accord. Et je pense notamment que...
00:18:08Voilà. Donc, après...
00:18:10Quant à la politique menée...
00:18:12Bon, je ne veux pas...
00:18:13Je ne suis pas là pour défendre la politique du gouvernement.
00:18:15Je pense qu'il y a eu des réformes
00:18:17depuis le tournant de l'offre
00:18:19qui ont été des réformes très utiles.
00:18:21Je pense que ces réformes,
00:18:22depuis mai 2014,
00:18:23notamment le pacte de responsabilité,
00:18:25le CICE,
00:18:26ensuite,
00:18:28les réformes fiscales,
00:18:30les lois Pénicaud, etc.,
00:18:31ont contribué à faire baisser le chômage en France.
00:18:33Avant, on avait un chômage de masse.
00:18:35On a quand même réussi à faire baisser le chômage.
00:18:37Merci, professeur.
00:18:38Et donc, voilà. Je pense qu'il y a eu des réformes
00:18:39qui ont été...
00:18:40On pourra discuter.
00:18:41On pourra y revenir à la fin.
00:18:42Et comment la dette est montée.
00:18:43Mais quand la dette est montée,
00:18:44je ne dirais qu'aucun parti a empêché...
00:18:47Aucun parti...
00:18:48Par exemple, le quoi qu'il en coûte
00:18:49a été prolongé plus longtemps que nécessaire.
00:18:51Mais je ne crois pas que votre parti ait jamais dit
00:18:54qu'on arrête le quoi qu'il en coûte.
00:18:55Jamais.
00:18:56Merci, professeur.
00:18:56Jamais.
00:18:57On va passer à l'orateur suivant.
00:18:59Et vous pourrez reprendre en fin de session
00:19:03les sujets sur lesquels vous n'avez pas pu répondre.
00:19:07Pour le groupe Ensemble pour la République,
00:19:08Madame Nicole Lepé.
00:19:10Merci, monsieur le Président.
00:19:12Merci, monsieur le Président.
00:19:15Monsieur le Professeur, chers collègues.
00:19:17Je tiens tout d'abord à vous féliciter, moi,
00:19:19pour la reconnaissance internationale.
00:19:21C'est une fierté que représente ce prix Nobel.
00:19:25Et à vous remercier pour la clarté avec laquelle,
00:19:27depuis des années, vous éclairez la pensée économique française
00:19:31sur la croissance et sur l'innovation.
00:19:34Votre travail rappelle que la prospérité ne se décrète pas.
00:19:37Elle se construit sur un triptyque exigeant
00:19:39la connaissance, la concurrence et la confiance.
00:19:44Vous montrez que la croissance de demain
00:19:46ne dépendra plus seulement du capital ou du travail,
00:19:49mais surtout de notre capacité à réinventer sans cesse
00:19:53nos modes de production.
00:19:55Or, cette réinvention est en train de s'accélérer.
00:19:59Les intelligences artificielles génératives
00:20:01et la physique quantique, notamment,
00:20:03annoncent un gain considérable de productivité.
00:20:06Non pas seulement en réduisant les coûts,
00:20:08mais en augmentant la valeur ajoutée par unité de travail
00:20:11ou d'énergie.
00:20:13Et elle modifie la frontière, justement,
00:20:15entre innovation et production.
00:20:17Mais elle soulève aussi un défi.
00:20:19Comment faire en sorte que ces gains ne se concentrent pas
00:20:22entre quelques acteurs ou territoires,
00:20:25mais irriguent l'ensemble du tissu industriel
00:20:28et des PME, notamment dans nos régions ?
00:20:31À travers vos travaux sur la destruction créatrice,
00:20:34vous rappelez que l'innovation ne réussit
00:20:36que si l'État investit dans la connaissance
00:20:38et si la concurrence stimule l'effort,
00:20:41vous l'avez souligné,
00:20:42et si les productions sociales permettent à chacun de rebondir.
00:20:45C'est toute la cohérence d'une politique industrielle moderne
00:20:48qui ne soit ni dirigiste ni naïve.
00:20:52Alors ma question est donc la suivante.
00:20:53Comment la France peut-elle capter la valeur créée
00:20:56par cette nouvelle vague technologique,
00:20:58que ce soit l'IA, le quantique ou la biotech,
00:21:02sans reproduire le schéma d'une innovation
00:21:04conçue ici, mais exploitée ailleurs ?
00:21:07Et plus concrètement,
00:21:08quels leviers institutionnels ou fiscaux
00:21:10faudrait-il pour renforcer,
00:21:11parce que l'investissement privé en R&D
00:21:14se diffuse réellement dans les filières productives ?
00:21:18Je vous remercie.
00:21:19Merci Madame la députée.
00:21:23Donc effectivement, par exemple,
00:21:25le rapport sur l'IA,
00:21:26vous vous souvenez que j'ai eu la chance
00:21:27de co-présider la commission IA
00:21:29avec Anne Bouvreau,
00:21:30qui a organisé le sommet IA.
00:21:34Et par exemple, si je prends l'exemple de l'IA,
00:21:37nous avons de très...
00:21:37L'IA, vous savez,
00:21:38l'IA, ça repose sur deux ingrédients de base,
00:21:43les données et la puissance de calcul.
00:21:45Nous avons par exemple
00:21:46d'excellentes données de santé,
00:21:48mais l'accès aux données de santé
00:21:49pour les chercheurs était rendu difficile
00:21:50parce qu'il fallait des autorisations préalables
00:21:52de la CNIL à l'époque
00:21:53pour les chercheurs en santé.
00:21:55Donc il y a tout un aspect de dire
00:21:57il faut que l'accès aux données soit facilité.
00:21:59Donc là, il y a eu tout...
00:22:01Mais en même temps,
00:22:02il faut de la puissance de calcul local
00:22:04et c'est là qu'il faut de la politique industrielle.
00:22:05Donc si vous voulez,
00:22:07nous, notre recommandation,
00:22:08c'était de dire
00:22:09il fallait un cadre réglementaire
00:22:11qui facilite l'accès aux données
00:22:13puisque nous avons...
00:22:14Un des gros avantages
00:22:15que nous avons dans certains domaines de la santé,
00:22:16il y en a d'autres,
00:22:17c'est d'excellentes données,
00:22:18mais nous n'avons pas de puissance de calcul.
00:22:20Nous dépendons des Américains beaucoup trop.
00:22:22Et donc là, c'est la souveraineté.
00:22:23Vous voyez, pour moi, monsieur,
00:22:24la souveraineté,
00:22:25c'est d'investir.
00:22:26C'est de la politique industrielle intelligente.
00:22:28Si vous avez une alternative à ça,
00:22:29donnez-la moi.
00:22:30Et donc j'investis dans la puissance de calcul.
00:22:32J'investis dans la recherche IA.
00:22:34J'incite,
00:22:36je prépare des arrangements
00:22:37pour attirer des chercheurs IA en France
00:22:40et qu'on ait des offres attrayantes
00:22:43pour des chercheurs IA,
00:22:45des LABEX IA.
00:22:45Alors on reviendra
00:22:46parce que vous aviez posé une question avant,
00:22:48mais c'est vrai pour l'IA aussi.
00:22:49Par exemple,
00:22:49ce qui a très bien marché en France,
00:22:50c'est les LABEX,
00:22:51les laboratoires d'excellence
00:22:52qui ont été lancés
00:22:53sous Sarkozy d'ailleurs.
00:22:55Et les laboratoires d'excellence.
00:22:57Et bien des jurys internationaux
00:22:59sélectionnaient des laboratoires d'excellence.
00:23:00Et on sait que le financement
00:23:03de laboratoires d'excellence
00:23:04a stimulé l'innovation de rupture
00:23:07dans des industries géographiquement
00:23:09et technologiquement proches des LABEX.
00:23:13Et ça, c'est les travaux d'Antonin Bergeau,
00:23:15mon collègue,
00:23:15qui a eu le prix du meilleur jeune économiste,
00:23:17qui est dans mon lab au Collège de France.
00:23:19Donc par exemple,
00:23:19les LABEX,
00:23:20ça marche très bien.
00:23:21C'est-à-dire un financement
00:23:22de l'innovation de rupture
00:23:23qui est très relié à la recherche.
00:23:24Par exemple,
00:23:25LABEX est un très bon exemple
00:23:26de quelque chose qui marche bien.
00:23:28On doit développer des choses comme ça.
00:23:29Donc en IA,
00:23:30on peut développer des choses
00:23:31dans ce domaine.
00:23:32Et puissance de calcul,
00:23:34aider à la diffusion de l'IA,
00:23:37développer.
00:23:39Donc je crois qu'il y a...
00:23:40Et puis je crois qu'il peut y avoir
00:23:41des gros projets,
00:23:42un CERN de l'IA européen,
00:23:44par exemple.
00:23:44Je pense qu'on peut faire
00:23:45quelque chose de très important.
00:23:46Mais là, on peut le faire.
00:23:47Et là, ça rentrerait dans une DARPA.
00:23:48Moi, je verrais une DARPA
00:23:49défense IA, par exemple.
00:23:51Mais la DARPA,
00:23:52je la vois avec les Allemands,
00:23:53peut-être les Anglais,
00:23:54et quelques autres pays
00:23:55qui voudraient nous rejoindre.
00:23:56Mais je ferais Coalition of the Willing,
00:23:57défense IA, ensemble.
00:23:59Et là, on peut faire
00:23:59des trucs formidables.
00:24:00Un CERN de l'IA, par exemple.
00:24:02Et je vois des grosses initiatives.
00:24:03Mais pour ça,
00:24:04il faut une France
00:24:04qui soit présente,
00:24:06qui soit stable,
00:24:07et qui soit raisonnable,
00:24:08et qui apparaisse, voilà.
00:24:09Et qui soit ouverte
00:24:10sur les autres pays.
00:24:11Ce que vous, monsieur,
00:24:12vous nous empêcheriez de faire.
00:24:13Merci, professeur.
00:24:16Nous allons passer,
00:24:16si on veut tenir les temps,
00:24:18on va passer aux orateurs suivants.
00:24:20Pour le groupe La France Insoumise,
00:24:21monsieur François Picmal.
00:24:24Auditionner un prix Nobel d'économie.
00:24:28Vraiment, monsieur le président,
00:24:29je tiens à vous remercier.
00:24:30Ça ne m'était jamais arrivé.
00:24:32Et quand on m'a dit
00:24:33que ça allait être le cas,
00:24:34j'ai contacté une amie économiste.
00:24:37Et elle m'a dit,
00:24:37François, tu sais, calme-toi.
00:24:39Tu sais, le prix Nobel d'économie,
00:24:41c'est donné par une banque,
00:24:42la banque de Suède.
00:24:44Et l'économie,
00:24:45c'est une science avec des biais.
00:24:47Et d'ailleurs, Bernard Maris,
00:24:49économiste toulousain regretté,
00:24:51disait de ce prix Nobel
00:24:52que c'était, je cite,
00:24:54une fumisterie.
00:24:56Et elle m'a dit,
00:24:57je vais te donner un exemple.
00:24:58Est-ce que toi,
00:24:59tu aurais donné le prix Nobel
00:25:01à une des personnes
00:25:02qui a inspiré le programme économique
00:25:04d'Emmanuel Macron ?
00:25:05Alors là, j'ai commencé
00:25:06à avoir un peu des doutes.
00:25:08Tu sais, celui qui a consisté
00:25:09à baisser la taxation
00:25:10des revenus financiers
00:25:11pour encourager
00:25:12le fameux ruissellement
00:25:13qui, lui, aurait mérité
00:25:15le prix Nobel de physique
00:25:16puisqu'il a défié
00:25:17les lois de la gravité
00:25:18étant donné que le ruissellement
00:25:19n'est pas arrivé
00:25:20en bas de la pyramide
00:25:21pour le plus grand nombre
00:25:21mais au contraire
00:25:22en haut de la pyramide
00:25:24pour une minorité
00:25:25d'ultra-riches.
00:25:26J'ai eu des doutes
00:25:27et vous voilà,
00:25:28M. Aguillon,
00:25:29avec nous au réolé
00:25:30de ce prix Nobel.
00:25:31Je vous félicite quand même.
00:25:33Mais je vois que
00:25:34vous poursuivez,
00:25:35malheureusement,
00:25:36dans le mantra macroniste,
00:25:37notamment en vous opposant
00:25:38actuellement à la taxe
00:25:39Zuckmann, économiste,
00:25:41qu'il serait intéressant
00:25:42d'ailleurs de recevoir
00:25:43ici, M. le Président.
00:25:44M. Aguillon,
00:25:45moi je pense que vous avez
00:25:46toute votre place
00:25:46dans le débat public
00:25:47parce qu'il nous permet
00:25:48d'avoir un débat de fond
00:25:49et notamment sur le fait
00:25:51que vous êtes
00:25:51ce qu'on appelle
00:25:52un techno-solutionniste,
00:25:54c'est-à-dire face
00:25:54à la crise climatique,
00:25:56vous répondez
00:25:57par l'innovation
00:25:58et des gadgets technologiques
00:25:59et en ce moment,
00:26:01votre grande affaire,
00:26:02on en a parlé,
00:26:02c'est l'intelligence artificielle
00:26:04en prenant le modèle américain
00:26:06mais sans jamais parler
00:26:07de l'usage que l'on peut faire
00:26:09de cet outil
00:26:09et sans jamais parler
00:26:10de ses conséquences climatiques.
00:26:13Ainsi,
00:26:13aux États-Unis,
00:26:14on estime que
00:26:16le rendement
00:26:17sur l'intelligence artificielle
00:26:19va pousser à une consommation
00:26:20de plus de 25%
00:26:21de l'électricité
00:26:22avec des risques de pénurie
00:26:24mais aussi
00:26:25le recours
00:26:26aux énergies fossiles.
00:26:28Et rappelons qu'on peut être
00:26:29comme les États-Unis
00:26:30en pointe
00:26:30d'une technologie
00:26:31comme l'IA
00:26:32mais avoir en même temps
00:26:34et en même temps,
00:26:35je sais que ça plaît ici
00:26:36à certains collègues,
00:26:37la mortalité infantile
00:26:38qui augmente,
00:26:39l'espérance de vie
00:26:40qui diminue,
00:26:41le niveau des inégalités sociales
00:26:43qui explose
00:26:43ou les impacts environnementaux
00:26:46par personne
00:26:46les plus élevés au monde.
00:26:49Alors,
00:26:49innover autrement
00:26:50de façon plus responsable
00:26:51suppose d'emprunter
00:26:53un autre chemin,
00:26:54celui notamment
00:26:55tracé aux États-Unis,
00:26:56justement à New York
00:26:57par le candidat
00:26:58aujourd'hui favori
00:26:59à la mairie de New York,
00:27:00Zoran Amdani
00:27:01qui parle, lui,
00:27:02de villes abordables.
00:27:04Et si,
00:27:04M. le Président
00:27:05et M. Aguillon,
00:27:06et c'est ma question,
00:27:07le rôle de l'économie
00:27:08devrait être avant tout
00:27:09celui-ci,
00:27:10nous rendre la vie
00:27:11abordable
00:27:12et surtout le monde
00:27:13vivable pour nous
00:27:14et les générations futures.
00:27:16Je vous remercie.
00:27:17Merci, M. le député.
00:27:19Je voudrais dire
00:27:20d'abord,
00:27:21je me place,
00:27:23le monde
00:27:24dans lequel je crois,
00:27:25c'est un monde
00:27:25où il y a sans arrêt
00:27:26de nouveaux talents
00:27:27qui s'expriment
00:27:28et l'idée,
00:27:29c'est que tout talent
00:27:30puisse réussir
00:27:31et puisse faire
00:27:32quelque chose
00:27:32et vient constamment
00:27:35concurrencer
00:27:35les intérêts acquis.
00:27:37Donc ça,
00:27:37c'est le modèle
00:27:37que moi,
00:27:38je pousse.
00:27:38D'accord ?
00:27:39Et je pense
00:27:40qu'on peut réconcilier,
00:27:41mais l'innovation,
00:27:42c'est pas juste
00:27:42pour produire plus,
00:27:43c'est pour produire mieux.
00:27:44Je ne sais pas
00:27:45quels travaux
00:27:45vous avez lus,
00:27:46mais j'ai fait un papier
00:27:47sur la décroissance endogène
00:27:48récemment
00:27:49et j'ai dit
00:27:49qu'il faut passer
00:27:50l'innovation de quantité
00:27:50à l'innovation de qualité.
00:27:52Donc je ne sais pas
00:27:53quels travaux
00:27:54vous fait référence,
00:27:54je serais ravi
00:27:54de discuter avec vous
00:27:56et on peut tout à fait,
00:27:57par exemple,
00:27:58les égomisants
00:27:58de la décroissance
00:27:58disent que la croissance
00:28:00du PIB
00:28:00ne reflète pas tout,
00:28:02qu'il faut aller
00:28:02de la quantité
00:28:02vers la qualité
00:28:03et je suis entièrement
00:28:05le seul là-dessus.
00:28:06Mais ce n'est pas incompatible
00:28:07avec l'idée d'innovation,
00:28:08mais l'innovation,
00:28:09c'est au sens large,
00:28:10c'est innover dans nos habitudes,
00:28:11c'est innover pour trouver
00:28:12des sources d'énergie propres,
00:28:13c'est innover pour produire
00:28:14avec moins d'énergie,
00:28:15c'est innover pour nous adapter
00:28:16mieux aux changements climatiques.
00:28:18Donc l'innovation,
00:28:19dans nos comportements,
00:28:19c'est quelque chose
00:28:20de très large.
00:28:21Mais moi,
00:28:21ce que je voudrais dire,
00:28:22c'est juste la chose suivante.
00:28:24Moi, je suis pour réconcilier
00:28:26innovation et inclusion.
00:28:28Je suis vraiment
00:28:28ce qu'on appelle
00:28:29un social libéral
00:28:30ou un social démocrate.
00:28:31Mon modèle,
00:28:32c'est très le modèle scandinave.
00:28:33Alors je sais que vous,
00:28:34vous n'aimez pas du tout,
00:28:35on est comme des sociotraitres,
00:28:36un peu je pense
00:28:37qu'un social démocrate
00:28:38scandinave pour vous,
00:28:39c'est le pire du pire.
00:28:40Mais voilà ce que je vais vous dire.
00:28:42Voilà.
00:28:42Mais ce que j'aimerais vous dire,
00:28:43c'est la chose suivante.
00:28:44Non, non,
00:28:44mais c'est le pire.
00:28:45On est des sociotraitres,
00:28:46je ne sais pas.
00:28:47Alors je voudrais dire quelque chose.
00:28:49Voyez comment on peut réconcilier
00:28:50innovation et inclusion.
00:28:52Vous avez un bon système éducatif.
00:28:54On sait qu'il y a beaucoup
00:28:55de Einstein perdus
00:28:56ou de Marie Curie perdus.
00:28:57Les travaux de Xavier Jarravel
00:28:58le montrent très bien.
00:28:59On sait qu'il y a des enfants
00:29:00très intelligents,
00:29:01issus de familles défavorisées
00:29:02qui ne peuvent pas leur donner
00:29:04le savoir ou les aspirations
00:29:05pour devenir innovateurs
00:29:07ou être dans le processus.
00:29:08Moi, je veux réformer l'école.
00:29:09J'aimerais une école
00:29:09comme l'école finlandaise
00:29:11où ça permet
00:29:13d'avoir beaucoup d'innovateurs.
00:29:14Donc ça, c'est bon
00:29:14pour l'innovation
00:29:15et c'est bon pour l'inclusion.
00:29:17Davantage de concurrence,
00:29:18ça veut dire que davantage
00:29:19d'entrants peuvent venir
00:29:20concurrencer les intérêts en place.
00:29:22Ça fait davantage
00:29:22de mobilité sociale.
00:29:23Ça, je l'ai montré
00:29:24dans des travaux récents.
00:29:25Et je suis totalement
00:29:26pour la flexisécurité danoise.
00:29:27Donc moi, mon monde,
00:29:28c'est un monde où je crois à fond
00:29:31dans l'innovation
00:29:33qui est moteur de mobilité sociale
00:29:35et de flexibilité sociale
00:29:36où n'importe qui
00:29:37de n'importe quel milieu
00:29:38par son mérite,
00:29:40par son travail peut arriver.
00:29:41C'est ça, moi,
00:29:42ma vision de la société.
00:29:43Donc voilà,
00:29:43c'est cette vision
00:29:44que je veux pousser.
00:29:45Merci, professeur.
00:29:46Voilà, donc avec des services
00:29:47de qualité,
00:29:48un bon système éducatif,
00:29:49un bon système de santé.
00:29:51Ça, c'est le modèle
00:29:51que moi, j'ai toujours prôné.
00:29:53Donc je ne sais pas
00:29:54la vision que vous avez de moi.
00:29:55Vous ne me connaissez peut-être
00:29:56pas très très bien,
00:29:57mais j'ai toujours été
00:29:58modèle danois,
00:29:59modèle scandinave.
00:30:00On va continuer à apprendre
00:30:01à vous connaître, professeur,
00:30:02dans la réponse que vous avez apportée.
00:30:02Et la banque de ciel,
00:30:03je ne dirai rien là-dessus
00:30:03parce que je n'ai pas envie
00:30:04d'en parler.
00:30:04On y reviendra après.
00:30:08La parole pour le groupe socialiste,
00:30:10M. Laurent Lardit.
00:30:10M. le Président, M. le Président, M. le Professeur,
00:30:18permettez-moi de vous féliciter
00:30:20au nom de notre groupe
00:30:21pour votre prix Nobel d'économie,
00:30:22pour vous-même,
00:30:23pour notre pays,
00:30:24parce qu'il vient, je crois,
00:30:25encore marquer une fois de plus
00:30:27l'excellence de la France
00:30:28et de ses chercheurs
00:30:29dans cette importante discipline.
00:30:31Le débat sur la politique économique
00:30:33en France,
00:30:34il tend souvent à opposer
00:30:35les vertus des politiques de l'offre
00:30:38et celles de la demande,
00:30:39alors qu'on sait finalement
00:30:40que ce qu'on constate
00:30:43dans notre pays depuis des années,
00:30:44c'est des mixes plus ou moins subtils
00:30:47entre ces deux grandes familles
00:30:48de politiques économiques.
00:30:49Mais au sein du débat politique
00:30:51national actuel,
00:30:52notre groupe, par exemple,
00:30:54défend l'idée que le retour
00:30:55d'une croissance solide
00:30:56et conséquente dans notre pays
00:30:57suppose pour l'avenir
00:30:58de déplacer ce curseur
00:31:01en faveur de politique
00:31:02de la demande volontaire
00:31:03initiée par la puissance publique
00:31:05de fait,
00:31:06puisque le secteur économique
00:31:08ne l'initie pas,
00:31:09ne l'initie pas,
00:31:12notamment au travers
00:31:13de l'augmentation du pouvoir d'achat
00:31:14avec pour objectif,
00:31:17outre le bénéfice social,
00:31:18mais ça,
00:31:18ce n'est pas l'objet de la question,
00:31:20de relancer la consommation
00:31:21des ménages
00:31:22et par voie de conséquence
00:31:23de faire croître
00:31:24et de solidifier
00:31:24notre marché intérieur.
00:31:27Alors, qu'en pensez-vous ?
00:31:28Est-ce que vous considérez
00:31:29ou non que l'augmentation
00:31:30du pouvoir d'achat
00:31:31des Français est,
00:31:32en plus d'une nécessité sociale
00:31:34qui n'est pas sans conséquence
00:31:35sur la santé économique
00:31:36d'un pays,
00:31:37une condition de la croissance
00:31:38à venir de notre pays ?
00:31:40Et si vous avez le temps,
00:31:41puisqu'on a un temps limité,
00:31:43pouvez-vous nous donner
00:31:44un peu votre analyse
00:31:45de la croissance économique
00:31:46de l'Espagne,
00:31:46dont le PIB a beaucoup cru
00:31:49au cours des dernières années
00:31:50par habitant ?
00:31:51Je crois qu'il atteint
00:31:51maintenant 80%
00:31:52de celui de la France.
00:31:53On ne peut plus prétexter
00:31:54de dire,
00:31:55mais l'Espagne est un pays
00:31:56en voie de développement
00:31:57et de la part
00:31:58que tient dans sa croissance
00:31:59économique actuelle
00:32:00l'augmentation du pouvoir d'achat
00:32:02via des politiques publiques
00:32:03volontaires,
00:32:04puisque je crois
00:32:04que le salaire minimum
00:32:05y a été augmenté
00:32:06de plus de 50%
00:32:07en l'espace de 5 ans.
00:32:09Je vous remercie
00:32:09de votre attention.
00:32:10Merci, monsieur le député.
00:32:11Écoutez, d'abord,
00:32:13dans mon approche de la croissance,
00:32:15la demande joue un grand rôle
00:32:16parce que s'il n'y a pas de demande,
00:32:18évidemment,
00:32:18tu n'innoves pas.
00:32:19Tu innoves pour faire face
00:32:20à une demande.
00:32:20Donc, c'est une approche
00:32:22qui intègre la demande.
00:32:23Elle n'oppose pas
00:32:24l'offre et la demande.
00:32:25Elle dit, voilà,
00:32:27l'existence d'une demande
00:32:28motive l'innovation
00:32:29et l'innovation motive
00:32:31et crée la croissance.
00:32:33D'accord ?
00:32:33Donc, c'est une théorie
00:32:34qui intègre totalement
00:32:35l'aspect demande.
00:32:36Donc, déjà,
00:32:37ce n'est pas du tout
00:32:37une opposition à la demande.
00:32:39Moi, je crois beaucoup aussi
00:32:40qu'il faut que les revenus
00:32:44nets de cotisations
00:32:45sont trop petits.
00:32:46Donc, est-ce qu'il faut
00:32:46baisser les cotisations ?
00:32:48Comment, à ce moment-là,
00:32:49les services sont financés ?
00:32:51Mais je crois qu'il y a
00:32:51un vrai problème
00:32:52de pouvoir d'achat, effectivement.
00:32:53Alors, l'État,
00:32:54qu'est-ce qu'il a comme levier ?
00:32:55Il a les salaires
00:32:56dans la fonction publique.
00:32:57Mais après, sinon,
00:32:58les salaires se négocient
00:32:59dans le secteur privé.
00:33:00Donc, comment tu fais ?
00:33:02Quelles mesures peuvent être prises ?
00:33:03Moi, je crois qu'il y a
00:33:04un vrai problème
00:33:04de pouvoir d'achat, effectivement.
00:33:06Je pense.
00:33:06Donc, il faudra le traiter.
00:33:08Comment le traiter ?
00:33:08Par quel mécanisme ?
00:33:10Alors, il faut faire attention
00:33:11sur la politique de la demande.
00:33:12Et quand même,
00:33:13souvenons-nous
00:33:13des magnétoscopes,
00:33:17de l'épisode des magnétoscopes.
00:33:18C'est-à-dire qu'il faut
00:33:19faire attention.
00:33:19Non, non.
00:33:20C'est-à-dire, je crois beaucoup
00:33:21dans l'augmentation
00:33:21de pouvoir d'achat.
00:33:23Mais il faut également
00:33:24que les salaires correspondent aussi
00:33:26à des augmentations
00:33:26de productivité.
00:33:27C'est-à-dire que je crois
00:33:28qu'il faut les deux.
00:33:29Je crois qu'il y a des mesures
00:33:30qu'on peut prendre à court terme
00:33:31pour stimuler le pouvoir d'achat.
00:33:33Je suis d'accord avec vous.
00:33:34Mais je crois que sur le long terme,
00:33:36il faut que ça aille de pair
00:33:37avec un accroissement
00:33:38de la productivité.
00:33:40Et c'est pour ça que je...
00:33:41De le faire sans penser...
00:33:42C'est pour ça que les deux bouts,
00:33:43à chaque fois qu'on revient
00:33:44qu'on prenne par ce bout-là,
00:33:45il faut s'attaquer
00:33:47au pouvoir d'achat
00:33:47et à l'augmentation
00:33:48de pouvoir d'achat.
00:33:48Mais il faut en même temps
00:33:49que ça soit soutenu
00:33:50par une croissance
00:33:51plus forte de notre productivité.
00:33:53On a quand même
00:33:53un problème en France.
00:33:55Le PIB par tête en France
00:33:56est trop faible.
00:33:57Pourquoi ?
00:33:57Parce qu'on a un taux d'emploi
00:33:59insuffisant.
00:34:00On n'a pas assez de jeunes
00:34:01et de seniors qui travaillent
00:34:03parce qu'il y a des choses à faire.
00:34:04Je ne sais pas ce qu'on peut...
00:34:04Voilà.
00:34:05Donc ça, c'est un vrai problème.
00:34:06Il faut qu'on ait un temps
00:34:07d'emploi plus important
00:34:08pour avoir un PIB par tête
00:34:09plus important.
00:34:10Ça, ça va nous aider beaucoup.
00:34:11Et puis, une croissance
00:34:12de la productivité plus importante.
00:34:14Et quand on parlera
00:34:14du problème de la dette,
00:34:15je pense qu'à terme,
00:34:17la meilleure manière
00:34:18de résorber notre dette,
00:34:19c'est d'augmenter
00:34:20notre taux d'emploi
00:34:21et notre taux de croissance
00:34:22de la productivité.
00:34:24Donc, je n'ai pas du tout
00:34:25antinomique du fait
00:34:26qu'il faut que les gens
00:34:29d'accord avec vous.
00:34:30Mais il faut que ça aille
00:34:31de pair avec une politique
00:34:32qui favorise un meilleur
00:34:34taux d'emploi
00:34:35et un meilleur taux
00:34:36de croissance
00:34:37de la productivité.
00:34:38La question, c'est
00:34:38comment le faire,
00:34:40comment faire
00:34:40que ce soit socialement acceptable.
00:34:42Et donc, là,
00:34:43on pourra discuter
00:34:44retraite, etc.,
00:34:45fiscalité.
00:34:45On m'a interrogé tout à l'heure
00:34:46sur la fiscalité.
00:34:47Je n'ai pas pu répondre quand même.
00:34:48Et donc, moi, je crois
00:34:50tout à fait à une fiscalité progressive.
00:34:52Mais on reviendra
00:34:52à la fiscalité progressive.
00:34:53Je ne suis pas du tout
00:34:54quelqu'un qui...
00:34:54Voilà.
00:34:55Mais je dirais pourquoi
00:34:55je ne suis pas entièrement d'accord
00:34:56à Gabriel Zucman
00:34:57qui est un très bon ami.
00:34:58Et où sont mes différences
00:34:59avec lui sur la taxe Zucman
00:35:01en elle-même ?
00:35:02Mais quand même que...
00:35:02Voilà.
00:35:02Mais je reviendrai
00:35:03sur la fiscalité plus tard.
00:35:04Je ne vais pas échapper
00:35:05à votre question non plus.
00:35:06À la fin, s'il vous plaît.
00:35:07M. Guillaume Lepers
00:35:08pour le groupe La Droite Républicaine.
00:35:11Merci, M. le Président.
00:35:13M. le Professeur,
00:35:14permettez-moi d'abord également
00:35:15de vous adresser
00:35:16mes félicitations
00:35:17les plus sincères
00:35:18pour votre prix Nobel d'économie.
00:35:20Votre parcours
00:35:21et vos travaux
00:35:21sont une fierté
00:35:22pour notre pays
00:35:23et vos recherches
00:35:24sur la croissance
00:35:25par l'innovation
00:35:25nourrissent utilement
00:35:27notre réflexion collective
00:35:28sur l'avenir économique
00:35:29de la France.
00:35:30Vous avez souvent montré
00:35:32dans vos analyses
00:35:32comment certains écosystèmes
00:35:34étrangers,
00:35:35notamment les Etats-Unis,
00:35:37ont su créer
00:35:37un cercle vertueux
00:35:38entre recherche,
00:35:40innovation
00:35:40et compétitivité
00:35:41grâce à une meilleure
00:35:42articulation
00:35:43entre le monde économique,
00:35:45les entreprises
00:35:45et les financeurs.
00:35:47Sans transposer
00:35:47mécaniquement ces modèles,
00:35:49force est de constater
00:35:50que la France rencontre
00:35:51encore trois difficultés
00:35:52structurelles.
00:35:53Une fiscalité
00:35:54qui freine la prise
00:35:55de risque
00:35:55et l'investissement
00:35:56dans l'innovation.
00:35:57En deux,
00:35:58un cadre réglementaire
00:35:59souvent trop rigide
00:36:00qui entrave
00:36:01la réactivité
00:36:02de nos PME
00:36:02et ETI
00:36:03face aux mutations
00:36:04technologiques.
00:36:05Et encore en troisième,
00:36:06un écosystème financier
00:36:08qui peine à orienter
00:36:09efficacement
00:36:10l'épargne nationale
00:36:11vers les projets
00:36:12innovants
00:36:13à fort potentiel.
00:36:14Or,
00:36:14dans un contexte
00:36:15de compétition mondiale
00:36:16accrue,
00:36:17des défis
00:36:18d'intelligence artificielle,
00:36:19de biotechnologie
00:36:20ou encore
00:36:21de la transition énergétique,
00:36:22notre capacité
00:36:23à libérer
00:36:24l'innovation
00:36:24conditionne directement
00:36:26notre souveraineté économique.
00:36:28Selon vous,
00:36:29quelles réformes prioritaires
00:36:31la France devrait-elle
00:36:32engager
00:36:32pour lever
00:36:33ces obstacles
00:36:34et favoriser
00:36:34un véritable continuum
00:36:36entre la recherche,
00:36:38l'investissement privé
00:36:39et l'innovation industrielle
00:36:40afin de faire émerger
00:36:42un modèle français
00:36:43de croissance
00:36:44fondé sur la réactivité,
00:36:45la prise de risque
00:36:46et la confiance ?
00:36:47Je vous remercie.
00:36:48Merci M. le député.
00:36:49M. le professeur.
00:36:52Oui,
00:36:52donc je pense
00:36:53qu'il y a
00:36:55un certain nombre
00:36:55de leviers.
00:36:56Il y a des leviers
00:36:57horizontaux
00:36:58et des leviers
00:36:58verticaux
00:36:59pour stimuler
00:36:59la croissance
00:37:01par l'innovation.
00:37:02Donc des leviers
00:37:02horizontaux,
00:37:03je crois beaucoup
00:37:04l'éducation.
00:37:05Je crois qu'on sait
00:37:05que l'éducation,
00:37:06il y a eu des travaux
00:37:07qui le montrent,
00:37:08un système éducatif
00:37:09performant
00:37:09avec des bons tests
00:37:10PISA
00:37:10et où l'ensemble
00:37:11des enfants...
00:37:12On avait avant
00:37:12une école
00:37:13où vraiment
00:37:15très facilement
00:37:15de n'importe quel
00:37:16niveau social,
00:37:17on pouvait avoir
00:37:18un espoir d'arriver.
00:37:19Maintenant,
00:37:20l'école ne tient
00:37:21plus ses promesses
00:37:22républicaines,
00:37:23comme elle les tenait avant.
00:37:24Je pense que c'est la base.
00:37:25Je pense qu'on ne fait pas
00:37:27une économie innovante
00:37:27sans un très bon réforme.
00:37:29Donc il y a une réforme
00:37:29de l'éducation
00:37:30qui est absolument indispensable.
00:37:32Sur la recherche,
00:37:33j'ai parlé des LABEX
00:37:34et j'ai parlé...
00:37:35Il y a une manière
00:37:36d'avoir des financements.
00:37:38Il faut continuer
00:37:38sur ce qui avait été fait
00:37:39avec le grand emprunt
00:37:40et les LABEX
00:37:41et les IDEX.
00:37:41Et je pense que là,
00:37:43on peut...
00:37:44Là, il y a quelque chose
00:37:45vraiment à développer
00:37:46de ce point de vue-là.
00:37:48Il y a du côté d'ARPA.
00:37:50Il faut qu'on s'engage
00:37:51dans des politiques
00:37:51industrielles intelligentes.
00:37:53J'ai parlé de l'intelligence artificielle,
00:37:54mais dans d'autres domaines
00:37:55comme les biotech.
00:37:56Il faut que nous créions
00:37:57nos propres DARPA
00:37:57ou des DARPA
00:37:58avec d'autres pays
00:37:59et puis qu'on essaye
00:38:01de créer
00:38:01des écosystèmes financiers.
00:38:05Ce que les Suédois
00:38:05ont fait, par exemple,
00:38:06sur les investissements
00:38:06institutionnels,
00:38:07on devrait essayer
00:38:08de faire un peu
00:38:08comme les Suédois ont fait.
00:38:10Alors, on peut le faire
00:38:10nous, simplement, la France.
00:38:12Moi, ma préférence serait
00:38:12de le faire
00:38:13avec d'autres pays européens
00:38:14et au moins
00:38:14avec Coalition of the Willing
00:38:15et d'essayer peut-être
00:38:16avec l'Allemagne
00:38:17ou l'Angleterre.
00:38:18Essayons d'abord.
00:38:19Avec l'Allemagne,
00:38:19il y avait un sommet
00:38:20franco-allemand
00:38:20Macron-Mertz.
00:38:21Eh bien, ils ont discuté.
00:38:23Ils ont dit
00:38:23est-ce qu'on peut avoir
00:38:24un marché intégré
00:38:25pour le high-tech entre nous ?
00:38:26Est-ce qu'on peut avoir,
00:38:27par exemple,
00:38:28des investisseurs
00:38:29institutionnels entre nous ?
00:38:30Est-ce qu'on peut créer
00:38:30des DARPA entre nous ?
00:38:32Donc, moi, l'idée,
00:38:33ça serait d'essayer
00:38:33de le faire au maximum.
00:38:35Est-ce qu'on peut faire
00:38:36des LABEX européens, par exemple ?
00:38:37LABEX, ça a été
00:38:38une expérience formidable en France.
00:38:39Est-ce qu'on peut la généraliser,
00:38:40l'étendre en France,
00:38:41mais l'étendre aussi
00:38:41à d'autres pays européens ?
00:38:42Est-ce qu'on peut faire
00:38:43ces choses-là
00:38:44avec d'autres pays
00:38:45et donc être une tête de pont
00:38:47de cette Europe
00:38:48qui se réveille ?
00:38:49Et si on ne peut pas,
00:38:50on le fait peut-être
00:38:50avec d'autres pays
00:38:51comme le Canada
00:38:51ou on le fait nous-mêmes.
00:38:53Mais je crois que ça,
00:38:53c'est des leviers importants.
00:38:55Alors, sur la fiscalité,
00:38:57il faut effectivement...
00:38:58Il y a le sentiment
00:39:00que les efforts
00:39:00doivent être partagés.
00:39:02Quand on voit
00:39:02qu'il y a des comportements
00:39:03abusifs sur les niches,
00:39:05une utilisation abusive
00:39:06de Dutreil,
00:39:07je ne suis pas contre
00:39:08la niche Dutreil,
00:39:09mais il y a des gens
00:39:09qui l'utilisent
00:39:10de manière abusive.
00:39:11Ou s'il y a, par exemple,
00:39:13une utilisation abusive
00:39:14des holdings patrimoniales
00:39:16où tu achètes ton chalet
00:39:17et ton avion privé
00:39:18sur la holding,
00:39:19voilà.
00:39:19Ça, c'est des comportements
00:39:20très difficiles
00:39:21à faire accepter
00:39:22quand tu demandes
00:39:23des efforts à tout le monde.
00:39:24Merci.
00:39:24Donc, je pense, voilà.
00:39:25Donc, je pense qu'il faut,
00:39:26il faut, si tu veux,
00:39:27là, il va falloir un peu
00:39:28s'attaquer à ces problèmes-là
00:39:30sans toucher à l'innovation.
00:39:32Et moi, là où j'ai un décor
00:39:33avec la taxe Zuckman
00:39:33et j'aime beaucoup Gabriel
00:39:34à nouveau,
00:39:35je m'entends très bien
00:39:35avec lui,
00:39:36je lui dis, Gabriel,
00:39:38ton problème de ta taxe,
00:39:39c'est que M. Arthur Manch,
00:39:41PDG de Mistral,
00:39:43il n'a pas de revenu,
00:39:44il n'a pas de cash flow
00:39:44et tu te bases
00:39:46sur une valorisation
00:39:47qui est volatile
00:39:48et incertaine.
00:39:49Et au lieu de trouver
00:39:51des financiers
00:39:51pour innover plus,
00:39:53pour développer son innovation,
00:39:54il va trouver des financiers
00:39:55pour payer des impôts
00:39:56sur un revenu
00:39:56qu'il n'a pas généré.
00:39:57Avec des concurrents
00:39:58qui n'ont pas ce problème-là,
00:39:59il va être en désavantage.
00:40:01Donc, il faut trouver un moyen
00:40:02de s'attaquer au problème
00:40:03dont j'ai parlé,
00:40:04d'avoir une fiscalité progressive
00:40:05et juste
00:40:06et de faire en sorte
00:40:07que tout le monde,
00:40:07personne n'échappe
00:40:08à l'impôt vraiment
00:40:09et en même temps
00:40:10de ne pas décourager l'innovation.
00:40:13Et je pense qu'on va y arriver.
00:40:14Je pense que vous allez y arriver
00:40:15parce que vous êtes tous intelligents
00:40:16et je suis certain
00:40:17que vous allez arriver
00:40:18à avoir un budget
00:40:18qui résout ce problème.
00:40:20J'en suis sûr
00:40:20parce que la France
00:40:21est un pays formidable.
00:40:22J'espère vraiment
00:40:23que vous allez y arriver
00:40:24et je suis sûr que vous allez y arriver.
00:40:25J'ai parié avec plein d'amis
00:40:26que vous y arriverez.
00:40:27Alors, si vous n'y arrivez pas,
00:40:28je perds plein de paris.
00:40:30Et pendant cette audition,
00:40:31il y a eu
00:40:32quelques échanges vifs,
00:40:33notamment avec
00:40:34la députée écologiste
00:40:35Julie Laernos
00:40:37qui a posé
00:40:38au prix Nobel d'économie
00:40:39une question vitriole
00:40:41sur la fameuse politique
00:40:43de l'offre
00:40:44appliquée par Emmanuel Macron
00:40:45depuis 2017.
00:40:47Retour en séance.
00:40:48Madame Laernos
00:40:49pour le groupe écologiste.
00:40:53Pardon.
00:40:54Excusez-moi Madame Laernos.
00:40:55Merci Monsieur le Président.
00:40:57Monsieur Aguillon,
00:40:57ce que vous venez de défendre
00:40:59aujourd'hui devant nous,
00:40:59c'est ce que,
00:41:00peu prou,
00:41:00vous défendez depuis plus de 20 ans.
00:41:02Des politiques de l'offre
00:41:03mises en oeuvre
00:41:04depuis des décennies
00:41:05et en particulier
00:41:05sous la présidence
00:41:06de Monsieur Macron
00:41:07que, sans trahir un secret,
00:41:08vous avez longuement conseillé.
00:41:10Concept de destruction créatrice,
00:41:12théorie du ruissellement,
00:41:13innovation technologique
00:41:14à tout prix,
00:41:15flexibilité du marché du travail,
00:41:17concurrence,
00:41:17concurrence,
00:41:18baisse de la fiscalité
00:41:19sur le capital.
00:41:20Tout cela,
00:41:20ce n'est pas une promesse
00:41:21pour demain,
00:41:22c'est notre présent.
00:41:23Et les résultats sont là,
00:41:24désindustrialisation accélérée,
00:41:26déficit public creusé,
00:41:27services publics fragilisés,
00:41:28inégalité sociale
00:41:29qui explose,
00:41:30un climat qui s'emballe.
00:41:32Ce n'est pas un modèle d'avenir,
00:41:33c'est celui qui nous a conduits
00:41:34à l'impasse.
00:41:35Et pourtant,
00:41:35vous persistez à expliquer
00:41:36que l'État doit tout faire
00:41:37pour que l'innovation technologique
00:41:39continue de se déployer
00:41:40et maintienne le capitalisme à flot.
00:41:42Comme si c'était
00:41:43la solution
00:41:44à tous les problèmes.
00:41:45Or, votre vision
00:41:46enchâssée dans le technosolutionnisme
00:41:48est profondément contestable.
00:41:50Elle produit déjà
00:41:50des effets indésirables majeurs,
00:41:52elle concentre les richesses
00:41:53entre quelques mains,
00:41:54creuse les fractures sociales
00:41:55et territoriales
00:41:56et surtout pèse lourdement
00:41:57sur la biodiversité
00:41:58et le climat.
00:41:59Croissance infinie
00:42:00dans un monde
00:42:00aux ressources finies,
00:42:02ça se heurte à la réalité.
00:42:03Et les théories économiques
00:42:04se heurtent là aussi
00:42:06à la réalité.
00:42:06Voiture électrique,
00:42:07IA,
00:42:08infrastructure numérique,
00:42:09tout cela repose
00:42:09sur des matériaux critiques,
00:42:10une surconsommation d'énergie
00:42:12et des chaînes
00:42:12d'approvisionnement fragiles.
00:42:14Non, M. Aguillon
00:42:15ne réglera pas
00:42:16une crise écologique
00:42:17avec les outils
00:42:17qui l'ont aggravé.
00:42:19Vous pouvez vous référer
00:42:20au grand bluff technologique
00:42:21de Jacques Ellul.
00:42:22Vous réduisez l'innovation
00:42:23à sa dimension technologique,
00:42:25productiviste et marchande.
00:42:26Or, les grandes avancées
00:42:27qui ont vraiment changé
00:42:28nos sociétés
00:42:29n'ont pas été inventées
00:42:30dans les laboratoires
00:42:31ou des start-up.
00:42:32Elles sont nées
00:42:33dans les luttes sociales
00:42:34et avec des choix politiques.
00:42:35La sécurité sociale
00:42:36dont nous fêtons
00:42:37dans les 80 ans
00:42:37l'école publique,
00:42:38la réduction du temps de travail.
00:42:40Ce sont des innovations
00:42:41sociales, collectives
00:42:42qui ont permis le progrès,
00:42:44améliorer les conditions de vie
00:42:45et générer de véritables
00:42:46gains de productivité
00:42:47et de richesse.
00:42:48Et pour boucler la boucle,
00:42:49vous vous opposez farouchement
00:42:50à la taxe Zuckman
00:42:51que vous qualifiez
00:42:52d'emprisonnement fiscal,
00:42:53rien que ça,
00:42:55au nom de la liberté d'innover.
00:42:57Soyons honnêtes,
00:42:58ce n'est pas l'innovation
00:42:59que vous protégez
00:42:59mais la rente.
00:43:00Les profits sont privatisés
00:43:02par une poignée d'acteurs
00:43:03pendant que les coûts sociaux,
00:43:04environnementaux
00:43:05et budgétaires
00:43:06sont laissés à la collectivité.
00:43:07Alors, M. Aguillon,
00:43:08j'ai trois questions très simples.
00:43:10Jusqu'à quand allez-vous défendre
00:43:11un modèle économique
00:43:12qui a déjà montré ses limites
00:43:14socialement,
00:43:15économiquement
00:43:16et écologiquement ?
00:43:18Quand reconnaîtrez-vous
00:43:20que l'innovation technologique
00:43:22n'est pas neutre,
00:43:23qu'elle doit être orientée,
00:43:24choisie et régulée
00:43:26selon son utilité sociale
00:43:28et écologique
00:43:28et non selon sa seule
00:43:31rentabilité financière ?
00:43:32Et qu'au lieu de courir
00:43:34derrière une prétendue
00:43:34frontière technologique,
00:43:36l'Europe ferait mieux
00:43:37d'inventer un autre modèle
00:43:38sobre,
00:43:39juste et soutenable.
00:43:42Merci, Mme la députée.
00:43:43Oui, donc je vais à nouveau
00:43:44vous dire,
00:43:44je crois que, voilà,
00:43:46si vous lisez mes travaux,
00:43:48je crois que vous ne m'avez pas lu.
00:43:49Je crois que vous ne connaissez pas
00:43:49mes travaux.
00:43:50Voilà, tout simplement.
00:43:51Vous ne m'avez pas lu, moi.
00:43:52Vous ne m'avez pas lu.
00:43:52Vous ne savez pas ce que je fais.
00:43:54Non, non, non, non, non,
00:43:55mais vous n'avez jamais lu
00:43:55mes papiers sur le climat.
00:43:56Non, mais, Mme, il n'y a pas de problème.
00:43:57Je ne vous en veux pas.
00:43:59Vous avez d'autres choses à faire.
00:44:00Mais je crois vraiment
00:44:01que vous ne connaissez pas mes travaux.
00:44:07Une croissance inclusive et verte.
00:44:09Et donc, je...
00:44:10Et toujours...
00:44:11Attendez, je...
00:44:12Dans mes travaux,
00:44:14j'ai toujours été
00:44:14pour une croissance inclusive et verte.
00:44:16Ça commence à l'école,
00:44:17que tous les enfants
00:44:18aient accès au savoir
00:44:19pour pouvoir être dans le processus,
00:44:21qu'il n'y ait personne
00:44:22laissé sur le bord de la route.
00:44:23J'ai toujours prôné
00:44:24le modèle danois
00:44:25ou le modèle scandinave
00:44:26avec la flexi-sécurité.
00:44:27C'est des modèles
00:44:27qui sont inclusifs,
00:44:29redistributifs et verts.
00:44:31Donc, je ne vois vraiment pas...
00:44:32Donc, me dire que je suis un ultra-libéral
00:44:34ou je ne sais pas ce que vous dites,
00:44:35j'ai toujours été
00:44:36pour le modèle scandinave.
00:44:37Mon modèle, c'est le modèle...
00:44:38Alors, ce n'est pas sur l'immigration,
00:44:39je ne sais pas si je dirais
00:44:39sur exactement le Danemark.
00:44:41Mais, en tout cas,
00:44:42l'idée qu'on peut avoir...
00:44:43Et moi, ma boussole,
00:44:44c'est vraiment le modèle scandinave.
00:44:46Donc, vous ne pouvez pas l'aimer.
00:44:47Mais moi, j'ai toujours été
00:44:48favorable au modèle scandinave.
00:44:50Quand il y a eu la réforme
00:44:50des retraites, d'ailleurs,
00:44:51j'ai toujours dit
00:44:52qu'il fallait écouter
00:44:53la CFDT beaucoup plus.
00:44:54Vous le savez.
00:44:55Je l'ai écrit à longue...
00:44:57Qu'il fallait écouter
00:44:57la CFDT à l'époque.
00:44:59J'ai toujours été
00:44:59pour un 63 ans
00:45:00et revoyure.
00:45:02Et qu'il fallait écouter
00:45:03Laurent Berger
00:45:03et qu'il fallait écouter
00:45:04aussi des gens du côté LR là-dessus.
00:45:05Donc, madame,
00:45:06vous ne me lisez pas,
00:45:06vous ne me connaissez pas.
00:45:07Voilà.
00:45:08Mais je serais ravi
00:45:08de pouvoir parler avec vous
00:45:09et de vous dire qui je suis.
00:45:11Mais autant que vous voulez.
00:45:12Et sur l'innovation verte,
00:45:13je parle de décroissance endogène.
00:45:15Je vous ai parlé
00:45:16d'innovation d'organisation,
00:45:17de la façon de faire...
00:45:18Sur l'IA,
00:45:19il y a tout un pan
00:45:20dans notre rapport
00:45:21sur comment l'IA
00:45:22peut favoriser le dialogue social.
00:45:24J'ai toujours été en faveur
00:45:25de la présence des employés
00:45:26dans les conseils d'administration.
00:45:27J'ai toujours fait l'avocat
00:45:29de la co-gestion à l'allemande.
00:45:30J'ai toujours été dans ce truc.
00:45:31J'ai toujours critiqué
00:45:32le fait qu'on ne prenne pas
00:45:33la main tendue de la CFDT.
00:45:35Donc, je crois que, madame,
00:45:36vous ne me connaissez pas.
00:45:37Voilà.
00:45:37C'est très triste
00:45:38parce que vous parlez
00:45:39de quelqu'un qui n'est pas moi.
00:45:40Voilà.
00:45:40J'ai plein de défauts.
00:45:41Je suis bourré de défauts.
00:45:43Mais vous avez décrit
00:45:43quelqu'un qui n'est pas moi.
00:45:44Je vous le dis vraiment.
00:45:45Voilà.
00:45:46De vous à moi.
00:45:47Et quand vous voulez,
00:45:48je pourrais vous parler de moi.
00:45:49Voilà.
00:45:49Je cède la parole
00:45:52à M. Pascal Lecan
00:45:54pour le groupe des démocrates.
00:45:57Merci, M. le Président.
00:45:58M. le Professeur,
00:45:59un peu à le temps.
00:45:59Vous voyez dans les conditions
00:46:00avec lesquelles on travaille.
00:46:01Mais la priorité,
00:46:02c'était de revenir à temps.
00:46:03Donc, on fait un peu de sport.
00:46:05En préambule,
00:46:05je me joins à tout ce qu'ont dit
00:46:07mes collègues
00:46:08et le Président pour commencer
00:46:10pour vous adresser
00:46:11les félicitations
00:46:12des députés démocrates
00:46:14de mon groupe
00:46:14pour le prix de la Banque de Suède
00:46:16pour être précis
00:46:17par rapport à ce qui a été dit
00:46:18tout à l'heure.
00:46:18Vous vous inscrivez
00:46:20dans une lignée prestigieuse
00:46:21de chercheurs
00:46:21qui ont rendu la France fière.
00:46:23Merci, nous en avons besoin.
00:46:25Et comme vous l'avez dit,
00:46:26on a besoin de retrouver
00:46:27nos maricuries perdues.
00:46:28Donc, je reprends votre expression.
00:46:30Le fait que vous ayez vécu
00:46:31entre la France,
00:46:32les Etats-Unis et l'Angleterre
00:46:33nous dit aussi une chose.
00:46:35Parfois, nous avons peur
00:46:36de voir nos chercheurs partir.
00:46:38Nous avons l'obsession
00:46:38de les retenir.
00:46:40Et votre parcours raconte
00:46:40une autre histoire, justement.
00:46:42Celle d'une recherche globalisée
00:46:43dans laquelle on peut s'inscrire
00:46:45tout en s'engageant
00:46:46pour notre pays.
00:46:47Et quand vous parlez
00:46:47du modèle scandinave,
00:46:48je fais un point là-dessus,
00:46:49je n'avais pas prévu,
00:46:50mais vous prêchez
00:46:51un petit économiste
00:46:52que je suis convaincu
00:46:53pour y avoir passé
00:46:53la moitié de sa vie professionnelle.
00:46:55Et je pense qu'on a
00:46:56beaucoup d'enseignements
00:46:56à tirer de ce qui se passe
00:46:57en Scandinavie.
00:46:58En premier lieu,
00:46:59Zuckman,
00:47:00vous avez déjà pris position.
00:47:02Mais le sujet est crucial
00:47:03en ce moment
00:47:03de débat budgétaire.
00:47:04On va en parler sans doute
00:47:05très beaucoup vendredi.
00:47:07On peut ainsi se demander,
00:47:08du point de vue des démocrates,
00:47:09s'il n'y a pas un paradoxe
00:47:11de demander à ses associés
00:47:13d'accepter de distribuer
00:47:14des dividendes importants
00:47:15pour payer un impôt personnel.
00:47:17potentiellement en contradiction
00:47:19avec le droit des sociétés
00:47:20et l'existence même
00:47:21de la personne morale
00:47:22qui peut, elle,
00:47:24avoir une stratégie
00:47:25d'investissement différente
00:47:26qu'elle ne pourrait ainsi
00:47:27plus mettre en œuvre.
00:47:28J'aimerais avoir
00:47:28votre avis là-dessus.
00:47:30Enfin,
00:47:31quelles seraient selon vous
00:47:32des alternatives crédibles
00:47:33pour introduire davantage
00:47:34de justice fiscale,
00:47:36c'est-à-dire une contribution
00:47:36accrue des plus hauts patrimoines,
00:47:38sans freiner l'investissement
00:47:39à la productivité,
00:47:40essentielle à la dynamique
00:47:41d'innovation
00:47:42que vous décrivez ?
00:47:43Tout simplement protéger
00:47:45l'outil production,
00:47:46en fait.
00:47:47Un sujet sur l'agriculture
00:47:49qui m'est cher
00:47:49et sur, justement,
00:47:51vous avez dit plus de drague
00:47:52et moins de trumpisme.
00:47:54Et on a malheureusement
00:47:54sur l'agriculture
00:47:55de plus en plus
00:47:56de Trump de l'agriculture.
00:47:58Vous avez ainsi récemment
00:47:59évoqué les conséquences
00:48:00d'une baisse
00:48:01de la contribution française
00:48:02obligée de l'Union européenne.
00:48:03Le groupe Les Démocrates
00:48:04tient à souligner
00:48:05en préambule
00:48:05la contradiction évidente
00:48:06avec les traités
00:48:07auxquels nous avons souscrit
00:48:08en tant que nation.
00:48:09Au-delà de cela,
00:48:11j'aimerais savoir
00:48:11quelles conséquences
00:48:13pouvez-vous envisager
00:48:14sur nos concitoyens,
00:48:15notamment sur les agriculteurs
00:48:16qui bénéficient largement
00:48:18de la politique agricole commune
00:48:20à hauteur de 9 milliards d'euros,
00:48:22comme vous le savez.
00:48:23Troisième sujet,
00:48:24le CIR,
00:48:24très court,
00:48:25mais ça vous concerne directement.
00:48:27Vous avez consacré
00:48:27une partie de vos travaux
00:48:28à l'innovation
00:48:29et aux conditions institutionnelles
00:48:30et politiques
00:48:31qui la rendent vertueuse
00:48:32et permettent
00:48:33de leur huissellement.
00:48:34Quelle appréciation faites-vous
00:48:35du crédit d'impôt recherche
00:48:36tel qu'il existe ?
00:48:37Une spécificité française,
00:48:39et la possibilité
00:48:40d'en exclure
00:48:41certains secteurs
00:48:41tels que le secteur financier,
00:48:44ce qui est une proposition
00:48:44du groupe démocrate.
00:48:46Je vous remercie.
00:48:47Merci, monsieur le député.
00:48:49Merci beaucoup.
00:48:50Donc, une excellente question.
00:48:51Je ne peux pas faire justice
00:48:52à toutes vos questions.
00:48:55Donc, moi,
00:48:56je pense qu'effectivement,
00:48:57je crois vraiment
00:48:58qu'on ne peut pas demander
00:48:59un effort
00:48:59à tous les Français budgétaires
00:49:01sans demander un effort
00:49:03à ceux qui ont le plus.
00:49:05Voilà.
00:49:06Donc, je pense vraiment...
00:49:08Alors, il y avait l'idée
00:49:08d'une taxe différentielle
00:49:10sur le patrimoine
00:49:11qui était déjà une idée
00:49:12qu'Éric Lombard
00:49:13et d'autres
00:49:15ont analysée.
00:49:16Je pense que là,
00:49:17il y a des choses à faire
00:49:18tant que ça ne touche pas
00:49:19au productif.
00:49:20Voilà.
00:49:20Donc, je pense que là,
00:49:22il y a quelque chose
00:49:23à faire de ce côté-là.
00:49:24Je parlais des niches.
00:49:25Il faut mettre à plat.
00:49:26Donc, je ne suis pas
00:49:26pour supprimer la niche du trait,
00:49:28mais il faut la mettre à plat
00:49:28et dire, voilà,
00:49:31l'utilisation abusive
00:49:31des niches,
00:49:32là, on...
00:49:33Et on a une DGFIP
00:49:34très efficace
00:49:34et elle peut le faire.
00:49:36Et la mise à plat
00:49:36des holdings
00:49:37de la même manière.
00:49:37Donc, je pense qu'il y a
00:49:38un certain nombre de choses
00:49:39qu'on peut faire.
00:49:40Il y a peut-être
00:49:40d'autres choses également
00:49:41pour s'assurer
00:49:42que personne n'échappe
00:49:43à l'impôt
00:49:44et qu'il n'y a pas un abus
00:49:46de l'optimisation fiscale.
00:49:47Donc, là, je pense
00:49:49que c'est vraiment important
00:49:50de ce point de vue-là
00:49:51qu'il y ait quelque chose
00:49:54qui sorte.
00:49:54Alors, je sais qu'avec
00:49:55différentes mesures,
00:49:56ça peut rapporter
00:49:573, 4 milliards,
00:49:57peut-être 5 milliards.
00:49:59La taxe du CMAN,
00:50:00nous, on avait montré
00:50:00qu'elle ne rapportait
00:50:01jamais 20 milliards
00:50:02et qu'elle rapporterait
00:50:03au maximum
00:50:03et ce n'était même pas
00:50:04en prenant en compte
00:50:05les effets, disons,
00:50:06dissuasifs sur l'innovation.
00:50:08Elle rapportait un maximum
00:50:08de 5 milliards
00:50:09et pas 20 milliards.
00:50:10Donc, en tout cas,
00:50:10il y aura 3, 4 milliards
00:50:12ou 5 milliards
00:50:12de ce côté-là, certainement.
00:50:14Alors, ça peut être un million.
00:50:15Moi, je suis pour niche
00:50:16plus taxe différentielle
00:50:17sur le patrimoine
00:50:18non productif
00:50:19et qui aille jusqu'à
00:50:204, 5 milliards.
00:50:21Voilà.
00:50:21Je pense que là,
00:50:22on peut arriver à quelque chose
00:50:23et c'est une manière
00:50:25de répondre.
00:50:27En tout cas,
00:50:27c'est une réponse.
00:50:28Peut-être qu'on en fera
00:50:28ça peut être un Zuckman,
00:50:30une variante de Zuckman,
00:50:33ça peut être autre chose.
00:50:33Moi, j'aime beaucoup
00:50:34Gabriel qui est un copain.
00:50:35Donc, le mot Zuckman,
00:50:36je ne suis pas allergique
00:50:36au mot Zuckman.
00:50:37C'est un ami à moi, d'accord ?
00:50:38Et on discute beaucoup.
00:50:40Donc, voilà.
00:50:41Donc, ça, c'est la première chose.
00:50:42Sur le crânien pour recherche,
00:50:44quand même, je veux dire,
00:50:44il faut également
00:50:45le mettre à plat.
00:50:46Je ne suis pas pour réduire
00:50:47le périmètre du crânien pour recherche,
00:50:48mais c'est vrai que pour le moment,
00:50:49les évaluations qui ont été faites
00:50:50ne montrent pas
00:50:51d'impact du crânien pour recherche.
00:50:53Moi, j'ai quelqu'un,
00:50:53je connais quelqu'un
00:50:54qui a été chez Total.
00:50:55Je ne dirai pas qui.
00:50:56Et il me dit
00:50:57le crânien pour recherche,
00:50:57il ne servait pas
00:50:58à faire de la recherche.
00:50:59Voilà.
00:50:59Alors, il y a le chandard
00:51:00de dire,
00:51:00si vous m'enlevez un centime
00:51:02du crânien pour recherche,
00:51:03je m'en vais.
00:51:04Je pense qu'il ne faut pas
00:51:05aller trop loin là-dedans
00:51:06parce que l'environnement fiscal
00:51:07n'est plus le même
00:51:07qu'il était à l'époque
00:51:09où le CIR a été mis en place.
00:51:11Donc, je pense qu'il faut
00:51:11également analyser
00:51:12et mettre à plat le CIR
00:51:13pour voir comment on peut
00:51:14améliorer son efficacité
00:51:15et peut-être le compléter
00:51:16par d'autres choses.
00:51:17Mais je ne suis pas
00:51:18pour en réduire le périmètre.
00:51:19Mais je pense qu'il faut
00:51:20mettre tout ça à plat
00:51:21pour dire, voilà,
00:51:22est-ce qu'il y a
00:51:22une meilleure utilisation
00:51:23qu'on peut en faire,
00:51:24un meilleur ciblage
00:51:25qu'on peut faire
00:51:26parce qu'il n'est pas
00:51:26suffisamment ciblé
00:51:27sur l'innovation
00:51:28de rupture high-tech.
00:51:29Voilà.
00:51:29Je pense que ça,
00:51:30c'est un fait.
00:51:30Alors que les LABEX,
00:51:32de manière pas,
00:51:32ont, eux, montré.
00:51:33Je suis désolé.
00:51:34Je comprends.
00:51:35D'accord.
00:51:36Excusez-moi.
00:51:37Pour le groupe Horizon,
00:51:38M. Thierry Benoît.
00:51:39A la parole, M. le député.
00:51:42Merci, M. le Président.
00:51:43Tout d'abord, M. le Président,
00:51:44Stéphane Travert,
00:51:45merci pour l'invitation
00:51:47du professeur Philippe Aguillon.
00:51:48Professeur,
00:51:49toutes les félicitations
00:51:50au nom du groupe Horizon
00:51:51et indépendant,
00:51:52les encouragements,
00:51:53naturellement,
00:51:53et vous dire que
00:51:54c'est certainement
00:51:54un honneur pour vous,
00:51:55mais c'est aussi un honneur
00:51:56pour notre pays
00:51:57que vous soyez distingués.
00:51:58Je vous le dis franchement,
00:51:59ça nous fait du bien
00:52:00par les temps qui courent
00:52:01et je suis sûr
00:52:01que beaucoup plus de Français
00:52:02sont très sensibles
00:52:04au fait que vous ayez eu
00:52:05cette distinction.
00:52:06Trois points rapidement.
00:52:08En France,
00:52:09dans le monde du travail,
00:52:10il y a deux sphères
00:52:11qui se côtoient.
00:52:12La sphère publique
00:52:13et la sphère privée.
00:52:14Est-ce que vous auriez
00:52:15des recherches,
00:52:16des travaux,
00:52:17sur le fait de décloisonner
00:52:18ces deux mondes
00:52:20pour que le monde du public,
00:52:21le monde du privé,
00:52:22je dirais,
00:52:23se rapprochent,
00:52:23qu'éventuellement,
00:52:24dans le cadre
00:52:25d'une carrière professionnelle,
00:52:26on puisse facilement
00:52:26intégrer la fonction publique,
00:52:28en ressortir si on le veut
00:52:30et rejoindre le secteur privé.
00:52:31Je pense notamment
00:52:32aux agents
00:52:34des catégories A, B et C,
00:52:36c'est-à-dire
00:52:36des mouvements facilités.
00:52:38Décloisonner,
00:52:38c'est de se faire.
00:52:39Ça, c'est une question
00:52:40sur le management.
00:52:41Deuxième point,
00:52:42qu'est-ce que vous pensez
00:52:43de l'idée
00:52:43ou est-ce que vous avez
00:52:44engagé des travaux
00:52:45sur la modulation
00:52:47du temps de travail
00:52:48en fonction de l'âge
00:52:50de nos concitoyens ?
00:52:51Et ça rejoint un débat
00:52:53qui est celui des retraites.
00:52:55Je trouve que lorsqu'on est
00:52:55dans la force de l'âge,
00:52:56de 20 à 50 ans,
00:52:59on pourrait imaginer
00:52:59de travailler 39 heures,
00:53:01voire 40 heures par semaine
00:53:02et réduire,
00:53:04au-delà de 50,
00:53:0555, 60 ans,
00:53:06à 35, 32, 30 heures,
00:53:08moduler le temps de travail
00:53:10en fonction de l'âge.
00:53:11Et enfin,
00:53:12dernier point,
00:53:13j'ai observé
00:53:13que j'avais un point commun
00:53:14avec vous.
00:53:15Je me permets,
00:53:16de tout temps
00:53:17ou depuis longtemps,
00:53:18depuis que j'ai compris
00:53:19ce mécanisme,
00:53:20c'est-à-dire depuis
00:53:20à peu près 20, 25 ans,
00:53:21je suis un fervent partisan
00:53:24de l'instauration
00:53:25d'un régime universel
00:53:26de retraite par point,
00:53:27mise en extinction
00:53:28des régimes spéciaux
00:53:29de retraite,
00:53:30convergence des régimes
00:53:32du public et du privé
00:53:33et instauration
00:53:34d'un régime universel
00:53:36unique pour tous
00:53:37et par point
00:53:38qui serait calé
00:53:40ou copié
00:53:41sur le modèle
00:53:42de la complémentaire
00:53:43Agirc-Arco
00:53:44dont la valeur du point
00:53:45est déterminée chaque année
00:53:47par les partenaires sociaux
00:53:48et qui fonctionne très bien.
00:53:49Merci, M. le député.
00:53:53D'abord, on est d'accord
00:53:54sur beaucoup de choses.
00:53:55Je pense qu'il faut mettre
00:53:55de la flexibilité
00:53:56sur les retraites.
00:53:58Je suis d'accord avec vous.
00:54:00Moi, mon idée,
00:54:00c'est pour ça que j'ai toujours
00:54:01été dire faisons 63 ans
00:54:02et revoyure.
00:54:03Et revoyure, pour moi,
00:54:04c'est discuter,
00:54:04reprendre le chantier
00:54:05de la réforme à point,
00:54:06en fait.
00:54:07Et en fait, c'est vrai
00:54:08qu'en France,
00:54:09on ne veut pas d'âge minimum,
00:54:09on ne veut pas de coup près.
00:54:11C'est pour ça que l'âge pivot
00:54:11aussi ne passait pas bien.
00:54:13Il faut aller vers
00:54:13un système à point.
00:54:15Le rapport Blanchard-Tirole,
00:54:16il y avait tout un chapitre
00:54:17sur la retraite à point
00:54:18dans le rapport Blanchard-Tirole.
00:54:20Donc, ça vaut le coup
00:54:21peut-être d'y retourner.
00:54:22Mais en tout cas,
00:54:22je suis pour reprendre
00:54:23le chantier de la réforme à point
00:54:25qui donne plus de flexibilité.
00:54:27Alors, eux,
00:54:27ils avaient l'idée
00:54:28que si quelqu'un gagne
00:54:29le salaire moyen,
00:54:31il a par année un point
00:54:32et que sinon,
00:54:33tu indexes sur le salaire moyen.
00:54:35Et puis, pour les carrières hachées
00:54:36et les très petits salaires,
00:54:38tu rehausse.
00:54:39Bon.
00:54:39Donc, il y avait des idées
00:54:40dans ce chapitre.
00:54:41Peut-être que ce ne sont pas
00:54:41les bonnes idées.
00:54:42Il faut reprendre le chantier.
00:54:43Mais je crois beaucoup
00:54:44dans un système à point
00:54:45où on garantit quand même
00:54:46la valeur du point
00:54:46parce que les gens ont peur
00:54:47que la valeur du point
00:54:48ne soit pas garantie.
00:54:49Et puis, dans le système à point,
00:54:50il y avait le problème
00:54:50des enseignants
00:54:50qui étaient à petites primes
00:54:51et à petits salaires.
00:54:53Ça, c'était un problème.
00:54:54Il fallait faire converger.
00:54:55Vous vous souvenez
00:54:55quand il y avait eu le débat
00:54:56sur la réforme à point.
00:54:57Donc, il y a une série de...
00:54:59Ça a l'air très simple
00:55:00et en fait,
00:55:01on met des choses sous le tapis
00:55:02avec la réforme à point.
00:55:03Donc, il faut retraiter
00:55:03ces problèmes-là.
00:55:05De toute façon,
00:55:05moi, je pense que les enseignants
00:55:06ne sont pas assez payés.
00:55:07Je pense que la partie
00:55:09de ma réforme de l'école,
00:55:10c'est aussi de mieux payer
00:55:11les enseignants.
00:55:12D'accord ?
00:55:12Donc, ça, c'est tout un domaine
00:55:14qu'il faut revoir.
00:55:15Mais je crois que tout
00:55:16ce que vous suggérez
00:55:17est très intéressant
00:55:18parce que vous êtes dans le sens
00:55:18de plus de flexibilité.
00:55:20Et je pense qu'effectivement,
00:55:21tout ce qui peut donner
00:55:22plus de flexibilité,
00:55:23mais sans que ça soit
00:55:24au détriment de la sécurité,
00:55:26c'est-à-dire de l'emploi,
00:55:27voyez ce que je vais dire,
00:55:28va dans le bon sens.
00:55:30Moi, je croyais beaucoup
00:55:30qu'on avait dans le rapport
00:55:31à Tali le contrat d'évolution.
00:55:33Si tu avais un contrat,
00:55:34tu passais public, privé, emploi,
00:55:36mais tu es toujours
00:55:36sous contrat quelque part.
00:55:38Donc, tu sais que tu n'es
00:55:38jamais abandonné.
00:55:39C'est toujours le thème
00:55:40de l'abandon.
00:55:40Ils nous ont quittés,
00:55:41nos amis de ce côté-là.
00:55:44Mais je crois beaucoup
00:55:45qu'il faut qu'on traite
00:55:45le problème de l'abandon.
00:55:46Il faut que les gens disent
00:55:47qu'on peut faire des choses,
00:55:48mais que les gens sentent
00:55:49qu'ils ne sont pas abandonnés.
00:55:50Donc, tout ce qui va
00:55:50dans la flexibilité,
00:55:52mais en donnant la sécurité,
00:55:53va dans une direction
00:55:54que je pense qui est constructive.
00:55:56Merci, professeur.
00:55:58Pour le groupe Liberté,
00:55:59indépendant d'outre-mère et territoire,
00:56:00M. David Topiak.
00:56:05Merci, M. le Président.
00:56:07Merci, professeur,
00:56:08pour votre intervention
00:56:10auprès de notre commission
00:56:11aujourd'hui, très instructive.
00:56:12Et puis, félicitations
00:56:13pour votre prix Nobel d'économie,
00:56:15qui est une fierté pour la France.
00:56:17Je vais me vocaliser
00:56:20sur deux points.
00:56:21Le premier, sur, vous l'avez dit,
00:56:23les budgets pour l'innovation
00:56:25de rupture, notamment.
00:56:27Vous avez évoqué
00:56:27le crédit d'impôt recherche,
00:56:29et je partage l'idée de le recentrer.
00:56:31Ayant moi-même travaillé
00:56:31dans l'industrie,
00:56:32j'ai vu, effectivement,
00:56:33qu'on était parfois
00:56:34à côté de la cible
00:56:35et que ces crédits d'impôt
00:56:37servaient parfois
00:56:38pour des effets d'aubaine
00:56:39sur certaines activités
00:56:40industrielles
00:56:41et pas forcément
00:56:42sur la recherche fondamentale
00:56:43et la recherche
00:56:44sur l'innovation de rupture.
00:56:46Je vais parler
00:56:47dans le même esprit
00:56:48de France 2030.
00:56:49J'étais rapporteur
00:56:50pour avis sur le programme
00:56:52à France 2030
00:56:53que nous avons exposé hier
00:56:54dans la commission voisine
00:56:56de la DDAT.
00:56:575,4 milliards
00:56:59qui sont ciblés
00:57:00sur ce programme
00:57:01qui vise à développer
00:57:02l'innovation,
00:57:03la compétitivité,
00:57:04la transition écologique
00:57:05dans notre développement
00:57:06industriel.
00:57:08Je voudrais avoir
00:57:09votre avis aujourd'hui.
00:57:09Ce programme est basé
00:57:10sur une logique
00:57:11d'appel à projets
00:57:11court-termiste
00:57:12qui ne permet pas
00:57:13d'avoir de la visibilité
00:57:15sur le long terme.
00:57:16Et nous voyons bien
00:57:18les limites d'un programme
00:57:18qui va arriver au bout,
00:57:19la préparation d'un futur programme
00:57:21et le manque de continuité
00:57:22pour de la recherche fondamentale
00:57:24qui est nécessaire
00:57:25à la mise en œuvre
00:57:26d'une innovation de rupture.
00:57:28Je voudrais savoir
00:57:28si vous avez des propositions
00:57:29sur ces modalités
00:57:31de financement
00:57:32et de programmes
00:57:33probablement très différents
00:57:34de celui que nous avons actuellement.
00:57:36Parlez ensuite
00:57:37de la taxe Zugman.
00:57:38Vous avez beaucoup
00:57:39réagi sur ce sujet.
00:57:40Vous ne partagez pas forcément
00:57:41le format actuel proposé
00:57:43par M. Zugman.
00:57:46Je voudrais connecter
00:57:47vos propositions justement
00:57:48pour plus de justice fiscale
00:57:49et de taxation des ultra-riches
00:57:51dans un contexte quand même
00:57:53où nous constatons
00:57:54un basculement
00:57:54dans l'opinion publique.
00:57:56J'alerte sur le fait
00:57:58que les classes populaires
00:57:59et les classes moyennes
00:57:59se sentent sous une pression fiscale
00:58:01de plus en plus élevée.
00:58:02Nous devons faire face
00:58:03à un rééquilibrage
00:58:04des comptes publics
00:58:04qu'aujourd'hui on voit
00:58:05dans les débats,
00:58:06dans l'hémicycle.
00:58:07Nous sommes tentés
00:58:07d'augmenter la fiscalité
00:58:08et cette pression est déjà jugée
00:58:10beaucoup trop élevée.
00:58:11C'est le cas.
00:58:12Il y a un pouvoir d'achat
00:58:12qui s'est tari.
00:58:14Moi je pense qu'il y a
00:58:15une exigence de justice fiscale
00:58:16plus que jamais aujourd'hui
00:58:17et nous devons être très vigilants
00:58:19si nous voulons sauver
00:58:20notre contrat social
00:58:22qui à mon avis
00:58:23est mis à mal.
00:58:24Donc nous partageons
00:58:25quels que soient les groupes ici
00:58:27ce risque
00:58:28qui est un risque de basculement
00:58:30y compris pour notre République
00:58:31et notre démocratie
00:58:32cette acceptabilité de l'impôt
00:58:34et cette difficulté
00:58:35à avoir accès
00:58:35à un pouvoir d'achat
00:58:36qui s'est fortement dégradé.
00:58:38Voilà, je vous remercie.
00:58:40Merci Monsieur le député.
00:58:41Oui, je vais poser plein de questions
00:58:43et à chaque fois je pourrais
00:58:44j'essaie de répondre
00:58:47un petit peu
00:58:48autant que je peux
00:58:48mais je...
00:58:50Donc sur France 2030
00:58:51nous on est en train
00:58:52de faire une évaluation
00:58:53de France 2030
00:58:53dans mon laboratoire
00:58:54donc pour le moment
00:58:55je ne peux rien vous dire
00:58:56parce qu'on est en train
00:58:58de regarder
00:58:58en train d'accumuler les données
00:58:59et il faut qu'on fasse ce travail
00:59:00tant qu'on ne l'a pas fait
00:59:00je ne peux pas vous donner
00:59:01les conclusions
00:59:02mais on a les données
00:59:04pour faire une évaluation
00:59:04est-ce que ça a vraiment
00:59:05stimulé l'innovation
00:59:06est-ce que ça a vraiment
00:59:07on a les données maintenant
00:59:08pour faire l'évaluation
00:59:09dans mon lab
00:59:10mon innovation lab
00:59:10au Collège de France
00:59:11d'accord
00:59:12sur la taxe Zuckman
00:59:14sur l'impôt
00:59:15moi je crois qu'il y a
00:59:15quand même une chose
00:59:16qu'il faut dire
00:59:17il faut regarder la France
00:59:18dans le monde
00:59:19par rapport aux autres pays
00:59:20est-ce qu'on est le pays
00:59:21le moins redistributif au monde
00:59:23on est quand même déjà
00:59:24un pays
00:59:25où avant impôt
00:59:26le ratio
00:59:27entre les 10%
00:59:28qui gagnent le plus
00:59:28et les 10% qui gagnent le moins
00:59:29est de 1 à 18 je crois
00:59:30et passe 1 à 3
00:59:31une fois que tu
00:59:32après impôt
00:59:33et après transfert
00:59:34je crois que c'est un peu comme
00:59:34voilà
00:59:35donc on est déjà redistributifif
00:59:36on peut améliorer
00:59:37mais je veux dire
00:59:37on part d'un point de départ
00:59:38qui n'est pas horrible
00:59:39on n'est pas le pays
00:59:40le moins redistributif au monde
00:59:42donc voilà
00:59:43donc maintenant
00:59:44il faut faire davantage
00:59:45c'est pour ça que moi
00:59:46j'ai mentionné
00:59:47taxation sur les hauts patrimoines
00:59:49et vraiment être
00:59:52beaucoup plus dur
00:59:52sur l'utilisation
00:59:53des niches du treil
00:59:54et holding etc
00:59:55on peut faire peut-être
00:59:56d'autres choses également
00:59:57qui peuvent être faites
00:59:58il peut y avoir
00:59:58des variantes de Zuckman
00:59:59mais faire attention
01:00:01qu'on ne pénalise pas
01:00:02l'innovation
01:00:03parce que par exemple
01:00:03l'IA
01:00:04Arthur Mensch c'est l'IA
01:00:05est-ce qu'on veut
01:00:06que l'IA échappe à la France
01:00:07non on veut que la France
01:00:08soit dans la révolution de l'IA
01:00:10donc il y a toujours ce débat
01:00:11et ça c'est toujours
01:00:12la différence que j'ai
01:00:12c'est-à-dire que
01:00:13il y a la taille du gâteau
01:00:15je ne veux pas réduire le gâteau
01:00:17en distribuant le gâteau
01:00:18parce que
01:00:18si je réduis la taille du gâteau
01:00:19j'ai moins à distribuer
01:00:20je veux quand même
01:00:21produire pour distribuer
01:00:22je suis
01:00:23voilà
01:00:24moi j'étais
01:00:24socialiste
01:00:25j'étais très proche
01:00:26de Strauss-Kahn
01:00:27de Rocard
01:00:27il y avait quand même
01:00:28l'idée
01:00:29la taille du gâteau
01:00:30je ne peux pas distribuer
01:00:31ce que je ne produis pas
01:00:32voilà
01:00:32donc moi je pense
01:00:33je suis toujours soucieux
01:00:34de dire
01:00:35et donc le gros problème
01:00:36en France
01:00:36c'est quand même
01:00:37le PIB par tête
01:00:38qui est insuffisant
01:00:38taux d'emploi
01:00:39et croissance de la productivité
01:00:40insuffisante
01:00:41on doit avoir un PIB par tête
01:00:43qui augmente
01:00:43ça va nous aider
01:00:44énormément à distribuer plus
01:00:45et ensuite là-dedans
01:00:46effectivement
01:00:47il faut demander davantage
01:00:48d'efforts
01:00:49à ceux qui ont le plus
01:00:50et il y a différentes modalités
01:00:51pour le faire
01:00:52et il y a beaucoup d'ouverture
01:00:53je ne suis pas opposé à tout
01:00:54donc je veux simplement
01:00:55m'assurer
01:00:55qu'on ne pénalise pas
01:00:57l'innovation
01:00:57et que ça ne fait pas
01:00:58que l'IA va se faire ailleurs
01:00:59qu'en France
01:01:00voilà
01:01:00à partir du moment
01:01:01tout ce qui peut arriver à ça
01:01:02et il y a beaucoup
01:01:03une panoplie très très large
01:01:04je crois que je suis certain
01:01:06que vous arriverez
01:01:07vous êtes inventif
01:01:08et intelligent
01:01:08à trouver quelque chose
01:01:10qui fonctionne
01:01:10et qui remplit ces critères là
01:01:12Merci beaucoup
01:01:13si on veut tenir
01:01:13nos délais
01:01:14je cède la parole
01:01:15au dernier orateur
01:01:16des groupes
01:01:17pour le groupe
01:01:17gauche démocrate
01:01:18et républicaine
01:01:19M. Julien Boucherol
01:01:20Merci M. le Président
01:01:26Merci d'abord
01:01:27M. Hayon
01:01:28pour votre présence
01:01:29aujourd'hui
01:01:30dans notre commission
01:01:30je voudrais à mon tour
01:01:31au nom des députés communistes
01:01:32et du groupe GDR
01:01:34vous féliciter
01:01:34pour l'obtention
01:01:35de ce prix Nobel
01:01:36ainsi qu'à votre collègue
01:01:37dans la grande tradition
01:01:39du modèle schumpeterien
01:01:40de destruction créatrice
01:01:41vous l'avez dit
01:01:42vous l'avez dit tout à l'heure
01:01:43j'aurais pour ma part
01:01:44trois questions
01:01:45la première
01:01:46comment concilier
01:01:48innovation
01:01:49et durabilité
01:01:51par rapport
01:01:52à certaines
01:01:53des technologies
01:01:54que vous promouvez
01:01:55mais que nous sommes
01:01:56d'autres à promouvoir
01:01:58et qui reposent
01:01:59notamment sur l'extraction
01:02:01des métaux critiques
01:02:02qui ont des impacts énergétiques
01:02:03je pense bien sûr
01:02:04au développement
01:02:05de l'IA générative
01:02:06vous avez beaucoup
01:02:07travaillé là-dessus
01:02:08n'y a-t-il pas
01:02:09urgence
01:02:10pour vous
01:02:11un grand débat démocratique
01:02:12sur la régulation
01:02:13de ces usages
01:02:14et la régulation
01:02:16de son déploiement
01:02:16au regard des conséquences
01:02:17notamment énergétiques
01:02:19et sur les ressources
01:02:20deuxième question
01:02:21vous avez dit
01:02:21tout à l'heure
01:02:22très court
01:02:23en introduction
01:02:23que nous avions su
01:02:25nous rassembler
01:02:25dans l'histoire
01:02:26notamment entre
01:02:27communistes
01:02:28et gaullistes
01:02:30pour porter
01:02:31la reconstruction
01:02:32du pays
01:02:33j'aurais donc
01:02:34une question
01:02:34sur le plan social
01:02:36vous voulez confier
01:02:37aux politiques
01:02:38redistributives
01:02:39et éducatives
01:02:40la charge de corriger
01:02:40les inégalités
01:02:41mais pourquoi
01:02:43ne pas repenser
01:02:43dès l'amont
01:02:44dans le modèle
01:02:45d'innovation lui-même
01:02:46l'idée de le mettre
01:02:48au service du travail
01:02:49et de l'émancipation
01:02:50en commençant
01:02:51par exemple
01:02:52par confier
01:02:52aux travailleurs
01:02:53de nouveaux droits
01:02:54d'intervention
01:02:55dans la gestion
01:02:56et dans l'investissement
01:02:58des entreprises
01:02:59ma dernière question
01:03:00elle porte sur
01:03:01le déclassement
01:03:02de la France
01:03:03ces 15 dernières années
01:03:05sur la recherche mondiale
01:03:07et notamment
01:03:08il y a eu un rapport
01:03:09de l'observatoire
01:03:10des sciences et techniques
01:03:11publié en février 2025
01:03:12qui montre le recul
01:03:13de la part de la France
01:03:15dans les publications
01:03:16scientifiques
01:03:16on serait passé
01:03:17du 6ème
01:03:18au 13ème rang mondial
01:03:19alors que par ailleurs
01:03:20il y a eu une forte augmentation
01:03:21des publications scientifiques
01:03:23ma question c'est
01:03:24ne pensez-vous pas
01:03:25qu'il y a précisément
01:03:26une contradiction
01:03:26entre le choc
01:03:28de compétitivité
01:03:29auquel vous êtes attaché
01:03:30vous avez parlé
01:03:30du CICE
01:03:31de la flat tax
01:03:32des mesures
01:03:33qui ont été prises
01:03:33ces dernières années
01:03:34et une de ses conséquences
01:03:36c'est la perte de recettes
01:03:37qui en quelque sorte
01:03:40génère l'insuffisance
01:03:41des moyens
01:03:41pour la recherche publique française
01:03:43je vous remercie
01:03:44d'abord je voulais vous dire
01:03:47que comme vous le savez
01:03:48j'étais militant communiste
01:03:49pendant 10 ans
01:03:50vous le saviez peut-être pas
01:03:50vous le saviez
01:03:51d'accord
01:03:52donc voilà
01:03:53et j'ai toujours eu
01:03:54beaucoup de tendresse
01:03:55et je ne renie pas
01:03:56mes origines
01:03:56voilà
01:03:57donc je
01:03:57voilà
01:03:58et je sais qu'avec
01:03:59le parti communiste
01:03:59on peut travailler
01:04:00voilà
01:04:00et je le pense toujours
01:04:02et je revois
01:04:03voilà
01:04:03le conseil national
01:04:05de la résistance
01:04:05le parti communiste
01:04:06était là
01:04:07et ils ont travaillé ensemble
01:04:09voilà
01:04:09et je suis ravi
01:04:10parce que je vous sens
01:04:11aujourd'hui
01:04:12dans le même esprit
01:04:13que ce jour-là
01:04:14voilà
01:04:14donc voilà
01:04:15après on peut discuter
01:04:16mais voilà
01:04:17mon espoir en tout cas
01:04:18c'est mon espoir
01:04:19c'est mon espoir
01:04:20bon
01:04:20d'accord
01:04:21donc vous avez raison
01:04:23l'émancipation absolument
01:04:24je suis absolument
01:04:26je pense beaucoup
01:04:26qu'il faut qu'il y ait
01:04:29la co-gestion
01:04:30quelque chose qui me plaît
01:04:31on peut l'appeler autrement
01:04:31que la co-gestion
01:04:32mais que les employés
01:04:34puissent participer
01:04:35à la vie des entreprises
01:04:36et être informés
01:04:38et participer
01:04:39je crois totalement
01:04:40dans ce monde-là
01:04:41absolument
01:04:41moi je vais totalement
01:04:42pour ça
01:04:43donc je suis complètement
01:04:44dans cette direction-là
01:04:46je sais aussi
01:04:48que dans la tradition
01:04:49du parti communiste
01:04:50là où d'autres disaient
01:04:51il faut les 35 heures
01:04:52pour partager le temps de travail
01:04:53c'était un peu la vision
01:04:55bon voilà
01:04:55et il y avait
01:04:57les communistes
01:04:58c'était il faut produire
01:04:59en même temps
01:04:59donc le parti communiste
01:05:01c'était un parti
01:05:01de politique industrielle
01:05:03de production
01:05:03et ça a toujours été
01:05:05dans l'ADN
01:05:06du parti communiste
01:05:07d'accord
01:05:07donc ça c'est quelque chose
01:05:08qui reste
01:05:09et qui est très important
01:05:10il faut produire
01:05:12il faut mieux distribuer
01:05:13il faut que tout le monde
01:05:14participe
01:05:15et il faut produire
01:05:16parce que si on ne produit pas
01:05:17et si on se fait larguer
01:05:18on n'a plus l'influence
01:05:18on n'est plus
01:05:19et on n'a pas de quoi
01:05:20distribuer
01:05:20et je crois que ça
01:05:22c'est très important
01:05:22d'être dans la
01:05:24par exemple
01:05:25au moment du nucléaire
01:05:26les communistes
01:05:26étaient pour la puissance
01:05:27nucléaire de la France
01:05:28bon d'accord
01:05:29on l'a oublié
01:05:29on était toujours pour
01:05:31ils étaient
01:05:32on voilà
01:05:33d'accord
01:05:33donc je crois
01:05:34que c'est des variantes
01:05:35il faut garder
01:05:36et bâtir
01:05:37sur ces choses là
01:05:38le CICE
01:05:39vous savez que les impôts
01:05:41c'est compliqué les impôts
01:05:42parce que
01:05:42il y a ce qu'on appelle
01:05:43la courbe de l'affaire
01:05:44c'est à dire que
01:05:46partant de zéro impôt
01:05:47tu augmentes les impôts
01:05:48tu as besoin d'adventage
01:05:48revenu fiscal
01:05:49puis il arrive un moment
01:05:50où
01:05:50plus d'impôts
01:05:52tu as moins de revenu fiscal
01:05:53alors où est-ce qu'il y a
01:05:54le maximum
01:05:54où est-ce qu'il n'est pas
01:05:55et c'est là qu'il faut regarder
01:05:56donc il faut regarder
01:05:57à chaque réforme fiscale
01:05:58est-ce que les revenus fiscaux
01:06:00ont baissé
01:06:01est-ce qu'ils n'ont pas baissé
01:06:02est-ce qu'on était
01:06:03de tel côté
01:06:03de cette courbe de l'affaire
01:06:04ou pas de quel côté
01:06:05de courbe d'affaire
01:06:06donc si tu veux
01:06:07tu ne peux pas malheureusement
01:06:08tu ne peux pas indéfiniment
01:06:10si tu mets l'impôt à 100%
01:06:11par exemple
01:06:12les gens vont être découragés
01:06:13par exemple
01:06:14quand les Suédois
01:06:15je parle des Suédois
01:06:16ils ont fait beaucoup de bêtises
01:06:17sur leur système éducatif
01:06:18et leur système de santé
01:06:19ils l'ont beaucoup abîmé
01:06:20en Suède
01:06:21mais quand ils ont fait
01:06:22des réformes fiscales
01:06:22dans les années 90
01:06:23leur revenu fiscal
01:06:24a augmenté en fait
01:06:25parce que
01:06:26davantage de gens ont fait
01:06:27donc toute la question
01:06:28c'est de savoir
01:06:28et ça il faut regarder de près
01:06:29de quel côté
01:06:31tu es de cette fameuse courbe
01:06:32de l'affaire
01:06:32sur tel type d'impôt
01:06:34ou sur tel autre type d'impôt
01:06:35mais ça c'est une question
01:06:36sur laquelle on peut
01:06:36mais je veux dire
01:06:37que je suis vraiment
01:06:38ravi d'interagir
01:06:40et de vous entendre
01:06:41voilà
01:06:41merci professeur
01:06:42ça remonte à très loin pour moi
01:06:43il nous reste quelques interventions
01:06:44que nous allons prendre
01:06:45les unes à la suite des autres
01:06:47et vous pourrez
01:06:47terminer vos propos
01:06:49conclure
01:06:50et comme ça
01:06:50vous serez dans les temps
01:06:52je passe la parole
01:06:53à Sandra Marceau
01:06:54madame Marceau
01:07:00merci monsieur le président
01:07:02monsieur Aguillon
01:07:05merci beaucoup
01:07:06et à mon tour
01:07:07je vous félicite
01:07:08c'est un honneur
01:07:08de vous recevoir
01:07:09désolé si j'ai parlé au début
01:07:11j'étais enthousiaste en fait
01:07:13je ne voulais pas
01:07:13ne pas écouter
01:07:14mais depuis le CP
01:07:16je n'ai jamais su écouter
01:07:17au départ en classe
01:07:18bon
01:07:18alors vous avez beaucoup
01:07:20travaillé
01:07:21sur le lien
01:07:22entre innovation
01:07:23croissance et tissu productif
01:07:25et je voudrais vous parler
01:07:27d'un cas particulier
01:07:28alors évidemment
01:07:29ce n'est pas facile
01:07:30pour essayer d'en extraire
01:07:31quelque chose d'intéressant
01:07:33sur l'industrie
01:07:34en zone rurale
01:07:35dans mon territoire
01:07:36Charenté
01:07:37nous savons
01:07:38et nous voyons
01:07:39à quel point
01:07:40innover reste un défi
01:07:42souvent pour
01:07:42les PME industrielles
01:07:44et je pense notamment
01:07:45à une entreprise
01:07:46de plastique
01:07:47qui a près de 100 ans
01:07:48et qui cherche
01:07:50qui conçoit
01:07:51donc des emballages techniques
01:07:52et cherche à se transformer
01:07:54à transformer
01:07:55ce qu'il produit
01:07:58vers des procédés
01:07:59plus durables
01:07:59et plus innovants
01:08:00ah c'est déjà fini ?
01:08:02oui une minute
01:08:02on essaye de tenir
01:08:04merci
01:08:04et bien du coup
01:08:05il n'y a pas vraiment
01:08:06de questions
01:08:06parce que je ne vous ai pas
01:08:07expliqué ce que je voulais dire
01:08:08excusez-moi
01:08:09merci madame Marceau
01:08:10ben non mais
01:08:11monsieur
01:08:12on va reprendre après
01:08:15monsieur Lardit
01:08:15allez on enchaîne
01:08:17oui très rapidement
01:08:18pour revenir sur un détail
01:08:19de votre intervention
01:08:20tout à l'heure
01:08:20dans la réponse
01:08:21à la question
01:08:21que vous avez posée
01:08:22vous avez pris
01:08:23ce fameux exemple
01:08:24des magnétoscopes
01:08:25quand je me souviens
01:08:25que c'était
01:08:26c'était Edith Cresson
01:08:27qui effectivement
01:08:28avait arrêté à l'époque
01:08:29les magnétoscopes
01:08:30à Poitiers
01:08:31mais aujourd'hui
01:08:32quand on parle
01:08:34des arbitrages
01:08:35qu'un ménage
01:08:36à faible revenu
01:08:37qui pourtant a au moins
01:08:38une personne
01:08:40qui gagne un SMIC
01:08:41est obligé d'arbitrer
01:08:42entre le loyer
01:08:43l'énergie
01:08:44etc
01:08:44donc cette augmentation
01:08:46on est d'accord
01:08:47que ça ne va pas bénéficier
01:08:49enfin de dégrader
01:08:51le commerce extérieur
01:08:51on est d'accord
01:08:52que c'est des consommations
01:08:54de proximité
01:08:54l'augmentation du pouvoir d'achat
01:08:56on est d'accord
01:08:56là-dessus on est d'accord
01:08:57totalement
01:08:58mais vous avez vu
01:08:59que l'autre point aussi
01:09:00on va répondre
01:09:01on va répondre après
01:09:02pour l'instant
01:09:02sinon on ne va pas y arriver
01:09:03merci
01:09:04monsieur Picmal
01:09:06oui monsieur Aillon
01:09:10je tiens à vous tranquilliser
01:09:12déjà en tant que prix Nobel
01:09:13d'économie
01:09:15de la banque de Suède
01:09:16je n'ai rien à titre particulier
01:09:18contre la banque de Suède
01:09:19et contre nos amis scandinaves
01:09:21de manière générale
01:09:22de la même manière
01:09:23je ne me serais pas permis
01:09:25de vous qualifier
01:09:25de social traître
01:09:26puisque je pense que
01:09:28pour qu'il y ait traîtrise
01:09:29il faut qu'on soit
01:09:30dans le même camp
01:09:30à l'origine idéologique
01:09:33ou économique
01:09:34et ce n'est pas le cas
01:09:34et c'est pour ça
01:09:35que le débat est intéressant
01:09:36d'ailleurs
01:09:36c'est parce qu'on a
01:09:37des divergences là-dessus
01:09:39et je vais vous formuler
01:09:40une question
01:09:41vous êtes pour l'innovation
01:09:43vous êtes pour l'innovation
01:09:48j'aimerais savoir
01:09:49est-ce que
01:09:50s'il vous plaît
01:09:51s'il vous plaît
01:09:51est-ce que vous ne voyez pas
01:09:53est-ce que vous ne voyez pas
01:09:55une contradiction
01:09:56entre dire
01:09:57il faut de l'innovation
01:09:58il faut de l'innovation
01:09:59et avoir un gouvernement
01:10:01qui ne cesse de réduire
01:10:02les moyens justement
01:10:03pour la recherche publique
01:10:04en France
01:10:05merci
01:10:06monsieur Picmal
01:10:07madame Léanos
01:10:08monsieur Aillon
01:10:10vous répétez
01:10:11que taxer les ultra-riches
01:10:13freinerait
01:10:14l'innovation
01:10:14et l'économie
01:10:15vous pouvez le répéter
01:10:16en boucle
01:10:17cela n'en fera pas
01:10:17une vérité
01:10:18rapport du conseil
01:10:19d'analyse économique
01:10:20de juillet
01:10:20montre qu'une hausse
01:10:21d'un point de l'imposition
01:10:23ne ferait partir
01:10:23que 0,02
01:10:25à 0,23%
01:10:27des plus riches
01:10:27les plus fortunés
01:10:29sont moins mobiles
01:10:30que les autres
01:10:30préférant l'optimisation
01:10:31fiscale
01:10:32aux valises
01:10:32sur le tarmac
01:10:34le vrai exil
01:10:35ce n'est pas celui
01:10:35des fortunes
01:10:36c'est celui
01:10:36des moyens publics
01:10:38conséquence
01:10:38de cette complaisance
01:10:39fiscale
01:10:39une complaisance
01:10:40d'autant plus insoutenable
01:10:41qu'elle s'accapare
01:10:42les ressources énergétiques
01:10:43les 1%
01:10:44des plus riches
01:10:45ne se contentent pas
01:10:46d'émettre
01:10:46beaucoup plus d'émissions
01:10:47de gaz à effet de serre
01:10:48ils possèdent
01:10:48et contrôlent
01:10:49une large part
01:10:50des infrastructures
01:10:51qui produisent l'énergie
01:10:52ils exercent donc
01:10:53un pouvoir déterminant
01:10:54sur la transition
01:10:55aujourd'hui
01:10:56ce pouvoir protège
01:10:56des rentes
01:10:57au lieu de transformer
01:10:58le modèle
01:10:58ce n'est pas du progrès
01:11:00c'est de la régression
01:11:01le progrès
01:11:02c'est de la justice
01:11:02fiscale et climatique
01:11:03c'est une taxe Zuckman
01:11:04qui pourrait rapporter
01:11:05au bas mot
01:11:055 milliards par an
01:11:07pour reprendre la main
01:11:08et financer une transition
01:11:09écologique et sociale
01:11:09juste
01:11:10alors est-ce que pour vous
01:11:11vous appelez ça du progrès
01:11:12ou la régression
01:11:13merci madame la noce
01:11:15monsieur Lecamp
01:11:15allez
01:11:15merci monsieur le président
01:11:18vous avez dit
01:11:19que vous alliez voir
01:11:20monsieur Picmal
01:11:20et pas ceux qui sont là
01:11:21allez allez
01:11:21vous n'avez qu'une minute
01:11:23dépêchez-vous
01:11:23je ne perdez pas de temps
01:11:24en projection
01:11:24je profite de leur absence
01:11:25vous m'avez répondu
01:11:26sur le CICR
01:11:27vous m'avez répondu
01:11:28sur Zuckman
01:11:30je vous ai posé une question
01:11:31qui est en fait
01:11:31le programme économique
01:11:32du rassemblement national
01:11:33c'est si on baisse
01:11:35les dotations
01:11:36et les contributions françaises
01:11:36à l'Union européenne
01:11:37quelles sont les conséquences
01:11:38pour les agriculteurs
01:11:39très court
01:11:40j'ai mis 13 secondes
01:11:41merci monsieur Lecamp
01:11:42monsieur Bruggerolle
01:11:43je l'avais dit ça
01:11:44oui de la même façon
01:11:47je voulais revenir sur une des questions
01:11:48que j'ai posées
01:11:49sur la question de la régulation
01:11:50de l'IA générative
01:11:53en lien avec ses impacts
01:11:54évidemment environnementaux
01:11:56mais aussi sociaux
01:11:58et je pense qu'on a absolument besoin
01:12:00d'un grand débat démocratique
01:12:01dans le pays
01:12:02y compris pour mettre tout le monde
01:12:03à niveau sur ce sujet là
01:12:04donc j'aurais voulu vous entendre là-dessus
01:12:05merci monsieur Fugit
01:12:07merci monsieur le président
01:12:09monsieur le professeur
01:12:10mais évidemment
01:12:10comme tout le monde
01:12:11je vous félicite
01:12:12c'était un honneur
01:12:13à la fois de vous entendre
01:12:14et de vous rencontrer
01:12:15et je crois même
01:12:15que vous nous rendez
01:12:16un peu plus intelligent
01:12:17en vous écoutant
01:12:17ça nous fait du bien
01:12:18après tout
01:12:18il n'y a pas de mal
01:12:19à se le dire
01:12:19rapidement
01:12:21un constat
01:12:24il me semble
01:12:25que les trois sujets majeurs
01:12:26qui vont impacter notre avenir
01:12:27vous me direz
01:12:28si vous êtes d'accord
01:12:28c'est sans hiérarchie
01:12:30c'est l'IA
01:12:30c'est le vieillissement
01:12:31de la population
01:12:32et c'est la transition écologique
01:12:33et donc au regard
01:12:34de tout ceci
01:12:35je me posais la question
01:12:35de l'évolution des métiers
01:12:36comme vous voyez les choses
01:12:37et donc le lien
01:12:39plus précisément
01:12:40comment vous voyez
01:12:41l'évolution
01:12:42de l'enseignement supérieur
01:12:43dans ce pays
01:12:44qu'est-ce qu'il faudrait faire
01:12:45d'après vous
01:12:45pour l'adapter peut-être
01:12:46au monde de demain
01:12:47et puis un autre secteur
01:12:48qui m'est cher
01:12:49sur lequel j'aimerais avoir
01:12:49votre vision
01:12:50tout simplement
01:12:51c'est par rapport
01:12:51au secteur de l'énergie
01:12:52donc comment vous voyez
01:12:54ce secteur
01:12:55et son avenir
01:12:56tout simplement
01:12:56Merci Monsieur Fugitman
01:12:58Lebec
01:12:58Merci Monsieur le Président
01:13:00Merci Monsieur Aguillon
01:13:02pour votre temps
01:13:02et puis félicitations
01:13:03effectivement pour ce beau prix Nobel
01:13:04peut-être pour aller
01:13:05droit au but
01:13:06je voudrais rebondir
01:13:07sur le sujet
01:13:08des DARPA
01:13:08que vous avez évoqué
01:13:09moi je siège
01:13:10au Conseil d'administration
01:13:11de France 2030
01:13:12quelle perspective
01:13:13vous voyez
01:13:13pour des
01:13:14des projets
01:13:16enfin des programmes
01:13:17tels que France 2030
01:13:18notamment dans les réflexions
01:13:19pour bâtir celui
01:13:20de France 2040
01:13:21comment est-ce qu'on peut
01:13:21rendre plus agiles
01:13:22ces dispositifs
01:13:24et enfin peut-être
01:13:24sur la place de l'Etat
01:13:26au fond
01:13:26dans cette question
01:13:27de l'innovation
01:13:28comment est-ce que
01:13:28l'Etat stratège
01:13:29peut incarner un rôle
01:13:30mais sans avoir
01:13:31cette tentation
01:13:32du repli nationaliste
01:13:35qui est un peu évoqué
01:13:36dans le programme
01:13:36du Rassemblement National
01:13:37Merci beaucoup
01:13:37Merci Madame Lebec
01:13:38Monsieur Bichaud
01:13:39pour terminer
01:13:40et je vous laisse conclure
01:13:41Merci Monsieur le Président
01:13:43Professeur
01:13:45félicitations
01:13:47vraiment pour votre
01:13:48prix Nobel
01:13:49ça fait du bien
01:13:50et effectivement
01:13:51je pense que ça nous rend
01:13:52tous un peu plus intelligents
01:13:53je partage avec vous
01:13:55une conviction
01:13:56le pays a besoin
01:13:57de stabilité
01:13:58et d'un budget
01:13:59et on voit bien
01:14:01que le débat
01:14:03s'est polarisé
01:14:03autour de la taxe
01:14:04Zuckman
01:14:04on nous demande
01:14:06à nous députés
01:14:07de faire des bougées
01:14:08et d'aboutir
01:14:09à des compromis
01:14:10et la question
01:14:11que je me pose
01:14:11c'est
01:14:12je ne sais pas
01:14:13si nous allons y arriver
01:14:13nous travaillons
01:14:14nous sommes un certain nombre
01:14:15à faire en sorte
01:14:16d'y parvenir
01:14:17est-ce que vous pensez
01:14:19vous qui êtes opposé
01:14:20à la taxe Zuckman
01:14:21mais qui connaissez
01:14:21Gabriel Zuckman
01:14:22qu'il puisse y avoir
01:14:23un compromis
01:14:24entre des économistes
01:14:24et que vos travaux
01:14:26puissent aboutir
01:14:27à un compromis
01:14:28entre la taxe Zuckman
01:14:29que vous ne défendez pas
01:14:31et une taxe
01:14:32que vous défendriez
01:14:33et qui soit
01:14:34le point d'équilibre
01:14:36et qui permette
01:14:37à notre pays
01:14:37peut-être
01:14:38d'avoir un budget
01:14:39merci beaucoup
01:14:39merci monsieur le buté
01:14:42professeur
01:14:43vous pouvez conclure
01:14:44je vais essayer
01:14:44bon très très vite
01:14:45je veux
01:14:46donc d'abord
01:14:47vous dites
01:14:47oui
01:14:47j'ai dit que taxer
01:14:48les ultra riches
01:14:49ça serait moins pour l'innovation
01:14:50il n'y a pas une phrase
01:14:51de Philippe Aguillon
01:14:51qui dit ça
01:14:52citez-moi correctement
01:14:53vraiment lisez-moi
01:14:54citez-moi dans ce que j'écris
01:14:55non mais vraiment
01:14:56parce que vous me faites dire
01:14:58des choses que je ne dis pas
01:14:59c'est vraiment terrible
01:15:00vous savez
01:15:00vraiment
01:15:01et vous avez un truc préparé
01:15:03et Philippe Aguillon
01:15:04n'a jamais dit
01:15:04taxer les ultra riches
01:15:06décourage l'innovation
01:15:07il n'y a pas une phrase
01:15:07de Philippe Aguillon
01:15:08comme ça
01:15:08donc vraiment
01:15:09lisez les textes
01:15:11voilà
01:15:11mais bon
01:15:12non non non
01:15:13bon voilà
01:15:13donc c'est tout
01:15:14madame Lernon
01:15:15s'il vous plaît
01:15:15voilà
01:15:16s'il vous plaît
01:15:16vous avez tout de vous exprimer
01:15:17quand vous parlez de Philippe Aguillon
01:15:19citez Philippe Aguillon
01:15:20et puis je peux dire
01:15:20plein de bêtises
01:15:21je dis plein de bêtises
01:15:22mais citez-moi
01:15:23bon
01:15:23number one
01:15:24number two
01:15:24number two
01:15:25numéro deux
01:15:26les agriculteurs
01:15:27vous avez raison
01:15:27sur le point que vous faisiez
01:15:28si on suit
01:15:29ce que les propositions
01:15:30de rassemblement national
01:15:31ne doivent plus contribuer
01:15:32au budget européen
01:15:33et bien
01:15:33c'est les agriculteurs
01:15:34qui vont payer
01:15:35c'est ce que j'expliquais
01:15:36l'autre soir
01:15:36et tout est fait côté
01:15:37l'autre soir
01:15:37le Figaro a vérifié
01:15:39que tout ce que j'avais dit
01:15:40sur le rassemblement national
01:15:41était totalement exact
01:15:42donc voilà
01:15:42c'est pour ça que je pense
01:15:43qu'ils n'ont pas vocation
01:15:44à diriger ce pays
01:15:45voilà
01:15:45donc ça je le dis
01:15:46donc d'un bout de tout
01:15:47bon d'accord
01:15:47troisièmement
01:15:48régulation de l'IA
01:15:49oui absolument
01:15:50et il faut un débat démocratique
01:15:51totalement
01:15:52alors dans le rapport IA
01:15:53il y a une partie là-dessus
01:15:55mais elle est incomplète forcément
01:15:57parce qu'en six mois
01:15:58tu fais ce que tu peux faire
01:15:59il faut un vrai débat là-dessus
01:16:01peut-être
01:16:02et donc je pense totalement
01:16:03je suis totalement
01:16:04de cet avis
01:16:04alors il faudra faire attention
01:16:05à un truc aussi
01:16:05que nos régulations
01:16:06ne fassent pas que l'IA
01:16:08parte ailleurs
01:16:09où c'est pas du tout régulé
01:16:10donc là il faut faire attention
01:16:11que tu es en économie ouverte
01:16:11quand même
01:16:12et que tu dois faire
01:16:13des régulations intelligentes
01:16:14si tu fais en sorte
01:16:17que tout s'en va
01:16:18et que ça va dans des endroits
01:16:19où c'est pas du tout
01:16:19du tout régulé
01:16:20au total tu as perdu
01:16:21sur les réglementations
01:16:22donc il faut y intégrer
01:16:23la dimension internationale
01:16:24intelligemment
01:16:25ça veut pas dire
01:16:25renoncer aux réglementations
01:16:26mais ça c'est un débat
01:16:28ça fait partie du débat
01:16:29qu'il faut avoir
01:16:29l'autre chose
01:16:32c'était sur
01:16:33l'IA
01:16:35la démographie
01:16:36on a un problème
01:16:36c'est sur le déclin démographique
01:16:38c'est pour ça que
01:16:39en France
01:16:39moi je suis pour
01:16:40une immigration choisie
01:16:41je pense que
01:16:42quand Sarkozy disait
01:16:43immigration choisie
01:16:44c'est pour ça qu'à nouveau
01:16:45ce que propose
01:16:46le Rassemblement National
01:16:47est totalement irréaliste
01:16:48l'immigration zéro
01:16:49c'est une idiotie totale
01:16:50je pense qu'on a besoin
01:16:51de médecins
01:16:52on est bien content
01:16:53dans les hôpitaux
01:16:53quand on trouve
01:16:55des médecins
01:16:56d'autres pays
01:16:57pour nous se soigner
01:16:58et donc
01:16:59on a des besoins
01:17:00et il faut vers venir
01:17:01et même dans les recherches
01:17:02dans les laboratoires de recherche
01:17:03on manque
01:17:04de chercheurs
01:17:05en fait
01:17:05et c'est important
01:17:06de faire venir
01:17:07des chercheurs
01:17:08venant d'ailleurs
01:17:08d'ailleurs
01:17:09maintenant les chinois
01:17:10peuvent aller moins
01:17:11faire de la recherche
01:17:11aux Etats-Unis
01:17:12l'Europe a certainement
01:17:13quelque chose à faire
01:17:13pour attirer des chercheurs
01:17:15venant de partout
01:17:15y compris des bons chercheurs
01:17:17chinois
01:17:17ou d'autres pays
01:17:18mais je pense qu'il faut
01:17:19avoir une vision intelligente
01:17:21il faut piloter
01:17:21notre politique d'immigration
01:17:22par exemple
01:17:23le système à point
01:17:25canadien
01:17:25ou d'autres systèmes
01:17:26il y a des systèmes
01:17:27de pilotage
01:17:28de la politique d'immigration
01:17:29intelligente
01:17:30il faut l'immigration aussi
01:17:31humanitaire
01:17:32qui est importante
01:17:32donc il faut qu'on pilote
01:17:34notre politique d'immigration
01:17:34mieux qu'on l'a fait
01:17:35mais on a besoin
01:17:36d'immigration
01:17:36penser qu'on va sortir
01:17:38sans d'immigration
01:17:38avec une démographie déclinante
01:17:40c'est à mon avis
01:17:41irréaliste
01:17:42donc l'autre truc
01:17:46c'est le rôle de l'Etat
01:17:47et moi je crois beaucoup
01:17:49dans un partenariat
01:17:50par exemple
01:17:50la transition énergétique
01:17:51le rapport
01:17:52de Pisani
01:17:53Marfouz
01:17:55montre que
01:17:55ça va être très coûteux
01:17:56la transition énergétique
01:17:57et que donc
01:17:58il faudra que l'Etat
01:17:59mette des moyens
01:18:00mais il faudra
01:18:00un cofinancement
01:18:01public-privé
01:18:02ça sera obligé
01:18:04comme quand on a fait
01:18:04les chemins de fer
01:18:05les chemins de fer
01:18:05ça a été fait par des partenariats
01:18:07public-privé
01:18:07en France
01:18:08on a maillé la France
01:18:09de chemin de fer
01:18:09avec des partenariats
01:18:10je pense que
01:18:11évidemment
01:18:12l'Etat a un rôle à jouer
01:18:13un rôle stimulant
01:18:14j'espère
01:18:14quand il est bien
01:18:15mais il y a un rôle
01:18:16de partenariat
01:18:17entre le secteur privé
01:18:18le secteur public
01:18:19et le secteur privé
01:18:20je crois beaucoup
01:18:20dans le cofinancement
01:18:21les grandes réalisations
01:18:23ont été faites
01:18:24souvent par du cofinancement
01:18:25mais en tout cas
01:18:26ce que je veux dire
01:18:27c'est que j'espère vraiment
01:18:27que vous arriverez à un budget
01:18:28on peut se mettre d'accord
01:18:29sur Zuckman par exemple
01:18:30lui et moi
01:18:31on est prêts à discuter
01:18:32on peut arriver à quelque chose
01:18:33c'est-à-dire qu'on peut arriver
01:18:35et il faut absolument
01:18:36se mettre d'accord
01:18:36parce que
01:18:37ça serait dramatique
01:18:38que vous ne convergiez pas
01:18:39vers un budget
01:18:40ça serait dramatique
01:18:41parce que tout le monde
01:18:41va perdre à ce moment-là
01:18:42nos notes vont baisser
01:18:44le taux d'intérêt
01:18:45va se remettre à grimper
01:18:45la bourse va plonger
01:18:46et c'est tout le monde
01:18:47qui va perdre
01:18:48donc c'est vraiment un jeu
01:18:50où il y a un coût énorme
01:18:51à ce que vous ne mettiez pas d'accord
01:18:52et je pense que vous avez
01:18:53les moyens de vous mettre d'accord
01:18:54il y a beaucoup de possibilités
01:18:56moi j'en ai suggéré
01:18:56quelques-unes
01:18:57mais peut-être que
01:18:57ce que j'ai suggéré
01:18:58n'est pas bon
01:18:59et que peut-être
01:19:00on peut reprendre par un autre bout
01:19:01Zuckman modifié d'une autre manière
01:19:03mais il faut que vous arriviez
01:19:04entre vous à un accord
01:19:05et parce que
01:19:07l'Europe nous regarde
01:19:08l'Europe nous regarde
01:19:09et dit
01:19:09est-ce que la France
01:19:10merci il est en train de se dire
01:19:11est-ce que j'ai un partenaire
01:19:12est-ce que j'ai quelqu'un
01:19:13on a enfin une Allemagne
01:19:15qui veut investir
01:19:15c'est nouveau ça
01:19:16est-ce que j'ai un partenaire
01:19:18avec la France
01:19:19donc quand vous faites
01:19:20aujourd'hui votre décision
01:19:21regardez-vous de l'extérieur
01:19:23regardez
01:19:23mettez-vous dans les chaussures
01:19:26des Allemands
01:19:27des Anglais
01:19:28qui se disent
01:19:29la France
01:19:29quand la France étonne le monde
01:19:31quand elle arrive
01:19:32à faire ce qu'il faut
01:19:33et la France
01:19:34on a des chercheurs
01:19:35on a des potentialités
01:19:36extraordinaires en France
01:19:37on est un merveilleux pays
01:19:38on a un modèle social
01:19:39il faut le corriger
01:19:40l'améliorer
01:19:41mais on est un pays
01:19:42vraiment
01:19:43on fait l'envie
01:19:44de beaucoup de pays
01:19:44dans le monde
01:19:45il faut qu'on arrive
01:19:46à se mettre d'accord
01:19:47pour pouvoir avancer
01:19:48et être un moteur de l'Europe
01:19:49mais en même temps
01:19:51s'assurer que
01:19:52les Français
01:19:53se retrouvent dans ce budget
01:19:54et qu'ils sentent
01:19:55que c'est inclusif
01:19:56que c'est juste
01:19:58que c'est un budget raisonnable
01:19:59et juste
01:20:00et qui permet d'avancer
01:20:01et après il y aura des débats
01:20:03dans 2027
01:20:04mais moi j'espère vraiment
01:20:05qu'il y aura ce sentiment
01:20:06que Draghi
01:20:07et tous ces gens-là
01:20:08ils vont se dire
01:20:08mais la France
01:20:08c'est vraiment un partenaire
01:20:10avec qui on peut travailler
01:20:11et c'est pour ça
01:20:12j'ai l'impression
01:20:13qu'on est comme après
01:20:14la deuxième guerre mondiale
01:20:15on est tous là
01:20:16il y avait tous les gens
01:20:17dans le conseil national
01:20:19de la résistance
01:20:19il y avait la roque
01:20:20il y avait les communistes
01:20:21il y avait les machins
01:20:22et ils se sont mis d'accord
01:20:24et ils ont relevé ce pays
01:20:25et je crois que
01:20:27voilà
01:20:27on est à un moment
01:20:28comme ça
01:20:28et j'espère que vous mesurez
01:20:30le poids qui pèse sur vous
01:20:32moi je ne suis pas un politique
01:20:34je suis un chercheur
01:20:35donc voilà quoi
01:20:36donc moi après
01:20:37donc j'ai pas
01:20:38d'ambition politique
01:20:39aucune
01:20:40je serai d'abord
01:20:40je suis trop gaffeur
01:20:42et trop chercheur
01:20:43pour faire de la politique
01:20:44donc voilà
01:20:45mais j'espère que
01:20:46ce débat aura été fructueux
01:20:48merci
01:20:49voilà pour cette audition
01:20:51de Philippe Aguillon
01:20:52qui a été récemment sacré
01:20:54prix Nobel d'économie
01:20:55avec deux de ses confrères
01:20:56pour leurs travaux
01:20:58sur la croissance
01:20:59et l'innovation
01:21:00alors vous avez entendu
01:21:01ses positions
01:21:02sur la taxe Zuckman
01:21:04il y est plutôt opposé
01:21:06il estime que cette taxe
01:21:07freinerait l'innovation
01:21:09dans les entreprises
01:21:09qui est pour lui
01:21:10source de prospérité générale
01:21:13vous pouvez retrouver
01:21:14cette audition
01:21:14sur lcp.fr
01:21:16c'est la fin de cette séance
01:21:17à très bientôt
01:21:18pour voir ou revoir
01:21:19d'autres moments parlementaires
01:21:21ciao ciao
01:21:22Sous-titrage Société Radio-Canada
01:21:26Sous-titrage Société Radio-Canada
01:21:27Sous-titrage Société Radio-Canada
01:21:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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