00:00Il met d'abord l'édito politique Arthur Berda et vous nous parlez ce matin de l'Algérie avec qui la France va peut-être durcir le ton.
00:06Oui parce que l'Assemblée va examiner tout à l'heure une proposition d'abrogation des fameux accords de 68.
00:13Alors pour expliquer en deux mots ce dont il s'agit, c'est un texte qui date d'il y a une soixantaine d'années
00:19pour faciliter la circulation, le séjour et l'emploi des ressortissants algériens sur le sol français.
00:26Cela remonte à une époque où nous étions en plein dans les 30 glorieuses, où le pays avait besoin de main-d'oeuvre
00:32et où la culpabilité post-coloniale de Paris était à son paroxysme, sauf que ça peut dire que le contexte a changé depuis.
00:40La crise économique bat son plein, les relations diplomatiques se sont dégradées et c'est surtout ça le point important
00:46parce que ce qui était une opportunité hier s'est transformée en un boulet aujourd'hui avec un appel d'air migratoire devenu incontrôlable
00:55et un pays surtout qui ne joue pas le jeu en face, c'est-à-dire qu'il profite des visas par centaines de milliers
01:00mais qu'en retour il ne joue pas le jeu des laissés-passés consulaires qu'il distribue au compte-gouttes.
01:05En gros, il refuse de reprendre ses individus dangereux, ce que l'on appelle les OQTF.
01:10Bref, heureusement donc que du modem de François Bayrou jusqu'au RN de Marine Le Pen,
01:15en passant par Renaissance de Gabriel Attal, Horizon d'Edouard Philippe et les Républicains de Bruno Rotaillot,
01:20il existe une majorité pour abroger cet accord de 68, enfin, sur le papier.
01:25Sur le papier ?
01:26Parce que de nos jours, la politique malheureusement est ainsi faite que l'on ne vote pas toujours en adéquation avec ses convictions
01:32mais le plus souvent en accord avec ses tout petits intérêts.
01:36Or, puisque ce sont les troupes de Marine Le Pen qui vont mettre le sujet sur la table des députés,
01:41certains ont déjà annoncé qu'ils préféraient déserter.
01:44Il en va notamment du groupe de Gabriel Attal qui va se cacher derrière son petit doigt
01:49pour trouver une fausse excuse pour ne pas voter le texte.
01:53Le dernier argument en date, c'est que l'accord ne prévoirait pas de clause de dénonciation
01:57et que donc il ne serait pas possible de revenir dessus.
02:00Tant pis si au moins deux articles de la Convention de Vienne, dont la France n'est certes pas signataire
02:05mais qu'elle peut appliquer malgré tout, ouvre la voie à une sortie.
02:09L'impossibilisme juridique est toujours plus confortable que le courage politique.
02:14Et il y a donc toutes les chances pour que l'Assemblée vote aujourd'hui contre le RN
02:18plutôt que pour l'abrogation.
02:21Quand le diable montre le doigt, ses idiots utiles préfèrent regarder le doigt
02:27et voyez que moi-même je peux parfois être idiot.
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