00:00La politique, d'abord. Charles, après quasiment une semaine de débat à l'Assemblée,
00:05votre conviction, à vous, elle est faite.
00:07C'est-à-dire que les jours de Sébastien Lecornu à Matignon sont comptés.
00:09C'est ce que vous nous dites ce matin.
00:11Bah oui, écoutez, désolé de jouer ainsi les oiseaux de mauvaise augure,
00:15d'entendre que le ciel semblait un peu s'éclaircir pour le Premier ministre.
00:20On avait un début de compromis.
00:21Alors les macronistes acceptaient d'avaler des couleuvres tant qu'elles n'en portaient pas le nom.
00:26Taxer les riches, oui. Taxer Zuckman, non.
00:29Et de l'autre côté, le Parti Socialiste a lui aussi avancé,
00:32était prêt à abandonner son totem tant que son objectif de 10 à 15 milliards de taxes supplémentaires était atteint.
00:43Finalement, quand on regarde les choses, avec 3 milliards de surtaxes sur les grandes entreprises,
00:463 milliards de CSG sur les revenus du capital, on n'était pas très loin du compte.
00:51Il manquait un ou une ou deux taxes, une contribution sur les hauts patrimoines et l'affaire était réglée.
00:55Qu'est-ce qui vous fait prédire alors ? Une chute du gouvernement, une chute quasi imminente.
00:59En fait, 3 choses.
01:01Déjà, on l'a vu hier soir à l'Assemblée nationale, si vous voulez,
01:04c'est le vote surprise du Rassemblement national d'un amendement et les filles
01:07qui a porté à 26 milliards un impôt supplémentaire sur les entreprises, les multinationales.
01:14Ça, ça a pour effet de rendre totalement invotable pour les macronistes leur propre budget.
01:19Quand bien même ils voudraient le voter.
01:20Il y a un second problème, c'est qu'on voit que le Premier ministre perd en autorité sur ses troupes.
01:26Or, si jamais il apparaissait comme incapable de tenir ses promesses vis-à-vis du Parti Socialiste,
01:31c'est la chute assurée.
01:32Et enfin, il y a une troisième raison qui, pour moi, est vraiment la raison la plus importante,
01:35qui rend la censure de Sébastien Lecornu quasiment inéluctable.
01:39C'est une raison constitutionnelle.
01:41Vous le savez, les parlementaires, en fait, ont 70 jours pour voter le budget.
01:45Pour arriver à tenir ce délai, il faut qu'ils aient fini d'examiner toute la première partie,
01:52donc la partie recette, d'ici mardi.
01:53On n'y est pas du tout.
01:54Là, on est à un rythme de 100 amendements par jour.
01:58Normalement, en vitesse de croisière, en commission, c'est 150 par heure.
02:00Ah oui, c'est pas gagné, oui.
02:01Et voilà.
02:01Et si jamais il n'y arrivait pas, ce qui est vraiment...
02:04C'est très simple, c'est un échec.
02:05C'est-à-dire que le gouvernement, constitutionnellement, aurait les mains libres
02:09pour faire passer le budget qu'il souhaite par ordonnance.
02:13Il y a très peu de chances pour que les oppositions laissent faire
02:16et du coup, ils auraient juste la liberté de voter une censure par précaution.
02:21Réponse dans les prochains jours.
02:23Merci Charles Mathieu.
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