- il y a 3 mois
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00:00Nijirriu, Niju, Nijirriu, Nivetsu, Nijijais, Nijijais,
00:07t'قدm لكم هذا البرنامج الرياضي.
00:30أهلاً وسهلاً ومحبابكم معنا برنامجكم الرياضي أسبوعي Sport Time
00:38على قناتكم M24، برنامج سيتنا اليوم حيث نتواجده في المركب محمد الساسيس لكرة القدم.
00:45نحن اليوم ديوف ديال ناقيب وطني فاز بكأس العالم.
00:53معنا اليوم سي محمد وفيه. أهلاً وسهلاً سي محمد.
00:56السلام عليكم.
00:57Merci beaucoup pour l'invitation.
00:59Merci beaucoup pour nous.
01:01Merci.
01:19Merci beaucoup.
01:21Je suis très heureux de pouvoir partager ce moment avec vous.
01:25Mohamed, comme je le disais en ouverture, nous sommes ici au complexe Mohamed VI de Mahmora de football.
01:32Pas dans la même salle, à côté de la grande salle du grand auditorium.
01:39C'est là où l'histoire a commencé.
01:44Puisque c'est ici, au complexe, que Mohamed Wahbi a annoncé la liste des joueurs qui allaient prendre part à cette Coupe du Monde.
01:53Aujourd'hui, avant de parler de résultats, on veut parler de l'aventure humaine du sélectionneur.
02:00Ici même, le choix, est-ce qu'il a été difficile d'établir la liste des joueurs qui allaient participer à cette Coupe du Monde ?
02:10Elle est toujours difficile, même quand c'est pour des matchs amicaux, des tournois.
02:17Là aussi, ça m'impressionne encore plus parce que c'est là où on a fait toutes nos causeries d'avant-match, toutes nos projections vidéo.
02:24Donc, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'heures ici.
02:27Et c'est un moment où je suis assis ici et je suis en train de percevoir mes joueurs qui sont en train de me regarder.
02:32Donc, c'est aussi un endroit particulier pour moi.
02:34Mais c'est vrai que c'était difficile parce qu'il fallait faire le bon choix.
02:39Mais il fallait faire le bon choix sans état d'âme, sans penser au fait que choisir, c'est renoncer aussi.
02:46Que des joueurs le méritaient, des joueurs avaient fait la Coupe d'Afrique, des joueurs avaient fait l'UNAF et que c'était la forme du moment qui comptait.
02:54Et que voilà, c'était des choix quand même très difficiles à faire, mais qu'on a fait sans état d'âme en pensant vraiment au bien de l'équipe et au bien de la nation pour cette Coupe du Monde.
03:05Très bien. Alors, justement, cette liste, les sélectionneurs sont toujours sujets à des critiques. Est-ce que ça touche un sélectionneur ?
03:14Je sais que les gens ou tout le monde ne sait pas pourquoi on fait ces choix-là.
03:19Exactement.
03:20Et moi, ce qui me rassure, c'est toujours quand je fais… En fait, je ne fais pas le choix tout seul.
03:23C'est important. C'est moi qui tranche. Je suis le coach. Mais j'ai vraiment un staff incroyable derrière moi.
03:28Et on échange. On échange beaucoup. Et je veux qu'ils ne soient pas d'accord quand ils ne sont pas d'accord. Il faut me le dire.
03:35Et ça nous permet vraiment d'approfondir notre réflexion, de se dire, voilà, est-ce que j'ai fait le bon choix ?
03:40Et quand je décide, même si c'est après mon choix de départ, je dis toujours à celui qui a essayé d'insister pour quelque chose d'autre.
03:47Et je dis, ben, tu as raison. Parce que le fait d'avoir insisté pour quelque chose d'autre, ça m'a poussé encore à réfléchir plus au choix que j'allais prendre.
03:54Et donc, quand ça confirme mon idée, tant mieux. Si on part dans ton idée, tant mieux aussi.
03:59Donc, le plus important, c'est ça, c'est de faire les choix vraiment sans état d'âme, avec mûrement réfléchi et avec des gens surtout qui connaissent le contexte,
04:07qui connaissent le niveau des joueurs, le comportement des joueurs, l'attitude des joueurs, la performance du joueur, ce qui est insuivi.
04:13C'était important. Et je sais que nous, on avait fait les bons choix. Et puis, la critique, elle vient de l'extérieur.
04:17Mais à partir du moment où quelqu'un ne connaît pas vraiment le contexte, il a le droit de penser ce qu'il veut et on les laisse penser ce qu'ils veulent.
04:24Nous, on savait qu'on avait fait le bon choix et on s'est concentré sur ça.
04:27Très bien. Alors, on va continuer de refaire cette Coupe du Monde depuis plus ou moins le début.
04:32Le tirage au sort. Avec tout ce que le football marocain est en train de traverser, on continue quand même à chaque tirage au sort de dire qu'on est tombé dans un groupe de la mort.
04:43Je pense que maintenant, je pense que ce sont aux autres équipes de dire qu'ils sont tombés dans le groupe de la mort avec l'équipe du Maroc.
04:51Oui, il faut reconnaître que nous, on avait plus de chances d'avoir des adversaires et des noms très, très, très connus ou très prestigieux que les autres.
04:59C'est-à-dire que nous, on était dans le Chapeau 4. C'est aussi quelque chose qui me rend fier aussi, parce que notre performance va permettre aux générations d'après de ne plus être dans le Chapeau 4.
05:08On était même avant-derni, il n'y avait que la Nouvelle-Calédonie qui était derrière nous.
05:12Donc, pour nous, c'était un peu logique qu'on ait l'affronté des équipes de Chapeau 1, Chapeau 2, Chapeau 3.
05:18Mais moi, ce que je retiens, c'est le visage du coach, du sélectionneur brésilien et espagnol au moment du tirage au sort.
05:25C'est la manière dont quand ils se sont retournés, quand ils ont tiré le Maroc, ils se sont retournés en faisant un regard sans parler.
05:32Juste dans leur regard, je voyais qu'ils n'étaient vraiment pas contents.
05:35Après, c'est à juste titre.
05:37Lorsque vous affrontez une équipe du Chapeau 4 et vous avez Cuba, vous avez la Nouvelle-Calédonie, vous n'avez pas envie de tomber contre le Maroc.
05:42Donc, c'est clair que maintenant, le Maroc est très respecté.
05:45Et donc, alhamdulillah, c'est une réussite aussi de beaucoup, beaucoup de gens et de nombreuses années de travail.
05:50Mais moi, personnellement aussi, il faut que vous sachiez, c'est ce que je disais à mon groupe.
05:55Je ne sais pas, on avait fait une émission avec le groupe de la Cannes où il y avait le premier tirage.
06:00Le premier tirage avait l'Afrique du Sud, l'Egypte, le Nigeria. C'était les quatre demi-finalistes.
06:05Et moi, en fait, j'ai toujours vécu ça, même quand j'étais en Derlake et qu'on faisait les plus gros tournois internationaux.
06:10En tirage au sort, je n'ai jamais eu de réussite. J'ai toujours tiré les meilleures équipes.
06:14Donc, en fait, c'est comme si j'étais préparé. Et j'ai essayé de préparer mon staff aussi, de leur dire, les amis, on va avoir un groupe de la mort, comme vous croyez.
06:20Soyez sûr.
06:21N'imaginez même pas qu'on va toucher. On va avoir un...
06:24Voilà, ça les a rassurés aussi parce que c'est comme si on était préparés.
06:27Et puis voilà, c'était un moment quand même agréable parce qu'on se disait, c'est la Coupe du Monde. On va jouer à la Coupe du Monde.
06:33On va jouer au Brésil, l'Espagne, le Mexique. C'est impressionnant.
06:35Très bien. Alors, pour le groupe, justement, c'est-à-dire le fait de jouer à un événement comme celui-ci qui est la Coupe du Monde.
06:43Moi, je parle des joueurs, des jeunes joueurs. C'est quand même une catégorie d'âge qu'il faut savoir, c'est-à-dire plus ou moins maîtriser.
06:49Dans quel état d'esprit les joueurs se sont présentés à cet événement ?
06:54Déjà, on n'a pas eu beaucoup de contacts après le tirage au sort parce qu'on venait de terminer la Coupe d'Afrique.
06:58Donc, on ne les a plus vraiment vus. On a fait des stages, beaucoup de stages au mois d'août, mais des stages avec les joueurs du championnat local.
07:04Et donc, on ne les a retrouvés qu'au mois de septembre où là, on était vraiment dans le vif du sujet. Dernier stage, dernière préparation.
07:10Mais j'ai senti, et j'ai senti parce qu'il y a des membres du staff qui sont souvent en contact avec les joueurs.
07:16Tout le monde était en enthousiasme. Tout le monde voulait vivre ce moment-là. Et je n'ai pas senti de peur.
07:23Je n'ai pas senti de joueurs qui faisaient comprendre que, ouais, coach, ça va être impossible. Vraiment pas.
07:30Et ça se voit aussi dans la volonté qu'ont eu certains joueurs pour, entre guillemets, rentrer en conflit, entre guillemets, avec leur club pour venir à la Coupe du Monde.
07:39S'ils pensaient que c'était juste pour trois matchs, je ne pense pas qu'ils auraient fait la guerre avec leur club.
07:43Et ils se disent, là, ils étaient persuadés qu'ils allaient aller loin, qu'ils allaient faire une belle Coupe du Monde.
07:47Parce que si vous êtes dans un club en Europe et qu'on vous dit non, vous allez perdre votre place, reste avec nous.
07:53Et si vous partez avec l'idée que vous n'allez jouer que trois matchs, peut-être que vous allez vous dire, ouais, c'est peut-être mieux de rester dans mon club.
07:59Une semaine après, la Coupe du Monde, elle est finie. Parce que ces trois matchs, c'est une semaine.
08:03Non, ces joueurs-là, ils croyaient vraiment. Donc, c'est ce qui a fait la différence aussi.
08:07Ils étaient plus ou moins prédisposés à aller jusqu'au bout.
08:10Ouais, mais on les a prédisposés depuis déjà deux ans et demi.
08:12C'est-à-dire qu'on a fait de nombreux matchs, de nombreux matchs amicaux où tout le monde a joué, quel que soit l'adversaire.
08:17Et chaque fois, on leur disait, les amis, on se prépare pour être au top à la Coupe du Monde.
08:22On se prépare pour être au top à la Coupe du Monde.
08:24On n'a même pas fêté correctement les matchs de l'UNAF, les qualifications, les matchs de la Coupe d'Afrique.
08:31Parce qu'à chaque fois, on pensait à la suite.
08:33Comme si c'est bien ce qu'on a fait, mais ce qui nous intéresse, c'est plus.
08:36Et c'est peut-être un défaut aussi.
08:37Et c'est un défaut que j'ai aussi, je pense, moi, c'est que je ne profite pas assez.
08:40C'est que je me projette tout de suite par rapport à ce qui va arriver après.
08:45Et on les laisse toujours une soirée tranquille.
08:47Mais on leur dit tout de suite, non, c'est fini.
08:48Après, maintenant, on commence à penser à se projeter.
08:51Et donc, voilà, c'est cette manière, je pense, de fonctionner qui a fait que les joueurs avaient un but.
08:58C'était la Coupe du Monde, être performant la Coupe du Monde.
09:00Et quand ils y sont arrivés, ils savaient qu'ils étaient prêts pour combattre.
09:04Alors, on dit généralement que le meilleur moyen de rentrer dans une compétition, c'est de gagner le premier match.
09:11C'était là aussi une évidence pour vous ?
09:14Pour la confiance, c'est bien.
09:16Mais moi, je ne suis pas toujours d'accord avec ça.
09:19Pourquoi ? Parce que je dis toujours quand les matchs sont serrés.
09:23Des fois, le troisième match, c'est le plus important.
09:25Donc, si vous gagnez le premier match et vous perdez le deuxième, vous abordez le troisième match avec un esprit négatif parce que vous venez de perdre un match.
09:32Exactement.
09:34Si vous perdez le premier, mais vous gagnez le deuxième, vous êtes euphorique lors du troisième match parce que vous êtes relancé.
09:38Donc, moi, je trouve que ce qui était très, très important, c'était d'arriver au troisième match en étant satisfait de ce qu'on a fait.
09:47Donc, même si c'était un point, trois points, trois points, un point, zéro point, trois points, c'était satisfait de ce qu'on a fait et avec confiance.
09:53Après, voilà, si vous me dites avant que vous préférez le gagner, je dis oui, je préfère le gagner.
09:57Les deux, comme on l'a fait.
09:59C'est sûr.
10:00Alors, quels sont les mots de Mohamed Wahibi juste justement avant l'entame de cette première rencontre ? Quels ont été vos mots juste avant ?
10:12Je me rappelle, parce que je ne vais pas me rappeler de toutes les causeries, tous les mots, mais je me rappelle du premier match, c'est de se dire, les amis, quand on est dans des moments comme ça, rappelez-vous tous les efforts, tout ce qu'on a fourni, tous les moments difficiles.
10:24Les matchs de l'UNAF, le match de la Sierra Leone, on était en prolongation, c'était 0-0, on aurait pu prendre un but et ne même pas se qualifier pour la Coupe du Monde.
10:33Tous ces moments-là qui nous ont amenés à aujourd'hui se préparer pour jouer un premier match de Coupe du Monde, parce que c'est ça qui vous donnera la force, parce que toute cette dépense d'énergie que vous avez fait pendant de nombreuses années, c'est pour être là maintenant.
10:46Et donc, voilà, c'était ça un peu que je leur ai dit, et surtout de profiter, parce que c'est une Coupe du Monde, et voilà, c'est ce que je me rappelle en tout cas.
10:55Eh bien, ça c'était avant. À la fin de la rencontre, quels ont été vos mots ?
11:00Ah, je me rappelle comme si c'était hier, comme si c'était même tout de suite. Pour moi, j'ai toujours parlé de confiance et d'humilité.
11:07C'était vraiment deux mots très très importants qui étaient un peu la base de notre travail. Et je leur avais dit, voilà, maintenant vous avez gagné.
11:16Donc vous avez gagné en confiance aussi. Maintenant qu'on a battu l'Espagne, on aborde les matchs avec beaucoup plus de confiance.
11:22Je dis, le problème, c'est qu'on risque de perdre en humilité, parce qu'on a battu l'Espagne.
11:27Donc ce que j'ai essayé de leur faire comprendre, c'est qu'il faut garder un équilibre, il ne faut pas qu'il y ait une grosse différence entre notre confiance et l'humilité,
11:33et qu'il faut garder une certaine humilité pour être performant. Et la confiance, on en a besoin.
11:38Mais il faut rester humble, savoir que ce qu'on a fait là, c'est que le début et que c'est que le commencement et ça ne veut rien dire.
11:47Donc j'ai insisté sur ça, j'avais beaucoup de craintes. J'avais beaucoup de craintes parce que je me suis dit,
11:52wow, commencer par l'Espagne, gagner, c'est bon, ils vont commencer à s'enflammer.
11:56Mais en fin de compte, tout ce qu'on avait fait pendant deux ans et demi avec eux,
11:59on se rend compte que durant la compétition et pas seulement le premier match, on a ressenti les effets positifs.
12:05Après cette première victoire, vous avez sans doute eu des retours de ce que vous étiez en train de réaliser,
12:11mais surtout ici au Maroc. Vous avez eu des retours, des supporters qui commencent à y croire.
12:17Gagner face à l'Espagne, ce n'est pas une mince affaire.
12:20Quelles ont-là ici été la SADRE ? Comment vous avez senti ces premiers retours ?
12:27Mais ça commençait déjà vraiment à ne pas nous impressionner,
12:31parce qu'on connaît aussi la passion du peuple marocain,
12:34mais c'était encourageant de savoir que beaucoup de gens,
12:39peut-être pas encourageant, mais beaucoup de gens ont l'impression que beaucoup de gens ne croyaient pas en nous.
12:44Quand on voit tout ce qui s'est passé, l'euphorie, etc., on se dit, mais quoi, c'est bon.
12:50En fait, comme si nous, on était contents de la victoire,
12:53mais alhamdoulilah, on savait qu'on pouvait gagner.
12:55Donc, ce n'était pas une surprise pour nous. Donc, on était tout de suite tournés sur le prochain match.
12:59Et le retour qu'on a eu du Maroc, c'est de se dire, je pense qu'ils ne croyaient pas en nous.
13:04Ils n'étaient pas conscients qu'on était capables de le faire.
13:06Mais après, ce qui est facile aussi, dans la préparation du match d'après,
13:10c'est que vous jouez le Brésil. C'est plus facile.
13:12On aurait joué le Mexique après, on aurait joué une autre nation.
13:15Là, il aurait fallu vraiment... Là, tu joues le Brésil,
13:18tu sais très bien que les joueurs vont rester focus, concentrés.
13:21Mais voilà, c'était en grandissant, le retour qu'on a eu du Maroc et des supporters.
13:28Mais ça nous a à chaque fois apporté une énergie.
13:32Très bien.
13:33Alors, si Mohamed on va rester dans les matchs du premier groupe,
13:37quelles ont été les principales difficultés face aux premières équipes que vous avez rencontrées ?
13:43Ce n'est pas des difficultés, c'est des challenges.
13:46On sait qu'on affronte des équipes de qualité, avec des joueurs de qualité,
13:50avec un nom aussi qui résonne, le Brésil, l'Espagne, même le Mexique au niveau des jeunes.
13:56C'était des challenges, c'était de pouvoir...
14:00Il n'y avait pas de difficultés.
14:02Sincèrement, je n'ai senti aucune difficulté.
14:04Et peut-être aussi parce qu'on était prêts aussi à souffrir.
14:08Et je pense que le groupe et tout le monde, on était prêts à se dire,
14:10voilà, il y a des moments qui vont être plus difficiles que d'autres.
14:13Mais ce n'est pas grave.
14:14Allez, je continue.
14:15Et je leur disais toujours, en fait, je n'ai pas peur de ces moments-là.
14:19Vous savez de quoi j'ai peur ?
14:21Vous savez de quoi j'ai peur ?
14:22J'ai peur des moments où on sera bien, dans le match, euphorique,
14:25on sera supérieur, et que là, on va tomber dans la facilité,
14:28on va commencer à faire des petits ponts.
14:31C'est de ça que j'ai peur.
14:32Tout le reste, et voilà, comme si on était préparé, en fait,
14:35à affronter cette adversité.
14:38Et donc, voilà, moi, je n'ai pas senti de difficultés.
14:42Maintenant, le match du Mexique, on était premier qualifié d'office, etc.
14:45On a fait tourner, bien entendu.
14:46J'étais un peu plus dur.
14:47J'étais un peu plus dur dans la préparation, dans mon coaching.
14:50J'ai pris un carton jaune.
14:51Je voulais vraiment que mes joueurs...
14:53Gardent toujours cette...
14:54Voilà, je ne voulais pas qu'on baisse trop la pression.
14:57Parce que je sais qu'il fallait récupérer, relâcher un petit peu,
15:00mais pas trop, parce qu'après, c'est difficile de remonter.
15:03Et donc, voilà, c'est pour ça que j'étais peut-être...
15:05C'est le match où j'ai été le plus dur avec mes joueurs dans mon coaching,
15:08plus dur avec les arbitres,
15:09parce que je me forçais à l'être pour leur montrer que moi, je veux gagner.
15:13Et nous, on veut gagner, le staff veut gagner.
15:16Et donc, on a trouvé des motivations extra, comme le chapeau 4.
15:20Je dis, vous voyez, vous étiez dans le chapeau 4.
15:21Pensez à la génération d'après, le fait de gagner tous nos matchs et un maximum de matchs.
15:25On gagne des points et la génération d'après pourrait être dans le chapeau 2 ou le chapeau 1.
15:29C'est aussi ça, représenter le Maroc.
15:32Ce n'est pas juste pour vous et pour votre équipe.
15:34Et donc, j'avais essayé de trouver des motivations.
15:36On en avait perdu et j'étais déçu.
15:37Mais après, j'ai vite tourné le bouton, bien entendu, avec Gécime,
15:42avec l'entraîneur adverse, on s'est calmé un peu, on a rigolé un petit peu.
15:45Et ça m'a permis de décompresser un peu.
15:48Alors, le fait marquant dans cette équipe,
15:51ce que tout le monde, bien sûr, a remarqué,
15:54c'est la générosité dans l'effort.
15:57On a toujours un coéquipier à côté, démarqué, qui demande le ballon.
16:01Il y en a un autre qui fait un appel.
16:03C'est ce qui marque, vraiment, c'est ce qu'on garde en tête.
16:07C'est dans cette équipe U20.
16:10Et c'est du personnel, c'est du collectif, c'est beaucoup de travail en amont.
16:15Oui, c'est le travail en amont.
16:17C'est le travail en amont.
16:19Ce groupe-là, on l'a créé, on a travaillé depuis maintenant de nombreuses années
16:24et on est passé par tous les moments.
16:27Et ils connaissent aussi notre manière de fonctionner.
16:30La méritocratie, que tu es bon, tu joues, que tu sois bon,
16:33même si ces deux joueurs, Gessim et Hotman, leur meilleur poste, c'est à droite.
16:38Je le sais.
16:39Et des fois, il y en a qui viennent me le dire, mais je ne suis pas bête.
16:41Je sais que Gessim, il est plus performant à droite et que Hotman aussi.
16:44Mais moi, j'ai toujours dit, moi, je prends les meilleurs.
16:48Si les meilleurs se mettent au service du collectif, je les prends.
16:50Même s'il y a trois joueurs qui jouent au même poste,
16:53je pense que quand tu es un bon joueur et tu te mets au service du collectif,
16:56tu peux apporter quelque chose.
16:57Et le fait que tous ces joueurs-là se sont mis au service du collectif,
17:01ça va au-delà de ce que vous avez vu à la télévision.
17:03Parce que moi, j'ai senti, et les joueurs me le disaient pendant le match,
17:07quand Taha Mejni est en difficulté contre la France,
17:10parce que ce n'est pas son poste à la base,
17:12et qu'il y a Hotman, Mama et MBR qui me font comprendre qu'ils sont là pour l'aider.
17:15Coach, encouragez-le, on est là, on va faire les efforts,
17:18on va l'aider, on ne va pas le laisser seul.
17:21Quand Hotman contre les États-Unis, qui vient d'aider Zahouani,
17:24parce qu'il a un joueur redoutable en face, c'était le meilleur joueur américain,
17:29et qui dit, coach, je ne sors pas, je m'occupe de lui, je suis latéral,
17:32je suis défenseur, je ne suis même plus offensif, il ne va pas toucher un ballon.
17:35Et tous ces moments-là, en fait, de générosité, d'entraide,
17:39déjà, quand vous le sentez en direct, les joueurs vous en parlent à la mi-temps,
17:46les joueurs qui commencent sur le banc, qui encouragent à la mi-temps,
17:49tout ça, en fait, c'est ça qui a fait, cette famille qu'on a créée,
17:54c'est ça qui nous a amenés à gagner ce titre.
17:57Puis après, la grande famille du Maroc qui s'est rajoutée.
18:00Exactement.
18:00Une aventure comme celle-ci, comme on en parlait, c'est un collectif,
18:03mais il y a aussi des histoires individuelles, très marquantes.
18:08Pour Mahaboud Wahhabi, quelles sont vraiment les histoires les plus marquantes
18:11au niveau du parcours d'un ou d'autres, ou deux ou trois joueurs ?
18:16Mais il y en a beaucoup.
18:16Justement.
18:17Il y en a beaucoup.
18:18Moi, je pourrais parler de Khalifi, je pourrais parler de Naim Biyar,
18:22qui me viennent comme ça, de Zawani,
18:25qui je l'ai pris parce que mon staff a insisté, pas à la Coupe du Monde,
18:29avant même, il y a un an, mon staff a insisté en me disant qu'il était vraiment bon,
18:33mais je n'avais pas aimé certaines attitudes, des absences, des trucs comme ça,
18:36donc je l'avais vraiment écarté.
18:37Et quand je l'ai re-ramené en stage, je lui ai dit à mes assistants,
18:40je dis OK, mais il ne me parle pas.
18:42Je ne veux pas qu'il me parle, je ne veux pas lui parler,
18:43ce n'est même pas la peine.
18:44Pourquoi ? Parce que je lui ai dit toujours pas d'excuses, pas de reproches.
18:47C'est vraiment ce que je faisais depuis le début.
18:48Les motifs, ce n'est pas d'excuses, pas de reproches.
18:51J'ai horreur d'un joueur qui va me dire,
18:54coach, je vais aller, non, maintenant, je vais…
18:56Non, c'est les actes.
18:57C'est ce que tu vas faire tous les jours à l'entraînement, en dehors du terrain.
19:00Et donc, c'est ce que je ne l'avais même pas dit à lui,
19:02je voulais dire à mes assistants.
19:03Je ne voulais même pas lui parler.
19:04Au début, je savais que ça allait s'arranger,
19:06mais je voulais qu'il me montre au quotidien.
19:09Et je me rappelle qu'il s'entraînait, il faisait quelque chose de bien.
19:12Et donc, quand quelqu'un fait quelque chose de bien, je lui dis « Ah, bien, bravo ! »
19:15Et lui, il faisait quelque chose de bien, mais je ne lui disais rien du tout.
19:17Et il me regardait.
19:18Il essayait de chaque fois de me croiser du regard.
19:19Et je le regardais, puis hop, j'ai tourné mon regard.
19:22Et c'est clair que c'était dur.
19:24C'était dur, mais je savais aussi que c'était la meilleure manière
19:27pour qu'il puisse comprendre et vivre ce truc avec nous.
19:31Alors, il y a aussi celle de Saïbal,
19:33et je pense que c'est le joueur dont le club avait refusé la libération
19:38et qui a promis qu'il allait revenir avec…
19:42Meilleur buteur, champion du monde,
19:44et qu'il allait devenir premier attaquant.
19:46Premier attaquant, et il a réalisé son objectif de bout en bout, je pense.
19:51Mais moi, je pense que ce n'est pas de l'arrogance
19:53quand vous mettez tous les moyens.
19:55Quand moi, je dis « Qu'est-ce que vous espérez ? »
19:59et gagner la Coupe du Monde juste après avoir perdu la canne,
20:02c'est parce que je sais que je vais mettre tout,
20:03je vais tout faire pour.
20:06Et Zabiri, c'est la même chose.
20:07C'est qu'il était persuadé qu'il allait tout donner
20:09et qu'il allait apporter quelque chose à son pays, à son équipe.
20:13Et moi, j'aime bien ça, parce que l'attaquant, il doit avoir ça.
20:16C'est ça, la confiance de l'attaquant.
20:17C'est ça qui fait qu'il arrive devant le gardien espagnol,
20:19qu'il la place tranquillement,
20:20qu'il arrive devant le gardien brésilien,
20:22qu'il fait un exclureur du pied.
20:23Il est en confiance.
20:25Il doit être en confiance.
20:26Voilà, et ça, c'est un joueur qui était pleinement en confiance
20:29et il n'a pas eu beaucoup de réussite.
20:31Il a été blessé à l'UNAF,
20:32il a été blessé au premier match de la canne.
20:35De nouveau, nous, on n'a jamais trouvé d'excuses.
20:36On s'est privé.
20:37Maintenant, tout le monde se rend compte.
20:39Il s'est dit « Ah, purée, il s'est blessé au premier match,
20:40il avait marqué deux buts.
20:41S'il aurait été là à la canne,
20:43on aurait marqué plus de buts. »
20:44Nous, on n'a jamais voulu trouver d'excuses,
20:46mais on était conscients.
20:46On était conscients qu'un joueur comme ça…
20:49Et puis, il y a eu cette situation
20:50où la dernière Datifa aux États-Unis,
20:53j'arrivais à aimer certaines choses qu'il faisait sur le terrain,
20:55son attitude, etc.
20:57Et je suis rentré dedans.
20:57C'était vraiment très dur.
20:59Et ça a fait aussi qu'il se posait des questions
21:01« Est-ce que le coach va me sélectionner ou pas ? »
21:02Parce que je pense qu'ils nous connaissent aussi.
21:04Ils savent que quand on est fâché sur quelqu'un,
21:05on est capable de le priver de la Coupe du Monde.
21:07Oui, bien sûr.
21:07Et donc, ça a fait que tout le monde était là à 200 %
21:10et se mettait au service du collectif.
21:13L'histoire, maintenant, tout le monde la connaît.
21:14C'est-à-dire, vous êtes passé,
21:15après les matchs qui ont suivi les phases de groupe,
21:19la grande finale face à une équipe d'Argentine.
21:22C'est-à-dire, bien sûr, la célébrité.
21:27Tout le monde connaît déjà rien que le nom.
21:30Quels ont été là aussi les mots qui ont motivé le groupe
21:34avant d'entrer sur l'ère de jeu ?
21:37Déjà, je vais me répéter, motiver.
21:41Vous jouez une Coupe du Monde, une finale,
21:42vous allez jouer contre l'Argentine.
21:44Si je dois motiver les joueurs, c'est qu'on a un gros problème.
21:47Je ne devais pas les motiver.
21:49Moi, c'était vraiment la clé
21:50et c'est ce qui me rend le plus fier.
21:52Vraiment, si je dois retenir quelque chose
21:54de cette Coupe du Monde, c'est ça.
21:56Parce que ça peut nous aider pour l'avenir aussi.
21:58Et c'était le principal défaut que je trouvais
22:00de nous, nos joueurs marocains.
22:02C'était la gestion des émotions.
22:04C'était qu'on perdait toujours le fil quelque part à un moment.
22:06et je leur avais dit de jouer avec calme.
22:09Parce qu'on avait fait la tactique,
22:10on avait tout fait comme d'habitude.
22:12Ni plus ni moins, ni moins.
22:13Comme d'habitude.
22:14Mais après, je leur avais dit,
22:15oubliez tout, retenez juste une chose.
22:17Ras barda, tête froide,
22:19ne pas rentrer dans leur jeu.
22:20On leur avait montré les provocations.
22:22Souriez.
22:22Je dis, Jessy, ils vont venir te rentrer dedans.
22:23Zaberry aussi, Hotman aussi.
22:25Ils vont vous faire des fautes.
22:26Ils vont vous faire sortir du match.
22:27Souriez.
22:28Ça va les déstabiliser.
22:31Et d'avoir vu mon équipe gérer ça,
22:34franchement, pour moi,
22:36c'est le plus beau moment de cette Coupe du Monde.
22:38C'est de se dire, c'est bon.
22:39Parce que c'était, pour moi,
22:42c'est le plus beau.
22:42Parce que c'est ce qui va nous faire gagner plus après.
22:44On a toujours eu peur de l'Egypte à l'époque.
22:46Attention, l'Egypte.
22:47Moi, j'ai joué à l'Egypte.
22:48Chaque fois, on me disait,
22:48attention, attention, attention, attention.
22:51Et on a appris,
22:52durant toutes ces années,
22:53à rester calme, patient.
22:55Si on marque un but,
22:55ce n'est pas grave.
22:56On veut en marquer un deuxième.
22:58Si on a marqué,
22:59c'est qu'on a fait les choses bien.
22:59Donc, on reste calme.
23:00Et si on perd,
23:01c'est la même chose,
23:03calme.
23:03Et c'est en jouant qu'on va gagner.
23:05Et d'avoir vu cette réaction des joueurs
23:07pendant cette finale
23:08et l'Argentine perdre le fil
23:11et sortir du match,
23:12je me suis dit,
23:12ils ont été grands là.
23:14Et alhamdoulilah,
23:14ça, c'est ma plus grande fierté.
23:15Grâce à Dieu.
23:16Alors, on est dans les extra times,
23:18comme toujours dans cette émission.
23:20Juste après,
23:21bien sûr, la finale,
23:23l'accueil ici même,
23:25Hawaï,
23:25et surtout,
23:26l'accueil au Palais Royal.
23:27Alors, son adresse royal,
23:28le prince héritier Moulayl Hassan,
23:30qu'est-ce que ça laisse comme impression
23:32au niveau d'un parcours
23:33d'un entraîneur
23:34et même d'un joueur ?
23:36Ça laisse une impression
23:38où vous vous dites
23:40que vous êtes tout, tout, tout petit
23:43et qu'en fin de compte,
23:45vous êtes très grands
23:46parce que ce prince héritier
23:48Moulayl Hassan
23:48qui vous félicite,
23:49qui est honoré,
23:50qui vous accueille
23:51avec des mots sincères,
23:54qui vous dit merci
23:54pour ce que vous avez donné
23:55pour le Maroc,
23:57en même temps,
23:57vous vous dites,
23:57on a fait quelque chose
23:58d'extraordinaire.
24:00Et je sais aussi
24:00qu'on l'a fait grâce
24:01à sa majesté
24:02parce que sa vision
24:03depuis de nombreuses années,
24:05le fait d'avoir créé
24:05cette Académie Mohamed VI,
24:07d'avoir développé le football,
24:08de se servir du football
24:08justement pour créer
24:10une certaine unité dans le pays,
24:11et je sais aussi
24:12que tout le mérite
24:13revient à sa majesté,
24:15mais d'avoir ces remerciements,
24:17c'est pour nous
24:18et pour les joueurs,
24:19c'était un moment inoubliable,
24:20c'était quelque chose
24:20qui m'a marqué,
24:21qui me marquera à vie
24:22et que surtout,
24:24j'ai envie de revivre.
24:25Donc, je vais essayer
24:26de faire en sorte
24:27de pouvoir revivre
24:28ces moments-là.
24:29Mohamed Vaivy,
24:30comme d'habitude,
24:31c'est-à-dire,
24:32la discussion avec vous
24:34est toujours très, très agréable.
24:35Bravo pour toute la joie
24:37et le bonheur
24:37que vous nous avez procuré
24:38durant cette Coupe du Monde.
24:39Merci beaucoup, Mohamed.
24:40Merci à vous.
24:41Merci à vous.
24:41Merci à tous.
24:43Merci à tous.
24:43J'ai mis-jeux à l'aide de ce programme,
24:45vous allez bien sûr que votre programme
24:46s'il vous a peut-être.
24:46et je vous remercie.
24:50et s'il vous a aussi.
24:52et s'il vous a vouloir.
24:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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