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  • il y a 11 mois
Invité de L'Equipe du soir, Maxime Grousset est revenu sur sa désillusion des Jeux Olympiques 2024 et sur la manière dont il a rebondi pour devenir champion du monde.

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Sport
Transcription
00:00On va parler des Jeux Olympiques, justement, de la manière de digérer ces JO, cet échec.
00:06Comment vous avez vécu cet échec des Jeux Olympiques ?
00:10C'était dur. En vrai, c'était dur dans le sens où j'étais vraiment déçu de moi.
00:20Je voyais mes proches qui étaient venus me voir, toute la France était venue me voir.
00:25De côté à domicile.
00:25Et en fait, je me disais, mince, je donne une mauvaise copie de ce que je n'avais pas envie de faire ça.
00:32Et puis même dans comment je ressentais les choses, ce n'était pas ce que je voulais faire.
00:36Mais je l'ai compris après, en fait.
00:38Maxime ?
00:39Moi, ma question, il y a souvent dans le sport de haut niveau deux profils d'athlètes.
00:44Tu as les athlètes passionnés par leur sport, qui du coup deviennent bons.
00:48Et à terme, ils ont de l'ambition, ils deviennent des champions, mais ils sont passionnés par leur sport.
00:51Et tu as les athlètes qui se sont mis à un sport un peu par hasard et qui finalement se sont retrouvés bons dans ce sport
00:56et qui utilisent le sport comme un outil d'atteindre des ambitions en termes de reconnaissance, monter socialement, parfois l'argent.
01:03Enfin voilà, c'est un peu le sport est un outil.
01:05Pour te remettre des Jeux Olympiques pour être aussi performant un an après, dans quelle catégorie d'athlètes tu mets ?
01:11C'est-à-dire, est-ce que tu as utilisé ta passion pour la natation pour pouvoir continuer dans le processus et dans le chemin ?
01:17Ou est-ce que c'est au contraire l'ambition ?
01:19Et même si parfois la natation, tu te lèves le matin, tu n'as pas envie d'en faire, mais c'est l'ambition qui t'a permis de te relever ?
01:23Ok.
01:23Je savais pas que pour moi, c'est…
01:26C'est que la passion ?
01:26C'est la passion.
01:27Ah non.
01:28C'est vrai ?
01:28Ah ouais, non.
01:29Je ne sais pas.
01:30En tout cas, je pense qu'en natation, c'est compliqué de juste avoir de l'ambition et de faire de la natation et d'être bon.
01:36Franchement, c'est chaud.
01:37Mais tu vois, parfois, quand tu en as marre, entre guillemets, de voir des carreaux, tu vas chercher autre chose.
01:42Il y a quelque chose en plus aussi.
01:43C'est souvent un mélange des deux, mais il y a souvent…
01:46C'est un mélange des deux, mais moi, ça vient de la passion de base.
01:48Vraiment, de base, c'est la passion de base.
01:50Depuis que j'ai 9 ans, je veux être champion olympique.
01:52Ah oui ?
01:52Ouais.
01:53Ah oui, c'est vraiment un rêve depuis toujours.
01:55De natation.
01:56Un rêve de gamins.
01:56Ouais, de natation.
01:57Est-ce que ça a pu jouer justement le fait que ce soit un rêve ?
02:01Ouais, peut-être.
02:01Une ambition qui, en plus, prenait des proportions assez incroyables, puisque c'était en France.
02:06Donc, forcément, c'est décuplé, peut-être, par rapport à votre jeu, même si ça reste les jeux.
02:12Est-ce que ça a pu jouer dans la contre-performance, si tentez que ce soit une ?
02:16Est-ce que ça a pu peser sur le fait que vous n'ayez pas été, peut-être, au niveau que vous attendiez de vous-même ?
02:20C'est vrai qu'après, quand on parle…
02:22C'est vrai que contre-performance, c'est un peu gros.
02:24C'est pour ça que je trouvais le moins.
02:25C'est un peu dur, parce que c'est quand même des bons chronos que j'ai fait,
02:29en sachant qu'en plus, en janvier, je me suis fait une entorse très grave de cheville.
02:33Et je n'avais pas du tout la…
02:35En t'entraînant ?
02:35Non.
02:36Ah bon ? En faisant du scooter ?
02:37Non.
02:39Damien, il va pas… Je vous rappelle, Maxime, vous avez les cartons, si j'avais…
02:43Non, pas en faisant du scooter, non, je faisais du voler.
02:48D'accord.
02:48Vous faites beaucoup de sport.
02:51En fait, c'est vrai que compter les carreaux, des fois, c'est un peu fatigant.
02:53C'est intelligent ?
02:54Non, en janvier.
02:55En janvier, à six mois des jeux.
02:56C'est intelligent quand même.
02:57Voilà, mais oui, mais on ne pense pas à ça quand on fait ça.
03:00Et après, on n'est pas…
03:02Non, mais ça arrive.
03:02Donc, contre-performance, le mot est trop dur.
03:04Voilà, donc c'est un peu dur.
03:06Mais moi, dans ma tête, je rêve de l'Eurolympique.
03:11Je le voyais arriver comme ça et je n'étais pas dedans, en fait.
03:15Je n'étais pas dedans.
03:17Je n'étais même pas stressé à la chambre d'appel.
03:19Enfin, ce n'est pas normal.
03:20On est à Paris, je ne sais pas combien de spectateurs.
03:23Il y a du bruit de partout et je ne sais pas, j'ai l'impression d'être un peu vide.
03:27Et ça, comment vous l'expliquez ?
03:27Vous avez fait une année ?
03:28Oui, et en fait, je pense juste que j'en attendais trop.
03:32Je l'ai trop vécu en amont.
03:34En fait, je l'ai trop pensé.
03:36On m'en a peut-être trop parlé aussi.
03:38Et je n'ai pas vécu les choses simplement comme ce que j'ai fait cet été.
03:43C'était quoi tes résultats juste avant les jeux ?
03:47Enfin, sur les compètes qui précédaient les jeux par rapport aux concurrents qui t'ont battu ?
03:51Tu étais au-dessus d'eux ou tu étais juste...
03:53Non, c'était limite quand même.
03:55Je n'étais pas au-dessus.
03:57Mais avec mon...
03:59Je ne sais même plus les chronos qu'on a fait au jeu.
04:02Non, mais tu n'étais pas...
04:04C'est marrant de...
04:05Non, mais c'est vrai quand on a...
04:06Je me souviens que j'ai fait des bons chronos.
04:09J'ai fait 50 secondes, mais j'ai fait, je crois, 50 secondes 6 ou 7.
04:13C'est un truc comme ça.
04:14Alors que j'avais fait 50 secondes 1 ou 2.
04:18Ouais.
04:19Enfin, bref.
04:20Non, ces eaux-là, mais il y avait un écart.
04:22Il y avait un petit écart et je n'étais pas au meilleur niveau de ce que j'ai jamais fait.
04:26Greg, allez-y.
04:26Vous aviez dit que vous n'aviez pas la bonne énergie, en fait, sur ce truc-là.
04:31Qu'est-ce que vous avez changé pour l'avoir à Singapour ?
04:34Qu'est-ce que vous avez reparamétré ?
04:35Précisément, sur quoi vous vous êtes dit, il faut changer ça, ça et ça ?
04:40Déjà, je me suis dit que je vais être maître de ma performance.
04:46Vous ne l'étiez pas ?
04:47Je pensais l'être.
04:49Oui.
04:50Mais là, j'ai tout repris à zéro.
04:53Donc, comment je voulais m'entraîner, on en a rediscuté avec Michel.
04:58Michel Chrétien.
04:58Michel Chrétien, pardon.
04:59Avec qui je voulais m'entraîner, en préparation physique, pareil avec la personne avec qui je fais le yoga.
05:06Vous avez pris la main sur votre truc ?
05:08En fait, voilà, j'ai un peu plus pris la main sur ce que je voulais vraiment faire, comment j'allais m'amener à la performance.
05:17Vous avez peut-être apporté plus de confiance, de maîtriser un peu plus.
05:20Je pense que ça m'a apporté de la confiance et aussi prendre du plaisir.
05:24Parce que c'est vrai que toute l'année, pendant les Jeux, je n'étais pas satisfait de ce que je faisais à l'entraînement.
05:30Il y avait toujours un truc qui n'allait pas.
05:32J'étais peut-être un peu plus aigri.
05:34Il y avait plein de choses qui n'allaient pas.
05:38Et finalement…
05:38Vous me parasitiez ?
05:39Pourquoi vous vous donnez trop d'importance à des petits trucs ?
05:41Oui, je pense que je me parasitais pour pas mal de choses.
05:43Je ne m'autorisais pas certaines choses, même de…
05:46Les shit mille ?
05:48Non, ça ne m'occupe pas.
05:50Mais qu'est-ce que vous…
05:51Non, mais par exemple, je ne sais pas, une sortie du soir où aller voir des copains…
05:56Je vous aérais l'esprit, en fait.
05:57Oui, je me suis sorti de l'heure.
05:59Je ne faisais pas plus rien, mais vraiment, je me suis trop fermé à tout ça.
06:04Trop restreint.
06:06Dans les sports co, il y a ce qu'on appelle les transferts.
06:10Vous, il n'y en a pas trop.
06:11Mais par contre, est-ce qu'il y a…
06:13Vous avez réfléchi à…
06:15Je ne veux pas du tout manquer de respect à votre entraîneur, je ne connais pas.
06:18Mais à changer d'entraîneur et par exemple…
06:20Changer de structure, oui.
06:21Rejoindre les hauts marchands aux Etats-Unis ou je ne sais pas, il y a peut-être…
06:23J'y ai pensé, bien sûr que j'y ai pensé.
06:24Est-ce que vous avez été sollicité par des structures comme ça pour les rejoindre ?
06:28Non, je n'ai pas été sollicité par des structures.
06:29C'était votre démarche.
06:31Et pourquoi vous avez choisi de rester comme ça ?
06:33Parce que, en fait, pour l'instant, je fais confiance à un seul coach dans le monde entier, c'est à lui.
06:38Oui.
06:39Vous avez quel rapport avec lui ?
06:41C'est un peu…
06:43C'est un peu un deuxième papa.
06:45D'accord.
06:46Franchement, je suis arrivé à Amiens, j'avais 16 ans.
06:50Il m'a pris sous son aile, il a été très dur avec moi.
06:53Il paraît que vous êtes encore plus dur avec vous-même.
06:55Vous avez dit ça dans une interview encore deux journales d'Église.
06:57Oui, c'est vrai.
06:59Oui, c'est vrai.
07:00Parce que, du coup, ce qu'il me disait à moi, je me suis dit…
07:03Il faut que je me le dise encore plus fort.
07:04Ce n'est pas grave, il va voir…
07:06Je sais très bien…
07:08En gros, il me disait que j'étais nul et que je devais retourner à Anne-Belle-Caïdonique.
07:13Ah oui, d'accord.
07:15C'est violent.
07:17Oui, mais ça, c'était au début.
07:19Après, la relation a beaucoup changé, elle a beaucoup évolué.
07:21Lui m'a fait confiance.
07:22Avec les médailles, ça allait un peu mieux.
07:23Moi, je lui ai fait confiance.
07:24Mais en fait, il a compris que moi, j'arrivais dans un…
07:27Il ne me connaissait pas du tout.
07:29Il avait dit oui pour intégrer le pôle, mais il ne me connaissait pas du tout.
07:33C'est Mathieu Neuillet, à l'époque, qui avait dit « Si, si, prends-le, c'est une pépite, etc. »
07:38Et il arrive, du coup, il m'en met plein la tronche et il me teste, en fait.
07:43Il me teste et au final, je fais la tête dure et je dis « Tu vois, je vais te montrer. »
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