- il y a 3 mois
Maxime Grousset a dominé les Championnats de France petit bassin à Taverny (Val-d’Oise) en s’adjugeant cinq titres. À quelques semaines des Championnats d’Europe de natation 2025 (du 2 au 7 décembre), le triple champion du monde affiche ses certitudes et se livre sur son approche de la compétition.
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00:00On va parler un peu de ces championnats d'Europe, vous en avez parlé, c'est dans 5 semaines.
00:05Quelles sont vos ambitions pour cette compétition ?
00:07Ça va être de gagner.
00:09Non mais vous avez fixé l'objectif du record ?
00:12J'aimerais bien faire champion d'Europe, sur 100 crawls, sur 100 papillons.
00:17Sur 50 papillons, ça va être un peu compliqué parce que Noé Ponty, c'est mon adversaire direct, le Suisse.
00:23Et pour l'instant, il est vraiment plus fort que moi aux 50.
00:27Après, on verra dans quel état de forme il va arriver.
00:30Donc, je me fixe des médailles après des temps un peu.
00:34J'avoue, j'aimerais bien passer sous la barrière des 45 secondes au 100 crawls.
00:40J'ai fait 45-6 au championnat de France.
00:46Donc, j'aimerais bien faire 44.
00:48C'est un peu ça.
00:49Les objectifs sont annoncés, on espère que vous y parviendrez.
00:52Maxime, on va parler de votre journée type.
00:55Qu'est-ce que vous faites le matin ?
00:56Vous, Maxime Grousset, quand vous réveillez le matin, qu'est-ce qui se passe ?
00:59Votre routine un peu, racontez-nous.
01:01Alors, vous êtes sûr, ça vous intéresse ?
01:03Ah bien sûr, c'est intéressant d'avoir le quotidien des sportifs.
01:07C'est très intéressant.
01:07À quelle heure déjà ?
01:08L'heure, l'heure du réveil, déjà l'heure.
01:10Ce ne sera pas demain, parce que là, il est un peu tard.
01:13Désolé de vous avoir retardé.
01:16Généralement, je me réveille entre 6h15 et 6h30.
01:19D'accord.
01:20Avant, c'était plus tôt.
01:21Ça va, en vrai.
01:22Avant, c'était plus tôt.
01:23Avant, c'était plus tôt.
01:24On a de la chance.
01:25Entre l'heure à laquelle je vais y aller.
01:26Moi, je rentre, exactement.
01:28Ils se croisaient, d'ailleurs.
01:29On se croise.
01:30Pourquoi c'était plus tôt avant ?
01:32Je ne sais rien.
01:35En vrai, je ne sais pas, c'est presque normal chez l'énageur de s'entraîner super tôt.
01:39Parce qu'on a besoin de, par exemple, comme on va faire un entraînement,
01:42deux entraînements par jour, on va faire entraînement très intense le matin
01:46et très intense le soir.
01:47Donc, du coup, il nous faut beaucoup de temps entre les deux.
01:49Il faut une grande plage de récupération.
01:51Voilà.
01:51C'est pour ça qu'on fait très tôt.
01:53Mais aussi tôt, moi, je ne comprenais pas.
01:55Finalement, ça fait un peu plus tard.
01:57Donc, je reprends.
01:596h15, 6h30.
02:01Donc, là, je m'habille, je prends mon petit-déjeuner, je promène mon chien.
02:08Vous prenez quoi au petit-déj ?
02:09Des pancakes.
02:11Des pancakes ?
02:11Oui, généralement, c'est des pancakes.
02:13Il brûle 7000 calories par jour.
02:15C'est vrai, il peut.
02:16Mais moi, je pensais que c'était des trucs à la roquille, avec des oeufs qu'on gobe.
02:20Non, parce qu'en fait, le truc, c'est que si on mange trop, je nage.
02:24Généralement, je nage une demi-heure à peine derrière.
02:27Si je mange trop, je suis à...
02:28Comme ça, allongé.
02:29En effort, c'est dur.
02:33C'est lourd.
02:33Non, c'est dur de manger vraiment beaucoup.
02:35Donc, les pancakes, après ?
02:37Après, je promène mon chien.
02:38Important.
02:39Voilà, 10-15 minutes.
02:41Je prends ma voiture, mon scooter ou mon vélo.
02:45On a droit de faire un scooter quand on est sportif de haut niveau.
02:47Il n'y a pas une question d'assurance ?
02:48Non.
02:48Non, ça va ?
02:49Non, je ne crois pas.
02:50Tu relieras les contrats quand même.
02:52Ce n'est pas sûr sûr.
02:53Ce n'est pas sûr sûr.
02:55Tu vas pas poser un doute.
02:56Après, je fais 5 minutes.
02:58Oui, mais parfois...
02:59Ça peut être dangereux.
03:00Mais vous êtes prudent.
03:01Je ne prends pas le périph.
03:03Très bien.
03:04Bon, ben, c'est...
03:04Ça va être sûr qu'il faudra expliquer ça.
03:07Ça ne sera pas mieux.
03:08Donc, on va dire voiture au cas où il y a un replay.
03:12Alors, du coup, je prends ma voiture ou mon vélo.
03:13Mais le vélo, on va dire, c'est dangereux aussi.
03:14Mais je prends le vélo aussi.
03:16Ça dépend.
03:17En ce moment, s'il ne fait pas trop beau, je ne prends pas le vélo.
03:20Et voilà, après, j'irais entre 10 et 15 minutes de route.
03:26Enfin, non, plutôt 10.
03:2710.
03:28Après, vous arrivez pendant le traînement.
03:29Ensuite, j'arrive.
03:30Il y a maintenant une demi-heure d'échauffement à sec.
03:33D'accord.
03:33Où là, c'est étirement.
03:35On fait un peu de rouleau pour se masser.
03:38Des élastiques.
03:39Oui.
03:39Pour échauffer bien les épaules.
03:43Ensuite, il y a un entraînement d'à peu près 2 heures.
03:452 heures ?
03:46Oui.
03:472 heures.
03:48C'est quoi l'entraînement type sur 2 heures comme ça ?
03:50Ça varie tellement.
03:52Mais bon, sur 2 heures, on va avoir un échauffement d'à peu près 1,5 km.
03:57Oui.
03:57Après, c'est quoi l'échauffement d'1,5 km ?
04:00C'est les battements, c'est les planches, là, et puis tu fais des battements.
04:03Oui, c'est vrai qu'en réalité, c'est des questions, mais moi, c'est logique.
04:07Mais oui, mais pour nous, on parle de 0,5 km.
04:09Oui, c'est clair.
04:10On est petit bassin, on pédiluve.
04:11Oui, mais c'est clair.
04:12Il faut prendre par la main.
04:14C'est quoi cette toute fin ?
04:15En gros, un truc vraiment type, qu'on fait tout le temps, c'est 300 au choix.
04:22300 au choix, et 300 au choix, c'est on fait ce qu'on veut.
04:25300 mètres.
04:26Après, il y a 6 x 50 où on fait un peu d'exercice, donc avec des godis.
04:29Non, même pas.
04:31Où on fait des trucs en éducatif, on va dire.
04:34Après, on va faire un peu de jambes, après on va faire des répétitions d'allure,
04:37et après, on va partir sur la série.
04:40Donc la série qui va être plus ou moins dure, ça dépend.
04:43Et après, on fait un peu de récupération, et ça va faire à peu près 2 heures, tout ça.
04:46Après, je suppose qu'il y a une pause déjeuner, et justement ?
04:49Juste après, souvent, j'ai kiné.
04:52Ah, kiné quand même, juste après ?
04:53Oui, juste après.
04:54Combien de temps ?
04:55Une heure.
04:56Une heure ?
04:56Oui.
04:56Et c'est après la pause repos en gros ?
04:58Oui, pour manger et tout.
05:00Et justement, par rapport à ça, on a une question de quelqu'un que vous connaissez bien,
05:02a priori, c'est Johan Endoy-Brouard.
05:05On l'écoute, c'était au micro de Paul Tellion.
05:08Salut l'équipe du soir, c'est Johan Endoy-Brouard.
05:10J'avais une petite question pour Maxime.
05:12Je voulais savoir à peu près combien de cheat meals tu autorises par semaine ?
05:16Alors, le cheat meal, pour ceux qui ne sont pas au courant,
05:18c'est un repas où on se permet beaucoup, beaucoup d'excès.
05:21Alors déjà, Maxime commence par les pancakes le matin.
05:24Alors, c'est quoi déjà, pour vous, un cheat meal
05:26et ensuite la fréquence des cheat meals par semaine ?
05:28Alors, un cheat meal, ça peut être hamburger, pizza, tout ça.
05:32Monsieur connaît les médias, il n'y a pas eu de marque.
05:34Ça, j'apprécie.
05:35C'est bien.
05:36Bon, Maxime, j'ai failli.
05:37Oui, j'ai senti.
05:40Donc, tacos, pizza, hamburger.
05:42Voilà, exactement.
05:44Combien je m'en autorise ?
05:45Je m'en autorise, ça varie aussi.
05:48Franchement, c'est juste en fonction de si j'ai envie ou pas.
05:51Je dirais trois.
05:54Je dirais trois par semaine, oui.
05:55Et vous brûlez le soir ou à midi ?
05:58Non, le soir.
05:59À midi, je ne digère pas.
06:01Avec l'entraînement derrière.
06:01Oui, c'est trop dur.
06:02J'ai déjà fait une fois, tacos.
06:06Entraînement de mauvaise qualité.
06:08Il y a de très mauvaise qualité.
06:10Le ventre comme ça.
06:11J'avais l'impression d'être cambré en nageant et tout
06:13et envie de vomir.
06:14Horrible.
06:15Donc, du coup, pas le midi, le cheat meal.
06:18Après, la plage de repos de midi, c'est combien de temps environ ?
06:21Et qu'est-ce que vous faites ?
06:23Il y a une sieste ?
06:24Il y a une sieste.
06:25Ah oui, il y a une bonne sieste.
06:26En fonction de comment j'ai envie de dormir,
06:29je peux dormir bien une heure.
06:30D'accord.
06:31Sinon, j'aime bien juste 20-30 minutes
06:33parce que je ne suis pas complètement...
06:35Stone après.
06:36Voilà, exactement.
06:37Sinon, je joue aussi un peu aux jeux vidéo.
06:39Ah, à quoi ?
06:41À League of Legends.
06:42Ok, très bien.
06:43Là, c'est le petit moment aussi où je peux jouer
06:44ou alors où j'ai des trucs à faire.
06:46Oui.
06:47Regarder mes mails, gérer des trucs, quoi.
06:49Oui, petite partie de l'adjustice.
06:51Des gens, je n'aime pas du tout.
06:52Je déteste.
06:54Il faut bien le faire.
06:56Et vous retournez à l'entraînement à quelle heure ensuite ?
06:58Je me retourne vers 15-16 heures.
07:00Ok.
07:01Vers 15-16 heures.
07:02Et à ce moment-là, c'est jusqu'à...
07:04J'ai toujours un physique avant.
07:08Pareil, ça varie aussi.
07:09Des fois, j'ai musculation.
07:10Des fois, j'ai musculation.
07:12Des fois, j'ai yoga.
07:13Ok.
07:13En fait, le mardi-jeudi, c'est yoga.
07:17Et lundi, mercredi, vendredi, c'est muscu.
07:19Très bien.
07:20Et après, j'ai entraînement, pareil.
07:23Deux heures.
07:24Vous faites du yoga.
07:25Oui, je fais deux séances de yoga par semaine.
07:27Et est-ce qu'en plus, vous faites de la préparation mentale
07:29et comment vous l'insérez dans ces...
07:31Non, je n'en fais pas.
07:32En fait, le yoga suffit pour vous...
07:34Oui, c'est ça.
07:36Après, j'hésite à peut-être faire un peu de préparation mentale.
07:40Mais pour l'instant, je n'ai pas reçu le besoin.
07:41Vous n'avez pas ressenti le besoin, oui.
07:43J'en ai reçu le besoin après les Jeux Olympiques.
07:46Oui.
07:48Mais en fait, j'ai fait un travail sur moi-même.
07:50J'ai beaucoup discuté avec mes proches, etc.
07:52Et finalement...
07:53Vous l'avez fait avec vos proches, en fait.
07:55Oui.
07:55Pourquoi tu avais ce besoin ?
07:56Parce que tu étais déçu ?
07:57Parce que tu étais...
07:58Oui, j'étais déçu de mes performances.
08:01Oui.
08:01De mes performances en individuel.
08:04Oui.
08:05En individuel.
08:07Oui, oui.
08:07Oui, voilà.
08:08Mais sinon...
08:10J'espérais plus.
08:10Oui, j'espérais faire mieux.
08:12Est-ce que juste par rapport à...
08:13Allez-y, Damien.
08:14Juste par rapport au JO, je ne sais pas si on va y revenir, mais...
08:15C'était prévu, mais...
08:17Tu étais déçu.
08:17Est-ce que la déception, elle était en absolu par rapport à ce que toi tu as fait ?
08:21Ou elle était aussi en valeur relative par rapport à l'engouement qu'il y a eu autour de Léon Marchand ?
08:25Et de se dire, j'en profite pas complètement non plus, quoi.
08:30Non, c'est vraiment que par rapport à moi.
08:31Que par rapport à toi ?
08:32Oui, parce que je pensais faire mieux, je voulais faire mieux, j'étais sûr de faire mieux.
08:36Et je pars ici...
08:37Juste, pour le coup, vous inquiétez pas, messieurs, sur les JO, on aura une partie consacrée à ça,
08:42puisque vous avez même déclaré que c'était un échec sur le plan individuel,
08:45parce qu'on rappelle qu'il y a cette médaille de bronze avec vos camarades.
08:49On aura un petit volet là-dessus.
08:51Merci pour la journée type.
08:53Je voudrais qu'on parle quand même de ce programme que vous suivez, qui est assez intéressant,
08:57puisque Michel Chrétien, votre entraîneur, il vous a donné deux jours de repos,
09:00après les championnats de France, avant la préparation aux championnats d'Europe.
09:03Et vous avez décidé donc de les consacrer à ce programme, Nageurs et Citoyens.
09:08C'est un programme qui a été lancé en 2019 pour faire face aux inégalités d'accès à la pratique de la natation
09:13et aux conséquences dramatiques de la noyade.
09:16Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de ce programme et vous dire pourquoi il nous tient à cœur ?
09:21Là, on nous voit, on distribue des petits sacs, des bonnets, des lunettes.
09:25C'était aujourd'hui à Aubervilliers, c'est ça ?
09:26C'était aujourd'hui, oui.
09:27Il y a deux jours et demain, ça sera à Melun.
09:29Exactement.
09:30Et non, mais ça me tient à cœur parce que c'est un peu comme ça que j'ai appris à nager.
09:36On m'a obligé, au final.
09:39Et je trouve ça important parce qu'on se rend compte qu'il y a beaucoup trop de noyades encore en France.
09:45Il y a un enfant sur deux qui arrive au collège qui ne sait pas nager.
09:48Donc, moi, étant en plus un îlien et qui, pour moi, tout le monde doit savoir nager,
09:56c'était d'autant plus important.
09:57On rappelle que vous venez de Nouvelle-Calédonie.
09:58Exactement, voilà.
09:59Et c'était d'autant plus important pour moi de participer et d'être le parrain de cette association.
10:05Autour de la table, aucune gêne, aucune onde, tout le monde sait nager.
10:08Il n'y a pas de rapport avec l'eau.
10:10Non, mais c'est vrai que parfois…
10:11Moi, j'ai appris à nager, par exemple, super tard parce que je n'avais pas le droit d'aller à la piscine
10:15pour une histoire d'allergie quand j'étais petit.
10:17Et en fait, tu t'aperçois que ça crée même un complexe.
10:21Oui, il y a ça aussi.
10:22Il y a un problème d'égalité derrière.
10:24Voilà, et tu te sens un peu…
10:25Jugé.
10:26Oui, jugé.
10:27Tu n'oses même pas le dire, d'ailleurs.
10:28Tu t'arranges pour esquiver un peu toutes les sorties à la piscine, etc.
10:31Et puis, tu te dis, c'est un peu comme ne pas savoir faire du vélo ou des trucs comme ça.
10:35C'est idiot parce qu'il y en a qui n'ont pas eu la chance d'apprendre et tu as le droit de ne pas savoir.
10:39Mais tu ne te sens pas bien quand tu ne sais pas le faire.
10:41C'est des trucs qui ont l'air évidents pour tout le monde.
10:43Et toi, tu es là dans ton coin, etc.
10:45Et donc, je m'étais mis en tête d'apprendre, mais à 14-15 ans.
10:48Ce qui est assez tard, normalement, par rapport au parcours scolaire.
10:50Vraiment, c'est plutôt en primaire qu'on est censé savoir.
10:53Mais l'accès, par exemple, moi, je trouve que…
10:55Alors, ça s'est peut-être un peu démocratisé depuis.
10:58Mais je trouvais que les accès à la piscine étaient quand même assez restreints.
11:02D'une manière générale, il n'y a pas beaucoup de piscines en France.
11:05En tout cas, il n'y en avait pas beaucoup quand j'étais plus jeune.
11:07Ce n'était pas encore assez démocratisé.
11:09Et puis, l'accès était compliqué.
11:11Les scolaires prennent les créneaux.
11:12Quand vous venez de la campagne, il y a très peu de piscines en campagne et en ville.
11:17Par exemple, je serais curieux de savoir, la piscine d'entraînement des JO qui est en face du Stade de France,
11:23qui y va ? Est-ce qu'il y a beaucoup de monde qui y va ?
11:26À quel tarif ?
11:28Je n'ai pas l'impression qu'il y ait, je ne sais pas, qu'il y ait une utilisation énorme à Saint-Denis sur cette liste.
11:33Par rapport à ce qu'évoquent Dave et Damien sur le retard,
11:38comment vous l'expliquez qu'il y a autant de retard sur l'apprentichage de la natation,
11:42qui est quelque chose de très important, et votre programme le prouve ?
11:47Je ne sais pas pourquoi il y a autant de retard.
11:50Peut-être que vous avez pu constater un manque d'intérêt.
11:53Peut-être qu'il y a un manque d'intérêt, peut-être que c'est aussi dans les milieux.
11:59Là, c'est vrai qu'on a Aubert-Villiers, c'est un peu plus défavorisé.
12:02Peut-être que c'est par rapport à ces milieux aussi qu'il y a moins d'accès,
12:07et peut-être que les parents pensent moins aussi à se dire,
12:09j'ai envie que mes enfants se tâchent nager.
12:13Donc, je pense que c'est un peu plus par rapport à tout ça,
12:16mais je ne saurais pas exactement dire pourquoi.
12:19Après, c'est peut-être le système français aussi qui fait ça.
12:21– De pudeur, notamment, je pense aux jeunes filles,
12:25peut-être arriver à un certain âge, qui n'osent plus, des choses comme ça.
12:28– Peut-être arriver à un certain âge, mais je ne suis pas sûr qu'à 5-6 ans,
12:33je ne suis pas sûr qu'il y ait cette pudeur, je ne sais pas.
12:36Peut-être les parents qui les mettent à la place des enfants.
12:38– Peut-être.
12:38– Maxime, juste, on parle aussi, vous avez affaire à des jeunes enfants,
12:43comment on fait quand on a un cas précis,
12:45où on a une jeune fille ou un jeune garçon qui a peur de se mettre à l'eau ?
12:49Comment on franchit ce côté-là de la peur ?
12:52Comment on aide ?
12:53– Alors, il faut avoir de la patience, tout simplement.
12:57– J'ai l'impression qu'avec les enfants, c'est un peu le maître mot.
13:00Dès que je rencontre des gens qui ont des enfants, il faut être patient.
13:02– Non, mais il faut avoir de la patience, comprendre pourquoi aussi il a peur,
13:07est-ce que c'est juste de l'accompagnement ?
13:11Des fois, c'est juste le mettre dans l'eau avec soi,
13:13et après, tout de suite, ça se débloque.
13:16Des fois, c'est complètement bloqué, ce sera un autre jour.
13:20Des fois, c'est vraiment pas possible.
13:24Il pleure, il n'a pas envie, c'est tout.
13:26Tant pis, il faut faire ça un autre jour.
13:28Mais généralement, on essaie de ne pas te forcer,
13:31mais d'accompagner au mieux sans que ce soit trop dur.
13:35Mais généralement, il repart avec le sourire.
13:37– Petite séquence sous l'eau avec Maxime Grousset.
13:43Alors, le principe, on va détailler une course de la chambre d'appel
13:46au contrôle antidopage.
13:48L'idée, Maxime, c'est que vous nous preniez par la main,
13:50parlez de vos sentiments, ce que vous ressentez,
13:53ce que ces moments représentent pour vous.
13:55On va commencer avec la chambre d'appel.
13:56Peut-être là, je me tourne vers l'autre, Maxime,
13:58si on peut expliquer pour les gens qui nous rejoignent,
14:00qui ne sont pas en courant de ce que c'est qu'une chambre d'appel.
14:02Vous êtes aussi, je rappelle, champion olympique.
14:04Expliquez-nous ce que c'est qu'une chambre d'appel.
14:06– Grosso modo, une chambre d'appel, c'est pour éviter
14:08que tout le monde se pointe, en l'occurrence,
14:10sur le plateau de piscine ou nous, sur la piste des scrims.
14:13Bon, rendez-vous 10 heures, et puis il y en a un qui arrive comme ça,
14:15il y en a un qui arrive de l'autre côté, il y en a un qui a retard.
14:17En gros, chambre d'appel, notamment aux Jeux,
14:18c'est pour ça que je parlais de la différence entre les Jeux
14:20et les champions du monde.
14:21Comme le retard est vraiment interdit sur certaines compétitions,
14:24en fait, on nous fait venir une demi-heure avant.
14:26Eux, j'imagine qu'ils n'ont pas de contrôle de matériel,
14:28nous, on a le contrôle de matériel aussi, qui prend du temps.
14:30Et du coup, on vient en avance, et l'idée, c'est de pouvoir regrouper
14:32un peu les animaux, quoi, et de pouvoir dire,
14:34bon, maintenant, c'est bon, c'est l'heure, et on y va.
14:36– Les sportifs et les sportifs, vous n'êtes pas des bêtes.
14:38– Est-ce qu'ils se jouent de la cote ?
14:40– On va y aller, Maxime, Greg.
14:43– Pardon.
14:43– Par exemple, là, Greg, je vais me permettre,
14:45il n'est pas en télé, quand même, de s'aborder le conducteur à ce moment,
14:48c'est inadmissible.
14:49Donc, là, on est avec vous, Maxime.
14:51Qu'est-ce qui se passe dans votre tête au moment de la chambre d'appel ?
14:55– Alors, la chambre d'appel, moi, j'aime bien ce moment.
14:59Donc, on me disait, finalement, moi, j'aime bien.
15:01– C'est le pire, hein, tu vois ?
15:04– Ah ouais ?
15:04– Moi, c'est le pire.
15:05– Ouais, ouais, en fait, nous, on arrive, on dit notre nom,
15:09on a notre accréditation, on montre, on a quand même le…
15:14on montre notre maillot de bain, voir s'il est en règle.
15:16– S'il est homologué ?
15:17– Ah ouais ?
15:18– Oui, bah oui, il dit de ne pas avoir des maillots de bain.
15:20– C'est quoi un maillot de bain pas homologué ?
15:22– C'est vrai ?
15:22– Bonne question, mais je vais me poser la question.
15:25– En gros, il y a un QR code sur le maillot.
15:26– C'est ça, c'est un truc de bain, vous l'avez ?
15:28– Non, non, non, on a les shorts très collés.
15:32– Ok.
15:32– C'est une combinaison avant qui pouvait permettre d'aller plus vite aussi.
15:34– Le polyuréthane ou le…
15:36– Non, on a une combi, mais que en shorts.
15:39– Ok.
15:39– Les filles ont encore l'eau, normal.
15:41Mais avant, c'était tout le corps, même les bras.
15:44Donc, maintenant, on a qu'en shorts et on a un petit QR code à l'arrière.
15:47– Pour vérifier les matériaux, etc.
15:49– Ça, c'est les marques qui déposent les bourgues, etc.
15:53– Donc, on vérifie ça.
15:56On est dans la chambre d'appel.
15:57Généralement, il y a du monde ou pas, on est les premiers.
16:00En Syrie, il y a toujours beaucoup de monde.
16:02En finale, on ne se retrouve que la finale.
16:05– Et on est dans quel état de nervosité ?
16:06Qu'est-ce qui se passe dans votre tête à ce moment-là ?
16:08– Moi, je suis dans ma bulle.
16:09Moi, je suis dans ma bulle, je ne dis pas bonjour aux gens.
16:13Non.
16:14Il y en a qui disent bonjour.
16:15Moi, je ne dis pas bonjour.
16:16On dira bonjour plus tard.
16:18– Il n'y a pas l'art super sympa.
16:21– Mais pourquoi vous aimez bien ce moment-là ?
16:25– J'aime bien parce que c'est le moment où, vraiment,
16:27il n'y a pas tout ce qu'il y a autour d'un basset d'échauffement.
16:32Il n'y a pas…
16:32– Il n'y a pas de bruit ?
16:34– Il y a moins de bruit.
16:35Il y a beaucoup moins de bruit.
16:36On n'est que ceux qui vont nager.
16:40– On rentre dans sa bulle.
16:41– Voilà, on est vraiment rentre dans sa bulle.
16:43Je me concentre, je refais ma course, etc.
16:45Et j'aime bien parce que, généralement,
16:47je sais si je vais nager vite ou pas à ce moment-là.
16:49– On va passer maintenant au plongeoir.
16:53– Alors, juste avant de passer au plongeoir,
16:55est-ce que dans la chambre d'appel,
16:56donc vous êtes avec vos concurrents,
16:58est-ce qu'il y en a que vous ne pouvez pas voir
16:59ou il y en a qui viennent vous chauffer un peu ?
17:01– Est-ce qu'il y a un jeu d'intimidation ?
17:02– Par contre, comme Dave et Damien,
17:03ils ne peuvent pas se blairer dans la vie,
17:04pourtant ils sont à côté.
17:06– Est-ce qu'il y a un rapport de force qui s'installe ?
17:08– Il y a carrément un rapport de force qui s'installe.
17:10Après, les gens, ils le font différemment,
17:13ça se tape sur les pecs.
17:14Moi, je le fais beaucoup.
17:15C'est aussi pour me chauffer, moi.
17:17Mais je pense qu'il y en a qui le font plus fort que d'autres
17:19parce qu'ils veulent montrer qu'ils sont plus fort.
17:22Après, il y a ceux qui arrivent et qui font…
17:25Ils parlent comme ça hyper fort.
17:27Ils vont parler avec des mecs.
17:29Ils sont comme ça, ils se posent
17:30et ils parlent avec des gens et tout.
17:32Et il y a plein de trucs.
17:33– Oui, chacun son style un peu.
17:35– Il y a vraiment plein de trucs.
17:35– C'est un vrai mindgame.
17:38– C'est normal, c'est normal.
17:39C'est un peu comme de…
17:41Nous, on parle beaucoup de foot ici,
17:42parfois dans le couloir avant de rentrer.
17:44– Est-ce que vous pouvez gagner ?
17:45– Non, Greg !
17:46– Je vais juste…
17:47On va avancer parce que sinon,
17:48il y a plein de détails.
17:49– Greg, il cherche le carton rouge de tout à tout.
17:50– Il veut le rouge.
17:51Il veut le rouge.
17:52On passe sur le plongeoir.
17:53Qu'est-ce qui se passe ?
17:54– Sur le plongeoir, là, c'est vraiment…
17:57Le temps s'arrête au moment du départ.
18:01On se concentre un maximum sur le hop.
18:03Il ne faut pas perdre de temps.
18:05Mais généralement, on fait tout le temps
18:06le même temps de réaction.
18:10Le même temps de réaction.
18:11Moi, c'est à peu près 0,62.
18:14– 2, pas 0,6.
18:16– Donc, ce n'est pas tant un stress que ça, en fait.
18:18C'est à peu près le…
18:20– C'est automatique.
18:22– Il y a une tension avec les mecs qui font des faux départs.
18:23– C'est un peu en couteau.
18:24– Ouais, ouais, ouais.
18:25– En acclée.
18:26– Là, il n'y a pas cette tension-là sur l'alentation ?
18:27– Non, non, moins.
18:30Enfin, il y a cette tension parce que si tu pars vraiment en retard,
18:32tu vas perdre un ou deux dixièmes.
18:34Là, c'est compliqué.
18:35– Sur 50.
18:36– Voilà, voilà.
18:36– Mais ils jouent moins sur un fil.
18:37C'est vrai qu'il y a moins d'histoires de faux départs.
18:38– Non, parce que déjà, c'est à moins vite.
18:42– Oui, aussi.
18:43– En vitesse.
18:44Donc, nous, on n'a pas la photo finish.
18:48Donc, ça se joue à moins de millième, on va dire.
18:51Donc, je pense que c'est pour ça que c'est moins intense au départ.
18:55– C'est le moment où là, vous êtes seul avec vous même, en fait.
18:57– Mais par contre, voilà.
18:58Là, il n'y a aucun bruit.
18:59Normalement, même toute la piscine se tait.
19:01C'est à vos marques, hop.
19:02Et là, on arrive dans l'eau.
19:04– Justement, vous arrivez dans l'eau.
19:06Parlez-nous de la coulée.
19:07– La coulée, c'est le moment où on ne fait pas de bras, du coup.
19:11On est en position flèche, comme ça.
19:15Et on est…
19:16De toute façon, on est toujours à l'horizontale.
19:18Je ne sais pas pourquoi je vais dire ça.
19:19– Non, mais c'est pas…
19:19Allez-y avec vous, Maxime.
19:20Il n'y a pas de souci.
19:21Il n'y a pas de mauvaise réponse.
19:22– Il n'y a pas une petite vidéo pour voir une coulée ?
19:25– Non, non, il faut qu'on l'imagine après ce que vous faites.
19:26– Malheureusement, on a déjà un beau plateau.
19:29C'est le maximum qu'on pouvait faire sur les droits.
19:31– On est désolé.
19:32– On est sur le plateau.
19:32– Voilà.
19:33– On est pas mal.
19:37On peut aller jusqu'à 15 mètres maximum.
19:39Il y a des bouchons pour montrer.
19:40Après, nous, on ne le voit pas.
19:42Ou des fois, il y a un trait, nous.
19:43On voit.
19:44– Donc, il y a quand même un repère visuel.
19:45– Il y a un repère visuel.
19:46Des fois, on n'a pas de repère visuel.
19:47– D'accord.
19:48– Mais il faut le savoir.
19:49Mais généralement, on connaît nos ondulations.
19:51On sait quand est-ce qu'on va sortir.
19:53– On voit les autres ?
19:54– On voit les autres.
19:55– On voit toujours les autres sur les côtés avec les lunettes.
19:59– Ah oui.
20:00Donc, vous vous dites déjà qu'il est devant.
20:01– Des fois, on peut voir qu'il est devant.
20:03– T'es vraiment focus.
20:06– Sur ta ligne d'eau, tu ne vois pas les autres.
20:08Mais généralement, sur le rétro, on voit les autres.
20:11– Un petit bassin, c'est 15 mètres aussi.
20:13– Ah ouais.
20:14– Donc, il y a un plus beau passage.
20:15– Ouais, parce qu'à l'époque, il y avait…
20:17Ouais, mais à l'époque, en fait, on n'est plus rapide sous l'eau, normalement.
20:22– Oui.
20:22– Et à l'époque, il faisait carrément, genre, 50 mètres sous l'eau.
20:26– Oui, sous l'eau, l'eau.
20:26– Bon, pour la télé, c'est un peu chiant, les gars.
20:29– Non, mais le mec, il nageait pas, en fait.
20:31– Il nageait pas.
20:32– Oui, ils ont une grotte coulée.
20:33– Oui, ils ont une grotte coulée, mais ils ont légiféré.
20:35– On va mettre des caméras sous l'eau.
20:36– Donc là, maintenant, c'est à 15.
20:38Un aspect très important, et là, pour le coup, je parle, on a vécu ça, la respiration.
20:44Alors, je trouve que c'est le truc le plus dur dans la natation.
20:46Peut-être qu'il y a une analyse catastrophique.
20:48– C'est catastrophique.
20:49– Ouais.
20:49– Non, c'est pas vrai.
20:51– Non, mais la respiration, c'est hyper angoissant.
20:53Pour des gens qui savent mannager comme moi, par exemple, la respiration, c'est…
20:56– Ouais, tu laisses la tête au-dessus de l'eau, tu vois.
20:57– Non, mais je comprends, parce que là, quand on était avec les enfants, c'était…
21:02Ils ne comprennent pas pourquoi ils n'arrivent pas à respirer.
21:05– Je suis encore un enfant, vous me rassurez, Maxime.
21:07– Voilà, c'est pas grave.
21:09En fait, il faut souffler dans l'eau.
21:10– Ouais.
21:11– D'accord.
21:11– Et en fait, les gens ne comprennent pas qu'il faut souffler dans l'eau pour…
21:14– Non, on bloque.
21:15– Voilà.
21:16– Après, il y a des techniques où, par exemple, quand vous tournez la tête,
21:19en fait, nous, on va avoir…
21:21– C'est très bien limité, Maxime.
21:24– Eux, en fait, ils ont moitié…
21:26Parce qu'à l'INSEP, j'ai fait quelques trucs de rééducation.
21:28– INSEP tous les deux.
21:29– Ouais, pardon.
21:30Et en fait, tu as de l'eau à moitié dans la bouche.
21:32– Je fais ça, je le vois.
21:32– Et en fait, ils arrivent à respirer.
21:34Alors déjà, sur 50 mètres, je ne sais pas si tu prends une respiration.
21:36– Non, je ne respire pas sur 50 mètres.
21:37– Pas de respiration ?
21:38– Non.
21:39– Non, pas besoin.
21:39– Non, en ligne droite, pas besoin d'expirer.
21:41– Ouais, ouais.
21:42– En même temps, ça dure 20 secondes.
21:44– Oui, oui.
21:44– Oui, c'est vrai que vous allez vite.
21:45Nous, ça prend un peu plus de temps.
21:46– Non, mais en vrai, c'est dur quand même de ne pas respirer sur 50 mètres.
21:49– D'accord.
21:49– Surtout avec l'effort.
21:50Mais ouais, la respiration, il faut souffler pour faire une respiration normale.
21:54Mais c'est vrai que nous, on est tellement habitués.
21:57On essaie d'optimiser un maximum la vitesse.
22:01Et il y en a qu'on voit…
22:03C'est quoi ? C'est Nathan-Adrien.
22:04Il y a des vidéos de lui où tu vois qu'on ne voit même pas sa bouche.
22:08– Ouais, tellement…
22:09– En fait, il souffle.
22:10Et en fait, avec la bulle d'air, il respire presque dans sa bulle d'air.
22:14– Et on ne le voit même pas…
22:15– Champion olympique 2012, on rappelle.
22:17– Voilà.
22:17– C'est dingue.
22:18– Et on ne le voit même pas respirer.
22:19Et après, du coup, nous, on a des techniques où, du coup, c'est vrai qu'on respire à moitié, on va dire.
22:24– D'accord.
22:25– On ne va pas là, on ne va pas changer en l'air.
22:26Pour rester le plus aligné possible, on vient…
22:29– Tu gagnes un temps de…
22:30– Je vais essayer cet été, puis si je me noie, je vous le dis.
22:32On passe maintenant…
22:34– Il va se noyer.
22:34– Il va se noyer.
22:36– La nage et sa fréquence.
22:40La fréquence de la nage.
22:41Parlez-nous un peu de ça.
22:42– Ben, sur 50, il y a plus de fréquence.
22:47– Oui, forcément.
22:47– Et sur 100 mètres, un peu moins.
22:50Moi, je connais à peu près ma fréquence de nage sur chaque distance.
22:54– Distance, ouais.
22:56– Je ne sais pas quoi dire de plus sur la fréquence.
22:58– Sur 100 mètres, c'est quoi ?
22:59– Moi, c'est… je ne sais pas comment dire, c'est 48.
23:05– 48, d'accord.
23:05– C'est quoi, c'est le… les mouvements, les…
23:08– Je ne sais pas, c'est mon coach qui dit, tu fais 48.
23:10– Donc, en fait, il me dit…
23:13– C'est automatique.
23:14– En fait, c'est tellement logique, maintenant, j'ai des chutes en tête, mais…
23:17– Ce n'est pas 48 battements en minute.
23:18– Ben non, non, c'est impossible.
23:21– C'est quoi, c'est des coups de bras, c'est des…
23:23– C'est la fréquence.
23:24– Ouais, c'est la… c'est la… c'est 48 de la fréquence.
23:27On va passer maintenant à l'importance des jambes.
23:30Il y a cette déclaration qu'on a retenue avec les équipes.
23:33J'ai parfois l'impression de finir avec deux baguettes qui ne bougent plus à la place des jambes.
23:37L'importance des jambes.
23:38– C'est clair.
23:40– C'est essentiel.
23:41– Ça arrive de moins en moins.
23:42Franchement, je gère de mieux en mieux mes courses et puis j'ai…
23:45j'ai beaucoup progressé sur les jambes avec ma prépa physique,
23:51avec même les entraînements que je fais.
23:53– J'ai beaucoup moins cette sensation de baguette.
23:55– De baguette, ouais.
23:56– Mais c'est vrai que c'est quelque chose qui peut arriver
23:58parce qu'il y a de l'acide lactique, donc du déchet dans les muscles
24:01et au bout de 45 secondes, donc…
24:04Non, moi, je fais 47 ou 100 mètres en grand-mère.
24:07On a l'impression qu'on ne peut plus bouger les jambes.
24:09– Ouais, c'est…
24:10– En fait, on voit de la mousse, mais c'est vraiment…
24:12c'est presque artificiel.
24:14Ça ne sert à rien.
24:15– Ça ne bouge plus.
24:15– Moi, j'ai vraiment l'impression que ça fait ça.
24:20Et que je fais semblant de faire un truc.
24:22– Oui, c'est tellement que vous avez envoyé avant.
24:24– Oui, oui, en fait…
24:25– C'est du lactique, oui.
24:25– C'est ça, c'est du lactique.
24:27C'est du lactique, du coup, les jambes, ça n'est plus office.
24:30– Sur des longues distances, ça ne sert pas à grand-chose.
24:32– Les longues distances, ça peut arriver,
24:34mais ils ne mettent pas autant de jambes.
24:36– Oui.
24:37– Sur 1500, ils sont…
24:38– Oui, oui, ils mettent beaucoup moins de jambes.
24:39– Mais là, c'est parce que c'est un peu plus du sprint, entre guillemets.
24:42– Le virage, parlez-nous du virage, l'importance du virage.
24:45– L'importance du virage, là, c'est pareil,
24:48ces derniers années, j'ai beaucoup progressé, c'est cool.
24:52En fait, c'est que des parties, on va dire,
24:55nous, c'est des parties non-nagées.
24:56Départ, couler, reprise de nage.
24:58Reprise de nage, ça compte dans la partie non-nagée.
25:00– OK.
25:01– Et virage, pareil, couler, reprise de nage.
25:05Et tout ce temps-là, c'est du temps gratuit, on va dire.
25:08– D'accord.
25:09– C'est-à-dire gratuit.
25:10– On va dire, c'est…
25:12Si on est rapide dans le start, on va le plus loin possible,
25:14on glisse le plus loin, sans rien faire.
25:16– C'est du temps que tu prends, en fait.
25:17– C'est du temps que tu prends, oui.
25:17– C'est…
25:18On va gagner du temps, en plus, qu'on ne va pas utiliser en énergie.
25:22– Sans effort.
25:22– Voilà, exactement.
25:23– Pareil, quand on fait un virage,
25:26si on tourne très, très vite
25:28et qu'on pousse très fort à ce moment-là,
25:30on va perdre moins de temps.
25:32Et c'est du temps gratuit qu'on ne fait pas en nageant.
25:35– D'accord.
25:35– Donc, c'est hyper important.
25:37– La touche, la fin, l'important ?
25:39Il y a une préparation spécifique.
25:41– Si on revoit la…
25:43Si vous voyez les courses de cet été,
25:46sur 50 mètres, la touche, elle était importante.
25:48– Ça vous a permis de gagner ?
25:49– Ça m'a permis de gagner, c'était très, très chaud.
25:51C'était très, très chaud, au centième près.
25:55Donc, quand on arrive en même temps…
25:57– Peut-être recontextualiser pour ceux qui n'ont pas vu la course,
26:00pour vous dire à quel point c'était important,
26:02qu'est-ce qui s'est joué, qu'est-ce qui s'est passé sur cette finale ?
26:04– Alors, en fait, là, c'était du coup ma première finale.
26:06– Oui.
26:06– Cinq ans de papillon.
26:07– On est au Mondiaux.
26:07– Au Mondiaux, à Singapour.
26:09Et donc, du coup, je suis contre, pareil, le Suisse.
26:13Je suis juste à côté.
26:15Il plonge, il est devant,
26:16puisque lui, il est très fort sous l'eau,
26:18comme il disait.
26:18Il plonge, il est devant,
26:21il est devant toute la course, en fait.
26:23Et derrière, je le remonte tout le long de la course,
26:27mais pas assez.
26:28Et c'est vraiment les cinq derniers mètres
26:29où je fais la différence,
26:30parce que c'est vrai que ma vitesse de nage
26:32est en fait supérieure.
26:34Donc, du coup, je traque plus fort,
26:36je vais plus loin à chaque fois.
26:37Et ça se voit, petit à petit, je le remonte.
26:39Et sur le dernier bras, lui, il rajoute un bras.
26:42Et moi, je me suis dit,
26:43j'ai créé assez de vitesse
26:45pour me laisser glisser
26:46et tenter de toucher avant.
26:48– Tandis que lui, il remet une d'en plus.
26:49– Voilà.
26:49Et donc, au final, je touche avant.
26:52– Bon, merci beaucoup, Maxime.
26:54C'était…
26:54Non, mais honnêtement,
26:55c'est intéressant.
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